‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 19 sur 216 · BAY · texte numérisé non relu

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d'agrégation. En so servant d^abord de ]a forme de ces cellules, et ensuite de leur arrangement, de leur mode de groupement régulier ou irrégulier, on les a divisés en familles, dans lesquelles on a tâché de circonscrire les genres, de manière à ce qu*on pût les distinguer facilement, a6n de laire cesser le chaos qui règne encore aujourd'hui dans cette partie du règne animal.

En considérant Tensemble nous trouvons que, depuis leur première apparition sur le globe avec les premiers êtres, les bryozoaires occupent tous les étages géologiques, sans montrer une progression croissante bien régulière, puisque les genres qui, dans les étages, restent en arrière, sont trois fois plus nombreux que ceux qui continuent d'exister jusqu'à répoque actuelle. C'est donc ici encore un remplacement successif de formes animales, dont les unes éphémères, les autres plus persistantes, se font successivement place les unes aux autres depuis le commencement du monde animé jusqu'à présent.

On remarque encore, qu'il y a eu, parmi les bryozoaires, trois grandes époques de création : l'une, dans les terrains paléozoïques ; la seconde, dans les terrains jurassiques; et la troisième, dans les terrains crétacés.

Comparaison des familles entre elles. — Pour nous assurer si Tenseroble de la série a suivi la même marche, nous allons comparer les familles entre elles, en commençant par les plus anciennes.

Les escharidœ^ représentées par les eschara^ ont montré leurs premiers genres à Tétago silurien, le premier de Tanimalisalion du

Ï;Iobe. Cette famille a donné deux eenres dans es terrains paléozoïques, 2 dans les terrains jurassiques, 5 dans les terrains crétacés, 6 dans les terrains tertiaires* L'époque actuelle en présente davantage; ainsi les escharidœ sont constamment en voie croissante de formes génériques, depuis le commencement du monde animé jusqu'à nos jours.

Les myrioxoumidœ ont paru, de même, avec rélage silurien. Leurs genres ont été au nombre de k dans les terrains paléozoï-

Sues, de 2 dans les terrains triasiqiies, de dans les terrains jurassiques, de 10 dans les terrains crétacés, de 8 dans les terrains tertiaires, et d'un nombre inférieur dans répoque actuelle. Ils ont donc marché en TOie croissante de développement jusqu'aux terrains crétacés, et sont, depuis, en voie constante de décroissance générique jusqu'à nous.

Les reteporidœ^ dont dépend le retepora^ ont montre leurs premiers genres avec 1 étage silurien, le premier de tous. On voit 16 genres dans les terrains paléozoïques, 1 dans les terrains triasiques, 1 dans les terrains jurassiques, fr dans les terrains crétacés, 2 dans les terrains tertiaires, et quelques-uns seument à l'époque actuelle. Les reteporidœ auraient eu leur maximum de développement générique dans les terrains paléozoïques, et auraient toujours marché, aepuis cette époquc,dans une voie constante de décroissance.

Les crisidœ nioutrent leur premier genre

dans l'étage carboniférien : 1 genre dans les terrains paléozoïques, 9 dans les terrains jurassiques, 13 dans les terrains crétacés, 10 dans les terrains tertiaires, et le maximum dans les mers actuelles. Leurs genres ont donc constamment marchédans une voiecroissante de développement jusqu'à l'époque actuelle.

Les celleporidœ offrent leur premier genre dans les terrains jurassiques : 6 genres dans les terrains crétacés, 5 dans les terrains tertiaires, et leur maximum de leur nombre avec l'époque actuelle. Leurs genres ont donc toujours marché dans une voie croissante, depuis leur première apparition.

En résumé, nous voyons, a un côté, quB les rétéporidées sont en voie décroissante depuis les terrains paléozoïques ; les myrioxoumidœy depuis les terrains crétacés; tandis que, de l'autre, les escharidœ^ les crisidœ et les celleporidœ sont, au contraire, toujours en voie constante de développement générique.

considérée quant au degré de perfection des organes, comparée à l'ancienneté des familles, nous croyons que cette perfection n'est pas régulièrement croissante, en raisoh de l'âge; car les reteporidœ^ et les myriozoumidœ sont, sans contredit, aussi parfaits dans leur organisation que les crisidées, venues deux étages plus tard ; que les eellévoridéeSf venues il étapes plus tard.

Déductions zoologiques générales, — Comparés dans leur ensemble numérique, sans avoir égard aux familles, les genres de bryozoaires amènent aux conclusions suivantes. Nous les voyons, avec la première animalisatiou du globe, offrir 8 genres dans l'étage silurien. Ils en montrent 2^ dans les terrains paléozoïques, 3 dans les terrains triasiques, 21 dans les terrains jurassiques, 36 dans les terrains crétacés, 29 dans les terrains tertiaires; tandis qu'on en connaît une quarantaine dans les mers actuelles. En n'ayant égard qu'aux genres, les bryozoaires seraient aujourd'hui a leur maximum de développement numérique, sans avoir suivi cepenclant une marche croissante régulière. C*est presque un remplacement successif depuis les terrains paléozoïques.

Déductions climatologiques et géographie

fmes. — Nous trouvons, pour les bryozoaires^ es mêmes conclusions que pour Tes mammifères {Voyez ce mot); c'est-à-dire que la distribution isotherme et géographique des genres dans les derniers étages géologiques ne suivent, en aucune manière, la distnbution actuelle. La. manière de vivre des bryozoaires actuels, comparée à ce qu'ils devraient être aux époques passées, vient seulement nous donner une application importante à la géologie. Tous les bryozoaires actuels ne vivent que dans les grandes profondeurs des mers ou dans les lieux où des courants se font sentir. On en trouve, par exemple, beaucoup de genres autour des lies Malouines, en dehors du cap Horn et sur le banc de Terre-Neuve. Ces données, jointes à ce que nous savons des nrachiopodes qu*0D trouve avec eux, donnent des

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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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moyens de reconnaître , par le nombre des > bryozoaires, quel était Tetat de profondeur des mers aux différentes époques géologiques.

Déductions géologiques générales d'application tirées des genres. — Les caractères straiigraphiques négatifs sont très-marqués pour les bryozoaires, jusqu'à Fexception de 2 genres qui occupent tous les étages ; les 67 autres genres connus à Tétat fossile sont, au contraire, limités dans les étages, et donnent, pour les terrains et pour les étages supérieurs ou inférieurs où ils ne se trouvent pas, d'excellents caractères néçatifs.

Les caractères straligraphtques positifs ont, pour la même raison, très-prononcés pour les bryozoaires : sur les 69 genres connus à l'état fossile» 2 seulement occupent tous les étages; les 67 autres sont autant de caractères stratigraphiques pour les terrains et les étages où ils ont été rencontrés. Ces caractères sont d'autant plus certains que, sur ces genres, 48 sont perdus pour l'époque actuelle ou pour les étages inférieurs ou supérieurs à ceux où ils se sont montrés, et que 22 sont, jusqu'à présent, spéciaux à un seul étage. La persistance des caractères positifs n'est. pas moins remarquable : on peut en juger parles genres ceriopora^ bidiastopora, idmonea^ escharina^ etc.

Les déductions géologiques tirées des espè^ ces^ chez les bryozoaires, sont encore, comme pour les autres, ennemies. Si l'on en sépare quelques espèces, toutes les autres, ou 695, sont spéciales à un seul étage, qu'elles ne franchissent pas; ainsi, presque, toutes seraient caractéristiques de leurs étages particuliers.

BUCKLAND (Le docteur).— L'illustre professeur de l'université d'Oxford, dans son bel ouvrage intitulé : La géologie et la minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle, a consacré un chapitre entier à la démonstration de cette proposition : Les découvertes géologiques sont d'accord avec les livres sacrés. L'opinion qu'il y développe nous a toujours paru la plus plausible, et nous savons qu'elle est embrassée par une foule d'esprits émincnts, qui y voient la seule conciliation possible entre les découvertes de la science et le récit de la Genèse. C'est celle que Mgr le cardinal Wiseman a adoptée dans ses célèbres Discours, ))rononcés à Rome, sur les rapports entre la science et la reliaion révélée. ( Voy. Wiseman. ) Voici les belles considérations qu'inspire au savant docteur Buckland cette haute et importante question de l'accord des sciences géologiques avec le texte sacré.

(41) c Haec et hujusmodi cœlorum phœnoniena,ad eDOcliam scx raillenem, salvis naturoB legibus, aegre rexocari possunt.Qiiinfatenduni erii potius non eamdeia fuisse originem, neque cosevam, telluris nostre et totius unixersi : stve intellectualig sive corpoieî. Neque mîrum videri débet bsec non disliuxisse Moscm, aut uni?ersi originem non tractasse aeorsim ab illa mundi nostri sublunaris : hxc cnim non distin^uit popuhis, aut sejiaratim sstimat. r- Recte igitur legislator sapienlisâmus philosophis

<r On peut s'étonner à juste titre, dit-il, que quelques hommes pleins de savoir et sincèrement religieux, ne voient que d*un œil soupçonneux et jaloux, les progrès que fait chaque iour l'étude des phénom'ènes de la nature, lorsqu'on sait quelles preuves nombreuses cette étude nous fournit des attributs les plus élevés de la Divinité, et que les conclusions qui leur sont offertes par les géologues, comme le résultat de leur laborieuses et patientes investigations , ne soient reçues qu'avec les sentiments d'une méfiance injurieuse ou d'une incrédulité absolue. Ces doutes et cette répulsion sont les conséquences des révélations que nous a faites la géologie, touchant les longues

f)ériodes qui ont précédé rétablissement de 'homme sur cette terre. Et l'on conçoit qu'un esprit qui, de longue date, s'était fait une habitude d'assiener, aussi bien à l'univers qu'à l'espèce humaine , six mille ans d'existence ou environ, ne reçoive pas sans résistance des informations nouvelles, dont chacune, si elle est vraie, exige un remanie* ment de la cosmogonie à laquelle il s*était arrêté. Sous ce point de vue, la géolosie partage le tort qu'ont éprouvé toutes les sciences à leur naissance, d'être repoussée pendant un temps, comme hostile à la religion révélée; comme elle aussi, bien comprise, elle lui deviendra un auxiliaire puissant , en exaltant nos convictions , sur la grandeqr, la sagesse et la bonté du Créateur (M).

« 11 n'est pas un homme doué de sa raison, qui ne rapporte à Dieu, comme à leur origine première, l'ensemble tout entier des Shénomènes naturels ; et, si l'on croit en la ible comme à la parole même de ce Dieu, craindre de voir se contredire un* jour ce que nous pouvons arriver à connaître de ses œuvres, et ce qu'il lui a plu de nous en révéler, n'est-ce pas commettre une inconséquence m«nifeste? Mais les premiers pas d'une science sont toujours timides et embarrassés; l'esprit humain s'en effraye et s'arme de circonspection et de doute, toutes les fois qu'une conclusion nouvelle demande à prendre place dans le domaine de ses connaissances. S*il yeutdes hommes à préjugés qui persécutèrent Galilée, c'est qu ils crurent la religion menacée par les progrès d'une science sur laquelle s'appuyèrent plus tard les Kepler et les Newton, pour démontrer les plus glorieux et les plus sublimes attributs du Créateur (i2).

« Herschell a déclaré que « la géologie, par « la grandeur et la sublimité des objets dont ^ elle s'occupe, prendson rang dans l'échelle

reliquit id negotil, ut ubi maturuerit ingeniuin bunianum persetatem, usuni,etobservationes, 0|)era Dci alio ordine digérèrent, perfectionibus divinis atque reram natune adaplalo.» (Bdrnei^s, Archœih logiœ philo$ophic(e^ c. vui, p. 306 ; in-4®, 1692.)

(42) Kepler termine un de ses ouvrages star Vz%^ tronomie par la prière suivante, que nous reproduisons diaprés la traduction qu'en donne le Christian Observer, août 1854, page 495.

c Avant que de quitter celte table sur laquelle j'a

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ET DE PALEONTOLOGIE.

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