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suptrfUie^ de limon rou^^eâUe enveloppant des squelettes entiers et des os séparés de mammifères. On conçoit que ces proportions gigantesques des dépôts à ossements de mammifères excluent toute idée d*un charriage dû à la seule action des affluents terrestres, qui, comme on Ta tu [Voy. Couches sÊDiMBNTAnBs), uc transportent que rarement des animaux, et ne pourraient, en aucune manière, produire des résultats semblables.
Nous croyons donc pouvoir attribuer aux seules perturbations géologiques Tanéantissement complet des races d'animaux terrestres qui couvraient le globe aux dernières époques antérieures à la nAtre, et leur dépôt dans les limons rougeâtres, à tous les niveaux terrestres, depuis le bord de la mer jusqu'à 4,000 mètres au-dessus, sur les plateaux des Andes, où on les retrouve. C'est ainsi que se sont formés les grands dépôts à ossements des pampas, et ceux des plateaux des Andes, et probablf-ment ceux de Sansan, dans le département du Gers. C'est encore à des mouvements semblables que nous crojons devoir attribuer le dépôt des ossements de mammifères dans les cavernes.
La manière dont ces ossements y sont tiéposés par lits, peut prouver, comme M. Constant Prévost l'a également pensé, ifu'ils y ont été portés par les eaux, qui les ont presque partout enveloppés du même limon rougeâtre, et disposés en couches horizontales. En effet, on doit supposer que, lorsqu'ils n'étaient pas enlevés par les eaux et transportés au loin, les mammifères ix)u- Taient être jetés dans les fissures produites par les dislocations récentes ou anciennes du sol, ou dans les cavités de même nature f Téées par la nouvelle dislocation, auxquelles ou a donné le nom de cavernes à ossements. La présence des mêmes espèces dans le limon rouge des cavernes du Brésil, si bien explorées par MM. Lund et Clauzen, et dans le limon de même couleur des pampas, démontre que la même catastrophe les a portées où elles se trouvent auiourd'hui.
Tant que les cavernes n ont pas été comblées, et qu'elles ont donné accès aux eaux, elles ont pu recevoir des animaux et des sédiments. Il en résulte que les dépôts d'une même caverne peuvent appartenir à des Â^es géologiques très-différents, et être, par exemple, composés de couches distinctes, contenant des animaux de faunes successi- Tes. C'est, en effet, ce que M. Lund a déjà observé dans les cavernes du Brésil, et ce qu'on a également reconnu sur quelques autres points de l'Europe, où les cavernes ont été étudiées avec plus de soin, comme les poches à ossements de Montmorency, bien observées par BIM. Constant Prévost et Desnoyers; la caverne d'Ash-Hole, étudiée par M. Lyte, etc., etc.
En résumé, è chaque grande dislocation du globe, les animaux terrestres ont été détruits, à la surface de la terre, par l'envahissement subit des eaux de la mer, qui ont Doyé et entraîné les mammifères et les rep-
tiles, plus propres au sol, tandis que les animaux iluvialiles et lacustres étaient anéantis par la seule apiiarilion de l'eau salée, qui asphyxie immédiatement les êtres organisés pour vivre seulement dans les eaux douces. Nous avons été témoin , dit M. d'Orbigny, dans le golfe de Luçon (Vendée et Charente Inférieure), d'un fait qui, indépendamment de nos expériences partielles, prouve ce que nous venons d'avancer. Pour nettoyer les grands canaux d'écoulement, il est d*usage de couper [périodiquement les plantes aquatiques et de lâcher ensuite les écluses à marée basse, afin que le courant entraîne le tout vers la mer. ^ous nous trouvions sur le bord du canal, au point où le courant d'eau douce fut atteint par le flux de la marée montante. A l'instant où les poissons d'eau douce, comme les brochets, les perches et les tanches, entraînés avec les plantes, touchaient Veau salée, ils s'agitaient beaucoup, sautaient hors de Teau, ou s'élançaient à terre avec violence, pour se soustraire à l'élément envahisseur, qui pour eux était un poison subit, et ils mouraient asphyxiés après quelques minutes de cette extrême agimtion.
Si l'exhaussement des grands systèmes de montagnes a pu produire l'anéantissement subit des faunes terrestres, nous allons chercher ce qui a dû avoir lieu sur les sédiments marins meubles et sur les faunes marines. Par la nature même de ces révolutions géologiques, nous pouvons juger qu'il s'est opéré partout des changements de niveaux. ]>es terres, depuis longtemps émergées, ont été englouties sous les eaux; tandis qu'au contraire certains points du fond des Océans ont surgi à sa surface, et viennent former de nouveaux continents. On peut se faire une idée du chaos qui devait exister, lorsque les eaux balayaient, d'un côté, les anciennes terres, en enlevant les particules terrestres, et battaient en brèche, de Tautre, les non* velles couches soulevées, qui, souvent formées à leur surface de sédiments non encore consolidés, se délayaient dans les eaux et formaient comme une espèce de boue. Supposons encore, pour compléter le tableau, que ces eaux recevaient de plus Taction immédiate des gaz, des acides sulfureux et autres, que pouvaient y amener du fover in* candescent les nouvelles fissures de 1 écorce terrestre, on doit donc croire qu'une masse considérable de sédiments s est trouvée en mouvement avec les eaux, et que cette masse, même au milieu de cette instabilité des choses, a dû commencer, par les lois de l'équilibre, à niveler les nouvelles inégalités de la surface terrestre. Les gros cailloux ont sans doute été les premiers ei> place; et, à mesure que la tranquillité renaissait, les autres sédiments, comprenant des restes d'animaux terrestres et marins, sont Tenus former le fond des nouvelles mers.
Quant aux animaux marins, qu'ont-ils )m devenir dans cette catastrophe? Supposonsles un instant sur le même lieu de la dislocation. Pour les animaux côtiers,nous avant
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DlCTlOiNNAIliE DE COSMOGONIE
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iru {Voy. Couches sÉumENTAiiiKs) qu'ils ont presque tous des zones d'habitation propres qu'ils ne iranehissent pas; qu'ils sont spéciaux, dans ces zones de profondeur, à des natures distinctes de sol; que les uns ne yivent que dans le sable, les autres sur les rochers ou dans la boue. On conçoit que tous les nÎTcaux étant changés, ceux de ces animaux qui sont fixes se trouveront, sur les parties disloquées, poussés au sommet d'une nouTelle montagne, dans les vallées
S[ue celle-cî vient de creuser, ou placés au ond des nouveaux océans. Enfin, sur les points qui ont souffert de grandes perturbations, les animaux côtiers nxes seront placés h tous les niveaux, et, dès lors, très-rarement dans la zone propre à leur existence. Pour les animaux côtiers libres, transportés subitement avec tous les sédiments alors en. mouvefiient, ils iront à des profondeurs diverses, dans les grandes cavités, niveler le fond de ces nouvelles mers, et se trouveront presque toujours à des niveaux où ils ne peuvent vivre, dussent -ils résister à l'action prolongée du mouvement des eaux. Les points des continents qui n'ont pas été immédiatement disloqués ont au moins dû subir l'action du changement de niveaux dans les eaux qu'apportent les nouvelles dislocations. Alors les animaux côtiers seront émergés, placés au-dessus des eaux, ou se trouveront bien au-dessous de leur zone d'habitation. D'ailleurs, en supposant même qu'ils puissent résister à l'action du mouvement, rarement se trouveront-ils, par suite du transport des sédiments et des changements de niveaux, dans des conditions favorables de vitalité. En voyant une simple tempête suffire pour enlever les animaux marins des côtes (Voy. Couches sédimentai- REs), et en détruire un grand nombre, soit en remplissant de sable, de sédiments, leurs branchies et leurs coquilles, soit en les blessant par le choc, nous sommes portés à oroire qu après des mouvements semblables il ne pouvait pas rester d'animaux côtiers vivants, et que tous, comme les animaux terrestres, devaient .être anéantis. C'est en effet le résultat que nous donne, sur tous les points du globe, l'étude comparative des étages géologiques et des faunes qu'ils renferment.
Les animaux pélagiens, libres dans les océans, comme les poissons, les céphalopodes, n'ont pas eu plus de chances d'existence que les animaux terrestres et côtiers; car,
FI us sensibles que les autres au mélange de eau, irl suffit, pour les étouffer, qu'une quantité très-minime de sédiments terreux y soit répandue. Nous avons fait, dit M. d'Orbigny, des expériences sur des sèches, sur des calmars, ainsi que sur des poissons, et nous avons toujours vu ces tnimaux périr après quelaues instants. Les céphalopodes mêmes, laissés dans la teinture noire qu'ils jettent ordinairement derrière eux en s'enfuyant, meurent asphyxiés. Nous devons donc croire que, mélangées de sédiments» et peut-èlre encore de liquides sul-
fureux sortis des fissures terrestres, el m en mouvement par suite des dislocations, les eaux ont dû certainement, à la 11b lie chaque grande période géologique, anéaolir les animaux pélasiens.
Ajoutons que Tes animaux terrestres et marins d'une faune géologique ont dû être anéantis à la fois, et que tous les restes qù se trouvaient dans les couches meubles de la surface des continents et des mersontpu, dans ces instants de perturbation, être ib<langés et portés sur des points différents de ceui où ils ont vécu. On pourrait aussi te rendre compte de ces étages entiers m manquent sur un point, tandis qu'on les voit en lambeaux syr d'autres, plus oumoios éloignés, et de ces mélanges singuliers, mais rares, de restes d'animaux terrestres et iqirins. Comme le mouvement exerçait simnl* tanément sur beaucoup de points de Tétage qui venait d'être interrompu, on doit lui attribuer ces mélanges moins importants de coquilles et d'animaux oui ont Técu sur de& lieux voisins, mais Je nature différente, comme ceux des rochers, des pla^s vaseuses et des plages de sédiments plus fins, etméoie les mélanges de coquilles terrestres et marines qui ne pouvaient vivre ensemble
La question de savoir si ces mouvements des eaux ont été prolongés, et si, entre la fin de chaque époque géologique, à rinstaot où de nouveaux êtres ont été créés, dans l'étage suivant , il s'est écoulé un laps «in temps considérable, nous parait résolucasseï affirmativement par beaucoup de faits. Si le mouvement avait été instantané et si une nouvelle faune était venue immédiateineGi remplacer l'ancienne, un grand nombre des restes de cette ancienne faune pourraientse trouver mêlés aux êtres de la nouvelle '«mais l'observation directe prouvant généralement le contraire, puisque les mélanges sont du exceptions très-rares , on en doit conclure, que le mouvement a été asspz prolongé, et 1 espace de temps assez éloigné pour détruire, par l'usure ou autrement, les rejl« organisés qui, après une grande révolution géologique, se trouvaient a la surface.
Nombre d'autres faits géologi(^ues viennent le prouver également : les cailloux formant poudingues et ne contenant aucuns fossiles, de la hase de l'étage falunien df Carry (Bouches-du-Rhône) ; ceux de la ba« de 1 étage parisien , situé entre Barrêœe et (lévaudan (Basses-Alpes), les cailloux qutftzeux de la base de l'étage toarcien ou duiias supérieur de Thouars (Deux-Sèvres), ainsi que toute la surface de sédiments qn/^ rencontre souvent sans fossiles à la base u'oo étage. H en est de même des dénudatioDi profondes exercées par les eaux, entre i* dernières couches d'un étage et les preroièrti du suivant et même de l^nlèvement complet, sur quelques points de l'étage ectier. A ces preuves ajoutons l'usure, ou lc|»oli?sage de l'étape inférieur, avant que celoi<î'« lui succède immédiatement ait déj^osé de* restes de corps organisés. Nous cileruns entre autres, aeux exemples de ce genrf.
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ET OE PALEONTOLOGIE.