MÉTAUX POIDS SPÉCIFIQUE, POINT DE FUSION
»'eifE APPticATioK PLUS OU Moms] Teau distillée et à la température exprimé en degrés du thermomètre G^îfÉBàLE. de-f l'hélant prise pour unité. centigrade.
1 Fer, 7,7 + «,590*
2 Cuivre. g,8 + 788
3 Plomb. il 4- 334
4 Etain. 7.2 4-228
5 Zinc. l]i 4- ***'
6 Mercnne. 45,5 •— ^
7 Argents 10,4 + «,W0
8 Or. 19,2 + 1,100
9 Platine. ;31,5 . n'est fusible au*aa chalum. à gaz
byd. et 01.
10 Antimoine. 6.7 + 450
11 Bismuth. 9i,8 + 247
12 Arsenic. 5,7 Se vaht. vers 500* sans passer par ]
rétat liquide.
13 Cobalt. 8,6 ?4rè8-dîfficile à foudre.
14 Manganèse, 7,5 ? idem.
15 Chrome. 5,9 T idem.'
16 Nickel. 8|5 î. idem.
N. B. Le signe 4- veut dire plus^ c'esl-à-dire 'au-dessus de léro; ei le signe — veut dire moinst c*est- 2h4ire au-dessous de zéro. Le signe ? marque Tincertitude.
MinEBAia DE FBB. — Lo for ne parait pas avoir été. trouvé Jusqu'ici à l'état natif, excepté dans les aérolithes ou pierres tombées du ciel. Il ne peut s'extraire avec avantage que des oxydes ou des carbonates de fer. Ce sont ces substances qu'on appelle minejçais de fer. Les principaux sont :
Le fer oxjdulé ; LO fer oligiste ; Le fer hydraté ;, Le fer carbonate,
Le fer oxydulé ou aitnant, le plus riche des minerais de fer, est simplement une. aorn-^. binaison de fer et d'oxygène renfermant jusqu'à 72 pour 100 de métal. On le trouve ei\ ffloQs exclusivement dans les anciens terrains de cristallisation (Suède, Sibérie). Il sert ii fabriquer les aciers de première qualité.
Le fêr oli^ie ou peroxyde de fer est plus oxygéné quQ le précédent. Il se trouve aussi
5S- DICTIONNAIRE DE GOSMOCiONIE ET DE PALEONTOLOGIE., M
iîaas les terrains primitifs ou dans les anciens terrains sédimentaires; dans ce dernier cas, il est presque toujours terreux et prend le nom d'hémalUe rouge (île d'EUw, Suède» Brésil). Il peut être regardé comme le principe colorant des matières rouges ou rougeAtres qui abondent dans l'écorce terrestre.
Le fer hydraté ou Hmonite se compose de fer, d'oxygène et d'eau, sai 'poussière est tou" jours jaune. Il se montre dans les dépôts les plus modernes. Exploité en Normandie, en Bourgogne, en Lorraine, en Franche-Comté, etc.
Le fer carbonate ou sidérose est une combinaison d'oxyde de fer et d'acide carbonique. 11 est trè»<ommun en Angleterre dans les grès houillers et dans les couches de houiHe elles-mêmes. Nous ne pouvons entrer dans aucun détail sur les deux méthodes d'expfoitation, la catalane et celle dite des hauts fourneaux.
Le fer est un des plus beaux présents que la nature ait faits à l'homme, et Tabondance avec laquelle elle l'a répandu atteste la juste répartition de ses bienfaits.
Le fer est, sans contredit, le plus utile des métaux ; il surpasse tous les autres en dureté ot en ténacité; sa puissance de résistance est si grande, qu'un fil de fer de 2 millimètres de diamètre exige, pour se rompre, un poids de 249 kilogrammes. On sait que le fer, chauffé à blanc, so pétrit, en quelque sorte, sur l'enclume et prend toutes les formes, avantage précieux que n'ont pas la plupart des autres métaux. On peut juger de l'industrie d'une nation par la quantité de fer qu'elle consomme et par le degré de perfection avec lequel elle le travaille. En effet, il n'est pas de machines dont la construction ne soit en grande partie fondée sur l'emploi du fer. Tous nos instruments tranchants, sciants, limants, perforants et contondants, indispensables agents de l'industrie, sont fabriqués en fer. La médecine a trouvé, dans les combinaisons de ce métal , plusieurs médicaments utiles; la pein<ture, de très-bonnes couleurs; enfln, pour terminer par une de ses principales et de ses plus fécondes applications, citons les chemins de fer, au moyen desquels les hommes ont réussi à donner à leurs chariots une vitesse extrême, résultat immense de la plus haute portée, destiné non-seulement à augmenter le bien-être matériel des peuples, mais è aug-^ • menter aussi la somme de leur bonheur moral, en leur facilitant les moyens de se connaît tre et de fraterniser I
Remarquons, en passant, que le fer, ce métal si humble sous le rapport de la valeur in-s trinsèque, joue, en Europe, un rôle très-important dans la richesse sociale; tandis que les métaux précieux, comme l'or et l'argent, n'y figurent comparativement que pour des som*? mes minimes, Cette simple observation peut donner une idée de l'énorme quantité de fer qu'on retire annuellement des entrailles de la terre. On pourrait, à )a rigueur, se passer des autres métaux ; mais jamais du fer, sous peine de retomber à peu près dans l'étal de barbarie.
Minerais de cuivre. — Le cuivre se trouve à Vétai natif; aussi ce métal fut-il un de C5eux que les hommes utilisèrent dès la plus haute antiquité. On a découvert, il y a peu d'années, des gîtes de cuivre sur les rives méridionales du lac supérieur (EtatsJJnis), exploités par plus de cent quarante compagnies. Ce métal y est disséminé en veines, en nodules et en masses quelquefois de plus de 500 kilogrammes.
Ses principales combinaisons sont les cuivres sulfurés et les cuivres carbonate?, j
Les cuivres sulfurés^ c'est-à-dire combinés au soufre, sont les plus importants. Les variétés sont le cuivre pyriteux, le cuivre vitreux, le cuivre gris ou panobase (Saxe, Angleterre).
Le cuivre carbonate présente deux principales espèces : la mabichitê (verte) et Voxarite (bleue).
Le cuivre pur sert à fabriquer des chaudières, des al^mbids, ft une multitude de wses domestiques. Malheureusement le contact prolongé de licfueurs acidulées, ou de corps gras, oxyde facilement ce métal, et donne naissance à un poison^très-ajetitoomsié twrM*-
57 I»TROUIjCTION. U
çriê. Aussi» dans certaines ocmtréeSi «otammeut en Suède, le cuivre a*Ml été banni des foyers domestiques.
Le cuiTfe eonsiitue une grande psrtie de la monnaie de bilion ; on en consomme une
énorme quantité pour doubler et cbenUer les navires de long cours ; mais les services
qu'on en retire, alors quil est pur, sont très*limités comparativement à ceux qu'il nous
rend sous forme d'alliages, combinaisons méUiUiques qui forment, pour ainsi dire, de
nouveaux métaux. Allié à Tétain, le cuivre produit le bronze^ avec lequel on fabrique les
cloches, les canons, les statues, etc. ; combiné avec le zinc, il constitue le laiton^ ou cuivre
jaune, d'une application si générale et si variée. Le mailleckori dont la blancheur et Té*
dal argentin se prêtent à la confection d'olgets culinaires, n'est autre chose qu'un alliage
de euivre, de zinc et de nickel, dans des proportions convenables. Le cuivre entre pour
un dixième dans la composition de nos monnaies d'or et d'argent , auxquelles il
communique assez de dureté pour leur permettre de garder longtemps la forme qu'on
.eur donne. A ces applications du cuivre, il faut encore ajouter celles qui résultent de
^es composés salins, comme le sulfate de cuivre ou vitriol bleu du commerce, si précieux
pour la fabrication des teintures, etc., et qui sous le nonl de magistral joue un si grand
rôle dans le traitement des minerais d'argent par la méthode américaine. Enfin, au
contact de certains acides, le cuivre donne naissance à de belles couleurs vertes, utilisées
pour la peinture.
Comme pour le fer, TAngleterre est au premier rang pour la production du cuivre. La France sous ce rapport, est d'une extrême pauvreté.
HiRBBAis HE PLOMB.— On n'en connaît qu'un seul; c*est lep/om5 sulfi$réf connu sous le nom de gaUne^ qui se compose de 87 parties de plomb et de 13 de cuivre. II se présente en filons dans les anciennes roches de cristallisation comme dans les anciennes roches sédimentaires , gneiss, etc.
Les propriétés qui font rechercher le plomb sont sa grande fusibilité , sa malléabilité , et , dans quelques circonstances , sa pesanteur. Ce métal a une ténacité très-faibl«9 ; sa couleur, d'un gris assez éclatant, se ternit promptement à l'air. Il entre facilement en fusion , et se volatilise à une haute température! On sait que , dans l'espérance de transformer le plomb en argent , les alchimistes l'ont soumis à une fouie d'épreuves qui, au moins, ont eu pour résultat de nous en bien faire connaître les propriétés ; aussi esl^ ce un des métaux les plus connus et les plus estimés.
Le plomb laminé sert à couvrir des édifices, à faire des bassins , des conduits de toute grandeur; converti en feuilles plus minces, on l'emploie, comme le papier, pour envelopf'er certains produite d'une altération facile. Aujourd'hui on l'élire en fils, qui sont trèscommodes en horticulture pour attacher les espaliers, etc. La densité du plomb le rend très-propre à servir de projectile; car toute proportion gardée, la résistance de l'air étant en raison de la surface du corps en mouvement, une masse de plomb éprouve bien moins de résistance de la part de l'air que n'en éprouverait toute autre matière spécifiquement moins pesante; aussi est-ce avec le plomb que se font les balles et les grenailles. Allié à •'étain, le plomb forme la soudure des plombiers et des ferblantiers. A l'état de combinaison, et sous divers noms qui en masquent la présence, ce métal rend encore un grand nombre de services : ainsi la céruse^ le plus beau blanc que possède la peinture, et qu'on fabrique en grand à Clicby, n'est qu'un carbonate de plomb* A l'état d'oxyde, le plomb donne le tumîtini, qui entre pour plus de moitié dans la composition du verre dé cristal. Avec une moindre proportion d'oxygène, il produit la litbarge, dont l'usage est si commun dans les arts. On en fait surtout un grand usage en peinture, parce qu'elle épaissit et rend siccatives les huiles de lin, de noix, d'ceiilette ou de graines de pavots« Autrefois les vins acides étaient adoucis avec de la liUiarge ; mais cette criminelle fraudn a cessé depuis qu'on eoonaft le danger de pareilles boissons.
Venpioi le phis ialéressaiit du plomb 9st celui qui a pour objet la confaction des oarafiF
lèresM'imprimerie. C'est avec un alliage de cpiatre parties de plomb et d'une d^antimoine au'on moule ces caractères qui ont déjà tani fait pour l'humanité, et qui feront plus encore en répandant, nous l'espérons, dans toutes les classes et chez tous les f^PÏ^j 1«^ bienfaits de la civilisation; en sorte que, si d'un côté le plomb, converti en balles, décide violemment du sort des nations pendant la guerre, ilest, comme on le voit, heureusement appelé, sous une autre forme, à exercer une influence plus considérable encore par la
propagation de la pensée.
La France est pauvre en plomb. L'Angleterre et l'Espagne en exportent une très-grande
quantité.
Minerais d'étain. - Le seul minerai d'étaîn qui soit l'objet de sérieuses exploitations, e?t Yétainoxydé pu cassitérite qui se trouve dans tes anciens terrains de-crislallisaUon et donne 79 pour lOO d'élain (Angleterre, Indes orientales, etc.).
Les usiiges de l'étain sont nombreux et intéressants : on en fabrique un grand nombre d'ustensiles précieux pour la campagne. La vaisselle d'ét{iin a été longtemps en honneur, et on la rencontre encore dans certaines contrées qui tiennent aux vieilles habitudes. L'étain est fréquemment employé pour l'étamage de la plupact des vases de cuivre ; il sert à la fabrication du fer-blanc, qui n'est autre cho$e que du fer laminé recouvert d'une pellicule d'étam. Le moiré qu'on obtient sur ce fer étamé est produit par la cristallisation de l'étain, mise en évidence aussitôt qu'on lave le fer-blanc avec une liqueur acidulée ; car la pellicule d'étain de la surface entrant alors en dissolution laisse à nu la couche inférieure qui se montre avec une belle upparence cristalline et chatoyante. Lorsqu'on veut avoir de beaux cristaux, il feut, en étamant, laisser lentement refroidir l'étain.; un résultat contraire s'obtient quand on fait refroidir promptemenl ; car alors la cristallisation, gênée dans sa principale condition, ne donne plus que des cristaux croisés et petits, que fait également ressortir un lavage à l'eau acidulée (mélapge d'eau, d'acide azotique et d'acide chlorhydrique). On a longtemps tiré parti de ce secret pt)ur l'exploiter avec profit, et le moiré avait d'autant plus de vogue, qu'on le couvrait de vernis colorés qui lui donnaient un aspçct chatoyant plus séduisant encore.
L'étain entre dans la composition de la soudure des plombiers et des ferblantiers ; allié au cuivre, il forme le bronxej et combiné avec le mercure, il sert à la fabricai,io|i des glaces. Il fournit à la teinture de très- vives couleurs]; enfin sa malléabilité permet d'en faire des feuilles minces, propres à garantir du contact de l'^ir diyers objets et divers comestibles.
Cet utile métal est loin d'être abondant : à l'exception des mines d'Angleterre, qui en produisent une assez grande quantité, on ne cite guère en Europe que celles de la Saxe et de la Bohême dont les exploitations soient lucratives.
Minerais de ziifc. — Le zinc se trouve en abondance à l'état de carbonate, de silicate et de sulfure. Ces minerais sont assez communs dans les filons métallifères. (Belgique, Silésie, Angleterre, etc.)
La découverte du zinc ne date que du xvi* siècle.
Autrefois le zinc n'était employé que pour la fabrication du laiton (alliage de zinc et de cuivre); mais, depuis quelques années, l'emploi de ce métal a pris parmi nous un développement considérable, surtout depuis qu'on est parvenu à laminer le zinc; car, sous forme de feuilles, il remplace avec avantage, dans un grand nombre de cas, les feuilles de plomb, de cuivre et de fer-blanc. On s'en sert pour couvrir des édifices, pour le doublage de quelques navires de commerce; on [en fait un très-grand nombre d'ustensiles domestiques, et une foule d'objets de décoration ; mais la facilité avec laquelle le zinc est attaqué par les acides les plus faibles doit en faire repousser l'usage pour la cuisson de certains aliments^ car les sels qu'il forme sont dangereux pour l'économie animale. Les propriétés du zinc la rendent précieux pour des expériences scientifiques : il constitue l'un des éléments de 1^ pile do Volta, instrument qui a exercé une grande infuence en physique el çn chîn\ie. Au-
Cl «TRODUCTION.
jonrdliai on recoayro de zinc aoe foule d'objets en fer, -tels que cbalaes, (reinis , outils de jardinage, etc., ee qui les présenre de la rouille ou, en d'autres termes, de Toxydation.
L*oxvde de zinc ou blanc de snnc vient récemment d*étre substitué à Foxyde de plomb pour toutes les couleurs dont la cérase est la base. Cette application, introduite dans Tindustrie par M. Leclaire, est reconnue chaque jour plus utile, car le blanc de zinc ne paraU pas exercer, conune la céruse, une action délétère sur la santé des ouvriers. Des chie n$ ont été frottés, à différentes reprises, les uns avec une pommade contenant de Toxjde de plomb, les autres avec une pommade contenant de Toxyde de zinc : les nremiers sont morts au bout d'un mois, les seconds n'ont ressenti aucun effet.
M iSBBAis iNs macumB. — Le principal minerai de mercure est le cinabre ou mercure $ul^ furéf d'une liellé couleur rouge (86 parties de mercure et \k de soufre). Il se trouve principalement en filons ou en veines dans les terrains de cristallisation ou de transition. 11 est assez peu répandu (Almaden, en Espagne; Idria, en Illyrie).
Ijts exhalaisons du mercure sont dangereuses pour l'économie animale. Ce sont ordinairement des condamnés qui travaillent aux mines de mercure, et l'existence si courte de cçs malheureux est rendue affreuse par le continuel dépérissement de leur santé. Ailleurs, dans les ateliers où l'on emploie le mercure, les ouvriers sont plus ou moins victimes des vflr peurs délétères qui résultent de cet emploi.
Le mercure se distingue de tous les autres métaux par sa fluidité constante dans nos cli-» mats. Sa couleur, d'un éclat argentin un peu bleuAtre, et la mobilité qu'il affecte sur une feuille de papier qu'on tient à la main lui ont valu le nom vulgaire de vif-argenl. Il est doué de la propriété de dissoudre l'or, l'argent et le cuivre. Il se solidifie, par un grand abaissemenl de température, à 40* au-dessous de zéro; et, ce qu'il y a de singulier, c'est qu'en cet état il produit sur nos organes la même sensation qu'un corps très-chaud : au moins estce l'effet qu'on ressent lorsque, après l'avoir solidifié à l'aide de réfrigérants , on le met un instant dans le creux de la main. Cette sensation va jusqu'à désorganiser la peau.
Là liquidité, la pesanteur, l'éclat, la dilatibilité, et surtout la tendance du mercure à s'unir à quelques métaux pour former des alliages que l'on nomme amalgames^ sont autant de qualités précieuses qui le rendent très-utile. On l'emploie dans la confection des thermomètres, si nécessaires pour apprécier le degré de température, et dans celle des toromètres destinés à mesurer la pression qu'exerce l'atmosphère à tel ou tel niveau , et qui annoncent, avec plus ou moins d'exactitude, la variation du temps.
La facilité avec laquelle le mercure dissout l'or et l'argent est mise à profit pour isoler ces deux métaux précieux, quand ils sont associés à d'autres matières. Amalgamé à l'argent, il sert aux dentistes pour plomber les dents cariées. Le mercure n'absorbant pas, comme Feau^ les gaz avec lesquels il est en contact, on s'en sert dans les laboratoires de chimie pour recueillir et mesurer les différents gaz. Uni à l'étain, le mercure constitue l'élamage des glaces; combiné au soufre et broyé, il fournit une poudre d'un rouge très-vif qu'on emploie dans les arts sous le nom de vermillon. La plus grande partie du mercure que produit l'Europe passe en Amérique pour y être employée au traitement des minerais argentifères et aurifères par le procédé d'amalgamation.
MursBjus d'aegext. — On compte quatre minerais argentifères : l'argent natif p l'argent sulfwréy l'argent àntimonié sulfuré^ et l'argent chloruré,
A Vétat natif, l'argent se présente ou sous forme dendritique, et dans quelques alluvions en pépites et même eq masses volumineuses. Les mines du Pérou en ont fourni des blocs de quarante, soixante et cent kilogrammes.
L'argent sulfuré on argyrote est le minerai argentifère le plus riche et le plus abondant. En filons et en amas dans les terrains de transition fracturés (Hongrie, Norwége, et surtout le Mexique et le Pérou).
L'argent aii/tifii>nî/«u//tfrf, ou argent rouge, forme en Amérique une partie importante de certains dépôts qui sont la source de produits copsidérables.
es DICTIONNAIRE DE COSMOGOIOE ET DE PALEONTOLOGIE. et
L*argent chloruré ou argent corné ^ d*une coosistance analogue à celle de la cire, est trèsaoudant au Mexique et au Pérou.. * I
L*argent pur est sonore et d*un blanc trèsréclatant. Il perd son éclat au contact de l*hydrog^ne sulfuré; il en est de même au contact des œufs, car les œufs contiennent un peu de^ soufre qui se combiae avec Targent. L'argent est difficilem^ent attaquable par les acides organiques, et c'est sur cette propriété qu'en est basé remploi dans Téconomie domestique. Après Tor, c'est le plus malléable et le plus ductile de tous les métaux : on peut le réc^uire eu feuilles extrêmement minces, et l'étirer en fils très-déliés. -
La. beauté et rinaltérabilité de l'argent l'ont, de tout temps, fait rechercher : aujourd'hui encore on en fait toutes sortes de vases et d'ornements pr:écieux. Le principal usage de l'argent est de servir de signe représentatiif de la richesse sociale et de la valeur de tous les produits. L'alliage de neuf parties d'argent et d'une partie de cuivre est celui que la France a déterminé pour la confectioa de ses monnaies d'argent. Employé dans l'orfèvrerie, l'argent est également combiné avec le cuivre à deux titres différents et suivant des proportions déterminées par la loi. Le but qu'on se propose en alliant à l'argent une petite quantité de cuivre, est d'en augmenter la duceté et la consistance ; car, pur, ce métal ne conserverait pas longtemps le modelé des formes délicates. Réduit en pellicules d'une ténuité extrême, Targent s'applique à froid sur différents objets ; uni au mercure il s'étend à« chaud à la surface des autres métaux.
Mais l'art d'argenter et de dorer sur métal a reçu depuis quelques années un immense développement. C^st maintenant par le procVd^/f^cfro-cAJmtQtie qu'on applique à volonté l'or et l'argent sur des objets façonnés avec des métaux moins c>her et plus tenaces. Cette remarquable découverte^ due à MM. de Ruolz et Elkiugton^ met , pour ainsi dire, lusage des'métaux précieux à la portée de tous. L'argent rend encore d'autres services, mais d'une tout autre nature : combiné av^c l'acide azotique, on l'emploie en chirurgie pouç brûler certaines excroissances charnues, ce qui lui a valu le nom de pierre infernale ; enfin, diverses combinaisons argentifères entrent dans la fabrication des poudres {ulmi^ nantes.
Nous ne possédons en France qu^un très-petit nombre de m. nés d'argent : les plus im* portantessont celles de Huelgoat etde Poullaouen,.dans le département du Finistère, et, bien qu'elles soient dans un état de prospérité, leur production est fort limitée. L'Autriche, la Russie, la Suède et la Saxe produisent la presque totalité de l'argent qu'on retire en Europe, production bien minime,, comparativement h celle du Mexique, du Pérou, de Buenos-Ayres, du Chili, etc. C'est donc de l'Auiérique que vient la, plus grande partie de l'argent qui circule dans le commerce. Le kilogramme d'argent vaut environ 222 francs. MuvBRAis o'oR.-— L'or ne se trouvci pour ainsi dire» qu'à l'état natifs en petits cristaux ou enpépiiee. Toutefois il est fréquemment allié à una faible quantité d'argent. Ce n'est pas ordinairement dans les gisements originaires, les roches quartzeuses du terrain primitif, qu'on recherche ce métal, mais dans les terrains d'alluvion formés aux dépens de la destruction des gîtes primitifs (Brésil, Colombie, Mexique, Haute-Californie, Monts Ourals en Sibérie). Voici le mode d'exploitation au Brésil, suivant M. Ch. d'Orbigny :
€ Le premier soin à prendre quand on veut exploiter ces alluvions aurifères» provenant évidemment de la destruction de gîtes originaires, consiste à détourner un petit cours d'eau et à le faire arriver sur un point qui domine le dépôt aurifère qu'on se propose de laver. Cette disposition obtenue, on taille dans le sol de larges gradins eu forme d'escalier, au bas duquel on pratique une fosse de dimension variable. Puis les laveurs sont placés de distance en distance sur les gradins ; et à mesure que l'eau coule en petites cascades sur ces gradins, ils remuent la terre avec des pioches. Peu à peu, le sédiment se convertit en une bouc liquide que le courant entraîne ; mais au pied de l'escarpement, se trouve la fosse où. viennent se déposer tous les sables denses et ferrugineux, parmi lesquels se trouve naturellement l'or. En continuant cette opération pendant quelques jours, et en ayant soin de
a WTRODIJCTKM. 66
rejeter les eaillooxy le minerai deyient assez coneeniré pour être soamis à d-antres préparations mécanlqpies.
« Ainsi réduit, le minerai, ou cai'aJho^ comme rappellent les habitants du pays, tiï transporté sons nne antre chute d'eau, où il subit un noureau layàge analogue au premier, mais exécuté arec plus de soin. On prend ici les précautions les plus minutieuses pour arrêter une partie des paillettes d*or qui, à raison de leur grande ténuité, sont susceptibles d*étre entratnées par Tean. A cet effet, on dispose, dans la partie inférieure du laToir, des peaux de boeufs dont le poil est tourné à rencontre du courant. Ces peaux, lavées de temps à autre, rendent toujours une certaine quantité de paillettes microscopiques. Lorsque ce second larage a couTcnablement réduit le minerai, on retke celai-d du kToir et l^on procède à la dernière opération^ qui a pow* but d'isoler Tor.
« Chaque lareur prend dans sa sébfle envifon quatre ou cfnq kilogrammes de cascaibo encentré, fidt entrer Tean dans ce vase, qu'il tient de )a talin gauche et auquel il imprime un mouvement giratoire, en même temps qu'il remue le casealho arec Ja main droite, de manière à le tenir en suspension dans Feau. L*or se précipite au fond, par le seul iait de sa grmde densité, tandis que les substances légères sont |>eu % peu adroitement rejetées dans le lavoir. En continuant ainsi, il ne reste bientôt plus dans ta sébile que des parcelles d'or et des grains pulvérulents de fer oxydulé qu'on fait tomber dans un vase destiné à les recevoir. A la fin de la joornée, rien n'est plus simple et plus fiicile que la séparation des sables ferrugineux de Tor successivement ainsi accumnlèi soit avec la main quand le mélange est bien sec, soit en y promenant un aimant, qui s'empare du fer oxjdulé. Telle est la méthode usitée dans la presque totalité des exploitations aurifères du Brésil.
« La province de Minas-Geraes présente une surface presque égale à celle de la Franee entière ; et malgré cette grande étendue, ]a dispersion de l'or y est telle, que tous les ^eoiffs d*eaQt grands ou petits, en charrient des paillettes et quelquefois des pépites. C'est ym tàii certain que nous avons eu occasion de constater en parcourant cette contrée dans tous les sens. Il est vrai que cette richesse n'est pas très-eonsidérable, mais elle est prèstme {SariDut suffisante pour que les esclaves aient intérêt à s'occuper du lavage aurifère le dimanche, jour où ils peuvent disposer du fruit de leur travail. »
Quant aux gisements de la Californie, qui sont incomparablement plus riches que ceux du Brésil, c'est dans les grandes vallées du Sacramenio et du San Joaquim^ comprises dans la Sùrra Nevada et les montagnes de la côte, qu'on a principalement exploité jusqu'ici les sables aurifères. Ces vallées, sillonnées par une multitude de petits cours d'eau, embrassent une étendue de plus de deux cents lieues de long sur vingt de large; et partout un y trouve des paillettes d'or. Les riches sédiments aurifères se rencontrent à une faible profondeur, surtout au pied des collines, dans les gorges resserrées, autour des blocs de rochers sur lesquels ont passé d'anciens torrents. Ces sédiments, formés de débris arrachés et charriés sans doute de la Sierra Nevada, lors du grand cataclysme diluvien, sont en partie recouverts par les détritus des alluvions modernes.
Le lavage des minerais d'or, en Californie, s'exécute à peu près comme au Brésil, peutêtre même avec moins de soin ; car, lorsque les gttes sont très-riches, on néglige toujours les précautions qui entraînent des lenteurs. Ce fisdt se reproduit souvent dans l'exploitation de For et du diamant, et il explique très-bien pourquoi les riches sédiments , exploités STec trop de précipitation, sont soumis à des lavages subséquents aussitôt que la bonne Teine est épuisée.
On distingue en Californie deux sortes de mines : les unes, qu'on nomme wel'^diggings (mines humides), ne sont guère exploitables que six mois de l'année ; elles se trouvent dans les vallées, les bas-fonds, à proximité des cours d'eau, des lacs ; les autres, dry^dig^ gings (mines sèches) sont dans les régions élevées, à l'abri des inondations des cours d*ean actuels. Dans l'un et l'autre cas, on pratique des excavations de un mètre, deux ou trois
mèires de proiondeur : c*e$t ordinairement à ce niveau, sur le roc vif, quç se trouve lemclal précieux dans un sédiment quartzeux que Ton soumet au lavage. Quelques mineurs, plus experts ou plus hardis, recherchent les gttes originaires dans les roches quartaeuses qui leur s<)rvent de gangue, et qu'ils font voler en éclats à Taide de pétards. Cette exploitation ^ dans ce pays désert et malsain, entraîne beaucoup de peines, de fatigues, de tribulations de tout genre; oeaucoup de malheureux y succombent avant d'avoir aperçu une parcelle d*or, mais en revanche quelques-uns s'enrichissent eu peu de jours. . Jusqu'à présent» on peut dire que l'art du mineur et surtout la science du géologue , si utiles dans les exploitations, n'ont pas pénétré en Californie. Les Américains en sont encore aux hypothèses sur la véritable étendue et sur la richesse de leurs mines aurifères. Peut-être le versant oriental de la Sierra Nevada possède-t-il des trésors inconnus. Quoi qu'il en soit, en s'en tenant à l'exploitation des gîtes connus, l'extraction de l'or est telle dans ce pays, qu'on l'évalue annuellement à plus de 200 millions de francs (le relevé officiel de l'or extrait en 1850 s'élève à 35 millions de dollars). Si l'on refléchit au nombre chaque jour croissant des laveurs qui arrivent de toutes parts, aux découvertes probables de nouveaux placert^ à l'emploi probable de machines et de méthodes d'extraction plus expéditives que celles dont on se sert maintenant, on ne sera pas éloigné d'admettre que la production de l'or, dans cette partie du nouveau monde, est susceptible de ^'accroître annuellement dans des proportions considérables» comme cela est successivement arrivé aux dépôts aurifères des monts Ourals, exploités par les Russes»
L'or, comme on le sait» et trèsHiense, très-brillant est d'une belle couleur jaune. Il a environ quinze fois plus de valeur que l'argent ; malts» à quelques exceptions près, il est aussi quinze fois plus diflicile à recueillir. Son inaltérabilité est remarquable: les acides azotique et sulfùrique ne l'attaquent pas. On parvient seulement à le dissoudre dans Teau régale (mélange d'acide azotique et d'acide chlorhydrique) et alors cette liqueur prend une belle couleur jaune. L'or est le plus ductile et le plus malléable de tous les métaux; on peut le réduire en feuilles si minces, que le moindre souffle suffit pour les enlever. Sa jjrande malléabilité est très-utile dans les arts; car elle permet de l'employer en dorure par couches extrêmement minces. Il peut se combiner avec un grand nombre de métaux ; mais on ne l'allie guère qu'au cuivre et à l'argent.
Les remarquables qualités de l'or l'ont fait rechercher de tout temps pour la confection des vases et (\es bijoux de prix. Presque toujours il a été» conjointement avec l'argent, le signe représentatif de la richesse publique. Employé dans la monnaie française, l'or reçoit, comme l'argent, un dixième de cuivre, qui lui communique delà dureté; les objets d'orfèvrerie et de bijouterie en reçoivent aussi k deux titres différents fixés par la loi» et c'est à cette addition de cuivre que l'or doit la faculté de pouvoir être finement travaillé. Ce métal est employé dans la dorure par différents procédés : on dore sur bois, sur porcelaine, sur papier, etc., et. sur métaux par la méthode électro-chimique. Enfin, diverses préparations d'or sont fréquemment mises en œuvre dans les arts.
Pour apprécier les titres des alliagesd'or, titres et alliages qui varient d'un pays à l'autre» on sesert habituellementd'une pierre noire, en partie silii'euse {pierre de <oucA€),sur laquelle on frotte l'alliage à essayer de manière ày laisser une trace métallique. On passe ensuitesur cette trace un peu d'acide azotique {eau forte)^ sans aucune action sur l'or, mais dissolvant tous les autres métaux qui s'y trouvent; en sorte qu'on peut approximativement reconnaître, à l'affaiblissement qu'a subi la trs^ce métallique, la valeur de l'alliage soumis à l'opération. Ce moyen, qu'emploient les orfèvres, exige une certaine habitude pour comparer les résultats obtenus à ceux que fournissent, de la même manière, des morceaux d'alliage de titres connus, et qu'on nomme touchaux.
, Si l'on considère qu'on extrait, chaque année, une quantité d'or et d'argent dépassant de beaucoup celle qui se consomme, il semble qu'on soit en droit de conclure que la valeur de ces deux métaux» comparée à la valeur du travail et des produits agricoles, doit dimi-
nuer gradaellemcnt au fur et à mesure que leur masse s'augmente. Il y a trois siècles que TAiBérique, en donnant à FEurope des mines plus riches et plus faciles à exploiter, détermina brusquement une dépréciation analogue ; il en est résulté que divers produits, tels que les produits agricoles, par exemple, sont plus chers aujourd'hui qu'autrefois ; et cette augmentation considérable dans le prix des denrées». et conséquemment de la main-d'œuvre, serait bien plus grande encore sans le perfectionnement des arts et de l'agricult^ire^ qui tend vers un but contraire en simpliûant les moyens de production. Aujourd'hui même, si,. par une cause quelconque, les frais d'extraction de For et de .l'argent étaient subitement abaissés de moitié, nous verrions se reproduire un irésultat analogue à celui qui bouleyersa le monde financier, il y a trois siècles ; seulement la crise serait moins violente, parce que la masse de métaux précieux que possède Tancien coutnient étant, à présent, trèsgrande, l'influence d'une quantité, même considérable, jetée sur le marché, serait plus lente ^ se faire sentir ; mais elle produirait assurément une perturbation dans la fortune des Etats et des particuliers délenteurs dès métaux précieux.
Eh bienl pour l'argent, un tel résultat ire tient qu'à la découverte de riches gisements de mercure en Amérique ; car, avec lé mercure à vil prix, les mines argentifères du nouveau monde pourraient facilement doubler et tripler leur production annuelle.
Quant à l'or, la diminutioh de la Valeiilr réelle de ce métal est à peu prèé certaine, si les produits de la Californie viennent à s'accroître, comme on est fondé à le penser. On sait positivement aujourd'hui que les sables aurifères de ce pays dépassent, par leur richesse, tout ce qu'on avait osé rêver dans les plus riches gisements de l'Amérique méridionale. Des villages, des villes mêmes, ont été subitement élevés et peuplés dans dès lieux autrefois déserts. Des rivières, uaguères inconnues, sont maintenant sillonnées en tous sens par de nombreux bateaux à vapeur. De toutes parts des navires arment pour la Californie, tant les populations se précipitent avec entraînement vers ce nouvel Eldorado. Sans doute, plu$ d'un individu n'y trouvera que regrets et déceptions; car, dans la recherche dés minéraux précieux, le nombre des laveurs heureux représente bien plus l'exception que la règle; ruais, tout en faisant la part de l'exagération, on ne saurait douter que les sédiments aurifères de la Californie ne soient les plus riches gisements découverts jusqu'à ce jour; et si leur étendue est telle qu'on l'annonce, la dépréciation de la valeur de l'or qui en résultera sera surtout fatale au pays dont la monnaie est en grande partie fabriquée avec ce métal , comme, par exemple, l'Angleterre.
Toutefois, cette déprédation, si elle se réalise, ne saurait être que lente et graduelle, car, h mesure qu'elle se fera sentir, elle aura pour conséquence inévitable de faire abandonner successivement, dans presque toutes les parties du globe, l'exploitapon des gttcs aurifères dont le rendement tsl médiocre ; en sorte que la grande production d'une contrée suspendra, en partie, la production des autres contrées.
Nous finirons cet article, qui termine là série des métaux usuels, en donnant l'évaluation la plus récente de la production de ces métaux, telle qu'elle a été publiée par M. A. Burat, dans son excellente Géologie appliquée à la recherche et à Vexploitation des minéraux utiles. — « Les États de l'Burope, dit cet habile géologue, ont été classés ainsi qu'il suit , d'après l'évaluation de leurs produits en métaux bruts. La Russie, qui est en seconde ligne, ne viendrait qu'après l'Autriche, si l'on retranchait les produits de ses lavages d'or situés en Asie. »
Angleterre, 440 millions de francs.
Russie et Pologne, 435
France, 158
Aulriche, U7
Confédération germanique, 62
Espagne, 54
Suéde et Norvège, 54
Prusse, .49
A reporter, W3.
DICTIONNAIRE dfe COSMOGONIE ET DG PALEONTOLOGB. 72
Htport. 995
Belgique, iO
Toscane, 15
Piëmoiu et Savoie^ Il
. DsaeiiMurkt 9
ToUl 1,068
« Si Voh détaille actuellement ces valeurs, dokit le total s*ëlète k plus d*uh milliard » on reconnaît qu'il y a des États qui pitKÎuis^enl à eux seuls la presque totalité de certains roétaui (7).
ÉTÂIlfk CVITRE. MERCV&B. ZRiC. PtOllB. ARGEIfT. OR. i^R ET FONfE
OMNllée.
qolilt m. q. n. q, ». q, m. q. m. marrs ($). marci. quinL méu
Des BrîUimiqaes« iO.OOO 250,000 > 25,000 500,000 26,000 i I4,000,(K)0
Russie. I S8,0e0 > 30,000 25,000 90,000 25*000 1,150,000
France. » 1^000 i > i^TOO 8,000 > 3|700}000
Autriche. [600 25,000 5|000 5t000 35,000 340|000 5,500 l,SOU,000
Zolverein ou Allemagne septi 3,500 45,000 i 180,000 95,000 150,000 120 1,800,000
Suède et Norwége» 700 18,000 i > 600 40,000 20 850,000
Belgique. » i » 75,000 50,000 i > 880,000
Espagne. > 50,000 22,000 2,000 450,000 160,000 i* 250,000
Etats sardes. ^ > > » 2»000 1,200 40 . 90,000
Toscane, lie d^EIbe. > 4|000 100 i » ^ i 100,000
« La production des autres parties du monde n'est connue qu'autant qu'eues sont nées par des rapports commerciaux avec TEurope. Les exploitations des Amériques, par exemple, fournissent les f^ de l'or et de Targent extraits annuellement; le Pérou produit la plus grande partie du platine employé dans les arts; le Chili et le Mexique fournissent une quantité de mercure assez notable pour que Timportation européenne (pour le traitement des minerais d*argent) ait subi une diminution sensible. Mais, dans les riches contrées de TAsie , la production suffit en grande partie à la consommation locale , sans que nous en connaissions les moyens. La Chine fabrique abondamment le fer et le cuivre. Banca et Malacca. dans les Indes, exportent une quantité d*étain évaluée au double de la production européenne
« Le tableau suivant donnera une idée de la répartition et de la production des mines d'or et d'argent exploitées actuellement. « Il y manque les produits de la Californie dont le chiffre considérable n'était pas encore connu lorsque ce tableau a été publié par M. Burat.
ARCBNTk oa»
mires» uarcs*
Brésil, > 22,000
Mexique» 2,196,000 16,000
, PëriMi, 600,000 4.000
AMÉRIQUES. / Buénos-Avres, 52?»,000 2,000
^ Chili, 250,000 11,500
ColonMe, 1,200 18,000
Etau-Unts (Californie non comprise), 150,000 10,000
ASIE, ( Thibet, ? 15,000
noneompris i
la Russie. ( ArcJiipel indien, ? 5,000
AFRIQUE. Côtes méridionales ? 16,000
MiNBUAis DB PLATINB. — Le platiuc no/î^ contient toujours environ SO pour 100 de métaux étrangers, fer, rhodium, iridium, palladium, osmium et cuivre. Il se trouve, comme l'or, en grains ou en pépites, dans les alluvions anciennes (Pérou, Colombie, Brésil, Bornéo, monts Ourals). Le platine est d'un gris d'acier, très-brillant, très-ductile et très-malléable; il a des qualités que nul autre métal ne possède, comme d'être inaltérable au suprême degré, et de résister, sans se fondre, au feule plus violent de nos fourneaux;
(7) Les chUBres présentés dans ce tableau ont été rectifiés diaprés Texcellente statistique publiée par M. Reden.
W Le poids d*un marc, ou huit onces, correspond à 245 grammes.
c*est aussi le plus dense de toos les corps connus; lorsqu'il a été travaillé» son poids spécifique é^e environ Sa fois celui de Teau pure. Il fond à Taide du chalumeau à courant d'oxjgène et d*hydrogène.
L^admirable propriété qu a le platioe de résister à Taction du feu et des acides en rend Tusa^e précieux dans diverses opérations physiques et chimiques. On fait avec le platine des cornues, des creusets, des capsules, des tubes et autres objets de laboratoires. Malgré rélévation de son prix, on s'en sert dans les arts pour faire des bassins évaporatoires, des alambics, etc. Le bassinet et la lumière des armes à feu de prix ne s'exécutent plus qu'avec ce métal inaltérable. La constance de son brillant poli permet de l'employer avec avantage en physique pour la construction de miroirs de télescopes à réflexion. Comme il est le moins dilatable de tous les métaux, il est éminemment utile pour la fabrication des instruments de précision et de graduation; et l'on sait que l'étalon du mètre, déposé à l'Observatoire de Paris, est en plaiinet On a essayé d'employer le platine dans la byouterie; mais cette application n'a pas réussi, car le platine est plus cher et moins beau que l'argent; enfin, le platine s'applique sur porcelaine en couverte totale, et la vaisselle ainsi ornée présente à peu près l'apparence de Targenterie; mais la couleur en est inaltérable.
Le platine serait sans doute bien plus utilisé , et l'on en ferait beaucoup plus d'objets destinés à une longue durée ou à un service difficile et continuel, si Télévation de son prix n*y mettait obstacle ; et bien que le prix en soit moins élevé depuis qu'on a trouvé le moyen de puriGer le platine par la voie humide, ce métal est. encore fort cher, puisqu'il yaut environ quatre fois plus que l'argent ; aussi u'est-ce guère que dans les laboratoires et. dans quelques ateliers particuliers qu'il reçoit une application journalière. Un alambic de platine coûte jusqu'à 20 et 25,000 francs.
MiHBAiiis d'antuioinb. -- L'autimoiue existe à l'état natif, à l'état d'oxyde et de sulfure ; ce dernier minerai est le plus important. *
Le êulfure ^amiimoine forme des filons dans le granit, le gneiss, etc.
Les principaux usages de l'antimoine dans les arts sont fondés sur la propriété qu'il a de durcir les métaux avec lesquels il est allié, son emploi le plus remarquable consiste à le combiner avec le plomb , alliage dont on se sert pour les caractères d'imprimerie. Seul, Tantimoine serait trop fragile pour cet objet; de son côté le plomb, également seul, manquerait de dureté : le premier serait pulvérisé, le second aplati par la pression, tandis que, réunis, ils forment un alliage résistant. On allie encore l'antimoine à l'étain pour en former une combinaison connue sous le nom de métal dCAlger^ dont on fabrique des couverts de table. L'antimoine entre dans la composition des feux de Bengale, si remarquables par leur belle lumière blanche; il est très*emp]oyé en médecine; c'est un des éléments essentiels de Yémêiique^ du kermès minéral et de diverses autres préparations pharmaceutiques.
La France et l'Autriche sont, en Europe, les contrées qui fournissent le plus d'antimoine; il en existe aussi en Espagne des gisements qu'on dit riches, mais en partie non exploités. Ceux de France sont situés dans les départements de llsère, de l'Ardèche, du Gard et de U Lozère. La production annuelle de ce métal , bien qu'assez abondante, pourrait être sensiblement augmentée, si la consommation limitée en devenait plus eonsidérable.
MciEBAis DE Bisvum. — Lc bismuth se présente, le plus souvent, à l'état natif dans les s^tes arj^entif&res et arsénifères de Saxe et de Bohème. Ce métal ne peut servir qu'autant qu'il est allié à d'autres métaux. Uni au plomb et à l'éfain, il forme Yalliagt de tkarctt, dent on fait quelquefois encore des plaques de sûreté pour les machines à vapeur. On se sert aujourd'hui plus avantageusement de soupapes coniques en fer, s adaptant très-exactemont aux parois des chaudières et retenues par des poids proportionnés à Fa puissance de la machine. On fait aussi avec le bismuth allié à l'étain divers ustensiles de ménage, couverts de table, etc.
DE COSMOGO^IIE ET DE PaLÉOKTOLOGIE. 3
• lliifBAAtt D*AisBNic. — L'arsenic se troure à T^tat natif dans les gîtes métallifères da sulftire d'argent/ d*oiyde d'étain» etc. Combiné avec le soufre, il forme le r/a/^ar d'tin rouge nacré, et Vorpiment d'un jaune d'or. Ils sont employés dans la peinture sous le nom û'orpin.
Vartenic blanc du commerce s'obtient par sublimation; il Ta se condenser dans des ap* pareils destinés à cet usage. C'est là qu'on le recueille avec les plus grandes précautions» sous la forme d'une poudre blanclie, qui a causé de bien fatales méprises; car c'est un poison très-rioJent, et qui jouit, comme on sait, d'une triste célébrité. Mais, grâce aux progrès de ia chimie, l'empoisonneur ne peut plus maintenant dérober à la justice humaine les traces de son crime : à l'aide de lappareil et de la méthode de Marsh, on peut aujourd'hui retrouver, dans les mélanges les plus complexes, la moindre parcelle d'arsenic. Un autre bienfait de la science, c'est la découverte d'un contre-poison qu'il est facile de se procurer, et qui s'administre à forte dose sans aucun danger. C'est de l'h/drate de peroxyde de fer (la rouille ordinaire), qui a la propriété de neutraliser l'effet du poison ; car l'acide arsénieux se combine facilement avec l'oxyde de fer, et cette combinaison est sans action sensible sur l'économie animale.
L'acide arsénieux n'a besoin que d'être chauffé avec un excès de charbon pour être réduit, c'est-à-dire pour se désoxyder et se convertir en arsenic métallique , qui se con dense dans le récipient.
L'arsenic,' malgré l'effroi que son nom seul inspire, est une substance nécessaire; il s^emploie comme métal, dans un petit nombre d'alliages. Uni au platine, à l'étainetau cuivre, il sert à la fabrication des miroirs de télescopes. A l'état d'acide, les naturalistes s'en servent pour diverses préparations : ils l'ajoutent à une bouillie savonneuse et calcaire, appelée savon de Bécceur, et qui a la propriété de conserver longtemps les animaux empaillés. Sous le nom vulgaire de mort aux rats^ on l'emploie pour la destruction de quelques animaux nuisibles. L'acide arsénieux est fréquemment utilisé, dans la teinture, comme mordant; ajouté au verre, il le rend plus brillant; et, combiné avec l'oxyde de cuivre, il produit une belle couleur verte, mise en usage dans la fabrication des papiers peints<
MiiiEBAis DB COBALT. — Deux mincrais, le cobalt arténio-sulfuré et le cobalt arsenical^ fournissent, par sublimation, l'oxyde de cobalt qu'on emploie à la fabrication du smalt.
Le smtdlf réduit en poudre impalpable, sert à colorer en bleu le cristal et la porcelaine. Certains vases à fleurs, d'un bleu foncé, ne contiennent qu'une faible quantité de amalt, ce qui peut en faire apprécier la force colorante. Le smalt le plus fin s'emploie pour rehausser la blancheur naturelle des papiers, des toiles, des fils, etc. Malheureusement, cette belle substance ne se délaye point dans l'huile, ce qui prive la peinture des ressources qu'on pourrait tirer de cette couleur; mais on doit à M. Tbénard un très-beau bleu qui porte le nom de ce célèbre chimiste, et qui ne présente pas le même inconvénient. On l'obtient en ■lAlant des dissolutions d'alun et de cobalt, en précipitant par le carbonate de soude et en calcinant.
. Diverses préparations de cobalt servent à fabriquer des encres sympathiques, au moyen desquelles les bateleurs exploitent si souvent la crédulité publique. Ils s'en servent pour tracer sur des billets blancs, distribués à prix d'argent, des caractères d'abord invisibles, mais qui, soumis à l'action d'une chaleur modérée, apparaissent bientôt, exprimant quelque sentence banale assortie à l'âge, au sexe et à la position présumée des badauds ébahis.
Minerais db MANOAiiàsB. — Le peroxyde de manganèse s'exploite avec activité. On s'en sert dans les verreries pour purifier le verre blanc des teintes jaunes et vertes que lui communique le protoxyde de fer. On en consomme des masses énormes pour la préparation du chlore et de l'eau de javelle, matières très-utiles dans les fabriques de toiles peintes et dans les blanchisseries. On s'en sert aussi dans les laboratoires pour se procurer de l'oxygène.
Mi.'fERAis DE cuROMB. — C'est avcc l'oxyde de chrome qu'on colore èri vert' très-foncé
.77 INTROniCTlON 7S
toutes les matières vilreuses, telles que cristal, strass, émaui, etc. Les minerais de chrome serrent à préparer des chromâtes jaunes de potasse et de plomb qui sont d'un grand usage dans la peinture à lliuile ainsi que dans la teinture, caisses des Toitures, etc. (Autriche, Suède.} I Mimeajos de kickel. — Le minerais le plus abondant est Yarséniure de nickel. A Tétat métallique, on le combine avec le zinc et le cuiyre pour obtenir le maittechort , dont on fabrique un grand nombre d*ustensiles culinaires, des couverts, etc.
Ici se termine rénumération des substances métallifères utiles. Comme conclusion, disons quelques mots du plan et des Tues pleines de bienveillance que Ton ne peut méconnaître dans la disposition et Tarrangement des dépôts minéraux les plus nécessaires à l'homme. Les veines ou filons métalliques nous en offrent un eiemple remarquable. Ce sont des fissures ou fentes étroites, irrégulières, obliques ou verticales, qui partent de |»rofbndeurs inconnues et se montrent fréquemment et presque exclusivement dans les roches primitives et transitaires. Ces fissures sont remplies d'abondants minerais. Quelle que soit la valeur des diverses hypothèses que Ton a proposées pour expliquer la formation des précieuses richesses contenues dàûB ces filons, les avantages qui résultent pour l'homme de leurs dispositions n'en sont pas moins évidents et les desseins providentiels du Créateur moins visibles.
Les métaux sont les principaux instruments de la civilisation ; il était donc (Tune haute importance pour l*homme qu'ils fussent accessibles à son industrie ; le mécanisme des filons remplit parfaitement ce but. Les métaux ne sont point répandus dans les terrains de tontes les formations où ils eussent nui à l'agriculture et à la végétation ; ils ne sont point épars et disséminés dans la substance même des couches d'où leur extraction eût exigé des frais considérables ; mais le souverain Ordonnateur de toutes choses leur a assigné des réservoirs particuliers où ils sont répartis suivant des proportions relatives, à l'abri d*un gaspillage imprévoyant et de l'action désorganisatrice des agents naturels , en même temps que les obstacles qui environnent leur recherche sont autant d*aiguillons pour l'industrie de l'homme et pour Teiercice de son génie.
La sagesse du Créateur et des vues pleines de bonté pour l'espèce humaine se manifes* teni encore par l'arrangement et la nature des matériaux dont se compose la surface du globe, principalement dans la disposition des couches secondaires et tertiaires, qui, malgré un apparent désordre dans leur formation , n'en présentent pas moins les conditions les plus avantageuses au travail et à la culture. Aussi est-ce sur ces terrains que se sont établies les sociétés les plus populeuses et les plus civilisées. La Providence a relevé dans les montagnes d'un difficile accès pour l'homme, les roches granitiques et stériles, tandis que, par le mécanisme des masses d'eau en mouvement, elle a étendu en plaines fécondes, les matériaux des différentes couches dont le mélange en proportions diverses favorise iwiaaammfinf le développement des productions végétales si nécessaires à l'existence de rbomme H des animaux. Les agents atmosphériques, par les alternatives incessant s de la chaleur et du froid, de l'humidité et de la sécheresse, ont désagrégé, pulvérisé la substance des roches les plus dures, et l'ont convertie en un sol où circulent des principes de fertilité, d'abondants éléments de nutrition qui développent et multiplient à la surface de la terre, ces plantes innombrables qui la couvrent et qui en font la richesse et le plus bel ornement.
Supposez que la croûte terrestre ait reçu un arrangement moins complexe dans la disposition des matériaux qui la composent : donnez, par exemple* à la terre une surface homogène de granit, ou enfermez son noyau dans une série d'enveloppes concentriques de roches stratifiées; alors une seule de ces enveloppes sera accessible à l'homme, et il n'y aura plus de ces mélanges de calcaire, d'argile, de grès, etc., qui, dans le système de coordination actuelle, contribuent si puissamment à la beauté, à la fertilité, à la richesse du globe terrestre; de plus, le sel gemme, les divers combustibles et tous les minerais se trouveront relégués à des profondeurs inaccessibles , et l'homme sera ainsi privé de tous trésors d'un prix inestimable pour l'industrie et la civilisation.
79 DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE. « SO
Ne nous hAtons pas d*accuser de désordre et de confusion Tceuvre du Créateur ; c*est notre esprit qu'il faut accuser d'ignorance et d'étroitesse ; ces désordres ne sont qu'appa* rents , et une étude plus approfondie des phénomènes qui nous paraissent même les plus désordonnés, nous les fait bientôt reconnaître comme des lois générales ayant leur principe dans une sagesse et dans une prévoyance infinies, et produisant pour résultat définitif une grande somme totale de biens.
Ainsi « la terre, jusque du plus bas de ses fondements, se joint aux chœurs des globes célestes qui roulent dans l'immensité de l'espace pour proclamer la gloire et chanter les louanges du Dieu qui les créa, du Dieu qui les conserve ; et la voix de la religion naturelle mêle ses harmonieux accords aux témoignages de la révélation, pour nous dire que l'univers a pris son origine dans la volonté d'une intelligence unique, étemelle et placée audessus de toute intelligence, Seigneur tout-puissant et suprême Cause première de tout ce qui existe (9) . »
Nous avons adopté dans ce Dictionnaire la classification des terrains et de leurs étages présentée par un des plus éminents paléontologistes de notre époque, M. Aie. d'Orbigny; en voici le tableau dressé par lui-même.
ROCHES SËDIMENTAIRES STRATIFIÉES.
PÉRIODES OU TERRAWS.