AZ
^aoes et dont nous calculons ia marche? Cest... quelque chose qui n*est pas rT;atière, et Toiià tout. Et si cela ne tous satisfait pas, rappelez-TOus que c'est ie résultat de tacti9% de Dieuj etc., etc., ce qui remettra du c aime dans votre âme, sinon des idées dans votre intelligence. Mais mettons que vous compreniez et la force luminique et la lumière phénoménale : vousfallez voir main* tenant se déchirer devant vos jeux le voile qui vous cachait la Genèse de Tunivers.
< Vous n'aviez d'abord que le chaos, c'estè-dire une matière non organisée, réduite h Tétat d*atomes : atomes de granit, atomes de zinc, atome d'ox jgène, et tout ce que vous voudrtz; tous ces atomes de n'importe quoi sont manifestement, suivant l'auteur, ces eaux, aquasj sur lesquelles planait l'esprit de Dieu ! Or voilé que le Créateur prononce leFîiar/tcx. Arinsiant^ dit notre auteur, chaque atome est doué de la vie minérale^ c^est-û" dire d'attraction et de répulsion, l'un plus, foutre moinSf suivant sa cflpacité pour la force vitale universelle,., A cet instant tous s'aaitérent pour se combiner d'après la loi de polarité^ à laquelle se rattache ta cristallisation et toute espèce de formation d'atomes,,, il est facile de se faire une idée de ce travail unirersel de la matière primordiale, en se représentant le mouvement giratoire des atomes sur leurs pôles pour se combiner d'après Us lois de leurs affinités. Ainsi la terre, ainsi chaque astre, formé par T agglomération des premières molécules, en autant de noyaux d'stincts auxauels les autres venaient s'ajouter en vertu as la force attractive qui domi^ naît dans la masse primitive.,.; enCn , cette agitation des molécules élémentaires et leurs conU^inaisons produisirent une immense lumière bornée autour de la terre. (P. 71, 73.) En résumé, pour ce qui concerne particulièrement notre globe, c'est ainsi qu'il se forma par l'agglomération de ses atonies , jusques et y compris les terrains primîti&, c'est-à-dire la croûte granitique.
c Voilà dans toute sa longueur, largeur et profoiideur« le grand principe universel découTert par l'auteur dans la Bible, et de quelle manière, en appliquant habilement ce grand prineipe,on rend compte de la formation de tous les corps . de l'univers 1 La terre et tous les astres étaient d'abord à l'état d'à* tomes; eh bien! à la parole de Dieu, ces atomes ont pris cohésion et ont formé un tout solide! Devant cette théorie puissante et ce système cosmogénique si simple, les mater iaiistes, les panthéistes f les superbes.,, ne peuTent manquer de battre en retraite. Ah 1 quel tour l'auteur leur a joué, à tous ces savants orgueilleux! Mais moi qui ne suis rien de toot cela, j'ose regarder en face le système; e.t, si simple qu'il paraisse, je lui trouve des complications notables, et me ureads même à croire que l*auteur n'a pas Lien compris lui-môme ce qu'il disait. Pour penser cela, voici mes raisons :
« D'abord, puisque l'auteur vise à ia simplieilé, pourquoi ne pas a^rniettre, ce (|ui sr- >lil înfinioient raisonnable, que Dieu a créé
et solidiGé tout d'un coup, la terre et cha^ que planète ; au lieu de lui faire créer des atomes, puis remuer ceux-ci, et les faire tourner, et les douer d'attraction et de répulsion, pour les faire déOnitivement cohérer après un temph quelconque dont l'auteur ne nous dit rien? Est-ce pour remplacer la création instantanée \ar une théurie physique ? Mais l'auteur tonne de son mieux (p. 34, 35) contre ceux qui veulent imï)Oser à Dieu les causes secnnaes, au lieu de le laisser procéder par action immédiate !
« Maintenant nous voyons que le Fiat lux eut pour etfet de donner aux atomes la rie minérale, et cette vie minérale], cela veui dire f attraction et la répulsion.' — Ainsi la lumière de la Bible, c'est Vattraction et la répulsion^ lesquelles font tourner les atomes sur eux-mêmes 1 Ceci est déjà bien remarquable, et je conçois qu'une pareille idée ait pu échapper jusqu'ici à tous les commentateurs de la Genèse. Toutefois voici une explication qu'on peut donner de cette singulière métamorphose. La lumière étant identique avec l'électricité et les courants voltaîques qui donnent aux atomes des corps I attraction et la répulsion,ces deux propriétés que l'auteur attribue aux atomes primitifs, sont précisément l'effet de la création de la lumière ou du fluide électrique que Dieu associa aux alon:es, ce qui les mit en branle, les fit tourner, et les combina les uns avec les autres. Fort bien ! mais deux lignes plus bas, on nous dit que « cette agitation des molécules, et leurs combinaisons produisirent une immense lumière. » Ainsi c'est la luniiière qui met les atomes en mouvement, et c*est ce mouvement des atomes qui produit la lumière m Tous mes lecteurs savent de quel nom cela s'appelle dans toutes les langues du monde ; je me contenterai, moi, d'appeler cela une complication.
«I N'en est-ce pas une aussi que cette double force d attraction et de répulsion qui produisent ensemble les conglomérats? Quoi! l'attraction ne suffirait pas, et il faut que les molécules se repoussent pour parvenir à adhérer? Il est vrai que fp. 53 et pass.) l'auteur nous explique comment, en donnant aux atomes des grosseurs différentes f pour-
3uoi?), l'attraction se change en répulsion , 'où je conclus qu'il peut changer la répulsion en attraction par quelque tour de main analogue. Mais j*avoue que je n*ai pu saisir nulle part cette transition indispensable. Vous me demanderez |K)urquoi il fait intervenir la répulsion dont il n a pas besoin , et 3ui complique le système « si simple » 'une manière fâcheuse. C'est qu'il voit dans toutes les molécules de la matière des aimants avec leurs deux pôles, bien qu'il ne comprenne point , comme vous le verrez plus bas, ce que c*est qu'un aimant. Peutêtre cette idée de magnétisme polaire dans les atomes d*un caillou ou d*un morceau de beurre, vous paraflra-t-elle assez bizarre;, mais veuillez, lecteur, réserver votre admi-* ration pour qucjfiue clIO^e de plus curieux,
DEii
DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
BEB
au sujet de la vie des atomes, el que je vous, exhiberai ci après.
« Voilà donc la terre formée, et tes plané-: les, et tous les astres, par le fait de Taggloniération de la matière atomique répandue dans tout Tespace, agglomération faite par attraction et répulsion. Il en résulte, suivant J*auteur, une raréfaction de la matière et une - tension — prodigieuse, qui ont fait de Vesp ace le milieu propagateur et le conducteur le plus sensible de tous les courants luminiques. (P. 79.) Je suppose que ces mots recouvrent une idée nette, ce qui est cepend ant fort douteux pour moi ; et je me home à faire remarquer cette extrême raréfaction de la matière produisant une tension prodigieuse. Nous autres, physiciens du commun, nous posons en principe que la raréfaction d'un gaz quelconque et sa tension sont toujours en rapport inverse ; que la tension çst (fautant moindre c{ue là raréfaction est plus grande, et que moindre est la densité. L'auteur, lui, cnange le rapport inverse en rapport direct, parce qu'il est dans ses habitudes de faire de la science en prenant généralement le contre-pied de tous les principes admis, commeje vousen montrerai ci-après d'autres remarquables échantillons. Mais suivons avec lui les destinées de la terre, el voyons comment il explique les deux problèmes qu'il se propose à son sujet : celui de la chaleur centrale, et celui de ses mouvements astronomiques.
« L'auteur admet donc la chaleur centrale, Télat liquide et incandescent de la masse intérieure. Or, quelle est la cause de celte incandescence et de cette fluidité? C^BSt, il n'en doute aucunement, la pression de la croûte granitique sur la masse sous-jacentel ')ui, cette pression produit une chaleur énorme ; oui, cette pression liquéfie le granit dont cette masse sous-jacente se compose; et à l'appui de cette heureuse idée, Tauteur cite les expériences de Hall sur la liquéfaction du granit par la pression.
«La pression de la croûte solide sur les nîntièpes inférieures! Mais l'auteur oublie que cette croûte n'est pas plate j qu'elle forme une ei^veloppe sphérique, et qu'une telle enveloppe ne presse pas sur son contenu. 11 s'imagine, sans doute, qu'une bombe presse sur la poudre dont on la remplit, qu'une bouteille presse sur le liquide qu'elle renfermel Mais accordons-lui généreusement cela. Mettons que la matière sous-jacente soit pressée et échauffée par la croûte solide. Il en résulte, à son avis, la liquéfaction de cette matière tant pressée; cett« matière, écoutez bien I arrive à un degré de densité telle quUl ne puisse plus y avoir cohésion. (P. 89). Il faut bien que nous citions textuellement de pareilles choses, pour qu'on puisse croire qu'elles s'impriment. La pression et l'augmentation de densité qui finissent par rendre la cohésion impossible! II Dans notre physique vulgaire, c'est précisément l'augmentation de densité et le rapprochement des molécules qui favorisent la cohésion; quand la chaleur amène la liquéfac-
tion d'un corps, c'est en le dilatant au préalable, et diminuant sa densité. — Mais ta physique de l'auteur est fondamentalement au rebours de la nôtre. — Il cite les expériences de Hall à l'appui de la sienne. Mais il aurait bien dû citer le livre et la page. S'il se donne la peine de recourir à cet auteur qu'il n'a pas lu,, il reconnaîtra la bizarre confusion qu il a faite au sujet d'une célèbre expérience de Hall. De la craie fondue et cristallisée dans un canon de fusil rougi au feu, et qui empêchait le dégagement de l'a^ cide carbonique 9 ce n'est pas du^tout— du granit liquéné par la pression. — Ce n'est pas cQla, ni irieu de semblable; et une confusion si singulière prouve que lire et comprendra sont choses très-différentes.
<i Maintenant, comment notre globe lourne-t-il sur lui-même et autour du soleil, bu, plus généralement , comment notre auteur explique-t-il le double mouvenaent planétaire? Vous s^vez ce qu'en disent nos physiciens du commun» depuis Newton jusqu'au moindre de nos bacheliers. Mais de ce corn-, mun-là notre auteur ne veut pas, et la force tangentielle n'est nullement son fait. Voici pourquoi et comment la terre ou une planète quelconque tourne sur elle-ménae : c'est que le soleil et la planète sont électrisés, que la grande sphère est positive, el la petite négative; el que la plus grosse attire et repousse alternativement la plus petite . (P. 12G.) — Vous riez ! et vous yous dites sans doute, ô mon lecteur, que ces sphères électrisées sont bien bizarres, et que la manière dont l'auteur les fait agir l'une sur l'autre autorise à croire qu'il ne comprend absolument rien à nos théories électriques. Mais passonslui ses globes positifs et négatifs. Voyons! que doit-il résulter de celte attraction et de cette répulsion successives, supposées possibles? Le bon sens et le premier écolier venu répondront qu'il en résultera une oscillation rectiligne d^ns \^ direction commune des deux actions, ou sur la ligne des centres. Notre auteur ne peut pas compren-. dre cet axiome de mécanique élémentaire; niais en revanche il comprend , à ce qu'il parait, ce que nous ne comprenons pas, savoir : que la plus petite des deux sphères doit tourner sur un axe. — Ah 1... Et autour du soleil? — Elle tournera par la même raison, — Et quelle est cette raison ? — C'est qu'elle échangera soi) action négative contre 1 action positive du soleil. (P. 126.) — Il n'y a vraiment rien à n^pondre à cela. Mais estce tout sur le mouvement de noire globe? Non : attendez. 11 3[ a dans les trajectoires rianélaircs deux poinls,^ l'aphélie et Je périliéJie, correspondant au maximum et au minimum de la distance variable de la planète au soleil. Qu'est-ce que ces points, uit notre auteur? « La plus grande des d^ux. sphères attirant la plus petite jusau'à ce que leurs deux actions soient neutralisée?^., elle commence alors à. la repousser jusqu'à ce que la plus petite soit réduite à son action négative; alors la grande reconanience à l'attirer. Et voilà les deux poiuts de périhélie.
DED.
ET DE PALEONTOLOGIE.
DRB
«t d'a|)liélie expliqués sans sortir de la force luniinique. » Que dire de ceci, sinon que c'est de la mécanique céleste comme on en ncut faire en mettant des mots dans un sac, Ips tirant au hasard, et les accrochant les •ins aux autres dans Tordre de leur sortie (314}?
K Maintenant qu'est révélée, au moyen du grand principe luminique, la Genèse de notre terre, trans[)ortons-.nous à )a seconde
Rhase de son histoire, au déluge mosaïque, otre auteur va nous donner sa théorie; voyons ce qu'elle vaut.
« Dieu a résolu de détruire le genre humain ; pour cela il ouvre les cataractes du ciel et lait tomber sur la terre pendant quarante fois vingt -quatre heures une pluie composée, sans doute, de véritables torrents. Dieu juge qu'une telle avalanche suffit à son but, et c'est également notre humble avis; mais le P. Debreyne est d'une opinion tout à fait différente. La pluie dont parle exclusivement Moïse ne lui suffit pas; il arrête, lui, le mouvement de la terre sur son axe pendant cinq mois, et de cet arrêt durent résulter deux choses : d'abord, que l'océan, continuant toujours son mouvement de rotation, vint recouvrir les continents, et puis <]ue la force cenlrifuse cessant avec la rotation de la masse, elles durent prendre une autre disposition d'ensemble, en se reparlant vers les pôles. Or, voilà plus qu'il n'en faut pour noyer largement tout le genre humain. Alors ce sera tout? — Non pas : ii<)tre autour fait encore disloquer toute la « route du globe et la met— sens dessus dessous,— ce qui, assurément, eût dispensé Dieu de ses quarante jours de pluie. Or, pourquoi l'auteur fait-il intervenir l'invasion de i'Océan dont la Bible ne dit pas un mol? Parce que sans cela nous n'aurions pas de SYsiètoie. Et pourquoi la dislocation de la croûte terrestre? Parce que c'est également une nécessité de la nouvelle théorie. Alors on est vraiment stupéfait de voir que Moïse n'en parle pasill
« £}i bien I ce n'est qu un oubli de sa part ; et il est convenu que les choses se sont passées comme notre auteur le suppose. Or, en admettant ceci, il donne par le déluge l'explication et l'histoire de toutes les stratifl- (âttons et fossilisations du globe; tous les terrains, à partir du granit, ne sont que des (iépAts des eaux diluviennos. Lcsdites eaux, doti/etf au plus haut decré d9 la propriété lapidifanle^ se mirent a dissoudre toutes les matières minérales et roches siliceuses d'é- |ianchemeut (P. 215), et phis tard elles déjKisèrent en bancs horizontaux les diverses i/iatières qu'elles avaient dissoutes. Et voilà, en résume, l'histoire des terrains secondaires et tertiaires, et des terrains de transition, ici fies bancs de houille, de sel gemme et de ^rès et d'argile, avec Tordre et la puissance
(^li) Lapriurilé de cette théorie pour laquelle le
«> rie iqiie de M. Debreyne est saos piiié, appartient à
M. ChaubanI si fécond en idées singulières. (V. son
ouvrage Wniterê expliqué par la révélation)* C'est
4 lui que M. Debreyne l'a empninlrc. Crllc même
que vous leur connaissez. Ici nos lecteurs retrouvent la théorie du déluge telle qu'on la fit dans l'enfance de la géologie, et notre auteur ne paraît pas se douter qu'elle est de l'autre monde. Il ne paraît pas soupçonner les nombreuses et décisives objections qui ont été faites contre cette naïve synthèse. Ces objections, il peut les trouver partout,^ et spécialement dans l'ouvrage qu'il cite dans sa note (P. 187), ouvrage où elles sont fort bien résumées, et dont notre auteur parle comme s'il l'avait lu, tandis qu'il est à croire qu'il n'en est rien, à en juger par son silence sur ces objections. A moins, toutefois, ce gui nous paraît plus probable, que, ne sachant comment y répondre, il ait jugé plus sage de les passer sous silence et de les tenir pour non avenues, ^son siège étant fait. — On pense bien, que l'espace nous manquant, nous n'allons pas entreprendre ici une réfutation qu'on trouvera à cette adresse. Seulement, en laissant de côté toutes les considérations de l'ordre physique, nous nous contenterons de faire une remaraue, au point de vue de la Bible elle-même. L auteur nous disloque et nous met entièrement à l'envers la croûte primitive du globe , et sur les fragments de cette écorce retournée il dépose tous les bancs successifs de matières minérales; les anciennes forêts forment un amas de houille profondément enterrées sous ces bancs. Eh bien I voilà qu'au moment ou disparaît la dernière couche d'eau diluvienne, la colombe de l'arche y cueille un rameau vert d'olivierl Donc il y avait sur cette terre des oliviers verdoyants... et par conséquent, sans doute, toute la végétation ante-diluvienne; donc la dislocation, le retournement et les dépôts qui auraient profondément enseveli l'ancienne surfece de la terre, ne sont, d'après ce fait biblique, qu'un pur rêve, mais de ces rêves qu'on ne lait que lorsqu'on ferme volontairement les yeux.
« Nous arrivons maintenant à la troisième phase de l'histoire terrestre; car l'œuvre dont nous donnons ici l'analyse est une tri-', logie. Au-dessus des oancs minéraux propre^, ment dits, il existe, comme tout le monde sait, des produits d'une puissance comparablement neaucoup plus laible, que les gens raisonnables attribuent précisément à notre déluge, sinon à quelque autre ;. mais en tout cas, pour les désigner, le mot diluviiïm a passé dans la science, d'un accord commun Si les stratifications minérales sont le pr.o-> duit du déluge mosaïque, comme notre auteur a pour agréable ae le supposer, il lui reste à nous expliquer le diluvium qui en est parfaitement distinct. Or,. il explique en effet ces dépôts superficiels en les rapportant— au déluge de Josuél — L'idée de ce déluge n'est pas, il est vrai, de son ^invention; notre auteur est patroné sur ce point
théorie a élë soutenue 'par M. Fabbé Maapied dant son ouvrage Dieu, Vhommt et le monde. Elle rreirest pas devenue plus raisonnable. ( V. Tarticle Maumsi dans ce ffirfionnaire.)
iL.'Y. Jehan ^dc Saint-Clavien.) *
DEB
DICTIONNAIRE DE COSMOGONIC
bEB
].ar M. Cbaubard; mais Tiilée était trop précieuse pour aue notre physicien biblique ne (a prit pas a son compte. Ainsi fait-il, et Yoici ce que c'est que ]e déluge de Josué :
« Quand ce chef des Hébreux ordonna au soleil de s'arrêter, ce fui la terre qui s'arrêta, cessant de tourner sur son axe, et cela pendant vingt-quatre heures; car notre auteur ne comprend pas, dit-il, comment le phéliomène aurait pu se produire autrement. II y a cependant des explications différentes et irès-;Simples ; mais passons. L'effet de cette station de la terre fut, nous dit-on, celui-ci. D'abord, comme au temps de Noé» l'oc^i^r* continuant sa route, se rua pendant vingt- (lualre heures sur les continents qu'il submergea. £n second lieu, les eaux durent se reporter de Téqualeur vers les pôles, ceux-ci se relever, d'où nouvelle brisure de Técorce, C'est ainsi que furent noyés une partie des humains et que disparut ea particulier, avec tous ses habitants, la grande Atlantide, dont Platon raconte l'histore comme si elle s'était passée sous ses yeux, et dont les indigènes, apparemment plus mauvais sujets que les autres hommes, furent anéantis; car ce dé-, luge eut lieu parce que le genre humain était redevenu méchant. Donc l'océan se ru{(jit sur la terre ferme, y déposa ces couches de diluvium qu'on trouve partout, avec ÏQS fossiles qui sont propres à ce dépôt. (P. 312, 315.)
« Je pourrais ici contester la théorie physique de l'hvpothèse admise par l'auteur; mais, pour djréfjer, je me copteuterai de lui opposer trois petites observations tirées de la Bible elle-même. D'abord, c'est que le narrateur sacré ne dit pas un mot de toute cette belle histoire qui eu valait, certes, bien la peine. La seconde, c'est que Dieu avait promis bien formellement qu'il ne noierait plu3 jamais le genre humain, cjuclque mécnant qu'il pût Ç.tre. Il aurait fait cependant tout le contraire, dans Thypothèse dont il s'agit : sans doute, pour faire plaisir à MM. Debreyne et Chaubard , qui avaient besoin de l'hypothèse; motif grave, à la vérité, mais non suffisant toutefois pour que Dieu manquât h sa parole. En troisième lieu..., regardez donc ua peu sur la carte, là où les deux nations se battaient. La mer continuant sa route d'occident en orient, ne voyez-vous
f)as aue l'effet immédiat de cette invasion )rutaie eût été de noyer et les Gabaonites, et les Hébreux, et Josué lui-même? — C'était bien la peine à lui d'arrêter le soleil I — A moins qu'on ne suppose ici un nouveau miracle de la mer Rouge au profit des uns et des autres; de quoi l'auteur sacré ne dit pas un mot, ce nous semble. En fait d'autres miracles , il nous cite la pluie de pierres tombées sur les Gabaonites, ce qui n est pas précisément la même chose qu'une invasion des eaux de la mer.
« — Voici donc sommairement l'analyse de l'histoire du monde telle que notre auteur l'a vue clairement et manifestement daus la Bible. Sa géogonie porterait en tête un certificat daté du mont Horeb, et signé
Moïse, qu'il ne témoignerait pas pour elle une foi plus ardente, un respect plus profond. Mais nous n'atteindrions pas notre but d'une manière complète si nous nous bornions k cet exposé. Nous allons, par une petite revue rétrospective, donner à nos lecteurs les échantillons que nous leur avons promis. Des idées hétéroclites, des conlradiclions, une physique 1... sui generis^ tout cela abonde; mais"*, restreict par l'esiace nous éprouvons un très - grave eoibarras pour le choix. Prenons un peu au hasard, cela reviendra au même.
« Nous disons — dans notre physique vulgaire -— que le caloric^ue est l'antagoqisie de la cohésion, qu*il 1 affaiblit en dilatant les corps, et qu'à un degré suffisant de tension, il la détruit, en faisant passer les corps à l'état liquide et à l'état gazeux; — suivant notre auteur, au conlcaire, le ca-. lorique est le principe de la cohésion l (P. 55-85, ei passtm)
ft Nous avons déjà vu (p. 89) que l'accroissement de la densité a pour effet de rendre la cohésion impossible I
« L'auteur nous apprend (p. 117) que la direction de Taiguille aimantée est « censt(inle, et qu'elle est dirigée vers les pôles do notre globe. » D^ux hérésies monstrueuses 1 qui prouvent que notre auteur n'entend rien au magnétisme et ne comprend pas la boussole. 11 â bien entendu parler de ses déviations; mais il croit que celies«ci se réduisent aux écarts accidentels produits par la foudre et les aurores boréales I — 11 nous dit que lear barres de fer exposées à l'air prennent la vertu magnétique,, co. qui est vrai dans certains cas, et ce que nous expliquons, nous, physiciens du commun, par Taction magnétique du globe qui agit suivant une composante verticale. Notre physicien biblique nous apprend que le phénomène est dû aux rayo»s du soleil 1 (P. 50.) — Plus loin (p. 52), on rencontre un effroyable pathos, où l'auteur confond dans un même sens, les pôles de la terre, et les pôles des substances magnétiques, raals qui, chez les physiciens — du commun — sont pris dans des acceptions tout à fait diCérentes.
« On sait que les vovageurs aériens ont peine à respirer dans les hautes régions, par suite de la raréfaction de l'air. Les physiciens du commun disent que cette raréfaction provient de ce que les couches atmosphériques élevées portant moins de couches au-dessus d'elles, sont moins comprimées, et par suite moins denses. — Notre auteur, pense (p. 119) que... la raréfaction est pro-i (laite par la rareté des particules cosmiques!
a II ne croit pas non plus que la pluie et les nuages et les brouillards soient formés d'eau, ou de vapeur d'eau 1 1 1 La raison qu'il en donne (p. 130), cest qu'il v a des brouillards très- froids. D'où il conclut que ce.nest pas le calorique qui les retient à l'état de vapeur. —Ceci est singulièrement raisonné, et il devrait nous dire, lui, ce que c'est que les nuages. Il avoue qu'il n'en saitri**à;
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msi ea qu'îl ne sait pas non [Jus, et ce que tous les écoliers sarent, c'est que les corps qu'il api^eUe froids contiennent du calorique, si liasse que soit leur tea]j>érature.
t Od lit (p. 331) gue Tagenl vital de Vuniniters^ en $e constituant en ce que la science appelle calorique latent « cest-à-dire en force .de cohésion, etc.. — Toujours la chalrurcohésionl — Mais je reinarv-*<^ dans cette phrase et dans d auires [passim] que l'auteur emploie de telle sorte L mot de i alorique latent, qu'on reconnaît qu*ii i-^no>*e le sens très-précis qu'on donne à ce mot en piiysioue ; et ce sens se mpfiorte à un principe fondamental dont l'auteur parait n'avoir pas Ja moindre idée.
« Voici maintenant quelque chose de plus
curieux que tout cola. L'auteur pense que
la terre ne commença ses mouTcments que
U' quatrième jour; c'est fort bien. Mais il
croit que le mouvement général du ciel corn-
mesura des que la lufiiête parut , c'est-à-dire
a.i premier jour. (P. T8.î — A moins d'une
élourJeric prolijjieusc,' incroyable, inaJ-
uii^sible, notre auteur croit aux douze cicux,
e: à la sphère de cristal d'Aristote. Ck)mnient
uonci le mouvement général du ciel? Mais ,
e>t-ce qu'il j a un mouvement du ciel? Si
par là TOUS entendez ce que nous enten-
Ujos, nous autres gens du commun, ce
laoavement général du ciel n'est qu'une
a^iparence causée par !e mouvement propre
de la terre; or, vous venez de dire que,
pendant trois jours encore, la terre était
i.niiiobîle ! ! ! — Donc, ou l'auteur parle sans
rooiprendre ce qu'il dit , ou bien il croit à
i^D ciel solide qui tourne. Cette dernière
!:ypothèse parait la vraie, quand on lit les
l'azes 160 et 161. L'auteur s*^ montre sîn-
u'uTièrement indulgent ix)ur 1 idée d'un ciel
cai;fyrée dont on apercevrait la lumière â
travers les brèches et Us trous du ciel des
€ oiUs, Donc celui-ci serait un ciel solide,
c'»mme le pensent plusieurs graves aulori-
t'rs, f armi lesquelles l'auteur cite Ana-
xa^ore !
• Le lecteur trouvera sans doute dans les cîtatîoDS qui précèdent, autre chose que ces erreurs indifférentes qui sont absolument compatibles avec un certain corps de notions exactes; ce sont des énormités qui entament h science à fond, qui la bouleversent radicalement, et telles que n*en rêvent pas les personnes qui possèdent quelques rudiments 'i'éludes physiques. Qu'on juge parla quelle errance manipulation, quelle effroyable mixture doivent résulter du travail de Tauleur ar»oliqué è de nombreuses questions cosuiz |ue5;caril explique tout, notreauteur, av-?c son a^ent éthéré biblique elnniverscl ; il expliqMC tout ce qui précède, |)lus Cesp-o^r, rattraction^ les réactions sidérales^ la K fêMâte des graves, la lumière phénoménale y les i^yhulruses, les comités, les volcans , la pous- * Irrt cosmique, les aurores boréales, les nébut*^ tses^ les comètes, les étoiles filantes, les 6oi'(/^s, etc... 11 explique les laves, qu'on pré;*fnd fiarfois être incandescentes, mais Çu« ne paraissent telles q^ie parce qxi elles con-
tiennent du soufre! — H explique les filons métalliques | ar l'influence. . . riu soleil, les courants héliaques, comme on disait au l>6n temps des astrologues et des alchimistes. (P. 9)k et 248.) — Il dit surtout une foule do belles choses, peu intelligibles à la vérité sur la pile vollaïque, qu'il propose d'appe 1er désormais un photogène, idée dont il sa montre fort satisfait « mais qui ne vaut pat les deux lignes qu'on emploierait à roonlroi que cette dénomination est détestable. Quoi qu'il en soit , il exalte sa puissance ( è la quelle il ne comprend rien): il la voit pro^Tessant, sous le nom de pbotogène , jusqu'à produire ia décomposition des montapies et leur évaporation en fumée ( pag. 63) ; il la voit surtout dans la main € de Vhomme de péché... n de l'antechrist, qui fera avec la pile vo1taï(]ue d'inimaginables prodiges ! Mais quelle |.ile ce sera, grand Dieul Heureusement q't^c — les élus ne se laisseront pas séduire, — et que la. Providence ayant fait éclore |K)ur eux le livre ce notre auteur, quand l'antechrist leur mot. trera ses prestiges, ils répondront net au malin : Connu !. . . c'est le photogène I
« Si je voulais citer la dixième partie des non-secs, c'est-à-dire de ces phrases, de ces réunions de mots que ne peuvent comprendre ni le lecteur ni l'auteur lui-même, il me faudrait doubler l'étendue de cet article. J*ai noté à ce point de vue un très-grand nombre de pages, mais je dois me contenter d'une citation comme spécimen en ce genre. L'auteur parle ( p. 212) du déplacement suc^ cessifdu périhélie, cest-à-dire du déplacement presque insensible de fajre de la terre. — Or, il n'y a absolument aucun rapport entre le périhélie et Taxe terrestre; ce sont des mots qui sont fortétonnés de se trouver ensemble, et l'anteur ne comprend le sens ni de l'un ni de l'autre.
• Pour citer dans le genre — galimathias, — il faudrait transcrire une bonne moitié de l'ouvrage; à commencer par le grand principe universel et fondamental : cette force luminique, qui est l'action du Verbe divin, se manifestant en lumière phénoménale, qui n'est point matière, mais qui se combine avec la matière pour former les pôles de tous les atomes et les courants électri(tues. Toutefois , je m'en voudrais de priver mes lecteurs d'un échantillon spécial, de celui-ci, par exemple (p. 168): — l'n principe fc mouvant spontanément, après ia création de son type , dans chaque animal , ne peut être autre que celui d'une révolution comme le tourbillon circulatoire. Ainsi, en retournant sans cesse sur lui-même, il rentri tout en lui, et s* engendre toujours, parce quit possède son principe (faction et ne dispersi pas ses forces. En se maintenant dans f équilibre et en tout sens, il se rend perpétuel et autocrate... et tel qu'un principe immatériel, il ne présente qu'une force pure. Hein 1 vous comprenez?
« Dans le ,^enre — conlradiclion, — je ci'^ terai aussi un seul exemple. On lil(p. 69' que les atomes de la «matière éléni^ctairt
DEB
DlCTlONiNAIlŒ DE COSftIOGONIE
DEL
sont sans pesanteur^ et pour le système, il faut qu'il en soit ainsi. Mais (pag. 80) on nous dit que ces atomes ont des pesanteurs spécifiques différentes; et pour le système, il faut aussi que les atomes aient de la pesanteur! Arranger cela vous parait diiliciïe; pour un physicien comme notre auteur , et — qui ht dans la Bible ! — ce ne p^ul être qu*un jeu.
« Enfln dans le genre — idées cornues, — je dois me restireindre aussi à une citaiion , mais telle, j'en réponds bien, que mes lecteurs consentiront à me dispenser du reste. C'est à la {)age 66 qu'on trouve cette perle de Timagination. La force tuminique produit partout, c^mme vous le sav^z, deux pôles : pôle d'attraction, pôle de répulsiou; mais ces actions adverses, écoute? bien :
« Ces actions adverses sont la base des «sexes (1) qui, parfaitement séparés dans les «animaux, se réunisseiit sur le mémçindi- « vidu dans les classes inférieures des êtres «(Oiganisés, eisont enfin inséparables dans « chaque molécule de matière {!!), Et s'il est «permis d'employer cette expression, pour «faire comprendre la nature delaric miné- « raky cha({ue atome est hermaphrodite (///). » — Donc, je suppose, les atomes des cailloux ont de la famille. Malheureusement, sur ce point, le professeur laisse noire instruction incomplète.
« En voilà assez , n'est-ce pas?
«f Mais. Ton me demandera pourquoi j'ai entrepris Fanal vse, pourquoi je pul)lie le compte rendu d un tel livre où la science cl le bon sens sont outragés à chaque pa^e , d'un livre manifestement au-dessous de toute critique? Et, à un autre point de vue, on pensera peut-être que la charité m'eût fait un devoir de laisser dans l'ombre ces misères intellectuelles, commeellenous commande de jeter un voile sur les difformités physiques du prochain? Ahl sans doute, nous eussions gardé le silence sur cette triste rhapsodie, si l'auteur était un de ces écrivains isolés qui portent seuls la responsabilité de leur œuvre, et ne compromettent que lear insignifiante personne. Mais ici c'est un homme infiniment respectable d'ailleurs, et à qui son caractère et la science qu'on lui prête concilient une sorte d'autorité; cet homme se pose en paladin de la Bible, en pourfendeur des mécréants, en vengeur patenté de la parole divine contre la science profane, et qui embouche la trompette vers les quatre points cardinaux pour prendre l'univers à témoin comme quoi la cause de Dieu est sauvée par son fait. Fautil donc laisser notre Genèse sous le stigmate du ridicule que lui impriment de pareilles excentricités ? Faut-il que par considération pour les personnes, nous acceptions, en silenee, la responsabilité d'une œuvre prétendue scientiuque, que refuserait de signer un magister de village, et qui, au contraire , semblerait élaborée 'wr quelque
(^M\) A celle verve, \ criic science si lucide, tout le inonde a reconnu Tautcor des Soirées de Ifo*!- Ihérg
ennemi perfide pou^fairc rire, aux dépens du presbytère, tousles maîtres d'école dos quatre-vingt-six départements ? Non : c'est l nous surtout qu'il convient d'être sévères pour ces déplorables élucubrations ; et il serait temps peut-être que la presse catholique mit un terme à ses funestes indulgences, et ne signât qu'à bon escient les passeports qu'elle délivre à des pauvretés lamentables, ou par égard pour la personne de leurs auteurs, ou qn vue des intentions estimables qui leur ont mis la plume à la main.
« Qu'on nous permette encore un mot sur le sujet qui nous occupe. Si nos lecteurs nous en croient, ils n'accepteront jamais, jamais ne chercheront eux-mêmes un système de géogonie biblique pouç expliquer la composition de Técorce minérale du globe. S'il vous arrivait de tomber sur la vérité, — ce qui est tout au moins peu probable, — vous n'en aurez pas moins, et vous aurez éternellement des contradicteurs Or, rejetez ces conlraJicteurs an delà des six jours génésiaquQS , entre le premier et le second verset, entre la création générale de la matière et la première phase de sa dernière organisation dont Moïse nous fait l'histoire; donnez aux géologues ce vaste champ, celle durée indéfinie, pour y manipuler à Taise, et y placer toutes leur^ métamorphoses de la terre. Ils feront bien des systèmes successifs et antagonistes , bien des syslèn-es bons ou mauvais,, mauvais surtout; mais, mauvais ou bons, laissôz-les faire à d'autres; et restez, comme la Genèse elle-même — désintéressés dans la question. — Ce terrain est-il celui de la vérité pure ? c'est ce que j'ignore; mais, tout au moins, comme hypothèse, il est inattaquable. C'est sur lui que se sont placés Buckland et bien d'autres auteurs ; et chaque jour nous prouve que ceux-là sont les plus sages (315). » — ^oy.
BUGKIAT^D, MaUPIKD, Cha.UBARD, JEHAN (dK
Saint-Clavien).