SOI
SOL
sentiment de son ancien collègue, 1opsqu*il nous dil : qu'en supposant arec Vauteur de la Mécanique céleste que le corps même du soleil est embrasé^ les taches pourraient être des cavités profondes ^ d'où sortiraient par intervalle de vastes éruptions de feu faiblement représentées par les volcans terrestrès (895). Il est certain, du reste, pour ce qui regarde M. Laplaoe, que sa manière d'envisager la formation de tous les corps célestes et la nature de leur lumière, ne lui permettait pas d*émettrc une autre opinion sur la constitution de lastre qui nous éelaire.
< Cependant, dès Tannée 1801, le célèbre Herschell avait publié, sur la nature ot la constitution physique du soleil , la théorie à laquelle il avait été conduit par les nombreuses observations qu'il avait faites, pendant un grand nombre d'années, avec ses puissants télescopes.
« bans la théorie de ce grand astronome, le soleil est un globe solide et opaque environné d'une double atmosphère, dont l'une, extérieure, est entièrement composée de lumière, et l'autre, sombre et épaisse, constamment chargée de nuages, est incomparablement plus volumineuse que la couche supérieure, la seule que nous aperr^evions. Il considère cette atmosphère inférieure comme capable de proléger la surface immédiate du soleil contre la chaleur de la couche supérieure, seule lumineuse, et de rendre ainsi ce monde étonnant propre à recevoir et à nourrir des habitants, dont les organes seraient adaptés aux circonstances
f particulières de ce vaste globe. II attribue es taches à des déchirements temporaires de la couche luinincusc, ou à des ouvertures accidentelles qui nous laissent voir, soit le corps solide du soleil, soit les nuages de son atmosphère inférieure. Herschell, en conséquence de ses découvertes, a rejeté tous les vieux termes qui servaient à désigner ces diSérentes taches ; il a remplacé les anciens noms de noyaux^ nébulosités^ lucules^ ete.^ par ceux de pores^ ouvertures ^ creux ^ sûn. lonSf rides^ dentelures, facules^ etc.
« Cette brillante théorie, qui avait pour elle toutes les probabilités les plus morables du temps d'Herschell, a acquis depuis le dernier degré de certitude f896].
< Dans* une matière aussi importante et aussi décisive contre le système des eosmo«*
Sonistes qui sont partis de la supposition e la préexistence du soleil, dans le sens absolu de ce terme ou en tant que luminaire de la terre, contrairement à ce qui nous est révélé dans la Genèse, nous ne devons pas négliger un témoignage tout spécial rendu à la vérité, par l'illustre académicien que nous n'avons pas craint de reprendre en face, lorsque nous l'avons vu dévier de la lime droite. C'est donc M. Arago que nous allons entendre :
« Le système de Buffon emporte implicitement cette conséquence, que la matière du lo- /etï, la matière extérieure du moitM , est en état de liquéfaction. Or, je dois m'emprt$$tr de dire que les observations modernes le$piut minutieuses n'ont pas confirmé cette iiét. Les rapides changements de forme que la taches solaires obscures et lumineuses éprouvent incessamment, les espaces immenses que m changements ambrassent dans des temps trèh courts, avaient déjà conduit à supposer, depuis quelques années, arec beaucoup de traisembfance, que de pareils phénomènes defxiient se passer dans un milieu gâteux. AujoiurSké des expériences d'une toute autre nature, des expériences de polarisation lumineuse , faites à l'Observatoire de Paris, établissent ce résultat d^une manière incontestable. Mais si la partie extérieure et incandescente du soleil ési un gaz, le système de Buffon pèekepar sa base essentielle, il n'est plus soutenabU.
« On powrait, il est vrai, continiue M. Ara go, alléguer que le corps obscur auquel cette atmosphère lumineuse sert d'envelopps et qu^elle nous permet d'apercevoir quand ses parties se désunissent, que ce corps obscur^ dis-je, est liquide; mais ce serait la une hypothèse entièrement gratuite, et qu'on ne saurait appuyer sur aucune observation exacte (897}.
« Cependant, celte hypothèse entièrement
f gratuite, ou plutôt Tbypothèse de la liqué* action totale du soleil est tout à la fois le fondement, le centre et le résultat du sjs* tème d'explication de M. Laplace; et cette hypothèse est encore l'hypothèse forcée de ceux qui eonsidèrenl la terre et toutes les planètes comme autant de déjections incandescentes sorties en même temps de diTers eânts de l'éauateur solaire. De même que . Laplace, les auteurs de ce svstème re* nouvelé de Buffoa ne peuvent faire de la terre un globe originairemeat incandescent et encore en feu dans presque toute si passe, sans supposer que le globe solaire est lui-^mème liquide et incandescent, sans supposer que Fâ matière du soleil esi en état de fusion, de liquéfaction incandescente. Si l'on objecte à ces nouveaux cosmogonisles que la matière des planètes étant de la même nature que celle aa soleil ^ les planètes d^ vraient être comme le soleil brûlantes et lumineuses, et non pas froides et opaqnes comme elles le sont, ils répondront, ils seront obligés de répondre avec Buffou : 9»< le feu ne peut pas subsister aussi longtemps dans les petites que dans les grandes masses^ et oue les planètes ont dû brûler penèist quelque temps, mais qu'elles se sont éteintes faute de matières combustibleSf comme U loleil s'éteindra probablemeni par la mime rvi; son, mais dans des âges futurs U oMSsi éloignés des temps auxquels les planètes se ssnt éteintes, que sa grosseur Vest de celles dft planètes /896^ Ou bien ils diront avec Des-
(895) Traité ilém, d'astronomie physique, \\\. i cinp.aroe demain par niio aiilro. \mtu. nt S*-tt.^ chap. 5. ' (897) Ann, I85i, p. 252 et 255.
(896) C*est toui simplement anc hypothèse qui sera (808) Théorie delà terre, p. 217 et 21^
ÎZîl SOL KT DE F l
cartes et Lcibnitz, que la terre et les autre planètes sont des soleils déjà encroûtés.
c Pour ne parler ici que du système qu nous occupe» M. Laplace décide que le re froidissement a dA produire dans les pla nètes en vapeurs, comme dans le soleil i Tétat de nébuleuse, un noyau brillant qu( la condensation de son atmosphère translor mait en étoile (899). Ainsi» dans le systèm< de H. Laplace comme dans le système d< Buffon, la fluidité primitive des planètes oi leur ancienne incandescence est de la même nature que la fluidité encore subsistante di globe solaire, de la même nature que soc incandescence actuelle; seulement, ches M. Laplaee, eette fluidité ignée n*est pas ori-
Îinelle: cette fluidité primitive du soleil el es planètes a succédé à Tétat de vapeurs, «r liais, voici qu'on enseigne qu*en partant de son état initial de vapeurs, notre Silaaète a dû commencer à se solidifier pai e centre, et successivement du centre à la circonférence, jusqu'à ce qu'il ne soit plus resté Que les matières qui forment aujourd'hui la mer et notre atmosphère; que les molécules de la terre étaient soumises à leur attraction mutuelle, et que de eette force il est résulté une pression croissante de la circonférence au centre, qui a déterminé la solidification immédiate des couches centrales, tandis que toute la chaleur développée pendant' le changement d'état de ces couches centrales, s'échappait, sous forme rayonnante, à travers les couches supérieures encore à l'état de vapeurs (900). Et voici gue des observations précises et des expériences directes établissent d'une manière incontestable que la matière du soleil n'est pas en état de liquéfaction, que toute la substance lumineuse nage au-dessus de son atmosphère.
« Jamais point de vue plus vaste et plus sublime ne s'est déployé devant l'oeil de l'intelligence. La sagesse humaine, d'accord avec la révélation divine, promet enfin de répandre la lumière de la démonstration sur 1 unité d'ori^ne du ciel et de la terre, et sur la mystérieuse génération de tous les corps de l'univers (901).
« Les plus hautes théories scientifiques 'admettent unanimement, elles reconnaissent unanimement que la matière dont ies mondes sont composée était d'abord à tétai gazeux ; qne la terre et toutes les planètes, que le sdieil et toutes les étoiles étaient, au commencement, à Tétat de vapeurs^ c'est-à-dire à Fêtai de matière impalpable^ invisible ei tneamposée. Un grand séomètre, entraîné par Tesprit de système, fait naître au centre de cette matière fluide, au centre de la terre à l'état de vapeurs, un noyau brillant et lumi-
(S99) Expo$. du tysl. dm monde^ p. 410 et 415.
(900) Mém. sur les tempérât, du gtobe^p. 12 el 13.
(901) La sëfesse kumuine, qui esl d'accord avec ta résUaisou dmrn^ au moins dans une douzaine de aysléflMvcosoKMMkiaesiootdillëfeiits, a toujours pi«sjmniisqu*eUeD*a tenu jasqoici. (Jéh. de S*-Cl.)
(9in) La sauesse humaine a poartanl aDirmé cela longtenpsel ! aflinDeencoreprt*squ*uoivcrselleDient.
SOL
DKTIONNAIRS M) COSMOGONIE
SOL
. « Dans toutes leurs observa tioos , les astronomes ont constamment remarqué que Tatmosphère lumineuse ou Tenveloppe sidérale est séparée du globe jsolaire par une autre atmosphère non lumineuse et analogue à l'atmosphère terrestre. Dans leurs explications y la pénombre qui accompagne presque toujours les taches solaires est produite par les nuages de cette atmospnère inférieure qui sépare le noyau de Tatmos-
ffaère lumineuse, dont elle reflète la lumière un très-haut degré.
« Dans les conclusions d'Herschell, la couche lumineuse et toute superficielle est soutenue à une grande distance de la surface du soleil, fort ai^essus de son noyau solide. L'atmosphère intermédiaire, sur laquelle s'appuie cette enveloppe lumineuse, porte à sa surface supérieure, ou plutôt ^ comme le fait observer le fils du grand astronome, dans son intérieur^ à un niveau considérablement plus bas (905), des couches nuageuses semblables à celles qui régnent dans notre atmosphère ; et cette atmosphère solaire nous renvoie la plus grande partie de la lumière qu'efle reçoit de son enveloppe incandescente.
« Dans ces mêmes conclusions, Herschell ▼a beaucoup plus loin. Herschell croyait que le soleil est habité. Suivant /ut, si lawofonr deur de Vatmosphère solaire dans laquelle s'opère la réaction chimique lumineuse^ s élève à un millier de lieues^ il n'est pas nécessaire qu'en chaque point V éclat surpasse celui d'une aurore boréale ordinaire. Les arguments sur lesquels le grand astronome se fonde pour prouver^ en tout cas^ que lenoy<iu solaire peut ne pas être três-chaud malgré Vincandescence de ratmosphère, ne sont ni les seuls, ni les meilleurs qu'on pourrait invoquer. » C'est le savant auteur [des Notices qui se prononce ainsi.
« 11 n'est pas étonnant, disait Fontenelle, que la philosophie bégaye, sur des choses si éloignées de la portée de nos yeux et si faiblement aperçues; il l'est seulement qu'on ait été si loin et qu'on ait pu, par exemple, distinguer géométriquement les deux hémi^ sphères réefs du soleil, y
€ Après avoir cité cette remarque de Fontenelle, M. Ara^o continue en ces termes : T ajouterai ensuite que^ s'il m'était permis de sortir du cadre de cette Notice^ des phénO' mènes de polarisation permettraienty en plus d'un pointy de substituer des faits positifs, des démonstrations catégoriques aux raisonnements simplement bégayés dont parlait fingénieux secrétaire de l'Académie des sciences (906).
« En effet, les physiciens, en suivant une autre route, se sont rencontrés avec les astronomes: et leurs expériences put constaté, d'une manière encore plus directe et plus irréfragable, que le fluide lumineux forme . .à derujère couche de l'atmosphère solaire, ou que la substance lumineuse du soleil est
(905) Op. cil, p. 245.
tout entière confinée dans les pms nau(es régions de son atmosphère.
« M. Foùrier venait de constater, par ses expériences sur la polarisation des rajons lumineux, que ceux qui s'échappaient d'un globe de feu ou d'une sphère métallique ea ignition étaient manifestement polarisés, landis que ceux qui émanaient d'une substance gazeuse et incandescente ne présentaient aucune trace de polarisation, quand M. Arago, s'emparant de cette belle déœuverle, en fil le premier l'application à la lumière solaire. Il observa que cette lumière ne jouissait pas des propriétés de la polarisation, et il eut ainsi l'honneur de démontrer le premier, d'une manière directe et incontestable, que la matière incandescente du soleil ne peut être ni un solide, ni un liquide, mais nécessairement un gaz.
«r Boueuer avait «ru remarquer que la lumière du soleil était plus vive à son centre que vers ses bords ; et on s'autorisait des expériences de cet astronome pour appuyer l'hypothèse d'une atmosphère répandue autour de la partie brillante du soleil, atmosphère, disait-on, qui affaiblissait par son opacité les rayons lumineux émanés des extrémités de ce globe incandescent. On avait calculé que le soleil, dépouillé de son atmosphère, nous paraîtrait douze fois et un tiers plus lumineux. Mais M. Araço, ayant découvert que le mica a la propriété nonseulement ue diviser en deux les ravons polarisés, mais encore de produire les deux images avec des couleurs complémentaires ou dont le mélange forme le LHanc, M. Arago, dis-je, mit cette précieuse découverte à profit, pour prouver que tous les [K)ints de la surface du soleil envoient précisément les mAraes couleurs, et que la lumière des bords est aussi intense que celle du eentre. Dans cette opération, comme dans celle effectuée à l'aide d'une lunette munie d'un cristal de roche et d'un cristal de spath d'Islande, les deux images du soleil, disposées de manière
Sue le bord de l'une coïncide avec le centre e l'autre, fournissent encore, aux points de coïncidence, une lumière parfaitement blan* che. D'où il résulte que les bords du soleil sont précisément aussi lumineux ou ont une lumière aussi intense que le centre.
« Il fut ainsi démontré contre Bouguer, et par conséquent contre M. Laplace» que le soleil n'a point d'atmosphère au delà de la matière lumineuse, au delà de son enveloppe sidérale.
tf Jamais théorie plus hardie n'a étonné ic monde savant, et jamais doctrine scientifique n'a obtenu un assentiment plus général, parce que jamais théorie scientifique n'a eu pour base des faits plus positiîs, confirmés par des expériences plus uirectes et plus décisives.
« V opinion éC Herschell que la partie briilante du soleil ne se composait que ifv*^ atmosphère gazeuse ef incatCdtêcenttf était tf' puyée sur des preuves nombreuse* faumitt
'(900) Ann. 1812. Constitution QbTSÎ4oe en îM-
par roh$érvaiion des iacheSy et il ne restait l*exj I
plui de doute sur sa réalité^ lorsque de nou- rieu !
rellei expériences que nous allons rapporter s eu ;
«ôfU tenues fournir uo dernier degré de cer- /o /c i
lîtode, et témoigner en oatre que la lumière sont i
solaire est de même intensité dans tous ses son *
points^ et que^ par conséquent^ il n'existe pas roéa :
^atmosphère extérieure. — Bouguer suppo - reur
sait que le soleil est environné d^une atmO'^ proc :
sphère semblable à la nôtre, qui^ par son opor élevi
ei'l/, affaiblit les rayons lummeux ; mais des nèsf
expériences très -délicates de M. Arago ont trad prouvéf depuis^ que tous les points du disque ^ 1 i
solaire éclairaient également^ et que par con- obte i
séqueni une pareille hypothèse ne peut subsis- de p* I
fer. — Il •est une preuve sans réplique que man :
la portion extérieure et visible du soleil ne objei
peut être ni solide ni liquide , mais seulement est u i
«ffi corps de la nature du gax. M. Arago a toute i
déduit cette preuve des phénomènes de coio- appe !
ration qu offre la iumière polarisée... L'hy- déroi i
pothèse de Bouguer n'est pas vraie^ car la M. P
polarisation donne encore la preuve la plus la so i
oonraincante que la iumière au soleil a par- dui$< ;
tout la même intensité ^ soit qu^elle émane succ<
du bord^ soit quelle émane du centre. — M. plus i
Arago a prouvé par des expériences directes^ plein \
et à Tabri de toute objection^ que la portion plus |
extérieure du soleil ne pouvait être ni solide^ conn« i
ni liquide j mais seulement gazeuse. Il a dé- nous
duit cettepreuve des phénomènes de coloration globe
qu'offre ia lumière polarisée. Nous donnerons comn
oaim la preuve la plus convaincante que la autre ; iumière du soleil a partout la même intensité^ « h <
soit au bord 9 soit au centre du disque. M. desce
Arago a également déduit cette preuve des ni ui
phénomènes de la polarisation, ce qui détruit est n* i
f hypothèse de Bouguer (907). comp i
« Or, c'est sur cette hypothèse de Bouguer, ronn^ ,
ou sur Texistence d'une atmosphère solaire spbèr !
qui s'étendrait au delà des orbites de Mer- par u
cure et de Vénus , au delà même de l'orbe Tanoi i
terrestre , que reposaient toutes les explica- remai i
tiens des astronomes relatives à la lumière sous i <
zodiacale, cette pierre d'achoppement contre plicat
laquelle tant de rêveries ont été se briser. Nous
comme le dit M. Arago, et contre laquelle riendi
aussi M. Arago lui-même allait se heurter, ble qi:
lorsque, ne faisant plus attention à l'impos- rente
sibilité de mettre la matière zodiacale dans ^ i'^F
la dépendance immédiate et intime de la pho- notre iosphère solaire, il se préoccupait de la pos- « K'
sibilité de l'accroissement de notre soleil en Avait <;
éclat, par la condensation et la réunion à sa lutioni
surface de ces parties les plus volatiles de la centre
nébuleuse primitive. diffère
« Parce qu'il est juste de rendre à chacun 4ue le
ce' qui lui appartient, nous nous empressons tous li
de reconnaître que c'est à M. Laplace qu'il planèti
était réservé de constater l'impossitnlité systèa:
d*ane semblable réunion, de démontrer Tim- fermei;
possibilité de cette condensation à la surface ^^^^ v^
du soleil, impossibilité non moins absolue ^^ ^1^
ponr cette matière zodiacale que pour la généra
matière des planètes. Cependant c^st sur serve
(907) Lettres iur laphysiq, !3I' lettre.— M. Qcé- (908)
TEtBT, direct, de robsenral. de Bruxelles, Astron. reux ; i
éiém.^ p. 106. — M. IIltel, Traité ttastron. p. Ii4. naisâan
— Cotm de Cosmograph., déJié à M. Poisson, p. 73. S«-Cl.)
SQL
DICTIONNAIRE DE COSUOeONlE
SOL
ml aurait moins de densité que la plupart de ses planètes ; sa densité ne serait è peu près que le quart de la densité de la terre, ou à 'peine égale à la densité de Jupiter si éloigné du centre d*attraction. Ceci ne s*accorae guère avec ce que Ton sait au sujet des lois de la pesanteur, qui tendent à précipiter vers le centre de gravité les parties les plus pesantes de la matière, et au sujet de la cause qui a donné aux couches de notre globe des densités croissantes de la surface au centre.
« Dans les différents systèmes qui parla-
{;ent aujourd'hui les savants, on admet que e soleil et toutes les planètes n'ont formé, dans Torigine, qu'une seule et même masse. Il est donc naturel de penser que les matières les plus pesantes ont constitué le corps central , le corps qui occupe le centre de gravité de toutes la masse. L'anomalie serait ici d'autant plus extraordinaire, que la loi si constamment et si uniformément sui • vie dans toute la nature s'observe dans la constitution de toutes les planètes, qui ont plus de densité à mesure qu'elles sont plus rapprochées du centre de la pesanteur. Une si étrange bizarrerie, qui viendrait rompre ainsi le ûl de toutes les analogies, ne nous force-t-elle pas à admettre que cet écart do la nature n'a aucune réalité, et que son ap-
1)arence procède d une erreur inévitable de a part des astronomes (909) ?
« Dans la détermination du volume et de la masse du soleil, les astronomes ont com* );ris et ont été obligés de comprendre son atmosphère obscure ou diaphane, et son atmosphère lumineuse : c'est-a-dire son atmosphère, sa véritable atmos{>hè're, et son disque lumineux. Mais connaissons-nous toute la profondeur de cette atmosphère ? Savonsnous si cette atmosphère qui supporte ce disque gazeux et incandescent n a pas un volume dix fois, cent fois même plus considérable que le noyau solide? Que le volume de ce noyau ne soit que le dixième dû volume ioialf la densité du corps du soleil ou de son noyau solide sera à peu près égale à celle de Mercure, la plus dense de toutes les planètes, et son volume sera encore environ cent fois plus considérable que le volan:e do Jupiter, la plus grosse de toutes ces [ilanètes.
« Celte immense atmosphère n*a rien qui imisse nous surprendre. La lune, satellite de la terre, comme la terre est satellite du soleil, n'a qu'une atmosphère insensible, tout à fait imperceptible. Aon atmosphère n'est certainement pas la millionième partie de latmosphère terrestre. Faisons notre calcul, et n oublions pas de fieiire entrer dans les éléments de ce calcul la nroiligîcuse supériorité
(909) Voici riiypoiliése do M. Godefroy fort conir.iricc pnr la diOcrence des densités entre le soleil et les pfanéics. La deiisllé de la terre ëlanti, celle
t^S'!97. On voit que M. Godefroy se Iroinjpe en affirmant que les planètes ont pitis de densiie à mesure
du volume et de ia masse du soleil sur le volume et la masise de la terre, comparés au volume et à la masse de la lune, et nous trouverons que le volume de Fatmosphère solaire doit l'emporter de beaucoup sur le volume du globe central. Remarauons eo outre que la terre a plus de densité que son satellite, ce qui est entièrement conforme aux principes que nous invoquons ; que l« méthode inductive qui sert de règle aui sciences naturelles est encore ici tout eo faveur d*une hypothèse, d'ailleurs si plausible et si simple, qu*il est surprenant qu'elle n ait point encore été proposée.
«t Au reste, si la masse totale et le volume total du soleil sont exactement connus, il est positif que la science n'a aucune donnée acquise sur la masse et la densité du noyau central, du corps même du soleil. Dans son Mémoire sur la chaleur solaire, lu à TAcadé* mie des sciences dans la séance du 18 juin 1838, M. Pouillet avait fait intervenir dans ses opérations la masse et la densité iu corpi même du êoleil M. Arago s'est empressé de rappeler à l'Académie que les observations astronomiques les plus exactesel les plus rigoureuses ne permettent plus de considérer cet astre autrement que comme un noyau noir enveloppé d'une atmosphère transparente, puis d'une atmosphère lumineuse; il s'est empressé de rappeler que les taches obscures que l'on remarque à sa surface ne i)euvent être autre chose que des es- 1)èces de vides dans l'atmosphère lumineuse, travers lesquels on aperçoit la masse noire située au centre; mais que, quant au volume de cette *mas$e et à sa dentitéf ta scimt reste à cet égard dans une ignorance ot- Bolue.
« Nous n'insisterons pas davantage sur les données que nous fournirait encore Tanalogie pour établir que le soleil, si supériear à la terre en masse et en volume, doit lai être également supérieur sous le rapport de la densité. La question de la densité plus.ou moins grande du corps du soleil n'est plus pour nous que d'une importance secondaire. Il nous suffît de savoir que le solçil est un globe obscur et opaque, et surtout Que toute sa lumière est conflnée dans les plus hautes régions de son atmosphère et aux eitrèmes limites de cette atmosphère; il noos suilit de savoir que le soleil n a point d'atmosphère au delà de la matière lumineuse, parce qu'alors nous acquérons la certitude physique que la terre et les planètes u'ool jias été formées aux limites successives d^ cette atmosphère ; gue le soleil n'A point (te rang de primordialité dans la création; qu^ la formation du grand luminaire n'a pss procédé la formation de la terre; et que parcoo-
qu*elles sont plus rapprochées du soieil : UraBVS a plus de densité que Jupiter qui est beaucoup f*^ près du soleil ; il en est de uiéme de la terre ç^ rapport à Vénus. Il est bien commode de Mpp<^ une erreur, il est moins facile de la montrer.
On sait aue les densités des corps sont profio^ lionnelles a leurs masses, divisées par l^urs vo* lûmes. (J£n. de S^-Cl.)
SOL
ET DE PALEONTOLOGIE.
SOL
l'iS
i^équcnt la terre et toutes les planètes sont des portions de la môme masse moléculaire successivement abandonnées dans le plan d'un équateur universel, è mesure que cette masse génératrice se resserrait et se condensait au seiu d*une sphère unique circonscrite \}àT une enveloppe lumineuse (910).
« M. Laplace est allé se perdre dans les
[rofondeurs du ciel étoile pour chercher une mse à sa théorie cosmogonique, quand les nébuleuses planétaire» lui offraient le type le plus (larfait de notre système. Ces objets astronomiques, qui atteignent des dimensions si énormes, étaient bien plus propres que toutes ces nébulosités douteuses à nous représenter Télat primitif du système planétosoiaire. Leurs dimensions peut-être égales h celles delà sphère d'activité du soleil, leur forme sphérique, leur lumière toute superficielle maintenue à des milliards de lieues du centre de gravité, toutes ces circonstances si remarquables ne nous indiquent-elles pas que telle devait être l'agglomération de la masse moléculaire; que c'est sous cette for'ne que devait apparaître la conglomération des éléments au système planéto-solaire, alors au'il ne composait encore qu'une seule et même masse? En envisageant la masse génératrice de tous les corps de notre système sous ce nouveau point de vue que nous offre Tastronomie, on comprend comment il est arrivé que l'existence de la lumièfe a précédé, dans l'ordre de la création, î'ciistenee de la terre et du soleil, comme nous l'apprend l'historien de cette création; et» si on rapproche cette manifestation de l'astronomie des données acquises sur la nature delà constitution physique du soleil, on comprend encore aue le plus savant cosmogoniste du xix* siècle ne s'est égaré, que parce qu'il n'a pas consulté un historien qui écrivait avant qu'il y eôtune géométrie, *ine physique, une astronomie (911).
« Pour nou5, qui ne voyons la vérité que dans l'accord des faits scientifiques avec les faits révélés, et qui demeurons convaincu que sans cet accord la science n'est plus
2u'un abtme où l'homme se perd, nous nous tayons tout è la fois do l'autorité de nos asti onomes et de nos phvsiciens, et de l'autofité de l'auteur inspiré de la Genèse j pour
}>roclamer que la lumière a existé avant la brmation du soleil et des planètes; et, au Jieu de faire sortir la terre et les autres planètes d'une atmosphère qui s'étendrait au delà de la matière lumineuse, au delà du disque solaire, nous nous emparons des résultats que nous présentent les phénomènes des nébuleuses planétaires et des acquis scientifiques sur la nature du soleil, pour attribuer la formation des planètes et du foleil lui-même à la condensation de la ma-
(910) Voili bien ce que réclame votre hypothèse, mais aiie vaut votre hypothèse ? nous Tavons vu à rartide GoDcraof , etc. (Jéh. db S^-Cl.)
(91 i) Ah I voilà bien le tort de Laplace, du grand géomètre ; il n'a point con$uUé Moïse (|ui lui aurait dit toutes les choses si curieuses et si neuvas qu*il U dites à M. Godefroy mieux avisé, telles que la
tière élémentaire au sein d'une atmosphère immense circonscrite par une enveloppe lumineuse
« Dans cet ordre de choses, l'organisalion de la terre et des autres planètes a nécessai • ' rement précédé celle du soleil. En effet, le soleil, la terre et toutes les planètes passèrent de l'état de vapeurs à Fétal solide, ou, si l'on veut, de Tétat de vapeurs à l'étalpâtcux ou liuuide d'abord, puis à l'état solide dans une plus ou moins grande partie de la masse, état qui fut soumis à l'influence d'une haut» température en raison de la quantité de matière, ou en raison de l'étendue de la surface liquéfiée, puis solidifiée. Or, nécessairement, la durée de cette transformation fut d'autant plus longue que la masse en vapeurs était plus consicférable ; et, pour chacun de ces globes, cette époque de transition ne peut se terminer que quand la déperdition du cajorique ou de la chaleur dx)rif;ine eut été assez avancée pour permettre à 'atmosphère de se resserrer et de se condenser a la surface du noyau central. Pour ne parler ici que de notre planète, dont la masse est à peine égale à la 350 millième partie de la masse totale du soleil, on conçoit que son organisation définitive dut être parfaite longtemps avant que les couches supérieures de l'atmosphère solaire eussent cessé de comprendre dans leurs dimensions l'orbite terrestre tout entière (912).
«c Maintenant, le noyau du soleil serait-il un globe de feu ? Ce corps central, auquel une atmosphère lumineuse sert d'envelop-
Ec, serait-il en état de liquéfaction? cette ypothèse entièrement gratuite et qu'on ne saurait appuyer sur aucune observation exacte serait-elle justifiée ot constatée, que la thijorie génésiaque n'en recevrait aucune atteinte. Pour que la vérité révélée demeure dans toute son intégrité, il suflit qne l'organisation du grand luminaire n'ait point précédé l'organisatien du globe terrestre ; il suffit surtout Que ce foyer de toutes les orbite/i ne soit pas la substance lumineuse qui nous éclaire ; il sufiSil que la lumière qui fait la ' distinction du jour et de la nuit ne procède pas de ce globe ou noyau central. Or, indépendamment du phénomène des taches, nous avons vu que tous les phénomènes de coloration et de polarisation concordent à démontrer que la propriété lumineuse du soleil c^t toute dans son atmosphère, et aux dernières limites de cette atmosphère. Nous pouvons igouter aujourd'hui que des expériences directes étaLlissent que le corps du soleil, fût-il un glohe de feu, un globe en ignitiof, ce globe serait encore un globe obscur et absolument invisible. Les flammes les plus vives disparaissent: et les corps solides aa' s Vital dUgnition le plus intense ne paraissent
masse génératrice de îom les corps de notre t^S' tème, etc. (Voy. à Tartlcle GoDsraoT tout ce que eut auteur a trouvé ilansia Genèse,) (Jéh. db S<-Cl.)
(912) Il y aurait bl«tn ici qu«»qucs centaines de questions à adresser à Tauteur, mais pourquoi troubler ses rêves si candides sur la fabrication & mondet L*hypothèsea ses séductions. (Jéb. de S*-*' *
PiCTXOX!!. DE GOSMOGOKIS «T VZ pALÉ0<^T0L0ant .
DlCTIONMÂlIlE 6B COSMOGONIE
SOL
plus que det tache$ noires eur le ditque du êoleity quand on les interpose entre ce disque et Vœil. 11 suit de cette remarque que Je <;orpsdu soleil, bieuqu*il nous paraisse obseu<r quand il est vu à travers les taches, peut être néanmoins dans un état d'ignition trèsintense ; mais il ne s'en suit pas qu'il doive y être, s'empresse d'ajouter le savant astronome dont nous rapportons ici les expressions. Un pouvoir réflecteur absolu dans le dais nébuleux qui le recouvre peut le protéger Contre le rayonnement de la lumière émanée ûes hautes régions de son atmosphère: et on n'e peut douter que la couche nébuleuse gui produit ta pénombre ne jouisse effectivement à un haut degré de la propriété de réfléchir la lumière^ diaprés le fait de sa visibilité dans une semblable situation (913).
« Dans la pensée du successeur du grand Herschell, cet éisiX purement possible digni- ' lion du corps obscur du soleil aurait pour cause le rayonnement de la chaleur émanée des hautes régions de son atmosphère. Cet état serait donc particulier au soleil, et ne prouverait rien pour l'état primitif de ses planètes. Dira-t-on que cet état purement possible d'ignition du globe solaire peut être attribué à une tout autre cause : que cet état a pu succédera l'état de vapeurs? Alors il faudra dire la même chose de toutes les planètes; et, dans cette supposition extrême, le globe solaire, si sa surface était encore en feu, ne serait pas aussi avancé que le nôtre, et par conséquent il sei*ait au moins possible encore que la formation de la terre eût précédé la formation de l'astre destiné à faire et à régler les jours et les années, les temps et les saisons.
« Dans c^ette hypothèse donc, dans l'hypothèse de la liquéfaction du corps centrai et obscur du soleil,on comprendrait encore,puisque la propriété lumineuse du soleil est toute dans son atmosphère supérieure, et puisque, si son noyau inc^mdescent était perceptible à nos yeux, ce ne serait que pour tacher et obscurcir la lumière éclatante de son enveloppe sidérale (9U),on comprendrait encore, dans cette hypothèse, que la lumière eût remplacé les ténèbres sur la face de l'abîme dès le premier jour de la création, et que la terre fût sortie du sein de la lumière avant qu'il y eût un grand luminaire pour faire la distinction du jour et de la nuit*
n Mais il ne suffit plus de dire que cette hypothèse est une hypothèse entièrement gratuite et qu'on ne saurait appuyer sur aucune observation exacte. Aujourd'hui qu'il est reconnu qu'une atmosphère intermédiaiie sépare le noyau central du soleil de son auréole lumineuse, il faudrait de toute nécessité que les fauteurs d'une pareille opinion se décidassent à placer cette atmosphère obscure entre deux feux^ on nous par- • donnera cette expression ; il faudrait qu'ils se décidassent à placer cette atmosphère
(915) Sir John Hé^:rs£U£X|„ op. cit., p. UQ, 247.
(914) Les expériences pholor.étriijiies de Leslle ont prouvé qu'un pouce de la substance sidémle du ftoteii, transporté a In surface de la terre éclaire-
sombre et obscure au-dessous d'une éclatante voûte de lumière sidérale, et au-dessus d'une mer de feu, au-dessus d'un océan de matière en fusion.
« Si, comme on n'en peut douter, cette atmosphère intermédiaire croit en densité dans le même sens que l'atmosphère terrestre ; si on ne peut douter que la couche inférieure de cette atmosphère intermédiaire, qui flotte à un niveau considérablement pîui bas que les couches voisines de l'enveloppe sidérale, ne jouisse à un haut degré de li propriété de réfléchir la lumière émanée de ces hautes régions, il n'est pas possible d'admettre que cettecouche inférieure, aussi prodigieusement condensée , repose ellemême sur la plus énorme masse de feu qu'il soit possible d'imaginer.
« Remarquons encore que c'est l'existence de cette atmosphère croissant rapidement en densité et îouissantà un très-haut degré de la propriété de réfléchir la lumière, qui a fait penser à Herschell et à la plupart des astronomes que le globe solaire, maintenu ainsi à une distance considérable de la partie incandescente, est habitable et probablement habité. A cette objection que ses habitants auraient besoin d'une plus grande énergie musculaire que nous pour vaincre le désavantage de leur poids, ils répondent
Su'il n'y aurait pas sous ce rapport plus de ifférence entre eux et nous, qu'il n'y en a sous celui de la force musculaire entre les individus avec lesquels ou au milieu desquels nous vivons. Car cette considératiou est la principale, sinon Tunique objection que le savant Young et ({uelques autres ont o|>posée à cette idée conjecturale des astronomes.
« EnGn, pour ne laisser aucun espoir à l'esprit de contradiction, produisons le pro-
gramme promulgué en 1846, à l'occasion 'une discussion solennelle sur un point théorique qui appellera bientôt toute noire attention :
<i D'après F état actuel des connaissances (»• tronomiquesy le soleil se compose^ 1* (fv» globe central à peu près obscur ; 2* fune immense couche ae nuages qui est suspendue d une certaine distance de ce globe^ et fente' loppede toutes parts; 3" et d'une photosphère^ en d'autres termes^ iïune sphère resplendissante qui enveloppe la couche nuageuse^ cmiM celle-ci^ à son tour^ enveloppe le noyau obscur,.. La première enveloppe nuageuse et /« photosphère dont elle est recouvertty ipto^ vent quelquefois des déchiremetUs nombreuj, et permettent de voir à nu le corps obs(^^ central : le soleil paraît alors parsemé it taches noires (915).
« Lorsque Buffon faisait jaillir la terre et toutes les planètes de la masse liquide et incandescente du soleil, on était loin de soupçonner que le globe solaire ne fût f^ le corps lumineux que nous voyons; oa
rait autant que douze mille bougies.
(915) Ann. 184^3. Notice sur Féelipse du ifi^ 18i5.
SOL
ET U£ PALEONTOLOGIE.
SOU
«5tG
(*[a\{ loin surlout d'imaginer que ce globe fû( environné d'une atmosphère semblable h Tatmosphère terrestre et que le lluide lu* inineui lût tout entier relégué aux extrêmes limites de cette atmosphère'. Si cette grande découverte, mise dans tout sou jour par les expériences toutes récentes de nos physiciens, eût été connue de l'illustre naturaliste, il se serait bien gardé sans doute de fairedtt soleil un globe en état de liquéfaction, et de faire de la terre et des autres planètes, à l'exemple de Bescartes et de Leibnitz, des soleils éteints, des globes lumineux encroûtés, des globes ressemblant parfaitement^ dans l'orisine, à notre soleiL €e que nous disons ici de Buffon, nous pouvons et nous devons le dire de llllustre auteur de la Mécanique céleste^ de M. Laplace ; car les expériences de polarisation lumineuse si décisives en cette matière, ou du moins leur application à la lumière solaire, sont elles-mêmes postérieures & la publication de la haute théorie que nous combattons dans ce qu'elle a de contraire à la vérité révélée.
a M. Laplace pose en fait que la matière du soleil est en état de liquéfaction; il pose en fait qu'au-dessus de cette énorme masse de feu, qu'au-dessus de cet océan de matière lumineuse, s'élève VatmospMre solaire fluide rare^ transparent^ compressible et élastique^ qui ne s'étend pas jusqu'à Vorbe de Mercure^ parce qu'il ne peut s'étendre aue jusquau point ou la force centrifuge balance exactement la pesanteur. Dans les principes de M. I^place, c'est le noyau central qui est luminf^ux, c'est le corps même du soleil que nous voyons ; et dans les conclusions unalimement déduites do toutes les expériences ^i observations de nos astronomes et de nos >hysiciens, ce corps du soleil est un corps ériébreux, l'atmosphère qui l'environne est Jle-roême comprise tout entière sous une enveloppe gazeuse incandescente, qui seule 3uit de cette merveilleuse propriété de nous i^tribuer la chaleur et la lumière; et le oyau solaire, fût-il liquide et dans l'état ^ignition le plus intense, serait encore à imais invisible pour nous, et son existence e nous serait révélée que par le contraste 'une obscurité complète à côté d'une vive imière. Pour tout dire en un mot, d'après [. Laplace, la terre et toutes les }»lanètes nt été formées aux limites successives de atmosphère du noyau lumineux et incanescent du soleil; et, d'après tous nos asonomes. et tous nos physiciens, le soleil a point d'atmosphère au delà de la matière inaineuse.
« Cette supposition d'une atmosphère imense qui s étendrait encore aujourd'hui à usicurs millions de lieues au delà de la atière lumineuse, au delà du noyau incan- ^scent du soleil, est la base fondamentale * ce nouveau système. Cette conjecture, si
f916) Vous avez tenté rimpossih&e, et Moïse et la ciice repoussent également vos liypotbésea. (Jéh.) UI7) M. Arago fait voir qu*tin tiers «eulcroeiit de lu qui tombe sous forme de pluie daos le bassin
souverainement iiifurmée par l'observation, est le pivot sur lequer roulent toutes le^i ^ explications du savant cosmogonistc. Ainsi, l'objection tirée de l'existence du Quidc lumineux dans les plus hautes régions do l'atmosphère solaire et aux extrêmes limites de cette atmosphère, cette objection est encore plus décisive ici que contre tous les autres systèmes à efQuxions solaires.
<« Cependant cette théorie du grand géomètre nous offre une explication si satisfaisante et si rationnelle de la mystérieuse similitude de tous les phénomènes du système planétaire, que nous avons dû chercher à lui donner une base en harmonie avec les hautes manifestations de la sagesse humaine, et par conséquent avec les révélations de la Sagesse divine (916). »
SOLEIL, son rôle dans la création primi^ tive. — Voy. Godefroy, Mérat.
SOLIDIFICATION DES PLANETES. Yoy* Planètes.
. SOLIPÈDES. Yoy. Mammifères. ^
SOULÈVEMENTS DU FOND DE LA MER, leur influence sur la distribution des animaux marins et des débris organiques. — Yoy. Animaux marins.
SOURCES. — L'eau étant nécessaire pour l'entretien de la vie, soit chez les animaux, soit chez les végétaux , les arrangements de l'écorce terrestre , qui ont pour but la distribution de ce liquide nécessaire dans un rap- {)ort exact avec les besoins qu'il doit satibàire, ajouteront de nouveaux appuis aux preuves de l'existence d'un plan eénéral , qui nous ont été fournies par l'étude de la condition actuelle de notre globe, et de ses relations avec les créatures organisées qui vivent à sa surface.
Comme près aes trois quarts de la surface terrestre sont recouverts par la mer, tandis que la partie émergée est dans un besoin d'eau continue] pour l'entretien des animaux comme des végétaux , les moyens qui ont été employés pour mettre la distribution des eaux en rapport avec des besoins aussi étendus ne peuvent manquer d'avoir une place importante parmi les mécanismes les plus beaux et les plus harmonieux de notre globo terrestre.
Un grand conduit existe entre la surface de la mer et ceHe de la terre; c'est l'atmosphère, par le moj^en de laquelle s'effectue un transport continuel de l'eau douce extraite d'un océan d'eau salée par les procédés de révaporation.
En vertu de ce procédé , l'eau monte sans cesse sous forme de vapeur, et redescend sous forme de rosée ou de pluie
De cette eau , qui arrose ainsi la surface de notre globe, une petite portion seulement retourne directement à \a mer , aux époques des inondations , en suivant le cours des ri-^ vières (917),
delà Seine est reporté à la mer par cette rivière. Les deux autres tiers remonteDt dans ratmosphére par ëvaporatiou, ou servent à rentreCien de ta via animale ou végétale, ou le fraient une route vera la
SOU
SOU
VM
Une seconde portion est absorbée sous forme de vajpeur par Fatraosphère.
Une troisième entre dans la composition des corps organisés animaux et végétaux.
Une quatrième pénètre dans les couches , et s'accumule dans leurs interstices ^ pour y former des réservoirs et des napnes d*eau souterraines ; et ce sont ces amas a*eau qui, en allant se déverser graduellement è la surface de la terre sous la forme de sources perpétuelles, constituent raUmen^a/ton ordinaire des rivières.
A peine sortie de terre , Teau des sources reprend son chemin vers la mer ; elle s'échappe en de petits filets qui vont se grossissant sans cesse et formant des ruisseaux^ des rivières et des Qeuves , qui , après un cours plus ou moins long , se jettent dans des golfes où leurs eaux se mêlent à celles de rOcéan d'où elles étaient parties. Elles y demeurent , prenaDt part à toutes ses fonc-» tions, jusquli ce quelles soient reportées par évaporatioD dans l'atmosphère , pour y parcourir de nouveau le même cercle de circulation perpétuelle.
Il n'appartient pas au géologue d*exposer comment l'atmosphère remplit cette fonction si importante dans l'économie de notre globe. Nous devons nous en tenir à considérer par quels arrangements mécaniques les matériaux solides du globe concourent avec l'atmosphère pour effectuer la circulation de ce Quide , de tous le plus important.
Les couches offrent dans leur disposition deux circonstances qui ont une grande influence sur la réunion des eaux souterraines en des masses qui se déversent ensuite régulièrement au dehors sous forme de sources. La première consiste dans ralternance qui $*observe de lits poreux de sable et de grès avec des couches argileuses imperméables ; et la seconde dans les diilocations qu'ont su- Lies ces couches , et qui y ont produit les fractures étales failles.
Le mode le plus simple suivant lequel les eaux puissent être rassemblées k l'intérieur de la terre , a lieu dans des lits superficiels de gravier reposant sur une couche d'argile. La pluie qui tombe sur un lit de gravier s'innltre à travers les interstices, et vase réunir dans la partie inférieure en une nappe souterraine où l'on conduit facilement des puits qui ne tarissent que rarement , et seulement dans les saisons d'une çrande sécheresse. Les accumulations d'eau de cette nature se déversent au dehors par des sources situées sur les limites les plus l asses de chaque lit de gravier.
Le môme phénomène se passe dans près-
incr pftr des eonduics souterrains. — Annuaire pour l'année 1855.
(918) D'après M. Townsend, dans son chapitre sur les sources, il y en a six systèmes distincts dans ia contrée qui environne Batb, prenant chacun leur origine dans une nappe régulière correspondante d*eaux souterraines qui se sont infiltrées a travers le sable ou d'autres terrains poreux, et qui sont retenues par le Ut d'argile sous-jacent. Parmi ces systèmes il en est un qui se déverse au dehors dans la direction suivant laquelle les couches sont incli-
que toutes les couches perméables superposées à un lit d'argile ou de toute autre substance imperméable. L*eau de pluie descend et s'accumule dans les régions basses de chaque couche poreuse située au-dessus da l'argile, et s'écoule au dehors de la méaie manière par des sources perpétuelles. Âiosi ralternance de Ht» poreux avec des litsiioperméables , si commune dans Tensemble de la série des roches stratifiées, joue on r6ie de la plus haute impertance dans rhydno< lique du globe } c'est è cette disposition, eo effet t qu'est dû le système universel de réservoirs naturels que nous voyons se déTe^ ser à la surface du sol en des sources, e( répandre l'abondance et la fertilité dans les vallées circonvoisines.
Les faiiles ou fractures qui traTersent ces couches facilitent encore TépandiemeDl da eaux au dehors de ces réservoirs , et Duiti-
(>lient les points par oii cet épanchemeol i ieu (918).
Il existe deux systèmes de sources qui doivent leur origine à l'existence des billes; l'un est alimenté par des eaux qui deicoito des portions plus élevées des couches «ijacentes k la faille, laquelle ne fait que les intercepter dans la route qu'elles suiTeot,ei les reporter ii la surface sous forme de sources perpétuelles. L'autre système est alimenté par des eaux qui s^éietefU de bas ea haut par l'effet d'une pression hydrostatique de la même manière que dans lés puits irtésiens , et qui proviennent des coucbes qui n'ont leur contact avec la fiiille Wàï m profondeur souvent très-grande. Leaose trouve conduite à cette profondeur soit par filtration à travers des pores et des crerisses, ou par de petits canaux souterrains pratiqués dans ces couches, et qui partent de régions éloignées plus hautes d'où lem descend jusqu'à ce que la course soit irritée par la rencontre de la faille.
Outre les avantages qui résultent, pour tout l'ensemble de la création animale» d« ces dispositions dans la structure dttgiûl)^. ayant pour but de multiplier presijae jusqu'à l'infini les conduits aeau qui Tieoo»! en arroser la surface , il en est d'autres qsi ne sont pas d'une moindre im^rtancepour l'espèce numaine, et qui coosistenldiosli facilité que lui offrent ces dispositions des? procurer des puits ariifieieh sur tous ie$ points de la surface où elle trouve àm^ geux de se créer une demeure.
Les causes qui font arriver l'eau dans » puits artificiels ordinaires sont les méœes qui en déterminent la sortieau dehors par -^ ouvertures naturelles où les sources pttf*
nées, tandis qu*UD autre est produit par b ^^ lio» des coucnes, et se fraie un chemin à Tti^^ à travers les fissures qui les déchirent.
Suivant y. Hopkins(PAt7. iiiit9.,aoâtl83l,p^ les grandes sources qui sortent du disltift olt^ du comté de Derby se trouvent en rapport ave* grandes failles. — c C'est une régie, du cei »»^' a laquelle je ne connais pas une seule ^^j^f i|ue partout où j*ai observé une source puiB»**^ j'ai reconnu par d*autres prcu^Tes l'eiiaioc* quelque grauoe faille. *
ÎW
ET l>S PALBONTOLOCIE.