DA.N
et comme on Ta Irouvé à la fm des terrains jurassiques, les derniers dépôts de cet étage n'ayant pas encore acquis, lors de la période de mouvement déterminé par la fm de cette grande époque géologique des terrains crétacés, une consolidation parfaite, ont dû souffrir beaucoup de dénudations partielles ; et nous croyons devoir attribuer a cette cause , les petits lambeaui de l'étage danien, disséminés au pourtour du bassin anglo-parisien, en France seulement. Néanmoins, ces lambeaux suffisent pour démontrer qu'il en couvrait la plus grande surface, et surtout le centre, compris entre Vertus et Laversines, Meudon et Montereau. Voici, du reste, les points où Tétage a été bien démontré par les recherches de MM. Elie de Beaumont , Gra- \es, Hébert et Charles d*Orbigny. Dans la Marne, il existe au Mont- Aimé, à Vertus; dans Seine-et-Marne ,. à Montereau; dans Seine-et-Oise, à Meudon, près de Paris. On Fa reconnu en creusant un puits à Auteuil. lî existe au Port-Marly, près de Saint-Germain; à Bougival, près de Pontoise; à Falaise, près de Bevnes; àMontainville, h Vigny ; dans roise, a Laversines, près de Beauvais. On a pensé qu'il existe a Orglandes, prèsdeValognes (Manche); mais il y à beaucoup de doutes à cet égard. Quant aux silex de Lanquais, que M. Desor y rapporte, nous n'y voyons que la continuation des couches de Royan* et nullement cet étage. Hors du feassin parisien, on n'a encore cité l'étage qu'à Faxoë, en Suède, où néanmoins, d'après hîs espèces citées par M. Lyell, nous ne voyons que l'étage sénonien, ce qui porterait encore à y réunir l'étage danien.
Tout le moude est d accord sur la position gioloçique, en couches concordantes, de l'éfage danien sur l'étage sénonien; on voit cette concordance à Sieudon, à Vigny, au Mont-Aimé, etc. Ainsi, sans aucun doute, l'ctage danien a bien succédé régulièrement, dans l'ordre chronologique, à 1 étage sénonien.
M. Graves évalue de 10 h 12 mètres l'épaisseur des dépôts de Laversines. M. Huol indique 15 à 20 n^ètres dans la Marne. Caractères paléontologiques, La faune de ^ cette époque se distingue des précédentes » par le manque d'ammonites. Du reste, nous • n'y voyons, par les genres, que la continualion du faciès crétacé de l'étage précédent, mais avec au bien moins grand nombre de formes, ce qui tient peut-être à la difficulté de déterminer les fossiles. Quoi qu'il en soit, dans l'état actuel de nos connaissances, comme nous ne trouvons dans cet étage que 2 genres de plus h opposer à 122 genres qui déteignent dans l'étage sénonien, sans passer à celui-ci , nous aurons la preuve évidente, parla paléontologie et par la stratifl- 43ation, que letage danien est Ja dernière période de dégénérescence des terrains crétacés. Dans l'étage suivant, commencement des terrains tertiaires, c'est, au contraire, le nomt>re des genres nouveaux qui domine d'une manière remarquable, car nous en citons 157 d'inconnus aux terrains crétacés.
Nous aurions donc ici , comme partout aiW leurs, urte confirmation des rapports constants qui existent entre la stratigraphie positive et les limites paléontologiques. «
Pour séparer l'étage de la période sén6-' nienne nous avons, pour caractères itéiatifs, indi-pendamment des 42 genres qui naissent et s'éteignent dans l'étage séuonion sans passer à celui-ci, 80 genres qui, nés dans les étages antérieurs, s'éteignent encore dans l'étage sénonien, c'est-à-dire 122 genres. Nous ne doutons néanmoins pas que quelques-uns de ces genres ne se retrouvent dans l'étage danien.
Les limites négatives que la palèontoloi gic nous donne avec l'élaçe sucssonion, h premier des terrains tertiaires, sont (ks plus marquées, puisqu'elles sont dofm(:'es par 156 genres encore inconnus h Yéin^c danien, qui naissent avec la période sur»vante. Ces genres sont ainsi distribués daos les séries animaes : parmi les mammifcrc>v 6 genres; parmi les oiseaux, 2 genres; parmi les [loissons, 84 genres; parmi les crustacés, , le genre squille ; parmi les cél)Iialopodes, 2 genres ; parmi les çasléropodes, 34 genres ; narmi les lamellibranches 5 genres; parmi les cchinodermes, 13 genres; parmi les zoophy tes, 7 genres; [«nhi les foraminifèresj 3 genres.
Comme caractères positifs, pour dislin* guer l'étage du précédent, nous n'avons qu3 deux genres : parmi les mollusques, les fascioiaria; et parmi les ecliinodermes^ les echinolampas^ qui, inconnus à l'étage antérieur, se montrent pour la première fois dans celui-ci; ce sont, en niôine lcmf»s, deux formes plus particulièrement tertiaires qui lient cette faune aux suîvantcs;
Pour distinguer l'étage danien de l'étage suessonien, nous avons les 9 genres suivants qui s'éteignent dans le premier, sans passer au second : narmi les céplmlopodes, le genre betemnitelta; parmi les hrachiopodes, le genre rj/ncAone//a; parmi les échinodernies, le genre |)yrnia; parmi les zoonliyles, les QQUVCS càlamophylUa^ enalihetia^ ellipsosmiUfl^ polytremans ci morphrastrea; parmi lies amorphozoaires, le genre hippalimuf. Indépendamment de quelques sauriens, de quelques poissons et de quelques crustacés et annélides, après avoir restauré par le modelage les espèces de celle périone, et compulsé les travaux géologiques, nous sommes arrivé, dit M. d'Orhigny, à Irouver66 espèces. Si de ce nombre nous retranchons les belemnitella mucronaia et le 6aculiles faujasii^ indiqués par M. Lyell, elle fusug neptum\qu\ se trouvent simulUnéraent dans l'étage sénonien, il nous restera encore 63 espèces qui, dans Télal actuel de nos connaissances, seront caractéristiques. Relativement à la chronologie Insloriqu*» de cet étage, nous le regardons comme le dernier complément de la période de décadence des terrains crétacés, plus spécialement marquée à l'étage sénonien. Son pou d'importance, quant aux faits généraux qu*il peut donner, ne nous permet aiôme de îo
DEB
ET DE PALEONTOLOGIE,
DEB
nonsidérer que comme une déiiendancc do la période sénonienne.
DEBREYNE (P.-J.-C.) (3iO).~Cerelii^ieux Irappiste a publié en 1848 un livre intitulé : Théorie biblique de la Cosmogonie et de la ttéologie : doctrine nouvelle fondée sur un principe unique et universel puisé dans la Bible; o\ivrage spdciahmtnt destiné au ilergé et aux séminaires j Avant d'examiner si ce t Ire, passablement ambitieux, est justifié l>ar l*ouvrage, nous avons une petite explication à donner à Fauteur sur un passage de notre Nouveau Traité des sciences géologiqxtes considérées dans leur rapport atec la religion^ etc. f2* édit. p. 376.) Voici ce passage.
« Quand les lois auxquelles I Eternel avait confié l'évolution de notre planète, comme il fait dépendre de certaines autres lois IVnlier accroissement du chêne de nos forêts, ju le complet développement de notre propre corps; quand, dis*je, de telles lois eurent fait de la terre un séjour stable et plein J'harmonie; Quand le Créateur eut comme essayé, aux diverses périodes et sur une échelle de plus en plus élevée, les formes lie la vie au sein des différents milieux où elles devaient se développer, et qu'il eut ainsi préludé à la création du cbef*d'œuvre qui devaitétre le couronnement de cette longue série de phénomènes préparatoires, alors il étend son bras, et dans la nuit d'un chaos temporaire, il efface ses premières ébauches, comme un peintre dédaigne une esquisse qui rend incomplètement sa pensée; etc. (311). »
M. Debreyne est scandalisé de ces dernières expressions. « L'auteur, dit-il, aurait pu s'expnmer avec plus de respect en parlant du Créateur. Si nous relevons ici une in-^ convenance d'exj^ression ou de langage de Af. Jehan, nous devons cependant rendre justice k cet auteur estimable. » Puis il ajoute avec beaucoup de bienveillance : «v Son livre est un des meilleurs traités élémentaires de géologie qu on puisse mettre entre les mains des jeones gens. 11 est composé dans un lion esprit et avec des formes attrayantes. On le lit avec fruit et plaisir (312). »
L.e R. P. Debreyne use à notre égard de trop d'indulgence pour que nous n'essayions pas de lever ses scrupules. Nous ne pensons pas qu'il y ait rien d'irrévérencieux > l'égard du Créateur dans la figure que nous avons employée. L'état originel des choses, dépeint au second verset du premier chapitre de la Genèse, était un état de désordre et de confusion, exprimé par les mots hébreux tohu
(510) Doctenr en médecine de la Faculté de Paris. profesacar partkiilwr de médceine pratique, préire et KiiytBj. da la €ffaiide-Tra|)|ie (Orne).
(511) Voici la suite de cet alinéa : < Puis confiirinéfii«*nt à uue loi qui se retrouve dans le muiidc physique, du sein de la dissolution , condition de toute organisation, la terre sort formée, enrichie de nouveaux dons, peuplée de nouvelles créainres ; et ati lion des formidables phénomènes qui avaient troublé les périodes antérieures, c*est un cycle de Ijait, d*ordreet deconstante harmonie qui commence eutrc ks ag-^nts et les éléments équilibrés du monde
vaohu que les Septante ont Ira Juît par chaos. Cependant cette confusion, cette anarciiie des éléments, était sans doute Tœuvre du Giéatcur. Ce chaos rendait-il toute sa pensée? Non, évidemramL Au septième jour, quand Dieu se reposa, le monde avait reçu un perfectionnement et une beauté qu'il n'avait pas au second verset du premier chapitre dulivre sacré Dira-t-ouque leiGenèse manque de respect envers le Créateur, parce qu'elle appelle chaos et desordre un état de choses qui était pourtant, i;omme tout }e reste, le résultat de sa Toute-Puissance? On nous répondra peut-être que ce chaos n'était
au'un étal transitoire pour arriver à un degré e perfectionnement relatif. Eh 1 sans doute, et c'tîst exactement dans le même sens que nous disons que. dans la nuit d'un chaos temporaire^ le Créateur efface ses premières ébauches j comme un peintre dédaigne une esquisse qui rend incomplètement sa pensée.
Voici comment s'exprime sur le même sujet un illustre et. savant prélat : « L'ordre observé dans la création des six jours, oui se rapporte à la disposition présente dos choses, semble indiquer, dit-il, que la puissance divine aimait à se manifester par des développements graduels, s'élevant, jour ainsi dire, par une échelle mesurée, de l'inanimé à l'organisé, de l'insensible à l'instinctif, et de l'irrationnel à l'homme. Et 3uelle répugnance y a-t-il à supposer que epuis la première création de 1 embryon grossier de ce monde si beau,, jusqu'au moment où il fut revêtu de tous ses ornements et proportionné aux besoins et aux habitucles de l'homme, la Providence ait aussi voulu conserver une marche et une gradation semblables, de manière h ce que la vie avançât progressivement vers la perfection, et dans sa puissance intérieure et dans ses instruments extérieurs (313)? >•
L'embryon grossier dont parle ici Mgr Wiseman ne rendait pas sans doute comptétement la pensée du Créateur ; le savant prélat a-t-il manqué de respect envers la Toute- Puissance divine en se servant de l'expression embryon grossier? Personne n'oserait le prétendre.
Voici maintenant l'examen critique qui a été fait du livre de M. Debreyne, Théorie biblique de la cosmogonie e/c, par la Revue de l'enseignement (livraisond'avrill8i9). » Nous avons lu avec tout le soin dont nous sommes capable l'ouvrage du célèbre trappiste ; c'est purement et simplement la théorie cosmogonique et géologique de M. Chaubard,
matériel ; et la nature calme, rassurée, dans toute la splendeur de son nouveau printemps, salue Thomme, noble image du Créateur, s'incline devant lui comme devant son roi, et sourit à son intelligent possesseur, qui s*empare de ses ravissantes solitudes , et fait monter vers son bienfaisant auteur des accents d\nmour et de bénédiction jusque-là inconnus à la terre, i
(512) Théorie biblique, etc., p. 18.
(5t5)/)tscotfrs sur les rapports entre la science et la religion révélée (Discours m), par le cardinal Wiseman.
DEB
DlCTIONNAinE DE COSMOGONIfrî
DEB
c]est-à-dirc une des plus déplorables théories qui aient jamais été imaginées pour concilier la scienc?e avec la Genèse. L'auteur de Tarticle que nous allons citer est connu depuis longtemps du monde savant, et il est un de nos écrivains catholiques qui ont rendu le plus de services à la religion :
« 11 n'existe donc pas, pour tous les auteurs, re véritable ami recommandé par le poète, celamiqueTon consulte avant de jeter au public une œuvre littéraire ou savante destinée à l'instruire ou à le charmer? Est-ce l'ami qui manque à l'auteur, est-ce l'auteur au contraire qui fuit l'œil d'un conseiller sincère et judicieux ? Est-ce la flatterie d'une politesse malontendue , est-ce l'aveuglement paternel qui décide l'entrée dans le monde d'une œuvre qui n'est pas viable, et qui se brisera dès ses premiers pas sous le choc de la critique ? Et la sévérité de l'ami n'eûtlille pas été plus douce que ne l'est la justice du lecteur, quand Tœuvre s'est produite au Ijrand jour?
« Telles étaient mes impressions à chaque page, et souvent à chaque phrase du livre dont j'ai entrenris de rendre compte. Combien utile eût été 1 ami qui manquait, mais dont aussi, je l'avoue, la besogne eut été rude l Oh 1 rudii, en vérité, s'il eût fait consciencieusement et de point en point son métier de censeur I Sous ses ciseaux auraient disparu, et les hypothèses gratuites, et les principes imaginaires, et les détinilions inintelligibles, et les hérésies scientifiques, et les non-sens, et les contre-sens, et les galimathias, et les idées baroques, et les vieilleries rhabillées à neuf, et les contradictions, et les cercles vicieux et bien d'autres misères dont j'aurais quelque peine à terminer l'énumeration. Avec tant de coupures, à la vérité^ il ne resterait rien du volume, si ce n'est des citations tle l'Ecriture de quoi défrayer largement quelques douzaines de prônes ; mais comme, réduit à cela, l'ouvrage serait incomparablement meilleur, ce serait un excellent service rendu par l'ami et à l'auteur et au public.
« Je confesse d'ailleurs que l'auteur lui* même n'est point en cela de mon avis , et qu'il en est même infiniment loin. Comme Dieu avait réservé pour lui de toute éternité l'intelligence du vrai sens de la Bible, en ce qui concerne les courants électriques et les aurores boréales contenues dans les premiers versets de la Genèse, il déclare que son livre « est absolument nécessaire à tous les ecclésiastiques..., indispensable à l'enseignement des séminaires...., et que, grâce à sa nouvelle doctrine, on pourra porter, avec le prophète Isaïe, un défi solennel à tous les superbes..., les orgueilleux..., les matérialistes..., les panthéistes..., etc., etc.» Cela valait donc bien la peine d'être imprimé. D'ailleurs, par le moyen de celte révélation phénom-énale, les sciences physiques et naturelles replacées sur leurs fondements divins^ et bibliquement reconstituées^ entreront dans 4a voie dujjrogrcs continu.,., et cette recons-
titution biblique compr^^nJ rarticulièrement Vciiairage, (Pag. xxij et 60.) De ces certificats avantageux, et de maintes autres altesti'tions naïves disséminées dans le corps da volume, il résulte manifestement que le P. Debreyne était une des pensées du Créateur, quand il prononça le Fiat lux^ et qu'il était réservé à notre é|oque, en sa personne, de manifester enfin au grand jour les ressorts du mécanisme de l'univers. On a bien dit cela de Newton, mais fort abusivement; ce géomètre n'a rien compris au mouvement des astres et à la mécanique céleste : il n'a pas |VU que l'attraction n'était autre chose que le principe luminique découvert jÀi* notre auteur dans la Bible; et il n'a pas vu cela parce qu'il n'a pas porté son attention sur les boules éleclrisées qui s'attirent et se repoussent {pag. kO). Car Taltraction sidérale, disons-le tout d'abord, ce n'est, suivant notre auteur, que la lutte des deux élec^ tri ci tés.
<c Mais abrégeons ce préambule et abordons le système cosmo.:i;onique de l'auteur; on commençant par l'idée qui lui sert de base, le grand principe universel, puisé dans la Bible; ce principe est la force /umtntque. Qu'est-ce que la force luminique?
Voilà ce que je dois d'abord vous dire.
« Ce qu'elle est, je n'en sais rien; et je doute que l'auteur ait sur cette force fondamentale une idée plus nette que celle qui m'est échue en partage. A défaut de définition précise» ie ne puis que jiro*duire les pa usages où il est question de sm principe et de son mode d'action. Vous lirez donc d'abord (pa^. 30) que Dieu étant lumière et le Verbe étant Dieu^ selon saint Jean, le V>rbeest lumière lui-même; et puisqu«^« tout a été fait par le Verbe, » suivant saint Jean» tout a été lait parla lumière... : i» «d'où il suit que la lumiere-force ou la force iuminique^ en tant qu'elle esf l'action de Dieu sur la matière, est la loi suprême de Vunivers. » {Pag. 31.)
— Il s'ensuit j continue l'auteur, que son effet immédiat est la lumière phénoménale ou een^ siblc : car l'action de Dieu est nécessairement force et lumière. Donc cette puissance est l'agent unique et universel de toute la création. —C'est très-clair, n'est-ce pas? Mats voyons: puisque la force luminique, qui est le Verbe, est distincte de la lumière nhénoménale, qu'est-ce donc que cette lumière phénoménale ou sensible, par quoi l'auteur entemi, sans doute , ce que les physiciens et le vulgaire des hommes désignent habituellement par le nom de lumière? En réponse À cette question, je lis (pag. 33) qu'elle est le résul" lut de inaction conservatrice et vivifiante de Dieu, toutes les fois quil s'opère dans tes êtres une nouvelle combinaison. ,,, qu'elle est le résultat des actions chimiques..., qu'elle est identique avec le calorique, l'électricité, le magnétisme (passim)... mais que ce principe, ou plutôt toutes ces choses qui se .confondent avec elle, ne sont ni un fluide^ ni réther, ni un fluide quelconfjue. (i^ag. GS.)
— Qu'est-ce donc en définitive que cette lumière sensible qui impressionne nos or-
DEB
ET DE PALEONTOLOGIE.
DEB