GOS
ET DE PALEONTOLOGIE.
COS
Bomie qui nous paraissent aujourdliui si étranges.
Dans la première moitié du xyn* siècle, aoas trouTons toutes ces opinions en(*ore appliquées à Tinterprétation du premier cbapitre de la Genèse,
Qii*est-ce que le ciel, calum , mentionné au premier Terset du premier chapitre de la Genèse.
C'est le cîel empyrée, le premier ciel, «eitti que saint Paul appelle le troisième ciel, et Barid le ciel des cieux , en un mot c'est le séjour des bienheureui. Ce n'est point le ael des astres, le firmament ou liuitième ciel , celui-ci n'ayant été créé que le second jour.
Tel est sur ce point le sentiment le plus commun.
Et la terre ^ iermm? La terre est le globe que nous habitons, leguel était alors environné d*un abtme ou immense masse d*eau 3ui s'étendait jusau*au ciel empyrée. C'est e cette masse d eau en partie solidifiée qu*ont été faits le second jour tous les cieux ou le firmament, et tous les astres le quatrième jour.
Le deuxième verset (rerra erat inanîs et xacua) s'entend d'une solitude vide et vaine, sans habitants, sans plantes, sans animaux , sans ornement d'aucune sorte, plongée au centre de Tablrae des eaux. J^s ténèbres étaient non-seulement sur la face de Vabtme^ maiselles pénétraient touCelamasse des eaux. V Esprit de Dieu, c'est-à-dire le Saint-Esprit, troisième personne de la sainte Trinité, était porté sur les eauxde l'abîme, pour les échauffer, les vivifier, les féconder par sa présence. Au troisième verset {fat tux^ etc.)» la lumière n'est |X)int créée, & proprement parler, car, le premier iour. Dieu avait créé toute la matière première , et c'est d'elle qu'il tire ensuite la lumière et les autres substances tant essentielles qu'accidentelles, auxquelles il donne pendant les cinq jours suivants la forme et l'ornement.
Des commentateurs supposent que Dieu fil no globe avec de l'eau qu'il condensa, y «ttacba l'expansion de la lumière et confia à VQ ange le soin de mouvoir ce globe en 2i benres, d'Orient en Occident, autour de la terre jusqu'à la création du soleil. Comme les mêmes commentateurs admettent que les eaux remplissaient l'espace immense qui s'étend de la terre jusqu au ciel empyrée, il n'est pas facile de comprendre le iDooTeroent de. ce globe lumineux pour le premier jour.
Ce n'est qu'au second jour que les eaux supérieures sont serrées des eaux inié-; rienres par la création du firmament, qui est le ciel des étoiles et des autres astres. Les eaux supérieures sont au-dessus de tous les deux mobiles, immédiatement au-de^^r sous du ciel empyrée, et ce sont là les eaux véritables et naturelles. Ce sentiment a pour lui Ph'ilon, Josèphe, saint Basile, saint Am-
broise, Procope, Théodoret, saint Chrysosfome, Rupert, Gennadius, Sererianus, saint Hilaire, BèJe, saint Justin, saint AugustiUi^ Onkelos , Oléaster, Lipomanus, Molina et beaucoup d'autres.
Ces eaux supérieures que l'on suppose d'une nature 'plus subtile et plus noble que notre eau, ont été placées au-dessus des cieux pour empêcher, suivant Procope et Théodoret, le soleil, la lune et les autres astres enflammés de dissoudre le ciel fait lui-même d'eau condensée, et pour répercuter vers la terre les rayons des corps célestes. Oléaster pense quVlles ont été mises là en réserve pour s'en échapper en cataractes lors du déluge de Noé. D autres pensent qu'elles sont la pour servir d'ornement à l'univers, et pour que les cieux puissent voir constamment au-dessus d'eux la matière dontils tirent leur origine. Peut-être ont-elles aussi pour destination de contribuer au bonheur (les saints qui habitent dans lempyrée et de réjouir leurs yeux par la variété et la beauté des effets optiques auxquels elles
f)euvent donner lieu, comme on le voit par *arc-en-cicl et par tant d'autres phénomènes. Peut-être enfin constilueut-elles pour les habitants de l'cmp^Téeunesorteùairoud'élher subtile, perquem^ dit Cornélius à LapiJe, Beati omnia sentiunt, respirant etmoventur.
Les idées cosmologiques reparaissent au quatorzième verset, cest à-dire au quatrième jour, lorsque Dieu crée le soleil, la lune et les étoiles {fiant luminaria in firmamento). Le firmament ne signifie ])as seulement ici le huitième ciel étoile, mais toute retendue qu'embrassent les orbes célestes. Tous les astronomes de l'époque enseignaient que les étoiles sont fixes et se meuvent avec le hui-. tième ciel ou ciel sidéral. Elles sont lurai^ neuses par elles-mêmes, puisque leur lumière n'augmente ni ne diminue, soit qu'elles s'approchent ou qu'elles s'éloignent du soleil. Ce qui le prouve encore, c'est qu'elles sont éloignées de soixante-seize millions de lieues du soleil, distance où la lumière de celui-ci ne saurait parvenir.
Ainsi, le quatrième jour tous les corps célestes furent formés d'eau condensée , de cette même eau qui remplissait, au deuxième verset, l'espace immense qui s'étend de la terre au ciel empyrée. C'est donc une erreur (le regarder 1 s étoiles comme un produit du fou, ainsi que l'ont cru les anciens.
Quant aux mouvements des planètes, les opinions se partagent entre Ptolémée, qui admet des cercles excentriques , concentriques, des épicycles, etc., et Aristote qui nie toutes ces choses (137).
Voici quelles étaient les idées qu'on avait du volume et de la distance des corps par rapport à la terre. La lune était trente-neuf fois plus petite que la terre; le soleil cent soixante rois seulement plus in-os que notre* pLinète, dont il est éloigné oe quatre HiKîionsde lieues. Il parcourt i,lW,000 lieues
M37) On tfouvera dans notre Dictionnaire d^Mlro- du monde, do^ deuils que nons ne pouvons domMr , ée pkfswiu et de météorologie^ art. Syitèitu ici sur ra5tro:.ouiic ancienne *A celle «lu moyen «§0.
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IMirbeare dans son mouTement journalier auiOur de la terre, Torbe où if se meut n'ayant que 27,360,000 lieues environ^ Quant aui étoiles qui appartiennent au huitième ciel f elles sont éloignées de la terre de 80,500,000 lieues ; Tépaisseur du firmament ou du ciel étoile est de même de 80,000,000 de lieues. Quelle doit donc être la distance, l'épaisseur , l'étendue du neuvième , du dixième ciel et des cieux supérieurs , mais surtout du ciel empyrée I
Une étoile parcourt 42,330,000 lieues par heure dans son mouvement autour de la torro, chemin qu'un cheval, courant 40 lieues par jour, ne pourrait faire qu'en 2,904 ans.
Il n'y a ppinl d'étoile qui no soit au moins dix-huit fois plus grosse que notre
§lobe. Mais il y en a de six différentes graneurs. Celles de première grandeur, au nombre de 71, sont 107 fois plus grosses que la terre. Le nombre tota.1 des étoiles est de 1,054. Après avoir fait le calcul du nombre d'an* nées qu'un homme, faisant cent lieues par jour, emploierait pour franchir l'espace
3 ni nous sépare du firmament , qui est de 0,000,000 de lieues, puis l'épaisseur de celui-ci, puis Tespace qui s^étend du firmament jusqu^au ciel empyrée, un commentateur célèbre du xvir siècle nous suppose transportés tout ii coup dans quelque étoile, ou mieux encore dans Tempyrée, et de là jetant un regard sur ce chétif globe de la terre ; ne nous écrierions-nous pas : : Hoc est punclunii cui inkiant fUi Adœ^ quasi formicœ : hoc est punctum^ quod inter mortaUs ferra et igni dividilur. O quam angusti suni mortalium terminit O quam angusti sunt mortalium animi! Despice ergo punctumhoc, et suspice cali ambitum , quidquid hic vides exiguum est et brève: immensa et œtema co^ gita.
Telles étaient au commencement du xvir siècle la physique et l'astronomie à l'aide desquelles on essay^iit d'expliouer le pre* mier chapitre de la Genèse. Depuis cette époque, ces deux sciences ont bien changé de face , elles ont été presque entièrement renouvelées^ Les nouvelles découvertes ont déterminé à tenter de nouvelles explications, à combiner de nouvelles théories Mais îes systèmes imaginés pour concilier la science moderne avec la Genèse ont-ils été plus heureux? Nous nous proposons de les
{tasser successivement en revue pour que le ecteur puisse comparer et juger. — Voy. GoDEFROT, Marcel d^ Serbes , Joi}rs-Pé- RioDEs, Cosmogonie, Laplace, Maupied, Pa-
CDOIf, D9BRETNE, ChACBARD, CtC.
COSMOGONIE ORIENTALE, Voy. Géo-