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nalares et \Ans ou moins épaisses, suivant la Talpur des agents qui les ont transportés. U est évident qu'une plaie ordinaire n'en produira pas une aussi grande quantité qu'un violent orage, qui aura dévasté toutes les eampagnes environnantes. 11 en résultera des couches de diverses épaisseurs, formées toujours, aux parties inférieures, des molécules les plus pesantes, et, dès lors, les premières précipitées au fond des eaux, tandis que les molécules les plus légères seront en dessus. Ces couches, formées dans les lacs, portent généralement le nom de couches /acuMireM.
Lorsque les sédiments destinés à former des alluvions ne sont pas retenus dans les lacs sans issue, et qu ils sont transportés dans les vallées, ils suivent une répartition différente, d'après leur densité, leur volume et la force d'impulsion qu'ils reçoivent. Un turrent impétueux roule de gros blocs de roches. Un courant plus faible, mais encore très-rapide, transporte des cailloux; mais, dès qu une différence de pente vient momentanément en ralentir la rapidité, les blocs, les cailloux s'arrêtent, et, suivant la force qui reste, des particules plus ou moins
r '.santés sont transportées. Nous avons été portée de vérifier ce fait, dit d'Orbigny, sur les affluents qui descendent du versant oriental des Andes, et nous l'avons vu se reproduire , sur une moindre échelle, {)Our toutes les rivières qui descendent rapidement des Alpes, des Pyrénées, ralentissent ensuite leur cours dans les basses vallées et dans les plaines. Lorsqu'une vallée montre divers étages en gradins, ce même phénomène se présente à chaque fois ; et les sédiments, alors répandus avec les eaux troubles sur une grande surface, trouvent, d'un ou des deux côtés du lit du courant, des anses tranquilles, des remous, où les molécules, après chaque inondation, se déposent par couches et forment des alluvions pluviales comme nous l'avons vu pour les lacs. La Saône, entre Châlons et Trévoux , est dans ce cas, ainsi que tous les coudes des rivières, où le courant se fait peu sentir, et permet aux molécules de se déposer et de former ces .atterrissements nombreux de toutes nos rivières.
Certains fleuves, comme le Rhône, dont le courant est très-fort, roulent des cailloux jusque près de leur embouchure, tandis que presque tons les autres, dont les eaux plus tranquilles sillonnent les plaines, n'y apportent que des sédiments fins qui se déposent sur les anses, et forment ces sortes d'aliuvions pluviales qu'on nomme atterris^ semenis. U faut bien se garder de confondre les alluvions lacustres ou fluviales actuelles avec les cailloux roulés répartis sur le sol et dans les vallées. Ceux-ci y ont été amenés par des mouvements plus considérables, appartenant aux causes purement géologiques.
Les sédiments terrestres partis des points élevés s'arrêtent, dans toutes les dépresv^os du sol, avec ou sans issue, sur tous les
points des ravins, des torrents, dos rivières et des fleuves, où l'inégalité des pentes permet au courant de se ralentir. Ils se déposent encore sur toutes les plaines, dans les coudes, dans les anses tranquilles des rivières, de sorte qu*une très-petite portion arrive jusqu'à 1 embouchure des fleuves. Presque toutes les rivières , comme la Gironde, la Loire, la Seine, parcourent une grande surface de plaines avant d'arriver à la mer ; il en résulte que des sédiments fins sont souvent les seuls que ces fleuves y apportent ; aussi croyons-nous ne pas pouvoir évaluer leur part d'apport dans les sédiments marins a plus d'un quart de l'ensemble. On a considérablement exagéré la somme des sédiments fluvio-terrestres , en se basant sacs doute sur l'état présent tout exce{;tionneI de la France. Si, comme on l'a cru, les rivières devaient former tous les sédiments marina, comment y en aurait-il en abondance sur les côtes dépourvues ^d'affluents, et oii il ne pleut jamais, ainsi qu'on peut le voir sur le littoral du Chili, de la Bolivia et du Pérou f depuis le 5' jusqu'au 28* degré de latitude sud. Ce fait seul prouve que, sans le concours des fleuves, il peut se former des amas considérables de s&iiments sur les côtea maritimes, par la seule action de l'usure des côtes.
Dès que les sédiments fluvio-terrestres arrivent a la mer, à moins qu'ils ne se trouventdansdes cas exceptionnels, comme le Pô, le Rhône, le Nil et le Mississipi , qui débouchent dans des golfes ou des mers en dehors des faits généraux, lés courants marins s'en emparent bientôt; ils se mêlent prompteroent avec les autres sédiments, et suivent alors les mêmes lois de répartition. On a également cru que les affluents terrestres avaient une immense influence sur la nature et le mode des dépôts de mer; mais là en*» core, l'étude des faits vient prouver le contraire. Si, dans une mer méditerranée Irèsrestreinte et dépourvue de courants et do marée, les affluents portent leurs sédimenia à une certaine distance au large , et apportent Quelques modifications côtières analogues a ce que nous voyons dans les lacs, il n'en est pas ainsi sur une côte maritime où la marée et les courants exercent leur puissante action. Tous ceux qui ont visité l'emr bouehure de la Loire, de la Seine et de la Gironde, ont pu s'assurer que la différence de niveau des eaux, suivant l'état de la marée, change entièrement la direction des courants . Si, en effet, pendant le reflux , le cours des fleuves continue à descendre jusqu'à une certaine distance dans la mer, il est de suite refoulé dès que le flux commence à se faire sentir; et la mer monte dans te lit même du fleuve , à une distance variable, suivant la pente. Le fleuve alors, loin de verser des sédiments dans la mer, peut, au contraire, en recevoir de l'Océan , surtout si le lit vient augmenter la force du flux. II résulte de l'action seule de la marée que la moitié de l'année seulement les sédiments fluvio-terrestres peuvent être portés à TO
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céan, tandis que, pendanl Paotre moitié , ils sont complètement neutralisés. Une autre cause Tient également arrêter tout h fait ou, tout au moins , considérablement diminuer la somme d^apport des sédiments terrestres ; c*est la saison des basses eaui, dans les fleu- Tes. La Seine, la Loire , la Gironde, q^ui , à l*instant des crues périodiques , charriaient des sédiments, ne transportent plus rien alors, et reçoivent, au contraire, à leur embouchure, des sédiments uns non plus apportés par le fleuve, mais déposés par la mer, comme elle le fait dans toutes les anfraetuosites de la côte. C*est dans cette saison que les environs d'Honfleur (Calvados) , et de Saint-Nazairo (Loire-Inférieure) se couvrent d'une couche épaisse de boue, déterminée par la tranquillité des eaux. En ôtant la moitié de Tannée pour Faction des marées, et un quart pour la saison des sécheresses , il reste seulement le quart de Tannée aux fleuves pour verser leurs sédiments dans la mer.
Les curieuses recherches faites par M. Elie de Beaumont surlePô, le Rhône le Nil et le Mississipi, prouvent Timportauce des sédiments amoncelés à Tembouchure de ces fleuves, mais ne sont applicables qu*à des rivières placées exceptionnellement en dehors des laits généraux. Celles-ci sont, sur une plus vaste échelle , comparables à ce qui arrive dans un lac , tandis que les fleuves qui débouchent dans un Océan , comme la Plata, les rivières du Sénégal , la Loire, la Seine et la Gironde , qui débouchent directement dans les Océans, ne montrent jamais ces amas de sédiments.
Il est une expérience facile à faire pour avoir la limite d'extension du courant flu^ vial dans la mer, afin d'en évaluer Timporlance réelle. 11 sullit de s'embarquera Tembouchure de la Seine, ou des autres fleuves, et de suivre, à mer basse, l'extension de Teau trouble apportée par Taflluent terrestre, au milieu de Teaupiusclairede TOcéan. On reconnaît alors, par exemple, c[ue la Seine, lorsque le vent n'en neutralise pas l'effet, porte son influence ordinaire à trois ou quatre kilomètres de la côte. On se de*^ mande ensuite auelle est Timportance de cette petite surface comparée a Textension des côtes, à la largeur de la Manche , et, à plus forte raison , a Timmensité de l'Océan Atlantique. On voit dès lors , qu'en réduisant la question à sa valeur réelle, les affluents terrestres seront, par rapport jaux mers, comme un point dans l'espace, et que leur influence est peu de chose, eu égard à Teusemble des faits généraux.
En nous résumant sur la manière dont se forment actuellement les alluvions terrestres, on voit qu'il se dépose en mèqcte temps, des cailloux et des galets au pied des torrents et des falaises en butte au courant ; que du gros sable s'arrête au-dessous des cailloux, sur les pentes moins rapides ; que le sable On et les sédiments les plus légers vont combler les vallées disposées en étages, ou les lieux tranquilles des coudes for-
més dans la plaine par ces nombreux roéan* dres des rivières ; et qu'entin une partie des sédiments terrestres s'unit aux sédiments marins pour niveler les fonds des mers. Dans quelques cas (dans la Loire surtout) les sédiments que transportent les fleuves forment, par l'action des courants, des bancs de sable mobile disposés par couches inclinées, comme dans les bancs sous^marinst tandis que , dans toutes les autres circonstances, les sédiments se déposent par couches presc[ue horizontales , suivant la pente des parties sur lesquelles ils s'arrêtent. L'épaisseur de ces couches, leur nature même dépendent de Timportance des perturbations terrestres qui les produisent. Une pluie ordinaire n'apporte pas une couche aussi épaisse qu'une de ces crues subites , qu u.i de ces débordements qui surviennent par suite d'une tempête prolongée ; H en résulte des couches d'une épaisseur inégale et formées de sédiments différents.
§ IIL — De la distribution des animauxdani les couches sédimentaires flurio-- terrestres.
Comparativement à ce que nous avons dit pour les animaux marins, les animant terrestres sont également susceptibles de se diviser en animaux poissons et non flol^ tants.
Les animaux flottants peuvent appartenir aux animaux vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles et flottants) en pulréfaciîon, et aux coquilles terrestres et fluviatiles ac« cidentellement remplies d'air.
Pour les animaux vertébrés ils surnagent à la surface des eaux, lorsqu'ils sont en putréfaction ; ce n'est qu'alors qu'ils deviennent flottants et peuvent être transportés jiar les courants terrestres. En sénéralisanl beaucoup trop cette idée ou en lui donnant un caractère d'importance qu'elle est loin d'avoir, on a chercné à expliquer les amas d'ossements fossiles de certains points, par l'accumulation des êtres que les eaux des fleuves transportent et déposent dans les estuaires. Dans cette circonstance ainsi que pour la valeur des sédiments terrestres on a regardé, comme un fait général, une circonstance exceptionnelle qui tient essentiellement à l'homme, à ses habitudes, et n'existe pas sur les lieux eneore sauvages. On a supposé que , dans les inondations, les animaux terrestres étaient entraînés parles rivières, et qu'alors ils étaient aussi nombreux que les chiens, les chats et autres animaux domestiques le sont aujourd'hui dans la Seine et dans la Tamise, au-dessous de Paris et de Londres. C'est une fausse idée. Les animaux sauvages, ainsi qu'on Ta observé au centre de l'Amérique méridionale, ne se jettent pas dans les fleuves et sont très-rarement emportés par les inondations ; car alors ils fuient loin des courants, et se réfugient dans les bois des parties élevées , où ils restent en cas de mort. Nous avons vu, dans nos voyages , dit d'Orbi^^ny, d'immenses cours d'eau, tels que la Platâ. le Pcrana, Tl/raguay, et tous les afiluenU
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holÎTiens de TAmazone ; et nous pouTons àssorer, dit Aie. d'Orbignj, que , pendant huit annéesde voyage, nous n'ayons jamais rencontré uû seul animal flottant au sein des vastes solitudes du Nouveau-Monde. En vérité, cette penséenepouvaitna Itre qu'en Europe, sur les rires de ses fleuves couvertes de villes, de bourgs et de villages. Pour se débarrasser de ranima! vivant qu il ne veut pas conserver, ou (le ranimai mort dont il ne sait que faire , i*homme le jette dans la rivière qui rentraine; c'est seulement ainsi que les rivières européennes transportent accidentellement des animaux flottants.
En supposant même qpie quelques animaux soient entraînés par les torrents , à la source d'une rivière, il est difficile de croire qu'ils puissent, sans s*arrèter, atteindre la mer. Pour cela , il faudrait supposer que le cours d*eau, dans l'extension parcourue, est dépourvu de vallées étagées , de coudes où les remous se font sentir, et que les vents surtout n'ont aucune action sur les animaux flottante à la surEice des eaux. Dans le cas contraire, il arrivera, pour l'animal traasporté , ce qui arrive pour les sédiments : il s'arrêtera certainement sur les rives, par la seule impulsion des remous et des vents qui le pousseront sur la plage ; sur cent, un seul peut-être aura la cnance d'arriver à l'embouchure. Pour se convaincre du fait, il sniSia de ^rcourir les bords de la Seine, de Paris à Saint-Denis , par exemple , à l'effet de s'assurer qu'un nombre considérable de chiens et de chats qui ont été jetés à Paris , n'ont pas été plus loin sans atterrir. Du reste , un séjour prolongé des deux côtes de l'embouchure de la Seine a prouvé qu'il n'arrivait pas le vingtième du nombre des animaux domestiques morts qu'on peut trouver à la fois, seulement dans l'intervalle compris entre Grenelle et Neuilly, audessous de Paris.
Eo résumé, nous croyons qu'il convient de renoncer h expliquer les amas d'ossements de mammifères fossiles par le transport naturel des animaux flottants, sur les fleuves de l'époque actuelle, et qu'il faut, pour s'en rendre compte, recourir aux faits gëolo^ques.
Les animaux flottaniê entiers^ déposés sur tes bords d'un lac, ou sur les rivages des cours d'eau, pourront être conservés avec toutes leurs parties osseuses réunies, s'ils s'arrêtent sur une plage tranquille et sont promptement recouverts de sédiments fins, qui les préservent de l'action désorganisatrice des agents extérieurs. Si, au contraire, ils soot, soit par la houle, soit par les courants. Jetés sur une côte agitée, leurs parties se désagr^eront ; et les os disséminés prendront leur rang, suivant leur densité, leur volume, parmi les sédiments fluvio-terres-
Les eoquittei terrestres sont aocidentellement flottantes, comme les limaçons Uielix^ ImiimuM^ eyeloêtoma) et les coquilles fluviatifes {pianerbis^ lyjnnea, physa et paludina)^ lorsque, mortes et restées sur le sol ou sur
DlCTIOXNAIRE DE CosifOGOTVIB ET DE
les rivages à la saison sèche, elles sont saisies par les pluies torrentielles et transportées, avant que puisse s'échapper l'air resté dans les tours supérieurs de leur spire. Alors elles se mêlent aux petits débris dA végétaux, et flottent à la surface des eaux. Tant que le mouvement des eaux ne les a
Ïias fait couler au fond, elles voyagent avec 'élément aqueux, et suivent toutes les chances de dépôt des animaux vertébrés flottants. Elles peuvent de même se déposer dans les lieux tranquilles, être jetées par les vents sur toute espèce de côte, ou transportées ju$qu*à la mer. Dans toutes les circonstances, leur conservation dépendra toujours, comme pour les animaux marins, des milieux où elles se déposeront.
Les animaux vertébrés, morts sur le sol, sont promptement anéantis. Ils se putréfient, se désagrègent, et leurs parties osseuses, exposées a l\iction de l'air, se détruisent infailliblement dans un laps de temps souvent fort court. Les coquilles terrestres, placées dans les mêmes cas, se décomposent plus promptement, en raison de leur peu de résistance. Les os et les coquilles cachés dans l'Aumifi, suivant sa nature, se détruisent encore à la longue, comme on le voit pour les ossements humains des cimetières.
Pour que les ossements et les restes or^nisés terrestres puissent se conserver, ils doivent être enveloppés de sédiments de certaine nature, qui se forment dans le^ eaux. 11 devient donc indispensable qu'ils soient soustraits à l'action aésorganisatrice des agents extérieurs, par les fines molécules dont les eaux les entourent, soit en les transportant dans les lacs, soit eu les déposant sur les sédiments fins des vallées et des atterrissements riverains. Dans tous les cas, ces restes terrestres, ainsi aue les coquilles fluviatiles mortes, devenus des corps inertes, suivent, dans leur transport et dans leur répartition par les eaux, la même impulsion que les autres sédiments terrestres répan* dus sur le sol. Suivant leur volume , leur pesanteur, ils se trouvent avec les cailloux, le gros sable, ou a?ec les sédiments fins des plages tranquilles des lacs^ des rivières et des fleuves. Us seront encore Quelquefois entraînés par les eaux pluviales dans les fentes de rochers, dans les cavernes ou les grandes cavités souterraines, comme on le voit entre Tuchant et Rivesalte (Aude)» Là, mélangés avec l'Aumuf, ils seront encore préservés de la destruction, et formeront des brèches osseuses ou ces amas d'ossements contenus dans les bourses que MM. Constant-Prévost et Desnoyers ont découverts dans les couches de gjrpse des environs de Paris.
Art. IU. — Liiiites bc mélange des sédiments ET DBS ANIMAUX MARINS ET TERRES- TRES.
Après avoir expliqué comment se forment les sédiments marins et terrestres, comment s'y déposent les animaux propres aux mers et aux continents, il nous reste à chercher
Paléontologie. 13
t;ou
DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
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3uels sont les points où les mélanges des eux faunes peuvent avoir lieu, quelles en sont les limites dans les causes actnelles, et quels sont les moyens de les reconnattre.
Les fleuves, et une multitude de petits affluents de moindre valeur, débouchent dans la mer; et, bien qu*ils n*apportent pas toujours des sédiments, ils y versent au moins leurs eaux. Ces eaux peuvent, dans quelques cas, entratner quelques coquilles terrestres flottantes, qui se df^posent sur la côte et se mêlent aux coquilles marines. Comme elles sont en petit nombre, et généralement plus fragiles que celles-ci, elles se brisent plus ficilement et disparaissent presque partout. Elles ne sauraient se conserver que sur une pla^e tranquille ou vaseuse. Les grands affluents, vu leur volume plus considérable, transportent encore, quoique rarement, à la surface des eaux, quelques animaux vertébrés flottants et des coquilles.il s'agit, maintenant, de s'assurer, par des faits, des limites extrêmes où ces mélanges peuvent avoir lieu. Les animaux, en petit nombre, que le hasard aura préservés oe Téchouage, surtout aux courants contraires apportés par la marée montante, et qui arrivent jusqu'à la dernière limite du courant, de la Seine, par exemple, rentreront de suite sous l'influence des mers. Ils ne sont pas transportés au lar^e, mais ils sont immédiatement ramenés sur la côte par la marée, par les courants, et s'éloignent rarement de quelques kilomètres à droite ou à gauche de l'embouchure, suivant les courants et la direction des vents qui soufllent.
Les personnes qui ont habité Paris ont pu remarquer le nombre considérable de bouchons de liège qu'y transportent les eaux de la Seine. Prenons-les un instant comme des corps flottants par excellence, susceptibles de résister à tous les chocs sans s'altérer, et suivons-les dans leur marche jusqu'à la mer. On les trouve d'abord jetés en grande quantité sur les rives de la Seine, au-dessous de Paris, et de moins en moins nombreux, en s'éloignant de la capitale. Quoiqu'à Rouen on en jette également à la Seine, lorsqu'on eherche, de chaque côté de son embouchure, le très-petit nombre arrivé jusqu'à la mer, on les voit de plus en plus rares à mesure qu'on s'en éloigne, et ne pas dépasser un rayon de 2 ou 3 myriamètres. La résistance des bouchons est, on le sait, cent fois plus grande que celle des coquilles et autres torps flottants. On voit, néanmoins, que leur maximum d'éloignement de l'embouchure de la Seine n'est encore rien, comparé à l'étendue des côtes de la Manche, et, a plus forte raison, du littoral des océans.
Pour les restes des corps organisés plus pesants, tels que les ossements et les grosses coquilles d'eau douce, ils arriveront plus rarement encore jusqu'à la mer; car, neutralisé sur un grand nombre de points par la diminution des pentes, le courant les laissera partout avec les cailloux et les galets. Il n'y aura donc que les coquilles légères qui pourront être mélangées sur quelques
points, mais seulement un peu en dedans de l'embouchure des rivières , fàv la seule action des courants. Dans les limites du mélangé alternatif des eaux douces et des eaux salées, déterminées par les marées, à Tembouchure des fleuves» il ne vit réellement aucune coquille d'dau douce, pas plus oue des coquilles marines. Il en r&ulte que les coquilles d'eau douce ont le temps de s'altérer avant d'avoir atteint cette embouchure, et que les coquilles marines sont plus rarement refoulées dans les rivières, par l'action de la tempête. Les mélanges que nous ne connaissons pas, dans les grands fleuves, pourront être plus fréquents dans une mer restreinte, sans marées et sans courants, comme le sont quelques parties de la Méditerranée; encore ces mélanges sont-ils rares et de peu d'importance.
La trop grande extension qu'on a donnée à ces mélanges, dans les couches fossilifères, tient le plus souvent au manque de connais* sauces positives sur la manière d'être, sur les habitudes des coquilles. Parce* qu'on trouvait dans la Seine une néritine Me neritina fluviatilis)^ on a cru que toutes les néritines étaient fluviatiles, ce qui est entièrement faux. Il en est de même des cyrènes, des soi-disant mélanies du bassin de Paris, et d'une foule d'autres coquilles qu'on a prises pour terrestres et fluviatiles, tandis qu'elles sont bien certainement marines.
On distingue souvent une couche fluviatile d'une couche marine 'à sa contexture, ordinairement plus poreuse» mais bien plus certainement encore à la composition des êtres qu'on y rencontre. On 3ait que* la terre nourrit des limaçons (Ae/tx, cyclo$toma),i^s pupa,des c/au^t'/ta, respirant Pair en nature; (jue les eaux douces sont remplies de tymnta^ de physa^ de planorbis. C'est donc par la comparaison des coquilles aujourd'hui propres aux continents et aux fleuves qu'on arrive à déterminer la nature terrestre, fluviatile ou marine des espèces perdues. C'est encore avec cette connaissance préliminaire qu'on reconnaît, sur nos plages maritimes actuelles, le limaçon que les aiUuents terrestres y ont porté. On conçoit, dès lors, qu'à moins d'une étude spéciale, approfondie, on puisse facilement se méprendre et admettre des mélanges qui n'existent pas toujours. •
On a pensé que quelques espèces pouvaient passer avec facilité à l'état de vie, eu par les œufs, de l'eau douce à l'eau salée, ou de l'eau salée à l'eau douce. Les expériences
Jue M. d'Orbigny a faites à cet égard lui eut onné des résultats négatifs. Ces prétendus passages tiennent essentiellement encore à de fausses déterminations. Chaque espèce est propre à son élément, dont elle ne peut sortir, ce qui n'empêche pas certaines néritines d'être marines (neritina meleagris et viridis)^ tandis que quelques autres sont fluviatiles; et tels ceruhium d*ètre fluviatiles, quoique les autres espèces du genre soient marines.
Quelques auteurs, par système préconçu, ont prétendu que, si les mollusques fluvia-
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ET D£ PALEONTOLOGIB.
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tilei ne peurenl p» vivre dans Teau salée, par suite d'un passage brusque, il peut en être autrement de leurs œufs, et qu'ainsi les espèces sont susceptibles de se modifier, en passant graduellement de Teau douce à l'eau salée, et de donner des coquilles striées, de Usses qu^elles étaient. Ces suppositions, qui ne sont pas le fruit de l'expérience, mais qu ont fait établir des observations géologiques peut-être trop superficielles, se trouvent en contradiction complète avec la nature. Nous avons dit que, dans le golfe de Luçon, il s'opérait tous les ans des atterrissements considérables sur le littoral maritime. On peut y voir, en effet, renfermée par des digues qui ne laissent plus pénétrer Tes eaux de la mer, une largeur souvent de 10 ou 12 kilomètres pris sur les limites anciennes de rOoéan. Si les 3ufs des mollusques fluviatiles avaient pu vivre dans un mélange d'eau douce et d'eau salée, ils avaient sur ce point tous les éléments de propagation; car ils sont, par gradation in« sensible, transportés depuis les eaux les plus douces jusqu'à l'eau ^aumâtre, au moyen de ces milliers de petits canaux pratiqués pour l'écoulement très-lent des eaux vers les écluses des digues. Eh bienl nonsenlement les coquilles d'eau douce ne se mêlent pas, mais encore, entre la digue la plus rapprochée de la mer et le premier point ou les coquilles iluviatiles commencent à vivre, il y a une bande de 8 à b kilomètres de largeur où n'existe aucune coquille. Pourtant, même au goût, on ne trouve aucune saveur saline aux eaux remplies de plantes aquatiques, n*ayant pas communiqué avec la mer depuis presque un siècle^ et ne pouvant avoir d*autre salure que celle transmise par le sol. Il est même remarquable de voir dans ces eaux, où les mollusques iluviatiles ne sauraient pas encore vivre, des grenouilles, et jusque quelques poissons d'eau douce^ qui probablement sont moins sensibles au mélange presque nul des eaux. Il faut donc encore re- Qoncer è ce beau système de mélange, sur lequel ont, tout de suite, été établies plu* sieurs théories directement opposées aux tdiis. Nous avons cité le golfe de Luçon, où tout le monde peut aller vérifier notre assertion ; mais nous pourrions encore citer cent autres points d'Europe et d'ailleurs, où Ton a pu, sur une vaste échelle, observer les limites tranchées qui existent partout entre les coquilles fluviatiles et les coquilles marines.
Sans les fleuves, suivant la pente et la valeur des marées locales, il y a une surface plus ou moins grande où il n existe aucune coquille fluviatue ni marine. Dans la Seine, cette limite est comprise entre Rouen et le Havre, ou sur près de cent kilomètres de circuit ; dans la Loire, c'est depuis le Pellerin jusqu'à la pointe Saint-Gildas, ou sur près de trente kilomètres. Dans la Plata, c*est depuis Punta la Lara, près de Buenos- Ayres, Jusqu'à Montevideo, ou sur près de deux dc^réui de longueur.
Indépendamment des cocjuilles purement terrestres et purement marines, il en est de propres aux eaux saunuitres qui peuvent, jusqu'à certaines limites, s'avancer dans les eaux plus ou moins douces, plus ou moins salées ; mais elles ne vivent longtemps ni dans les unes, ni dans les autres. Dans tous les cas, il faut se garder de confondre ces coquilles, du reste en très-petit nombre, avec les coquilles purement marines que les tempêtes amènent rarement à quelque dis^ tance en dedans de l'embouchure des- fleuves.
COUCHES CONCORDANTES, DISCORDAHTBS, INGLINÉBS, CONTOURNÉES, CtC — Voy. PbR- T1>RBATI0N8 6ÂOLOG1Q0ES.
COURANTS MARINS, leur m/Itienee dans la disiribtUion des animaux marins, — Voy, Couches sédimentaires.
CRAG. — Voy. Falcnibn.
CRAIE BLANCHE.— Foy. S^vonivn.
CRAIE CHLORITÉE.— Voy. CiNOMANiBN.
CRAIE-TUFAU. -Voy. Sénonibn.
CRÉATION. — Voy. Cosmosonib.
CREATION DES espaces fossiles. — Voy.
EspàcES fossiles.
CREATIONS ET DESTRUCTIONS sugcbs- 8IVBS DES mondes, tradition des peuples sur ce point': opinion de Mgr Wiseman. — Voy. JisAN (de Saint-Clavien).
CRÉTACÉS (TERRAINS). — Quatrièaie grande époque du monde animé. C'est l'époque de la première apparition des oiseaux palmipèdes, des poissons cjcloïdes et oCé-* noides, eto. Ces terrains ont reçu le nom de créiacéSf parce que la craie se trouve la composition minéralogique dominante dans cette formation géologique.
Nous appelons donc terrains crétacés la succession d'étages qui occupe l'intervalle compris entre los couches portlandiennes, derniers tlépôts jurassiques, e4 l'étage nummulitique, ou suessonieu, premier membre des terrains tertiaires. Nous y réunissons, dès lors, tous les étages, depuis et y compris l'étape néoçomien, jusqu'aux couches deLaversme, qui constituent l'étage danien. Cet ensemble, parfaitement circonscrit, se distingue nettement des t^rains inférieurs et supérieurs par l'ensemble de toutes les considérations paléontologiques et stratigraphiques, dont les résultats offrent l'accord le plus parfait.
On trouve la série complète des étages sans lacunes, en marchant de Vassj (Hautty- Marne) à Vertus (Marne).
Ainsi que le démontre la carte géologique de France de MM. Elie de Beaumont et Dufrenoy, les terrains crétacés occupent une vaste surface de notre sol. Ils forment en effet un grand cercle dans le bassin angloparisien, autour de Paris. On les voit dans le fond de presque toutes les vallées et sur la c6te de la Manche, depuis la Seine jusqu'au cap Blanc-Nez, dans le Boulonais Ils se continuent ensuite en une ceinture passant à Cambrai, à Vervins, à Réthel, h Reims, à Vitry, à Saint-Dizier, à Troyes, à ^oigny, à Saint-Fargeau, à Montrichard, 4
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LadheSy à Tours, à ChAtelleraulr, à Tourtenay, à Sauraur, au Mans, à Guilbault, à Lisieux et à Hoofleur. On en voit, en dehors de ce grand cercle « un lambeau dans le département de la Manche , à Saiiite-Colombe.
Le complément du bassin anglo-parisien se trouve en Angleterre, où il forme une large bande qui s'étend depuis la Manche jusqu'au Yorkshire.
Si nous les cherchons dans le bassin pyrénéen, nous les verrons, indépendamment des lambeaux de la Vendée, former une large bande dirigée au sud-est, qui, en largeur, s'étend de rembouchure de la Charente jusqu'à l'embouchure de la Gironde, et passe
far Saintes, Cognac, Angouléoie, Ribérac, ériffueux, jusqu'à Gourdon (Lot). Une autre bande interrompue se voit sur lé versant septentrional dos Pyrénées, à Bidart, et dans le Gers, et se montre en Espagne dans lea i>rovinces de la Biscaye et de San- Ander, ainsi qu'en Portugal, près de Lisbonne, bans le bassin de la Méditerranée il existe
.db vastes lambeaux de terrains crétacés. On trouve ces terrains en Belgique, en
• Hollande, en Prusse, en Westphahe, en Hanovre, en Saxe, en Bohème, en Pologne, en Suède; dans la Mingrélie, la Circassie, la Géorgie, le Caucase, la Bulgarie, la Servie, la Valachie, la Transylvanie, la Gallacie,. la
. Volhynie , la Podolie. De vastes surfaces s*étendent sur la Russie, de la Pologne jusiiu'à l'Oural. Dans l'Amérique septentrionale ils couvrent les parties orientales du New- Jersey au Texas, sur SS*" de lon^eur en latitude. Ils se voient dans l'Amérique méridionale, dans la Nouvelle - Grenade, au Pérou, au Chili, et au détroit de Magellan. En Asie, ils existent à Pondiéhéry et à Java.
£n résumé, nous connaissons aujourd'hui des terrains crétacés les mieux caractérisés sous la zone torride, dans l'hémisphère sud jusqu' au 53* degré, au détroit de Magellan, et dans l'hémisphère nord jusqu'au 56* degré de latitude. La répartition des terrains crétacés sur les parties du globe étudiées sous
.16 rapport géologique nous donne la preuve qu'ils doivent se retrouver encore sur beaucoup de points inconnus à la science. Cette .répartition nous permet, de plus, de dire avec certitude qirils ne forment pas des dépôts partiels, mais qu'ils constituent bien une quatrième grande époque géologique dont nous voyons partout les traces à la surface de la terre.
Pris dans leur ensemble, ces terrains reposent tout autour du bassin anglo-pai*isien, en France et en Angleterre, sur les couches
I'urassiques ; il en est de même de ceux du )assin pyrénéen des départements de la Charente-Inférieure, de la Charente, de la Dordogne et du Lot ; dans le bassin méditerranéen, de presque tous les lambeaux de la Provence, des deux versants des Alpes, du Jura, de l'Allemagne, de la Russie, etc. 11 n est, dès lors, douteux pour personne que les terrains crétacés, comme ensemble.
niaient régulièrement succédé dans Tordre chronologique aux terrains jurassiques.
* En réunissant ici la plus grande imissance indiquée à chaque étage en particulier, voici ce que nous trouvons :
Etage danien 15 mètres.
— sénonien 300
— turonien ÎOO
— eéiiomanien 500
— albien 40
— aptien 900
— néocomien 2,500
Total 3,761 mètres.
Bien que ces chiffres ne soient qu'approximatifs, et qu'on ne puisse réunir tous les points les plus épais pour en déduire l'épaisseur totale, nous avons voulu néanmoins les grouper pour montrer la valeur comparative de durée des étages crétacés. A en juger par la puissance, féta^e néocomien e^t le plus important; après viennent l'étage cénomanien , l'étage sénonien , et l'étage aptien.
Par ce que nous dirons aux étages, on verra que, pendant la période crétacée, il existait des continents et des mers, comme dans la nature actuelle, et ceux-ci soumis à toutes les lois physiques qui agissent au* jourd'hui à la sunace de la terre.
Caractères paléontologique$. — Voyons par les caractères positifs et négatifs de la faune crétacée à définir les changements de forme des animaux qui amènent ce faciès si différent qui existe entre les terrains crétacés, jurassiques et tertiaires.
Les i9k genres éteints dans les terrains jurassiques , sans passer aux terrains crétacés seront autant ae caractères négatifs que nous pouvons invoquer pour distinguer les terrains crétacés des terrains jurassiques.
Les caractères négatifs propres à faire distin^er les terrains crétacés aes terrains tertiaires se composent de tous les genres qui, encore inconnus aux terrains crétacés , ne se montrent qu'avec les terrains tertiaires. Ces genres appartiennent aux classes suivantes ; parmi les mammifères, 113 genres; parmi les oiseaux, ki genres; parmi les reptiles , 16 genres ; parmi les poissons , 119 genres; parmi les crustacés , 23 genres; parmi les mollusques céphalopodes , 3 genres ; parmi les gastéropodes , 62 genres ; parmi les lamellibranches, 21 genres; parmi les brachiopodes , 1 genre; parmi les bryozoaires, 7 genres; parmi les échinodernies , 24 genres ; parmi les zoophytes , SO senres ; parmi les foraminifères , 34 genres. Nous aurions donc, pour séparer zoologiquement les terrains crétacés des terrains tertiaires , 514 genres inconnus aux premiers, et pouvant donner des caractères négatifs. Mous pouvons y joindre les caractères plus généraux de manquer de 24 ordres d*animaux.
En résumé, nous aurions, pour distinguer les terrains crétacés des époaues antérieures et postérieures , environ 1,018 genres , pouvant donner des caractères négatifs.
Les terrains crétacés se distinguent des
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ET DE PALEONTOLOGIE.
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terrains Jurassiques par les 268 genres qui iervent de caractères négatifs aux terrains jurassiques , puisq[u*ils sont inconnus à cette époque et ne paraissent qu'avec les terrains crétacés
Les terrains crétacés se distinguent encore des terrains tertiaires par tous les genres qui s'éteignent dans les premiers sans passer aux seconds, qui deviennent dès lors autant de caractères positifs pour les terrains crétacés. Ces genres sont ainsi répartis dans les séries animales : parmi les oiseaux, 2 genres ; parmi les reptiles, 12 genres; parmi les poissons, 29 genres; parmi les crustacés, 1 genre; parmi les mollusques céphalopodes, 17 genres; parmi les gastéropKodes , 11 genres; parmi les lamellibranches , 7 genres^ parmi les bracbiopodes, 12 genres ; parmi les bryozoaires, 12 genres ;
E rail les echinodermeSy 34 genres; parmi i zoophytes, 53 genres ; parmi les foramioilières, 9 genres ; parmi les amorpbozoaires, 89 genres. Ces genres , qui cessent d'exister arec les terrains crétacés , sont au nombre de 228.
Mous pouvons maintenant dire que le fades , si distinct de la faune des terrains crétacés, que tout paléontologiste érudit doit apprécier, provient, comme ou le voit, de la combinaison des caractères négatifs au nombre de 536 genres . et des caractères positifs au nombre de 698, qui , tout en donnant des caractères spéciaux différentiels avec les grandes époçiues immédiatement antérieures ou postérieures, viennent former ce iacies d'ensemble qui la caractérise. Au milieu des dissemblances nombreuses, on reconnaît, pourtant, que les terrains crétacés , par leur faune ^ sont aussi bien intermédiaires aux terrains jurassiques et tertiaires. Qu'ils le sont par leur position stratigrapniaue rigoureuse.
Les caractères stratigraphigues que nous donnent les espèces sont bien plus multipliés encore que ceux fournis par les genres. Outre les espèces d'animaux vertébrés et annelés, s'élevant environ à 700, nous' a vous encore, pour distinguer plus particulièrement les terrains crétacés des périodes antérieures et postérieures , le chiffre de 4,291 espèces d'animaux mollusques et rayonnes. Ces espèces sont ainsi distribuées dans les étages , en commençant par les plus inférieurs :
Espèces reocoDlrées
dsos 2 oa 3 éUget
à la fois.
éfAQEM,
Néocooiicn 7
Aptten. 8
Alblea. 8
Cénomauien. 8
Turoitien. 5
Sénonieii. 5
Daiiîen. 3
Totaux. 42
Espèces spéciales I SMl étage.
TOTAUK.
Nombre réel des espèces commiinea après Mippressloi* des chil&es répétés. Si,
Par les détails spéciaux qu'on trouvera aux étages , dont le tableau précédent n'est que le résumé , tous les faits bien constatés, analysés aux étages amènent aux conclusions suivantes :
1* Il existe dans les terrains crétacés plus de 5,000 espèces d'animaux entièrement différents des animaux des périodes antérieures et postérieures et caractéristiques de ces terrains.
2" Ce nombre se divise en sept zones superposées formant, dans l'ensemble des terrains crétacés, autant de faunes chronologiques ou d'époques qui se sont succédées rémilièrement ies unes aux autres.
3** Chaaue zone a montré encore une faune spéciale, distincte des zones inférieures et supérieures, qui constitue un étage, une époque bien caractérisée, de la même valeur que l'époque actuelle.
k" Le nombre des espèces qui se trouvent par accident ou autrement dans deux de ces étages à la fois, dont le nombre avait été exagéré par suite de fausses déterminations , est dans le rapport de 21 è 4,291 , et ne s*élève, dès lors, en réalité qu'à un demi pour cent. Ce nombre insignifiant ne peut donc en aucune manière modifier les résultats propres aux faunes spéciales successives.
Chronologie historiç^e, — Les terrains crétacés, considérés dans leur ensemble, ont toujours eu des continents et des mers. Tâchons de définir à grands traits quelle était la circonscription primitive des mers et quelles modifications ces mers ont pu subir dans leurs formes , durant cette longue période.
Au commencement delà période crétacée, trois bassins distincts sont bien circonscrits en France et en Angleterre. Ces mers occupaient un vaste espace en dedans des mers jurassiques.
Le bassin anglo-parisien couvre un vaste rayon autour de Paris , ayant pour limites à Test, sur les terrains jurassiques, Brillon (Meuse), Vassy (Haute-Marne), Vendeuvre (Aube), Auxerre {YonneJ , Arquian (Nièvre), Les (ilus anciennes limites occidentales des terrains crétacés, également sur les terrains jurassiques, sont cachées en France, mais reparaissent en Angleterre, où on la voit suivre une ligne N. N.-E. et S. S.-O. , du Dorsetshire jusqu'au Yorkshire.
Le bassin pyrénéen qui existait aux terrains jurassiques ne parait pas avoir participé aux premiers dépôts crétacés.
Pour le bassin méditerranéen , ses limites occidentales paraissent être les mêmes qu'aux derniers âges jurassiques. Seulement» les terrains crétacés ont recouvert des partîtes jurassiques de l'Ilot du Var , et montrent encore un continent oriental sur la ligne des Alpes françaises, surtout depuis*Digne jusqu aux sources du Rhin.
En résumé , les bassins maritimes angloparisien et méditerranéen existaient seuls sans le bassin pyrénéen , avec le premier étage crétacé) néocomien. Pendant les étages