DÉDUCTIONS CLIMATOLOGIQUES ET GÉO
cnAPHiQUEs tirées de l'étude des animaux fossiles. Voy, Physiologie paléontologiqub.
DÉFORMATIONS des fossiles. Voy. Perturbations géologiques.
DÉGÉNÉRESCENCEdans l'accroissement des coquilles. Voy, Mollusques.
DELUC, savant géologue genevois. — Par ses Lettres sur Vhistoire de la terre et ses Éléments de géologie , Deluc a eu quelque influence et en a môme encore sur certains théolfïgiens. Voici un résumé do ses idées. 11 ne fait commencer la chronologie de Moïse qu'à la création de rhomme. Pour lui les six jours de la création ne sont plus des jours de vîngt-quatre heures , mais ils sont, comme pour BulTon, des temps ou périodes que l'on peut prolonger et étendre a volonté. Pour former le monde, le Créateur a employé les causes secondes, comme il les emploie pour le conserver : c'est la thèse de Bunon mitigée.
ET DE PALEONTOLOGIE.
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Deiuc sappose que toutes les couches de nos continents , sans en excepter celles de granit, ont d*abord fait partie d'une sorte de ngoide aqueux , masse informe et confuse d éléments divers, qui courrait tout le globe primitif. Le Créateur, en communiquant à ce chaos une certaine quantité de lumière, y fit oattre les précipitations chimiques qui en ont séparé successirement les ëlémeut^ et les ont étendus par couches horizonta.es. Les substances qui serrirent de base aux premières couches, en [vissant de Tétat de palTescules à l'état massif, formèrent de vastes earités souterraines où elles s'enfoncèrent et se rompirent inégalement. Les af- Ciissements s*étendirent à une grande partie de la surface du globe , et les dépressions qai en résultèrent furent remplies par les eaux et devinrent les premiers ba.^'Sins des mers. Cest alors qu'apparurent les premiers continents , beaucoup plus étendus que les nôtres. Le soleil ne les éclairait pas encore, lorsqu'ils se peuplèrent de végétaux plus grands que les espèces actuelles, et de genres si différents que l'on voit bien au'ils se développèrent sous le règne de fa lumière, sans soleil. Leurs débris ont formé plus tard rantbracite et la houille. Ces événements s'accomplirent pendant les trois premiers ymrs oupériodesindéterminées de la Genèse. Les causes terrestres ayant ensuite éprouvé ije grands changements par l'influence du ^leiU produisirent dans le liquide plusieurs autres sortesde précipités, et donnèrent lieu à la formation des couches de pierre calcaire, grisâtre , à ^ain fin , où ion trouve les premiers vestiges d'animaux marins. Dans cette même période les volcans se réjiandirent en laves, et les couches de pierre sableuse, la houille, la craie et le sel gemme furent dé[K)sés.
Le liquide et Tatmospnère subirent encore de nouveaux changements, il en résulta des couches différentes et des animaux marins de diverses espèces dont elles contien- B«fnt les débris. A cette éj.'oque toute l'épaîs- M.'ur des couches s'affaissa pour la seconde fois et donna lieu , en se brisant , à nos irrandes chaînes de montagnes et à tous les ^^^ordrcs que l'observation y découvre.
Laccomplissement de cette suite de phénor 'en es correspond aux périodes des quatriènae et cinquième jour, de la Genèse.
Dans la sixième période les précipités ne
contenaient presque plus de substances
j ropres à former des déi;ôts solides. Ce sont
l'-s couches meubles de la surface de nos
(^^nlineuts <pii offrent au5si des traces de
^'ranJes catastrophes. Elles contiennent des
^^•^fiouilles d'animaux terrestres, et sont si-
^ués dans des climats où ces animaux ne
/«"iurraîent plus vivre parce que la tempé-
^ -3lure s'est refroidie. La mer recouvrait
^"^ncore nos contrées dans le temjis où vécu-
t'Xit ces grands quadrupèdes, puisque leurs
-^Javres occupent des couches qui renfer-
f leol aussi des restes d'animaux marins ; il
'*'st donc |ias permis de supposer, avec
'«iiTon, que les animaux terrestres repré-
sentés par ces fossiles auraient émigré d'un autre climat dans le nôtre. 11 arriva donc aux animaux terrestres ce qui était arrivé aux végétaux des houillères : ceux qui habitaient des tJesdonile sol n'avait pas encore atteint une base solide furent enveloppés dans les catastrophes de leurs demeures; quelques-uns voulurent se sauver à la nage et périrent dans les flots , les courants les voiturèreut jusque dans nos contrées qui étaient alors occupées par la mer. Telle est l'origine des cadavres qne nous retrouvons dans nos couches.
L'homme, créé le dernier, vivait en familles peu éiiarses ; il a péri avec son habitation, quand par un grand et dernier affaissement, les continents primitifs s'écroulèrent au sein des cavités souterraines. La mer se pr(i:'ipita sur ces terres et engloutit dans ses |:rofondeurs les générations qui les habitaient. Cette catastrophe est le déluge universel, décrit par Moïse. Alors parurent tout k coup nos continents actuels formés sous la mer, et mis k jour par le déplacement des eaux. Dans les couches meubles de ces nouveaux continents étaient ensevelis pêle-mêle les restes des quadrupèdes qui avaient b£bité les lies écroulées avant le déluge, et les débris des cétacés qui avaient peuplé les mers. La conservation de tous ces restes que l'on retrouve encore presque entiers dans les pays froids , et le peu d'épaisseur de la couche de terre végétale qui recouvre nos continents, concourent à prouver que leur éniersion ne date point de siècles très-éloignésde nous.
Le déluge opéra dans le sol et l'almOs-
1)hère des changements qui ont pu abréger a vie humaine, entraîner l'extinction de quelques espèces d'animaux; mais depuis ces grands et derniers événements tout est demeuré dans le repos; nulle couche ne s'e>l formée, la température n'a pas varié sensiblement et les es|)èces végétales et animales ont cessé d'être exposées aux révolutions qui désolèrent le monde dans les premières périodes de son histoire
Telle est en substance îa théorie un peu confuse du géologue genevois, dont 1 influence a longtemps iiropagé les préjugés dans le vulgaire. Au lieu de maintenir la science dans la voie de l'observation où Buffun et Pallas l'avaient placée, il la rejette, à la suite de Woodward et des autres géologues anglais, dans celles des hypothèses, où Cuvier la continuera, en habillant un peu les suppositions de Deluc, de Woodward et des autres. « Deluc ne cherchait roint, comme Buffon et surtout comme Pallas, à expliquer ce qui est arrivé par ce qui arrive ; car, selon lui, il n'arrive plus rieii: mais il l'attribue, comme à sa suite le fera Cuvier, à des causes extraordinaires qui n'existent
Îilus'dans le présent, et dont l'existence dans e passé est une supposition qu'aucun lait n'autorise.
« Quoique Buffon eût si bien démontré que les coquilles ne sont pas des médaillée du déluge comme on les appelait, bcaucuup
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DICTlOiNNAIRË OR COSMOGOlM:::
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Is naturalistes, après lui, soutinrent eocore cette thèse. L'uiio des moindres difficultés quelle présentât, était d'expliquer comment la mar avait pu fournir, à la môme époque, autant de coquilles qu'il s'en trouve dans tous les terrains. Un auteur croit l'avoir résolue par Tétranse supposition que les germas des animaux et des vé^'élaux répandus sur la terre et dans l'air, avaient été dispersés par les courants diluviens sur tous [es î>oints de la surface du globe, cl enfoncés jusqu'à deux ou (rois mille pieds de profondeur dans les entrailles de la te;Te, où ils avaient ensuite pris naissance, s'étaient développés, et avaient, en mourant, laissé leurs dépouilles. On croyait la religion intéressée àvCe débat. Ou ne voyait pas comment des animaux et des plantes terrestres qui n'auraient vécu .p'après le déluge, pouvaient se trouver enfouis dans les couches de nos continents, et en accordant que ces animaux et ces piaules eussent vév*.u et eussent été ensevelis avant le déluge, on craignait que cette opinion n'entraînât pour le monde une trop haute antiquité» et n'ébranlât les croyances chrétiennes, en démentant la chronologie de Moïse. De là une foule d'explications, telles que la précédente, toutes plus singulières les unes que les flulres et qui n'expliquaient que l'absence 'iu sens commun et l'ignorance de leurs auteurs. Les choses en étaient là quand parut la théorie de Deluc; elle sembla propre à tout concilier. Au moyen d'une interprétation nouvelle des jours de la Genèse^ elle mettait des siècl'es à la disposition dc$ causes secondes poij^r l'accomplissement des phénoinènes géologiques. Elle expliquait la création et le deJuge; elle annonçait même qu'il existe une sorte de correspondance entre Tordre chronologique des différentes créations et celui que les fossiles affectent dans les couches de la terre. Ces caractères, revêtus de si excellentes intentions, ont fait sa fortune. 11 reste à savoir si, comme œuvre scientifique et religieuse, elle méritait l'accueil que lui fit le mond^
« Nous ne dirons rien de Ja difficulté qu'on éprouve à concevoir cette croûte mince et légère du globe, suspeudue sur les fragiles cloisons de ces immenses cavernes souterraines dans lesquelles le monde antédiluvien se serait eUo'louti, et dont l'idée, empruntée à Woodward, semble n'avoir été introduite dans la théorie que pour expliquer le déluge, et le mélange de fossiles d origine et (Tépoque diverses dans les couches du sol. Nous ne parlerons point de ces précipitations chimiques qui auraient produit les roches granitiques comme les roches sédimenteuses, et qui différaient si essentiellement de ce qui se fait actuellement dans les eaux, puisque, d'après notre auteur, il ne s'y fait plus rien, et que tout est demeuré dans le repos depuis que ces précipitations ont cessé. Au lieu de discuter la valeur intrinsèque de ces causes hyj)othétiques, dont le géologue de Genève a rail la base de sa théorie, on peut ni«T les effets qu'il leur
attribue, en opposant les f^its contraires fournis par l'observation positive.
« Deluc prétend que les variations du liquide dans lequel les matières minérales se sont précipitées ont produit des pierres différentes ; et la vérité est que chaque époque de l'écorce terrestre renferme toutes les espèces de pierres : à toutes les époqueis ou trouve des grès,^des sables, dos calcaires, des argiles, et des matières charbonneuses.
tf 11 prétend que les substances minérales, des coches ont été précipitées, tandis que les animaux et les plantes ont été ensevelis sous les ruines de la croûte terrestre, comme un homme sous les décombres de sa maison; et les faits prouvent que tous les fossiles oui été apportes un à un nar les mêmes causes qui ont apporté grain a çrain tous les autres matériaux des couches; ils prouventde plus que ces couches prises dans leur ensemble sont le produit du mouvement alternatif, sur des points, et simultané sur les autres, des eaux de la mer et de celles des courants continentaux et dQS l^s...
« En outre, il n'existe point, comme l'a prétendu Deluc, de concordance entre l'ordre de la création des êtres, et celui de leur apparition dans les couches du sol. A cet égard ses observations sont complètement erronées. Les végétaux qui, selon lui, devraient paraître les premiers, ne se sont montrés jusqu'ici qu'un peu après les coquilles , les .poissons et d'autres animaux marins. Les animaux terrestres qui ne devraient se rencontrer que dans la sixième période de Deluc , c'est-à-dire au sein de nos couches meubles et supcrflcielles, existaient longtemps au[)aravant, puisqu'on en trouve dans les terrains jurassiques et dans les tertiaires inférieurs et moyens.
tf Nous insistons sur ces faits, ils sont importants et tendent à conGrruer le sens littéral du texte sacré. Sur tous les points oh les géologues ont porté leurs recherches, les couches sédimenteuses les plus profondes ont présenté des animaux marins seuls ou associés à des plantes; mais les Y>lanlesne se montrent point seules avant les animaux; c'est Jà un fait général ou du inoins sans exception jusqu'à ce moment. Or, si les deux jours écoulés entre la création du règne végétal et celle des premiers animaux, eussent été, comme Deluc le veut, des périodes de plusieurs milliers d'années, les premiers dépôts formés par les eaux n'offriraient encore que des débris de végétaux ; les mollusques, les articulés, les poissons, etc., ne se verraient que dans des couches t^eaucoup plus élevées; car du moment que les lleuvesel les mers ont existé, les courants ont commencé à entraîner et à déposer les matériaux mobiles qui se trouvaient sur leur passage; et puisque l'observation des fossiles établit
3ue dès le commencement ils traversèrent 0 vastes forêts, que de nombreux végétaux se développèrent sur les bords de leurs bassins, il en faut nécessairement conclure que de grands dépôts d^anthracite et de nouille auraient dû s'ac<jumuler pendant le