‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 70 sur 216 · VOS · texte numérisé non relu

VOS

DlCTlOMUlilE DE COSMOGOMB

FOS

entre quelques autres étages ; mais les iden* tiques de ce genre sont des exceptions et tiennent, le plus souvent, à des remaniements postérieurs à leur prenvier dépdt.

On dit également fossiles identiques^ quand on compare des couches géologiques du même âge, mais géograpbiquement trèséloignées les unes des autres. L*étage dévonien de TAmérique du nord renferme des espèces identiques au même étage en Europe [spirigerina relicular€s) ; Télage néocomien de Colombie renferme des espèces identiques avec l'étage néocomien de France et de Suisse [cardium peregrinum). Les couches sénoniennes de Pondichéry renferment des espèces idenliaues avec celles de Fiance, avec celles de l*Amériaue du nord {Vostrea larva^ Lamarck). Les étages des Etats-Unis montrent le belemmtella mucronaia^ identique à celui des mêmes couches en France. L'étage parisien montre des identiques de cette sorte avec Tétage correspondant do la Caroline du sud, aux Etats-Unis (le cardita planicosta, Lamarck).

Les fossiles analogues ^ tels que nous les considérons, ne peuvent être pris qu'en général. Us ne peuvent servir a désigner r-es semi-espèces de certains auteurs, lesquelles n'existent réellement pas dans la nature, mais bien l'analogie qu'on remarque dans les formes de deux faunes locales de mémo flge, éloignées l'une deTautre. Nous nous servons de ce mot dans deux acceptions différentes. 1* On dit que telle série de fossiles est analogue h telle autre, quand elle se trouve dans les mêmes conditions çéolofj^iques, bien qu'elle ne renferme pas d identiques communs : ainsi les coquilles fossiles de l'état falunien du Chili sont analogues aux coquilles fossiles de nos faluns de France, parce qu'elles se composent les unes et les autres d'une série de genres différente de la série qui vit actuellement sur les côtes voisines. 2* On peut dire encore que telle série de fossiles est analogue h telle autre, lorsque le faciès^ l'ensemble des formes, des genres et des espèces se ressemblent, n'y eût-il d'ailleurs aucune espèce identique. L'étage carboniférien des Andes boliviennes ressemble, sous ce rapport, au même étage en Belgique et en Angleterre; les fossiles' jurassi- Sues de l'Himalaya ont le même ensemble e formes que ceux de l'étage callovien de France et d'Angleterre.

Les fossiles perdus ou détruits sont ceux qui n'ont plus de représentants dans les mers actuelles, et qui ont tout à fait disparu de la surface du globe. On peut dire que toutes les couches terrestres, depuis les

t)tus anciennes jusqu'aux époques tertiaires es plus rapprochées de nous, ne contiennent que des fossiles perdus.

Les fossiles perdus peuvent quelquefois constituer des familles natui»lles bien circonscrites, dont aucun des genres n'a survécu , comme la famille des mégathéridées , dans l'ordre des édentés, celle des ptérodact^lidées ou sauriens volants parmi les reptiles, les lipidoldes parmi les poissons | les

ammonites ammonidées parmi les mollos-

3ues, les crino'ides cystim parmi les échinoermes, etc.

D'autres fois ces formes constuaent seulement des genres perdus dans des bmilles dont quelques genres sont encore viTAots, tels que le mastodonte parmi les prohasddiens, les mosasaurus^ les iguanodt-n, les ickthyosaurus^ les ptesiosaurus {laruii les reptiles, les genres ;ia//roni<rus parmi les |X)issons, les irinucleus panni les crustacés, icsliiuites parmi les tnoliusqneSi les apiocrinus^ les dysasier^ les mneo/iiia parisi les animaux rayonnes.

Lorsque les fossiles perdus ne forment PhI^ de ramilles, des genres distincts des familles, et des genres actuellement vivants à la surface du glol>e, ils olTrent seulement dei espèces fterdues appartenant à des genres de la faune actuelle L'ursus cultrident est une es|>èco lerduo «lu genre urtut;k mammouth une espèce perdue- du genre éléphant, H en est du même des carcharias, /rniiif, ûrif/ns, etc « du genre acluei cardmruts (rc(pi:n) parmi tes poissons; dn nau/ilus koninckiu du i'hehj hemisphœrua, |«riui les mollusques, des adaris biumtnbQ(kiu du pentacrmus ùrtareus parmi les échinudeniies, tiu meandnna retis» lo no, de l'aiirM 6arri/briiifj (Mtcti.) parmi les zooptjytcs.

Los fossiles ne sont pas perdus^ sculemenl par rapport h la nature actuelle; les familles, les genres et, dans tous les cas, (es espèces 0 sont eniure |»rcsque tous ô'un étage g6*il«)gi<|uu è l'autre. Les ammoium qui ont ces^é tresibter arec les dernières couches de terrain» crétacés, soct peMues relativement, pour les terrains ternaires (;ui les ont suivis; les orlhoceraïuet sont i^cr* dues pour les terrains jurassiques, pc'Mitic les derniers représentants do ce |;enrc rcv tent dans les étages inférieurs. En général les espèces d*uii étage géologii|uc uc | as^an{ pas 21 Vétago suivant, il en résulte t|uc rh^que épofjiie géologique contient une faune particulière, caractéristique, et que,preH|ue toujours, la faune enfouie dans un tcriaio. dans un étage, est entièrement («cnluc |<ar rapport au terrain, a roiago (pu lui succède.

Comparativement h ce qui exî>le lïujourd'Iiui, on se sert du moi faune fostile,]^^^ désigner rensemhledo la zoologie, tous les animaux ciui ont peuplé une époi|uc géologique quelcon(]ue ou une superlicie définie. Comme on peutpa/lT de la faune aclutlk pour désigner tous les animaux qui couvrent la terre aujourd'hui, on peut dire éb^ lenient, la faune fossile de Céiage carbonift' rien^ la faune fossile de l'étage oxfordien, w faune fossile lertiairede Paris, pour tous les êtres qui vivaient à ces diverses époques géologiques. Alors la faune désigne \^s^^^' maux fossiles d'un âge géologique^ et ce sont des faunes chronologiques^ des faunes successives, qui se sont remplacées dans l'ordreûe superposition des étages terrestres.

En d*autres cas, on se sert du mot laune

FOS

ET DE PALEONTOLOGIE.

FOS

pour désigner une circonscription géogra-

Shiqoe quelconque. Comme on dit aujourliui la faune d'Afrique, la faune d'Amérioue, pour désigner tous les animaux d'Airique ou tous les animaux d'Amérique, on |ieut aussi dire, en parlant des animaux fossiles dans le même sens, que là faune fooile du bassin de la Touraine ou de l'étage falunien de la Touraine est nombreuse ; que la faune fouite du bassin tertiaire des environs de Paris est la plus riche en espèces, etc., etc.

Relativement à Vhabitai^ ou milieu dans lequel les animaux fossiles paraissent avoir vécu, en les comparant k ce que nous observons auiourd'liui, ils sont terrestres^ flutiatiUê el lacustres^ palustres ou marins.

Les fossiles sont terrestres iorsiju'ils habitaient exclusivement les terrains sortis des eaux, les eontinents. Les mastodontes^ les paleoiherium^ les mylodon^ les limaçons (AWix), les r/tfcoj/oma sont des animaux terrestres dont Tes organes respiratoires prennent Tair en nature, et qui ne peuveut vivre dans d'autres conditions.

Les fossiles sont fluviatiles^ lacustres ou palustres^ lorsque, d'après leurs caractères, on diaprés la composition de leur faune, on reconnaît par comparaison qu'ils ont vécu dans les eaux douces d'une rivière, dans un lac, ou dans un marais. Certains poissons , parmi les animaux vertébrés, les planorbis, .es symnea^ lesphysa^ les anodonta, les unio }>anni les mollusques, sont des animaux fossiles fluviatiles^ lacustres ou palustres^ qui vivent effectivement en séparant, des eaux douces, au moyen de branchies, Fair propre à leur existence. On a quelquefois abusé de ces caractères en géologie, mais une saine critique peut ramener les choses à leur limite réelle.

Les animaux fossiles sont marins ^ lors-

S s'ils ont dû habiter exclusivement la mer. n doit, suivant leur manière de vivre, les subdiwiseT encore en fossiles côtiers^ ou du littoral, comme les ichtkyosaurus^ lesp/masaurus, qui vivaient probablement sur les rivages, les frftrirmum, les itivr^x, les cerithium^ les ryprœa^ tes renia, les huîtres ''o'^trea), quelques oursins, qui ne pourraient vivre sur les côtes qu'è telle ou telle profondeur. On a souvent donné le nom de fossiles pétagiens aux animaux que, par analo.^e, on croit avoir habité les hautes mers, comme beaucoup de cétacés, les céphalopoJes (nautilus ammonites)^ les conutaria et les hyalea^ parmi lee animaux naollnsques, qai paraissent avoir vécu, ainsi que leurs analogues d'aujourd'hui, au sein des océans et ne s'approcher des côtes que lorsqu'ils y sont portés, de leur vivant, par des causes fortuites, ou après leur mort par la nature légère de leur coquille, comme on le voit de la spirula fragilis^ du nautilus pompi-

iiiâs 0tc.

Les différences qu'établissent entre les animaux fossiles I habitat et les ui verses conditions du milieu d'existence, de climat ou de disUribution géographique, sont d une haute importance en Paléontologie, cl peut-

être, jusqu'à présent, ne leur a-t-on pas aocordé toute la valeur qu'elles méritent.

Quant à rage des fossiles^ dans les couches terrestres, chacun les a divisés à sa manière, en les appelant anciens ou modernes; mais il faut oublier, aujourd'hui, ces dénominations purement relatives. li en est ainsi des noms qui avaient rapport aux anciennes divisions employées dans les divers systèmes géologiques, tels que fossiles primaires, secondaires^ tertiaires et quaternaires^ maintenant beaucoup trop vagues pour être rigoureusement appliqués à lâge réel des couches terrestres. Sous ce rapport, les noms des séries chronolo^ques, qui dérivent de l'âge relatif géoloçque des fossiles, suivront les noms de divisions fournies par l'étude des faunes.

On a souvent appelé subfossiles des coquilles qu'on rencontre quelquefois en grand nombre sur certaines côtes, et qui sont absolument identiques à des coquilles vivant encore aujourd'hui dan$ les mers voisines. On en trouve sur toutes les côtes du mondCf sur le littoral de l'Amériaue -méridionale, des Antilles, de France, de ^orwége« etc., etc. Ces coquilles appartiennent, pour lious, à l'étage contemporain, parce qu'elles dépendent de la faune contemporaine de l'homme*

Suitant le degré de transformation miné^ rale^ les fossiles peuvent être organiques p semi-organiques ou inorganiques^ c'est-à^ire ne conserver de leur état primitif que les formes extérieures qui seules attestent encore leur existence. En effet, tantôt le fossile est conservé en nature^ n'ayant subi que de légères modiCcations, soit uans s^s caractères physiques extérieurs, soit dans sa composition chimique. Beaucoup d'ossements sont dans ce cas, ceux surtout qu'on extrait des cavernes à ossements et des brèches osseuses les plus modernes. Les insectes qu'on rencontre quelquefois si bien conservés dans les résines fossiles n'ont probablement aussi subi aucune espèce de changement organique ou chimique. La substance combustible qui leur sert de gangue est restée k l'état d'enveloppe extérieure; et la nature même de cette substance , semi-fluide et glutineuse au moment où elle enveloppait les corps organisés, ne permet guère de supposer qu'elle ait pénétré plus intimement dans ces corps. Nous citerons également, au nombre des fossiles conservés en rature^ les mollusques qu'on rencontre en certains dépôts travertins très-modernes, calcaires ou siliceux, où les coquilles se montrent conservées avec leur nacre, avec leurs couleurs. Grand nombre de fossiles des dépôts contemporains paraissent encore avoir gardé la plus grande partie de leur matière animale.

Néanmoins, la conservation des couleurs chez les coquilles n'est pas toujours en rapport avec leiu degré de transformation, avec leur âge géologique; car nous connaissonSy dans 1 étage dévonien de PaSralh (Prussejft des coquilles avec leurs couleurs {turbo suh^ eostatus). Nous en possédons de l'étage sinémurien de Pouilly (Côte-d'Or), de TéUge

FOS

DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

ros

btyocien ae Bayeui (Calvados), de Tétage . néocomien des Basses-Alpes {pecten alpinusL ' de l'étage turonien inférieur des bords de la Loire [lostrea columba), et de tous les étages tertiaires. Le brillant de la nacre» chez les coquilles qui en étaient pourvues, se conserve aussi parfaitement dans les couches terrestres d*âges géologiques très-diÉFérents. Elle a tout son éclat sur les fossiles des étages oxfordiens de Russie; elle le montre encore sur les coquilles de l'étage albien ou du gaull de Folkstone (Angleterre), de Wissant (Pas-de-Calais), de Machéroménil (Ardennes), etc., sur quelques coquilles de Tétage cénomanien de la montagne Sainte- Catherine, à Rouen (Seine-Jnférieure), de l'étage sénonîen des Montagnes-Rocheuses fbtats-Unis), et sur les coquilles de presque tous les dépôts tertiaires.

D'autres fois, on dit que le fossile est altéré. C'est le cas du plus grand nombre des ossements de vertébrés qu'on rencontre dans les cavernes et dans les brèches osseuses; c'est le cas aussi de la plupart des coquilles tertiaires, celles, par exemple, que fournissent en si grande abondance les bassins subapennin, parisien et de la Gironde, etc. Dans ces sortes de fossiles, la matière animale a disparu en partie ou en totalité; les principes solubles en ont été éliminés et entraînés par les eaux inGltrantes; il n'est resté du corps enfoui que la charpente osseuse ou l'enveloppe calcaire, en quelque sorte nue, et ne contenant plus que les principes insolubles et les sels permanents, terreux ou alcalins.

Enfin, le plus souvent, le corps organisé a été complètement transformé^ soit en conservant une partie de ses principes constituants qui auraient subi une nouvelle disposition moléculaire, soit en acquérant des principes étrangers qui l'auraient remplacé en totalité ou en partie. Tous les fossiles des terrains les plus anciens sont, à peu d'exceptions près, dans ce cas. — Voy. Fossilisation.

Quand le corps organisé a été remplacé par des substances, on dit qu'il a éié pétri fie., il faut bien distinguer le sens restreint que nous donnons au nom pétrification^ du sens plus général que nous avons donné au mot fossile. Le mot pétrification désigne tout corps organisé enfoui dans les coucnes, dont la forme extérieure a été conservée, la structure intérieure plus ou' moins détruite et remplacée par une matière toute différente de la matière organique dont il se composait à l'état vivant. Souvent la matière minérale qui a fourni à la pétrification est, à peu de chose près, de même nature que la matière organique elle-même; ainsi, le test des mollusques qui se compose en grande partie, à l'état vivant, de carbonate de chaux, demeure à l'état de carbonate après sa conversion au sein des couches calcaires. De même, les ossements qui offrent à l'état y vant une certaine quantité de carbonate et une plus forte proportion de phosphate de chaux, conservent, à l'état de pétrification, le premier principe ea totalité, le second en partie, de

telle sorte que la pétrification ou la conver* sion minérale du corps organisés est, le plus souvent une simple épigénie minérale. La pseudomorphose est rarement complète.

FOSSILES, controverse relative à leur imture. Yoy. Géologie. — Attribtiés au D^luge. Yoy. Géologie et Chaubàrd. — Lmr origine diaprés les savants du xvi* siêclt. Voy. JEHAN (de Saint-Clavien). — Ont'ili été créés tels que nous les trouvons dans les strates f autrement^ ontnls vécu? Voy. Pa'>

Page 1