‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 188 sur 216 · ÉTATS-C!CIS · texte numérisé non relu

ÉTATS-C!CIS

Calcaire supérieur à Pentamère.

Argile schisteuse, à Deilhyris.

Calcaire, à Peniamerut gàUaiuê,

Calcaire hvdraiiliaHe.

Groupe saflfm d vnondaga.

Groupe du Niagara ^psammites et calcaire).

Groupes de ClÎMton (c^icaires}.

Grès de Médina.

Conglomérat d*Oneida^

Grès «'ris.

« Par la manière si disparate aoitt les hoses se sont passées dans les mers d'Amérique et d'Angleterre, pendant la période du silurien supérieur, on peut juger du peu d'importance des caractères minéralogiqucs

S ris comme moyen de reconnaissance des ges des étages de contrées éloignées les unes des autres. Le plus sûr moyen de se tromper serait, ea effet, de s'attacher à ce caractère ; car^ ce que nous trouvons dans les Etats-Unis et en Angleterre, est le fait Général de tous les étages du monde, parfaitement en rapport avec ce que nous ayons 4it des causes actuelles qui les ont produits. Il y a plus : ^u milieu de cette succe^sioa do natures diverses de couches que nous avons vu se succéder dans Tétage précédent, que nous vovons dans celui-ci, dans les suivants, où s arrêlerait-on-pour Ihniter des âges dans l'erlseitible» si l'on n'avait que les caractères minéralogiqucs et la superposition sur les points concordants? 11 est certain qu'on ne saurait où placer les limites des étages, et que Ton arriverait à mettre toute' ces couches réunies sous le nom de '^•JJl de transition ou tel autre, comme on Iw généralement admis avant les beaux trayaux straligraphiques cités, où l'on a fait entrer les éléments paléontologiques qui seuls pouvaient résoudre la question. Lepeudi^' portance des caractères minéralogiquc* ressort epcore, même en France, où les couches sont noires, presque charbonneos^ Saint-Sauveur (Manche) , et à l'état de ff^ rouges à May, etc. Nous pouvons, de plus. signaler l'exemple des couches de Gothland. où la roche est oolithique comme daas le>

ET DE PALEONTOLOGIE.

SNb

terrains jurassiques. Tous ces faits prouveront, nous l'espérons, que le caractère minéralogîque ne peut, en aucune manière, être invoqué que pour une localité restreinte.

^ De cette grande variété de sédiments que nous "voyons se succéder, en Angleterre et aux Etats-Unis, ressort encore cette conséquence, que les causes déterminantes de ces alternances de sables et de sédiments fins rpii, par la suite des temps, ont formé les grès, les calcaires et les argiles, ont été purement locales, et qu'elles ne sont, en aucun cas , (comparables dans les deux pays. Nous pouvons dire plus : il ne faudrait se préoccuper i^n rien de la présence ici supérieure, là inférieure de quelques fossiles dans ces couches : car il est évident pour nous que la :>résence ou Tabsence de ces fossiles dépend ie la même cause locale , la nature des sédiments et le niveau de profondeur dans les iieTs; ce ne saurait donc être un foit général. Nous insistons sur cette ciroonstance ^pitale, qui peut aussi bien tromper que la lature minéralogiquedes sédiments (81^}. »

Puiaance connue. — Les données, à cet Sgard, sont encore bien vagues ; cependant on peut dire que , sur tous les points, cet étage a beaucoup de puisisance, souvent ^luelques centaines de mètres; néanmoins, Rn additionnant Tépaissimr donnée des couches (le Ludiow et Wenlock, ou Dudley en \nsleterre, on trouve un maximum de 1,290 mètres environ. M. Barande év^due nissi à 1,200 mètres Tépaisseur deTétage silurien supérieur en Bohème, ce qui don*» lerait encore une très-longue périocfe d'exis-. :ence à l'étage.qui nous occupe.

Points profonda des mers. — Le nombre lominant des mollus({ues brachiopodes, des )ryozoaires et des crinoïdes nous fait regarter comme des points profonds et tranijuilles les mers de cette époque les lieux suivants, emarquables sous ce rapport. En Angieerre, les couches si curieuses de Dudfey, ù l*on trouve groupée sur la même plaque 9ute la faune profonde de cette époque, où on voit souvent près de cent espèces renies, comme si Ton se transportait au fond es mers de l'étage, en se reportant à ce seond âge du monde animé. Venlock, Walall, Benthal, sont à peu près dans le. même as, et aussi riches. Quelques couches des nvirons de Prague et de Beraua en Bohème, araissent être très - remarquables par le ombre considérable de oracniopodes et de -ilobites que M. Barande y a découverts, fous citerons encore, aux États-Unis, Lock ort, dans le groupe du Niagara. (New-p York).

Ces faits et ceux qu'on peut déduire de la iiccession de sédiments différents en Angle- 3rre et en Amérique, viennent prouver que is mers de cet étage étai^t soumises aux lêmes conditions d'existence^ aux mêmes gents charrieurs qu'aujourd'hui.

Caractères paUontologiques. — Nous pouons répéter ici que ni la nature, ni la su* erposition concordante des couches ne pouant donner des limites pour séparer les éta-

(89i) D*OaBiGNY, toc. cit., p. 305.

ges, les caractères paléontologiques sont les seuls moyens de clétimitation qu'on puisse invoquer avec certitude, aussi bien en Amérique qu'en Europe. Cherchons à le prouver, en comparant ces caractères à ce que nous avons dit à l'étage silurien inférieur.

Aux caractères négatifs énumérés à l'étage silurien inférieur et qui restent les mêmes» ajoutons seulement les différences relatives à celui-ci.Par exemple, ces vingt-huit genres que nous avons vu naître et disparaître dans 1 étage silurien inférieur, sans qu'ils passent à l'étage silurien supérieur ; tels que, parmi les crustacés, les genres paradoxides^ elUp^ sùcephaius i conoetphalus , illeniu , c^aphus , battus^ trinucletis et ogvgia; parmi les mollusques jcéphalopodes, les genres cameroceras et gonioceras; parmi les mollusques lamellibranches, le ^enre orthonota; parmi les mollusques brachiopodes» les genres obolus^ orthisina^.poramhonUes et siphonotreta; parmi les mollusques bryozoaires, les genres subretepora^ enallopora et stellipora; parmi les échinodermes, les genres echinoencrinust caryocistites^ hemiscomites^ cryptocrinuSy cy^^clocystites et heterocrinus; parmi Ias zoopliyr tes, les genres favistella, cohrnnaria^ et. (on^-r dalia: parmi les amorphozpaires , le genr^ paheospongiOf forment autant de caractères négatifs qui pourront servir à distinguer l'étage silurien inférieur de l'étage silurien supérieur» puisqu'il ne se trouvent jusqu'à présent que dans le premier,.

Nous trouvons encore, pour caractères négatifs propres à dâs^iuguer Té^ge silurien supérieur des autres étages paléozoïques supérieurs, 88 genres ou formes animales spéciales, qui, joints aux 28 genres éteints dau» l'é-* tage. silurien inférieur, forineot un total de 1 16genrei(, donnantautant de canictëi:es négsr tifs pour distinguer Tétage silurien supérieur des autres étages des terrains paléozoïques.

Si, aux genres communs à Vétage silurien inférieur et silurien supériaurf nous ajoutons, comme caractères positifs, ceux qui, inconnus à l'étage silurien inférieur, se montrent pour la^ première Ipis dans celui-ci, nous aurons en résumé, en prenant le chiffre total de ces genres, 59 genres qui, par leur répartition actuelle, inconnus quii< sont dans l'étape silurien inférieur, tandis qu'ils n'apparaissent que daw le silurien supérieur, seront autant de caractères positifs tirés des genres dont on pourra se servir pour distinguer Tua d'avec l'autre.

Paomi ces 69 genres nés à l'étage silurien supérieur, il en est di]^ qui sont inconnus jusqu'à présent dans les autres étages inférieurs ou supérieurs du monde, et peuvent encore être considérés comme d'excellents caractères positifs pour l'en distinguer; ce sont les genres suivants : parmi les crustacés^ lo genre bumasttis ; parmi les bryozoaires, les omnir^tepora; parmi les écbino* dermes, les protaster^ les caryocrinus^ les ichthyoerinus^ les gcocrinus^ les eucalyptO" crinus^ les catliocrxnus ; parmi les zoopnytes^ les proporoi les blumenba^iwnf aui naissent

l^foS

SIL

DlCTiOiNxNAlRE DE COSMOGONIE

SIL

ayee l-^tago silurien supérieur et s*éteignent afee luî, n*ajant vécu que pendant cette f»uhe. loignons encore à ceux-ci les genres odontopleura^ calimene^ ryphaspes^ ampyXf lituii€$f oncocertis^ hortolus^ orbictlla^ sufcopora^ cupulocrinus et Untaculiien^ qui se sont également éteints dans l'étage silurien supérieur sans passer au suivant. On conçoit que, tant qu'on n'aura pas trouvé d'exception , tous ces genres, formant caractères positife, seront d une grande importance pour faire reconnaître t étage silurien supérieur. C'est de l'ensemble de la combinaison des caractères stratigrapliiques positifs et négatifs que naissent les différences de faciès de faunes <|ni pourront toujours servir àfairereconlia lire l'étage partout où il se présente.

Joignons aux caractères paiéoutolo^iques tirés des genres qu'on voit être suffisants, ceux, ézaleroent des plus positifs, qu'on peut demandfer aux espèces. Si, en effet, on emprunte aux formes génériques des caractères généraux de faunes, les espèces qui, presque foules, sont différentes dans l'étage silurien sufiérieurdes espèces de l'étage silurien inférieur, nous donneront encore des caractères plus positifs et plus spéciaux. Nous connaisiions,en animaux mollusques et rayonnes seu- Iement,lenombredeM8espèces discutées dans Jeurs rapports et leurs limites, qui forment dès lors autant d'espèces caractéristiques do cet étage propres à toutes les zonas de profondeur des mers et à toutes les natu^ ros de sédiments de l'étage silurien supérieur ou murchisonien du monde géologie que connu.

Parmi ces fcl8 espèces caractéristiques de l'étage, il en es.t un assez grand nombre auxquelles nous attachons une plus grande importance, en ce qu'elles se trouvent presque partout, soit qu'elles aient (Mé plus communes, soit que les circonstances leur aient été plus favorables. Il suffit de jeter les yeux sur la liste de^ espèces pour s'assurer du grand nombre d'espèces communes entre TAngleterre, la France, la Suède, la Bohème et la Russie, jusque dans rOuraS. Parmi colles-ci, nous pouvons citer plus particulièrement le cardium interru"

rfum (cardiola id.), qui se rencontre dans ouest et le sud de la France, à Feugrolles, Ji Saint Jean sur-Evre , à Saint'^auveur, à Neffiès ; en Espagne, en Sardaigne, en Bolième, en Angleterre» etc.» et distingue parfaitement cet horizon. D'autres, plus largement réparties, passent pardessus toutes les zones isothermes actuelles et se trouvent, sans distinction de régions chaudes, tempérées et froides ni de distances, en Europe, de TEspagne, de la Sardai[jne à la Suède ; en Norwege et en Russie ^ jusqu'à la chaîne de rOural ; en Amérique» de l'Etat d'Alabama jusqu'au Canada ; ou bien se rencontrent encore à la Nonvelle-Uollaude» embrassant ainsi plus delà moitié de la surface du monde. Ainsi d'après les connaissances actuelles, nous aurions déjà 30 espèces qui se trouveraient réparties à la fois sur TEurope et VAmérique, et prouveraient la parfaite con-

tcmporanéité de ces aépôts ; car ces individus, communs aux deux pays, viennent évidemment de la même forme spécifigue, et dénotent à la fois identité de conditions d'eilstence et même des mers non interrompues se communiquant à cette époque. C'est, de plus, la meilleure [preuve que nous naissions apporter de la spécialisation des espèces dans les étages, et de leur importance comme cnractères paléontologiques dans la reconnaissance,des étages, puisque, sur les 4t8 espèces propres à 1 étage silurien, 90 se trouvent sur une aussi grande surface des mers anciennes à cette épooue.

Chronologie historique,— -lio\}S avons laissé l'étage silurien inférieur continuant à nourrir sa faune et à former des dépôts de sédiments. Que s*est-il opéré pour anéantir celte faune de l'étage silurien ? Touîours est-il que cette faune est restée enserelie dans les couches terrestres, et qu'après un laps de temps sans doute considérable, une autre série d'êtres a été créée à la fois sur loute« les parties du monde, et est venue remplacer la première. Comment cette extinction des espèces de l'étage silurien inférieur s'est* elle opérée? Gomment cette nou?elie création de Tétage silurien supérieur est-elle ve* nue? Telles sont les questions qui naissent naturellement de ces deux foits incontestaliles. Comme dans ce premier âge du mo&dei pas plus que dans les suivants, on ne peut attrinuer l'extinction au changement de température ni aux modifications des conditions d'existeuce, ainsi que nous avons clierclié k lo démontrer aux résultats généraux •( Voyts PalÎqzoXqubs). Nous croyons que cette eitinctiou s'explique très-naturellement par une de ees dislocations géologiques dont nous avo9S calculé les effets. (FoyeiPsaTiB*

BATIONS OÉpLOGIQDikS.) NOUS SUpOOSOnS dODC

qu'une dislocation géologique o une grande importance est venue, par le déplacemenl des matières solides dans les eaux, apporter une perturbation générale à la sunaeedu ^lobe et anéantir la faune de l'étage silurien inférieur par suite du mouvement prolonri des eaux. Après ce mouvement» la tranquillité s'est rétablie peu à peu ; les kners Mi redevenues paisibles ; les continents sont restés exondes,Jet une maia toute-puissante est venue repeupler la terre et Iwtnersde ces animaux et de ces végétaux. C*^t aios) que nous pouvons concevoir et expliquer a la fois les deux faits sans réplique que nous voyons dans les étages i ranéantisseoient de l'ancienne faune silurienne et ensuite Ul*parition^de la nouvelle.En effet, nous avons vu dans ce changement s'opérer les mutations suivantes : 28 genres d'animaux ail> culés, mollusques et rayonnes, ont été anéantis pour toujours, en même temps oa^ 11^26 espèces appartenant à plusieurs classes d'êtres; et il a paru plus tard, a?ecletage silurien supérieur, 59 genres inconnus à l'étage silurien inférieur, en mêoe temps que 418 espèces qui n'existaient p>^ dans l'étage inférieur. ,

Durant la |)ériode de Tétage silurien su|«*

SIL

ET DE PALEONTOLOGIE.

SIN

rieur, les mers étaient à peu près les mêmes i]ah Tétage silurien inférieur. Peut-être avaient-elles déjà abandonné une partie de la surface centrale de la Bretagne; mais, bien certainement, elles avaient avancé vers I*est, soit dans le pays de Galles, soit dans le Curoberland en Angleterre, en laissant à rouestdelargesatterrissementscontinentaux.

£lies s*élendaient probablement sans interruption de TEuropo à TAmérique. Elles occupaient une grande partie de l'Amérique méridionale, de TAmérique septentrionale, et couvraient toute la portion de l'Europe qui s'étend depuis l'Espagne jusqu'au lieu où est aujourdliui la chaîne de l'OuraU Ces mers montraient quelques lambeaux de leurs anciiennes limites cotières : eu France, h Saint-Sauveur ;^n Angleterre , un peu au sud-est des limites de 1 étage silurien inférieur, ce qui montrerait que les terrains littoraux se seraient exhaussés: fait qu'on trouve également en Suède et aux Etats- Unis. Ces mers étaient soumises à toutes les influences locales que subissent les mers actuelles t par rapport aux dépôts sédimentaires et à la distrinution des êtres, suivant le degré de profondeur des eaux et la nature eôtière ou pélagienne des sédiments oui permettaient à chacun son existence spéciale. Ces mers nourrissaient, de plus queTétage silurien inférieur, parmi les animaux ver* tébrés , quelques genres de poissons inconnus dans l'époque antérieure; parmi les crustacés, un grand nombre de genres de trilobites qui, a cette époque, sont arrivés à leur maximum de développement ; parmi les animaux mollusques, quelques senres de céphalopodes, de gastéropodes, de lamellibranches ; plusieurs genres de brachiopo* i\es et de brvo^aires; parmi les animaux i^yonnés, quelques genres d'échinodermes , spKicialement des crinoïdes et des zoophytes; enfin S9 genres inconnus à l'étage précédent, et qui commence à se montrer , avee un nombre plus ou moins grand d'espèces. A ces animaux , pour compléter les êtres qui peuplaient les mers , nous pouvons ajouter quelques plantes marines des genres suivants , propres à l'état de New-York , figurées et décrites sous les noms suivants par M. Hall :

Fucoides Harlani (Médina Sandstone).

— gracilis (Clinton group).

— bllolMi Id.

— lie(eropb)|[IIus (Médina).

— » aunfomiis Id.

Hictaolites Beeckei, UaU,

Les continents de cette époque étaient certainement couverts de végétation , car les traces charbonneuses de Saint-Sauveur dénotent des dépôts littoraux de plantes "^terrestres. Ces continents sont, à ce qu'il parait, restés les mêmes pour le plateau central de la France ; mais, pour le massif breton, ils se sont probablement accrus de sup iaces de l'étage silurien inférieur alors exondées. En Angleterre, un continent a peut-être alors formé , à l'ouest du pavs de

Galles, unelar^e bande laissée pai l'étase silurien inférieur, et une seconde dans le Westmoreland. Ce seraient , en Angleterre , les premières qui , en s'augmentant successivement dans 1 avenir, sont destinées à faire partie du continent que nous désignerons comme ile anglaise,

Ia répartition uniforme des mêmes êtres sous les régions aujourd'hui chaudes , tem-

Sériées et très-froides du 65* de latitude brd prouve qu'à cette époque, comme pour l'étage silurien inférieur, les zones isothermes que nous connaissons n'existaient pas encore , neutralisées sans doute qu'elles étaient par la chaleur centrale propre à la terre.

Nous avons dit encore que, pendant la durée très-prolongée de cette époque, à on juger par l'épaisseur des dépôts qui s'y sont formés, il a dû se manifester des oscillations locales du sol analogues à ce que nous voyous aujourd'hui (fans le nord de l'Europe.

On voit, en résumé, que la terre et les mers, avec moins d'êtres et surtout avec ceux-ci très-différents de l'époque actuelle, étaient soumises à toutes les lois physiques et naturelles que nous voyons exister aujourd'hui.

L'époque silurienne supérieure parait avoir été interrompue par un mouvement géologique que nous retrouvons dans Iv^ discordances de l'étage. Peut-être la dislocation du système du Westmoreland et du Bundsruck de M. Elie de Beaumont correspond-elle à la fin de cette époque. Peut-être aussi le système Itaculumien^ observé au Brésil par M. Pisis , marquerait-il encore une dislocation de la fin de l'étage silurien supérieur. Sa direction est de l'est à l'ouest , et se voit du 26* au 27* de latitude, et du 46* au 57* de longitude occidentale de Paris. C'en est assez , nous le croyons, pour expliquer la fin de l'étage ; il y aurait donc ici le rapport le plus intime entre les mouvements géologiques que nous supposons avoir arrêté la durée de cette époque , et les limites des faunes qui en seraient le résultat palpable.

SINÉMURIEN (ÉTAGE). — Autrement dit, lias inférieur^ calcaire à griphée arouée^ etc. Sinémurien vient du nom de la ville de Semur {Sinemurium), autour de laquelle les couches sinémuriennes peuvent offrir le type le plus complet et un point réellement étalon pour l'étage.

Ce terrain se trouve dans un nomnre con« sidérable de localités en France, en Angleterre, en Belgique, etc. , dans .l'Amérique méridionale, etc.

On remarque dans ce terrain de profondes discordances et des parties très-disloquées (Basses-Alpes).

Quant à la puissance, les grès du Luxembourg ont jusqu'à 300 mètres. Les mêmes Kès ont montré, dans le sud-ouest de l'Alnoagne, 65 mètres de puissance ; aux environs d'A vallon, de Semur, de Lyon et dans les Alpes, nous avons pu évaluer rénaisseur

SIN

SIN

des calcaires à uae centaine de mètres; ou a trouvé h Thionville 165 mètres d'épaisseur de lias, et à Lyme-Kegis on Tévalue à 200 mètres.

La puissance des couches de Tétage sinemurien, Textrême variété de leur composition minéralogique sur un même point, annoncent quVlies ont dû se déposer dans un laps de temps considérable.

Caractères paléontologiques. — Un caractère très-remarquable ressort, au j)remier aperçu, de l'ensemble des êtres de la faune de cet étage. Comme aucun des genres qui existaient avant cette époque ne s*y éteint, et u*au contraire il en naît un grand nombre e nouveaux, on voit que, par ses fossiles et

f)ar sa super()Osition, l'étage sinémurien est )ien le commencement d'une nouvelle période d'existence. Voici, du reste, les caractères différentiels spéciaux :

Pour séparer l'étage sinémurien de l'étage saliférien, nous avons les vingt genres qui naissent et meurent dans l'étage saliférien, et ceux qui, avant leur maximum de développement speciCque dans les terrains paléozoïques, s éteignent encore dans cet étage, comme les dernières formes animales de cette première période d'existence, sans passer à l'étage sinémurien.

Pour limites paléontologiques, entre l'étage sinémurien et l'étage liasien , nous aVons de pluis des plantes, 47 genres qui commencent seulement à paraître dans rétage liaisien, et sont inconnus dans l'étage sinémurien. Ces 47 genres, réunis aux 20 genres précédents, donnent 67 genres négatifs pour l'étage sinémurien.

Les genres suivants, inconnus aux étages inférieurs et apparus pour la première rois avec l'étage sinémurien, seront autant de caractères positifs propres à le distinguer des époques antérieures, et particulièrement du dernier étage triasique. Ces genres sont an nombre de 14, auxquels, sans doute, il faudra joindre quelques-uns des genres do poissons que le manque d'indications positives nous a fait placer à Tétage suivant, comme étage moyçn des trois ûges confondus sous le nom de lias.

Les genres spéciaux à l'étage sinémurien, qui sont nés et morts dans cette période, ne sont pas nombreux; nous ne comptons, en effet, que le genre octocœnia de la série des zoophytes. Ce peu de genres spéciaux annoncerait, comme nous /avons dit, que l'étage sinémurien est le conmiencement d'iine nouvelle grande période d'animalisation déià formée de quelques genres dans Télage saliférien.

Les caractères gui précèdent seraient suffisants pour distinguer l'étage saliférien; mais il nous reste un moyen encore plus spécial, c'est celui que peuvent nous donner les espèces. Outre des espèces de plantes, outre des espèces d'animaux vcrlé-.

brés et annelés, nous avons le nombre de 174 espèces d'animaux mollusques et rayonnés. Ces espèces disculées, quant à leurs caractères et à leur synonymie, forment au-

tant dC espèces carac/fm/ifl^iie*, attendu qu'aucune, jusqu'à présent, ne se trouve m dans l'étage inférieur, ni dans l'étage supérieur. Chronologie historique. — La perturbation géologique oui a mis fin à l'époque saliférienne a fait disparaître, pour toujours, en même temps que 20 genres différents d'animaux, que 737 espèces d'animaux mollusques et rayonnes, que 55 espèces de plantes, les derniers eenres caractéristiques de la première et de Ja seconde période du monde animé. Cette perturbation, dont les traces se trouvent dans les grès à gros grains de nivellement inférieur de l'étage, ainsi que dans les arkoses,. a dû s'effacer peu è peu, et lorsque le repos entier de la surface a permis à la puissance créatrice de ranimer, la terre et la mer se sont de nouveau repeuplées. C'est alors qu'ont paru, avec des plantes nouvelles, 14 genres d'animaui de toutes les classes, et 174 espèces d'aoiipaui mollusques et rayonnes» sans comptée les espèces des embranchemeats supérieurs.

Tels sont au moins les débris de cette épo-

3ue arrivés jusqu'à nous et connus aujour- *liui; car ces chiffres doivent nécessairement être doublés ou triplés daas l'avenir. Les mers étaient» à cette époaue, peu différentes des mers de l'époque saliiériennei au moins en France et en Angleterre, el elles couvraient les trois bassins anglo-parisien, pyrénéen et méditerranéen. Elias baignaient le pourtour est du grand plateau central, et en laisaient probablement le tour; elles s'étendaient dans le bassin niéditerranéen ; de là, à l'est et au sud-est, jusqu'à l'îlot du Var, et allaient c(»uvrir l'emplacement des Alpes jusqu'en Italie et en Sicile. Au nord'Gst, elles couvraient le Jura, et s'étendaient beaucoup de ce côté. Elles baignaient les deux versants des Vosges; et du versant occidental, dans le bassin «Q^loparisien, elles formaient une vaste élenauc dirigée à l'ouest, d'un côté, jusqu'au massif breton, et en Angleterre, oii elles couvraient, tout le nord,jusqu'auYorkshire, étendue bo> né3 à l'ouest par File anglaise, mais ouverte vdrs i'est, où ses limites nous sont inconnues. Entre lo plateau central et le massif breton» était le détroit breton qui communiquait avec la mer pyrénéenne.

Les continents étaient certainement les mêmes, surtout à en juger par les dépôts côtiers. On voit que le plateau central s'est seulement accru, au nord, de quelques lambeaux salifé riens émergés. Le massif breton est resté le même; le continent belge-vos-

f;ien s*est aa^ru, à l'ouest, d'une grande isière de l'étage saliférien surgi au-dessus des eaux.

Les mers sînémuriennes nourrissaient des

animaux différents de l'époque antérieure. Nous pouvons surtout citer les reptiles ickihi/osaunis^ dont la taille rivalisait avec celle de nos grands cétacés actuels. Des poissons d'espèces distinctes, avec de nombreuses ammonites, des bélemnitcs et des turrilites» inconnues jusqu'alors, animaient les ri-'

va«;cs.

1309 hlH ET DE PALEONTC

lies oontmentSy avec des insectes diptères, d'hui

se coayrent de plantes nombreuses, aux- niièr

quelles M. Brongniart assigne les caractères SF

géaértuiL suivanU : « 1* la grande prédomi- S\

Bance des cycadées déjà bien établie, et la SO

présence de genres nombreux dans cette fa- eaux

mille, et surtout des xamUe$ et des nihonia; Voy,

S* Feiistenee, parmi les fougères, de beau- §(]

erap de genres à nervures réticulées, qui moin

se montraient à peine, et sous des formes eomi

peu Tariées, dans les étages plus anciens, t^\^

mais dont quelques-unes, cependant, com- je m

mençaient déjà a paraître dans Tépoque du tlon

keuper (étage saliierien). Tels sont les canuh- leurs

iopitriê et les thaumatopierts. » qii*i|.

Aux discordances supérieures, aussi bien geur

qu*aux limites des faunes, nous voyons les mais

dernières traces de la commotion géologi • de la

que à laquelle on doit attribuer la fin de des c

1 *t«ge- la dii

SINGES, animaux de Tordre des quadru- la Ih

mânes. — Cette division des mammifères On \

est surtout caractérisée par ses membres ou ii

antérieurs et postérieurs que terminent des n*éta

mains, c'est-à-dire des organes destinés à vouh

grimper et à saisir; aussi le pouce est-il mané

opposable aux autres doigts, aux deux extré- M. G

mités. Leur appareil dentaire se compose, tant <

comme chez rnomme, d'incisives, de cani- les p

nés et de molaires. On rencontre, à Tétat plus

ibssile, des quadrumanes appartenant à trois de la

divisions : des singes, dits de Vancitn ean- a pas

iineni^ des singes, dits du nouveau cofUineni Iradu

et desjacehus. une :

Singes de Fancien continent {catarrkinœ). a pei

— Ils ont à chaque mâchoire quatre dents tant

incisives verticales : deux canines et huit ment

molaires. L'espèce la jrius ancienne dans naire

les couches terrestres à été trouvée en An- Jouai

{(leterre, dans Tétage parisien, à Kyson, dans dans

e Suffolk ; c'est une dent bien conser*» niqui

vée qu'on peut rapporter avec certitude au les ii

genre maeaeue; Owen lui a donné le nom de nous

macaeus eocenus. La plupart des macaques qu'il

actuels habitent les Indes, mais il en existe tnéor

aussi en Afrique. M. de Blainville a décrit, M. Gi

sous le nom depithecue antiquuê^ une mft- gée fj

choire entière de singe, rencontrée dans le tatioi

célèbre gisement de Susan (Gers), que nous la Ge

rapportons avec certitude à l'étage lalunien. tait p

Mm. Falconer et Cautley ont déâ)uvert une au n

espèce du genre eemnopiihecue ^ dans le doute

même étaçe a Sutly (Indes anglaises). livre

Singes au nouveau eoniinenif famille des semb

pUuyrrhinœ, — Ils diflèrent des premiers Ma

par douze molaires à chaque mâchoire, au idées

lieu de huit. M. Lund en a découvert dans s*eSb

les cavernes de la province de Minas4ieraès ou fe

au Brésil. Les esyeoes qu'il indique sont les avec

e^us maerognathus^ cailiihrix primœvus et cl

froiopiihecus brasiliensis (genre nouveau); mode

il inoiqne aussi le jacekus grandis. Ces es- sachi<

pèces paraissent appartenir à l'étage falu- en c<

nicn. Il est curieux de trouver, aux demie- énon

res époques géologiques tertiaires, les sin- océan

ges déjà répartis, comme ils le sont aujour- M. Bi

(995) Expos, du sysf. du monde, t. l'\ p. 29» édi- (80J

tion de Tan IV. diiion.

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