ET DE FAI.EONTOLOCIS
roi
àOIL
crétacée qsiioe ou deux espèces reeou vertes d*une semblable armure , et trois ou quatre dans les fomiations tertiaires. Les deux Seores lépidoslée et poi jptère sont les seuls
Krmi les poissons du monde actuel oui ofmi ce mode de conformation de Tenvelonpe écai lieuse.
Il n est pai un seul genre de ceux que Ton , a rencontrés dans la $i rie oolitique qui existe ' encore à l^époque actuelle. Au contraire, les |X)iâ$ons qui abondent le plus dans la formation wealdienne font tous partie de genres qui prédominaient dans la période oolitique (856).
Poiiions de la formation crilacit* — Les derniers et les plus remarquables de fous les changements qui ont eu lieu dans le caractère des poissons se sont accomplis à répoque où ont commencé les formations crétacées. Les genres des deux premiers ordres (plêGOïdiens et ganoïdiens) qui ont rempli exclusivement toutes les lormations jusqu à la fin de la série oolitiqre, disparaissent subitement et sont remplacés par des genres appartenant à deux ordres nouveaux» les àénoïdiens et les cycloïdiens, qui apparaissent alors pour la première fois. Près des deux tiers de ces derniers sont aussi maintenant éteints, mais ils se rapprochent beaucoup plus des poissons de la série tertiaire que des espèces antérieures à la formation de la craie.
Si Ton compare les poissons de la craie ayee ceux de la formation tertiaire du Monte- Bolca , qui est , de toutes les formations tertiaires , la plus ancienne , on verra qu'au* cune espèce n^est commune à ces deux ter*rains , mais ^ue quelques genres existent à Ja fois dans 1 un et dans Tautre (857).
Poiêsofii des /ormaiion$ tertiaires, — Pès que nous entrons dans Tétude des terrains stratifiés tertiaires, nous voyons s'accomplir^ dans les caractères des poissons fossiles., d'autres changements non moins considérables que ceux qni nous sont offerts par les coquillages fossiles.
Les poissons du Monte-Bolca appartiennent k la période éocène : ils sont nien connus par les figures de Xictyologia teronen^de
actocfs, recouverts, comme lia lé tool, d'une peau XDolle ou de léguroenla sans cooiinuité, }gX% cpie des écailles BnembraDcuset et cornées.
(85e) Les |ilys reman|uables soni les cenres lepîdotu9» phoUdophorus, pycnodus et bytiodus,
(857) Nous avons déjà dit que le dèpét rrniar- |oal)le de poissons fossiles d*Enfft, canton de Giaris, ^ été rapporté par M. Agassis à la partie supërieuie ûu fc «sterne créucé. Parmi les genres que I on rencontre dans ce dé|>6t, il y en a plusieurs qui soûl complètement identiques avec ceux de la craie inférieure de Bobéme ei de la craie de Westplialie ; d'autres s*en rapprocbeni beaucoup. ( Voy«s Léik inuan etBaoïm, rfeues Jahrbuch^ Ig54.) Ainsi, quoiqoe les caractères minéraui tlu schiste de Giaris semMeut lui assigner une haute antiquité, celte fornalion est à peu prés du même Age que le gault ou speeton cla^ de TAngleterre. Ce soiu les mêmes altéraiioBS dans* les caractères minërahigiques, qui dotioenl à plusieurs formations secoiuiaires et 1er- Itaires des Alpes Tapparenced^nne ancienneté fuselles
Voila, et par celles de Fouvrage oe Knorr. Cne moitié'de ces poissons environ appartient à des genres éteints, et il ne s'y rencontre aucune espèce qui existe maintenant i Tétat vivant. Toutes sont marines, et les espèces dont elles se rapprochent le plus, par leur forme, vivent actuellement entre .les tropiques (858)
. C'est également a ceue première pc'riode àes formations tertiaires qu*appartiennent les poissons deTargile de Londres. Beaucoup de ceux que l'on trouve à Sheppy, sans être identiques avec ceux du Bfonte-Boica» s*en rapprochent cependant beaucoup. Les poissons du Liban sont également de cette époque, à laquelle M. Agassiz rapi)orte aussi ceux du gypse de Montmartre qu'il regarde, contrairement à l'opinion de Cuvier, comme ajipartenant tous à des genres détruits.
Tous les auteurs ont rapporté les poissons d'OEningen à quelque dép^t lacustre local d'une époque récente. M. Agassiz les re- ^rde comme api)artenant à la seconde période des formations tertiaires, contemporaine de la dfiollasse de la Suisse et du çrès de Fontainebleau. Parmi les dix-sept espèces .éteintes que Ton y rencontre, une seulement est a un genre étranger à l'Europe, et toutes appartiennent h des genres actuellement eiistan
On trouve dans le gypse d'Aix quelques espèces appartenant à l'un des genres perdus du ^ypse de Montmartre, mais elles font partie pour la plupart de genres que nous retrouvons dans la création actuelle. M Agassiz regarde cette formation comme à peu près contemporaine des dépôts d'OEningen.
Ce que l'on connaît des poissons du crag de Norfolk et de la formation subapennine supérieure conduit h les re^rder comme appartenant à des genres maintenant communs dans les mers tropicales, mais k des espèces détruites.
Familles des squales, — Cette iSsimille, l'une des plus universellement répandues et Tune des plus voraces parmi celles qui peuplent les mers actuelles, n'ocinipe pas une placé moins importante dans l'histoire de la géo- .lo<cie il n'est pas une oériode où l'on ne
n*onl réeliemenl pas.
Les poissons de la craie supérieure sont ceux que Ton connaît le mieux, et on en est redevable aux nombreux et magnifiques échantillons qui ont éié découverts k Lewes par M. ManieU, et que ee savant a fii^urés dans ses ouvraj^es. Ces échantillons sont dans un eut de conservaiiou dont on n*a pas d autn's exemples. 11 en est un (du «enre macropoma) dans la cavité abdominale duquel se voient IVsu^ mac et des ooproUtes conservés eutiers et dans leur position naturelle.
(858) M. AjKassiz a distribué de nouveau ces poiv sons dans itl espèces toutes éteintes» formant 77 genres, dont 38 sont maintenant perdus, et dont 30 se retrouvent encore dans la créktioe actuelle. Ces derniers genres comprennent 81 des espèces fbasilas du Monte-Bolca, et les premiers 46 espéaet, «i elsst dans cette dernière formation qu*apptraiaient ptwr la première fols les 39 de cet genres qui «xèateni eu core à Pbeure présente.
DlCTIOTIN. DE C0SIC0€01«IR ?T Zm PALÉo?nroLoe».
ilOS
i>oi
bICTIONNAlKfi DE COSMOCONIE
POÏ
rencontre plusieurs formes qui la représen- '(enl. Les géologues trouvent fréquemment des dents de plusieurs sortes qui se font remarquer par leur grandeur et la beauté de leur émail, et dont quelques-unes rappellent par leur forme extérieure une sangsue contractée. On les désigne ordinairement sous le nom d*os palatins ou palais. Comme d*ailleurs ces dents sont presque toujours isolées, elles n'offrent que peu d'indices à Taide desquels on puisse reconnaître de quels animaux elles proviennent.
Dans les mêmes couches on rencontre aussi de grandes épines osseuses armées do piquants sur un de leurs bords et ressemblant à des dents recourbées. Longtemps on a regardé ces corps comme des mâchoires «cvec leurs dents, et c'est depuis peu seulement que l'on a constaté que c'étaient des rayons épineux dorsaux ; et comme on a été porté à penser qu'elles servaient d'armes défensives ainsi que les rayons dorsaux des 'genres baliste et silure, on les a désignées sous Je nom d'ichthyodorulites.
M. Agassiz, après de longues recherches, rapporte tous ces corps à des genres éteints '.de la grande famille des squales qu'il partage en trois sous -familles, dont chacune contient des formes d'existence propres à* certaines époques géologiques et dont les changements sont simultanés avec les autres Krauus changements qui ont eu lieu dans les débris lossiles.
I^ première et la plus ancienne de ces sous-iamilles , celle des cestractons ^ commence en même temps que les couches de transition, et ne manque dans aucune des formations suivantes jusqu'au commencement de la série tertiaire. Elle n'a plus qu'un seul représentant parmi les espèces actuelles le ces-
(859)Les ceslraciotu sont caraclërisës par de grandes dents pourvues d*ëmail, polygonales et obtuses, qui tecouvrenl Tintérieui de la bouche comme une sorte 4t pavé eu marqueterie. Il y a quelques espèces chez lesquelles chaque mâchoire ne porte pas moins de soixante de ces dents. La facilité avec laquelle se détruisent les os cartilagineux auxquels elles sont fixées est cause qu^onles rencontre rarement réunies 'à rétat fossile, et c*estcequi tath aussi que les aiguillons el des dents isolées sont les seules preuves qui nous restent de Texistence passée de ces espèces éteintes. On en voit en abondance dans toutes les ■couches depuis la série carbonifère jusqu*à la craie la nluB moderne.
La seconde division de la famille des squales, celle des kybodonê, commença probablement avec la formation houillère; elle fut prédominante pendant le temps que dura le dép6tde toutes les couches secondaires inférieures à la craie. Les dents de celle division sont intermédiaires entre les dentsémoussécs, polygonales el propres h écraser qui caractérisent la sous-famille des ceslracions, et les dents polies et à bords tranchants des squaloides ou squales vrais, que Ton ne rencontre pas avant le commencement cies formations crétacées. Elles se distinguent de ces dernières dents par les replis des deux surfaces externes de leur émail. On rencontre en abondanoe dans rardoise de Stonestield et dans la formation weaklienne des dents striées qui pmvîennentde cette même famille.
Un autre genre de cette section des bybodoiis, le
iracion Philippi, ou squale du Port-Jacksoo.
La seconde famille , celle des hybodm, commence avec le tnuscktlkalk et peut-être avec la formation houillère; puis elle se montre dans tout le cours de la série oolitique pour ne disparaître qu*h Tépoque gq commence la craie.
Enfin la famille des sqnaloldes ou squales vrais commence avec la formation crétacée, traverse toute la période tertiaire pour arriver jusqu'à lacreationactuelledanslaquelte elle se continue (859).
Rayons épineux fossiles ou ichthyùdoru' Il tes, — Les rayons dorsaux du squale da Port - Jackson jettent d'importantes 1qmières sur l'histoire des rayons épinem fossiles-; c'est d'après eux, en effet, que nous pouvons rapporter à des genres et à des espèces éteintes de cestracions ces corps fos' siles si communs et pourtant si mal cipli-
3ués , qui ont été désignés sous le Don 'ichthyodorulites. Quelques-unes des espèces actuelles de squales ont à leur nageoire dorsale des épines cornets lissas L'espèce que nous venons de citer est la seule qui ait une épine osseuse armceàson bord concave d'aiguillons ou de dent" crochues semblables è celles que Ton obsene sur les ichthyodorulites fossiles. Ces ai^il* Ions formaient des points de suspension el d'attache è l'aide desqnels la nageoire dorsale était attachée à l'épine osseuse oui lu* imprimait un mouvement régulier délération et d'abaissement propre à rendre pto facile le mouvement rotatoire du corps que doivent exécuter les squales. Cette épica remplissait ainsi les fonctions de ces mâb mobiles qui servent à élever et à abaisser les voiles de certaines petites barques. Le squale épineux commun (aptnax om^
Îînre onchus, se rencontre aussi dans le lias de yme-Re^is.
Les poissons fossiles de la fomille des ufsait^ •offrent tous les caractéresdes vrais squales. Oncon* mence à les trouver seulement dans les formatiais crétacées, et ils se continuentpendant toute la dor^ des dépôts tertiaires, jusqu*à notre époque adoelie Les dents de cette division sont constammeni iiss» à leur surface externe, et quelquefois ptissées î iear surface interne ; ce qui s*observe de même dans piisieors espèces vivantes. En outre,ces dents seDtpbief et taillées en forme de lancette, avec un bordtnuicbiti qui, dans plusieurs espèces, estdécoopéen finesd» telures. Cette sous-famille de squaloldes est U swie dont les espèces abondent dans les formations ie^ tiaires.
La solidité extrénie et Taplatisseroent des deoti chez les deux sous-familles (cestracions et hyb^ dons) qui prédominent dans les formations deira»sition et dans les formations secondaires inféreor^ à la craie , avaient très-probablement poar bat M broiement des enveloppes solides de crustacés et dts écailles osseuses et garnies d*émail des poissons <[» formaient leur pâture. A mesure que les poissons de h série crétacée el de* la série tertiaire se reTétireflid?^ écailles de pi us en plus molles que nous voyons d>6i ^ poissons modernes, les dents des squaloidess^aoi^ cirent en ces bords tranchants qui caractériseDi r système dentaire des squales actuels. On na ps^ encore rencontré jusqu'ici dans les formatious .W" tiaires un seul de ces cestracions dents ènouss^
nî>7
POl
POl
nos
fftiasj CuY.) et le ceiilrino vulgaire (cfn/rirMi rufgarii) ont à chacune de leurs dorsales une semblable épine destinée à les redresser mais dépourvue de dentelures ou crochets. M. Mantell en a trouvé de pareilles d*une petite dimension dans la craie de Lewes. Ces petites épines dorsales leur servaient probablement aussi à se défendre contre rortaines espèces voraces ou même contre les individus plus grands et plus puissants ie leur propre espèce; peut-être aussi s'en Faisaient-ils des armes offensives (860).
La grande variété de ces épines fossiles ^ue Ton rencontre depuis la grawake jusqu'à a craie inclusivement nous fait connaître •ombien furent nombreux les genres et les •spèoes éteints de la famille de squales qui labitèrent les eaux de la mer durant toutes 'es périodes reculées. Les dents et les os paatins observés dans ces mêmes terrains ne ^nt pas de formes moins variées; mais x>mme les squelettes cartilagineux auxquels Tcs dents appartenaient ont été en presque totalité détruits, les dents et les épines sont )rdinairement dispersées, et ce ne pourra 'stre qu*en s*aidant des analogies anatoraiques >u du hasard de juxtapositions accidentelles ;uc la science parviendra à déterminer les 5 spèces auxquelles ces débris appartiennent.
Raies fossiles, — Les raies constituent a quatrième famille de Tordre des placoïliens; la création actuelle comprend un ^rand nombre de genres qui appartiennent i cette famille , mais on ne l'a pas encore •encontrée à l'étaX fossile dans un terrain )!us ancien que le lias. Elle se montre dans e calcaire jurassique.
La famille des raies abonde dans toute étendue de la formation tertiaire; on y a rouvé seize espèces du seul genre mylioates : c'est de lui que proviennent les palis que l'on trouve en si grande abondance ans l'argile de Londres et dans le erag. On encontre également dans les formations ?rliaires les genres trygon et torpille. Conclusion, — Les divers faits qui vienent de passer sous nos yeux, empruntés k histoire des poissons, constituent une série on interrompue de témoignages qui nous lontrent cette importante classe, soit avec n squelette osseux, soit avec un squelette artilagineux , comme prédominante dans >Qles les périodes, depuis le moment où a r>o)mencé la vie sous-marine jusqu'à l'heure ctuelle.La similitude des dents, des écailles t «les os des plus anttiens poissons sauroïdes c la formation houillôie (le genre mé^achlhys ) avec ceux du genre lépidostée aciiel, et les rapports étroits qui s'observent nlrc les dénis et les épines osseuses du seul f^stracion qui fasse encore maintenant parie de la famille des squales, et les nombreu-
(H60) Le capitaine Smith a vu h la Jamaiipie un npirainede vaisseau qui avaitété grièvement blessé »ar les épines d'un squale dans la baie de Montegn. V&y^t le règne ammal de CrviCR, publié par Grifiitli.)
Los épines du balilie ei du silure ne sont pas sen* irment enfoneëes à leur base dans la cbair et mues tar de puissants muscles, ainti que cela a lieu rh(*z
ses formes éteintes de cette méma sous-frmille des ceslracions, qui abondent dans toute retendue des formations carbonifères et des formations secondaires, sont des faits qui réunissent les deux extrémités de Cette grande classe de vertébr(js par une chaîne plus régulière et plus étroitement unie gu'aucune autre à laquelle on ait été conduit jusqu'ici par les recherches géologiques.
11 résulte de ce coup d'œil que nous venons de jeter sur l'histoire des poissons fossiles que chacune des formes principales d'organisation que présentent ces animaux existait dès les âges les plus reculés de notre) globe; que touiours ils y ont rempli dans l'économie générale de la nature les mêmes fonctions importantes que nous voyons confiées à leurs représentants actuels dans noé mers modernes, dans nos lacs et dans nos rivières. La grande raison finale de leur existence parait avoir été à toutes les épogues de peupler les eaux d'animaux qui y jouissent de toute la somme de bien-être que comportent leurs conditions d'existence.
La stérilité et la solitude dont on a souvent fait l'attribut des profondeurs de l'Océan n'existent donc pas ailleurs que dans les fictions de quelque imagination poétique. Dans celte vaste masse d'eaux qui recouvre presque les trois quarts de la surface du globe, la vie se montre avec plus de luxo peut-être qu'au sein des airs ou sur la surface terrestre elle-même. Le fond des mers» jusqu'aux profondeurs où pénètre la lumière^ est peuplé de légions sans nombre de veis et d'autres êtres rampants, les représentants de ces familles inférieures qui se traînent sur la surface terrestre.
Le but général de la création parait avoir été de multiplier la vie à l'infini. Comme la nutrition des animaux a pour base le règne végétal, le lit des océans ne jouit pas d un luxe de végétation moindre que celui qu'étalent à nos yeux les prairies verdoyantes et les majestueuses forêts qui recouvrent comme d'un vêtement la portion émergée de la surface du globe. Dans les eaux comme sur la terre, nous voyons l'accroissement excessif des espèces herbivores tenu en échec par la . voracité des espèces carnivores, et nous retrouvons ici ce que nous avions déjà signalé dans une autre circonstance, que le but que s'est proposé l'intelliçence suprême, lorsqu'elle a créé les animaux, a toujours été d'appeler le plus grand nombre d'êtres possible à prendre sa yavi de la plus grande somme possible de jouissances.
Il n'existe aucun point dans tout l'ensemble de la nature qui, plus que cette progression qne nous avons tracée dans la classe des poissons, repousse la doctrine du développement graduel ou de la transmutation des
les iM|ua«es, mais elles s'articulent avec un os destiné à le» soutenir. Eu outre, ces sortes de bagueltps, dans le baliste, sont tenues droites par nOo seconde é|)ine qui se trouve en arriére et à leur base, et qui agit à la manière d^un verrou ou d*nn coin qui (lie ou enlève la même action musrnlaire qui redresse ou abaisse IVpine principale.
ii9à
POL
DICTIONNAIAE DS COSMOGONIE
fOL
espèces. Les souroïdes, en effet, qui occultent dans l'échelle organiaue une place plus élevée que les formes orainaires des poissons osseux, ne s*en montrent pas moins en nombre considérable dans les formations carbonifères et secondaires où elles atteignent une taille énorme, tandis qu'ils disparaissent p)Our être remplacés par des formes moins parfaites dans les couches tertiaires, et que deux genres seulement les représentent parmi les poissons actuellement existants.
Ici» comme dans plusieurs autres cas, ce que Ton observe, c'est une sorte de développement rétrograde qui s'avance des formes complexes aux formes simples. 11 existait à ces époques reculées des espèces qui réunissaient plusieurs caractères organiques que l'on ne retrouve plus dans nos périodes modernes que répartis sur des familles séparées ; et ces faits semblent indiquer que la nature, dans la création successive des pois- ;sons, est plutôt partie des formes les plus parfaites en suivant les procédés de la division et de la soustraction, qu'elle n'a opéré par addition, eu prenant pour point de départ les formes les moins parfaites!
L'étude de l'organisation chez les poissons actuellement existants fait voir que certains organes, chez les cartilagineux, tels que le cerveau, le pancréas, l'appareil de la génération, sont à un degré de développement Elus élevé que chez les poissons osseux. Or» ous avons rencontré la famille cartilagineuse des ^qualoïdes en même temps que Tes poissons osseux dans les couches de transii:c<*i« et nous avons vu ces deux groupes ccntinuer d'exister simultanément iusquà ?'6poque actuelle, après avoir traversé toutes les périodes géologiques.
Ainsi parmi tous ics groupes dont l'ensemble constitue la nature^ il n'en est pas un seul qui, moins que la classe des poissons, permette d'expliquer les changements que la géologie démontre s'y être successivement ac compiis, sans que l'on invogue l'intervention directe d'actes de création distincts et répétés
POLICE DE LA hatcrb dans le règne amimal. Voyei Carnivores.
POLYPES. — Les débris fossiles de polypiers ( Voy, ce mot ) proviennent d'animaux que 1 on a longtemps considérés comme .ayant des affinités avec les plantes marines, .et qui ont cté désignés , pour cette raison, ^ous le nom de zoophyUs. Ordinairement ils sont Hxés à la manière des plantes, et ils recouvrent toutes les parties du fond des mers chaudes assez profondes pour que l'inilucnce de la chaleur et de la lumière solaire puisse s'y faire sentir. Plusieurs espèces j)réseRteDt des ramiQcations dont la forme et l'aspect sont ceux de végétaux. Ces corps coralliformes sont produits par des polypes très-voisins de Tactinée commune ou aiié^ mono de mer de nos côtes. Il en est quel-
(BOI) On trouve dans les voyages de Péron, oe Plindcrs, de Kouebue et de fieecuy, des observalions uiiéressantes sur retendue et le mode de forniatiou de ces récifs de corail ; et le docteur Kidd. lUns son Çcchgieùi Essay^ ainsi que M. Lyell, dans
ques-uns, tels que es caryoph j^llies, qui tivent isolés, et cfont chaaue individu se construit h lui-même une base et un supporl indépendant; d*autres sont agrégés ou confluents, et vivent en commun sur une même base ou polypier recouvert dune mm couche gélatineuse, à la surface de laquelle sont disséminés les tentacules corresponduii aux trous -étoiles de la surface du polypier.
Diaprés Lesueur, qui les a observés dici les Indes-Occidentales, ces polypes, lorsqu'ils sont épanouis au fond de la mer, dans le calme des eaux , revêtent leurs demeura pierreuses d'une enveloppe nuancée des plus brillantes couleurs.
Leur corps gélatineux nossède la facullti de sécréter le carbonate ue chaux qui cour
f^ose la base par où ils se fixent et les celules où ils sont logés. Ces cellules calcaires ne persistent pas seulement pendant la vie des polypes qui les ont sécrétées» mais I<>ur composition chimique est tellement analope h celle du calcaire, qu'elles continuent d adhérer au fond de la mer après la destruction de ranimai qui les habitait. Ainsi une géuération construit la base sur laquelle sm portée la génération qui doit suivre, et celleci à son tour doit fournir en quelque sorte les fondements d'une construction nouvelle qu'élèvera une nouvelle génération, jusqui ce que, par une succession continue de constructions semblables, la masse tout entière atteigne la surface des eaux et qu'une limite se trouve ainsi imposée à des accroissements subséquents.
La tendance des polypes à s© multiplier dans les eaux des climats chauds est telle, que le fond de toutes les mers tropicales fourmille de myriades sans nombre de ces petites créatures travaillant sans cesse à la construction de leurs habitations si petites, mais en même temps si durables. Il n'y « presque pas, dans toutes ces latitudes, de roche sous-marine ni de cône ou de chaîne volcanique sous-marine qui ne constituent le noyau et les fondements de qudque colo^^ nie (\e polypes appartenant surtout aux genres madrépore, astrée, caryophyllie, raéandrine et millepore. Les sécrétions calcaires de ces petits animaux sont accumulées en d'énormes bancs ou récifs de corailj qui ocl quelquefois jusquà plusieurs centamesuc milles d'étwïdue. Souvent ils s'élèvent rapidement jusqu'à la surface en des points ou jusque-la on n'en avait jamais souj)çenDé i'existence, et ils rendent ainsi dangereuse la navigation de plusieurs parties des œeis tropicales (861).
Si nous recherchons quelles sont, daos l'économie actuelle de la nature» les foo'' tiens assignées aux polypes, nous voyoo» bientôt que c'est h eux, la classe la plus m-; férieure du règne animal, «m'a été déparu Toflice de nettoyer les eaux de la mer et de
ses Principiês of Ceohçy (3* édil., I. W)». * Hl une applicalioD admirable de ces pariicaUntes ^ rhistoiredes ftolypiers modernes à rillustration ^ pliénûmènes géologiques.
ItOI
POL
ET DK PALEOMOLUCIL.
POL
les purger de toutes les impuretés les plus déliées qui auraient échappé même aux plus petits des crustacés. C*est ainsi que certaines tribus d*insectes, à leurs degrés divers d'accroissement, ont pour mission de trou* Yer leur nourriture dans les impuretés qui résultent sur la surface terrestre de la décomposition des matières animales et végétales (802). Ce système paratt avoir été suivi sans interruption depuis que la vie a commencé dans les mers les plus anciennes, et pendant toute cette longue série d*âges dont la durée nous est attestée parles successions diverses d'animaux et de végétaux dont les dépouilles sont ensevelies dans les couches de récorce du globe.Dans toutes ces couches, en effet, les habitations calcaires des polypes, de ces créatures en apparence si petites et de si peu d'importance, se sont accumulées en de vastes et puissantes masses qui tmt grossi l'ensemble des matériaux solides du globe ; et elles nous offrent un exemple frappant de l'influence qu*ont eue les animaux sur la condition minérale de notre {:!!«nète (863).
Si, dans l'investigation des phénomènes ijaturels, H pouvait se rencontrer un fait
S[ui fût plus digne d'admiration qu'un autre ait, ce serait peut-^tre cette étendue infinie, cette importance immense de choses en apparence si petites et si dépourvues de toute valeur. Si j entreprends de décrire l'insecte, plus petit qu'une mite mie je vois courir à la surface de cette feuille de papier où j'écris , il m'est tout aussi impossible de me faire une idée juste de la délicatesse de ses fibres musculaires, ou des petits vaisseaux ^ui servent à sa nutrition, qu'il m'est impossible d'embrasser dans ma pensée Vimmensité de l'univers. L'organisation du plus petit des infusoires résiste t>ius aux efforts de notre intelligence pour 4> comprendre, que ne le fait celle de la ba* leine;etun résultat auquel nous sommes conduits, comme terme de nos travaux, c'est la conviction que les opérations les plus grandes et les plus importantes de la nature sont produites par l'action d'atomes trop petits pour que Tœii de l'homme puisse les saisir, ou pour que son intelligence ellemême puisse y atteindre.
Nous ne pouvons mieux terminer ce coup il*CBiljetéàiahAte sur l'histoire des poly-
(863) M. de la Bêche fait obserrer que les polypes de Ja caryopbyUie de Smilh dévorent des dâbris de poissons et de petits cnisiacés ; et îl en a nourri ainsi quelques individus à Torquay. Les polypes saisistssaient ces aliments avec leurs tentacules, et I j digestion s'opérait dans le sac central qui constit«ie leur estomac.
(8a5) Plusieurs des genres actuels de polypiers se rencoatrenC dans la série de transition, et' M. de la Becbe a remarqué avec justesse {êiattuei de tféoiogie^ p. 438 de la traduetioa française} que partout où se trouve un amas de polypiers assez considérable pour jnstilier le nom de banc ou de récif de rarait, les deux genres astrée et caryophyllie eu f9nt partie, et que res genres sont encore au itoui* bre des architectes les plus artif^i do> hniirs dr cor:nl dans b^ mers actuelles
piers fossiles , qui se montrent depuis les roches de transition les plus anciennes, jusque dans nos mers actuelles, que parles paroles suivantes dans lesquelles \?. Ellis a exprimé les sentiments que ûrent naître dans son esprit ses belles Recherchti $ur V histoire des polypes vivante.
« Et maintenant , tout cela une fois posé comme vrai, à quelle conclusion tous ces tra^ vaux doivent-ils nous ix>nduire?Toutce que je puis répondre, c'est que, dansées recherches auxquelles je viens de me livrer, de» scènes toutes nouvelles se sont déroulées sous mes }'eux, qui ont ravi mon esprit d'admiration et d'étonnement à la contem^ plation de cette diversité, de cette étendue avec laquelle la vie est distribuée dans l'univers. Or si tels ont été les sentiments 'ont excités en moi les faits que je vienK e rapporter, et ces merveilles de la natura animée sur des points dont on n'avait pas même jusqu'ici soupçonné Texistence , sans doute ils exciteront dans d'autres esprits
Sue le mien des idées agréables , sans doute es esprits plus savants et d'une pénétration plus irrésistible y trouveront plus tard encore de nouveaux faits à reconnaître et de nouvelles preuves à découvrir, s'il en était besoin, d'une volonté unique, infinie, d'une* toute-puissance qui a crée , et qui mainte-, nant conserve le grand tout dans sa beauté' et dans sa perfection. De là nous concluroo/^ que si des créatures d'un degré aussi inférieur dans la grande échelle de la nature, ont été ainsi douées de facultés qui leur permet* tent de remplir leur sphère d'action d'une manière aussi complète, nous pareillement, qui avons été placés à tant de degrés plus haut, nous nous devons, et à lui qui nous a faits, nous et tout ce qui existe, de tendre sans cesse et de tous nos efforts vers ce degré de rectitude et de perfection, auquel nos facultés nous donnent le pouvoir d'atteindre. » (Ellis, On corallines p. 103.)
POLYPIERS. — Classe d'animaux rayonnés, sédentaires, fixés au sol, bans organes spéciaux pour la locomotion. Ils ont été longtemps confondus avec les mollusques bryozoaires. Ils s'en distinguent néanmoins parce que leur cavité digestive ne présente qu'une seule ouverture, leur corps est, en effet, terminé par une couronne de tenta^ cules, au milieu de laquelle se trouve cette
Une grande partie du calcaire que Ton désigne sous Se nom de calcaire à Polypiers {eoral rag)^ et qui forme les plaines élevées de BuUington et do Cunmer , ainsi que les collines deWytbam, sur trois deà côtes de l.i vallée d^Oxford, est remplie par des lits continus, et les amas de polypiers pétrifiés de diverses espèces, conservant encore la position dans laquelle leur accroissement a eu lieu au fond de quelque nier ancienne, de la même manière que sa forment maintenant les tancs de coraux dans les régions intertropicales des océans modernes.
Les mêmes couches de pol>'piers fossiles rem»
R lissent les monugnes calcaires du nord-ouest de rrksbire, et du nord de WUts,et on les voit encorQ amant ou plus puissantes dans le Toiishire, et •^ur les sommels elrvcs de TOurst on du <nid-oaetf de S^-ai'botoiigh.
ii03
PÛL
DICT10NNAIR£ DE COSMOGONIE
POL
hô;
ouverture unique. Chaz los polypiers pierreux, les seuls qui doivent nous occuper 9 kl partie inférieure ou basilaire du corps est celle qui constitue le polypier; tissu piet' vexxji OM sclérenchyme 9 partie intégrante de l*animal, formée par un mouvement nutritif* dans son épaisseur, soit dans la profondeur du derme, soit à la surface de la tunique dans le tissu épidermique,
Le tissu pierreux des polypiers ou sdérenc/iyme forme, suivant 1 agrégation ou Tisolementdes individus, des polypiers simples on ttgr(^és. Ces deux dispositions primordiales , qui frappent tout d abord , ont pour nous une très-grande importance, c^r elles tiennent essentiellement au mode de reproduction des polypiers. Les polypiers ont trois modes différents de reproduction : ils sont ovipares , gemmipares , ou fissipares ; ce
3ui amène des modifications considérables ans Tisolemeat ou le mode de groupement des individus.
Les animaux spéciafement ovipares produisent les po/j/pter^ simples 9 tels que les turbinolia^ les cyathina^ etc., etc., où le polypier est isolé, fixe ou libre, formé dun seul individu.
Les animaux ^emmipare^ donnent toujours des polypiers composés^ formés d'un nombre plus ou moins considérable d'animaux agrégés, ayant même une vie commune, mais au*on peut cependant toujours distinguer les uns des autres dans l'ensemble. Cette distinction, ainsi que la suivante, étabfie par les savantes recherches de M. Dana » est facile à reconnaître , caractérisée qu'elle est par une division par bourgeonnement, c'est-à-dire f[uil naît, sur le côté des individus déjà existants, des bourgeons d^abord plus petits; qui prennent bientôt le même diamètre, la même régularité que les autres, et donnent naissance à leur tour, à des bourgeons identiques toujours latéraux. Le nombre des individus agrégés de cette manière augmente ainsi selon les limites fixes ou variables, et constitue un ensemble différent suivant le mode de groupement.
Les animaux fissipares produisent aussi des polypiers composés ^ formés d'individus agrégés ; néanmoins ceux-ci se multiplient d une manière toute diflérente. Ce ne sont plus des bourgeons latéraux qui naissent aux côtés externes des individus préexistantSt mais bien le centre même de l'individu, qui s'allonge et se divise ensuite. Ces deux centres dépendent d'abord du même individu, puisils se séparentde plus en plus et Unissent' par former, chacun en particulier, un individu identique au premier. On voit que ce mode de reproduction, tout en iiiférant complètement de la gemmation, Jonne des résultats presque identiques.
D'autres fois , les individus s'allongent par l3 centre, de manière à former, non pas dos individus netteraenl sé[)ar6i ayant chacun 80n centre particulier, wials des individus complexes qui s'allongent, 5e bifurquent, indéliniment. sans montrer dans la masse
de coupure ni de centres distincts uctlcmenl séparés.
Maintenant nous allons dcfînir, pour chaque individu , soit isolé, soit a:^ré^é, la terminologie de toutes les parties. Chaque individu représente, plus ou moins, à <a partie supérieure, une sorte d'étoile formée de ravons. On donne à cette étoile, uniaue chez !es polypiers simples et multiple cncz les polypiers composés, le noni de calict. Ce calico est tantôt circulaire et tantôt comprima, chez les polypiers simples comme chez le^ l>olypiers composés,
La gaine testacée extérieure de chaque calice, soit simple, soit composé, s'appelle viuraille: elle affecte la forme d'uncorneu ou d^in lubedofit les parois, plus ou muins lamelleus^s, s'élèvent sur le bord supérieur, à mesure que le polypier grandit. Lorsque cette muraille s encroûte extérieurement d'un dépôt calcaire continu , offrant des lignes d'accroissement concentriques', on dé- ^igne cet encroûtement sous le nom d'^^pithêque. Lorsque, au contraire, la muraille lyon encroûtée forme des parties longiludinaies saillantes , on les appelle des côtes,
Lo calice, circonscrit extérieurement par les murailles qui s'élèvent du pourtour, se compose de lames qui rayonnent des murailles vers le centre. On nomme ces lames rayonnantes des cloisons [septa). On doit remarquer que ce sont <:es cloisons qui forment l'étoile du calice. Les cavités qui séparent les cloisons s'appellent des cimmbra.
Les cloisons ne se multiplient pas d'uoe manière irrégulière dans le calice. Elles augmentent en nombre, de la manière la plus régulière en formant ce qu'on nomme des cycles {cyclum) successifs. Chaque calice commence par un nombre régulier généralement de six cloisons primaires, maisaus^'i quelque fois de dix, de huit, de cinq* de quatre, et même de trois cloisons primains. Celles-ci forment le premier cycle: car elles divisent le calice en une série égale de chambres semblables entre elles. Les cloisons de second ordre, qui naissent régulièrement dans chacune de ces premières chambres, et les divisent chacune en deut , forment le second cycle toujours complet. Les cloisons de troisième ordre qui naissent dans les secondes chambres forment encore un troisième cycle complet. C'est seulement aux cloisons de quatrième ordre quela dirision régulière commence à être modifiée; car les cloisons n'occupent plus que lonles les chambres. Le nombre des chambres primaires constitue, avec les cloisons qui 5 naissent plus tard, ce c|u'on nomme des systèmes. Le plus ordinairement il y < $>^ systèmes, mais le nombre en varie, coinDj« nous l'aidons tu, de dix à trois. Ainsi l« genre rffcacÉPnia a dix systèmes; les genres octocœnia^X pseudoccsnia en ont huit; I^-^ genres pentoccenia et acanthocœnia en ont cinq ; le genre ^e^roc^rofa en a quatre; 1« genre heterocœnia en a trois seulement.
Le centre du calice sur lequel viennent quelquefois s'attacher les cloisons, s'app^*"*
roL
ET DE PAl.EOMOLOGi£.