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ET DE PALEONTOLOGIE.
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lée de hautes murailles , sur lesquelles le firmament, comme une voûte immense, ^ents*appnyerdelousc6tés. Ainsi le monde ne ressemble pas mal à un coflire , dont la terre serait le fond, et le ciel le couvercle^
c Toici maintenant comment Fauteur soutient ce singulier système.
« Saint Paul désime, par les mots to û^pv ar»v|u»v, le tabernacle élcTé par Moïse dans le désert (t36|. Ici les commentateurs con- Tiennent que le mot seo^finôc signiGe simplement terrestre, par opposition S céteste (157). Mais au temps de Cosmas, et auparavant, plusieurs interprètes de l'Ecriture, entre autres Tfaéodoret (iS8), donnaient à ce mot le sens de fait à timitation du monde, Cosmas, qui adopte cette interprétation, ne man* que pas d'admettre en conséquence que le tabernacle était une représentation du monde (159) : dans ce cas, la forme du premier était connue, celle du second devait l'être nécessairement. Les textes de l'Ecriture à la main, il n*a pas de peine à prouver que le tabernacle avait tout juste la figure d'une
E'ande caisse, une fois plus longue que r,^e, et conséquemment que telle doit être la forme de l'univers. Il s étaje principalement des passages d'Isa'ie : « Je suis celui 5 Ht a pose le ciel comme une voûte (160); e suis celui qui a étendu le ciel comme une tente (161 j; et de cet autre de Job : J'ai tn^ cliné le etel sur la terre (162).
« Quant à la terre elle-même, Cosmas donne pour certain qu'elle ressemble à line table, ayant une longueur double de sa largeur. Il la compare à la table des pains de proposition, plaœe dans le tabernacle : peuton douter de la justesse de cette com^iaraison , nous dit-il (163), quand on voit qu'à chacun des quatre angles de cette table il y araît trois pains de proposition, symt>ole érident des trois mois de chaque saison? Et d'ailleurs les quatre angles de cette table ne sont-ils pas des emblèmes évidents des solstices et des équinoxes.
« Ainsi Cosmas ne le cédait pas beaucoup, sur l'arUele des allégories, à d'autres docteurs chrétiens ou luils, qui en avaient puisé le goût chez les alexandrins. Cette manière forcée de rendre compte de la disposition du tabernacle rappelle naturellement que Josènhe veut trouver dans certaines dispositions de ce lieu saint des emblèmes du mêmei genre, tels que ceux des douze taois de l'année, de la terre, de la mer, du riel, des planètes et des quatre éléments (164), toutes choses auxquelles Moïse n'avait pro-
Heèr, II, 1.
CL Scn^csscR, Nor. Lexic, Sot. TesL^ 1,
(158) Dom Calut, Comm. iur saint PaUl^i. U, P^ 689.
(159) Cosias, P. 115, D; 196, E: 197, A. fl60) Isa. XL, 22. Cosmas, p. 129, D; 305, C, (161) /sdLii,5.
* 162; Jak, xxxui, 38.
(163) Couus, p. 129, D.
'164; Aut.juH., m, 8,7; i, p. 155, l36ed.Baverc. ^ loul ceb est daiu le goût d*01yinpiodore qui in-
bablement jamais pensé; de même Phi** Ion (165), ainsi aue Clément d'Alexandrie (166), voyait dans les diverses parties de l'ancien temple de Jérusalem, et jusque dans les ornements du grand prêtre, des symboles qui se rapportaient à toute la nature, et principalement à ses parties les Iilus apparentes, le ciel, la terre, le soleil, a lune, les signes du zodiaque, etc. Cette manie d'interprétation symbolique gagna aussi les théologiens du moyen âge ; car, lorsque iialilée eut découvert les quatre satellites de Jupiter, oui augmentaient le nom* bre connu des planètes, on opposa d'abord à sa découverte et les sept chandeliers d'or de V Apocalypse et le chandelier à sept branches du tabernacle, et jusqu*aux sept Églises d'Asie (167), symboles divins, assurait-on, du nombre auquel la Providence avait voulu porter le nombre des planètes, et ou on ne pouvait augmenter sans blesser la foi. Mais aussitôt que le fait eut été constaté, on fit la découverte que la foi n'y est pas contraire. « Le monde de Cosmas, ou ce grand coffre oblong, qu'il appelle ainsi, se divise, selon lui, en deux parties : la première, séjour des hommes, s'étend depuis la terre jusqu'au firmament, au-dessous duquel les astres font leurs révolutions ; là séjournent les anges (168), qui ne s^élèvent jamais plus haut (169). La seconde s'étend depuis le firmament jusqu^à la vodite supérieure qui couronne et termine le monde. Sur le firmament repa<ient les eaux du ciel; au de!à de ces eaux se trouve le royaume des cieux, où Jésus-Christ a été admis le premier, frayant la route de vie à tous les chrétiens (170). « Après avoir fait de l'univers un srand coffre divisé en deux compartiments; fl restait à expliquer les phénomènes célestes, tels q|ue la succession des jours et des nuits, et les vicissitudes des saisons. Voici l'explication orthodoxe de Cosmas. Il considère la terre, ou cette table oblongue, circonscrite par do hautes murailles, comme divisée en trois parties : i* la terre habitable, qui en occupe le milieu; 2* l'océan, qui environne cette terre de toutes parts ; 3* une autre, qui en* toure l'océan, terminée elle-même par ces hautes murailles, sur lesquelles vient s'appuyer le firmament. Chacune de ces divisions pourrait être Tobjet d'un eiameu particulier. Je ne m'occupe ici que de Tensembie. Or, selon lui, la terre habitable va toujours en s'élevant du midi au nord , en sorte que les contrées australes sont beaucoup plus basses que les boréales. C'et^t ^lour
terprétc les quatre chevaux d*Apollou par U^s deux solstices et les deux équinoxes. (Dans le Platon de M. COL'SI!!, l. III, p. U6.
(165) De sommité I, f 37, t. V\ p. 654, cd. Mang, — De Vite Mot., lu, i 12, t. Il, p. 152. — De Mowarch, a, 5, t. Il, p. &6.
(166) Stromat.. v, p. 664-669, éd. Poil.
(167) Delambee, Hi$t, de VA%t, mod.^ I; Dite, prélim., p. IX.
(168) Cosmas, p. 286, D.
(169) Id., p. 51", E.
(170) Id., p. 186. D.
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mCTIONNÂiRE DE COSMOGONIE
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cela» nous dit4U que le Tigre et FEuphrate, qui coulent du nord au sud, ont un cours plus rapide que le Nil« qui va dans le sens contraire. Tout à fait au nord, il existe une grande montagne conique, derrière laquelle se cachent le soleil, la lune et tous les as«* très, qui exécutent leur cours le long de la YOûte céleste , et en dedans de ces nautes murailles q^i circonscriyent la terre. Par leurs mouvements obliques, ces astres ne
{)assent jamais au-^lessous de la terre; ils ne ont que tourner autour de la grande mon* tagne qui les cache à notre yue. Selon que le soleil s'éloigne ou s'approche du nord, et oonséquemment, selon quil s'abaisse on s'élève dans le ciel, il disparaît derrière la montagne en un point plus ou moins éloigné de sa base, et demeure éclipsé plus ou moins de temps : de là Tinégaiité des jours et des nuits, et la vicissitude des saisons. Du reste, Cosmas admet c^ue non-seulement le soleil et la lune, mais tous les astres, sont conduits chacun par des puissances spirituelles, par des anges, qu'il compai'e à des lampadophores (171)'; en sorte que les mouvements de ces astres sont dus à une cauie intelligente qui préside à chacun d'eux. Ce sont encore des puissances angeiiques qui préparent la pluie, rassemblent les nuages, et président aux vents., à la rosée, à la neige, à la chaleur, au froid, en un mot, à toyuis lesphénomènes météorologiques (172).
« Tel est en substance le système de Cosmas. On peut facilement décider si quelque partie de ce système lui appartient en propre, ou bien, si toutes les idées dont il se comi>ose étaient plus ou moins répandues avant lai parmi les docteurs chrétiens. Il nous apprend lui-même qu'il ne l'a pas tiré de son propre fonds. Ce n*est pas , dit-il , d'après ma propre opinion et mes propres conjectures que f ai exposé la forme du monde; c*est principalement d'après les leçons orales d'un homme divin et dun grand maMrf , Patrice ; il vient ici du pays des Chaldéens , accompa-gné de son disciple Thomas d'Edesse , qui le suivait partout dans ses voyages. C est lui ^ui m'a fait connaUre la vraie et pieuse doctrine^ ce qui veut dire le système conforme au texte de l'Écriture , que Cosmas expose dans son ouvrage f et maintenant il a été promuau siège épiscopal de toute la Perse (173).
«( Tout ce qu'il faut conclure de ce texte, c'est que le moine d'Alexandrie tenait son système d*un chrétien de Babylone , appelé Patrice f et que le maître ne méritait guère ks pompeux éloges de son disciple. Mais ce système n'appartenait pas plus h l'un qu'à Eautre, comme cela résulte de l'examen des
Cosmas, p. 150, A, C.
Vëi supra et p. 15U, D, E ; 289, A.
Id. p. 125, A. Cf. VIII, p. 506, D.
S. HiLAR. tu PsaL cxxvi, U. Opp, p. S. Basil., In Hexaem,, hom. 3, 2i C.
Origen., Contra Cel$., \i, d, 279, éd. Speiic.
S. HiLAR., fM supra, p. 486, D, E.
S. Ai'u., IN Gênez, xii, 57. — Opp., III, p. i,
Tels que les Manichéens (Béais., II. rf. If.,
principales particularités qu'il présente^ •! dont je vais montrer Vorigine. »
§If.
De la pluralité des deux,
K D*abord Tidée d*un double ciel mit divise le monde en deux compartiments n est que la conséquence de plusieurs textes de (a Bible, entendue à la lettre. On la trouve dans beaucoup d^ouvrages des premiers siècles du christianisme.
« La plupart des docteurs chrétiens , expliquant littéralement les expressions de et eux, de ciel des cieux^ dans plusieurs passages des livres saints , et de troisième ciel y dont se sert Taiiôtro saint Paul , crorent à l'existence de plusieurs cieux (174). D'autres, tels qu'Origène, prenant au figuré les mêmes expressions, prétendaient qu'on ne saurait trouver dans les livres canoniques la preuve qu'il existe sept cieux (175j , ou même uu nombre de cieux déterminé. Mais cette opinion n'eut pas beaucoup de partisans. Oa s'accorda en général à reconnaître <a pluralité des cieux ; ou différa seulement .ur leur nombre et leur disposition. Les uns (coraiï.e saint Hilaire) crurent téméraire d'en fixer le nombre (176); d'autres, se conformant aux idées de la philosophie païenne, en admirent sept, huit, neuf et même dix (177). Il les concevaient comme des hémisphères concentriques qui venaient s'appuver sur U terre (178), et à chacun desquels ils donnaient différents noms : Bède les met dans cet ordre, aer, œther^ olumpus^ spatium igneum^ firmamentum^ cœïum angelorump cœlum Trinitalis. Raban Maur nous a conservé une autre classification qui comprend, outre c«e/uffi Trinitatis^ sept-cieux, savoir : empyreum^ cœlum ofueum, sive chrystalli^ numy firmamenlum^ spatium igneum^ olym" pum^ cœlum œthereumy cœlum œreum.
n Dans les deux listes de Bède le Vénérable et de Raban Maur, on aura remarqué YOlympe qui occupe la place entre l'éther et la matière ignée. C'est encore là le reQet d'une ancienne opinion. Dans un passage très-remarquable de Stobée (179), oui a étére* gardé par les meilleurs critiques (180) comme étant capital pour la connaissance du système cosmologique de Philolaiis, on voit que ce philosophe donnait le nom d'Otympt à l'extrémité supérieure de l'univers, composée de feu , comme le centre de cet univers ^181). C'est , je pense , en parlant de cette idée de Philolaus, que certains commentateurs d'Homère, au rapport de Plu* tarque , prétendaient, d'après un vers de l'Iliaae(182), que ce poëte admettait la division de l'univers en cinq parties ou mondes(183;,
II, p. 356.)
(179) Ed. phyt., p. 488, éd. lieer.
(180) TiEDEM., Alt. PhiL, p. 456, tt. Boc^kb, Philolaosy p. 98, if.
(484) BoccKH, ouvrage cité^ p. 99.