‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 45 sur 216 · CR · texte numérisé non relu

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néocoroieii, aptien et albieu, les mers ont eu \e$ mtmes circonscriptions ; seulement , è chaque étage , les limites des terrains crétacés s'éloignent , de plus en plus , des terrains jurassiques 9 en formant des lignes parallèles d'atterrissement sur toute la région orientale du bassin anglo-parisien de France et d'Angleterre. A la fin du troisième étage alhien , tandis que les mêmes atterrissements continuent à se faire à la partie orientale du bassin anglo-parisien, un affaissement considérable abaisse , à la fois , toutes les régions occidentales de ce bassin en France» de l'embouchure delà Seine jusqu'à la Touraine et le bassin pyrénéen. Toutes ces parties reçoivent alors à la fois la mer cénomanienne , qui envahit, à Touest du bassin anglo-parisien, des parties de terrains jurassiques surélevés depuis longtemps, en même temps que tout le bassin pyrénéen de la Charente aux Pyrénées , exondé depuis la fin des terrains jurassiques. Ensuite il se fait, sur les différents points des trois bassins, et à chaque étage, des atterrissements successifs sur tout le pourtour des parties déjà surélevées, toujours en dedans les uns des autres , et formant des lignes concen-. triques ré^julières. Néanmoins, nous voyons, h la fin de Tétage turonien , ou pour mieux dire , au commencement de l'étage sénonien , la mer bornée à la France envahir à la fois toute la Belgique jusqu'à Maestricht, et une partie du Cotentin, sur des points exhaussés depuis les terrains paléozoïques. Tandis qu'en France et en Angleterre, à Texception du changement cité, les choses se passent ainsi, jusqu'à la fin.de la période crétacée,

(»ar un retrait continuel des eaux dans tous es* bassins , on voit à la fiji de l'étage turo-^ nien , eneore par suite d'affaissements immenses des parties surélevées depuis l'étase oxibrdien, là mer sénonienne envahir, la Russie , de la Suède jusqu'à l'Oural , en s'avançant jusqu'au 56* de^ré de latitude. En même temps la mer sénonienne s'avance vers i'oaest sur l'Araérigue septentrionale du New-Jersey au Mexique, au sud 35* de latitude , et apparaît au Chili et à Pondicbéry dans l'Inde.

Les continents de la période crétacée ont subi des changements corresimndants, et se sont augmentés ou rétrécis, en raison des retraits ou de l'empiétement des mers.

Lesanimaux,commeon le verra aux étages, se sont souvent renouvelés durant cette longue période. Aux animaux terrestres préexistants tels que les oiseaux, les reptiles sauriens et chéloniens, les insectes ; aux nombreux animaux marins « tels que poissons « mollusques, échinoderm es, zoophytes, foraminifères et amorphozoaires, viennent s*y joindre les poissons cycloïdes et clénoïdes , des foraminifères énallostègues , cyclostègues et a^athistègues jusqu'alors inconnus. C'est aussi rinstant où régnent, dans leur nlus grand développement générique, les mollusques brachiopodes cirridés^ les bryozoaires ^ les fjraininifères cychstigues et les amorpinroaireh ou spongiaires testacés. A cette

époque également ^ les céphalopodes ammo* mticfés aux coquilles élégantes et variées prennent leur plus beau développement, avant de disparaître pour toujours de la surface du giobe. Pendant la période crétacée , sont nés environ 268 genres d'anitnaut jusqu'alors inconnus, et nous y connaissons déjà 5,000 espèces d'élres spéciaux.

La présence, durant toute la période crétacée', des mêmes genres et des mêmes espèces d'animaux depuis la zone torriae jusqu'au 56" de latitude de deux côtés du monde, annonce , sur ces différents points, aujourd'hui si disparates, une température uniforme tenant évidemment à la chaleur centrale de la terre qui neutralisait encore les lignes isothermes actuelles.

Les oscillations du sol existaient aussi durant cette période, et nous en avons retrouvé beaucoup de traces.

A sept reprises , des perturbations géologiques plus fortes que les oscillations ont encore interrompu l'animation des continents et des mers ; mais , après chacune de ces grandes catastrophes de la nature, le calme est revenu, et^ de nouveau , la puissance créatrice a repeuplé la terre de ses animaux et de sa flore composés d'espèces ^stinctes des espèces de Tépogun antérieure.

Les roches plutoniénnes qui apparaissent lors des dislocations de la période crétacée sont encore^ pour quelques auteurs, les basaltes et les porphvres pyroxéniques ; M. Cordler ^ OUI n aamet ces roches que dans la périoae tertiaire, regarde comme contemporaine des terrains crétacés :

La mimosile (partie de la djolérile et du trapp de M. d'Omalius d'Halloy , partie de la aolérite de M. Brongniart). Cette roche noirâtre, grenue, à grains trè5;-fins«. est composée de pyroxène (15 à 1/10 de la masse), de fer titane (1 à i/100) et de feldspath vitreux, teint en noirâtre par ce pyroxène. Elle passe au basanitej quand ses ])arties sont jplus minimes. Son Age appartient aux périodes crétacées et tertiaires.

CRINOIDES. — C'est un ordre d'écbinodermes, embranchement des zoophytes.

Corps bursiforme , distinct , pourvu de tinq bras non creux ; organes spéciaux de préhension et indépendants de la cavité viscérale. Une bouche ^ un anus distincts ; point de pédicules rétractiles; ovaires à la base des bras, nu s'ouvrant par une ouverture spéciale. Charpente testacée très-épaisse , extérieure, plus ou moins régulière du côté de la bouche, mais toujours régulière du côté opposé; formée de plaques testacées* solides, contiguës, dont le nombre est limité, et le plus souvent disposé sur cinq faces, dont uoe pièce centrale donne ou non naissance à une longue tige terminée par une racine fne sur laquelle est porté l'ensemble. Jamais d'épines testacées articulées. La bouche est au centre supérieur ; l'anus , sur le côté. Les bras, pourvus en dessus d'un sillon, oti sont des cils vibratiles qui conduisent tesalimenls à la bouche, sont formés, extérieurement, d'une série de pièces simples ou alleiii<vi

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ET D£ PALEONTOLOGIE.

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inférieures « portant des ramuîes, mais toujours dépourrues de plaques ou d'épines.

les crinotdes ^ sans exception, qu'ils soient libres ou fixes, se tiennent la bouche en haut, les bras étendus, pour atteindre leur proie , dans une position tout à fait opposée aux autres échîDoJermes.

Les crinoîdes, comme nous les envisafcoos, se distinguent nettement des autres echiooilermes , par les modifications que dét<^rmioe chez eux la station normale tout à dit opposée. En effet, les autres échinodermes restent inyariablement la bouche en bas; mais, chez les crinoîdes, toutes les parties sont disposées de manière à ce que la station normale soit la bouche et l'anus en l'air. Si les oursins et les astériens peuvent chercher leur proie en rampant sur le sol soos-marin, les crinoîdes, au contraire, ne

Eurent que l'attendre. Nous ayons dit que ^ crinoîdes étaient disposées de manière è vivre la bouche en haut ; en effet, les observations laites sur jes comatules vivantes donnent la preuve que , libres ou fixes , les genres que nous y réunissons avaient tous le même genre de vie. Les racines et la tige des crinoîdes fixes s'opposent à ce qu'ils virent autrement ; et l'analogie des espèces vivantes anx espèces fossiles nous donne la certitude que les crinoîdes fixes vivaient sur les lieux rocailljeux ou au milieu des bancs de coraux les plus profonds. Là , fixés par la racine , leur longue tige s'élevait verticalement , et leur cauce , couronné de ses bras , s'épanouissait pour attendre la proie qui paissait à leur portée. Les comolu/idir , fixées dans leur jeune âge, comme les cronoîdes fixes, sont libres ensuite; mais alors ^lles se cramponnent au sol par les verticilles inférieurs de leur calice, qui remplacent, dans . ce cas, la tige et la racine (des autres, et épanouissent leurs bras. Chez les genres saecoêomaei marsupUes, que nous regardons eocore comme des crinoîdes, la saillie de leur calice globuliforme s'oppose à ce qu'il puisse être en dessus dans la reptation; nous devons donc croire que cette disposition particulière était propre a vivre sur les sédiments fins , où les autres crinoîdes ne pouvaient se fixer. Lh , le calice enfoncé dans le sable ou l'argile, ils déployaient protMihlement leurs bras comme ceux des crinoîdes, porié^sur une tige, ou comme les comatules, cramponnés aux polypiers ou aux rochers. En resumé, on voit, chez les crinoîdes, trois modifications déterminées par le mode d*existénce : les uns, fixes au milieu des bancs de coraux , dans les grandes profondeurs des.mers; les autres, libres, pouvant, aa moyen de petits bras verticilles inférieurs, se fixer aux différents corps, sous-marins solides; les troisièmes, disposés de manière à ce que leur corps bulbiforme s'enfonce dans les sédiments fins. .

Nous appelons racine^ la partie rliizomorptie qui fixe l'animal au sol , et qui , isolée ou groupée, s'attache directement au sol pcr ue véritaUes racines testacées. De cette caciof^, chez les crinoîdes fixes, part une

/tfff longue, formée d^aritcles pentagones, arrondis ou carrés , placés les uns sur les autres, percés d'un trou au centre, et articulés par des rayons ou par une étoile formée de saillies et de dépressions. A Textréraité supérieure de cette tige est un ensemble do pièces testacées régulier, qui enveloppe, plus ou mains , les viscères et les protège : c'est le calice. Celui-ci , qui forme tout le sac viscéral chez quelques genres, n'en occupe que la partie inférieure chez quelques autres.il se compose de pièces diverses, qui ont reçu des noms tirés de leur position. Les unes reposent immédiatement sur les derniers articles de la tige , chez les genres qui en sont pourvus , ou sur une pièce centrale qui la compose chez les crinoîdes libres ; ce sont , pour nous , les pièces basales. D'autres donnent naissance aux bras : ce sont les

{nices branchiak$. Entre les pièces basales et es pièces branchiales se trouve un nombre plus ou moins grand de séries de pièces, disposées par anneaux : les pièces intermédiaires. Entre les rangées longitudinales des pièces intermédiaires, il en existe d'autres plus irrégulières, que nous désignerons comme pièces acce«sotre«. Les pièces superposées qui, dans leur ensemble, composent les britf,nous les appelons articles branchiaux. De ces bras,plus ou moins longs et divisés eu branches, partent, alternativement, de chaque c6té , d'autres petites branches courtes, uniformes , jamais divisées ; nous les désignerons comme des ramules. Souvent en dedans des bras sont des pièces qui enveloppent les viscères, et que. nous appellerons pièces viscérales.' Ce témoignage remplacera cet assemblage disparate de noms qui juraient ensemble, comme ceux de tigcj de calice j de bassin , de pièces costales , iniercostaies , de scapulaires^ de imitfu et de doigts employés par M. Miller.

Le premier fait qui frappe en jetant h s yeux sur le tableau de Ja répartition des genres et des espèces fïéchinodermes crinoîdes \k la surface du globe terrestre , depuis le commencement de l'animalisation jusqu'à l'époque actuelle, c'est la concordance de distribution qu'on trouve dans cet ordre avec les céphalopodes tentaculifères et celui des brachiopodes. En effet, comme pour les séries animales que nous venons de citer, les crinoîdes naissent en nombre considérable de genres et d'espèces , avec les premiers âges du monde animé, les terrains paléozoîques , où ils ont leur maorimum de développement; puis, il n'y a phis que quelques genres isolés dans les diverses époques, à l'exception de l'étage oxfordien, ou se montrent encore de nouveau des formes plus nombreuses. Deux époques, comme on le voit, auraient été plus privilégiées que les autres pour les crinoîdes. Ils' sont dans une période décroissante depuis dé vonien jusqu'à

présent.

Comparaison des deux divisions entre elles. — Nous divisons les crinoîdes en crinoîdes fixes et crinoîdes libres. Voyons la marche que ces deux séries ont suivie :

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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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. Les ermoides fixes ^ dont dépendent le pêntacfinus f Vaptocrinus , etc., se sont déjà montrés en grand nombre avec le premier âge du monde animé (Tétage silurien); ils atteignent leur maximum de développement génériaue avec Fétage dévonien , le second , et ne lont plus ensuite que décroître. Ils offrent 39 genres dans les terrains paléozoïques ; 2 dans les terrains triasiques , 7 dans les terrains jurassiques , 5 dans les terrains crétacés, 1 dans les terrains tertiaires; et, de tous ces genres connus, on n*en retrouve plus, dans 1 époque actuelle, que deux pour représenter les formes si variées des premières mers du monde. 11 est évident que , depuis Tétage dévonien , les crinoïdes fixes ont toujours été dans une période décroisliante de développement de formes génériques.

Les crinoïdes Itfrre», auxquels appartiennent les comatules^ ont commencé bien plus tard. Us manquent dans les terrains paiéozoïques et triasiques. Leur premier genre se montre avec l'étage bathonien, le cinquième des terrains jurassiques , et le maximum se trouve dans Tétage oxfordien, le septième des mêmes terrains. Ils montrent 4 genres dans les terrains jurassiques, 3 dans les terrains crétacés , aucun genre dans les terrains tertiaires; et, à l'époque actuelle, il en existe deux seulement. Ici, quoique les genres aient paru, plus tard, ils suivent la même marche décroissante de développement générique , depuis les terrains jurassiques jusqu'à présent.

^ Les deux séries so^it donc dans leur période décroissante : l'une, depuis les terrains paléozoïques ; l'autre , depuis les terrains jurassiques. Dès lors, }es crinoïdes sont en contradiction complète avec l'hypothèse qui faisait croire au perfectionnement des êtres dans les Ages du monde.

La comparaison de l'instant d'apparition des deux séries, par rapport à la perfection de leurs organes , nous amène a des conclusions différentes. Si d'être libre donne un degré de plus de perfection que d'être fixe , assurément les crinoïdes libres ayant paru les derniers, on pourrait y voir une marche dans le sens de la perfection ; mais comme toutes les deux sont également, aujourd'hui , dans la période décroissante de développement générique, ou peut dire qu'il n'y a nullement eu marche croissante, de perfection des organes des âges anciens aux plus modernes.

L'ensemble numérique des genres, pris dans l'ordre chronologique par terrains, nous amène-t-il à des conclusions identiques?

Les connaissances actuelles donnent aux terrains paléozoïques 39 genres ; aux terrains triasiques 2 ;, aux terrains jurassiques 12r aux terrains crétacés 8; aux terrains tertiaires 2; et, à l'époque actuelle, «. Les genres sont donc dans une décroissance numérique constante, depuis le premier âge du monde animé jusqu'à notre époque , et ils restent aujDurd'hui près d'un dixième de ce qu'ils étaient dans ces premiers Ages du monde.

Nous avons donc ici une marche tout l fait rétrograde,

Déauctions climatologiques et géographigués. — Le peu de genres vivants cornius nous amène cependant à des conclusions importantes. Les crinoïdes fixes actuels, tels que les pentacrinus, sont spéciaux aux grandes profondeurs des mers chaudes des Antilles. Comme on les trouve en France et en Europe, pendant toute la série des terrains jusqu'aux dernières époques tertiaires, on doit croire que ces mêmes régions jouissaient d'une température beaucoup plus chaude qu'aujourd'hui. La présence des

Î pentacrinus^ en Europe, prouve encore que a distribution géographique actuelle esi tout à fait différente de la distribution géographique ancienne. Une déduction de plus doit être signalée. Les crinoïdes ne se trouvent maintenant que dans les mers profondes. On peut, dès lors, croire, chaque fois qu'il y a abondance de crinoïdes dans une couche, qu'elle dépendait d*une partie profonde des mers de cette époque.

Déductions aéologigues tirées des genres, — Les caractères stratigraphiques négatifs son t d'autant plus marqués pour les crinoïdes. que des 60 genres, aucun n'occupant Tensemblo des étages, et, au contraire, tous étant circonscrits dans ces étages, ils peuvent donner d'excellents caractères négatifs pour les étages supérieurs et inférieurs ou ils manquent.

Caractères stratigraphiques positifs. — Par la même raison, les caractères positifs sont aussi prononcés pour les crinoïdes. En effet , puisque les 60 genres sont limités dans les étages, ils peuvent tous donner des caractères positirs pour les zones où ils se rencontrent. Ces caractères seront d'autant plus maroués que, sur ce nombre, 37 genres, ou plus de la moitié, n'occupent qu'un seul étage; et que, sur 60 genres, trois seulement existent dans les mers actuelles , tous les autres ayant été ensevelis dans les couches terrestres. La persistance est marquée pour le genre pentacrinus.

Les déductions géologiques tirées des espèces de chez les crinoïdes sont les mêmes que pour les autres séries d'êtres : les espèces» au nombre de 286, sont , à peu d'exception près , spéciales à un seul étage qu'elles ne iranchissent pas; aussi sont-elles c^actéristiques des étages où elles vivaient.

CRINOIDIENS. — Parmi les familles fossiles de la division des rayonnes, les géologues en ont découvert une, à laquelle on ne connatt encore que peu d'analogues è Tétat vivant, et qui mérite une attention spéciale, soit pour son importance numérique, soit pour son extraordinaire beauté.

On rencontre souvent des successions de couches dont chacune est épaisse dé plusieurs pieds, et offre plusieurs milles eu étendue , dans la composition desquelles Us débris calcaires d'encrinites entrent iH)ur plus de moitié. Le marbre à entroques du comté de Derby, et la roche noire des buttes de calcaire carbonifère des environs de Bris-

en

car

toit soDi des exemples bien eonoas de ter* nies stratifiés ainsi romposés ; et ces exemples font voir quelle large part ont eue parfois les débris animaux dans Taccroissement de Tolnroe des matérianx qui composent i enrelomie minérale du globe.

Les débris fossiles dont il s'agit «nt été longtemps connus sons le nom depierresliliforma ou emeriniies. On les a dernièrement réunis en un ordre, sous le nom de crinoïdes. Cet ordre comprend plusieurs genres et un grand nombre d'espèces, que Cuvier place après Ses astéries, dans l'embrancbement des zoopby tes. Presque tous paraissent aroir été fixes, soit sur le fond de la mer, mi sor des corps flottants étrangers (289).

Les deux genres les plus remarquables de cette famille sont connus depuis longtemps des naturalistes sons les noms d'encrmiieeldepefUaermfte. Le premier est celui dont les espèces rappellent le plus la forme d'un \js ; elles sont portées sur une tige ejlindnque. Les espèces du second genre ont avec les encrinites des analogies générales de structure ; mais la forme pentngonale de leur tige leur a Talu le nom de pentaerinite. Un troisième genre, désigné sons le nom d'aptoermt/e ou encrinitt potre^ lait Toir, sur une grande échelle, les parties constituantes du corps dans cette famille, et il a éle placé par M. Miller en tête de son oarragB important sur les crino'idiens.

I>eux espèces récentes ont servi è mettre en lumière la nature de ces débris fossiles ; ce sont la pentaerinite tête de Méduse^ des Indes occidentales (â90), et la comatule frai^ mie {eomaiula fimbriata) fisurée par M. Miller aans la première plandne de son ouvrage sur les crinoidiens.

Noos allons étudier les arrangements mécaniques que nous offre la structure de deux ou trois des espèces fossiles les plus importantes de cette famille, dans leurs rapports aTec les fonctions de zoopbytes, destinés à s*eàiparer de leur nourriture à l'aide de filets tendus, soit que, fixés au fond de la mer, ils soient réduits aux mouvements limités, que

(tt9) ( Cet animal, dit M. Miller, offre one coromle, ovale ou angolaire, formée de nomarticles, ei sopportaiit à son sommet une série de lames ou d'articles qui forment un corps cuponforme^ où sont contenues les viscères, et donnant naissance, ^ son bord supérieur, à cinq bras articulés qui se divisent en des doigts tcntacnllforroes plus on moins nombreux, rangés tout autour d3 ro-iTettnre de la bouche. Celte bouche est située an eentie d*une voAle composée de pUqoes, et s*éiroJant au-dessus de la cavité abdominale ; et elle ea >n>ce| tiblede prendre, par certaines contractions, La îéïrme d'une trompe ou d'un cône. •

{"idO) ïjes comatules offrent avec les pentacrinites a ne coofon%ité de structure presque parfaite dans les parties essentielles , â fexception de la tige qui ■lanqoe, ou qni est réduite au moins à une simple plaqué. ITapm Pérou, les comatules se suspendent par leurs bras ans fucus et aux polypiers, guettant leur proie dans celle position, pour la saisir à Taide de leurs bras et de leurs doigts développés.

(291) La monographie de M. Miller , où sont dé' jusque dans leurs détails les plus minutieux.

leur corps peut exécuter autour d un point déterminé f sôit qu'ils se servent des mêmes organes en flottant dans les eaux, libres ou fixés, comme les anatifes de Tépoque actuelle, à des pièces de bois flottantes.

Malgré la rareté des espèces qui représentent les crinoidiens, dans la création dont nous faisons partie, cette famille occupait, sous le point de vue numérique, une place importante parmi les habitants des anciennes mers (291). On en peut juger par ce fait que ceux que Ton a déjà découverts ont été réfiartis eu quatre divisions comprenant neuf genres, dont la plupart renferment (plusieurs espèces. A voir la construction admirable de chacune des petites fuèces osseuses , au nombre de plusieurs milliers, qui entrent dans la composition du corps, on reconnaît qu'elles appartenaient à un instrument d'un fini merveilleux, et renfermant de remarquables arrangements mécaniques.

Giiacune de ces pièces, dans son action, conservait une harmonie parfaite avec tout le reste , et elles s'ajustaient entre elles de manière à ce que leur ensemble remplit, de la manière la plus complète possible, certaines fonctions spéciales dans l'économie de ranimai dont il.faisait partie.

Les osselets, qui constituent le squelette de tous ces animaux, ressemblent aux pièces solides de l'étoile de mer (293). Ils ont pour usage, ainsi que le squelette osseux des animaux vertébrés, de constituer dans l'organisation une charpente solide, destinée à protéger les viscères, et à fournir des points d appui aux fibres contractiles qui traversent l'enveloppe gélatineuse dont toutes les portions du corps de l'animal sont revêtues (293).

De même que dans les astéries, ce sont les pièces solides qui constituent la plus grande partie du volume de l'animal, La substance calcaire de ces osselets est sécrétée probablement par un périoste ; et il parait aue ce périoste possède la fiiculté de remplacer, par un nouveau dépôt de substance, les injures accidentelles auxquelles sont exposés

les diverses variations de structure de chacune des parties constituantes do squelette dans les divers Ijenres de la famille des crinoides, est on admirable eiemple de la ré^torité avec laquelle un même type fondamental se maintient rigoureusement au milieu des modificalîons variées, qui en constituent les nombreuses formes éteintes, génériques et spécifiques.

(x92) Ces osselets ne sont pas de véritables os ; mais ils tien|ient à la fois de la nature des plaques de la coquille des oursins et des articles calcaires de Tenveloppe des astéries.

(293) U» fibres coniraetiles des animaux rayonnés ne se réunissent pas en des masses compteies^ comme dans les muscles véritables des animaux dea ordres plus élevés; et le mot mmêcie ne peut pas s*emp)oyer dans sa stricte signification a propos des crinoidiens; mais, comme plusieurs auteurs ont désigné ainsi les fibres contractiles les pins simples qui mettent en mouvemmt les petites pièces du squelelle de ces animaux , nous croyons devoir la consen er de même dans nos descriptions.

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l>ICT10.N>iAmfi DE COSUOCOM£

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ces animaux si déHcatement construits , au sein de Téiéraent turbulent où ils vivent. On voit, dans Touvrage de M. Miller* de nombreux exemples de semblables réparalions chez diverses espèces fossiles de crinoïdiens.

Dans l'espèce moderne du genre pentacrifiuSf un des bras est en marche de se repro* duire de la même manière que les écrevisées et les crabes reproduisent les pattes et les doigts qu'ils ont perdus, ou les lézards leori pattes ou leur. -queue. Les bras des étoiles de mer {se reproduisent également lorsqu ils ont été arrachés.

Ces exemples nous font voir que cette puissance de reproduction est d'autant plus (grande que les animaux sont d*ordres plus inférieurs, et que les forces ainsi destinées h porter remèae aux injures qui menacent un animal, croissent ou diminuent suivant qu'il y est plus ou moins exposé, ce qui est une conséquence de la condition dans laquelle se trouvent placées les diverses créatures douées de cette faculté à un plus haut de^ré. — Voy. ENeauiiTE et PsirrACRi-

Il 1T5,

CRISTALLISATION. — Voy. VJtUroduciion.

CROCODILES. — Les reptiles fossiles de la famille des crocodiliens ne s*écartent pas assez des genres vivants pour que nous aurons à entier séparément dans la description d'arrangements qui sont particuliers à chacun, et qui ne se seraient pas perpétués jusqu'à répoque actuelle, ainsi que nous en avons rencontré dans richthyosaure, le plésiosaure, le ptérodactyle : mais ce fait, au'ils se sont montrés à Tétat fossile, est aune haute importance; car il prouve que si un Krand nombre de formes d'animaux vertébrés n'ont été créées que les unes après les antres, et ont disparu pendant la durée xies changements géologiques qui se sont suc* cédé à la surface de notre globe ^ il en est aussi qui ont traversé tous ces changements, toutes ces révolutions, . et qui conservent encore les traits principaux qui les caractérisaient au moment de leur apparition première.

L'examen de l'état du çlobe et du caractère général de sa population au moment où les crocodiles furent appelés pour la première ibis à y prendre place prouve que la classe des reptiles était la plus élevée de celles qui existaient alors, et que, à l'exception des seuls poissons, il n'existait pas d*autre$ animaux vertébrés. C*est donc dans cette dernière classe surtout qne les reptiles

(294) Les petits opossum delà formation oolitiquc de Stonestieid, prés d'Oxford, sont les seuls manimifères terrestres dont on ait rencontré les débris danb des couches antérietires a la période tertiaire.

(2^5) On a découvert de ces crocodiles dans La craie de Meudon , dans Targile plastique d^Auteuil , dans Targile de Londres, dans le gypse de Montmartre, et dans les lignites de Provence.

Les crocodiliens modernes à museau déprimé , l ien qu*il8 soient doués de la faculté de saisir des m-mmiifèrcs , ne sont pas uniquement rcstreluts à

carnivores de cette époque reculée ont dû trouver leur pâture ; et si, dans la iamillo actuelle des crocodiliens, il eu est qui soient piscivores à un degré prononcé, leur forme est précisément celle que nous devons nous attendre à rencontrer dans ces genres fossiles les plus anciens, qui ont dû se nourrir principalement de poissons.

Parmi les sous-eenres actuels de la famille des crocodiliens, le gavial du Gange offre un museau mince et allongé, approprié à un régime piscivore; tandis que le museau plus court et plus robuste des crocodiles et des alligators à tète aplatie leur permet de saisir et de dévorer les quadrupèdes qui, dans ces pa^s chauds, viennent boire au bord des rivières. Comme, pendant la durée de ces périodes secondaires, il n'existait

[presque aucun mammifère (29^), alors que es eaux, au contraire, étaient abondamment peuplées de poissons, nous pourrions donc à jmori prévoir que, si quelque forme de crocodilien apparut à cette époque, elle dut se rapprocher surtout de celle de nos modernes gavials. Et Ton n'a en effet rencontré jusqu'ici que des genres à museau idlongé, soit dans les formations antérieures à la craie, soit dans la craie elle-même ; tandis que les crocodiles vrais, ceux dont le museau court et aplati rappelle les cMmans et les crocodiles proprement dits, apparaissent pour la première fois dans les couches des périodes tertiaires où les débris de mammifères se rencontrent en grande abondance (295).

Durant ces grandes périodes signalées par l'existence des mammifères lacustres, et où un très-petit nombre des carnivores actuels avait reçu rèiistence, il parait que c'est aux crocodiles que fut dévolue la fonction importât! te de limiter dans de justes bornes l'accroissement excessif des herbivores aquatiques; et leurs habitudes les y rendaient éminemment propres. Ainsi l'histoire passée des crocodiliens nous offre une nouvelle preuve de l'action régulière d'un plan invariable dans l'économie de la nature animée, {)lan qui dirige chaque individu de telle àçon que, tout en obéissant à son instinet propre, et recherchant son propre bien-éire, il ne cesse pas d'être un instiiinient du bienêtre général de tout l'enseinble des créatures qui vivent en même temps que lui.

Cette famille des crocodiliens» qui vit habiUiellement dans les eaux douces^ se rencontre dans plusieurs lits où ses débris sont mêlés h ceux d'autres reptiles et de coquilles qui ont certainement vécu dans les eaux de

ce genre de nourriture ; ils détruisent aussi une grande quantité de poissons, et snrprcnnetil niéme parfois des oiseaux. Ce ^régime oninivbre, oui est maintenant celui de renscmble de la famille des crocodiliens , parait avoir son principe dans ta nature même de la proie qui s*offre à leur voracité, et qui est i)eaucoup plus variée qu'à Tépoque où le museau de la famille tout entière était organisé, comme Test de nos jours celui du gavial , pour un régime surtout piscivore

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la mer. CuTier fait observer que ce premier fait, joint à ce qu'on les rencontre dans un grand nombre d*autres circonstances en compap^ûie de tortues d*eau douce, démontre qu*il exista des terres fermes arrosées par des rivières dès l'époque reculée où ces couclies furent déposées, et longtemps avant la formation des couches lacustres tertiaires des environs de Paris (296). La famille des (Tocodiliens comprend maintenant douze espècesv dont un ^vial, huit crocodiles vrais et trois caïmans. Il existe en outre un grand nombre d'espèces fossiles ; Cuvier en a établi lui-même jusqu'à six, et il en est plusieurs appartenant aux formations secondaires et tertiaires de l'Angleterre qui n'ont pas été décrites (297).

11 est tout à fait inutile, pour .e but que nous nous proposons, de nous livrer à une comparaison minutieuse de Vostéoloeie des genres et des espèces vivantes et fossiles

3ui constituent cette famille. 11 nous suffira 'observer que leur systèniede dentition est ]>artout le même, et que chez tous il a été fpounru aux chances extraordinaires de destruction qui menacent les dents par une réserve de c^ organes essentiels plus riche que chez aucun autre animal, {roy. Ich- THToaAVRE.) Commo les crocodiles parvenus à leur dernier état d'accroissement n'ont )»as ^xoins de quarante fois le volume qu'ils ava.ent en sortant de Tceuf, il leur a été donné de changer de dents beaucoup plus fréquemment qu aux mammifères, afin qu'elles 58 trouvassent en proportion exacte avec le reste de l'organisation à toutes les périodes de leur existence ; et les habitudes de rapine qui caractérisent ces animaux étant cause que des dents supportées par une mâchoire aussi prolongée sont plus exposées è. être détruites, ce même arrangement oflVe de plus cet outre avantage oe remplacer les pertes occasionnées par des cassures accidentelles.

Ces forces réparatrices ainsi appliquées à Favance à la satisfaction de besoins qui n'existent pas encore, k la réparation d'accidents de longtemps prévus, sont un argument de plus que nous offrent ces arrangements pleins de prévoyance, pour démontrer par Texistence d*un plan général l'action d*une intelligence régulatrice dans la créa-

(996) M. Geoffroy Satnt-Hllaire a formé, avec Ses (aurieus fossiles, qui ont vo bec étroit et aflongé C4>fnnie celui du gavial, les deux nouveaux genres ieléosamm H êténéo$auru$. Chez le premier, les narines sont, avec Textrémité du museau, dans un plan presque vertical, chez le sténéosaurus , le canal nasal s*onvre presque de la même manière qae chez le gavial , se dirigeant en haut et se recoorliant de chaque côté de façon h former à peu près im demi-eerde. (BechereheB $ur (e« grande Bomneuêm)

(âS^) iJn des plus beaux échantillons du genre fr»ftsile léléoaaurus que Ton ait découvert Jusqu*ici 1er fttt« en iSii , dans le schiste alumineux de la forniation du lias, & Saltwicb, près de Wbitby, et il a été if^ruré par MM. Toung et Bird , dans leur Geoiogieal Survey ofihe YorkêhireCooêt, i* édition, 4828. lia en- Tirondix-buit pieds de longueur totale; la tête est large

tion et dans la conservation des mécanismes animaux où se rencontrent de telles dispositions.

La présence de crocodiliens aussi étroitement alliés à nos gavials actuels, dans les mêmes couches anciennes où l'on rencontre les premières traces des plésiosaures et des ichtnyosaures, nous semble tout à fait en opposition avec toute théorie qui voudrait trouver dans ces derniers animaux la soucho des premiers, en invoquant quelque procédé graduel de transformation uu de développement. L'apparition de ces trois familles de reptiles parait avoir été à peu près simultanée; et ils ont continué d'exister simultanément jusqu'à Ja fin des formations secon^ daires, époque où les ichthyosaures et les plésiosaures ont disparu, et où ont commencé d'exister les formes crocodilîennes se rapprochant du caïman et des .croQodiles proprement dits.

CRUSTACÉS. - Ce sont des animaux libres, à respiration branchiale, dont le thorax, très-développé, est recouvert d'une carapace dans laquelle, en avant, la tête est engagée. L'abdomen est compose d'articles. On fom|jte cinq à sept paires de pattes, quelquefois des fausses pattes et des appendices maxillaires pairs.

Les crustacés, comme tous les autres ânimÀux annelés qui ont la charpente solide, le squelette, ouïes points d^appui. des oi-ganes du mouvement purement extérieurs^ offrant, dès lors, uu mode de conservation tout différent des animaux vertébrés. En effet, on ne trouve plus des os de formel si variable, mais seulement des anneaux de leur charpente extérieure, ou divers articles de leur corps et do leurs membres. Les crustacés se rencontrent beaucoup plus fréquemment que les autres animaux annelés, parce qu'ils vivaient dans la mer, où se déposaient.plus de sédiments, et que leur en veloppe extérieure, par sa composition plus dense, offrait plus de résistance dans les milieux de destruction. On rencontre des crustacés entiers, parfaitement conservés, dans les couches sédimentaires qui les ont enveloppés , les uns avec leur carapace, les autres, à l'état d'empreintes et de moule. Les couches de tous les Ages géologiques renferment des crustacés entiers ou presque entiers, depuis

de douze pouces ; le museau long et mince comme eher. les gavials ; les dents au nombre de cent-quarante sont toutes petites et minces , et rangées sur une seule ligne presque droite.

Quelques phalanges onguéales conservées k la patte postérieure prouvent que ces extrémités se terminaient par des ongles longs et tranchants propras. à la locomotion terrestre ; d*où nous pouvons conclure que ce n'était pas un animal eiclusivement marin ; et la nature des coquilles qui se rencontrent associées avec les débris du stënéosaure et du téléosaure dans le lias et dans les formations oolltiques, rendent probable que ces reptiles ne fréquentaient *que des mers peu profoudes. D'après M. LyeH, la plus grande espèce de crocodile du Gange quitte parfois les eaux saumâitres du Delta , et s aventura jusque dans la mer.

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