‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 62 sur 216 · FAI · texte numérisé non relu

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GijKomias , au plateau ce Saint-Amand, au Tiila^e de Maseou, à Vasquieras, à Beaumes» à Caromb;dansJa Drôinc,à Sainl-PaaMroi»- ChâteauXf à Suze, à Mont-Ségury h Saint- Jtfan-de-Royan, à Saint-Jusl, à 1 est de Saint- Restitul» à Clausayes. La continuation des iLèaies dé|)ôls, suivant les recherches de M. Scipion Gras, se voit dans ]es Basses- Allées, à Cereste, au mont Justin, à Beillanne, et se continue au nord- est en passant par Lincel, Saint-Miche), jusaue bien au delà de Forcalquier. Cn autre Jambeau se voit au sud-est, à Sainte-Tulle, en passant par Manosque, jusqu'à Volve. D'autres suivent la direction du uord-nord-est, et se remarquent à Gana^obie, à Peyrcies ; et une bande commence à Valonne, Sourribes, Baudument, Abron, Melanet Saint-Lambert. Deux autres se voient au sud-ouest de Digne, à Gaubert et auprès de Mezel ; à Cbâteauredon, à Tanaron. On voit Tétage dans llsère, à Voreppe, à Voiron, à PrOTejsieux, d'après M. Gras; dans TAin, à Bourg, à Romaigneu, à Saint-Martin-de-Bavel, à Sevssel, à Chauay ; dans la Savoie, aux bords nord-ouest du lae du Bourget; en Suisse, au canton de Friiiourg, au mont Molière, à Vavey, près uu lac de Neufcbâtel; au cantoûdeNeufchâte!, à la Chaux-de-Fonds, à Sainl-Gall; dans le cauton de Vaud, à Sainte-Croix; dans le canton de Berne, à Utzigen, sur les pentes du Buchelberg, vers Messen. En Argovie, M. Auder Ta rencontré à Britbeau, près de Zofingen.

La continuation des lambeaux de la Provence se voit encore, d'un cdté, dans le Var, è ieannet, à 28 kilomètres au nord-est de Grasse, à Tourretles-lez-Vence, à Vence et à Pegomas, à Biot, près d'Antibes, à Fréjus, entre Fréjus et Saint-Raphaël ; dans le comté de Nice et en Piémont, aux collines de Turin, à Dertona, au Castel-Nuoro, à Rivalba, à Sainte-Agathe, près de Tortona, si habilement étudiés par MM. Sismonda, Gastaldi, Micbelotti et Bellardi; dans l'Ile de Corse, à Bonifacio, à Balestro, à Santa-Mouza, à Ajaocio, à Fontana-Canna, à Tumazza; à Civita- Veccbia ; de l'autre, en Catalogne et dans le royaume de Grenade, en Es^iagne; en Portugal, dans les environs de Lisbonne, sur le Tage.

La continuation de ce même bassin méditerranéen se retrouve en Algérie, près d'Alger, d'Oran , au désert de Sahara ; dans lUe de Sardaigne, dans l'Ile de Malte; sur quelques poinU de l'Italie, à Schio, à Polsaeno (Vicentin) ; sur une infinité de points de & Grèce, surtout dans la plaine d'Argos; dans les tles de Spezzia, de Crète et de Caprée. En Morée, dans la Turquie d'Enrope, M. Viquesnel Fa rencontré dans les vallées des principaux affluents du Danube , où cet étage forme des terrasses oui accompagnent le cours de la Saxe, du Koloubara et du Danube. Le Taurus en montre entre Bostaneson et Selefke, où H. -de TchihatchefT l'a trouvé. En Autriche, dans le bassin de Vienne M bien exploré par MM. de Hauer et Partch, à Steinabrunn, à Gaimfarem , à Tfussdoif, à

Anzerfeld, à Baden, à Neustadt, à Sarajtadat, à Piesting. à Brunn, à Ebersdorf , à Euzers* dorf, à Aralsee» etc. ; dans la plus grande partie de iaStyrie, d'après M. Boue, d'où il se prolongerait dans les plaines de la Bongie, dans 1c centre de la Carinthic, et dans la Croatie, dans laGallicie, à Leroberg; dans la Pologne, à Zoukouce, à Warowe, à Poczacow; dans la Crimée ; dans la Bessarabie, à Kichinev, à I>outchina, sur le Dniester, à Neukoustantinow, à Tessow, à Gregoriopol; danslaPodolie,à Krzemiemia, à Kamiouka, à Tamaruda; dans la Wolhynie, Szuskowce, près de Bialozurka» à Jukowce, à Bilca, à Salisze.

Cn bassin spécial, qui parait avoir sa continuation en Belgique, commence en Angleterre, où il couvre une partie du Suffolk et du Norfolk, et est connu sous le nom de crag, M. Lyell, qui l'a parfaitement étudié, le divise en quatre parties successives, en commençant par les couches inférieures de ces quatre divisions. Nous croyons que les trois inférieures, le crag à palypierg^ U crag rouge de Suffolk., et rancien crag de Norwich^ dépendent de cet étage.

Voici encore des parties où cet étase parait exister : dans la Hesse, à Cassel, étuoiées par H.Thilippi; peut-èlrc doit-on y réunir encore le Lîassin de Mayence, si toutefois il ne dépend pas de l'étage tongrien. D'après &L Murchison, il existe encore, en grandes surfaces, dans la Transylvanie, tout autour de la mer Noire, dans la Valachie, la Moldavie, la Bessarabie et la Tauride. Une autre vaste étendue existerait à l'est de la mer Caspienne, etc.

D'après les savantes rechercbesdeMM.Con-' rad, Morton, Lea et Lf eil, une ^ande sur- &ce, dans les Etats-Unis d'Amérique, borderait l'Océan Atlantique, principalement dans le New- Jersey, à Cumberiand-County; dans le Delaware, dans le Maryland.

Nous voyons cet étage, dans l'Amérique méridionale, occuper une vaste surface à l'ouest des Andes, depuis la côte de Feliciano, province d'Entre-Rios, jusqu'à l'extrémité de la Patagonie ; il est surtout visible dans la république Argentine, à Feliciano. D'après les savantes recherches du capitaine Granit, l'étage, iMrfaitement caractérisé, formerait une lisière méridionale près de la côte de toute la province de Cutch, dans les Indes orientales. Les plus riches localités en fossiles sont Soomrow, Cheeosir, Joonagrea et Kotra. M. Walter Mantell l'a découvert à Middie-lsland (Nouvelle-Zélande).

Maintenant que nous avons donné Textension des couches marines, nous allons* citer rapidement quelques points où se trouvent les dépôts lacustres qui paraissent dépendre de cette même époque : les environs d'Agen (Lot-et-Garonne), Monpazier et Beaumont (Dordogne) ; les environs d'Auch, et principalement le célèbre dénôt de Sansan, exploré par M. Lartet; Mandillot, Saint- Paul, Mainot (landes), la Caunette, Saint- Chinian (Hérault), Concurron (Vauclu-

lIlLliUSN. DE COSMOGOTIIE ET DE PaLÉO^ITOLOGIE.

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DiCTiONrsAinE m; gosmog<m«e

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se), ele., etc. ; dans Tlndoiistan, le sud des monts ffimalaya, entre le cours do rapide Setledge et du Brahmapoutre ; en Birmanie, le bassin de riraou«iday, dont M. Cautley a décrit Tadmirable faune terrestre.

Après tout ce qui a été dit sur Tâge relatif (}e I éta^e fâluniën, nous n'aurons pas beaulîoup à insister pour prouver qu'il est postérieur à l'étage tongrien. Lorsque, dans le bassin parisien, on poursuit au dehors la formation d'eau douce que nous avons vue, À Etampes, recouvrir la formation marine, on voit, sur quelques-uns des points où nous avons signalé cet étage, dans les départements de Loir-et-Cher et d'Indre-et-Loire, notamment à Pontlevoy, à Savigné et k Louans, les premiers dépôts de faluns reposer immédiatement dessus. On reconnaît même que ces dépôts lacustres, certainement consolidés, ont été souvent percés par les pholades et autres coquilles perforantes de l'étage falunien, comme à Pontlevoy; ainsi, de ce côté, les faluns ont évidemment succédé à l'éla^e tongrien. Dans le bassin pyrénéen, on voit de même les faluns jaunes succéder régulièrement, autour de Bordeaux, comme à Dax, et surtout à Saint- Justin, aux dernières couches de calcaires à astéries ou de faluns bleus. La même superposition existe en Belgique ; aussi ne restet-il aucun doute sur la succession régulière et chronologique de l'étage falunien sur l'étage tongrien.

Les caractères stratigraphiqpies différentiels qui distinguent l'étage falunien de l'étape tonsrieh, ont été énumérés à l'étage précèdent. Nous n'avons donc plus qu'à rechercher les limites stratigrapniques supérieures de l'étage. Ces limites sotit marquées £ar des discordances de toutes sortes. D'abord [. Elie de Beaumont place, entre cet étage et rétage subapennin, son système des Alpes occidentales, dont la dislocation est dirigée du S. 26* O. au N. 26** E., et qui a isolé les couches fïiluniennes sur toutes ces parties du bassin méditerranéen. Voici, du reste, encore, les nombreuses discordances d'isolement qui existent en France, et prouvent des allures distinctes entre les étages falunien et subapennin. On trouve l'étage falunien isolé sans l'étage subapennin, d'abord sur tous les nombreux points du bassin ligérien, où, sans exception, les dernières couches faluniennes ne sont recouvertes par aucun dépôt subapennin marin. Il parait en être de même dans tout le bassin pyrénéen, où, jusqu'à présent, les dépôts faluniens de Bordeaux et des Landes sont encore les derniers dépôts marins. On peut dire la même chose des dépôts marins des déparlements du Gard, de Vaucluse, de la Drôme, des Basses-Alpes, de TAin, de tous les points de la Savoie et de la Suisse, et du bassin méditerranéen. Le même fait existe en Corse et SUT une iuQnité de localités qu'il est inutile de mentionner ici, ce que nous venons de dire étant suffisant pour prouver qu'il y a eu entre l'étage falunien et l'étage subapennin, dons la circonscription des mers, un grand

changement qui correspond à la discorduce la plus complète et (a plus tranchée, discordance parfaitement en rapport avec les limites des fatuies respectives que ces deux étages renferment sur les points isolés. On trouve, de plus, l'étage subapennin isolé, sans l'étage falunien, dans les Pyrénées- Orientales, ce qui prouve encore, dans les deux étages, la complète indépendance d'allures qui leÈ distingue parfaitement.

Déductions tirées de la position des cou* ehes. — En étudiant les petits lambeaux de cet étage disséminés sur tout le grand bassin de la Loire et sur une partie de la Bretagne, depuis le département de Loir-et-Cher jus^ ()u aux Côtes-dn-Nord, la presque horizontalité des couches et Tanalogi^ complète des faunes qu'elles renferment démontrent bientôt que ces lambeaux sont les restes d'un seul et même tout, qui devait constituer une mer, dont les gigantesques dénudations postérieures, produites par les eaux, n'ont plus laissé que quelques parcelles. Les parties existantes ae ce bassin marin, comparées, en effet, aux parties dénudées qui les séparent, ne sont plus, en surface, que dans le rapport d'un à cent. Il a donc fallu que ces dépôts, d'abord répandus sur toute la surface renfermée par ces lambeaux, aient été ensuite enlevés sur les qtiatre"vingt'dix' neuf centièmes de leur surface première. C*est peut-être l'un des faits les plus curieux et les plus concluants pour prouver qu'avec une impétuosité inconnue dans les causes physiques ordinaires les eaux ont balayé la ^rface de ces contrées pendant assez longtemps pour au 'en deux époques géologiques seulement elles aient pu enlever une surface aussi considérable; car il ne faut pas oublier qu'il n*y a eu, depuis que ces mers existaient, jusqu'à nous, que la perturbation finale de cette mémo époque, et la perturbation finale de l'étage subapennin, qui a pré cédé notre arrivée sur la terre. Nous ne saurions donc trop insister sur ce morcellctnent très-important, la preuve là plus évidente

Sue nous puissions donner du mouvement es eaux, gui, d'après tous les faits existants» parait avoir marqué la fin de chaque grande époque géologique, plutôt que des changements de température ou de milieux d'existence, que les recherches géologiques nous dénotent n'avoir pas existé.

Dans le bassin pyrénéen, la disposition des couches prouve qu'elles ne sont pas ddns une nouvelle mer spéciale à cette époque, comme il arrive pour le bassin ligérien; mais que, comme pour les époques

{îrécédentes, elles se sont déposées dans un )assin préexistant, qui s'étendait de Léognan (Gironde) jusqu'au sud de Dax (Landes), et remplissait tout l'intervalle. Les parties des faluns qu'on retrouve sur -beaucoup de points sont encore dans la position qu'elles occupaient lors de leur dépôt, n'ayant nullement été dérangées depuis, si ce n'est qu'elles ont également suhl l'effet de nombreuses dénudations. A côté de ces bassins morcelés, oh, pour

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ainsi dire intacts, existant dans l'ouest de la France, od les dislocations du sol sont bien plus ataciennes, que trouTons-nous en Prorencé, dans lé grand bassin méditerranéen? (ci aucune couehe n^est intacte; toutes ont f|!us ou moins subi Tinfluence de dislocations postérieures du sol, qui, dliorizontalcs 4u*clles étaient, les a placées sur toutes les uclinaisons, depuis la ligne presque bori- ^ntale jusqu^è fa ligne verticale. C*est ainsi

Ju'onles a observées à Carry, et sur une innité de points des Alpes ou de la Provence. On voit donc, en résumé, dans les bassins ligérien et pyrénéen, des couches qui ont à peine subi quelques dérangements depuis leur dépAt, tandis qu'en Provence et dans les Alpes elles ont certainement subi l'effet immédiat de dislocations postérieures. Soit par les dénudations, soit par le manque' de parallélisme, on y retrouve les traces certain nés d'une révolution géologique. La discordinre complète des couches de cet étage avec les couches crétacées qui les supportent annonce que les terrains crétacés avaient antérieurement éprouvé en Provence les elTets d*une dislo(^tion considérable.

Composition minéralogique. — Nous citen^DS comparativement quelaues points, pour irriver h des conclusions ultérieures. Voyons J'abord le bassin ligérien. Aur Cléons, près Je Xantes, on trouve aux parties inférieures on calcaire friable, composé particulièrement d'^ nombreux bryozoaires brisés, en oouchcs horizontales, au-dessus de petits cailloux, des couches calcaires à bryozoaires, des buttres mêlées de cailloux roulés, Jes calcaires k bryozoaires et à lérébratules; le tout recouvert de cailloux roulés et d'huîtres. A Lempes (Indre-et-Loirej , les couches Je faluns composées de coquilles, les unes intactes, les autres roulées, mélangées de sable, de petits cailloux, le tout friable. Ici ces faluns forment, entre des lits horizontaux, de petits lits inclinés en sens inverse» c: super|)osés les uns aux autres. Sous les faluns de la Touraine, quand on arrive aux couches inférieures , on trouve , sur beaucoup de points, des calcaires jaunes entier leoieat composés de bryozoaires, comme eeox-des Géons. Cette couche à bryozoaires est surtout commune dans le déparlement de Maine-et-Loire, à Louvisse, à Chavaigues, où les couches sont souvent formées de JiU inclinés en sens divers, alternant avec des lits horizontaux, produits par les courants, oooime ceux des faluns. Les couches inférieures ont généralement des cailloux et des fossiles crétacés remaniés. Dans le bassin pyrénéen, on trouve à Sauçais, d après îf . Dufrénojr, d'abord une mollasse composée d'un calcaire K ciment cristallin, empâité i'ane grande quantité de débris marins^ pvûs des marnes coquillières friables, qui oasbent, vers les parties supérieures, à des aluns composés de sable jaune, renfermant oeaneoup de coquilles intactes non roulées, ti souvent avec les deux valves. On voit, Taprés M. ]>eIbos, entre les faluns jaunes le Saucats et ceux de Hérignac, qu'il s'est

déposé une couche lacustre, visible à Saucats, à Labrède, à Méri^ac. Dans le bassin méditerranéen, aux environs de Montpellier, d'après M. Marcel de Serres, on trouve, aux parties inférieures, des marnes sablonneuses a coquilles marines et fluviatiles; au-dessus ^ont des roches calcaires de sable et do marne, que M. Marcel de Serres appelb calcaire-moellon. Les couches les plus supérieures sont formées de sable. A Carry (Bouches-du-Bhône) , où l'on peut, dans des coupes naturelles, au bord de la mer, suivre toute la formation depuis les couches les plus inférieures, voici ce que l'on trouve : d'abord , au Rouet-de-Carry, des couches de poudingues fortement inclinées, formées de galets enlevés aux couches néocomiennes sur lesquelles elles reposent en couches discordantes, mélangés à ces cailloux noirâtres dits cailloux de la Durance ou de la Crau; sur ces poudingues, une série d'alternance de couches de mollasse calcaire et d'areiles rouges, de sables purs, de sables arçileux durcis, et d'une roche composée de cailloux avec coquilles. Les coquilles de toutes ccS couches n'y sont pas roulées, mais, au contraire, souvent entières, ou même dans leur position normale d'existence. A Vence, près de Grasse, comme en Corse, ce sont des calcaires entièrement formés de débris marins et contenant un grand nombre d*échinides, surtout des clypeasier. La grande variété de composition minéralogique de cet étage prouve que, comme les mers actuelles, il était soumis à toutes les influences diverses des causés actuelles.

Puisiance connue. — L*épaisscurde Tétage est très-variable, suivant les lieux. On trouve les dépôts les plus épais dans le bassin méditerranéen. Dans le département de Vaucluse , M. Eugène Raspail lui a reconnu jusqu^à 200 mètres. Sur quelques points des Basses -Alpes, H. Scipion Gras y a trouvé jusqu'à 300 mètres de puissance, ce qui, avec le nombre considérable de débris d'animaux marins des autres bassin^, annoii::e une longue durée de celte épo<]ue remar* quable» la plus riche de toutes, jusqu'à présent, en corps organisés fossiles.

Dédtactions tirées de la nature des sédiments et des fossiles. — Sur ce sujet, non-seulement chaque bassin, mais aussi chaque localité pourrait nous donner des déductions curieuses, pour prouver que tous les iait^ actuels existaient dans les époques passées, où les mers et les continents étaient soumis à toutes les causes physiques d'aujourd'hui. Nous en citerons seulement quelques exemples pris entre mille.

Suivant je résultat des bits , nous avons dit que chaque époque a dû comniencer par des dépôts forgaés, même pendant l'agitation des eaux, des parties Jes plus. pesantes des matériaux sédimentaires qui existaient dans les bassins .'nouvellement formés Les bassins méditerranéen et ligérien nous en donnent la preuve. Quand on considère, par exemple, la composition des premières couches du Rooet-de-Garrv ^Bouches-du-Rbône), il est

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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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impossible d'en douter un nstant. Les énormes cailloux de calcaire néocomicn , évidemment enlevés sur le même point à c^t étage, sur lequel il repose, ainsi que les nombreux galets de la Durance , semblables jk ceux de la Grau qui les accompagne, prouvent non^seulement que le mouvement des eaux a déposé les débris voisins pris «ux roches sous-jacentes , mais encore qu'il en a apporté de loin pendant ce mouvement

fénéral. Le même lait parait exister sur eaucoup de points de la Provence. On voit clairement que ces premiers dépôts ont même précédé Tanimalisation de 1 époque , puisqu ils ne sont mélangés à aucun corps organisé. Les corps organisés remaniés à l'état fossile , qu'on trouve ailleurs , nous donnent encore la preuve de ce mouvement; on en voit surtout un exemple remarquable près de Clausayes ( Drftme ) , où Ton .trouve des ammoniteset beaucoup d'autres coquilles <Ie l'étape crétacé albien remaniées dans les sables jaunes de l'étaj^e falunien. Dans la Touraine et dans le Maine, on remarque des faits analogues. Souvent, les couches inférieures renferment un plus grand nombre de galets que le reste, et Ton y remarque, comme aux environs de Doué , ainsi que Ta observé M. Ponceau, que ces premières couches déposées renferment des ostrea co^ îumba de l'étage cénomanien , remaniées à l'étal fossile dans l'étage falunien.

Les parties terrestres , soit isolées » soit superposées ou même intercalées entre descouches marines , se remarquent sur beaucoup de points différents de la France » et nous en citerons seulement quelques-unes. Peut-être doit-on rapporter a cette époque cette vaste surface comprise entre Albi et Castres; mais pour les localités deMandillot, de Saint-Paul , de Mainot (Landes), et surcoût celles de Saucats, de Labrède et de Mérignac, 11 ne peut exister de doute, pas plus

Sue pour les calcaires lacustres contenant es lymnées et des planarbes, aux environs de Montpellier. On trouve des coquilles terrestres (hélices) et des ossements de mammifères, avec les coquilles marines des faluns de la Touraine ; ce qui annonce que des affluents terrestres y venaient terser leurs eaux et apportaient ces restes d'animaux terrestres. M. d'Orbigny a remarqué sur les bords du Rio-Negro, en Patagomei entre les bancs que forment les j^rès, ces empreintes physiques des ondulations laissées par la mer lorsqu'elle se retire ; elles sont là, des plus communes et des mieux marquées.

La grande abondance de« coquilles de gastéropodes et d'acéphales , qu'eu rencontre, réuniesdans toutes les falunières de la Touraine, dans le bassin ligérien , aux environs de Bordeaux , de Dax , dans le bassin pyré» iréen, et dans les calcaires ou les sables de Garr^ (Bouchesndu-Rhtoe ), et dans le bassin méditerranéen, annonce, non des dépôts eètiers faits sur le littoral , comme quelques auteurs Tont pensé, mais bien des dépôts formés dans une mer peu profonde au-des^

sous du balancement des marées. Les couches horizontales des faluns, ou même les petits lits inclinés qui les séparent, dénotent des dépôts non formés sous rinfluence de la vague , dont l'effet est de tout mélanger sans laisser de couches ni de lits proprement dits. Pour nous, en jugeant par comparaison, les dépôts de Léognan, de Saucats, se sont formés dans une mer tranquille, au-dessous des marées, tandis que les dépôts de faluns de la Touraine ont été charriés par de violents courants , qui ont même plusieurs fois changé de direction , ce qu'annonce l'inclinaison en sens inverse des petits lits de dépôts de sable falunien. Le même fait existe dans le Suffolk, en Angleterre.

Nous avons vu , dans les causes actuelles, que les mollusques bryozoaires, les braihiopodes et quelques échinodermes vivaient toujours dans des zones spéciales profondes^ et en même temps soumises à des courant^. Ces résultats, appliqués aux causes passées» nous prouvent que ces nombreuses couches de calcaire, composées, presque entièrement de bryozoaires, qu'on trouve aux Cléons, à Chavaignes, aux environs de Doué; au-dessous des faluns, à Manthelan, et sur une infinité de points du bassin ligérien, ont dû être déposées dans des parties profondes des mers, soumises néanmoins à l'action des courants; car les débris forment encore des lits inclinés, comme ceux que nous avons décrits dans les étages batno* nien, coralien et parisien. Les couches à échinides de Vence, de l'île de Corse et de la Sardaigne, sont encore des dépôts pro* fonds sous-marins d'une autre nature.

Oscillationê du $oL — Deux circonstances de dépôt nous démontrent que les oscillations du sol existaient durant répoaue falunienne : d'abord , le changement brusque de nature de dépôt que nous avons signalé sur quelques points du bassin ligérien. Lorsque nous voyons, par exemple, à Manthelan, des couches de calcaire, oik Von ne trouve que des bryozoaires, presque sans mélange, et dénotant une mer profonde, être immédiatement recouvertes par des fa-^ luns, au contraire avec très-peu de bryozoaires , et contenant principalement* des gastéropodes et des lamellibranches, que Ton sait n'exister en erand nombre que peu &a«>dessous du balancement des marées ; des oscillations du sol peuvent seules nous expliquer ces changements subits. La superposition , comme à Saucats, à Labrède, à Mérignac (Gironde), d'abord d'un dépôt marin, puis d*an dépôt lacustre, encore recouvert d'un second dépôt marin, le tout durant une seule période géologique, ne saurait aussi s'expliquer i|ue par 1 eflet des oscillations. Pour que cette succession existe , il a fallu , d'abord, une surélévation des parties sous-marines de Saucats, audessus des eaux de la mer, ensuite un laps de temps considérable pour que oc point se couvre d'animaux lacustres fluviatiles ; puis, enfin, pour que des dépôts marias viennent, de nouveau, recouvrir ces dépôts terrestres.

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il a fallu certainement un aflaissemenl local considérable. Ces exhaussements et ces afiâissements sont, comme nous Tarons dit, le fut des oscillations du sol

Perturbaiion finale. — Nous ayons attribué à la perturbation finale de Tétage ce morcel* lemant remarquable de toutes les parties éparses de cet étage sur le bassin ligérien, {Mjr suite de dénudations considécables. Les caillou et les grosses butlres roulées,, qui forment généralement les dernières couches des différents lambeaux, amèneraient encore à ces conclusions; car elles sont le produit évident d*un grand mouvement dans- les eaux. La position du lambeau de Doué, placé dans une dépression du sol viendrait corro* borer cette opinion. Il n*a évidemment été conservé que par suite de sa position abritée, donnant moins de prise à Teffet des eaux.

Peut-être pourrait-on rapporter à ce raou- Tcment tinai des eaux les dépôts d^animaux mammifères flottants , comme ceux de Sausan, dans le Gers, autour d'Auch.etde quelques points de TAuvergne , étudiés par MM. Croiset, Delesert et Bravard. La réunion extraordinaire des ossements d'animaux yertébrés qu*a rencontrée M. Lartet, dans la première de ces localités, nous paraît appartenir aux mêmes causes qui ont amoncelé les débris de mammifères dans les pampas, comme nous le dirons à Tétage suivant.

Caracières païéontologiques. — Un premier caractère qui domine tons les autres, dans cet étage, c'est que les genres qui y sont apparus, au nombre de là, comparés à ceux qui, antérieurement nés, viennent s*y éteindre, au nombre seulement de 29, prouvent, plus que tous les autres faits, que l'étage falunien est en pleine voie crois- «inle de développement de la période ter-, taire Les séries animales montrant le plus de formes nouvelles pendant cette pénode Sont les mammifères, qui en donnent hl i puis les mollusques gastéropodes, qui en offrent 20; les foraminifères et les crustacés, dont les premiers ont 15 formes nouvelles et les derniers ik. On voit, dès lors, que ces séries animales remplacent, par leur dféveloppement, durant la p'riode falunienne, les zoophjtes et les poissons, qui forment le maximum de développement de la période parisienne. Les formes génériques noos donnent les caractères strati^raphiques suivant (327). Tons les genres qui s'eteienent dans Tétage parisien sans arriver à celui-d, comme les 69 genres cités à l'étage précédent, seront autant de caractères négatus propres à distinguer ces deux étages. Les genres inconnus à rétage falunien, et qui apparaissent Seulement dons l'étage subapenum, pourront aussi servir de caractères distmctifs entre les deux ..Ces genres au nombre de 93, sont ainsi distribués : parmi les mammifèl'As, 42 genres ; parmi les oiseaux, 26 genres ; parmi les reptiles,^ 7 genres ; parmi les

poissons, 8 genres ; parmi les cmstaeés, 3 genres; parmi les céphélopodes, 1 genres parmi les gastérooodes, 1 genre ; parmi lea lamellibranches, 2 «enres ; parmi les forami» niières, 3 eenres. Nous aurions donc, en caractères négatifs, pour distinguer l'étage la* lunien des deux étages immédiatement supérieurs ou inférieurs, le nombre de 16% genres.

Les caractères positifs pour distictguer Fétase parisien de celui-ci nous sont donués jiar 148 genres, qui, inconnus daiis Tépoque antérieure, se montrent, pour la première fois, avec l'étage falunien.

Parmi ces genres, ceux qui meurent dans ce même étage, sans passer à Tétage suivant, seront encore autant de caractères jfo-' sitiis qu'on pourra invoquer pour le distinguer de Tétaffe subapennin, où, jusau*à présent, ils iront pas encore été signalés^ Ces genres sont ainsi distribués dans les diverses classes d'animaux : parmi les mammifères, les genres pilhecus^ agnoihe^ ritim, ompAuryon, amphiarcios, picrodan^ machœromsy amyxodon^ hyctnodon^ oxygomphitiij dimyluSj megamys^ arehœomy$^ Heneth fiber, palœomySf chalecomySf chtlodus^ maeroiherium^ dmotherium^ chœrolherium^ macrauchenia^ chalicolherium ^ hippotherium et ciralherium : parmi les reptiles, les genres megalocheiluseia$pidonete$: parmi les poissons, le genre hemipri$ti$ ; parmi les céfMiakH podes, le genre spiruUrostra; parmi les gastéropodes, les genres de^Aayefta etferuâstna; parmi les mollusques bryozoaires, les genres metidropora et uniretepora; parmi les échinodermes, le genre scutella; parmi les polypiers, les genres deltocyathus, conoeyathus^ asirhelia gyrophyllia^ cnryptangia et Mtftico; parmi les foraminifères, U» genres hauêrina et dimorphina. Si nous joignons à ceux-ci (pus les genres d'animaux existant depuis plus eu moins longtemps, et qui se sont encore éteints dans cet étage, sans passer au suivant,, comme les 29 genres ci-après dénommés : parmi les mammifères, les genres antrachotherium^ lophiodoneixiphius; parmi les reptiles, le genre palœ^phis; parmi les poissons, les genres oiodus^ corox, edaphôdon, ischyodon , sphœrodus , smerdis ; parmi les céphalopodes , le genre megasiphonia ; parmi les lamellibranches, les genres myoconcha et grateloupia; pumi les bryozoai- . res, les genres radtopora^ capularia etpyripora ; parmi les échinodermes, le genre co- , noclypus; parmi les polypiers, les genres . aploeyalhuSf [aslroccmia^ funginella phyllo- cœniaf trochocyalhu$f actinoiœnia^ itytocœnta, goniaraa, rhizangia^ s^piasttw et fup-i $ammia; parmi les foraminifères». le genre operculinaf nous aurons 69 genres pouvant servir à distinguer l'étage falunien de l'étage subapennin.

Sans compter plusieurs centaines d*es< pèces d*animaux vertébrés et annelés, et de plantes que nous n'énumérons pas ici, nous avons, en animaux mollusoues et rayonué4

(3^7) Nous comparerons, aans ces caractères, ki deux sous-étages toopien et falunien.

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seulement, le nombre de 2,75&- espèces. Bien entendu que nous en avons d*abord entièrement séparé les espèces tougriennes men* tionnées au sous-étage précédent. Si Ton deyait prendre pour définitives les nombreuses espèces signalées par auelaues auteurs, comme se trouvant a la fois aans Tétage parisien et dans l'étage falunien des environs de Bordeaux, de Dax, de Kleynspauwen, en Belgique, ou de Cassel, dans la Hesse , il y aurait un grand nombre d'espèces se trouvant dans les deux à la fois ; mais ayant discuté wne à une toutes les espèces indiquées comme se trouvant à la fois dans \es deux étages, M. d'Orbigny a reconnu qu'elles étaient toutes basées sur de feusses déterminations. Nous n'avons donc, jusqu'à, présent, aucune espèce qui

f)asse réellement de l'étage parisien à l'étage àlunien. Sans discuter à fond la valeur des mélanges nombreux admis par les auteurs piémontais et allemands, entre l'étage falunien et l'étage subapennin, et surtout sans attacher une grande importance à ce mélange, qui, sans doute, a eu lieu, les coquilles étant mortes, sur les points où existe le contact immédiat des deux étages, nous trouvons néanmoins qu'il en existe, et nous citerons les espèces suivantes :

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Rissoina pusilLa.

Cyprœa elongata. SUiquaria subanguîna.

Cancellaria subcancellala»

— iK^bilicarts.

— ampuilacea.

— unianguiata.

— faricosa.

Triton doliare.

— beptagoniim.

— iniermcilium.

— tortuosum< Nassa Serrata.

— prismalica.

Cassis texia.

Morio fasciatus.

Petricola rupeslris.

Mitra striatula.

Coiius pondorosus.

Murex polymorpbus.

Purpura striolala.

Buccinum poJygonum.

Dcntalium clephantiuum^ Venus subcincla.

— subplicatn.

Cardita intermedia.

— elonçata.

Chama grypînina.

En résumé, si des 2,754 espèces citées comme faluniennes nous séparons provisoirement les 28 espèces précédentes, qui, i)ar une cause quelconque, se trouvent dans 'étage subapennin, il nous resterait encore 2,726 espèces caractéristiques de cet étage; et cependant nous avons la certitude que nous ne connaissons pas peut-être la moilié de la faune si considérable de cette époque.

Chronologie historique. — A la fin de- la période pansienne, par suite d'une pertur-

bation géologiauc, se sont éteints 69 genres d'animaux, sans compter les plantes. A la iin de la période tongrienne, se sont également éteintes 428 espèces propres à cette période; et lorsque le calme a reparu dans les mers« sont nés, en animaux divers, lMgeores(d28) inconnus à l'époque parisienne, ainsi que 2,754 espèces également inconnues dans les époques antérieures , et qui ne sont qu'une faible portion de ce qui existe dans la nature.

A la fin de la période tongrienne, les continents et les mers subissent des changements considérables. C'est, en effet, alors que la mer se retire tout à fait de la partie française du bassin anglo-parisien, et vient former un bassin spécial qui occupe la

Srande dépression de la Loire et une partie e la Bretagne, comprise entre Pontlevoy et Dinan d'un côté, et Dinan et Tourtenay de l'autre, nouveau bassin jusqu'alors étranger aux dépôts marins tertiaires que nous appellerons maintenant bas$in ligérien.k en juger par les lambeaux, ce bassin devait s'étendre, d'un côté jnsqu*à la Manche, et de l'autre jusqu'aux côtes du Morbihan et de la Vendée, en représentant un golfe très-profond,—Le second bassin maritime de celte époque est encore le bassin pyrénéen, qui reste à peu près dans la raèuie circonscription, mais en s'avançanl encore vers l'ouest, et laissant des atterrissements tout autour à l'est. — Le troisième bassin français, le bassin maritime méditerranéen, a complètement changé de forme. Pendant la période falunienne, il parait avoir envahi une \asie surface antérieurement continentale, com-

ftrise entre les environs de Montpellier et 'ouest de Marseille, et s'étendant, au nord, jusqu'au^x départements du Gard et de la Drôme. Néanmoins, un golfe s'étendait au nord-est jusqu'aux Basses-Alpes ; et un autre, se dirigeant au nord jusqu'au département de la Drôme, tournait au nord-nordest par l'Ain, et de là couvrait une partie de la Savoie, de la Suisse, et s'étendait probablement jusqu'à Vienne, en Autriche, et sans doute beaucoup plus à l'est. £n résumé, nous avons encore en France trois mers, le bassin ligérien, le bassin pyrénéen et le bassin méditerranéen.

En Angleterre, la mer falunienne envahit le Suffolk et le Norfolk, dont elle couvre toute la côte ; et c'est probablement de ce point que s'étendait la mer, jusqu^aux environs d'Anvers, en Belgique, gui, par ses fossiles, dépend du même bassin, que nous appellerons anglo-belge.

Les contïnenls se sont également modifiés. Pour la première fois, depuis les terrains triasiques, nous voyons, en eflet, le bassin anglo- parisien devenir continental. Une surélévation de toutes ses parties s*étend an sud, jusqu'à Blois, et sur une ligne qui , de ce point, passe par Laval; mais les continents antérieurs perdent tout le bassin ligérien, antérieurement exhaussé. Bans le bassia

(5tô) Les genres, en pettt nombre, p.as (spéciaux à la section tongrienne, y sont compris.

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