CRU
)a première animalisation du globe jusqu'aux terrains tertiaires de la Tamise et de Dax. Lorsqu'on ne rencontre pas de crustacés entiers on est au moins certain d*en trouver un çrand nombre de débris. 11 est même certaines couches qui renferment une telle quantité de débris de pattes qu'elles en sont caractérisées, comme on le voit, dans Tétage turonien des terrains crétacés d'Uchaux (Vaucluse), et dans Vétage parisien supérieur des sables tertiaires de ver fOise), aux environs de Paris. Des espèces aentomostracés (cipris) abondent tellement sur certains points qu'ils couvrent la surface des couches.
Les empreintes physiologiques des pas de crustacés paraissent s*ètre montrées près de Bath et de Lvme (Angleterre), mais ces exemples sont tr&s-rares.
Les caractères des organes solides varient extrêmement dans cette classe pour chacune des divisions qu'elle comprend. Ces divisions sont au nomdre de trois; elles sont ici fondées principalement sur la conformation de la bouche : ce sont les crustacés mastica^ leurs j dont la bouche est armée de mAchoires ; les suceurs, dont la bouche est formée d^in bec tubulaire armé de suçoirs; les xiphosures, dont la bouche ne présente pas d'appendices qui lui appartiennent en pro-
Ere, mais oui est entourée de pattes dont la ase fait ofnce de mâchoires.
L'histoire des crustacés fossiles a été jusqu'ici presque entièrement délaissée par les paléontologistes et leurs rapports avec les genres actuellement existants de cette classe importante du règne animal sont encore peu connus. On peut juger toutefois quelle place importante occupent ces animaux dans certaines formations, par ce fait qu'il en existe dans le cabinet du comte Munster environ soixante espèces provenant d'une seule couche du calcaire jurassique de Solenhofen.
Les belles recherches de M. Desmarest ont mis en lumière les analogies qui existent entre les espèces actuelles et certaines espèces fossiles de crustacés. Il a fait voir que toutes les inégalités extérieures delà coguille sont dans un rapport constant avec les dispositions distinctes de l'organisation intérieure. En appliquant ce mode d'investigation aux espèces fossiles, il en a déduit une méthode toute nouvelle pour les comparer avec les crustacés vivants; et il est arrivé à établir d'heureuses analogies entre les membres éteints et les membres encore existants de cette classe nombreuse, même sur des échantillons où manquaient complètement les pattes, et les autres parties qui servent de fondement aux distributions génériques.
Les crustacés, comme les reptiles et les poissons, ont occupé tous les étages, sans montrer de progression croissante régulière, mais bien un remplacement successif des genres, depuis les époques les plus anciennes de Tanimalisation jusqu'à nos jours.
La comparaison des ordres entre eux dans leur apparition chronologique nous donne
les résultats suivants : Les trilobUes se sont montrés en grand nombre avec la première animalisation du monde, sans sortir des teiw rains paléozoïques. Ils naissent, en effet, avec Tétage silurien, paraissent atteindre le maximum de leur développement avec l'étape murchisonien, mais ne s'élèvent pas au-ilessus de l'étage carboniférien. Ils sont conu plétement inconnus dans les mers actuelles.
Les cyproîdes ont commencé avec les terrains paléozoïques, et se sont continués dans tous les étages, en montrant aujourd'hui leur maximum de développement générique.
Les œiphosures se sont montrés avec les terrains paléozoïques, où leurs genres ont été le plus nombreux , puisqu'un seul sur trois existe aujourd'hui.
Les décapodes^ les plus nombreux des crustacés, commencent avec les terrains triasiques par un genre, et vont toujours en augmentant de formes génériques, dans les terrains jurassiques, jusqu'à 1 étage oxfordien; ils diminuent ensuite; mais, à l'époque actuelle, ils sont en pleine voie croissante.
Les isopodes paraissent k la partie supérieure des terrains jurassiaues et augmentent beaucoup le nombre de leurs genres dans l'époque actuelle; ils sont, de même, en voie CToissante de développement. On peut en dire autant des siomapodes et des amphypodes.
Quand on voit les trilobites et les cyproîdes, les plus imparfaits des crustacés, se montrer les premiers aur la terre, et surtout les trilobites disparaître entièrement à la Un de la première grande époque de l'animalisation du globe, on doit naturellement en conclure que, dans cette série, la loi du perfectionnement successif est très-marquée, puisque les plus parfaits, les décapodes, ne se montrent que cinq étages plus tard avec les terrains triasiques, et qu'ils ont aujou^ d'hui un développement incomparablement plus grand que tous les autres ordres.
Déductions zoologiaues générales. — L'ensemble ^numérique des genres, sans avoir égard aux ordres, nous montre environ M genres dans les terrains paléozoïques, deux dans les terrains triasiques, 36 dans les terrains jurassiques, 5IX dans les terrains crétacés, et 2k dans les terrains tertiaires. Si l'on n'avait égard qu'aux genres fossiles, on pourrait croire que le maximum de développement générique a eu lieu avec la premièn animalisation du globe; mais ces proportions disparaissent quand on voit que les genres connus dans la faune actuelle dépassent le chiffre de deux cents. Il en faudra conclure que, suivant les ordres, ou pris dans leur ensemble, les crustacés ont toujours marché du simple au composé, dans une progression croissante de formes animales.
Les déductions climatologiques et géographiques sont les mêmes que pour les maoïmifères. (Voy. ce mot.)
Les déauctions géologiques Urées des genres
Ail
CYC
ET DE PâLE(»9T0L0GIE.
CYC
sont très-marquées. Les caraciires négatifs oous montrent que les cent genres connus ji i*état fossile sont limités dans les terrains et dans les étages, et qu'ils peuvent tous être employés. Les trilôbites, par exemple* qui manquent dans les terrains triasiques, jurassiques, crétacés et tertiaires, sont d'excellents caractères négatifs pour ces terrains et pour leurs étages, ainsi que ceux <]ui manquent^ au contraire, dans les terrains paléozoïques, comme tous les autres ordres. Les caractères positifs sont aussi faciles à saisir, puisque les emt genres que nous avons cités comme fossiles sont d'excellents caractères positifs à consulter. Ils le sont d'autant λlus, que 68 d'entre eux, n'arrivant pas à 'époque actuelle, sont perdus aujourd'hui, et que, sur ce nombre, 35 n'occupent jusqu*à présent qu'un étage.
La persistance des caractères, ainsi que les déductions qu'on peut tirer des espèces, sont ici les mêmes qu'ailleurs. — Yoy. Tri-
LOBfTBS.
CTÉNOIDIENS. Voy. Poissons.
CYCADÉES. ^ La flore de la série secondaire (296) est intermédiaire par ses caractères entre la végétation insulaire de la série de transition et la flore continentale des formations tertiaires. La grande abondance des cycadées, réunies aux conifères (299) et aux fougères (300) en caractérise surtout la physionomie.
M. Ad. Brongniart énumère environ soixante-dix espèces de plantes terrestres appartenant aux formations secondaires , depuis le keuper jusqu'à la craie inclusive^
(398) M. Ad. BroDgmaut, dans la dassiftcaiîoa des plantes fossiles, a formé un groape distinct avec queU]ues espèces qui ont été trouvées dans la forloalion du grés biaanré, immédiatement au-dossus de la houille. Dans la division que nous suivons ici pour les couches, ce grés bigarré appartient à la MTîe secondaire, et en est Tun des étages les plus anciens. Cinq algues, trois calamités, cinq fougères, cinq Conifères, deux Liliacées et trois Monocotylédooea Inceruines; telle est la totalité dos plantes 4lont se compose cette petite flore.
(299) Nous renvoyons à ce qu'a dit Witham sur W conifères do lias, dans ses Oburvations sur les végétaux fouiles (1835).
(300) Cotta, dans son ouvrase intitulé : Dendroiitktm^ publié à Dresde en 1832, a donné un travail Intéressant, accompagné de figures, dans lequel il fait connaître la structure interne des fougères fossiles arborescentes de la période secondaire, qui pa* missent appartenir surtout au nouveau gr^ rouge de Chemniti, prés de Dresde.
(301) Bien que Ton rencontre dans les terrains secondaires plusieurs sortes de lignites , les végétaux fossiles de cette série n*y forment que très-rarement des lits d^une houille de quelque valeur. La bouille imparfaite de marais du Cleveland, près de Whitby, et de Brora, dans le Sutherland, appartient â la reaion inférieure de la formation oolttiqiie. il en efrt de même de la houille bitumineuse de Bucke» berg, pré9 de Minden en Wesiphalie.
La houille de lloer, dans la Scanie, appartient à la formation wealdienneoi au sabl«t vert, (/innates des sàenees naturelle»^ t. IV, p. ÎOO.)
<302) t Le comte Stemberg m*a fait savoir dans une It'tlre que j*ai reçue de lui (^oût 1835) qu'il a ti OQvé dans la formation boulllièrc de h Bohème des
ment; la moitié de ces plantes sont des conifères ou des cycadées, et sur cette moitié, vingt-neuf appartiennent à la seule fa« mille (des cycadées ; Tautre moitié se compose en presque totalité de cryptogames vasculaires, telles que des fougères, des équisétacées et des lycopodiacées. l)ans notre végétation actuelle , les conifères et les cycadées entrent à peine pour une trois centième partie (301).
La famille des cycadées ne comprend que deux genres actuellement existants, les genres cycas et xnmia. On connatt cinq espèces appartenant au premier, et dix-sept appartenant au second ; aucune espèce de l un ni de Tautre genre ne croit maintenant en Europe. Les principales localités où on les rencontre sont TAmérique équinoxiale, les Indes occidentales, le cap de Bonne-Espérance, Madagascar, les Indes, les Moluques, le Japon, la Chine et la Nouvelle-Hollande.
Quatre ou cinq genres et trente-neuf espèces de cycadées font partie de la flore de la i)ériode secondaire ; mais les débris de cette lamille sont très-rares dans les couches de transition et dans la série tertiaire (302).
Les cycadées constituent une belle famille de plantes aue leurs formes extérieures font ressembler aux palmiers, tandis que plusieurs points essentiels de leur structure interne les rapprochent des conifères. Une troisième particularité de leur organisation les rapproche en outre des fougères ; nous voulons parier de leur enroulement ou du mode suivant lequel leurs feuilles, encore renfermées dans l'intérieur des bourgeons,
cfycadées et des zamites dont il publiera les figures dans le septième et dans le huitième cahier de sa Flore du monde primitif. C'est là, je crois, la première rencontre oui ait été faite de plantes appartenant à ceUe famille, dans les couches de la série carbonifère.
c Dans une visite que J*ai faite tout récemment à la belle collection géologique du Muséum ëe Stras» bourff, j*ai appris de la bouche de M. Wolu qu'une tige de Cycaati^que Ton y voit, et que M. Ad. Brongniart a décrite comme une Maniellia du calcaire conch^iien ( Muschelkalk ) de Lunéville, provient en réalite du lias des enviions de cette ville, M. Voitz ne connattaucun exemple de Cydadiles de muschel kalk. On rencontre aussi dans le lias de Lyme-Regis des tiges et des feuilL s de cycadées. § (Lindlet, Flore fossile^ n. 445.) ^ — Buollano.
Le dépôt lo plus abondant de feuilles fossiles de cycadées qu^il- y ait en Angleterre se trouve dans la formation oolitlqne de la c6te du Yorkshire entre Whithy et Scarborongh. (Voyez M. Phillips, Illustrations oj îhe Geology oJT Yorkshire, On renconire aussi dans le schiste oolitique de Stonesficld ces feuilles appartenant k cette famille. ( Luidlsi et HuTTOfi, Fhrs fossile, pi. 4 72 et 175.)
La planche 135 de ce dernier ouvrage représente les cônes que les auteurs rapportent au genre zaniia du grès de la formation w^aldienne de Yaverland , sur la céte sud de l'Ile de Wight.
M. Adolphe Brongniart a étatili dans la famille des Cycadées un nouveau genre fossile nllsoma que Ton trouve à Hoer, en Scanie, dans des couches de kl formation wé^ldienne ou du sable vert, et un autre genre PtéropkyUum , qui se trouve depuis li nouveau grès rouge jusqu*a la formation wéal* dienne.
CTC
DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
CYC
se contoornent à leur extrémité supérieure.
Je choisirai cette famille des cycadéesdans la flore fossile de la période secondaire , et j^entrerai sur son organisation dans quelques détails ayant pour but de faire connaître, par un eieoipie, la méthode d'analyse qui a conduit les géologues à la connaissance de la structure et de V&onomie des espèces végétales fossiles, et l'importance des conclusions auxquelles ils sont arrivés. C'est en voyant les progrès récents qu'a faits la physiologie véj[etale que l'on peut apprécier avec justesse la haute importance des investigations microscopiques ; car nous devonsà leur seul secours d'avoir pu reconnal^tre l'identité de structure qui existe entre ees végétaux d'une antiquité si reculée et ceux oue nous sommes maintenant à même d'étudier à Tétai vivant.
Les rechercher physiologiques^ que l'on a faites dans ce dernier temps sur les espèces vivantes de cyeadées ont fait voir que ces végétaux occupent une place intermédiaire entre les palmiers, les fougères et les eonifères, et qu'ils ont.avec chacune de ces familles certains points de ressemblance. Il résulte de là qu'il y a intérêt tout particulier à retrouver une structure semblable dans des plantes fossiles, qu'on peut rapporter k une famille aussi remarquable par ses caractères.
Les former et le faciès des plantes qui composent ce genre si remarquable ressemblent aux palmiers par la magnifique couronne d*un gracieux reuillage qui ceint la tète de leu-r tronc simple et cylindrigue. Ce tronc, dans le genre cycas, est d'ordinaire allongé, i4 atteint jusqu à trente pieds dans le cycas circmaWi(303). Chez les zamia,au contraire, le tronc est communément d'une petite taille.
L'inflorescence du genre zamia consiste dans un cène unique ressemblant à un fruit d'ananas dépourvu de la touffe de feuilles qui la termine et naissant du sein du bouquet de feuilles qui couronne la tige.
Le tronc des cyeadées n'est point entouré d'une écorce véritable; mais il est enfermé dans une enveloppe compacte composée des
(303) Dans le Magasin botanique de Curtis, 1828, pi. 2026, le docteur Hooker a publié la (igiire d'un Cyoas circinalis qui a fleuri en 1827 dans le jardin tétanique d'Edimbourg.
(304) La structure de ce district offre aussi un remarquable exemple des témoignases ^ ue nous féurnit la fféologie d'élévations et d'abaissements successifs dans ies couches, mouvements qui se sont produits parfois avec lenteur, parfois avee violence, pendant que se formait la croûte de notre planète.
En premier lieu nous y trouvons la preuve que la « pierre de Portland s'éleva jusqu'à ce qu'elle attei* gnit la surface de la mer on elle fut formée. - Puis cette surface devint une terre émergée qui se couvrit tempoiairement d'une forêt, pendant un mtervalie dont la durée nous est indiquée par un lit de terreau noir que Ton désigne sous le nom de dirt bed (couche de boue), et aussi par les couches annuelles d'accroissement des grands troncs pétri*
écailles persistantes qui ont formé la base des feuilles tombées et qui, avec d*autres écailles avortées » constituent une couche externe tenant lieu d'écorce.
M. Buckland a publié en commun avec M. de La Bêche» dans les Transactianê j^ologiques de Londres^ une note sur les circonstances dans lesquelles se sont rencontrés des troncs fossiles silicifiés de cyeadées dans rtle de Portland, immédiatement au^lessus de la pierre de Portland et au-dessous de la pierre de Purbeck. Ces troues sont renfermés dans les mêmes lits de terreau noir où ils se sont développés, et ils y sont accompagnés jiar des troncs couchés de grands arbres conifères convertis en silex et par des souches de ces mêmes arbres maintenues dans unepo- «sitiondroite,avec leurs racines encore en^n* cées dans leur sol natal.
De semblables souches d'arbres enraciiM?es dans le terreau où elles ont pris naissaaoe se voient dans la falaise située immédiate* ment à l'est de Lulworth-Covè (comté d«i Dorset). Comme les couches ont été soulevées jusqu'à une inclinaison de près de quarante^cinq deçrés, les couches dont il s'agit ont conservé 1 inclinaison anormale dans 1^queUe le soulèvement les a placées.
Ces faits prouvent que des plantes d'une famille qui, de nos jours, est limitée aux régions les plus chaudes de notre globp, croissaient aux périodes reculées dont il s'agit, sur la côte sud de rAngictérre (3(tt).
Comme dans tous ces divers cas les feuilles ne se sont pas trouvées réunies aux troncs fossiles de cyeadées, nous sommes forcés de nous en tenir aux caractères! distinctifs qui ^noua sont fournis par la structure du tronc et des écailles qui le recouvrent.
On trouve entre nos cycadîtes fossiles et les espèces récentes une oorrespondance toute semblable sous le rapport de la structure interne des écailles ou de la base des feuilles tombées qui recouvrent la tige.
Mode identique d'accroissement par des bourgeons chez les espèces rétentes et chez Us espèces fossiles de cyeadées. — Le cycas revo' iuta offre un intérêt particulier dans ses relations avec lune et l'autre de nos deux es-
fiés qui se montrent renversés par terre, et dont les racines se sont développées dans le Cerreau même dont il est question.
£n troisième lieu , nous voyods que celte forêt des temps reculés s*est gra«lueliement engloutie, d'abord au-dessous des eaux d*un* lac d'eau doace, puis d'un golfe d'eau saum&tre, puis d^une mer profonde où se sont déposées des couches crétacées et tertiaires d^une épaisseur de plus de 2«000 pieds.
Enfla tout Tensemble de ces couches a été de nouveau soulevé par les efforts des ageuts internes et porté à la place qu'elles occupeut maintenait dans les collines du comte de Dorset.
De semblables conséquences relaiiveroent aui soulèvements et aux dépressions alleraaiives de U surface du globe nous sont fournies par la pos:tioa dressée qu'occupent les calamités dans le grés dft la formation oolltique inférieure, sur la côte est du comté d'York. {Vouez M. .MuacHison, Proceeding c' Gevlog, Society ofLondon, page 391.)
DAL
ET DE PALEONTOLOGIE.