L.-F. JEHAN (de Saint-Clavien
Appendice à Varticle Châcbârd. — M. Chaubprd a publié un livre intitulé : Y Univers explique par la révélation; nous en avons déjà parle dans une des lettres précédentes. Nous croyons devoir y revenir ici , parce que ce livre, qui invoque la Bible à chaque page, fait illusion aux personnes peu versées dans les sciences, et qu'il n'en est ^oint de plus propre à les jeter dans les plus élranges erreurs, ainsi qu'il est arrivé à M. l'abbé B. et au R. P. Debreyne. M. Maupied lui-même, a appuyé sur l'autorité de M. Chaubard une théorie très-malheureuse, réfutée par l'auteur de la critique du livre de M. Debreyne. ( Koj^.Debretne.)
M. Chaubard ne pouvant se dissimuler les élrangetés de toute nature que renferme son livre, s'en explique ainsi dans son a vaut - }*ropos :
« Pourquoi s'effrayer ainsi à la vue de ces innocentes nouveautés théologiques? Est-ce parce qu'elles sortent de la plume d'un laïque? Mais qu'est-ce qui empêche un laïque, maître de tout son temps, d'étudier le dogme catholique et de le connaître tout aussi bien que tel membre du clergé d'aujourd'hui, dont la majeure partie du temps, absorbé par les fonctions du ministère, lui permet si difficilement les profondes études? D'ailleurs il faut preiiore garde qu'il est aujourd hui dans son organisation politique un vice énorme, qui ne permet pas au clergé français de mettre en avant de telles nouveautés. Dans notre révolution, nous avons détruit le tribunal devant lequel le clergé du second ordre portait ses appels comme d abus de la sentence injuste de l'évoque ; et comme on ne l'a remplacé par rien d'équivalent, il en résulte que ce clergé du second ordre se trouve placé sous 1 arbitraire le
{dus absolu des évêques, sans que ceux-ci 'aient ni cherché ni désiré. Aujourd'hui un prêtre français ne peut dire ou penser autre chose que ce que son éyêque veut qu'il dise ou qu'il pense, sous peine de se voir interdire le ministère, c'est-à-dire sous peine de se voir réduire à la mendicité. On leur prescrit un traité de théologie bon ou mauvais, car il }^ en a de tels , pour l'apprendre au séminaire. On l'apprend tant bien que mal, et l'on se donne bien de garde de s en écarter en rien, même quand on juge que c'est faux et mauvais. On dissimule : ne faut-il
BIS plier devant une nécessité inexorable 7 e la cette circonspection craintive, cet esprit de servilisme, cette timidité de pensée qui caractérise les membres du clergé de notre époque. Voilà pourquoi tout ce qui a un aspect de nouveauté les offusque, et pourquoi ils s'accoutument si diilicuement a tout ce qui diffère ou s'écarte un peu de ce qu'on leur fait apprendre au séminaire. Il en est d'ailleurs a peu près de même du haut clergé. Sorti de leurs rangs et façonné par une longue habitude à cette circonspection craintive, il se trouve forcé d'y rester lors même qu'il désirerait en sortir, par la crainte devoir les autres évêques se séparer de lui. En de pareilles circonstances, c'est aux laïques que leur position rend indépendants et qui jouissent de toute leur liberté de pensée, à mettre en avant ces nouveautés qu'un clergé ainsi organisé n'oserait jamais prendre sous sa responsabilité. Au reste, quand même il serait échappé à l'auteur de V Univers expliqué par la révélation de dire dans ces nouvelles théories quelque chose d'inexact, d'hérétique même, ce qui est bien difficile lorsqu'on n'admet les conséquences logiques qu'après une preuve cobiirmative, comme il l'a fait, cette erreur serait sans gravité ; car, à proprement parler, la partie morale de cette philosophie n'étant autre chose qu'une œuvre de remplissage, il serait fort aisé de la faire disparaître sans porter la moindre atteinte à tout le reste; et d'ailleurs, la chose étant ainsi, il est loisible à tout le monde de se l'arranger à sa guise. Que l'on prenne garde de s'y tromper, cette partie morale quelque défectueuse, quelque imparfaite qu'elle puisse paraître aux yeux de la scoiastique, n'en restera pas moins, parce que son importance pour réfuter les panthéistes et pour résoudre plusieurs questions difficiles de la théologie, ne permettra jamais de la mettre de côte. » Assurément ce n'est pas seulement la partie morale du livre qui est défectueuse^ mais aussi, et surtout, la partie scientifique. Les inconvenances de cet avant-propos peuvent donner une idée du ton affirmatif et tranchant iqui règne dans ce livre, dont nous allons citer quelques passages^ pour l'édilication du lecteur.
« Le calorique rayonnant des physiciens de nos jours n*est qu'une chimère, une hypothèse séduisante. Dans la réalité c'est Cou ^ autre chose. Les corps de l'univers font tnlti
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ET DE PALEONTOLOGIE.
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f MX tfet échanges réciproque$ de leur force erubéranie de différent nom; selon qiitl y a de raramtaoe ou cfu désatantage à cet échange pour Fun de ces corps ^ sa température augmente ou diminue. Par exemple^ un corps reçoit'-il plus de force positive qu'il n'envoie de force négative ou Yice yersa, réchange se fait à son avantage et il y a en lui accroisse^ ment de température. Ce corps^ au contraire^ reçoit'il moins de force positive quil n envoie de force négative ou vice versa, l'échange a lieu à son aésavantage et il y a en lui dimtnution de température,
« Pendant la nuit le soleil n'envoie de la f-jrce positive qu'à l'espace qu'il éclaire audessus de notre hémisphère. De son côté la terre envoyant de la force né^^ative exubérante à ce même espace dont elle ne reçoit rien ou presque rien, l'échange se fait ainsi h son désavantage. Par conséquent la température de sa surface doit se refroidir» et ce refroidissement doit être d'autant plus
Scrand que le ciel se trouve olus serein. » P. 171^
« La lumière dujour^ si improprement dite lumière solaire^n'est autre chose que la vaste, r immense réunion de cette prodiaieuse et tnfinie quantité de petites et faibles étincelles simultatiément et sans cesse produites à la surface du (flobe terrestre , par ralliance de la force positive émise par le soleil avec lu force négative que la terre exhale continuel" lemeni. Cette lumière est rouse-orangé lors- <]ue le ciel étant serein les échanges se font sans obstacle ; mais à mesure gue Tinterpositiou des vapeurs aqueuses diminue l'activité de ces échanges, elle tend à devenir bleue de plus en plus. » fP. 183.^
« Nous pouvons partir de ridée étemelle de la matière en Dieu^ et à Vaide de la révélor tion^ lui voir franchir par la toute-puissance de la parole aivine la liane de démarcation gui sépare les choses intellectuelles des choses corporelles. Supposez en effet une molécule élémentaire de matière isolée : sa ténuité est telle qu*au delà de cette ténuité il ne saurait plus y avoir matière. Divisez-la en detfi parts par la pensée, et vous n'avez plus qu'une chose intellectuelle, l'idée de la matière en Dieu avant sa réalisation. Réunis5ez ensuite par la pensée les deux paris séparées de cette molécule de matière élé^ mentaire, vous retrouvez la matière. On va vous dire au'en ce peu de mots vous avez deux fois iranchi un précipice sans fond , celui qui sépare le monde intellectuel du monde matériel ; mais ce n'est là autre chose que de Vargot philosophique ou plutôt psyebologique. » (P. 213.)
« Hsfi^ tout le règne minéral ou inorganique^ Tienne peut se former ni se décomposer^ ni se nfcttre en mouvement sans que Faction de la parole divine n'intervienne^ ou sans Vinter^ rention de la lumière calorique qui est racdon
incessante de la puissance créatrice sur la matière de Vunivers. » (P. 22b.
« Quand il se forrofi un corps nonTon» les molécules rudimentaires étant les unes du genre mâle, les autres du genre femelle, il est aisé de prévoir la limite des proportions dans lesquelles va s'opérer la nouvelle combinaison, car chaque molécule ou atome d'un genre doit nécessairement se grouper' soit avec une seule, soit avec deux, soit avec trois, quatre au cing molécules de l'autre genre. £t l'on conçoit aussi qu'il ne peut absolument se faire de combinaisons intermédiaires. » (P. 246.)
« La métempsycose n*est autre chose que la transmigration de ragent vital d'un corps dans un autre. Or cette transmigration n'étant évidemment autre chose que la lumière ccf/orique abandonnant un corps pour en former un autre 9 il en résulte évidemment que ce dogme païen tant ridiculisé ^ tant conspué par des esprits superficiels , est absolument iden" tique avec la vérité déduite dans le corollaire précédent. La métempsycose est donc une de ces vérités de la philosophie du premier monde qui a passé au travers du déluge universel , comme tant d'autres qui se retrouvent dans les mvthes des peuples d'origine antique. » 'P. 1*5.)
« 1* La lumière sidérale est un effet de rechange réciproque quia lieu entre les corps célestes de leur force suprrflue ou dominante de différent nom; 2* V alternative de lumière et de ténèbres inconkplètesj qui règne sur chaque hémisphère du globe terrestre ^ provient de ce que^ pendant le jour ^ l'hémisphère- qui se trouve en face du soleil fait avec cet astre un échange très-actif de cette force prépondérante et exubérante^ tandis que^ pendant la nut7, ce même hémisphère se trouve en face des as^ très situés dans la partie opposée du ciel , et avec lesquels l'échange des forces de différent nom se fait sans activité. On doit remarquer à ce sujet que le phénomène du jour et de la nuit est inexplicable dans l'hypothèse de Newton qui suppose que la lumière qui vient du loyer solaire. Car s'il en était ainsi, la terre même pendant la nuit serait enveloppée par cette lumière et roulerait au milieu d'elle ; en sorte que l'obscurité serait impossible. » (P. 163.)
« Au point où la science est aujourd'hui parvenue, il est presque impossible de douter que les deux forces de la lumière calorique n'emportent chacune avec elle des molécules élémentaires des corps décomposés par leur action divergente. Il suit de là que la force positive provenant du soleil nous apporte despiolécules éUctro^négatires de matière élémentaire^ tandis que la force négative provenant de la terre en emporte dfélectro-positives. Par conséquent il doit y avoir dans rair.atmosph&iqutf avec
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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
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ces deux forces positive et négative échangées entre le soleil et la terre , des molécules mâles et femelles de la matière élémentaire de Tuntvers qui échappent à l'analyse chimique^ mais dont il est fort diflkile de douter quand on médite sur le fait suivant.
n Plusieurs physiciens, tels que Schrader, Braconnot, letc. , ont semé des graines de cresson dans diverses poudres comme celles de fleurs de soufre, d'acide silicique (silice) pure, d'oxyde plombique, de la cendrée de idomb, etc., corps dont on connaît parfaitement la composition. On arrosa ces semences avec de l'eau consciencieusement distillée et elles végétèrent assez bien. En coupant la plante au fur et à mesure qu'elle poussait, on parvint à s'en procurer une nssez grande quantité que Ton fit sécher et
3ue l'on réduisit en cendres. Un seul gros e ces graines donna plusieurs gros de cendres. Ces cenJres analysées contenaient les mêmes alcalis, terres, sels, qui se trouvent dans la cendre des plantes qui ont végété en pleine terre, et qui ont été arrosées par l'eau de pluie ou de source ; c* est-à-dire , qu'elles contenaient de l'alumine, des phosphate et carbonate calciques , du carbonate de magnésie, du sulfate et du carbonate potassiques, de l'oxyde ferrique. Or ces substances n'existant ni dans fa poudre servant de sol à la Fiante, ni dans l'eau distillée qui a servi à arroser, il faut nécessairement qu'elles proviennent de l'air, et alors comment s'expliquer leur présence dans l'air, autrement qu en admettant qu'elles y sont continuellement voilurées par l'échange des forces positive et négative qui se fait entre le soleil et il» terre ?
« La poussière atmosphérique se fait remarquer non-seulement dans nos appartements où on la voit voltiyrcr lorsque le soleil y pénètre, mais encore au milieu des mers, ce qui force à penser qu'elle ne provient point uniquement de la terre. Or rien ne s'oppose à ce qu'on l'atlribue 5 l'alliance des molécules que poussent devant elles les forces négative et positive que le soleil et la terre échangent continuellement. » (P. 105.)
s II faut désormais bannir de la catégorie des vérités dues au grand Newton les propositions suivantes :
* 1" Que Fattraction ou force centripète agissant en raison inverse du carré des distances est une force simple^ et invariable,
« 2' Que le mouvement des planètes au perihélie est accéléré tandis quHt est retardé à Vaphélie.
« 3* Que le soleil est un foyer de lumière et de chaleur.
« 4* Que la lumière et la chaleur croissent en raison inverse du carré de la distance comme la force de gravitation,
«( Il est même assez surprenant que l'on ait été jusqu'à présent sans soupçonner l'erreur de ces deux dernières thèses, surtout quand on remarque qu'elles conduisent à deux absurdités pour ainsi dire palpables, savoir :
1* que sur l'hémisphère boréal (|ue nous Ikibitons, il doit faire plus chaud en hiver qu*en été , vu que la terre alors se trouve plus près du soleil de cent millions de lieues au moins qu'en été. 2** Que dans le pôle austral, a devrait se fondre chaque été une plus grande quantité de glace que dans le pôle boréal. Pour faire passer dans la science les subtilités au moyen desquelles les newtoniens prétendent rendre compte de ces contradictions , avec les faits avérés et connus de tout le monde, il n'a pas moins fallu que le prestige jeté sur cette matière par le génie du célèbre géomètre anglais. » (P. bll.)
« C'est en pure perle que le célèbre Lagrange s'est mis en grands frais d'analyse pour soumettre au calcul les conséquences de la rotation de la lune sur elle-même, et sans doute M. Biot n'y avait regardé qu'à demi, quand il a qualifié de beaux théorèmes les résultats .de cette chimérique analyse. En vérité, si l'on ne savait avec quelle force irrésistible la soif des louanges pousse les savants de Paris , quelque recommandables qu'ils soient, à pratiquer les uns envers les autres, et surtout envers les académiciens, la maxime des contrats do ut des , facio ut facias^ on serait parfois tenté de croire qu ils ne parlent point au sérieux, et qu'ils se moquent les uns des autres en portant jusqu'aux nues le mauvais comme le bon. » ^P. (^19.)
Voyons à quoi à conduit le beau phénomène des phases de la lune, contemplé et observé par tous les savants qu'a produits l'hu- (nanité, depuis le commencement du monde jusqu'à nous, et laissons parler ici l'Académie elle-même par l'organe d'un de ses plus habiles membres.
« Si la lune est un corps opaque, quel est « le flambeau qui l'éclairé ? Pour le décou- « vrir, observons la suite de ses phases. 4 Nous les voyons liées de la manière la plus « frappante à des sespositions successives « par rapport au soleil. Lorsque la lune est « entièrement lumineuse et qu'elle passe à a minuit au méridien, le soleil est sous l'ho- <i rizon : la face qu'elle nous présente est « donc éclairée par cet astre et aoil lèous ré « fléchir sa lumière, purvu toutefois qu'elle « soit assez éloignée de nous pour n'être pas « enveloppée dans l'ombre de la terre. Au « contraire, lorsque la lune et le soleil pa- « raissent sous l'horizon en même temps, la « face éclairée de la lune étant toujours tourd née vers cet astre, nous ne la voyons point « ou nous ne l'apercevons qu'en partie, et « celle qui est tournée vers nous est dans « l'ombre. Généralement, lorsqu'une partie n du disque de la lune nous paraît éclairée, a cette partie est toujours opposée au soleil, a et placée de manière à pouvoir nous réflé- « chir sa lumière. Il faut donc conclure de « ces rapports^ qu'en efifet la lumière que en rf corps nous renvoie est celle qui lui vient « du soleil. » (Biot, Astr,^ II, p. 352.)
u (> raisonnement qui, d'ailleurs, se rc-
COU
ET I.E PALEONTOLOGIE.
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trouve partout, o*es( autre chose qu'un so-
Ehisme, car de ce que la face lumineuse de I lune est toujours tournée du côté du soleil, il ne s'ensuit nullement que sa lumière soit celle du soleil.
« Ainsi Tobservation cumulée de tous les s-iTants, grands et petits, depuis le commencement des siècles, ou au moins depuis la v>rtie de l'arche après le déluge, nous a conduits à une erreur, et, ce qui est bien plus fort, à une erreur qui tombe sous les sens. » (P.tt26.)
CHALTC. Voy. Y introduction.
CHÉLONIENS. Yoy. REPraES.
CHÊNES, Chabmes, Noyers, Ormes, etc., première apparition. — Yoy. Falunien.
CHEVAL, première apparition. — Yoy. Sub-