XV
(485) De de(. orac., p. 422.— T. Vil, p. 666. Reiske. Je cornge une transpositioD qui a es lieu dans 09 texte.
cos
ET DE PiLLEOMOLOGIE
COS
saToirirCMjmpe, le ciel, Tair, Teau» la . terre, cette derDière occupant la partie inférieure, tandis que fO/ympe était situé à la partie supérieure : là , comme dans le système de Philolaûs, selon ces commentateurs, rOlympe était évidemment la matière éthérée. Cesi à cette division de Tunivers en cinq parties que saint Basile fait allusion dans un passage de son Hexaemeron (iSk). « D'autres , confondant le ciel et Tétber , n'admirent que quatre parties, Féther, l'air, Teau et la terre (185} ; et l'on Toit , |iar un passage d*AcbiUes Tatius, que les trois premières parties étaient censées former des sphères concentriques, qui enveloppaient ceUe de la terre (186).
• Il est possible que l'interprétation citée par Plutaitiue, appartienne à quelque pjrtbagoricien qui aura youhi expliquer Homère par les doctrines de l'école ; il parait en effet, et cette application du nom de l'O- Ijmpe en est-elle môme une preuve, que les pythagoriciens ont cherché de fort bonne iieure à rattacher leurs systèmes sufla pbysi(Tpe du monde aux traditions poétiques et religieuses. Ainsi Philolaiis supposait que le centre du monde était occupé par le feu, aaloiir duquel tournaient riii corps, savoir : le ciel étoile, les cinq planètes, le soleil, la lune» la terre et l'antichthone , ou terre opfoêée^ qui leur servait à expliquer . les édipses, système qui, pour le rappeler en passant , n a rien de commun avec celui de t>>pernic, quoi qu'en aient dit Brucker, BaïUj, Hontucla et presque tous les historiens de l'astronomie et des mathématiques; en cela ils n'ont fait que suivre l'autorité du savant Bouilliaud, qui avait donné à son ou- Trage sur le vrai système du monde le titre d*AMironomia philolaiea^ Philolaiis, rapportant ce système aux idées religieuses , donnait au feu central le nom de Veita^ de mère des if»€»x (187), d'habitation de Jupiter. Enfin, au témoignage d'Aristote, quelques-uns des |*ythagonciens rattachaient l'existence de la voie lactée à la course de Pbaéton dans le ciel (i8i»).
« 11 me parait vraisemblable que YOlympe de Béda et de Raban Maur remonte à l opinion de Philolaijs; seulement on voit que ces auteurs ou ceux qu'ils ont copiés ne l'avaient pas comprise, puisqu'ils distinguaient Tespace igné de l'Olympe, tandis que, dans Vopînion de Philolaiis, cet Olympe était précisément l'espace igné : mais ce n'est pas la seule fois que les docteurs chrétiens ont emprunté aux anciens leurs opinions sans les comprendre.
{\ni) Bexmem., bomO. 1, 2, p. 10, E.
( laS) Ap. S. AccosT., ùe ehiL Dei^ vu, 6, p. 630.
i l«S) Ach. Tat. I$ag., { «1, p. U«. C.
fîHl) bcLn, Veherdas Yerkaitnhs des Copermru tofli AtUrskum^ dans le Muneum d*r Attert/uun- Wi^tem êikMfi, L il, p. 408.— Cf.BoecKV,i>/n7oiaM,
(197*) Meiearoi., 1. vni, tiifl.,p. 558, A.
If 88) 8. AocrsT., m Cetuê. xn, 67. 0pp. t. il!, ^arf , t, p. 3M, D.— 5Î4, B, C.
1 188-) Pww., cod. Î25, o. 210, col. I, 1. 13; éd. Bekk.^2il.cCcol.2J. Il
c O'autres Pères de l'Eglise interprétèrent différemment les textes de la Bible sur ce sujet. Laissant de côté le troisième ciel de saint Paul, qu'ils entendaient d'une manière toute figurée et même symbolique (188) ; Us s'en tinrent à la Genèse^ et n'admirent
2u*un d'ouble ciel. C'est cette opinion que osmas a adoptée. Sa division du monde en deux compartiments ou deux étages, l'un supérieur, l'autre inférieur, parait avoir été adoptée assez généralement. Elle était énoncée par Diodore, évèque de Tarse (en 378) , dans un livre dont Photins nous a donnéun extrait ample et curieux (188*). Ce Père y combat les partisans de la sphéricité du ciel et de la terre, il dit dans un endroit: Uy a deux cieux^ Vun visible^ Vautre invi" sible et placé aurdesêus : le ciel supérieur fait en quelque sorte ^office de toit , par rapport au monde ^ comme i inférieur par rapport à la terre ; et celui-rci sert en même temps de sol et de base au premier {iS9). Sévérianus , é vè-
2 ne de Gabala vers la même épcMpie, parle paiement ou ciel supérieur, qu'il dit être le cieides cteturdeDavid;etil compare le monde è une maison à double étage , dont la terre serait le rez-de-chaussée ; le ciel inférieur, qui serl de lit aux eaux célestes^ le plafond ; el le ciel su|iérieur le toit (189*). Eusèbe de Césarée, dans son Commentaire surlsaie(i90)f et l'auteur des Qtiœstiones et Responsiones (190*), admettent la même disposition; c'est tout juste celle qui résulte de la description de Cosmas, puisqu'il se figurait l'intervalle d'un ciel à 1 autre comme formant une espèce de compartiment dont le ciel inférieur était le fond et le supérieur le couvercle. On peut en dire autant de saint Basile (191). Il admettait que la surface supérieure du premier ciel est plate, tandis que la surface in* férieure , celle qui est tournée vers nous , est en forme de voûte. Il expliquait de cette manière comment les eaux célestes pouvaient s'y tenir et y séjourner (191*). Ce saint Père défend cette disposition contre les objections que les païens auraient pu faire; il leur demande en quoi l'existence d'un donble ou même d'un triple ciel serait plus difficile à comprendre que celle de leurs sphères , quiis disent être disposées comme des seaux de diverses grandeurs emboîtés les uns dans les autres (192). Allusion assez fine k un passage de Platon (192*).
« Selon Cosmas , le ciel inférieur était séparé du supérieur par les eaux célestes. Pour cette disposition, il se fonde sur des textes de Moïse : Fiat firmamentum medio cquarum , et dividat aquas ab aquis. Et fecit
n89)PHOT.,p.220,1.5..'9.
(189-) SevEB. Gab., p. 215, B.
(190) CollecL MOV. Patr., t. H, p. 571, B.
(190') P. AU^ C. ititer 0pp. S. Just, mûri.
S 191) In Bexaem,^ bom. 3, p. 24, A, B. 19i*)ld.,4,p. 23,C. 192) id., p. «4, C. ^ A^A
(192) De BepmbL, x , (M6, D.— Panneoide.ilaas le méine sens, comparait les pbns de ces sphères a des eouronnes coneentriqoes. (PnciK). Plut., Os Plac, pAf7., n, 7, ibiq. Gorsini.)
COS
DICTJONNA/RE DE COSHOGONIE
COS
Dius firmamentum divisiique aquas quœ irani sub firmamentOf ab his quœ erant super /!niiameiUuiR{193). Il y «joute d'autres textes lires de la Genève et aes Psaumes (193*).
ff Plusieurs Pères refusèrent de s*atLacner à la lettre de ces textes, et Origèuet par exemple, prétendit que, par les eaux placées audessus du firmament, il fallait entendre certa'nes classes d*anges ; opinion que saint Augustin combat fortement (1%). Le plus grand nombre des Pères s*en tint au sens littoral de ces textes (19^^) ; et . bien qu'ils sentissent' toutes les diiBcuités d'une telle disposition, comme on le voit par tout ce que saint Basile (195) et saint Augustin (195^) s'opposent à eux-mêmes, ils n'en crurent pas moins que les eaux célestes étaient soutenues par le firmament, qui avait des portes et des fenêtres. Car c'est ainsi qu'on interpréta les termes de cataractes ou de fenêtres du ciel^ qui se trouvent dans la Genèse et les Psaumes (196) : en conçut que, par ces ouvertures, les eaux du ciel tombaient sous forme de pluie, à la volonté ou par les ordres dt Dieu. Cette disposition, admise aussi dans la cosmographie populaire des Grecs, et dont Aristophane nous a donné une expression burlesque (197j, fut regardée comme la condition indispensable de toute cosmographie prétendue optho- ,iioxe (198). Il serait dimcile de dire toutes les subtilités, auxquelles on eut recours pour a rpuyer une telle disposition et la rendre un peu moins singulière (199). Une des moins mauvaises explications qu'on imagina fut que la divine sagesse ayant besoin de pluie pour la vie des hommes et des plantes, elle ne pouvait rien inventer de plus com^ mode que cette. couche d'eau, dont elle ménageait la chute selon le besoin de ses créatures (âOO).
« D'autres, comme saint Basile et saint Isidore (201), pensèrent que Dieu avait voulu tempérer l'ardeur de la région étbérée par la froideur des eaux du ciel, ou bien empêcher que le monde inférieur ne fût brûlé par
(193) Gene$. , i, G.
(493*) Laudale eum^ cœli cœlorum et aquœ omnes quœ super cœlossunt. (PM/m*cxLvin,5.) — Qui legis tiffuis $uperiora ejus. (cui, 3.) — Et ntandavit nulibus desuperetjanuas cœli anemit (lxxvii,23.)
(194) De ct9. Det , xi, 34, p. 1113.
(194*) Selon Tabbé Bergier, savant docteur de Svirbonne, auteur. du Kcltonnaire de Théologie^ de VEncyclopédie (art. Ciel et Eaux)^ ce sont tes incrédûtes qui ont prêté à Moïse Tidée que le ciel est une voûte solide recouverte d'une couche d*eau et percée de trous, etc. €e docte théologien n'a pas songé qu'il range ainsi d'un trait de plume presque tous les Pères de l'Eglise parmi les incrédules.
(195) In Hexaem.^ m, 7, p. 29, (195*) In Genes.^ n, c. 4.
(196) Genês. yiï. 11; \ni, 2. ^PsaL i.xxtii, 27,
— Cf. Seuleusn. Nov. Thés. Vet. Test., l. III, p. 91, St5l,2o2.
(197) Aristopu., Nub. v. 372.
(198) Âuctor Quœst. et re$pon$,, 93, p^ 449, B, C. iTaiopuiL. ad Autolffc.^ n, 9.
(199) Cf. Lud. Vives ad S. Aug. Civ. Dei, xi, 54, p. lili. — Cf. S. JtiiTa Martyr, L 1.
(20i) S. CvniLL. llioioso!., caiech, ix, p. 76. B, Ç.
— Ailleurs, S. Cyrille donne une autre raisou (p.
le^ feux qui embrasai^it la partie supérieure de Tuaivers (202). C'est encore là un souvenir de Tancienne philosophie païenne. On a vu plus haut que 1 Olympe de Philolaûs était cette matière ignée, placée à Textrémité su-
Êérieure de Tunivers (203) : Parménide (20^], [éraolite, Straton (2K)5)t et les stoïciens, croyaient que Téther, ou la partie la plus élevée du monde, était une matière enflammée (206) par la rapidité du mouvement diurne (207) ; Anaxaffore surtout s'était attaché à cette opinion (z08), et Ton tirait même de cet état présumé de Téther Tétymologie de son nom (209). Les anciens philosophes avaient, je pense, été conduits à cette idée par la simple analogie tirée d'un phénomène très-ordinaire, savoir, l'inflammation des matières combustibles et réchauffement des pierres et des métaux par le frottement (210); ils en conclurent que l'éther, froUé si violemment par le mouvement rapide de la voûte solide du ciel, devait être une matière en état d'incandescence. Cette théorie , qui fut reÇue, et, pour ainsi dire, remise en cirr culation par les néoplatoniciens, comme on le voit dans Plotin (211), passa de leur école dans les livres des saints Pères, entre autres, de saint Augustin» qui s'en servit pour expliquer l'existence des eaux célestes (212). Ce grand saint, toutefois, ne se dissimulait pas combien cette disposition était contraire .aux plus simples notions du bon sens. Mais comme elle était appuyée par des textes dont le sens littéral lui paraissait le seul admissible, il finit par conclure que, de quelque manière que Ton pût concevoir Texistence d'une couche d'eau sur le firmament, il fallait nécessairement qu'elle y fût ( quoquo modo autem et qualesUhet aquœ ibi sint, esse eas ibi minime aubitemus ) ; car, ajoute-t-il, toute la capacité de l'esprit humain doit céder à l'autorité de l'Ecriture {major est quippe Scripturœ auctoritas^ quam omnis humani ingenii capacitas [213]). Ce seul mot explique et excuse tant d'aberrations, )*
17, B.] qui irest pas beaucoup meilleore.
(201) Ap. Lud. Viv. in S. Aug. 1. 1. — Cf. Amctsr Quœst. et Respons., 95, p. 448.
(202) c Cujus scilicet uatura arlifei muadi Beus aquis temporavit, ne conflagratio superioris ignis Inferiora elementa succenderet. » (Isib. op. v»c. Bellov., Spec, mundi^ m, 82.)
(203) Carcs, Ideen zur Geschichu der FAOoiophie, p. 288.
(204) Stob., Eclog. phys. p. 500, ed* Heer.
(205) DioG. Laert., vu, 137.
(206) Arist., Meteor.^i, 5, p. 550, A, et alibi. ^ Pseudo-Arist., De mundo , 11, 5, ibt Kapp.
(207) Id., De cœlo, ii, 7, p. 460, A.
(208) Carits, De font. Anax. Cosmo-Theifr. p. 7U.
(209) Mais Arisloie faisait veitir ce mol de &mI Oav, toujours courir. (Cf. Kapp. ac Truct, de mundo ^ E\c. II.
(210) Aristote, de cœlo^ ii, 7. p. 460, U. — Cf. S. Justin. Mari., Arist. dogm. eters.^ § 55 , p. \i>t.
' — Quœst. et resp. ad Cr., p. 196, D, Ë. .
(21!) £mi., in, r. 5, p. 158.
(212) Jn Genesin, ii, 5. — 0pp. DU p. 153, E, par*. I.
(itm S. Arc. m Gcim. îi, 9. - 0pp., 111, p. 155, B, p'ivt. I.
9tl
eos
ET DE PALEONTOLOGIE.
CÔS
!)e la tlact occupée par les ange» datu le * monde physique,
n Viàé^ que les anges occupaient une place intermédiaire entre la terre et le ciel n'est
Eas non plus particulière au système de osmas et de Patrice. C'était l'opinion de saint Hilaire, ainsi que le reconnaissent les savants Bénédictins éditeurs de ses œurres (214). Théodore, évêque de Mopsuesle, dans son ouvrage perdu sur la créationy adopuit et développait la même idée (215) ; Jean Philoponus » qui la combat, déclare qu'elle n'est autorisée par aucun texte de l'Ecriture, et, en effet, ni 1 Ancien ni le Nouveau Testament D*en offrent la trace : elle a été amenée par la nécessité d'expliquer les phénomènes; et, si je ne me trompe, on a puisé à une source qui a fourni bien d'autres explications, à la source platonicienne. Platon, dans le Banquei (216), dit qu'il existe des êtres appelés démons, intermédiaires entre l'homme et la Divinité, qui transmettent aux dieux les vœux et les prières des hommes, et aux hommes les volontés des dieux, par le moyen des oracles et des divers genres de divination, d'enchantements, de procédés magiques (217).
c L'auteur de VEpinomide (218) en parle dans le même sens ; il appelle ces démons une sorte de race aérienne qui occupe une
{lace intermédiaire. Xénocrate, disciple de laton, et dont VEpinomide rapnelle peutêtre en ceci la doctrine, avait également fixé dans la région sublunaire les êtres semidirins, ou démons invisibles à nos yeux (219). C'est à la même source que Varron avait puisé l'opinion qu'il énonce en ces termes : Jnter lunœ tero gyrum et nimborum ac ven^ t&rum eacumina aerias esse animas^ sed eas anima non oculis viderîj et vocari heroas^ et lare$ et aenios (220)
« Apulée reproduit, dans des termes analogues , l'opinion des néoplatoniciens de son temps. Il parle de puissances moyennes qui tiennent de la Divinité, et qui sont placées
(2U) S. HiL. in Psttlmos. — 0pp., p. 486, A,1B, 487. A. ibiàae annotât.
^15) J. Philopoiv., De créât., i, 16, p. 31; 17,
(216) P. 202. E. 203. A. — Cf. Plctarch., De h. et Osir., p. 361, B, C.
(217) Cette idée sur le râle des démons fut tdle- Bieni répamlue chez les paiens , d'après une si craiide aulorilé (cf. Maxiil. Tïr., xiv, 8. — Paocl. in lïm., 1. p. 49. —Plut., De hid, et Oiir., p. 361, B. C. — Aristid. , Oraf., t. Il, p. 106, éd. Jebb.^ eic.)« <|ue les Pères de TEglise ne purent, guère, se dispenser dStttrîbuer aux démons les oracles de Tanliqotté. Leur opinion h cet éffard fnt à peu près ttnaDÎme. Le Jésuite Baltus {Réponu à rhist. des gracies,; Sinsb., i707,) a très-bien prouvé que Vandale et Fontenelle, en n*y voyant que Ttieuvre de TimpoftUire, Yont fomieUenient contre Tautorité des iaiuis Pères ; ce q«i ne prooYe pas du Coot, comme le concloail Balius, que Vandale et Fontenelle aient ti>ri ; da moins aucun liomme de sens ne le soutiendrait à présent. Dans nn très-bon livre de théo« Ingio* ï'Mêrméneuî^pie sacrée, M. Janssens, art. 47 , a%aiice que Tatîen, Ortgcne, Eusébe , S. itan Chry-
entre la terre et la haute région du ciel (221). C'est également la doctrine de Procius et ae Plotin. Ainsi les platoniciens anciens et nouveaux ayaient placé les démons précisément là où saint Hilaire, Théodore de Mopsueste et Cosmas ont depuis placé les anges, où saint Paul mettait les esprits malins ^22).
<i Quant à cette autre idée de Cosmas, que des anges qu'il appelle lampadophores pré* sident aux mouvements des astres (223), selon Jean Philoponus, elle avait été admise par Théodore de Mopsueste, et elle avait trouvé des partisans auxquels il n'épargne pas le sarcasme. « Que ceux, dit-il, <t qui se portent défenseurs du sentiment de « Ihéodore nous disent dans quel endroit « de rEcf^iture divine ils ont appris que des <r anges mettent en mouvement la lune , le c soleil et chacun des astres, les tirant à eux « attelés comme des bétes de somme, ou les «( poussant par derrière comme ceux qui «t roulent des ballots de marchandises, ou ^ les faisant mouvoir de ces deux manières ^ à la fois, ou enfin les portant sur leurs « épaules. En vérité, qu'y a-t-il de plus ridi- « cule que toutes ces suppositions? Comme ff si Dieu, qui a créé le soleil, la lune et tous c les astres, n*a pas pu leur imprimer le « mouvement, ainsi qu'il a donné aux corps « pesants et légers une tendance à se préci- « piter vers la terre, et à tous les êtres vi-- « vants une faculté de se mouvoir qu'ils tiff rent du principe d'activité qui les ani<« « me (224). »
« Dans ce beau passage , Jean Philoponus paratt entrevoir que ta force dont les mouvements des corps célestes sent le résultat, pourrait avoir de l'analogie avec la pe-< sauteur. Mais Jean Philoponus ne s'est pas plus douté de la théorie des forces centrales que Descartes, auquel Ballly attribue la dé^ couverte de la force centrifuge (225). L'honneur des découvertes s'établit sur des titres un peu plus clairs. On peut rappeler ici
2u'un des interlocuteurs d'un dialogue de lutarque compare le mouvement de Ta lune autour de la terre à celui de la pierre dans
sostome, etc., D*ont vu dans les oracles que le ré-' sultat de la fraude ; les preuves du contraire son! rassemblées dans les chap. 3 à 9 du livre de Baltus, et dans les cliap, 2,3,4,5,8, etc., de la suite de sa Réponse.
(248) § 8, page 983. D— page 310, éd. Ast. ''fia ptt est nris dans un sens pbysiqne.
(219) Stob.; Ed. phys., 1, 62, (Heer. — Plut., De Is. et Osir., p. ;561— MI, p. 42o, Reiske.
(220) Vjuiao ap. S..ÂUG. tu civit. Dei, vu , 6 , p. .
1221) De Deo Soerat. , ii , p. 133 , éd. Oudend. c Gaeterum sunt quaedam divina; inediae potestates , inter summum aeihera et iniiroas terras in isto m- . tersitae aeris spalio, per quas.et desideria nostra et mérita ad I>eos commeant, i etc.
(222) Ephes. n, 2; ti,12.
(223) Selon d*antres, chaque pa^s de la terre avait son ange particulier. Poltcoho!!. tu Daniel., ap. Script, vet., part, u, p. 144; Rom., 1825. — Cr. SoARCz , De angelis , vi, 18.
(224) J. Pbilop., De ffMf mnnJî, t, J2, p. 28. (223) Deijmbre, Fui. de rastron. mod., n, p. 21 i.
COS
DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
COS
Hi
une fronde en oiouvement. Elle est retenue par la corde, qui Tempôche de s'échapper, en même temps que la rapidité de son mouvement la maintient a l'extrémité du rayon (226). C'est là une image assez juste du combat des deux forces dans les mouvements circulaires. Le principe sur lequel cet image repose remonte, je pense, jusqu'au système d'Anaxagore (227), qui croyait que les corps célestes sont des pierres que la rapidité du mouvement diurne a entraînées de notre terre et maintenues ensuite dans les hauteurs du ciel.
« On ne peut voir en tout ceci que des aperçus rapides et fugitifs, qui, n'étant amenés par aucune observation suivie , n'ont jamais été liés à aucune théorie fondée. C'est \hf plus ou moins, le caractère de la physique des anciens. -
« 11 parait donc que les docteurs chrétiens, partisans de l'opinion de saint Uilaire et de. Théodore, concevaient de diverses manières le mouvement imprimé aux astres par les anges. Quelques-uns supposaient qu ils les portaient sur leurs épaules, comme l'omo-
{}hore des manichéens (228) ; d'autres, qu'ils es roulaient devant eux ou qu'ils les traînaient h leur suite. Cosmas, en assimilant les anges à des lampadophores^ semble avoir cru que les astres étaient comme des flambeaux que les anges portaient à la main.
« Cette opinion tient encore h celle de Platon qui, dans le Timée^ suppose que chaque étoile est présidée par un génie ou une intelligence d*une nature intermédiaire entre la Divinité et l'homme, à moins qu on n'aime mieux supposer que les mouvements si extraordinaires que plusieurs docteurs chrétiens prêtaient aux astres exigeaient l'action immédiate et constante d'une cause intelligente qui les poussait dans l'espace. On voit cette idée reparaître encore dans les écrits théologiques du moyen âge, par exemple , dans un ouvrage bizarre (^9) oii l'abbé Trithèine, l'auteur de la fabuleuse Chronique des Francks, donne la succession exactedes5tfp/ anges^ ou esprits des planètes,
3ui, les uns après les autres, et chacun penant le même espace de trois cent cinquantequatre ans, ont gouverné les affaires de ce monde, sous l'inspection de la Providence, depuis la création jusqu'à l'an de grâce 1522 (230). Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est de voir cette même opinion exprimée dans l'ouvrage du Jésuite Riccioli, très-savant astronome, à qui ses supérieurs n'avaient accordé la permission de lire les dialogues de
(236) Dé fae. in orbelun.^ ix, p. 652.
(2i7) Pseudo-Plut., Plae. pA., ii, 13; Stob. Ectog. p/iy<., i, 506, éd. Heer. — C'est, je pense, cette opiuion d'Anaxagore qui donna lieu de loi auribuer la prédiction de la chute de l'aéroliihe tombée près d'iEgos Polamos. (Pldt., Ly- »and.^ c. 12.) Il pensait que les astres sont des pierres que la rapidité du mouvement diurne a enlevées de la surface de la terre, et qui, après avoir été enflammées par réther,^sout devenues des astres éclatants. Or, comme dans ce système, 11 devenait possible qae quelques-unes des pierres entraînées
Galilée qu'à la condition de les combattre. Cet antagoniste malgré lui de Copernic eut recours a l'opinion platonicienne, et plaça des intelligences célestes dans les étoiles. 11 y fut contraint, pour répoudre aux objections victorieuses que ce grand homme et Galilée tiraient de rinvariabilité des distances relatives des astres pendant le mouvement diurne. Alors que fe cours capricieux des comètes avait cféjà brisé les cieux de cristal auxquels les anciens astronomes attachèrent les astres, Riccioli ne pouvait expliquer cette difficulté énorme, qu'en admettant qu'il y a dans chaque étoile un ange fort attentif à ce que fait son voisin, et qui pousse l'étoile k laquelle il préside plus ou moins vite selon sa distance, de manière que, vues de la terre, les distances relatives ou les intervalles angulaires restent toujours les marnes. Présenter sérieusement une pareille solution, c'était avouer qu'on n'avait rien à répondre. Mais il n'est pas bien sûr que Riccioli ait cru un mot de ce qu'il disait. Trop bon astronome pour ne pas sentir les mérites du système qu'il avait l'ordre de combattre, il l'attaque le plus souvent en avocat qui voudrait perdre sa cause. On voit qu'il ne lui a manqué, pour être copemicieiii que la licenxa de superiorû »
De la forme du monde et du mouvement
des astres.
« Quant aux traits caractéristiques du système de Cosmas, je veux dire ses idées sur la forme du monde, sur les mouvements des astres autour de la partie élevée de la terre, sur les hautes murailles qui l'entourent et soutiennent le ciel, on est encore certain que ni lui ni son maître ne les avaient tirées de leur propre fonds. J'ai déjà remarqué que le sens donné par cet auteur aux mots a7Mv xofffiixôv dans saint Paul était adopté par plus d'un commentateur do cette époque. Or, ce sens est en queluue sorte le pivot de. tout le système ; car, au moment qu'on admettait que le tabernacle de Moïse avait été construit à Timitation du monde, on était nécessairement conduit à admettre que le monde avait la forme de ce tabernacle. Aussi avons-nous vu que Sévériaous de Gabala et Diodore de Tarse se figuraient le monde comme une maison à double étage, ce qui rentre tout à fait dans la même idée; ce dernier auteur achève la ressemblance en donnant au ciel» de même
par le tourbillon éthérérf^tombasseot sur notre tenre« on aura attribué à Auaxagore la prédiction d'tsn phénomène dont son système a^alt eu quelque sorta donné Texplication d'avance.
|2i8) Beacisobrr, Hi$t. de manieh,^ n. 374, 37S.
(229) De septem secundeis^ id ut, intelligentus sirm êpirilibus^ orbes voit decem moventibus; Anieator^,
(230) Il est singulier que la durée des régnes de chacun des anges contienne précisément autani d'années que Tannée lunaire contient de jours. CeLa doit se rattacher à quelque rêverie astrologif uOi
cos
ET DE PALEONTOLOGIE.
COS
qae CosmaSp la figure d'une tente dont la
{partie supéneure serait en forme de voûte 231). D'ailleurs» ditPbotius, il cherchait à rendre compte, dans cette hypothèse, du lever et du coucner du soleil, de Taugmentation des jours et des nuits et des autres phénomènes de ce genre, et, à Tappui de ses Idées, il citait des textes de l'Ecriture. C'est dire assez que, dans celte partie de ma livre, Siodore traitait le même sujet que Cosmas, el, d après la figure qu'il attribuait au monde, on doit croire que ses explications ne diffé* raient pas beaucoup de celles du moine égyptien, si elles n'étaient pas exactement les mêmes. Photi us, qui ne se montre nulle part favorable à tous ces systèmes, s'exprime sur celui de Diodore avec une réserve pleine de modération et de prudence. « Diodore, dit-il, appuie son opinion, d;> moins il le croit, sur des témoignages (k ( Ecriture, relatifs non-seulement à la fikure (du monde], mais au coucher et au lever du soleil; il recherche aussi la cause de l'augmentation et de la diminution des jours et des nuits, et s'occupe d'autres sujets de ce genre, (^ui n'ont rien de fort nécessaire, à mon avis, bien qu'ils aient en effet quelque connexion avec les livres saints. Sans doute, dans ce qu'il dit à cet égard, on reconnaît un homme plein de pieté, mais on Ti'accordera pas aussi farilement gu^il se serve avec discernement des témoignages de l'Ecriture. »
« Jean Pliiloponus, en critiauant le livre de Théodore de Mopjueste, parle de la forme que cet évèque donnait au monde, qu'il se représentait comme la moitié d'un cylindre coupé lon^itudinalement, et ayant une longueur double de sa largeur (232) : or, le mo ide de Cosmas a presque exactement cette mé ne forme, et il -présente les mêmes rapports de dimension.
« Ce passage, et ceux que j'ai déjà cités, me semblent prouver que le système de Théodore de Mopsueste était à très-peu près le même que celui que Cosmas nous fait ooniialtre.
« On voit encore par ce passage de Jean Pbiloponus que plusieurs substituaient à la forme d'un demi-cylindre celle d'un œuf coupé par moitié perpendiculairement à son grand axe, ce qui revient encore à peu près au même.
« Il existe dans ce système un autre trait qui est inséparable des idées sur la forme du monde et sur les mouvements des astres, et qoit en conséquence, n'a pu manquer de se trouver aussi dans celui de Diodore de Tarse, de Sévérianus de Gabala et de Théodore de Mopsueste. C'est l'élévation progressive de la terre depuis le midi jusqu au nord, et de la grande monimgne derrière laquelle les as-
Sl) DiOD. Tam., ap^ Phot.^ p. 220» 1. 12, seq.
(Î3S) i. PaiLOPOH., De ereat. mundi^ m, 40, p. f 49.
(233) i. PULoroii., ùe créai, mundt. ni, iO« p. iU, 125.
(234)ABOa. Ravean., i«2, 3.
(235) Id., I, A.
très se cachent tous les soirs. Jeai^ Pkiloponus fait une courte mention de cette opinion singulière : « Quant à ce que prétendent « quelques-uns, dit-il, que le foleil retourne « vers l'orient, en passant le long des.ré- «t gions boréales, et derrière de très-grandes « montagnes cjui le cachent, c'est une ana cienne opinion absurde et ridicule (233).» Voilà probablement ce qu*en pensaient tous ceux qui avaient quelque teinture des sciences phvsiques ; mais nous avons dit que, Earmi les auteurs chrétiens de c^ette époque, eaucoup y étaient tout à fait étrangers; aussi, bien loin d'avoir rejeté. cette opinion comme ridicule, ils l'avaient accueillie dans leurs systèmes comme orthodoxe. UAnonyme cle Ravenne, dans sa Cosmographie^ écrite à la fin du vu* siècle ou au commencement du viir, et qui n'est qu'une mauvaise traduction d'un livre grec, admet aussi que la terre est plate : selon lui, le soleil la parcourt dans 1 espace de douze heures ; à la première, il se trouve au* dessus des Indiens, à la deuxième, au-dessus des Perses, et ainsi de suite jusqu'à la douzième, où il atteint le point du ciel correspondant aux Bretons et aux Scotes (234) : et ce qui prouve, selon Tanonyme, que la terre est
{»late, c'est que chaque point de la terre voit e soleil pendantdouze heures (23à). Il existe, dans la partie septentrionale de la terre, des montagnes derrière lesquelles cet astra se cache tous les soirs (236); et si personne n*a jamais vu ces montagnes, ajoute-t-il prudemment, c'est que Dieu n*a f.as voulu qu'on les vît (237). Voilà une de ces raisons qui dispensent de toutes les autres. Le JDeus ex maihina était un moyen d'explication qu on tenait en réserve pour toutes les occasions difficiles. On en faisait usage, par exemple, pour rendre compte de la suspension de la terre dans l'espace. Ceux des chrétiens qui persistaient, comme Jean Phiiopcn nus, a croire que TËcriture m'était point contraire au système de Plolémée, expliquaient avec facilité, dans leur sens, les textes de l'Ecriture : Deus fundavit terram su^ per stabilitaiem suant (238), et surtout : Deus appendit terram super nihilum (239). Ils y voyaient la suspension de la terre, telle que l'entendaient Platon, Aristote et Ptolémée, c'est-à-dire l'équilibre et l'immobilité d'une sphère, également sollicitée de toutes parts. Mais ceux-là qui assuraient que la terre est plate comme une table, et qu'elle soutient le poids des cieux, étaient fort embarrassés de savoir ce qui la soutenait elle-même. Ils se tiraient d'embarras en affirmant, d'après les mêmes textes, que si la terre se soutenait toute seule dans l'espace, c'est que Dieu U voulait ainsi (2^0). Solution qui ne laissait
(23'>) Id., 1, 10, p. 23.
(238) Pêtd. cm, 5.
(239) Job, XXVI, 7.
(240 Auctor QuœiU et resp. adorth., 130, p. 481, K,^ NullisqMfuUriê, sed divina potentia iimMIl«liir.(ViKc. BcLLOv., t;, 4, p. 37jk« C.)
cos
DlCTIONNAm&DB COMOGONIB
pas le plus petit mot h dire aux adrersaire^.
• La même théorie que celle de Cosmas est exïïosée dans un fragment inédit sur le eiél^ (a tune^ le temps et les jours ^ dont il est assez difficile de dire quel est Tanteur. On Y ▼oit que le ciel est comme une peau étendue sur l'univers, en forme de voûte, conformément aux paroles de Daniel et dlsa'ie; que la terre a la figure d'un cône ou d'une toupie, en sorte que sa surface va en s*élevant du midi au nord ; à la partie septentrionale est la sommité du cône, derrière laquelle le soleil se cache pendant la nuit ; (24l), ce qui revient assez exactement à la théorie de Cosmas ou de l'anonyme de Ravenue, et des auteurs chrétiens que critique Jean Philoponus.
« On connaît le texte de YEccle'siaste (242): Oritur sol et occidity et ad loeum suum rêveriitur : ibique renascens gyrat per meridiem^ et flectitur ad Àquilonem: lustrons universa in etrcuitu^ pergit spiritus et in circfihs suos rerertitur. Jean Philoponus {2hS) nous assure que certains auteurs voyaient, dans ce texte, la preuve que le soleil ne passe pas sous la terre quand il est couché, et s'en servaient pour établir un système tout pareil à celui
Îue Cosmas a exposé dans son ouvrage. Jean hiloponus^ après avoir montré que oe texte peut lacilement s'expliquer dans le système de Ptolémée, se moque de l'opinion de certain auteur qui> prenant à la lettre les paroles de Salomon, se figurait que le soleil^ arrivé le soir au terme de sa course, sort du ciel^ glissant derrière cette roule solide oui le cachait à nos yeux, et va regagner le levant, où il se retrouve le matin ^kh). Il est eurieux de voir, après tant de siècles, repa** raitre une des notions favorites de la cosmographie des poètes grecs. Cette idée, que le soleil sort au ciel pour aller rejoindre par derrière le point de son lever, n'est-elle pas identique avec l'ancien mythe, dont les traces se trouvent dans des fragments de Pisan* dre, de Mimnerme, d'Eschyle, d'Antimaque et de Phéréc/de (2Wj, d'après lequel Héliôs, sortant du ciel par la porte du levant, parcourait obliquement l'atmosphère, jusqu'à la porte du couchant : là il rentrait dans le ciel, et, s'emtarquant avec son char et ses coursiers sur un vaisseau d'or, voguait, pendant la nuit, le long de cette voûte de métal, et revenait à la porte opposée? Mais il y a bien d'autres exemples de celte réapparition des idées primitives et poétic/ues. j « Jean Philoponus ne nomme point celui
3ui avait tiré une conséquence si singulière u passage de Salomon. Je crois qu'il avait «n vue Sévérianus de Gabala, à* moins qu'une pareille idée n'eût passé par la tête de plusieurs, ce qu'assurément je ne vou-» drais pas nier. Quoi qu'il en soit, il me parait certain que Tévôque de Gabala expli^
(Ui) Cod. Bibl. Reg., n« 854, ^ 193, r.
m3i Créât. «ihimM, m, iO, p. 122.
»44)hi,10, p. I2é. ^
(^^Ap. Athew. XI, .p. 4Ô0, 470.
(«i») IH créai. mund\, ap. Comsef., tn BtbL gr.
quait en ce sens le texte de VEccléstaste
^ Cherchons, dit^l, où le soleil se couche,
'et où il va pendant la nuit. Selon les
« païens, il passe sous la terre ; mais, selon
tf nous, qui disons que le ciel est fait
« comme une tentti où va-t-il?... Eh bien 1
« tigurez-TOus que le ciel forme une voûte
« au-dessus de nos tètes, que cette voûte
« est diffsée en quatre régions, de l'Orient^
« du Nord, du Midi et de l'Occident. Lorsque
« le soleil se couche, il ne passe pas sous la
« terre; mais, arrivé aux limites du ciel, il
ff court au septentrion; là, il est caché à nos
*i yeux comme par une sorte de mur, la
« masse des eaux célestes nous empêchant
«r d'ajiercevoir sa course ; il longe la région
« boréale et va gagner l'Orient. Vous de-
« manderez où en est la preuve. Elle est
« dans VBcclésiaste du bienheureux Salo-
tf mon (2^6). » Son explication des jours et
des nuits est encore plus curieuse: « Nous
« savons, mes frères, que le soleil ne s'élève
« pas toujours des mêmes endroits du ciel.
<« A son lever il s'approche ou s'éloigne du
« Midi. Approche-'t-il du MidU alors il ntf
« gagne pas les hauteurs du del, il le tra-
K verse obliquement, et la durée du jour est
(I courte. Mais, comme il se couche au point
« extrême de l'Occident, il doit parcourir
» pendant la nuit tout l'Occident^ tout le
tf Nord et tout l'Orient : la nuit est donc
«t nécessairement fort longue. Lorsqu'il se
« lève au point milieu de l'Orient, il y a
« égalité dans la longueur du diemin, le
If jour et la nuit sont égaux .* s'approchant
« toujours du Nord, quand il est arrivé au
« point extrême, il s'eiève dans le ciel, et le
(f jour est long ; et comme il a pendant la
« nuit un petit espace à parcourir, la nuit
<r est courte. Cette doctrine, «goule-t-il, ce
u ne sont point les Grecs qui nous l'appren-'
<i nent, car lis veulent que le soleil et les
« astres passent sous la terre, c'est l'Ecri-
tf ture, notre divin mattre, qui nous instruit
« de ces choses, qui éclaire notre esprit. »
<c La théorie de Cosmas, qui nous parait
»phane et d'Ephoi Four le dernier, nous ignorons si la citation est juste ; mais on n'en saurait douter pour Xénophane, et même il pouvait y lyouter Anaximène.
« Xénophane et Anaximène furent aussi embarrassés que l'avaient été Thaïes et Anaximandre pour comprendre la sus(>en-' sion de la terre dans l'espace {Wî). Rejetant le fluide aqueux de l'un e^t le fluide aériforme de l'autre, ils eurent recours tous deux à des hypothèses non moins étranges,r qui nous expriment bien leur perplexité et en même temps leur complète ignorance dans la physique dti monde.
Pûtr. Àuct,, p. 236, D ; 257, A.
(247) Je préviens que , d'après Fautorhë d*Ari»toie , je inels de c6lé des textes récents du faux Plutarque, de Diogène de Laeroe et de Pline, cl qite je refuse à ces deux philosophes la eonnaissanceitola sphéricité de la tcrrei
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ue pouvant conccYOïr qae l'air, qoelque pressé qu*on le supposât, p&t supporter une masse aussi lourde que la terre, crut se tirer d^emliarras eu sopposaut
?ireUe avait la forme d*un cdne piplongé à infhU dans les profondeurs de 1 espace, en sor(equ*elle ne remuait pas, ne pouvant aller nulle nert (iW). Si le teste formel d*Aristôle notait pas là pour nous garantir la réa* lité de cette absurde opinion, on ne pourrait rroire qu'elle fût entrée dans la tdte d'un hofliine doué «le quelque sens. Mais il n'y a f as moyen d'élerer ici le moindre doate. Cette hypothèse, pour avoir une appa.euee plus saentifique que ÏÀtlas des poètes crées {fl^)y ou que le grand serpent des mythologaes indiens, n'était pas l>eaucoup plus raisonnable. Quoi qu'il en soit, dans lliypo^ thèse que ta terre est un cône d*utte longueur infinie, il est impossible de conce* voir (âSO) que les astres passent au-dessous rfelledans leur révolution dinme. Xénophane fut donc, de toute nécessité» obligé d'admettre qu'ils tournent obliquement autour de la partie supérieure, du cône terrestre, et de cette manière il fut amené par une idée spéculative , dont il est Tinvenleur (^1) à la utéme théorie qui est admise lians la cosmologie indienne.
« 11 n'y a là évidemmentaucuneinQuence étrangère. L'idée de prolonger la terre à rinfini sous la Xorme d un cône n'appartient qu'à lui ; or, le système sur le mouvement <iu ciel et des astres en est une consé(|uence inéTÎtable. C'est donc là une combinaison Miriîe tout entière d'un cerveau grec. Le mool JMiru des Indiens» le mont Aborij des Fvses» n ont rien à y réclamer : la êymbo" Uque et r Orient est, encore ici hors de cause. Anaximène, contemporain de Xéno- T^iaoet» et selon qnelquesHins son disciple, alopia cette idée sur le mouvement des astres» qvjoiqu'il n'en eût pas besoin pour son système sur l'immobilité de la terre. Comme kû, il crut que la terre est terminée au nord par des montagnes élevées ; que les astres tournent autour d'elle et non pas audessous (iSâ). Il comparait le mouvement de !a Toûte céleste à un bomut au an ferait irnmnur autour de la tête: et, selon lui, s'ils disparussent journellement à nos yeux, €*est qu'ils vont êe cacher derrière lee partie* kmmiu de la terre (253). C'est là fort exactenieiit le système de Xenophane; c'est également eelui de Cosmas. Et ces expressions ne permettent pas de croire ou'elle ait été bornée à Técole de Xénopbane et d'Anaxiutène, qui n*eut ni une grande durée ni uoe grande étendue. Elle a dû faire par*
(US) Aaist., Ù€ cûdo^ u, 15, p. i67. B. —Cf. Aonu.. Tat., Itag,^ § 4. — Pseum) -Plct. , Piac» ptdi,^ m, il. Je lis npmroeatn lieu de v^«rniv dans
fU§) W. mon Mimant sur iet idée$ toêmofra^ péifmeê fatimekée» m m^Uu éTAtimi {Bmiletim de F/rmtsae. Pmrtit Idu&r.^ mars 1^1.)
(250) Scraboo le dit en faisant allusion k ce sy»- ^eme.iî, p. f 5. — Tr. fr., 1. 1, p, 27, et la note de C&tseiCo.)
DlCnOX^. U£ COSV0605IB KT DE pALioXTOLOO».
tie de la doctrine physique de plusieurs des sectes anciennes. Festus Aviénus, poète érudit, qui a iait passer dans ses vers une multitude de notions et d'idées anciennes prises chez les poètes et cbei les philosopbesi parle de cette antique doctrine sur le cours des astres... non eum {iolem) occasu premitj nulloe mitre gurgUee, nynquam occulL, êed obire nmndum^ obliqua eœli eur* rer«....; et il l'attribue aux épicuriens : ecia nom fuisêc gusmadi eententiam epicuroo^ rum h5k).
« Ô'est le seul témoignage qui nous instruise de ce point })articulier de la doctrine des épicuriens. Hais il n'a rien gue de vrai« semblable d'après les autres points connus de leur physique, qui était le comble del'ab surde; n suffit de citer pour exemple lent opinion bien avérée (255) sur la graiftdeurdu soleil et de la lune, qu'ils crovaient teili^ qu'elle nous paraît à la vue ; d'où il suit nécessairement qu'ils jugeaient ces deux astres très«> voisins de la terre. Plusieurs cri tiques ont essayé d'interpréter cette opinion des épicuriens dans un sens qui leur fit un peu plus d'honneur ( mais les paroles des anciens sont si formelles» qu'il n'y a pas moyen d'admettre aucune de ces interprétations liienveillantes.
^ Cosmas et les antres docteurs chrétiens f artisans de son opinion ne manquaient pas, comme on voit, d autorités à l'appui de leur système. Ils pouvaient à l'envi puiser dans toutes ces hypothèses où se perdit l'imagination des Grecs avant de s*élever à l'idée de la sphéricité de la terre. Cette idée fut admise d'abord par les pythagoriciens, et elle naquit dans leur éoole^ moins de l'observa^tion des phénomènes dont ils ne s'occupaient guère, que de leurs vues toutes spéculatives sur la perfection de la figure sphérique. La rondeur de la terre fut bientût admise dans les écoles de Zenon et de Platon» et elle commença dès lors à se répandre parmi les physifiiens. Elle mit enfin un terme à leur longue perplexité sur le maintien de l'équilibre de la terre. Aristote a caractérisé Is vanité de toutes leurs hvpothèses par cette phrase: «On pourrait s étonner de ce que « les solutions de cette difficulté n'aient pas « paru à leurs auteurs plus inexplicables « que la difficulté elle-même (256). »
' CO!fCLCSI05.
« Telles sont les principales id^ef eoimo* graphiques que les Pères de l'Eglise ont tirées de l'interprétation littérale de la Bible. La terre plate, le ciel formant une voûte.so* Hde au-dessus de laquelle est la couche des
(251) PsEuao-PLCT., abi supra.
(252) Stob , eclog. I, p. 5li, ed.Heer. - Psscdo PlcTj, Plae. pkiL^ ii, 15, 2.
(2â() DioG. LAcar., vni, 35.
(254) Or. marit., 645, sg. — Ap. Paet. lot. ariàk, t. Y, part. H, p. 4283.— MrEa5s^»
(255) Cic, AfflJ., Il . 26. Fin. i, 6 ; IbIDav.—
Clcomcd., Il, 1» ibiqne Bake, p. 589.
(256) De cœio^ n, 15, p. 467, A.