‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 156 sur 216 · PEU · texte numérisé non relu

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Ton à Lioo (Calvados), où, sur le bord de la mer, on roit que les dernières couches de Tétage bathonien, composées d'un calcaire aréoacé blanc, ont été usées et polies par les eaux, ayant que les premières couches de. Tétaçe callovien , composées d^argile bleu , se soient déposées; Tautre, très-remarquable, près d'Entragues (Basses-Alpes). On reconnaît que les couches de Tétage toarcien ont étié usées, corrodées par les eaui , en même femps que les fossiles qu'elles contenaient, comme Vammonites bifrans^ avant le dépôt des couches de Tétage bajocien, alors de calcaire marneux noir» et ce phénomène se manifeste sur une grande surface de terrain. Nous pourrioas encore citer beaucoup d'autres faits.

En résumé, chaque fois qu'un système de montagnes a sur^ au-dessus des océans, la faune existante a été anéantie par le mourement prolongé des eaux, sur les points disloqués, et même sur ceux qui ne le sont pas; et une nouvelle [)ériOiic d'existence ne s*est manifestée que longtemps après le repos de la nature. La séparation par faunes distinctes successives qu'on trouve dans chaque terrain, dans chaque étage géologi(^ue, ne serait donc que la conséquence Tisibledes soulèvements et des affaissements de diverses valeurs qu'adûsubir dans toutes ses parties la croûte consolidée de Técorce terrestre.

§ lU. — Effeti des periurbalions géologiques sur les couches sédimentaires consolidées et sur les restes organisés qu*elles renferment à rélat fossile.

Nous avons eu, iusqu'à présent, à signaler dans cet article, les grandes causes géologi']nes, auxquelles on doit attribuer les résultats généraux connus. Il nous reste à retracer une série nombreuse de faits non moins importants, mais dont tous les dét2ils l'-euvent , pour ainsi dire , se toucher au doigt, ou du moins se vérifler à chaque l>as dans l'étude de la nature. Par le relief que forment maintenant les Alpes, les Pyrénées, par les inclinaisons diverses que présenient les parties disloquées de leurs deux Tcrsants, ces montagnes nous prouvent que des roches sédimentaires, jadis disposées norizontalementpar les eaux, sont aujourd'hui dans toutesles positions ; les unes verticales, ou plus ou moins inclinées, et quelques autres daus une position qui approche de l'horizontalité. Une dislocation a donc pour effet de changer presque tous les niveaux des couches consolidées, des eaux des nouvelles mers, et d'amener de grands lavages à la surface desconlinonts.

Le chanzement de niveau, d'horizontalité, dans les couches consolidées, déterminé par une dislocation géoloiçique, amène les cas tout différents que noiis avons déjà sî,^alés. Des couches restent presque hofizontale5« comme on le voit souvent en étudiant les falaises maritimes qui bordent les paysde plaines. On en trouve des exemples dans les étages corallien» kimméridg«en,

toronien et scnonien de la Charente-Inférieure, dans les mêmes étages du Calvados, et dans les grandes falaises crétacées de Normandie, depuis le Havre jusqu'à Abbeville, où pour s'apercevoir ^ue ces couches plongent d'un côté ou de 1 autre, il faut parcourir une grande surface. Elles sont, pour ainsi dire, déposées comme elles l'étaient au sein des anciennes mers.

Dans les montagnes, les couches jadis horizontales sont plus ou moins inclinées ou plongent au nord, au sud, à l'est ou à l'ouest, ainsi qu*on peut le voir en parcourant les Alpes et les Pyrénées.

En d'autres 'circonstances plus rares, les couchés, par suite d'un effet de bascule, sont redressées verticalement. On les voit, en cet état, dans les montagnes aussi bien que dans les plaines. Les couches de l'étage sinémurien, sur lesquelles est bâti le bourg de Gévaudan (Basses-Alpes), et les couches qu'on remarque sur la rive opposée du torrent, sont tout à fait vci ticales. Il en est de même des couches tertiaires qu'on remarc^ue sur la rive droite du torrent, entre Oévaudan et Barrême (Basses- Alpes). Celles-ci, composées d'alternances de lits, de gros galets formés avec des débris uéocomiens, de graviers et d'argiles, sont maintenant tout a fait verticales. Les schistes ardoi$iers de l'étage silurien inférieur d'Angers sont également veiticaux.

Lorsqu'on étudie les fossiles contenus dans ces étages, et la manière dont les coquilles et les galets y sont déposés, on reconnaît qu'ils ont éii enveloppés, les couches étant horizontales, et que ces couches ont été redressées postérieurement à leur parfaite consolidation.

On a quelquefois parlé de renversements de couches^ cest-à-<i]re, que les parties de ces couches qui étaient dessus, se trouveraient dessous, par suite du redressement et du renversement. Bien que ces renversements paraissent extrêmement rares, il est facile de nous les eipliquer; car il est certain que, pour imprimer à une couche un mouvement de Ijascule qui la relève de 43 degrés à l'horizon, il faut une force plus énei^que que celle qui deviendra nécessaire pour la retourner tout à fait, et mettn^ en dessus ce qui était en dessous.

Lorsque les dislocations ont eu lieu fut des couches encore on un état imparfiiit de consolidation, il s'est formé des glissements de molécules dans toutes leurs parties composantes.

Quelquefois ces effets de glissements ne sont sensibles dans les couches que par la déformation de tous les fossiles qu'elles renferment, comme nous te voyous dans les couches oxfordiennes de Crue, près de Saint-Mihiel (Meuse), dans les couches cénomaniennes de la Malle (Var), dans les étages callovien et néoromien, de Chaudon et de Barrême (Basses-Alpes).

I^ plus souvent ces couches ont subi des plissements en divers sens. Elles se sont reployées sur eUes-même>, comme les cou-

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UiCTîONNAlRE DE COSMOGONIE

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elles (les étages eorailicii et néocomien compHses entre le Cheiron etCastillon près rie Caslellane (Basses-Alpes), qui montrent, u'un cùlé, Je redrtêsement des couches coralliennes et de lautre le reploiement des coujbes néocomiennes.

On voit, sur quelques points, des couches formées, dans le principe, de lits horizontaux, parallèles, représenter, par suite de pressions d'iné^^ales valeurs, ou de plissement, le reploiement d'une partie sur l'aulne, comme dans l'étage néocomien, desdeux côtés du torrent du pont d'Hyèges, entre Mouries et Gévaudan (Basses-Alpes). D'autres ondalalions de couches sont inclinées, comme dans Tétage néocomien de Sainl- André-de-Meouilles, et dans les couches coralliennes de Chaudon (Basses-Alpes). Lorsque les ondulations des couches sont sur un plan horizontal, comme dans le lias inférieur de Dignes (Basses-Alpes), sur la roule de Chaudon, ou dans Fétage kimméridgien de l'île d'Oléron, entre Saint-Denis et la tour de Chassiron, et sur une foule d'autres points, dans les schistes siluriens des dénarlemenls d'ile-ct-Vilaine, de la Loire- Inférieure, de Maine-et-Loire, eiv France, êl dans les couches do l'étage carbonifère de Belgique, on pourrait croire qu'elles proviennent d'une pression latérale déterminée par deux axes de soulèvement, ou de la différence de pression due à la nature du sol sous-jacenl, qui a cédé plus sur un point que sur un autre, en obligeant les couches à se reploycr inégalement, pour en suivre les inégalités. Quoi qu'il en soit, il n'entre pas dans notre cadre de discuter ces causes. Nous n'avons besoin, quant à présent, que du fait qui peut amener des déformations sans iiorabre dans les fossiles qui y sont contenus, ou détruire le parallélisme des couches et alors induire en erreur sur l'âge des terrains.

On a donné le nom de faille à un autre genre de diskv^.tion très-important à constater 9n géologie et en paléontologie. La faille consiste en une rupture, verticale ou oblique sur la tranche, d'un ensemble de couches, qui place une portion à un niv,?au, tandis que l'autre glissera sur sa tranc!ie, et se trouve/-^ ou plus élevée ou plus liasse. 11 en résultera que des couches, ou même des étages géologiques d'âges différents, pourront être mis sur la môme ligne, et souvent tromper l'observateur peu expérimenté. Les failles étant beaucoup plus fréquentes qu'on ne le croit généralement, puisqu'elles se trouvent à chaque pas dans les montagnes , et môme sur le sol en a|)parence moins tourmenté des plaines, exuent une attention toute particulière, afin de les retrouver danstoutes les circonstances. Quand la faille meten contact des couchesde nature minéralogique toutà fait distincte, on la reconnaît de suite; mais il n'en est pas ainsi, lorsque la nature minéralogique diffère peu, comme il arrive très-souvent dans les montagnes et dans lesplairies, par exemple à Boulogne (Pas-de-Calai><j, où des cou-

ches bleues de l'étage kimméridgien et du porlandien sont placées sur le même niveau iiorizontaL Alors les fossiles seuls pourront la faire reconnaître, en montrant des faunes distinctes dans les couches qrue la faille a mises accidentellement sur le même plan horizontal. Si le sol extérieur avait toujours conservé la différence de niveau que les ixmches ont subie dans l'intérieur, on aurait encore un moyen de les retrouier; mais les allures du sol , au contraire, montrent Quelquefois, extérieurement, une horizontalité parfaite, due au nivellement apf^orté parles dénudations successives, quand es fouilles dans l'intérieur de la terre, ou les falaises des bords de la mer» montrent un grand nombre de failles. Nous en avons eu beaucoup d'exemples dans Irs falaises de l'étage corallien, de la pointe du Ché, près de La Rochelle, dans les falaises de l'étage kimméridgien du Rocher, entre celte ville et Rochelr»rt, et surtout dans le creusement du canal de Niort à la Belle- Croix, située à huit kilomètres de La Ro* chelle.

Des failles ont souvent produit des lallées au milieu des montagnes, comme on le remarque dans les Alpes, où quelquefois un torrent franchit une chaîne par une fenl3 de cette nature. Nous avons également reconnu que beaucoup de vallées» dan* lis plaines, étaient le produit d'une faille. En parcourant la côte des départements de la bomme et de la Seine-Inférieure, où des falaises de craie blanche paraissent offrir une grande uniformité de couches, nous navons pas été surpris, dit M. d'Orbigny, lu' reconnaître, par les niveaux qu'ooîupent les fossiles dans les falaises, des deui côtés des vallées qui s'y jettent à la mer, qu'elles étaient produites par des failles. En effet, les vallées d'Etretat, de Crique|)ori, de Fécamp, de Saint-Valery-en-Cauï, etc., sont toutes dues à des dislocations de celte nature. Au milieu d'une masse de couches de craie de même nature minéralogique»

la différence dans les niveaux qu'occujîenl les couches à micreuter cor «tijurnum, fait reconnaîtrequ'unefailleconsidérableaformé

la valléb.

Nous pourrions multiplier à l'infini les exemples; mais nous nous contenterons de donner celui d'une des failles les plus curieuses que nous connaissions. Elle eiist^ dans le ravin de Saint-Martin, commune d'Escragnolles fVar). On y voit d'abord, sur un plan incliné, cinq failles successivej}. La première montre que les couches Je l'étage oxfordien ont été disloquées avant d'être recouvertes par les dépôts supérieure: car celte faille, que nous appelons foU^^ partielle, a dérangé seulement les coucha» de l'étage oxfordien, sans se prolonger dans l'étage néocomien qui le recouvre, ce qui prouve qu'elle préexistait au dépôt des cou ch es néocomiennes. Les failles sont, au contraire, des failles générales^ puisqu'elles odI aussi bien disloqué l'étage oxfordien qu'f les étages néocomien, albien et cénoman^*^^

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ET DE FALEONrOLOGlE.

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qui y sont sufierposés. Ces cinqfaiiies, comprises dans un espace de deux kilomètres de lon^^ueur, mettant en contact, auDièmeni- Teau horizontal, des couches d'âges géologiques trè>^Jitrérents.Ellesdémontrent combien les ruptures de ce genre peuvent amener u*îrrégularilés dans la |)osition relative actuelle des étages, et combien, lorsqu*on rcc iieille les fossiles qu'ils renferment , il fout se tenir en garde contre Terreur qni i'onsisterait à prendre pour des mélau^^es naturels des accidents mal appréciés par Kmex|»erience du collecteur.

Une des granJes perturbations occasionnées par les dislocations sur les couches consolidées, est celle qu*on désigne sous le n-iin de dénudation. Cest Taction de lavage et d'enlèvement d'une certaine pdrlie des criuches par l'action prolongée des eaux. On doit à ces dénudalions la séparation et PisolementJe la butte Montmartre, de la butte Ménilmontant, et des buttes du mtmt Valé-* rien, aux environs de Paris, par exemple; tO!ites ces buttes étant, d'après l'étude géologi<|ue, autant de lambeaux qui formaient un grand ensemble de couches Ue même nature dont la continuité est à Clamart.

Ces grandes dénudations partout remarquées autour du i»assin tertiaire de Paris, oe peuvent s'attribuer à des causes actuelles, qui, dans aucun cas, ne seraient assez puissantes; et tout prouve qu'elles sont encore le résultat des grandes dislocations terrestres.

On voit des traces de dénudations de cette ffta'jre sur tous les points du globe, soit l^T l'isolement des fiarties formant jadis un tout, soit |iar Tenlèvenient des ccmches dans les montagnes. C'est bien certaincmei.'t à lies actions puissantes de nivellement qu'il fr.ut attribuer, i\ans les Alpes, le morcellement des étages céuomanien et sénonien des terrains créîacés, et surtout les |»elits lambeaux existants encore aujourd'hui des étapes suesson'en et parisien, de l'époque tertiaire. Il est évident que ces étages formaient d'immenses surfaces; aue les dis- Imrations ont dû les cijnserver dans les anfractuosités qu'elles laissaient sur tous les lieux où la dénudati(m ne |)Ouvait avoir qu*un faible accès. La manière dont se montrant seulement ces lambeaux d'étages, depuis Grasse jusqu'à Grenoble, sur le versant français des Alpes, amène au moins à cette ronrliision. Ce sont ûes restes des lambeaux échappés à la destruction générale , qui Tiennent seuls témoigner que ces étapes existaient sur l'emplacement occu|kS par les Allées, avant que cette chaîne eût pris ^on relief actuel.

On doit aussi à ces grandes dénudations générales, le creusement, l'élargissement eitraordinairedes vallées qu'une foilleavait, s.ins doute, primitivement tracées dans une dislocation antérieure, car lorsqu'on étudie la puissance de ces dénudations, l'immense étendue des |»arties enlevées, et la masse des matériaus charrés, il devient impos-

sible de les rattacher aux causes actuelles* dont l'action est si limitée.

Les effets géologiques des dislocations sur les restes organisés fossiles contenus dans les couches consolidées, se sont montrés de différentes manières; et l'un de ces effets se rattache encore aux dénudations; nous voulons parler des fossiles remaniés. Lorsqu'une couche consolidée a été en butte aux grands efforts des eaux et que les parties qui la composent ont été désagrégées par leur action, il arrive qu'enlevés de cette couche, les fossiles , ordinairement plus résistants, peuvent être transportés, soit en des couches postérieures , soit en d'autres sédimentsdu même étage. On appelle ordinairement, fossiles remaniés sur place^ l'effet du mouvement des eaux assez fort IK>ur détacher et isoler les fossiles de la roche, pour les transfiorter par lits au milieu des sables, des argiles d'une com|K>sition miuéralogique différente, mais de la môme époiiue géologique. On voit des remaniements de ce genre, principalement dans l'étage albien ou le gault, à Wissant, (Pas-île-CafaisJ, h Sauce-au\-Bois, à Noviun (Ardennes) , à Varcnnes (Meuse) , à Clar (Var), h la montagne i\es Fis (Savoie). On les reconnaît h la îorme anguleuse dos fragments remaniés et déjiosrs par lits horizontaux, aux fossiles toujours remplis de matière différente des couciios (jiû hs renferment aujourd'hui, comme à Sauce-aux-lîoiy, à Wissant et à la mcsnlague des Fis, par exemple y oii ils sont formés de n:atièie noire, quand les séJiuients oui les entourent actuellement sont des saîdes verts trêslîns, ou de l'argile grisâtre. Une preuve sans réplique de remaniement s'y montre souvent. Lorsqu'une valve isolée d'une coquille acéphale se trouve déposée dans une couche quelconque, elle ne peut que se remplir des matières qui l'environnent. Si ella reste dans cette couche, cette matière est naturellement toujours identique de compo* sition miuéralogique à la masse générale de la couche. Dès lors, les vallées isolées dans les c^juches de grès vorts devraient être remplis de ces mômes grès, tandis qu'elles le sont toutes de matière noire d'une nature très-distincte.

Nous avons de fréquents exemples de remaniement de fossiles, dans des étages bien ditférents de ceux qui les contenaient primitivement. Nous avons déjà cité ces pro" duclus de l'étage carboniférien, que MM. Murchison et de Verneuil ont trouvés avec les coquilles fossiles de l'étage contemporain, en Russie. Les fossiles albicns de Clansayes (Drôme), compo.-és d'une roi:hc chloriïée très-compacte, sont remaniés dans un sable rouge appartenant à l'étage tertiaire falunien, ou dans un étage intiniment plus récent que celui qui les renfermait primitivement. Nous trouvons encore des remaniements de cette nature h la montagne Sainte -Catherine, à Rouen, où des fossiles de l'étage cénomanien forment un bâiH- au milieu de l'étage turonien, el

DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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un autre à Fét^amp (Seine-Inférieure), où les mêmes fossiles qoe ceux de la montagne Sainte-Catherine sont remaniés dans l'étage sénonien ou dans la craie blanche. Les bélemnités et les ammonites de Tétage toarcien sont, ^'après M. de Munster, reraa* niés dans les couches tertiaires d*Osnabruck et de Casse]; Vostrea colnmba de Tétage cénomanien est remaniée dans les faluns d^Angers ; les fossiles du lias le sont, avec les coquilles de Tépoque actuelle, à Bamff, en Ecosse, d'après M. Prestwich, etc.

Pour nous résumer, relativement aux fossiles zoologiqnes, on voit que durant les périodes de repos, ils peuvent être renfermés soit au sein des couches, soit dans leur position normale d*existence; y être déposés entiers, par parties séparées; y former des bancs sous-maiins, ou être rouies sur les côtes. Dans les périodes d'agitation, ils peuvent être remaniés sur place Mans le même étage, ou transportés dans lies éla;?es d'âge diflférent de celui où ils ont vécu, par suite de simples remaniements. Les dislocations placent aussi les couches qui )es renferment dans les cireonstances les plus disparates, par suite des soulèvements et des affaissements de diverses valeurs. Les failles mettent quelquefois sur le même horizon des étages de deux âges distincts. On conçoit que toutes ces causes, qui tendent à intervertir l'ordre naturel des choses, sont autant de difBcultés dont il fant tenir le plus grand compte dans l'étude paléontologique. Les plus petites irrégularités géologiques devront être étudiées avec détail avant de recueillir les restes organisés contenus dans les couches. II faudra ensuite s'assurer d'où proviennent réellement les fossiles qu'on rencontre libres dans les ravins surmontés d'étages divers, d'où ils peuvent tom- Ler; ou ceux qu'on recueille au pied d'un coteau, car ils peuvent rouler des couches les plus supérieures, ou des plus inférieures de ces coteaux, et, dès lors, provenir d'étages d'âge très-différent. Lorsqu'on n'est pas ass^z exercé pour reconnaître (a provenance réelle de ces échantillons libres qu'on trouve à la surface du sol, il convient de ne recueillir que ceux qui sont encore dans la couche où ils se sont déposés, et sur lesquels on ne peut avoir de doutes. Sans ces précautions, on s'expose à placer, dans un étage, des êtres qui ne s'y sont iaroais rencontrés, et à faire des anachronismes qui tendront à intervertir l'ordre naturel ues choses.

Des déformations dans les fossiles. —Nous avons dit que les différentes inclinaisons des couches non entièrement consolidées, avaient permis aux molécules composantes de subir un effet de glissement qui, dans beaucoup de vASj n'était "sensible que par la déformation iles nombreux fossiles qu'elles renferment.

Nous appelons déformations toutes les altérations, tous les changements de forme que les restes de corps organisés ont pu bulm dans les couches terrestres, par suUe

de ta pression ou de toute autre cause géologique. Ces déformations sont de telle nature qu'elles changent entièrement les caractères spéciQques des êtres, et qu'elles ont servi a certains auteurs à former des genres et des espèces distincts.

Les animaux , comme nous l'avons dit {Voy. Couches sédimentaires, arLl^j^nese sont pas déposés dans les couches terrestres, d après leur pesanteur spéciBauc, comicd l'ont cru certains auteurs, mais bien comme elles se déposent encore aujourd'hui surb rivages maritimes. Les êtres soudainemeQt enveloppés de sédiments sont restés dans leur position normale, sur le point où il§ vivaient. Les autres, morts dans les eaui, ont été transportés par les courants; leurs

Earties se sont dispersées, ont formé des aucs sous-marins, ont été jetées sur des rivages tranquilles, ou sur des rivages battus de la vague. Les restes organisés, aussi déposés et recouverts par les dépôts sédiœeDtaires, sont devenus fossiles, avec leurs parties plus ou moins altérées, ou sont passé) à l'état' de moules, d'empreintes et de modèles. {Voy, ces mots.) Si postérieuremeoU leur dépôt les couches à l'état pâteux se soal affaissées dans leur position horizontale, par suite de la pression de l'ensemble, tous les corps organisés qu'elles renferment subissent des déformations dans le sens rertital. Si ces mêmes couches ont été disloquées î l'état pâteux, et qu'elles se soient trouvées inclinées antérieurement à la pressionde l'ensemble, cette pression produira un glissement oblique des molécules, par rapport à leur premier dépôt horizontal, et les corps organisés que ces couches renferment prendront des formes plus extraordinaires eccore.

La pression verticale des couches détermine, sur les corps placés dans la posilioa horizontale^ suivant leur compression niturelle, un aplatissement de toutes les[)8rties. Les nautiles, les ammonites, de cciuvexes qu'ils étaient, s'aplatiront et dévier;dront souvent aussi minces qu'une feuiliv de [lapier. Vammonite serpentmus des couches feuilletées de l'étage toarcien ou lii. lias supérieur offre souvent cette déforiQ}tion.

Les bivalves placées sur le côté perdroBi la moitié de leur convexité, ou de conveie; qu'elles étaient, seront même tout à bï'* aplaties. Cette déformation, très-commuot que nous appellerons déformation latérak ne change en aucune manière la forme S5* métrigue des coc|uilles, et même, eo eei»< peut facilement induire en erreur, si, daoj la détermination des espèces, l'on n'en lic^' pas un compte rigoureux.

La pression verticale des couches produ . encore les déformations toutes différeoit* que nous nommerons déformations rmifcles. Celle-ci a lieu prineipalemeni lon^'^les coquilles spirales ou bivalves sont darleur position normale, qu'elles sont pbverticalement dans le sens de leur lougueiir Des coquilles de gastéropodes coniques «.t

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ET DE PALEONTOLOGIE.

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Tiendront entièrement plates, ou leur spire, de Irès-élevée qu*cHe était, rentre sur eUeméme et reste très-ohtuse. La raéme déformation a Heu pour les crustacés et pour les oursins.

Quant aux coquilles bivalves, la déforliiation verticale s*exerce généralement lorsque celle-ci est restée dans «^a position normale d'existence, et elle eu cîiange entièrement la forme, comme on le trouve à la Malle (Var) , etc. Telle coauille, naturellement runde, le cardium hillanum^ deviendra oblongue transversalement, ainsi que le prouveront les figures comparatives, prises sur des échantillons en nature. Lorsqu'au contraire cette pression est exercée dans le sens transversal, c'est-à-dire des crjchels au bord palléal. d'une bivalve, elle deviendra oblongue de ronde qu'elle était.

La pression oblique des couches disloquées et inclinées produit, sur les corps organisés fossiles, ce que nous désignerons sous le nom de défortnaiion oblique^ et ces déformations sont de presque tous les étages

géologiques. Chez les coquilles composées e |iarties paires et enroulées sur le mémo plan, elle rend la spire elliptique de régulière qu'elle était ; beaucoup d'ammonites se trouvent dans ce cas, ainsi que des bellérophons. Les premières ont servi à former le i;enre etlipsolilhes; les autres à déterminer des espèces purement imaginaires.

Cette déformation oblique rend l'enroulement spiral elliptique chez les gastéropodes, en jetant le sommet latéralement, tantôt d'un cùié, tantôt de l'autre.

Si, pour des jeux exercés, ces déformations se reconnaissent facilement, il n'en est pas de même des déformations obliques des coquilles bivalves, ici la pression peut rendre une coquille irrégulière de symétrique «qu'elle était, en faisaat jouer une valve sur 1 autre; elle peut alors la faire ressemblera l'état naturel de coquilles bien distinctes, en rendant Icsyalves inégales, comme on le Yoit pour le cardium hillanum.

Lorsque cette pression a lieu dans le sens d'une verticale qui passe entre les deux valves, et qu'elle 1 incline, soit d'un côté, soit de l'autre, elle en change totalement \a furme, sans en changer la sjrmétrie, ce qui rend cette déformation difiicile à rcconuallre.

11 est à remarquer que ces déformations sont souvent en rapport avec la valeur des dislocations qu ont subies les couches consolidées terrestres. £lles sont rares sur les points où la stratification est presque horizontale, dans les plaines, par exemple; elles se multiplient outre mesure dans les montagnes, où toutes les couches ont subi des dislocations sans nombre. £n tous cas, il convient d'en tenir un compte rigoureux dans la détermination des espèces, pour ne pas les multiplier à l'infini.

I IV. — Conclusions relatives à la séparatitm des étages géologiques et des faunes spé^ ciales quils renferment.

Nous voyons, d'après ce qui précède, i* qu'il s'est manifesté, à la surface de la terre, de longs intervalles de rej[)os, pendant lesquels les couches sédimentaires se sont déposées lentement avec les nombreux restes des animaux qui vivaient alors sur les continents et dans les mers ; â* que, par suite du refroidissement du centre et de la croûte extérieure du globe terrestre, le retrait des matières a produit, sur cette croule consolidée, des reliefs et des affaissements auxquels on croit devoir, en raison du mouvement des eaux, attribuer l'anéantissement complet de la faune existante; Z"" que ces dislocations ont amené , à chaque époque , des ehangements de niveau dans les couches consolidées et clans les mers , V qu'à la suite d'un la;»s de temps d'agitation, plus ou moins prolongée, a^rès chacune de ces révolutions géolo.^iques, îles êtres différents ont été créés et sont venus de nouveau couvrir et animer la surface de la terre. Il nous reste maintenant à définir comment on reconnaît aujourd'hui, sur les couches consolidées de récorce terrestre, les limites de ces instants alternatifs de repos et d'agitation, et les différentes é^ioques géologiques qui en sont le résultaL

On a vu que les sédiments, déposés dans un in^-tant de repos, forment, des couches

{}aralUiesy concordantes ^ qui se succèdent es unes aux autres sans interruption. On a reconnu que le premier grand effet des dislocations terrestres est de changer les niyeaux, et, dès lors, de placer sur le lieu de la dislocation , dans toutes les positions, les parties des couches solides qui ont été dérangées par suite de cette révolution géologique. Comme les mers prennent toujours leur horizontalité, ce nouvel horizon, par rapporta l'inclinaison diverse des coucnes disloquées, n'est plus parallèle; au contraire, il est, le plus souvent, fort différent. On dit alors que les couches sont en discordance de stratification, La discordance est donc le manque complet de parallélisme entre deux couches qui se succèdent, dont l'une, jadis horizontale^ a été dérangée avant que la nouvelle couche se soit déposée parallèlement à la li.^ne du nouvel horizon des eaux. Il en résulte que la discordance annonce certainement, partout où elle se trouve, qu'une dislocation, qu'une révolution géologique est survenue entre le dépôt respectif des deux couches, et qu'elles sont, dès lors, d'âge relatif différent. On doit donc admettre , avec tous les géologues, et sans aucune restriction, que la aiscordance dans les couches qui se succèdent est un moyen certain de reconnaître la fia d'un étage et le commencement d'un autre.

Quelques personnes ont pensé que la discordance était indispensable pour séparer deux âges de terrain. La série des observations aussi bi^^n que le raisonnement, por-

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DICTIONNAIKE DE COSMOGONIE

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tent à croire le contraire. Pour qu'il y ail discordance sur tous les points à la fois, entre les dernières couches d'un étage et les premières de l'étape suivant, il faudrait supposer que la dislocation de la fin d'une époque s'est manifestée avec la même intensité sur toutes les parties du globe à la fois, ce qui n'est pas probable. C'est assez devoir les révolutions qui se sont opérées atteindre, dans leurs dislocations, une portion considérable de la sphère, de l'élcndue, par exemple, de la chaîne des Andes et des Pyrénées. Lorsqu'on étudie la géologie des plaines et des montagnes, on reconnaît, au contraire, que des couches parallèles, appartenant à des étages très-différents , se sont succédé pendant un laps de temps plus ou moins considérable. II faut donc croire que si, bien certainement, des points de chaque étage ont été disloqués par suite des révolutions géologiques, d'autres sont restés dans une position plus ou moins concordante avec les étages supérieurs et inférieurs.

Voici comment nous avons trouvé marquée la séparation des étages :

La dénudalion cVun éiage^ marquée par les lignes irrégulières d'érosion^ à son point de contact avec celui qui le recouvre immédiatement, équivaut à une discordance; car elle est le signe îcerlaih d'un mouvement géolo-

fjique. On voit partout des exemples de ces Ignés de séparation.

Le polissage^ Vusure, la surface corrodée d'une roche, avant que celle qui lui succède se dépose, comme nous avons déjà signale quelques exemples, sont d'aussi bonnes limites gue la discordance entre deux étages géologiques , puisqu'elles sont encore prouites par des mouvements puissants de dislocation, et du mouvement des eaux, qui en sont le résultat immédiat.

Il en est de même du manque, dans quelques points, d'un étage intermédiaire, reconnu partout ailleurs, comme on le trouve si souvent dans la nature. Le manque de l'étage albien, qu'on remarque dans les Al-

f>es, depuis Castellane; jusqu'à Gap, entre 'étage aptien et l'étage cénomanien, et le manque, au contraire, de l'étage aptien, entre les étages néocomien et.albien, depuis Castellane et Grasse, quand, d'un autre côté, ces quatre étages se succèdent régulièrement dans les déparlements de la Meuse, de la Haute-Marne, de l'Aube et de l'Yonne, et en Ançleterre, à l'île de Wighl, sont, pour nous, 1 équivalent d'une discordance ; car ces manques d'étages prouvent un mouvement de soulèvement, d'affaissement ou une grande dénudation sur les points où ils ne se trouvent pas dans leur ordre ordinaire de succession au milieu des couches.

Lorsqu'on voit les dépôts des cavernes, celui des pampas, ainsi que ceux de presque toutes les brèches à ossements, comme celles de Sicile, de Nice, de l'Algérie, être d'une même couleur ferrugineuse rougeâtre produite, évidemment, par le lavage des parties terreuse de la surface des continents, on

doit croire que cette couleur ferrugineuse ]}cut, en certains cas, indiquer laGii duue époque géologique ou le commencemcnl d une aufre. C est en effet ce que Ton a remarqué dans une foule de circonstances.

Les dépôts de fer limoneux de Bettancourlla-Ferrée (Haute-MarneJ, qui sont entre la base de l'étage nëocomien et les dépôts jurassiques ; les couches fernigineuses de Vassy, môme département, qu'on remarqup à la partie inférieure de l'étage aptien; la couche moins épaisse du ravin de Saint- Martin, près d'Escragnolles (Var), qui raar- Î|[ue la fin de l'étage néocomien; la coud? érrugineuse de la base de l'étape bajocifn de Bayeui , de Moutiers et de Sainte-Honorine, se trouvent dans ce cas, ainsi qu'une multitude d'autres points de notre France. En Amérique, ou le retrouvtî encore, sur une grande échelle, à la base de l'étage falunien des terrains tertiaires, dans lacourhe guaranienne et dans le limon des pampas. On conçoit, néanmoins, jjue les dépôts de ce genre ne puissent se faire que dans les cavités terrestres laissées par suite du changement de niveau déterminé ]>ar la perturbation géologique; aussi ne doivent-ils élrp que locaux; mais, dans quelques cas, iK sont encore des signes bien marqué.s auxquels on peut reconnaître la fin d'un éla.e ou le commenrement d'un autre.

Les grands dépôts de galets ou de gros sédiments, tels que les petits cailloux qu'un rencontre souvent à la base d'un étage coron.e à Thouars (Deux-Sèvres), dans l'étage toarcien, à Carry (Bouches-du-Rhône), dans l'étage falunien, marquent aussi fréquemment la fin d'un étage et peuvent servir à lesfaii* distinguer ; car ils y ont été amenés par suite d'un mouvement prolongé dans les eaux, au commencement d'un nouvel horizon.

Les couches épaisses sans fossiles, quoo rencontre quelquefois à la base d'un éU|;ei en marquent aussi le commencement, a?aiU qu'il eût contenu des animaux.

Les allures extérieures , les inégalités da sol, dans les plaines, lorsqu'elles formentde longues ondulations, ne sont, le plus souvent, que le «igné extérieur d'un changement d éta^e, comme on le voit dans les département des Deux-Sèvres, de la Haule- Marne, des Ardennes, de la Meuse, etc. Des inégalités bien plus grandes, produites y^r les dénudations sur des couches de densités différentes, signalent partout, dans les Uau; tes et Basses-Alpes, les limites, pour aîn>i dire rigoureuses, des étages ; à tel point. que chaque chaîne de montagnes, de collines, placée dans le sens des grandes disloca* tions, montre presque partout les grandes lignes de séparation des terrains et des étages.

Cequenous venons dedir«. de la différeoee de dureté et de composition minéralogique des étages, à leur point de contact, est ua fait général qui sert toujours, sur une localité restreinte, à les faire reconnaître. 1>^d> certains cas> cette différence est minértlo^i"

1lz5

ET DE PALEONTOLOGiE.

TLR

quemeut tros-tranchéc, par eieoiple, du grès au calcaire, du calcaire à l*argile, où mî montre par des changements nrononcés dans la couleur respective des roelies. Il est aussi iïes circonstances où« comme dans les Alpes, près de Digne, les étages, depuis le lias inférieur jusqu'à rétame néocouiien, sont tous composés' de calcaires argileux noirâtres. Dans les dénartements do T Yonne et de la Loie-d'Or, les trois étages du lias sont formés de calcaire marneux bleu. Près de Niort les étages callovien et bathonien sont d*un «.aicaire blanc jaunâtre. Il faudra, dans ces circonstances, une plus grande attention jKjur les distinguer; mais je légères nuanii'S de dureté, de couleur, acquerront alors iiuc plus grande valeur qu'ailleurs, et sernrit encore les si^nos certains des lignes de M'paration, parfaitement en raj'port avec les IViuiies zoologi^jues qu'ils contiennent. D'ailleurs, à de petites couches plus dures, contenant un plus grand nombre des restes or- Î;anisés, l'habitude pratique fait reconnaître is limites, tout aussi bien que si elles éuiient marquées par des roches de natures ditforentes.

1^ ligue de séparation entre deux étages #;^t« disons-nous, marquée par une discor- «i iMce de stratification dans les couches, par de? dénudatioiis, par le polissage, Tusure de ia sufierûcie et fétage ie plus ancien des iieux, par des dépôts ferrugineux, par ûes lits de galets, par les inégalités extérieures du sol, enfin, par la ditférence de couleur et de comi)osition minéralogique des roches gui se succèdent. 11 reste à savoir si ces différents signes, auxquels on reconnaît la fin d'un étage ou le commeucement d'un autre, suIDsent toujours pour les faire 4iistingucr bien.certaineinent, etpourdonfH*r leur âge relatif. La discordance, avonsiKius dit, est un moyen positif de distinguer lieuj éooqucs géologiques qui se succèdent sur un point quelconque; mais cette uibcorc;ance, qui indiaue bien certainement qu'il n'y a pas identité d'âge géologitiue entre ces deux étages, reste muette sur la question de >avoir si, placés sur ce [)oint Tun au-Jes^us de Tautre, ces deux étages sont bien ceux i|ue la nature a fait se succéder dans Tordre général de l'ensemble géologique. On voit, vn effet, sur quelques points de notre globe, et surtout en Franco, se suivre, régiuièreincnt les uns les autres, dans leur Age relatif et dans leur véritable ordre de superposition, de nombreux éVages, comme dans les terrains jurassiques des départements des Deux-Sèvres, de la Charente-Inférieure et du Calvados ; ou comme dans les étages triassii|ues, jurassiques, crétacés et tertiaires des tiépartements de la Haute-Marne et de la Jdarne, où rien ne manque dcns la succession naturelle ; mais on trouve aussi, sur plus de points encore, l'ordre naturel interverti, par suite de dénudations ou de différences de niveaux. Il manque, par exemide, è Escragnolles (Var), Tétage aptien entre rétage néocomien et albien, à llonfleur (Calyados;, cuire l'étage kimmériJgien et l'élage

cùnomanieu, quatre étages intermédiaires ; le^ étages porliandien, néocomien, aptien et albien ; à Fontaiue-£toupe-Four (Calvados), six étages intermédiaires , les étages divonien, carboniférien , permien, conchilien, saliférien et sinémurien entre Tétage silurien et les couches liasiennes, qui les recouvrent sur ce point. Quelquefois, comme sur rOca, gouvernement de Moscou, à Yclatma, gouvernement de Tambof, on trouve l'étage oxfordien en contact avec l'étage carboniférien, laissant, dès lors, neuf étages de moins dans cet intervalle, tandis que, sur i'éta^^e oxfordien, se trouvera l'étage sénonien, avec un nouvel intervalle de huit étages. D'autres fois, enfin, comme dans les Alpes, il ne ^e présente (|ue des lambeaux isolés des élages crétacés et tertiaires, placés diversement sur les étages jurassiques.

Que la discordance séf»are deux étages qui doivent se succéder naturellement, ou qu'elle sépare des étages qui laissent entre eux soit des terrains, ^oit un grand nombre d'étages de moins, comme sur les points que nous venons de citer, elle ne dénote toujours qu'une sim|>leditrén'nce défKjque, sans rien enseigner sur l'âge relatif récijiroque de c«s époques. Il est uonc certain au'ici ce*5.se le domaine de la géologie non paUonlologiqur^ pour céder la place au domaine exclusif Qi* (a paiéoniolog /e gl rui igraph ique.

Si, en effet, daj.s ces cas, on ne se sert que de la géologie , on pourra supposer que les étages sont dans leur ordre naturel de superposition. On ne tiendra, dès lors, aucun compte des lacunes qui existent entre eui ; et, prenant l'étage qui recouvre l'autre, comme celui qui doit lui succéder, on commettra une erreur qui |>ourra s'étendre, ensuite, sur tous les autres étages supérieurs qu*on placera plus bas (|u'iis ne doivent être, comme nous pourrions en citer de fréquents exemples dans le^ travaux de quelques auteurs. La géologie n'a, effectivement, sans la l>a!éontoiogie, aucun moyen certain de reconnaître l*âge iles étages, quand l'ordre naturel est interrompu; car les caractères minéralogiques sont insuffisants, et peuvent, au contraire, entraîner à de graves erreur>, puisque les circonstances actuelles de l'étude; des étages terrestres nous ont fait reconnaître {Voy, COIXHBS SÉD1MB9(TA1RES , art. 1") \ii

synchronisme des couches de natures trèî^différentes. Lorsque les géologues non paléontologistes ont constaté ces lacunes, ils y ont toujours été amenés par les caractères paléontologiques des étages, les seuls que l'on puisse alors invoquer avec certitude. Cela est si vrai que lorsqu'ils n'ont pu se guider par les fossiles, comme pour les ma» cignos des Alpes, ils les ont classés suocessivement dans les terrains triasiques, crétacés ou tertiaires.

Nous avons étibli que la fin de chaque grande période géologique avait été marquée par lanéantissement des êtres composant la iiaune de ciiacune de ces périodes, et qu*uiie faune nouvelle s'était ensuite manifestée à la surface du globe. 11 en est résulté une

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succession de faunes distinctes caractéristiques de chaque terrain, de chaque étage. En effet, qu'une faune propre à un étage soit prise dans l'Inde, en Amérique ou en France ; qu'elle soit en contact avec la faune qui Ta précédée, qu'elle soit, au contraire, séparée par une lacune plus ou moins grande, qu'elle soit enfln contenue dans un grès, dans une argile, ou dans un calcaire, elle n'en montre

{>as moins partout les mêmes caractères zooogiques d'ensemble et les espèces identiques des plus caractéristiques. Ainsi, dans toutes les circonstances géologiques, la paléontologie stratigraphique donnera toujours, pour les couches de sédiments, à l'aide des caractères généraux de formes animales, et de quelques espèces communes, comparativement à ce qu'on a observé préalablement au sein des étapes superposés dans leur ordre naturel, un moyen certain de reconnaître l'âge relatif d'une couche.

Nous avons dit que des différences de composition minéralogique des étages concordants annonçaient les limites respectives de ces étages. D'un autre côté le synchronisme des dépôts actuels {Voy. Couches s^uiMENTAiREs, art. I"), Hous a montré que des sédiments, de natures diverses, se déposent en même temps dans les mers actuelles, comme ils se sont déposés dans les divers étages géologiques. Il en résulte que cette différence dans la nature minéralogique ne peut recevoir qu'une application, locale "très-restreinle, et que les caractères qui ont servi, par exemple, à distinguer deux étages en Normandie, sont tout à fait insuffisants dans les Deux-Sèvres, ou dans les Ardennes.

Nous avons vu également que des perturbations naturelles fortuites [Voy. Couches sÉDiMET^TAJREs, art. I"), pouvaicut amener un changement de nature dans les dépôts actuels, et placer des argiles sur des sables, ou des sables sur des argiles, comme nous en avons rencontré dans les différentes couchesd'un même étage géologique. Il reste donc démontré que le changement de nature minéralogique, s'il indique souvent la fm d'une période, d'un étage, peut aussi n'en montrer qu'un accident partiel, qu'un effet de ces perturbations naturelles. On entrevoit delà que ce caractère minéralogique échappe à la géologie spéciale, puisqu il ne peut donner les moyens de reconnaître si ce changement est dû à la fin d'une période, ou à des couches locales plusieurs fois renouvelées d/ins cette période. Ici encore, comme dans les discordances et dans tous les autres cas que nous avons cités, la paléontologie stratigraphique seule peut servir à distinguer, par la fin d'une faune et Ïar le commencement de l'autre, la véritale limite de toutes deux.

En résumé les animaux, ne montrant dans leurs formes spécifiques aucune transition, se sont succédé à la surface du globe, non par passage, mais par extinction des races existantes, et par la création succejsive des espèces à chaque époque géologique.

Les animaux sont répartis par étage, suivant les époques géologiques. Chacune de ces époques présente, en effet, à la surfaw du globe, une faune distincte, caractérisée par des formes spéciales et par des espèces identiquement les mêmes partout; aussijes étages silurien , dévonien, carboniféricn, permien, jurassiques, crétacés, et même les étages inférieurs des terrains tertiaires de toutes les couches géologiques du elobe, sur lesquelles -nous avons des données cerlainés, présentent-ils des caractères paléonlologiques identiques, c'est-à-dire le même faciès d'ensemble, les mêmes formes génériques et un nombre plus ou moins graoi d^espèces identiqucs,.communes partout, qui prouvent leur complète contemporanéilé.

Cette contemporanéilé d'existence, quon remarque à d'immenses distances aux premiers temps de Tanimalisation et jusqu'à l'époque ou se déposent les terrains tertiaires, semble dépendre d'une température uniforme et du peu de profondeurdes mers. Néanmoins, cet état de chose ne pouvait se maintenir, dès que l'influence de la latitude etconséquemmont l'inégalitéde température déterminée par le refroidissement de la terre, d'un côté, le système des monlaenes, df l'autre, ainsi que les grandes profondeurs des océans, apportaient autant de barrières infranchissables à la zoologie terrestre et marine. On doit donc croire que l'uniformité de répartition des êtres sur le globe tient, pour les uns, à l'égalité de température déterminée par la chaleur centrale, et pour les autres, a cette même cause, combinée avec le peu de profondeur des mers; tandis que le morcellement des faunes tertiaires récentes, par bassins de plus en plus restreints, provient, en approchant de Tépoque actuelle, du refroidissement de la terre, «les limites de latitude, des barrières terrestres et marines, qui ont mis obstacle à l'eiteosioa des faunes.

PERTURBATIONS dans les DÉpAnDESÉniMENTS. Voy. Couches sêdimentaires.

PÉTRIFICATION. Voy. Fossiles.

PHILOSOPHES Eï POETES ANCIENS, admettent-ils une création de la matière. - Voy. Chaubard.

PHYSIOLOGIE PALÉONTOLOGIQIEGÉ- NÉRALE ET COMPARÉE. — Nous emprunterons à l'un des plus savants paléontologistes de notre époque les profondes études qu'il a faites sur le sujet élevé qu'annonce le titre du présent article. Nous recommandons ces belles considérations à raltenlioo du lecteur; elles sont du plus haut intérêt à cause des conséquences qui en découlent.

L'une des questions les plus UnfOttantes de la zoologie générale, dit M. A. d'Orbigny, est, sans contredit, celle qui ^ rapporte à la marche successive de l'animt' lisation sur le globe, depuis les temps géologiques les plus reculés jusqu'à 1 époque actuelle. De cette étude dépend, en effeff l> solution définitive du grand problème zoo ogique, de la perfection successive des organes, comparée à l'ancienneté des animaui

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dans les diyers â^es du moiidt*. i.cs snvttnlcs rcclicrdies de Cuvicr ten:laienl <^vidoiumcnl à ce bul ; fliais, filhistre auteur de Touvpa^e snr les ossements fossiles, s*étant borné aux uammifcrcs et aux reptiles, les déductions ^u^il lire de ses ol^servations ne sappli* quent, quehjue'importanies qu'elles soient, qu'à ces deux classes d'êlres. Depuis Cuvier, M. Richard Owen. avec la rare sagacité qui le distingue, a surtout étudié les animaux vertébrés. MM. Agassiz, Hermaunde Meyer et beaucoup d'autres* savants se sont plus l^articulièremenl encore occupés du même eiiii»ran('liement.

Lfs trûis autres embranchements des animaux, renfermant à pux seols les cinq sixièmes des genres connus h l'état fossile, et douze fois plus d'es|>èces ensevelies dans les co'idios terrestres que les animaux vertébrés, ont é^ab»n]ent été traités dans beaucoup d'où vra^xes; mais, rédigés souvent nar des horauios étrangers à la zoologie analytique, ces ouvrages ne sont, il faut bien le reconnaître, que très-rarement au niveau des travaux que nous venons de citer sur les animaux vertébrés; et leur ensemble hélé.*^gène ne saunnt donner aucun résultat certain. Il convient donc, pour en tirer Iiarti, de discuter avant tout sévèrement chacun des dca-uments isolés qu'ils renferment, afin de rectilier les erreurs de déterfiiination ei de ramener les choses à leur Taîeur réelle. Convaincu de cette nécessité, et désirant arriver à une solution |)Osiiivc, nous Avons voulu appliquer è l'étude des i:iiiu?aux invcrtél>rés fossiles rex|)ériencc et l'habitude que pouvait nous avoir don* nées une vie entièrement consacrée aux recherches Toologi'jues sous toutes les zones de température. Def uis 1839, surtout, nous ifavons pas cessé nos recherches sur les aiiimaux mollusques et rayonnes fossiles. Nous avons publié dans notre Paléontologie françnise^ et dans beaucoup d*autres ouvrasses sur la zoologie analytique fossile, une trèsnombreuse ^é^ie de travaux qui nous ont l>erinis d'effectuer beaucoup de réformes s|»éciales par une application nouvelle des irariatîons qui déterminent l'âge et le sexe, diez un grand nombre d'ètrcs perdus. Indéfiendamment de nos travaux particuliers, contenant quelques milliers d'espèces, nous avons encore voulu discuter un à un tous les faits que renferment les ouvrages publiés jnsqu'à ce jour, dans le but de rectifier quelquefois l'âge chronologique, et de ramener les corps organisés fossiles, inscrits dans le domaine de la science, à Punité du genre, h l'unité de l'espèce, ou, pour mieux dire, à une valeur comparative uniforme, condition indispensable de tout travail d'ensrniblc. Nous avons d'abord consigné ces drKunients ainsi rectifiés dans notre Pro^ drome de paléontologie slratigraphiqne^ qui contient, à lui seul, plus de 18,000 espèces, afin qu'on puisse apprécier les Imscs sur les<|uelles reposent nos conclusions. Nous avons ensuite, dans la partie zoologique de notre Cour$ élémentaire de paléontologie 9

DlCTffO!«!«. DK CoftyOGOME ET DE PaI

passé en r«!vuc chaque série animale, |iouii reronnaîlre comment s'y comportent les espèces dans les genres et les genres dans les classes, suivant la succession chronologique <Ies âges du monde, afin d'obtenir la marche sfiéciale à chacune de ces classes en particulier. Nous avons môme résumé, pour chacune d'elles, dans un tableau sj)éc'ial, la répartition ilcs genres et des espèces h la surface du globe terrestre, depuis le commencement de l'animalisation jusqu'à réiK)que a^rtuelle. Enfin, après dix années d'un travail des plus opiniâtres et des plus fastidieux, nous donnons ici les résultats définitifs auxquels nous sommes arrivés sur l'ensemble des animaux fossiles connus autour* d'hui, c'est-à-dire sur le chifl're de 2^V,000 espèces, contenues dans 1,600 genres différents, ap|)artenant aux quatre grands embranchements : des animaux vertébrés, des animaux annelés, des animaux mollusques et des animaux rayonnes.

Nous allons successivement examiner :

!• L'instant d'apparition des ordres d'animauc comparés à leur nombre respectif dans les âges du monde;

2" Les périodes croissantes ou décroissantes, dans les âges du monde, tWs ordres <ranimaux comparés à la perfection de Teiisémble de leurs organes.

3* L'instant d'apparition, dans les âges ihi monde, des ordres d'animaux, comparés» nu degré de perfection de l'ensemble de le.ii s organes.

I L — Inilant d'apparition de$ ordres d'ani^ maux comparée à leur nombre respectif dans le$ âges du monde.

En jetant les yeux sur notre tableau, on y voit d'abord qVun certain nombre d'or» dres existaient avec la |iremîère animalisa* tion, et que ce nombre a constamment augmenté, jusqu'à présent, dans les âges mt monde. Si, en ettet, sans tenir compte des organes des animaux compris dans ces ordres, nous les divisons, suivant leur âge et leur nombre, nous arriverons aux conclusions suivantes

Ordres connus dans les lemins paléozoîques, 51 Ordres connus daus les terrains iriasiqucs, 21 Ordres connus dans les terrains jurassiques, 41 Ordres connus dans les icrraius crétacés, 71

Ordres existant dans la faune coulcmporaîne, 7tf

Les chiffres précédents démontrent que, pris dans leur ensemble numérique, et sans s'occu|jer de leur caractère, les ordres d'animaux sont d'autant plus nombreux au'ils se rapprochent davantage de notre époque; qu'ils sont, en un mot, dans une progression croissante de nombre des terrains^ les plus anciens aux plus modernes, et qu'aujourd'hui les ordres d'animaux sont à leur maximum numérique de développement.

Les résultats purement numériques prouveraient donc, pour les ordres, que la multiplicité des formes animales est d'autant plus grande qu'on s'approche de l'époque actuelle. Il reste, mamtenant, à rechercher >i

.toXIOLOGlK.

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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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«etta multiplicité de formes est en rapport Avec la coQiplication et la perfection comparative lies organes.

I II. — Périodes croîssanies ou décrois^ santés^ dans les âges du monde ^ des ordres d'animaux comparés à la perfection de r ensemble de leurs organes.

Notre tableau, résumé complet de la manière dont les genres se comportent dans chaque ordre d*animaux en particulier »

montre de suite que ces ordres peuvent se diviser en deux séries* qni ont suivi une marche toute différente.

V Les ordres dont les genres atteignent leur maximum numérique aux époiues

Géologiques passées, et ne iirdsentent plus, réfx^ciue actuelle, que des nombres inférieurs a celui qu*i]s présentaient dans les Ages antérieurs ; ordres placés, depuis plus ou moins longtemps, dans une période décroissante de développement de formes zoolo^ gigues,

!2" Les ordres placés» toujours dans une période croissante de développement déformes ioologiquse.

Voyons d'abord le nombre comparatif des orJres dans les périodes décroissantes et croissantes.

Nous avons, dans la période décroissante, 13 ordres ; dans la période croissante» nous en avons 6&.

Si nous opposoïis ces 13 ordres en vole décroissante aux 64 ordres qui sont toujours, au contraire , dans la période croissante de développement de formes zoologiques, on aura la certitude que, relativement au nombre, les ordres de la période décroissante sont en minorité ; mais cette minorité n*ayant jamais été constatée, acquiert une immense importance, puisqu'elle vient modifier entièrement les idées sur la marche toujours croissante de lanimalisation sur la terre. Quand on voit, en effet, 13 ordres sur 77, ou plus du sixième de Tensemble numérique se trouver dans la uériode décroissante de iléveloppement de formes zoologiques, on doit naturellement en conclure gue toutes les séries animales n'ont pas suivi une marche uniforme dans les Ages du monde. On y voit encore une exceptionimporlante à cette loi trop généralement admise du perfectionnement progressif des êtres, en marchant des époçiues anciennes aux plus modernes.

Si, en effet, ces 13 ordres en décroissance avaient leur maximum aux dernières époques qui nous ont précédés sur la terre, on pourrait encore croire è ce perfectionne-meut progressif jusqu'à l'instant où ces séries animales ont ('X>mmencé à décroître; mais il n'en est pas ainsi, comme on va le voir par l'époque géologique à laquelle, d'après les données actuelles, ces ordres ont atteint leur maximum de développement générique. Nous voyons entrer dans cette période décroissante, avec les terrains paléozoïques, les premiers de l'animalisation : les

1)i)isst)ns placoïdes, les poissons ganoïdes, os crustacés trilobites, les mollusques cé-

phalopodes tentanilif&res , les mollusqutt brachiopodes brachidés etlescrinoiJesfiies.

Les 7 autres ordres entrent en voie décroissante avec les époques suivanta :

Dans les terrains jurassiques, la troisième grande époque du monde , on trouve les reptiles sauriens et les crinoïdes libres.

Dans les terrains crétacés, la quatrième grande époque du monde, les mollusqD^s bryozoaires, les mollusques brachiojJoJcs cirrhidés, les foraminifèrescyclostègues,ki amorphozoaircs teslacés.

Enfin, dans les terrains tertiaires qui ooiu ont précédés sur la terre, les mammitèRs pachydermes, les mammifères édentés.

En résumé, on voit que sur les 13 ordres, 6, ou près de la moitié de l'ensemble, entrent dans la période décroissante avec la première époque de l'animalisation du globe, tandis que deux seulement ont atteint cette période dans Tâgc qui nous a précédés sur !i terre. Ce résultat est encore tout à fait eootraire au perfectionnement progressif, puisque la moitié de l'ensemble commence sor le globe par leur maximum de développement de formes zoologiques , et s'est, au contraire , toujours trouvée dans la pério^i« décroissante jusqu'à notre époque.

Nous allons, du reste, considérer le noinbre et la valeur des 13 ordres en voie decroissante, par rapport à la place qu'ils occupent dans les quatre grands embranchements des animaux, aûn de reconnaître ï\ ces rapports sont ou non favorables au perfectionnement successif d^s êtres.

Embranchement des animaux rayonnes,- Commençons parles êtres les moins parfaits, ceux qui, suivant l'hypothèse du penectioanement, devraient prédominer, puisqu'ils auraient dû paraître les premiers, et atitiodre aussi les premiers leur période décn;bsanté. Ce résumé numérique nous donne :

En décroissance t & ordres; en croissance, 12; rapport, 1/3. Le rapport de uanibre est donc de 1 à 3, ce qui n est pas considérable, surtout lorsqu'on voit ce résultat rester au--dessous de celui que nous oITrtul les animaux mollusques^ et ne montrer que moins du double des rapports qui ciisifct chez Ihs animaux vertébrés, les premiers de l'échelle.

Si les proportions étaient suivant l'hypothèse du perfectionnement, on devrait trouver ces quatre oi-dres en voie de déeroissance parmi les dernières séries animales mais il n'en est pas ainsi. Bien qa'on remarque parmi ces ordres, l'un des amorphozoaires^ ou spon^^iaires testacés, les êtres les plus informes et l'un des sept ordres de/i»raminifères encore dans les dernières sériel des êtres, il n'en est pas moins vrai que le? échinodermes, les plus parfaits des aniinfiUJ rayonnes, forment à eux seuls la moiliéii^ ce nombre, et qu'un de leurs ordres moolrt son maximum vingt étages avant les aïoorphozoaires, les derniers dan* l'or^ani^atioc animale. On voit que, suivant les périout^ croissantes et décroissantes seulement, h*^ animaux rayonnes ofiriraicnl Bon-seuic-

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ET DE PAI.EOT0L0G1E

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nient des exceptions au perfectionnement pro^Tossif, mais prouveraient môme une njflrriift contraire.

Embranchement des animaux mollusques.

— La question de savoir si les moHusques doirenl venir avant ou après les animaux annelés « n'est (tas , pour nous , tranchée d'une manière bien détini-tîvc ; car il est certain que si les animaux annelés sont doués dfi moyens de locomotion plus parfaits, sous certains rapports, les céphalopodes, parmi les mollusques, offrent une organisation bien plus complète sous d'autres points de vue; aussi ne présentons-nous ces embranchements que comme des séries qui doivent marcher parallèlement, et non Tune après Tautre. Parmi les mollusques nous trouvons le résumé numérique suivant :

En décroissance, h ordres ; en croissance, 10 ; rapport 2/5. Le rapport d^ nombre est , comme on le voit, des deux cinqaièmes; nombre qui place les animaux mollusques bien avant les animaux rayonnes pour les ordres en voie décroissante de déreloppement, et offre dès lors bien plus d'exceptions numériques à la loi du perfectionnement [)rogressif.

Ces exceptions sont encore bien plus frappantes, quand on y voit les céphalopodes^ les premiers des mollusques par la perfection de leurs organes, parmi les h ordres en décroissance ; car, alors, ce ne sont plus quelques ordres qui forment cette exception, mais bienremorancbement tout entier. Nous Toyons, en effet, les céplialopodes atteindre leur période décroissante dès le premier âge iJu monde animé dans l'étape silurien, c*estâ-iire deux étages avant les brachiopodes arachides^ vingt et un éla'/;(}S avant les brachiopodes cirrhidés, bien moins parfaits que ces derniers, et vingt-deux étages avant les mollusques bryozoaires^ les derniers de l'eml>rancliement sous le rapport de la perfection des organes. Il n*est donc pas douteux que, d'après les périodes croissantes ou décroissantes, le perfectionnement progressif des êtres est tout à fait illusoire pour les animaux mollusques, qui, depuis les premiers âges du monde jusqu' à présent, ont, au contraire, marché dans la roiede dégénérescence la plus marquée, lapins positive. Embranchement des animaux annelés, — ?îous Htons ici cet embranchement plutôt pour compléter le cadre de nos considérations que pour en faire un parallèle régulier avec les autres; car, de tous les êtres, ces derniers ont été le plus facilement détruits dans les couches terrestres, qui ne nous offrent plus, sans doute, que Quelques débris échappés à leur prompte altération et aux grandes commotions géologiques du globe. Les animaux annelés fossiles, tels que nous tes connaissons, offrent le résultat nuiiir?riquc suivant :

En décroissance, 1 ordre; en croissance, f S; ra^^^porl, Iil8. Le rapport de nombre est run dix-huitieme pour les animaux annelés; rfir!i.<, comme nous l'avons dit, ce résultat j'csl basé que sur le peu de débris de ces

animaux qui ont pu échapper à I anéantissement général de ces êtres peu faits ])our résister à des causes si nombreuses de complète destruction. Cet ordre en décroissance, celui des crustacés trilobites, qui, né avec la première animalisation du globe, y trouve son maximum et disparaît du monde animé deux étages après, appartient du reste aux crustacés, animaux plus parfaits, par exemple, que les annelides, que les cirrhipè.les , dont le maximum se trouve à Fépoque actuelle.

Embranchement des animaux vertébrés. — L^embranchement des êtres les plus parfaits, celui auquel appartient l'homme, devrait, si la loi du perfectionnenxent existait, ne montrer aucun ordre en décroissance : ce qui ne résulte pas des faits ; car Tobscrvation donne le résultat suivant ;

En décroissance, 3 ordres; en croissance, 23 ; rapport, plus de 1;5. Le rapportde nombre est' de plus d'un cinquième, ou un peu moins d'un quart, proportion énorme pour des animaux si élevés dans l'échelle. Ce résultat prouve que les quatre embranchements ont marché parallèlement, et non successivement, dans leur développement de fôriiies.

Voyons maintenant, suivant la place qu'occupent ces 5 ordres dans les animaux vertébrés, si la loi de perfectionnement existe. Les animaux vertébrés, d'après leur degré croissant de perfectionnement physiologi-

3ue, se composent des poissons, des reptiles, es oiseaux et des mammifères. Si cet em^ branchement avait suivi la liçne graduelle du perfectionnement, on devrait trouver tous les ordres en voie de décroissance parmi les poissons les moins parfaits, et aucun dans les mammifères. Il n'en est pourtant pas ainsi ; car, sur les 3 ordres en décroissance , 2 appartiennent aux poissons^ les placoides et les ganoides:iB\x\ reptiles^ \es sauriens; et 2 aux mammifères^ les pachydermes et les édentés. Les 2 ordres de poissons, les çanoides et les

Flacoïdes, ne sont pas les moins parfaits de ensemble; puisque non-seulement ils sont supérieurs, sous ce rapport, aux pleuroncctoïdes ou poissons non symétriques encore dans la période croissante; mais encore,

{)armi eux, les placoldes, dont dépendent es squales, sont encore, d'après les belles recherches de M. Duvernoy, supérieurs à tous les autres poissons, sous les rapports de la perfection. Suivanlce résultat, les poissons auraient suivi une marche contraire au perfectionnement. L'ordre des reptiles en décroissance, celui des sauriens, n était certainemept pas le dernier des reptiles, puisç[u'il est supérieur, à tous égards, aux batraciens^ soumis à des métamorphoses et dans la voie croissante. Les mammifères en voie décroissante, les pachydermes et les édentés, sont sans aucun doute, plus parfaits que les cétacés^ toujours en voie croissante. Il est donc évident que, chez les animaux vertébrés, considérés suivant les périodes croissantes et décroissantes, non-seulement il n'y a pas de preuves du perfectionnement suc*

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DICTIONNAnU: D£ COSMOGONIK

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cessif, mais qu'ils donnent, au contraire, des

(Teavcs de la non-eiistence de cette marche, l est encore certain que, d'après les considérations qui précèdent, les classes de cet embranchement u*ont pas marché successivement, mais bien parallèlement ; ce qui exclut tout à fait ce perfectionnement suc* cessif.

En nous résumant sur l'ensemble dos périoies croissantes et décroissantes des or- 4!lresd'animaux comparés aux âgesdu monde, on Toit que, suivant le nombre des ordres, la majorité serait encore dans la voie croissante, tandis que, suivant la valeur des caractères physiologiques comparés à l'âge, tous ces résultats numériques disparaissent pour faire place à la démonstration la plus certaine du non-perfectionnement successif des êtres.

Eu etfct, les détails dans lesquels nous sommes entrés à chaque embranchement, conduisent à cette conclusion très-importante : Si l'hypothèse du perfectionnement progressif existait, on devrait trouver tous les ordres dans la période décroissante [)armi les animaux rayonnes les plus imparfaits, et aucun parmi les animaux vertébrés les plus parfaits, tous ces ordres en décroissance nn se trouvant pas daiis le premier embranchement, puisque les animaux vertébrés en offrent dans des proportions peu différentes. On voit , dès lors, que ces quatre embranchements n'ont pas marché successivement, suivant leur degré de perfection comparative dans les âges du monde, mais sur quatre lignes parallèles indépendantes, résultat tout à fatt jcontraire au perfectionnement progressif pris en général.

S'il existait, du reste, quelques doutes à cet égard, la comparaison du nombre des ordres dans chaque classe viendrait prouver que ce parallélisme existe non-seulement aans les quatre grands embranchemen ts, corn-

{)arés aux âges du monde animé, mais qu'il àut encore l'admettre dans les classes de ces embranchements, qui toutes ont suivi des lignes parallèles indépendantes dans ces Â^cs du monde, et non une ligne de succession suivant leur degré de perfection comparative : dernière conclusion qui détruit tout à fait le perfectionnement successif des êtres, en marchant des époques les plus anciennes vers l'époque actuelle.

§ III. — instant d'apparition^ dans Us âges du monde^ des ordres d^animaux comparés au degré de perfection de Vensemble de leurs organes.

Gomme nous l'avons fait remarquer précédemment, le nombre des ordres a, dans les comparaisons, moins de valeur que la perfection relative des organes. Nous allons, sons ce rapport, comparer Tinstant d'apparition, dans les âges du monde, des différents ordres d'animaux avec le degré de perfection de leurs organes.

En jetant les yeux sur notre tableau de la réi'artition des orJrcs à la surface du globo lerrostro, depuis le commencement de l'ani-

malisation jusqu'à notre é{)oque, on voit, d'après les données actuelles lie la science, qu avec la première grande époque géolo^que, la période paléozoique, vivaient 31 ordres d'animaux sur 77, ou presque la moitié, nombre considérable quand on considère les causes multipliées de deslrucliun qui se sont opposées à ce que cette f»remière époque, m éloignée de nous, puisse nous montrer entièrement la richesse réelle de son animal:* sation. Néanmoins cette première époquo offrant à l'industrie sur tous les iiointsdii monde, l'exploitation de la houille comme mobile des recherches, nous croyons que c^est la plus connue, et celle, peut-être, qui nous présente les résultats les plus cojiplets.

Ces 31 ordres, rencontrés dans les terrains paléozoïques, sont ainsi répartis dans les dii* férents embranchements :

Animaux rayonnes, Aiiini.iux mollusques.

Animaux aunetcs, Auimaux vcrlébrcs.

8 ordres.

Ainsi^ les quatre grands embranchomenU seraient également représentés; ce qui prouverait que tous sont nés avec la premièri; grande époque du monde animé sans manilester de prédominance trop marquée. Ce résultat, des plus positifs, puisqu'il estha^é sur un nombre considérable de faits, ne serait, en aucune manière, favorable à ïidh trop généralement admise, que les êtres sont d'autant plus parfaits qu'ils se rapprochent de l'époque actuelle. Pour que celle hypothèse fût vraie, il faudrait gue tous ces ordres de la première animalisation du gloire appartinssent seulement aux classes inférieures; ce qui n'est pas. Nous croyons donc que ces chiffres ont seuls une grande signification dans la question ; mais, avant de conclure, discutons avec détail ce que nous donnera la perfection relative des ordres dans cha?iue embranchement pris en particulier.

Embranchement des animaux rayonnes. - Si les êtres étaient d'autant moins parfaits qu'ils sont plus anciens, on devrait, dans les terrains paléozoïques, premier âgedu monde animé, trouver que les ordres existants appartiennent aux amorphozoaîres ou aux kh raminifères, les derniers sous le rapport de la perfection des organes, et qu'aucun ne dépend des échinoderines, les plus parfaits des animaux rayonnes ; mais il n'en est pas ainsi, comme leprouve la liste suivante de ces 8 ordres connus dans les terrains i>aléozoïquP5. les échinodermes échinides ; les échinodrrmes astérides; les échinodermes ophiun^ides; les échinodermes crinoïdes flxes;l»;s polypiers zoantaires; les polypiers alcyonaires ; les foraminifères néficostègues ; K'^ amorphozoaires testacés ou éponges. Oovoil, en effet, que sur ces 8 ordres d'animauï rayonnes des terrains paléozoïques, 4, oui» moitié, appartiennent aux échinoderme„sqo« nous venons de dire être les plus iiarfaits^H 2 aux zoopliytes; tandis qu'il reste seulement 2 ordres aux classes les plus inférieures, W

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