‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 166 sur 216 · FOI · texte numérisé non relu

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£T U£ PALE0NTOLOCIK.

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permis dé conserver oncore c[uelqu6 doute sur leur existence. M. Cunningham parle, Jaiis les termes suivants, d*iinpressiofis et Je moules de gouttes de pluie qu*il a ob* i^ervés dans les carrières de Storelon-Hill 'Cheshire), ces mêmes carrières qui ont déjà offert des effl|nreintes de chirothérium. « Les effets d*une pluie tombant sur des cendres res-flnes du Vésuve s'y font remarquer en clobulcs arrondis, semblables à ceux que produirait l'cnu d'un arrosoir sur un nar? fuet couvert de poussière. Mém« phenoiiène a été remarqué sur les grès de Storeun-Quarry. En certains cas, les globules ont petits et drcu!aires, comme s ils eusont é:é (irocluits par une pluie légère; en rautres, ils sont plus gros, de forme moins é^ulière , indiquant une pluie plus vio* ente. I»

M. Lyell a décrit des empreintes sembla* Jes à des gouttes de pluie dans la vallée de lonnecticut, Amérique du Nord ..Ces emprein» es ont été observées en. plusieurs localités^ i Newark,à New-Jersey, è Cabotville dans le rf assaoh ussets, h Smitli's Ferry, au nord de ^pringfield, etc. M. Lvell est convaincu qiie es empreintes sont bien réellement celles les gouttes de pluie, malgré les doutes qu'il i professés pendant longtemps sur les vues le M. Hitchcock et autres.

On se rappelle ces plaques de grès bigarré lu nouveau grès rouge qui furent découvertes, il y a quelques années, par M.Wanl, i Shrewsbury, en Angleterre, et dont Buck* and a offert un modèle en plâtre à la Société ;éologique de France. On remarque, sur ces '!aques de grès, des empreintes de gouttes 'eau, dans trois circonstances différentes ; -i , les empreintes sont hémisphériques , lies sont formées par une pluie tranquille; I, eile^ sont larges et sans profondeur, ce evait éire une pluie d'orage è grosses L»uttes; ailleurs, elles sont dans un sens tilique, c'est un signe que la pluie qui les laissées était accompagnée d*un vent plus j moins violent. M*. Ward a observé luitènie à Grishill-Uill (comté de Shropshire), 1 Angleterre, des jgouttes de pluie fossiles :>iit l'obliquité indique que les souttes ne «raient pas tombées perpendiculairement, lais auraient été jetées obliquement par la ^rce du vent.

PLUIES, leur action. — Vay. Rocbks si-

IftlEIVTAIKES

POISSON (M.). — Cet illustre géomètre, ans un Mémoire $ur la température de Im artie teiide du globes de Vatmoephire et du eu de Ceepace où la terre $e trouve actuelle^ lent^ s'est proposé de déterminer la temp^ Bture du globe, è une pnifondeur et sur ne véritable donnée, d'après la quantité de haleur solaire qui traverse la surface à haque instant. En général, las inéffalités i urnes sont insensibles à un mètre de pro* indeur, et les inégalités annuelles dispa- Kissent, comme on sait, à une vingtaine de lètres. Vers le milieu de cette distance, ces crnières se réduisent à l'inégalité dont la triode comprend Tannée entière. Ainsi, à

6 ou 8 mètres de profondeur, la température n'oilre pendant Tannée qu'un maiimum et un minimum arrivant à Ax mois Tun de l'autre, et après les époques de la plus grande et de la moindre chaleur solaire. Au dfeià de SO mètres environ, la température ne peut plus éprouver que des variations séculaires que Ton n'a pas encore observées.

Sur chaque verticale, le maximum des inégalités se propage uniformément avec une vitesse gui dépend de la nature du terrain. Sous Téquateur, la temf/érature doit être à peu près constante à une profondeur beaucoup moindre qu'en tout autre lieu, résultat qui a été vérifié par des expériences directes.

Après avoir cherché Tintensilé moyenne de la chaleur solaire ^Wr un point donné du globe pendant Tannée entière, et rapportée aux unités de temps et de surface, Poist son délerniine la hauteur d'une couche d'eau recouvrant la surface de la terre, et dont la chaleur solaire pourrait élever la tenifiérature de 1** de même que Tépaisseur d'une couche de (;lace nue cette température pour* rait fondre, c'est-a-dire environ 7 è 8 mètres. Par le rayonnement à travers sa surface, la terre envoie cbatjue année au dehors una quantité de chaleur éçale è celle qu'elle a reçue du soleil et qu elle a absorliée. Cet équilibre a lieu )>our la surface entière du globe et à très-peu près pour chaque point en particulier.

Quoique l'influence solaire et ses variations (p. 143) ne soient plus sensibles à la profomJeur Je 20 mètres, cette influence ne s'arrête pas à cette limite ni à aucune autre, et, dans un temps suflisamment pf'olongé, elle a dû pénétrer dans la masse intérieure de la terre et jusqu'à son centre. Nous n4i connaissons point les calculs qui ont conduit Poisson à cette dernière proposition, qui luirait être la base de l'idée qu'il développe l>lus loin; mais nous ferons remarquer qu'elle est en contradiction avec ta précédente, car si l'absorption est égale seuTement h l'émission, comme nous venons de le dire, on ne voit pas ce qui peut rester de chaleur pour continuer à marcher vers le centre, et les six mois que les variations annuelles emiirassènt, soit pour le flux de chaleur ascendant, soit [>our le flux descendant, marquent nécessairement un point plus ou moins éloigné de la surface, où l'action extérieure devient nulle ; la périodicité supposée exacte et inverse même du phénomène s'oppose à sa manifestation indéfinie dans un seul des sens où il se produit. Nous reviendrons d'ailleurs sur ce sujet en prenant en considéra* tion un élément important qui a été négligé.

Poisson démontre ensuite la coïncidence presque parfiiite entre la température de \k surface même du globe et celle que marque un thermomètre placé au-dessus de cette sui^ Ihce, coïncidence qui n'existe que pour les températures moyennes. Pour Paria, la température moyenne do Tair est 10*, 822, et celle du sol 10%511; mais, pour les 1^ ' ratures de chaque instant, elles suiv'*'^

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>ois très-ilifférènles pour la surface et pour l'air.

Près de la surface, la portion de la température moyenne due à la chaleur solaire varie arec i*obliquité de récliptiaue.' Cette inégalité séeùlaire est accoropagnée, comme les inégalités diurnes et annuelles,, d'une variation dans le sens de la profondeur, que Ton ne peut évaluer exactement, faute de connaître l'expression de l'obliquité en foncition du temps; mais les variations qui en • proviennent ne peuvent èlre que^ pour fort peu de chose dans raccroissement de* température des lieux profonds. £n attribuant, avec Fourier et de JLa^tla^e, cette augmentation à la chaleur initiale du globe,^oisson ironire qu'à la profondeur seulement de 1/100 du rayon, la température serait aut jourd*hui de 2.000^, et qu'elle dépasserait au centre 200,000**; aussi s'attache-l-il, dans sa théorie mathématique de la chaleur, à dé-* montrerlesdiincultesquidoivent, suivant lui, faire rejeter cette idée de Texistence actuelle de la chaleur initiale, et à faire voir que de«> puis longtemps la terre doit avoir perdu celle qu elle possédait à son origine.

En parlant de celte hypothèse de Laplace,

Sue les planètes peuvent être des portions e ratmosphère- solaire, qu'elle a successivement abandonnées en âe concentrant vers cet astre, les molécules de la terre, è un certain morpènt, se sont trouvées soumises à leur attraction mutuelle en raison inverse du carré des* distahcesr; et de cette force il est résulté, sur toutes les couches de la masse fluide, une pression croissante de la surface au centre.Vers ce môn>e centre, elle a dû être très-grande et dépasser peut-élre ceiit mille fois la pression atmosphérique actuelle. D'après Poisson , ce serait cette pression croissante, et non une température extérieure beaucoup moindre que celle du fluide, qui aurait fait passer successivement toutes <;es couches è l'état solide, en com-r mençant par celles du centre, et continuant de proche en proche jusqu'à ce au'il ne soit plus resté que les matières qui iorment au* jourd'hui la mer et l'atmosphère. Mais cette réduction n'a pas été instantanée, et le temps qu'elle a exigé a sufli, d'après l'auteur, pour que, eu égard à la vUe$ie presque infinie du rayonnemeni^ tes couches^ en se solidifiant fune après t'auire^ aient dû perdre toute la chaleur développée pendant leur changement délaty et qui s'en est échappée sous forme rayonnante^ à travers les couches supérieures encore à Vétat de vapeur ; en sorte ifuHl ne reste plus^ ni à Vépoque actuelle^ n% depuis bien longtemps^ aucune trace de cette quantité de chaleur^ auelque grande qu'elle ait pu étre^ Cela posé. Poisson attribue la cause de l'élévation de température dans les lieux lirofonds à l'inégalité de température des régions de l'espace que la terre traverse, en s'y mouvant avec le soleil et tout le système planétaire (832). La température d'un point

quelconque de l'espace est produite pir li chaleur rayonnante qui vient s*y croiser en tous sqns, et qui émane des différentes étoiles; or, cette^. température ne derait pas être la même partout, mais aussi, ne. ^K)uvaiii être très-différente que sur de& points fort éloignés les uns des autres, on conçoit qu^ dans l'étendue du placement annueL de la terre, la température de l'espace sera seDsiblement égale, tandis que celle des région éloignées, que parcourt tout notre systèan planétaire dans son mouvement général, oe sera pas constamment la même, et toutes les planètes éprouveront des variations correspondantes de.températuc;e. Mais la terxe,ra la grandeur de sa masse, en passant d'un mineu plus chaud daiis un milieu plus froid, n'aura pas perdu, dans la seconde ré^on, toute la chaleur qu elle avait prise dans la première ; elle devra donc présenter, coœmc on l'observe en effet, une température croisante à partir de sasurface, et l'inverse aura lieu en passant d'une région froide daasuDe région chaude.

Sans connaître ni la grandeur ni les périodes de ces variations de température, Poisson conçoit (]u elles peuvent s'étendre jusqu'à une certaine profondeur, sanstont^ fois atteindre le centre. Mais ici se troiiTs une seconde contradiction avec la proposition que nous avons déjà combattue, savoir: que la chaleur solaire annuelle pouvait (le> cendre jusqu'au centre de la terre. Dani ectto supposition, en effet, comment refaser, toutes choses é|j;ales d'ailleurs, à unecau>e certainemeni bien plus que séculaire, uu résultat que L'auteur attribue à une<duse annuelle et même seulement semi-aimuelk-; . Pour indiquer comment ces inégalités doivent influer ^ur la température de la couche extérieure du globe. Poisson fait remarquer que, dans cette théorie, la température moyenne de la superficie varie avec une lenteur eitrôme, mais incomparabienieol moindre cependant que la portion de lat^^r pérâhire qui serait due à la chaleur iniliaW du globe, si elle était encore sensible à JVpoque'actuelle. De plus, celte variation est alternative et peut ainsi, dit-41, concourir à Texplicatton des révolutions que Ja couche extérieure de fa terre a éprouvées. Suivant lui, la fraction de 1;30 de degré, que la surface tire aujourd'hui de la clialcur initiâ]<r, exigerait pour se réduire de moitié un laji de 1,000 millions de siècles, et que serait^ alors pour remonter à une é|K)que ou w température aurait été assez considérai»!^ pour influencer les phénomènes géologiques? Mais on a vu précédemment que « grand géomètre regardai t. la température initiale comme complètement fierduci pour m diminution de i;60 de degré. EnfWt appliquant ses calculs à la température de m»mosphère et à celle dos espaces célestes Poisson trouve que cette dernière est su^«rieare à celle des pôles de la terre, au lie«

p5î) On sait que le mouvement général actuel de notre système parait cire dirigé vers la coi«teU»w* dileFculc.

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ET DE PALEONTOLOGIE.

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de s'abaisser à 50" ou 60", corame Tavait établi Fourier.

L'hypothèse que nous venons d'exposer, oiakré le (lom de son auteur et les calculs sur lesquels elle s'appuie, ne répond point aui conditions qu'eiigent aujourd'hui nonseulement la géologie, mais même la physique et l'astronomie ; car elle est basée sur une série de suppositions purement gratuites. M. de la Rivo (833) a d'ailleurs combattu, beaucoup mieux que nous ne pourrions le faire, quelques-uns des résultats de Poisson, ot en |)articulier l'hypothèse finale dont s'est servi M. Renoir pour étayer la tliéorie des anciens glaciers (834).

Dans sa thèse présentée à la Faculté des sciences, M. Daubrée (835) s'est aussi occupé des théories et des opinions émises sur ta température du globe et sur les princi|^aux phénomènes géologiques qui parafssent être en rapport avec la chaleur propre de la terre. Il a opposé les résultats de Poisson à ceux de Fourier et à ceux de M. Pouillet ; et, sans se prononcer à leur égard, il a fait voir cependant que les hypothèses basées sur les inégalités de température dès régions traversées par ia terre devaient répondre à cette exigence, que la température des régions chaudes a dû être telle, qu'elle ait pu fondre toutes les roches qui composent la croûte csiéneure du globe. A cet effet, il faut concevoir d'abord des parties de Tesnacc où un rrès-grand nombre de rayons slolfaires viennent se croiser, comme cela, dit-il, peut PI voir lieu peut-être dans la voie lactée (836); ensuite, que leur étendue soit telle, que la >'rreait pu mettre plusieurs milliers d'ani*>es pour traverser cette zone torride cél'ste» et que sa surface ait pris une tempé- Ature peu dillérente de celle de l'espace; •t^ enfin, les phénomènes géologiques dot- '•*^it faire admettre que la température stelrtîre s'est abaissée rapidement à partir du iiasimum, pour arriver k une valeui* qui c-f «uis lors n'a diminué que très-lentement. n • vant M. Daubrée, rhypothè*:e de Poisson i c^elle de Fourier, oui diffèrent totalement our l'époque initiale de la formation de la erte^ et nous ajouterons pour son mode de erroidissement. peuvent ôtre ramenées à une orte de coacordance lorsqu on ne remonte las au delà du domaine de la géologie proprement dite.

Nous dirons cependant que l'hypothèse te Poisson est bien plus compliquée que elle de Fourier, puisqu'elle suppose : 1* que es molécules delà terre étaient à l'état de ;az, qu'elles sont passées à I état liquide, ^uis à rélat solide, par suite de l'attraction,

\^ZSi) BibLuMiÊ. lU Cenètf. vol. L\, «i. 379 ei l«>. Ufie nU:que de ces mèinc^ idées i£é4igénii|ii4?s

été pnblich dans ta aumutê de roggeadorff^ ol. XXXiX, p. 95-tOO ^

(^;>4) Bull., vol. \l, p. G4 ei IMI, 1840. Dans i;Ue noie l'auieur suppose au»»i que par ^lïtUi ilo ta ^(fiance opposée aux plaiu*ies par le niilicii <laus «jar t elles «e nieuveiil , elles doiveui tendre à se ^t^^ochcr coDthiuelleinoDt du soleil, en décrivant es !^pires infiniment i .ipprocbécs , au lieu d*Mn<* «uibc fermée. M. Fjiuvergc (/?«//., \ol. XII, p. 308'

et cela du rentre à la circonférence; de te!Ie sorte que le refroidissement aurait eu lieu inversement des lois ordinaires, car il est difficile d'admettre, malgré l'effet de la pression et de l'attraction, que les molécules so« lides du centre, h un moment donné, se soient trouvées è une température plus élevée que les molécules encore liquides et gazeuses de la surface; ^ que le globe, corn* plétement solidiRé, a dû être emporté danis une partie de la sphère céleste, ou la température était telle, que la surface a été comidétement fondue jusqu*à une grande proondeur. Or, celle hypothèse n'est-elle pas bien gratuite, lorsque nous pouvons à peine apprécier la distance des étoiles même les plus rapprochées de nous? 3" enfin, il faut admettre que la temf»érature de notre système planétaire, de retour dans les régions plus tempérées ou iroides, s'est abaissée de nouveau, et que c'est à partir de ce seeomL refroidissement que commence l'ère de la géologie. Nous préférons donc la simplicité de la première hypothèse, contre laquelle les objections de Poisson ne nous semblent pas aussi fortes qu'il a pu le croire. D'ailleurs les lois de la propagation de la chaleur ou celles du refroidissement dans une masse telle que la terre, composée d'éléments divers et à divers états, ne sont pas as.vez connues pour conduire à une solution un peu rigoureuse, lorsqu'on tient compte de tous les éléments de la question. Si notre illustre compatriote a été elirayé du nombre d'années qu'ilfaudrait pour que la température initiale arrivât è I élai actuêU c'est qu'il n'a pas pu apprécier le laps de temps qui a dû s'écouler seuleipent pour la formation des terrains de sédiment ancien.^, qui atteignent jusqu*à 14,500 mètres d'épaisseur. Et qu'est-ce encore, si l'on y ajoute tous les schistes cristallins qui les ont précédés et tous les dé()ùts secondaires et tertiaires qui les ont suivis? Si déjè, dans ledomaine de la géologie, nous n'avons que des chronomètres relatifs, et dont nous ne pouvons comparer la marche avec ceux qui marquent nos jours et nos années, au delà, à bien jdus forte raison toute appréciation exacte du temps, nous est-elle rigoureusement intentile.

Nous mentionnerons ici un mémoire adressé H r.\rndémie (h*s sciences parM. Ducis (83?), et qui avait pour but la critique de l'opinioti de Poisson, quitassignait h la limite xJe l'at* mosphère, comme condition nécessaire, l'existence d*uno couclie liquide terminant la masse gazeuse, la li(|uéfaction de l'air devant résulter jd'un froid intense, et la cou-

. a fait voir combien était peu admissible cette hyoothôse contraire aux lois connues qui régissent les corps cclesies.

(855) Brachnre in-8*. Paris; 1838.

(830) Ce uni serait pcn probable, si, comme l'a snpposé de L»pUce, notre siyslcme fait partie d*ui)e inuncnse r.ébuk'usvo ivpri'seniée par la voie lactée elle-même (ExpoêUhn du sffêième du monde, vol. IH p. 402-405).

. (83T) S(iancc du II manb ISij. -- L'InÈtiiut. I7mar$l8i3.

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DICTlOlNNAIiUE D£ COSMOGONIE

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cbe ainsi produite se maintenir d*unc épaisseur suflisante pour que sou poids fit eç^uilibre à la force élastique des couches inférieures de Tair. L'argumentation de M. Ducis nous est restée inconnue, mais il est probable que son auteur ignorait les objections déjà faites ^ cette même opinion par M. de La Rive dans rarticle que nous avons ch4» . POISSON (M.), $eê objectiom contre tes plu-toniensy — Voy. Tbbre.

POISSONS. — L'histoire des poissons fo^ siles est, de toutes les branches de la pa- Jéontologie, celle à laquelle on a fait jusqu'ici le moins d'attention^ prsuil&de l'imperfection de nos connaissances sur les poissons actuellement existants. Les retraites inaccessibles qu'ils habitent au fond des eaux rendent l'étude de leur nature et de .leurs habitudes beaucoup plus diflicile que .de celles des animaux terrestres. La distribution de cette grande et importante classe de vertébrés est la dernière œuvre dont Vest occupé Cuvier peu de temps avant sa mort à Jamais déplorable, et ses observations ont embrasse près de huit mille espèces de poissons actuellement vivantes. Il a laissé à ses habiles successeurs le soin de développer leur histoire, de les énumérer^ et de . dire les fonctions qu'elles remplissent dans •a nature.

Ce fait, que de vastes portions de la surface de la terre se sont formées au fond des eaux» nous donne à espérer que nous rencontrerons des traces de l'existence primitive des poissons, partout oùs'oifrent des restes de mollusques aquatiques, d'articulés et de rayonnes. En un certain nombre de localités remarquables sont, en effet, déjà, depuis longtemps, célèbres comme offrant aes dépôts de poissons fossiles (838), mais les relations géologiques de ces dépôts n'ont été que fort mal déterminées, et il règne encore la plus grande obscurité sur la nature des poissons que l'on j rencontre.

La tâché de porter remède à ce désordre a été entreprise depuis longtemps, déjà par

(8S8) Les dépôts de poissons fossiles les plus cé- ' lèbres de toute TËurope sont la formation houillère de Saarbruck en Lorraine, le schiste bilamlneux de Blansfeld dans la Thuringe, le schiste calcaire lithographique de Solenhofen, Tardoîse bleue compacte de Claris, te calcaire du Moiite-fiolca près de . Vérone, la marne d'OEningen en Suisse, et d Alx en Provence. .

Tous les essais que Fou a faits pour arriver à un arrangement systématique de ces poissons fossiles ' sont toujours demeurés impuissants, parce qu^on a voulu les ranger dans les familles et dans les genres actuellement eilstants. L'imperfection de notre classification acluelle des poissons et de tomes celles qui Tout précédée est un fait admis fiar Cnvier ; et ce qui prouve combien cette distribution est imparfaite en effet, c*est au* elle n*a conduit à aucun ré* tultat ffénéral pour, rhistoire naturelle la physiologie on la géologie.

. (S39) Parmi tes poissons fossiles, aucun genre aotueltement existant ne se rencontre dans une couche plus ancienne que la formation crayeuse* Dans la craie inférieure, il s*en trouve un, te genre istulaire ; cinq dans la craie proprement dite. Les couches tertiaires du Monte-oolca renferment trente-neuf

un homme aux mains duquel Cuvier \ romis les matériaux qu*il avait recueillis luimfime pour cette œuvre importante. Les savantes recherches de M. Agassiz ont déjà porté à plus de deux cents le nombre des genres connus de poissons fossiles, reii[e> mant plusdehuit cent cinquante espèeesrâj et les résultats auxquels ses travaux l'oûi conduit, jettent de nouvelles et iniporLiDtes lumières sur l'état du globe durant chacune des grandes périodes dans lesquelles se p8^ tage son histoire. L'étude de ricbthjolo^t fossile est donc d^^une importance toute %\^ cia]e pour les géologues; car elle leur permet de* suivre», dans la série entière des formations géologiques, toute une classe d'animaux appartenant à l'embranchement si élevé des vertébrés^ et de comparer entre elles les conditions diverses d'existence par . lesquelles ils sont passés on traversant ies périodes successives de la formation du globe» ce que Cuvier n'a pu faire, faute dti matériaux suffisants, que dans des limite) beaucoup plus restreintes, et pour les seules classes des reptiles, des oisea^ix et des maoï- .mifères.

Le système diaprés leguel M. Agassiza établi

sa classification des poissons actuels la rend grandement applicable aux poissons fossiles; car il repose sur les caractères des tégumeV.' extérieurs, ou écailles. Ce sont là des carac tères tellement sûrs, tellement constants, qu'il suffit souvent de la conservation d'u^s seule écaille pour que l'on puisse reconnaître le genre et jusqu'à Tespèce à laquelle appartient l'animal d'où elle provient, de k même manière qu*il suffit de certaines plumes pour faire reconnaître, à d'habiles ornithologistes, le genre et l'espèce auxquels . appartient un oiseau. Une autre conséquence, cest que la nature des téguments nous faisant connaître les relations qui existent entre les animaux et le monde extérieur, nous sommes conduits, pour les poissons, à « connaissance de ces relations par celle éluw de leur système tégumentaire (toO), car leurs

genres qui font partre ce la création nwwerDe, a trente-huit genres perdus. — (Agassiz). ,

(840) Ost parce que la peau traduit mieui i|«>C' cun autre organe les rapports d'un aaiwal avec le* lémem dans lequel H se meut, que M. i%^ > '^^ la distribution des poissons sur les caractères wonis par Tenveloppe cutanée. .

Les formes et Tctat des plumes et du ^uy^ j^ connaître les relations des oiseaux avec Tair o» lequel ils volent, ou avec Peau dans laquelle ib»' gcnt au plongent. Les fourrures, le poil, tes «^ qui recouvrent la peau des mammifères sont es a*^ nionie avec le point que ees derniers occupent <k a surface tenrestre , avec te climal qui y règne « p fonctions qu'ils y remplissent. Les écailles des poissons sont de même en harmonie avee la place ^^ cupent les poissons et ies fondions qu'Us icBp^ sent au-4esSou8 de la surface dea eaux

M. Burchell nous apprend que, d'après les oose^ tlons qu'il a eu occasion de faire tant en ^*^^ dans l'Amérique du Sud, on pourrait trouver «^ les écailles des ophidiens la base d'un airaaf^ naturel de cet ordre de reptiles, et que Ton p^^ garder comme l'un des caractères dlsii»rt*f groupe auquel appartiennent la vipère et P'*'^"

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ET DE PAtBONTOLOGIK.

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é;'ai1les ferment 4UM sorte de squelette exlerne« analogae aux téguments calcaires ou eomés des animaux articulés» aux plumes des oiseaux, à la fourrure des quadrupèdes, appendices qui nous instruisent beaucoup mieux que la charpente intérieure elleoiême, sur les relations de ces divers êtres 4Tec le pilieu pour lequel ils ont été créés.

Enfin, il est encore une considération qui ajoute aux aYantages de cette méthode, c'est qiie les écailles de plusieurs poissons dos r^poques géologiques les plus reculées étaient revêtues d*un émail qui les rendait beaul'oup moini siyettes à la destruction aue le squelette interne lui-même. 11 arrive iréi\nomment que Tenveloppe écailleusc tout entière et la conflguration extérieure du pois- .^on se soient parfaitement conservées sans (|ue Ion rencontre aucun des os qui entraient dans sa charpente intérieure. L'émail Je ces écailles est beaucoup moins solûble juc la substance calcaire des os (84^1).

Il est bien évident que toute une branche le rhistoire naturelle, nouvelle et des plus importantes, est venue se mettre au service le la géologie, le jour où Tétude des caractères des poissons fossiles s'est trouvée établie sur une base d'une application aussi générale que le système que nous venons li esquisser. C'est un élément nouveau qui se trouve introduit dans les calculs géolopcjues; c'est une machine puissante, jus- ]u ici demeurée sans emploi, et qui vient le nous être mise entre les mains pour faciliter nos recherches ; c'est presque un nouveau sens qui a pris place parmi nosfaultés dé perception géologique. — Et c'est iins' que nous sommes conduits à ce résultat

ôus lec serpents. venimcn Y, d*avoir uue carène^ ou 'r£te aiguë sur chacune des écailles dorsales.

(841) M. Agassiz partage les poissons dans les [uatre noarcaux ordTres suivant? :

i' Les PLACOîDiEKS, (dCTtl^S, ptaqiie éiarffti). Les moissons de cet ordre sont caractérisés par les pla-* |ues d'émail qui recouvrent leur peaii d*uoe ma-- Itère irré^uliere. Quelqueroîs ces plaques sont de iinir^nsioiis considérables, d^autres fois au c«intraire -r.cs sont rëiluites à de polils points comme sur la' >oau chagrinée des squales, ou comme les tubercn-^ 4*s aigus en forme de dents qui sont disséminés sur ^ corps des raies. Tous l«^ carlilaj^ineuv de €uvier» ft Texccption de l'esturgeon , sont compris dans Tertre d(*s plac'oï Jinis.

Les aiguillons d*émail qui couvrent la peau des

>4]ualeft et des roussettes ou chiens de mer sont bien

oniMis par Tnsage que l on en fait pour user et po-

ir le bois et aussi par leur emploi dans la fabrica-

ion du chagrin.

"ir Les GAiioiDiE.i8 (de yovo?, ëpéendor^ à cause du )rillant de leur émail). Cet ordre est caractérisé par les écailles anguleuses composées de plaques osseuses ou cornées que revêt une lame niiticc d*émail. Le lépidoslée gavial ( lenidotieui os$eu$ ) et les esiirgeons en font partie. Il comprend plus de soixante {cnr^Sy dont cinquante sont perdus.

5* Les CTÉROiDiEiiis ( xriiff, peigne). Les écailles de rti% poissons soni dentelées ou pectiuées à leur bord (lOftteriear, comme les dents d'un peigne, formées tealement d*une lame cornée et d*une lame osseuse, »ans couche d*émaîl qui les recouvre. La perche (iotis en offre un exemple bien connu.

4* Les cvCLOtDiKNS (dt mmXort eercie). Lescyclel-

général, que les poissons fossiles se rapproâient d'autant plus des genres et des espèces actuelles cpï'on les rencontre dans les dépôts tertiaires plus récents ; quils 8*en éloi* Snent davantage à mesure que l'on descend ans des coucnes d*une antiquité plus reçu* lée ; et que les couches intermédiaires sont caractérisées par des modiQcations inter médiaires dans leurs conditions ichthyolo* giques.

Enfin nous arrivons encore h cette ftutrè conséouence que toutes les grandes variations dans le caractère des poissons fcssiles paraissent s*ètre accom])iies en même temps que les changements les plus importants qui aient eu lieu dans les autres classes fossiloiSy animales ou végétales, ainsi que dans la condition minéraje des roches strâti^ . fiées (842).

L*esprit est grandement satisfait de Tac* cord qui existe entre ces conclusions et ceMes auxquelles les« géologues ont été conduits par d autres données. Quant aux faits de détail dont elles sont la conséquence, ils sont exposés par M. Agassiz dans un ouvrage en plusieurs volumes qui formera une suite aux ossements fossfies de Guvier. Je prendrai, dans cet ouvrage, un petit nombre d'exemples qui font connaître quelquesunes des familles les plus remarquables des poissons fossiles.

Il parait bien démontré qu*il n'en est pas de ces vertébrés, comme d*unè grande partie . des zoophytes et des mollasques, dont les, changements ne s'opèrent, d*une formation à une auirei que par des degrés insensibles. On ne voit pas des genres ou m^me des familles se maintenir, dans plusieurs séries

diens ont les écailles polies, simples sur leur bord, et à sa surface supérieure souvent ornée de diverses figures, elles sont formées de couclies coméc^s ou . osseuses, ei ne «ont jamais revÀues d*émail. On en voit des exemples dans les harengs et dans le. saumon.

Chacun de ces quatre ordres .contient des poifrsons osseux et des poissons cartilagineux ; ei les espèces qui les représentent dans les formatloua géologiques se montrent dans des proportioua di-> verses, suivant les diverses périodes. Les deux pre-. miers seuls apparaissent avant la formation crétacée; le troisième et le quatrième, ^i comprènocHi à eux seuls les trois quarts des huit mille espèces connues de poissons vivants, se montrent pour la première fois dans les coucbes crétacées, où disparaissent en iQènM temps toua les genres fossik's des deux premiers ordres qui avàieui existé précédemment.

{%i%) Les cenres de poissons qui prédominent dans les coucnes de h série carbouifère ne se reneentreni plus après le xechstein, ou calcaire magnésien. Ceux de la série oolilique sont tous postérieurs au sechstein. et disparaissent subitement dés que commencent les forinations crétacées. Les gen-n res de ces dernières formaliuns sont les premiers qui S6 rapprochent des genres actuels. Ceux des dé-

eis inférieurs de Lonifres, de Paris et du Monie- Ica sont plus voisins que ka préoédeius des former que nous avons maintenant sous les yeux, et les poissons fossiles d*CEningen et d*Aix leur sont encore unis par des rapporta plus étroits, bien (|«*aucune de lenis espèces ne paraisse avoir échappé à b destractioo.

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