‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 32 sur 216 · APE?I^IX · texte numérisé non relu

APE?I^IX

CLOISONS DANS LES COQUIIXES DES CÉPHA- LOPODES. Yoy. CÉPHALOPODES.

COLUMELLE. Yoy. Gastéropodes.

COMÈTES. — Que pensent de ces astres étranges les cosmogonisles modernes 7 M. Marcel de Serres veut que ces amas de rafieurs se condensent, se solidifient et deviennent des planètes. Il parle de ce phénomène de transformation comme d*une chose îneimtestée, quoi:|u*il ue puisse en citer niénie un seul exemple.

« Ces aslrcs, dil-il, pourvus le plus souvent d'une atmosphère très-étendue, nommée queu?, circulent autour du soleil suivant des lois régulières , et se meuvent comme les planètes, \ cela près que leurs orbites sont û^s ellipses très-al longées. Ils dérivent donc das orbes plus ou moins dépendants de l'attraction des planètes, mais presque entièrement déterminés par TattracriOQ prépondérante du soleil. Aux premières époqnes (le leur formation, ces astéroïdes lînis^ent peut-être par devenir dans le cours des siècles ùes astres assez analogues aux planètes, quant à leur constitution physique. La condensation des vapeurs dont elles biiii formées les y ramène, et cette condensation leur fait perdre ces immenses prol'tn^^ements de leurs atmosphères, ou leur queue. Les comètes qui les ont perdues sont \es plus anciennes et les plus avancées, puisqu'elles ne s*en montrent privées qu'après un grand nombre de retours successifs.

« Parmi les comètes qui ont perdu leur queue, on peut citer celle à courte période, qui lait sa révolution dans Tespace de trois ans et un tiers. Son orbite actuelle est si peu ancienne, qu'elle ne parait pas remonter au û^ïh de 17^.

« ProlMiblement, lorsque les molécules gazeuses qui composent les astres nouveaux seront complètement condensées, ces corps rélestes disparaîtront tout à fait comme tant d'autres, dont la petitesse du noyau est telle, qu*i] n'est plus possible de les apercevoir au milieu de l'immensité de l'espace.

<« Les comètes sont donc aux premières époques de leur formation ; par cela mémo, elles tendent constamment à se condenser, à s'approcher de l'état solide; elles finissent

|7I) ùe la création dz la terre ^ p. 135.

même par être plus ou moins analogues aux autres corps planétaires.

€ Dans l'état où certaines comètes se présentent à nous, les plus légers nuages, qui flottent dans les couches supérieures de l'atmosphère, et qui, au coucher du soleil, semblent comme inondés de lumière, sont des corps denses et massifs comparativement à la contexture déliée et lé^^ère de ces astres. Mais, par suite de la C4)ndensation des vapeurs qui les composent, les comètes unissent par avoir vers leur centre un noyau plus dense que celui qu'elles possèdent aux premières époques de leur formation.

« L'état de condensation, vers lequel ten*» dent toutes les comètes, rend leur retour souvent impossible ou du moins bien difficile à fixer ; car si le rapprochement de la matière qui les compose a lieu d'une manière rapide, elles perdent la plus grande partie de leurs atmosphères et sont réduites a de très-petites masses. Elles deviennent alors à peu près invisibles avec les meilleurs instruments. On ne les retrouve plus dans l'immensité du ciel.

t Ces astres portent en eux-mêmes les preuves de leur peu d'ancienneté. Ils sont distincts des planètes, en ce qu'ils décrivent 6qs orbites très-allongées et dans tous les sens indifféremment. On ne saurait les confondre avec les aérolithes, puisqu'ils srn<l assujettis à des lois plus régulières qui permettent de déterminer leurs mouvements.

^ « En second lieu, leur peu de densité est manifesté y^v leur apparence vaporeuse et la transparence de quelques-uns à la lumière des étoiles, qu'ils laissent passer sans lui faire éprouver la moindre déviation ni la plus légère altération.

« La différence des comètes aux autres astres est aussi sensible sous le rapport de leurs autres propriétés physiques. Ainsi, la nébulosité et la oueue qui les accompagnent témoignent de l'immense atmosphère qui les enveloppe. Cette atmosphère se condense à chaque révolution de l'astre, vers le périhélie, et d'une révolution à l'autre, en vertu du refroidissement.

« Les comètes ne diffèrent pas moins entre elles que des autres astres, soit stellaires, soit planétaires ; ce qui fournit une preuve assez positive de l'état éminemment transitoire où elles se trouvent actuellement, et qu'elles ne sont point parvenues à un état vraiment définitif.

« Les unes ne sont qu'une nébulosité légèrement condensée vers le centre: les autres paraissent avoir un noyau solide. Ces noyaux varient d'ailleurs dans le degré de leur transparence, de leur éclat et de leur opacité. Les différences relatives à leur queue, à sa forme, à sa direction, à sa longueur et à son édat, ne sont pas moins remarquables (71). 9

Il dit encore plus loin : « Les états divers

dans lesquels ces astres se pré.^entent b

, nous, les phases, les modifi^a'4cn?5 qu'ils fv-

bissent dans leurs cour^, aRnoucent qu'ils

DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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loni aax premières périodes de leur formaikiiti ; dès lors il est rationnel de les considérer comme des astres nouveaux qui»

comme les autres corps célestes, tendent à prendre un état fixe et stable, pareil à celui qu'ont acquis les planètes du système solaire. En effet, les comètes passeront peutêtre un jour à l'état de planète, en ce qui concerne Texcentricité et Tinclinaison de leur orbite

a D'un autre côté, on ne doit pas perdre de vue que les comètes, ainsi que la présumé Laplace, paraissent d'origine étrangère au monde que nous habitons. Aussi les comètes y sont entraînées à peu près par hasard, cédant à l'action prépondérante du soleil, dont elles s'étaient trop approchées (72). »

Dans sa construction de notre monde planélo-solaire, Laplace, embarrassé des comètes nombreuses qui s'y meuvent dans toutes les directions, les supposa une im-

Sortation élrantrère; c'était plus commode, r. Marcel de Serres prétend qu'elles sont entraînées chez nous à peu près par hasard.., M. Marcel de Serres sait cela, et il le dit pour donner du relief à l'harmonie du monde.

A l'article Nébdleoses, nous verrons que M. Godefroy, se fondant aussi sur la science, est loin de reconnaître cette prétendue condensation ou solidification des comètes en planètes nouvelles. M. Godefroy veut bien admettre, avec Laplace, l'origine étrangère des comètes, au moins de quelques-unes; mais il* rejette sur leur formation primitive rhypothèse du célèbre géomètre, il y substitue la sienne, que le lecteur appréciera tout à l'heure.

« M. Laplace, dit M. Godefroy, considère les comètes comme de petites nébuleuses errant de systèmes en systèmes solaires,

?[ue le soleil, lorsqu'elles parviennent dans es parties de l'espace où son attraction est prédominante, force à décrire des orbes elliptiques ou hyperboliques, dans tous les sens et sous toutes les inclinaisons à l'écliptique (73). »

« Ainsi, dans le système de M. Laplace, comme dans le système de Descartes, les eomètes sont étrangères à notre monde planétaire. Les comètes seraient donc les messagers chargés de publier, dans tout le domaine de la création, l'unité d'origine des divers systèmes célestes, et la communauté de rapport qui lie entre elles toutes les parties de cette création. Cette mission est

(72) De (a création de la terre, p. 184. (75) Expos, du syst. du monde, p. 414.

(74) < J*ai dû saisir avec d'autant plus d'empressc'Qieiit cette occasion de combattre une erreur fort accréditée, dit Arago dans son intéressante Notice sur la dernière apjMrition de la eontète de Halley,

3tte je crains d*avoir un pea contribué à la répanre.i (An A. 4836.)

(75) S*il était nécessaire de prendre un nouvel élément en considération, pour expliquer la diminu-

. tion du grand axe de TeUipse de la comète d'Ëncke

à chacune ôe ses révolutions , nous le trouverions

' dans ces molécules qui circulent aut4mr du soleil dans

assez importante pour que nous soyoQs dispensé d'assigner a ces astres éni^atiques un autre rôle dans le système de l^armonie universelle.

« Newton supposait que les comètes no traversaient notre monde planétaire que pour rétablir l'équilibre entre les diverses

[»arties de ce système, et pour replacer dans eurs orbites les planètes que l'attraction centrale en avait dérangées. L'observation et la théorie sont loin d'avoir confirmé cette hypothèse.

« Jusqu'ici on avait cru que les comètesallaient sans cesse en s'affaiblissent ; qu'après quelques révolutions successives autour du soleil, toutes les moléculesdont elles se composent se dispersaient dans l'espace pour V devenir un obstacle au mouvement des planètes, ou bien des éléments de quelques nouvelles formations. Ces conjectures qu'on disait appuyées sur des observations directes ne se sont pas réalisées (Ik)

« Les astronomes n'étaient pas mieux fondés dans leurs conjectures sur la résistance que Téther devait opposer à la marche des

t>lanètes et des autres corps célestes, et sur es dérangements qui devaient en résulter. Les calculs de M. de Pontécoulant et ceux de M. de Bosenberg, sur le dernier [)assage de la comète de Halley par le périhélie, établissent que les mouvements de cette comète sont absolument indépendants de la résistance que lui opposeraient les milieux éthérés qu'elle traverse dans son immense orbite.

« Il résulte de ces dernières investigations de la science que la résistance de 1 éther, qui a donné lieu à tant de systèmes monstrueux, n'a aucun fondement ; ou du moins que cette résistance, si elle existe (75), ne peut altérer en aucune façon l'admirable disposition des globes planétaires, dont la puissance matérielle est si éminemment supérieure à celle de ces amas de tapeurs m^tileSf en comparaison desquels les nuages les plus déliéSy qui flottent dans les plus hautes régions de notre atmosphère, peuvent passer pour des corps denses et massifs (76).

« On a dit de Descartes, que les comètes étaient ses plus terribles ennemis. Ne pourrions-nous pas en dire autant de M. Laplace? La marche de quelc[ues-uns de ces corps étranges ne se concilie pasmieuxavec l'existence d'une atmosphère immense autour du soleil qu'avec le système des tourbillons.

« Dans l'hypothèse de M. Laplace, Féten-

le plan de sou équateur, en offrant toutes les apparences de la lumière zodiacale, sans opposer de résistance aux planètes, tant à cause de leur extrême rareté, q^ie parce que leur mouvement est le même que celui de ces planètes. (Godefrot.)

(76) Herschell, Traité d^astronomie, p. S56, 357.

c La nébulosité dont sont formées les comètes est excessivement rare, puisqu'elle n'altère en aucune façon réclat des étoiles de 12' ou 11* erandetir, aussi bien visibles derrière cet écran que s ilr n'existait pas, tandis (juVlles sont complétem^^nt dTacées par une brunie légère de quelques oiedsd^épaîsseur.» (M. MtJTEL, Traité d^astron, y p. 559.)

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ET DE PALEONTOLOGIE.

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due de ceUe atmosphère est la même yue celle dune planète qui ferait sa révolution dans un temps égal à celui de la rotation du so^ leit (77); c'est-à-dire que la limite de cette atmosphère se trouve aujourd'hui a 5,726,000 Jieues du centre de cet astre. Or, pour ne parler ici que de ta comète de 1680, on sait que cette célèbre comète, lors de son passage au périhélie, n'était plus éloignée de la surface du soleil que d'une quantité à peine égale à la sixième partie de son dianiètre« c^est-à-dire qu'elle se trouvait alors À moins de 210,000 lieues de ce même centre, ou qu'elle en était près de 30 fois plus rapprochée que la limite de son atmosphère.

« Comment un corps d'une densité insi- ^liftante, et avec une orbite fortement inclinée, a-t-il pu pénétrer aussi profondément dans l'atmosphère du soleil, non-seulement sans tomber dans cet astre, mais même sans éprouver le moindre dérangement dans son orbite, dont l'inclinaison , avant comme après le passage au périhélie, n'avait pas moins de 60" 56' 7 Comment cet amas de vapeurs subtiles a-t-il pu, à une si énorme profbndeur, à 52,000 lieues de la surface du soleil, se dégager d'une atmosphère assez épaisse et assez compacte pour déposer, à sa limite supérieure, à .%66d»000 lieues au-dessus de sa hase, des tcrps d'une masse et d'une densité comparables à celle de la terre ou de Mercure? « Nev( ton a trouvé que cette comète, immédiatement après son passage au périhélie, occupait un espace immense, et que la rapidité de sa marche était alors de 80 lieues j»ar seconde. Comment concevoir qu'une nébulosité sans masse appréciable, quoique (t*iin volume bien supérieur h celui de toutes les planètes, ait pu conserver ou acf|uérir, à cette profondeur, une aussi effVnyante rapidité dans un milieu aussi ré- ^istaat que le serait une couche atmo- 5phérique de 5 à 6 millions de lieues d'éjMiisseur.

« Mais pourrions-nous ne rien dire de la comète de 18^3 qui est venue raser la surface du soleil, sa distance périhélie différant è peine du demi-diamètre solaire, et étant même précisément égale à ce rayon, d'après les observateurs de Genève? Cepen- «iant le mouvement de cette comète scandaieuse (78) était aérnoGRADE ; et, lors de son passage au périhélie, cette nébulosité d*un développement de 00 millions de lieues sur une largeur de 1,320 lieues, franchissait les régions solaires avec une vitesse de lui lieues i>ar seconde (79).

(77) Expos, du ty$t. du monde^ p. 270.

(78) On sait que cette comète, au grand étonnetnenc des amateurs, a eu le privilège a'étre aperçue par le public avani d*avoir été aignalée auxobservaloires des astronomes.

(79) Âcadém. des sciences, séancedu 3 avril 1843. (ttO^ c Si quelques comètes, dit M, Lapiace, ont

petftélré dans Ici atmosphères du soieil et des planètes au temps de leur formation, elles ont dû, en décrivant des spirales, tomber sur ces corps, i

« Reconnaissons que Texistence d*une atmosphère autour de la partie brillante du soleil, d'ailleurs en opposition directe avec les découvertes les plus récentes comme les plus positives de la science, reconnaissons, dis-je, que la supposition d'une atmosphère immense, qui, en se rétrécissant successivement au tour du soleil déjà brillant et radieux, aurait donné naissance aux différentes planètea de notre système, et qui devrait ou pourrait engendrer encore des sphères semblables, est tout à fait inconciliable avec les phénomènes que nous présente la marche de certaines comètes.

« Nous ne nierons pas que quelques comètes ne puissent être étrangères a notre monde planétaire. Mais, puisqu'un fort petit nombre d'entre elles a paru se mouvoir dans des hyperboles, et beaucoup plus dans des ellipses, il nous sera permis de considérer la plupart de ces masses vaporeuses commo appartenant à notre système.

a Nous attribuerons leur formation à l'agglomération des molécules de l'atmosphère primitive, aux confins de la sphère d'activité de notre monde planétaire, avant que cette atmosphère eût participé au mouvement de rotation de la, masse centrale. A cette distance, ces molécules atmosphériques, également sollicitées par des forces diverses et opposées, n'ont pu obéir à l'impulsion générale. Mais, a[ rès s*être maintenues, pendanV un temps plus ou moins lon^, dans un état d'équilibre ou de fluctuation entre les divers systèmes qui les environnaient, elles ont été forcées de décrire des ellipses, des paraboles, et peut-être aussi des hyperboles, aussitôt que Téquilibre rompu dans quelque partie les eût assujetties a unpouvoircentral prédominant. Alor^s, n'étant plus contre-balancées par les puissances voisines, elles ont pu se rapprocher du corps central de noire système par un mouvement fort lent et peu a peu accéléré, dirigé dans tous* les sens et sous toutes les inclinaisons à l'écliptique.

« Nécessairement les comètes n'ont pu pénétrer dans les régions que les planètes parcourent, aue longtemps après la formation de ces planètes. Cependant, dans notre hypothèse comme dans l'hypothèse de M.

Lapiace, leur formation a précédé la formation de toutes les planètes (80) ; et, par conséquent, la formation de ces astres a/mosphériques, d'après notre théorie, est antérieure a la formation du soleil, et probablement antérieure à la formation de tous les soleils et de toutes les étoiles (81).

« Parce que le volume de nos comètes

(Eacyos, du sytl, du mondcy p. 415.)

M. Lapiace ajoute que < ces comètes ont dû, par leur chute, écarter les p^ans des orbes et des écjuatcurs des planètes, du plan de Téquateur solaiic.i Hais comment des masses vaporeuses dont la densité n*est pas même comparable à celle des nuages les plus déliés qui flottent dans les hautes régions de notre atmosphère, auraientr-eUt s pu produire des effets aussi prodigieux?

(81; Certains cosmogonistes ont fait valoii Ictal

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