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ET DE PALEONTOLOGIE.
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cosmogonies , attacher aucun sens déQni à ces mots : dê$iruction du monde ; car, tantôt ils paraissent s'étendre à notre système planétaire tout entier* tandis que d autres fois ils semblent s'appliquer seulement è queU qae révolution de la surface terrestre.
^ D'après les ouvrages qui nous sont restés d'Aristote» et d'après le système de Pytha-
Sore qui vient d'être exposé, il est aisé *apercevoir que ces deux philosophas ont considéré les causes de changement actuellement existantes dans la nature, comme propres à déterminer, |)ar la suite des siè* clés, une révolution complète. Aristote va iiiême jusqu*à regarder les catastrophes accidentelles, qui de temps k autre se manifestent, comme contribuant chacune pour sa part au eours régulier et ordinaire de la nature. Le déluge de .Deucalion, dit-il, qui n*affecta aue la Grèce, cette partie, entre autres, qu on appelait Hellade, fut occasionné
Kr les inondations considérables qui eurent lu durant un hiver pluvieux. Mais ces hivers extraordinaires, ajoute-t-ily quoique re- ▼enant à certains intervalles, ne se reproduisent pas toujours dans les mêmes lieux (381). ^ Censorinus rapporte que, suivantl'opinion d*Aristote, le globe était sujet à des inondations générales, alternant avec des conflagrations; aue le déluge constituait l'hiver de la grancfe année ou cycle astronomique ; tandis que la conflagration, ou destruction par le feu, formait Tété, ou l'époque des plus grandes chaleurs de cette même période (â82). Si, comme le suppose Upsius, cette citation de Censoripus est la reproduction exagérée d'un passage du Traité des Mi- Uareêf elle doit être considérée comme une reproduction aussi grossière qu'infidèle de la doctrine du philosophe de Stagyre; car, dans ce traité, le but général de son raisonnement tend évidemment vers une direction opposée. Il rapporte plusieurs exemples de ebangements pareils à ceux qui, de nos jours , continuent à s'accomplir d'une manière constante, et insiste avec une certaine emphase sur les grands résultats que, dans le cours des siècles, ces changements peuvent produire. Il cite des lacs qui se sont desséchés, et des déserts qui, à la longue, sont devenus fertiles par t'influence des ri- Tières qui y ont établi leur cours. Il signale raoeroissement du delta du Nil depuis Homère jusqu'à l'envasement du Palus-Méotide Ïui eut heu soixante ans avant le temps oii .ristote vivait. Bien que dans le même chapitre l'auteur ne dise rien des tremblements de terre, d*autres parties de son traité indiquent qu'il n'était pas étranger aux* effets résuitacl de ces phénomènes (383). C'est ainsi, par exemple, que, faisant allusion à Tappantion d'une des iles-£oliennes, qui précéda «ne éruption volcanique, il s'exprime de la manière suivante : « Les révo-
a la ftdion exprimée dans les vers de Bfanou que nous avons cilcé plus bnut, fiction relative aux rtlourt atteniulfs a consiauis des heures de vnllc et de sommeil du Graiul Etre, rllc parait se rapporter au système drs gr.in(los catasimphes griiémles
lutions du globe sont si lentes, comparativement a la durée de notre vie, que leurs progrès sont tout à fait insensibles (XavOftvc}; d'un autre côté, les migrations des peuples, après de violentes catastrophes, et leur éloignement des lieux où la scène s'est passée, occasionnent souvent l'oubli de grands événements (38&).
Les connaissances que possédait Aristote sur les pouvoirs destructeur et re|)roducteur de la nature se laissent apercevoir dans ses divers ouvrages; mais cest surtout dans l'introduction et à la fin d'u douzième cha^pitre de son Traité des Météores^ qu'elles se montrent dans toute leur étendue, ainsi que l'on peut en juçer par la manière doi)t est conçue la première phrase de ce traité : Il est certains pays où la distribution des terres et des mers n'est pas en tous temps la méme^ c'est-àrdire que telle partie qui a uns époque était terre^ devient mer ensuite; et jjfua telle autre qui faisait partie de la mer devient terre à son tour. De plus^ il y a tout lieu de croire que c'est d'après une certaine loi^ et dans le cours d'une période déterminée^ que s'opèrent ces changements. En concluant, il ajoute : Comme le temps ne périt jamais ^ et que l'univers est éternel, on ne peut supposer
Îme le Tanats et le Nil aient toujours coulé. Les ieux où ils prennent naissance durent élr^ secs jadis; leur existence bien certainement a des bornes 9 car le temps seul n'en a pas. Toutes les autres rivières subissent le même jsorl; toutes naissent et toutes meurent; la mer n'a pas plus de constance : sans cesse nous la voyons abandonner certains lieux et en envahir d'autres, La terre ne présente donc
?}as toujours le même aspect: là où nous fouons aujourd'hui un sol continental , la mer a séjourné et séjournera encore; la région où elle est à présent fut jadis, et redeviendra plus tard encore un continent. Le temps modifie tout. Ces remarques d'Aristote donnent tout lieu de croire que non-seulement les Grecs avaient emprunté à leurs devanciers la théorie relative aux révolutions périodiques du monde inorganique, mais qu en outre, leurs propres observations les avaient en parti o conduits à ces mômes idées. Quant à ce qui regarde les anciens changements de la nature organisée, rien ne peut faire supposer qu'ils s en soient occupés. La circonstance môme des débris marins renfermés dans des roches solides, quoique observée par quelques-uns, et bien qu'ayant servi de liàse'à certaines s|>écuialions géologiques, n'éveilla jamais l'attention des naturalistes, ni ne les guida dans leurs recherches, il serait trèspossible que la théorie de la génération é(juivoque eût contribué pour beaucoup h l'indifférence qui régnait a cet égard ; pcutôlre aussi qu'en donnant lieu de supposer que lé monde organique était sujet à la plus grande instabilité et à un état incessant de
suivies de créations nouvelles cl de périodes de repos.. (581) De meteor., lib. i, cap. Iz.
(589) De die nat.
(585) De meieor,, lib. ii, cap. U, 15 et 16. (5Si) De $i€tcor., lib. n, cap. 14, 15 Cl 16.
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fluctuation, la croyance de la production spontanée d'êtres Vivants provenant de la terre ou de la matière corrompue» empêcha les phénomènes qui indiquent d'anciens changements d'exciter une vive curiosité. Les Egyptiens, il est vrai, et les Stoïciens après eux avaient enseigné que la terre, jadis, avait donné naissance à quelques animaux monstrueux, dont l'espèce s'était ensuite perdue. Toutefois, il paraît que l'opinion dominante était qu'après chaque grande catastrophe les mêmes espèces d'animaux étaient de nouveau reproduites. Celte croyance es* 'x primée dans un passage de Sénèque» où, en parlant d'un déluge futur, il dit : Tout leg animaux seront recréés^ et rhomme, affranchi du crime^ sera rendu à la I erre (385)..
Une vieille tradition arabe, relative à la théorie des révolutionssuccessivesdu globe, semble faire exception à la règle générale. Cette tradition, qui a été reproduite en latin
()ar Abraham Ecchellensis (%6), renferme 'idée de la création de divers genres et espèces. Suivant les Gerbanites, secte d'astronomes qui florissait quelques siècles avant "l'ère chrétienne , tous les trente-six mille quatre cent vingi-cinq ans^ un couple d'animaux mâle et femelle de chaque espèce était créé^ et donnait^ en se reproduisant^ de nou-veaux habitants à la terre. Mais lorsqu'une révolution des orbes célestes, comprenant cet espace de 36,k2& ans,, se trouvait accomplie, d'autres genres et d'autres ESPicBS succédaient aux premiers II en était de même des plantes et de toutes les autres productions ; le premier ordre étant détruit, celui qui le remplaçait éprouvait, à son tour, le même sort , et ainsi de suite indéfiniment (387).
De même que les Grecs nous ont transmis par leurs ouvrages les doctrines d'un grand nombre de philosophes orientaux et égyptiens, de même aussi, les écrivains du temps d'Auguste et des siècles suivants nous ont mis à portée de connaître les opinions des anciens auteurs grecs. Strabon surtout, au second livre de sa géographie, se livre à d'assez longs développements sur les opinions d'Eratosthènes et de plusieurs autres Grecs, relativement à un des problèmes les plus difficiles de la géologie, savoir, les causes auxquelles doit être attribuée la présence d'un grand nombre de coquilles marines
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dans certaines couchdft irès-^levées et irèséloignées de la mer.
Il cite, entre autres^ l'explication dornée à ce sujet par Xanthus le Lydien. Ce philo: sophe prétendait que Jadis les mers avaient eu une étendue plus grande que celle qu'elles offraient de son temps ; suivant lui, elles s'étaient desséchées en partie, c'esl-àdire, d'une manière Ifioins complète que certains puits, certains lacs et certaines rivières d Asie, qui, de ses jours aussi, et durant une saison de sécheresse, s'étaient trouvés entièrement privés d'eau. Après avoir traité cette coniecture sans plus d*é-
Fards qu'elle n'en mérite, Strabon passe à hypothèse de Straton le physicien. Ce philosophe avait observé que la quantité de II* mon, transportée dans le Pont-Euxin par les rivières qui s'y jettent, était si grande, que son lit devait nécessairement aller en s'élevant, tant que ces rivières continueraient à y verser la même quantité d'eau ; par suite^ il pensait que lorsque originairement le Pont-Euxin était une mer intérieure, son niveau avait dû, à raison des causes ci-dessus mentionnées, atteindre une hauteur qui permit à cette mer de franchir ses digues, et de s'ouvrir, près de Byzance, une commu- Dication avec la Pronontidé. Il supposait, en outre, qu'un dessécnement partiel avait dû convertir déjà la partie gauche du Pont- Euxin en un sol marécageux ; enfin que, par la suite des temps, cette mer tout entière se trouverait ainsi transformée en un te^ rain solide. On a, de même, prétendu que la Méditerranée s'était jadis ouvert, aux colonnes d'Hercule, un passage dans l'Océan ; que les coquilles marines trouvées en si grande abondance près du temple de Jupiter- Âmmon, en Afrique, pouvaient fort bien «♦voir été déposées par quelque mer intérieure ancienne, qui, à la longue, se fraya une issue nouvelle, et abandonna le lit où, pendant longtemps, ses eaux avaient reposé. Strabon rejette cette théorie comme étant insuifisaiite pour rendre compte de tous les phénomènes observés, et il en propose une autre qu'il a imaginée lui-même. Cette dernière est d'une très-grande profondeur, et commence à présent seulement à être appréciée par les géologues modernes. Ce n'est pas, dit Strabon, parce que les terra couvertes par les mers furent originairement de hauteurs différentes, que les eaux se sont
(385) Omne ex intégra animal generabitur, dabi ■ turque terris homo inscius scelerum. {Quœst, Nat,, ni, c. i9.)
(586) Cet auteur était professeur de syriaque et d'arabe à Paris , où il publia une traduction Uiline <le plusieurs manuscrits arabes, traitant de diverses branches de la philosophie. Cet ouvrage a toujours été considéré comme étant d'une très-grande autorité.
(387) Gerbanitœ docebant ëingutos triginta sex mille annos quadringentos^ viginti quinque bina ex singulis animalium speciebus nroduct, marem scilicet ac (eminam, ex quibus animalia propagantur, huneque inferiorem incolunt orbem. Abtoluta autem eœieêttum orhium circulations, quœ illo annorum conficiiur ^paiio^ iierum aiia producuntur animalium gei^tr^^e' species quemadmodum cl planifirum ttliaruni-
que rerum, et primu$ destruitur ordo^sicque in tn/iMîum producitur. (Histor. Orient,, suppl., per Aunhamum Ecchellensum , Syrum Maronitam, cap. ' et 8 , ad calcem Chronici Oriental.; Parisis; t lyp. regia, 1685, in-fol.
fait rapporter le nombre vingt-cinq à la période d'années, et non au nombre de. couples de» espèces créées au même moment. Suivant rinterpréuiipn de Fortis, vingt-cinq espèces seulement auraient *te créées ensemble; mais le sens du passage ne saonit admettre celte construction. {Mém. sur VUht. nuu rf«?/7«fl/Tf,vol. !•', p.îOS.)
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«u élevées oh abaissées^ ou retirées' de certains lieux pour en inonder d* autres ; la vraie raison de ces divers phénomènes est que la même terre tantôt s^élève et tantôt se déprime; et que la mer^ obligée de suivre ces divers mouxementSf tantôt franchit ses bornes^ et tantôt rentre dans ses limites. C'est donc au sol que doit être attribuée la cause dont il s'agit : soit à ce sol qui forme le fond de ta mer^ soit à celui qu'elle inonde parfois ; le premier^ néan" moins, étant,, à cause de son humidité, plus mobile que l'autre, on conçoit aisément qu'il doive être sujet à des altérations plus promp^ tes, et jouer un plus grand rôle dans raccomplissement des phénomènes (388). Jl convient, ajoute encore Strabon, de tirer nos explicaiions de choses qui tombent sous les sens, et qui, telles que les déluges, les tremblements de terre, les éruptions volcaniques (389) et les soulèvements spontanés de terrains sous^ marins, se reproduisent en quelque sorte tous les jours. Celte dernière circonstance entraîne nécessairement avec elle le soulëvetnent de la mer ; de même que le phéiiomène opposé , c'est-à-dire l'affaissement iioureau des mêmes terres, occasionne de nouveau sa dépression. Il ne faut pas croire que les petites îles soient seules susceptibles de participer au soulèvement et à 1 al>aissement de la mer ; les grandes îles et les continents sont également sujets à ce double mouvement, qui se manifeste indifféremment à l'égard de grandes et de petites étendues de terrain. Ainsi, par exemple, on a vu quelquefois des habitations et des ▼ilies entières, telles que Bure, «Byzona et plusieurs autres, être englouties par des tremblements de terre.
Ailleurs, en faisant allusion à cette tradition que la Sicile a été séparée de l'Italie par une cause violente, le savant géographe observe que depuis que dans ces régions le feu, les matières ignées et l'eau ont trouvé des orifices qui leur servent d'issue, le sol voisin de la mer n'est que très-rarement ébranlé par des secousses souterraines ; tandis qu'autrefois, lorsaue les volcans de l'Etna, des lies de Lipari, d Ischia et plusieurs autres, n'a- Taieiit point encore d'ouvertures, le feu et Tair comprimés devaient, suivant toute probabilité, produire des effets bien plus violents (390). Ce passage de Strabon nous prouve que ce n*est pas une doctrine nou- Telle que celle qui porte à considérer les volcans comme des soupapes de sûreté, et à croire que les convulsions souterraines, qui précèdent ou accompagnent les premières éruptions d'un volcan, sont incoraparableinent plus terribles que celles qui peuvent avoir lieu lorsqu'une fois les orifices de ce même volcan sont bien établis.
(388; Quod enim hce atlollitur, aut subiidH et tel ittumàat quœdam loea, tel ab tîs recedit^ ejus rei causa non est, auod alla alii$ sala humiliora tint aut altiora; ied quod idem solum modo altoUiiur, modo cfeprimiiHr; êimulqueetiam modoaUolliiur, modo deprimitur mare; itaque tel exundat vd in huum redit locum, Postea, p. 88. Re$iat, ut cau$am adscribamus solo, éite quod mari iube$t, site quod inundalur; potiut tamen ci quod mari iubeêL Hoc enim multo e$t mo-
Un autre pa^sajjc 'Ju nic>mc auteur f391J nous apprend qu il clnît de dogme punni les druides , (|ue l'univers est iiiniiorlol, et destiné h survivre h des catastrophes occasionnées par l'eau et |)ar le feu. On ne saurait douter que cette doctrine, ainsi que la nlupart des connaissances que possédaient les prêtres de la Gaule, ne leur aient été transmises par leu peuples de rOrienl. César dit qu'ils faisaient u.^^age de lettres grecques dans leurs calculs arilnmétiques (392).
Ce philosophe n'avait point u'opinions théoriques, à lui personnelles, touchant les changements qui s'accomplissent à la surface de la terre. Sur ce sujet, comme sur tous ceux dont il a fait mention dans se» ouvrages, il s'est borné àiouer le simple rôle de compilateur), ne se oonnant pas plus la peine de discuter les faits qu'il a rapportés, que de les citer avec ordre. Toutefois, l'énumération mi'il nous a laissée des lies nouvelles qui s étaient formées dans la Mé^ diterranée, ainsi que de plusieurs autres révolutions naturelles, montre que les anciens avaient su observer leschangemenls qui, de mémoire d'homme, s'étaient pro* duits à la surface du globe.
Telles semblent être les opinions qui, avant l'ère chrétienne , prévalaient à l'égard des révolutions anciennes de notre planète. Quoique aucune recherche particulière n'eût été faite dans le but exprès d'interpréter les vesti|jes des changements [ assés, ces vestiges étaient trop évidents, trop palpables , pour qu'il pût être possible de ne point les remarquer; de plus, l'observation des phénomènes présentait trop de preuves des changements continuels qui s'opèrent sur la terre , pour qu'il fût permis aux philosophes de ^croire que la nature était dans un état de repos, ou que la surface du globe n'avait jamais subi et ne subirait jamais de changements. Mais ces mêmes observateurs n'avaient pas comparé attentivement les résultats des actions destructrices et reproductrices des temps modernes, avec les résultats des causes qui agirent dans les temps anciens; ils ne s'étaient même jamais avancés jusqu'à faire la moindre conjecture sur l'ancienneté relative soit delà race humaine, soit des espèces d'animaux et do plantes qui vivaient de leur temps, et des espèces qui avaient appartenu a l'ancien monde organique. A grands frais d'application et de travail , ils étudièrent les mouvements et les positions des corps célestes , et acquirent quelques connaissances sur les trois règnes de la nature; mais l'histoire ancienne du çlobe, quoique écrite en caractères aussi frappants qu'imposants, était restée pour eux comme un livre
biliut, et qnod ob humiditalem celeriu$ mutari oossil. (Strahoh, CeQrg.^eû'ii, Aimelov.; Anist. 1707; lib. i.) (389) Eruvtiotu volcaniques , eruptionee fiatnum p dans la traduction latine, et dans reriginal fti-ee «va^joiQuaTa , éniDtions ga/.fusos? un boui'soufY&umeius ue terre? (Ibid., p. 95.)
(590) Strabon, lib. vi, p. 590.
(591) Strabon, liv. iv.
(593) SiRABO.fy liv, \i, cliap. 15
DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
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scellé dont ils ignoraient jusqu'à Texistence.
Après la liécatience de l'empire romain , la culture des sciences physiques fut remise en rigueur avec quelque succès par les Sarrasins, vers le milieu du viii* siècle de notre ère. A cette époque , les ouvrages des auteurs classiques les plus célèbres s'achetaient à grands frais des Chrétiens, et étaient traduits en arabe; en même temps que, d'un autre côté, AUMamoun, fils du fameux Haroun-Al-Raschid , contemporain de Charlemagne, recevait à sa coiir de Bagdad, avec les marques de la plus flaltcuse distinction» les astronomes et tous les savants étrangers qui s'y présentaient. Ce calife et plusieurs de ses successeurs trouvèrent beaucoup d'opposition et de jalousie de la part des docteurs de la loi mahométane, qui voulaient que les musulmans bornassent leurs études au Koran, redoutant les effets que pouvaient produire le ^oût trop généralement répandu des sciences physiques (393).
Presque tous les ouvrases des anciens écrivains arabes sont perdus. Parmi ceux du X' siècle, dont quelques-uns ont été conservés , nous citerons un petit traité d'Avicenne le physicien , « sur la formation et la classification des minéraux, » ouvrage dans lequel cet auteur a fait preuve d'un talent inconstestable. Son second chapitre , Sur la came des montagnes j est surtout très-digne de remarque. Les montagnes , dit-il, sont dues, les unes à des causes essentielles, et les autres, à des causes accidentelles.
Comme exemple de causes essentielles, il cite les Iremblemenis de terre violents f par lesquels le sol se trouve soulevé et change en montagnes. Quant aux causes accidentelles , la principale est l'excavation produite par l'eau, — phénomène qui, en donnant heu à des cavités , rend saillants les terrains environnants, et en fait des éminences (3%).
Ce fut dans le même siècle qu'Omar, surnommé El Aalem^ ou le Savant^ écrivit sur La Retraite de la Mer. Cet auteur parait s'être assuré, par la comparaison des cartes de son temps avec celles des astronomes indiens et persans, faites deux mille ans auparavant, que, depuis les temps historiques, des changements considérables avaient eu lieu dans Ta configuration des côtes dé l'Asie; il trouva qu'à certaines époques anciennes la mer avait été plus étenaue. Une autre circonstance, le grand nombre de sources et
(593| Mod, Univ. l/tsi., vol. 11, eh. 4, sect. 3.
(394) Mantes quandotfue fiunt ex causa essentiati , ifuandoque ex causa acctdentali. Ex essentiati catuci, ut ex vehementi motu terne elevatur terra, et fit mow. Accidentali^ etc. (De cowjelatione lapidum. Ed. Ge- DANi ; 4682.)
(595) Von HoFF Ge$chuhte der Veràndenigen der Krdoberftàcke^ vol. 1*% p. 406 , que cite Delisle, bey llismanii Weil^und VolkergeicidUe ^ alte GeschUn ter theil, s. 234.
(396) Les persécutions srabes relatives à des tlo^mes hérétiques, en matière de théologie, êiiient souvent trés-sauguinaifes. Dans le temps où la science jouissait de la plus haiite estime, la» mabométans étaient divisés en deux sectes*
de marais salais répandus dans l'intérieur de l'Asie, vint encore le confirmer dans cette opinion. En des temps plus récents, Fallas tira de ce phénomène la même conséquence.
M. de Hoff a suegéré l'idée, extrêmement probable, oue ce nirent les changements de niveau de la mer Caspienne (dont plusieurs, vraisemblablement, ont eu lieu dans les temps historiques), et les dispositions géolofçiques du district où elle est située, qui, en indiquant oue cette mer avait abandonné son ancien lit, conduisirent Omar à sa théorie de la retraite générale de la mer (395). Toutefois, quelles qu'aient pu être les preuves sur lesquelles reposait son système, il fut déclaré en opposition avec certains passages du Koran ; et l'auteur, sommé de uiire publiquement la rétractation de ses erreurs, s*exila volontairement de Saniarcande, pour se soustraire à la persécution (396).
Les opinions cosmologiques exprimées dans le Koran étant fort peu nombreuses, et ne se trouvant, d'ailleurs, introduites dans ce livre que d'une manière tout à fait incidente, il serait assez difficile de comprendre comment elles auraient pu jouer un rèle aussi imporfant dans une discussion relative aux révolutions anciennes du globe. Le nrophète déclare que la terre fut créée en (Jeux lours, et qu'aussitôt sa création accomplie les montagnes furent placées à sa surface; que, durant ces deux lours et deux autres encore, les habitants destinés à la peupler recurent l'existence; et qu'en deux nouveaux jours, enfin, les sept cieux furent créés à leur tour (397). Le Koran n'ajoute aucun autre détail au sujet de la création, et s'exprime d'une manière tout aussi brè^e en parlant du déluge, à Toccasion duquel il dit que les eaux s'échappèrent d'un four (fable bizarre, que l'on suppose avoir été empruntée aux maçes persans, qui représentaient les eaux diluviales comme sortant du four d'une vieille femme (398); que tous les hommes, à l'exception de Noé et de sa famille, furent noyés; mais que Dieu avant dit ensuite : -c O terre, engloutis tes -eaux; el toi, ciel, reliens tes pluies I » les eaux diminuèrent à l'instant (399).
Nous pouvons supposer qu'Omar a représenté l'abandon de la terre par la mer, comme ayant été graduel, et que son hypothèse exigeait, pour l'accomplissement de la retraite des eaux, un plus Krand nombre dô siècles que n'en admettait la croyance musulmane;
Tune soutenait que le Koran était incrëé , et araii subsisté en Dieu même de toute éternité; FauUv, dite U secte des motazalites, tout en admettant que le Koran était d'institution divine , n<; faisait dater son origine que du moment où il avait été révèle an prophète à la Mecque , et accusait ses adversaires» de croire à deux êtres éternels. Les opinions de cbacune de ces sectes furent admîsea par différents califes successivement ; et Ton vit quelquefois leor; partisans respectifs, mieux aimer perdre la lèle« ou mourir sou4 le fouet, q\^ Je renoncer k leur croyance. (Mod. Univ. Iftst., vol. II. ch. 4.
(597) Koran, ch. 41.
(598 Koran. Tradiict. dcSale, ch.ll. (r./diicir.)
(399) Ibid.
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ET DE PALEOXTOLOGiE.
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c:ir on doit conclure du Koran, que Thomme ei la planète qu'il habite furent créés en roéoie tem^; et quoique Mahomet n*ait pas déterminé d'une manière expresse l'ancienneté de la race humaine, H donne cependant une sanction implicite à la chronologie m€»saiqne, par la rénération au'il témoigne pour les patriarches hébreux (M)0).
On oonsenre à la Bibliothèque impériale de Paris, un manuscrit arabe intitulé : Mer^ Teilles de la nature^ dont l'auteur^ Mohammed Kazwini, fl«»rissaitau wif siècle de l'hégire, ou Ters la fin du xiir siècle de notre ère (^1 ). Outre diverses remarques sur les aérolithes, les tremlilements de terre et les changements de position gne la terre et la mer ont éprouvés successivement, il renferme la belle narration suivante que l'auteur met dans la bouche de Kidhz, personnage allégorique.
— Passantunjourparune ville très-ancienne, et prodigieu)$ement peuplée, je demandai à l'un de ses habitants depuis quand eHe était fondée. — « C'est, me répondit-il, une cité
• puissante; mais pour vous dire depuis « combien de temps elle existe, cela m'est
• ak)Solument impossible, et k ce sujet, nos « ancêtres étaient tout aussi ignorants que « nous. » Cina siècles plus tard, je repassai par le même lieu ; n y apercevant aucun vestige de la ville , ie voulus savoir d'un pavsan qui cueillait des herbes sur son ancien emplacement, combien de temps s'était écoulé depuis sa destruction. « Sur ma foi, « dit-il, vous me fiiites-là une question « étrange. Ce terrain n'a jamais été autre
• que ce qu'il est à présent. » — Mais n'y eut-il donc pas anciennement une vaste eité? lui demandai -je encore. « Jamais, ré- « pliçiua-t-il, autant du moins que nous en « puissions juçer par ce que nous avons vu; ^ je vous dirai même que jamais nos pèies < ne nous en ont encore parlé. ^ Cinq cents autres années après, je revins encore aux mêmes lieux; cette fois, la mer en oecupait ia pUue. Ayant aperçu des pécheurs sur :^es rivages, je leur demandai depuis quand la mer avait envahi ce terrain. « Un homme
• comme vous, dirent-ils, peut-il bire une
• semblable question? Ce lieu a toujours « été tel qu'il est aujourd'hui. » Au t>out de cinq cents nouvelles années, j'y retournai encore. La mer n'^ étant plus, je voulus savoir depuis combien de temps elle s'était retirée. Un homme a qui je le demandai me répondit, comme tons les précédents, c'està-dire, que les choses avaient toujours été ainsi que ie les voyais. Enfin, après un laps de temps éjoii aux précédents, j'y retournai pour la dernière fois, et je trouvai, en place d'un yen désert , une cité florissante, plus peu-
(400) Kossa, g ouTenieor du calife At-MamAd , fut Tmateur d*an lîTre ÎPlitulé : Histoire des Patriarekes et des Prophètet éewiê ta créatiou du wuntde. {Mad, r«ffv. tfûl., Tol. Il, rh. 4.)
(401) Tnuluit Mr MU. Cliexy et île Sacy , ei rite ^r Jf . Elie de Bcaamoot. (Am. des ëciemcet iwir.,
(iOi) Vo§. les extraits des maDuscrits de LéoDard i, lesquels soot acttieUement à la biblîoibéque
pléeet plus riche en monuments somptueux que la première que j'avais vue. Voulant alors connaître la durée de son existence , je m'adressai aux habitants, qui me dirent : « L'origine de cette ville se perd dans la nuit < des temps, nous ignorons cfepuis quand elle c existe, et nos pères, à ce sujet, n'en sa- «^ valent pas plus que nous. »
Ce ne fut guère qu'au commencement du xvr siècle que les phénomènes géologiques commencèrent à fixer l'attention des nations chrétiennes. A cette époque, une controverse des plus vives s'éleva en Italie, au sujet de la nature véritable et de l'origine des coquilles marines et des autres corps organisés fosssiles que l'on trouvait en at)ondance dans les couches de cette contrée. Le célèbre peintre Léonard de Vinci , qui , dans sa jeunesse, avait conçu le plan de plusieurs canaux navigables qu'il exécuta lui- même dans le nord de ritalie, fut un des premiers qui sut appliquer, au sujet en question, un raisonnement logique et sain. Il prétendait que la x^se des nvières avait recouvert l'extérieur et pénétrée l'intérieur des coquilles fossiles, alors que ces corps reposaient au fond de la mer près du rivage, (m assure, disait-il, que ces coquilles furent formées dans les collines par f influence des étoiles , mats s'i7 en fût ainsi jadis^ pourquoi n'en serait-il pas encore de mime aujourahui. Qui fourrait me dire où sont les étoiles formant a Fépoque actuelle dans les collines les coquilles t espèces et d'âges différents quon y trouve. Comment ^ bailleurs, se rendre compte, à Vaidedesétoiles^ de F origine de ce gracier dont les parties n'ont pu être arrondies que par le mouvement de Feau courante, et qu'on rencontre à diverses hauteurs? Comment, enfin, expliquer, par une telle cause, la pétrification des feuilles et des plantes marines que renferment aussi les collines (MS).
Les excavations bites en 1517, à Foecasioa des travaux qu'on exécutait à Vérone, mirent au jour une multitude de pétrifications curieuses, et donnèrent lieu aux spéculations de divers auteurs, parmi lesquels nous citerons, entre autres, Fracastoro (M3). Celuici déclara que, dans son opinion, les co-
auilles fossiles avaient toutes appartenu à es êtres vivants, lesquels vécurent jadis, et multiplièrent là où se trouvaient alors leurs dépouilles. Il démontra combien, pour expliquer l'origine de ces fossiles, il était absurde de recourir à une cerisine . force plastique, douée, disait-on, du pouvoir do donner aux pierres des formes organiques. Fracastoro prouva , à l'aide d'arguments non moins puissants, qu'il était tout aussi peu sensé d attribuer la situation des coquilles en
de riiistltutde France. Ces eitraits, des k Yentori, ne sont pas mentionnés par Broccbi; c*est M. Hallain qui, le premier, a fixé sur eux ratteniioii. Léonanl de Vinci mourut en 1519.
(4«S) Mmsimm eeleM. Vagst le DiMeemn de ftw* elii tur les nrogrèt de Fétedede la emttkgHologk fossile en Italie. Dans ce discours, qneliioes-mies des notices sur les auteurs iuliens ont plus d'étendue que je n'ai pu leur en donner ici.
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DrCTlONNAIRE DE COSMOGONIE
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quostionau ddluge biblique, ainsi que quelques-uns soutenaient obstinément qu'on devait le faire; car, disait-il, outre que celte inondation fut de trop courte durée pour produire' le déplacement de ces corps , on doit remarquer aussi qu'elle fut occasionnée presaue entièrement par des eaux fluviales. D un autre côté, en admettant même que l'inondation eût été capable de transporter les coquilles à de grandes distances , elle n'aurait pu que les disséminer sur la surface du sol , et non les ensevelir à d'immenses profondeurs dans l'intérieur des montagnes.
Rendus aussi évidents , de tels faits eussent mis un pour toujours à la discussion , si les passions humaines ne se fussent trouvées engagées dans la dispute; car, bien que quelques doutes restassent encore dans certains esprits, il est probable que bientôt ils auraient disparu en présence des découvertes nouvelles faites peu de temps après, sur la structure des fossiles et de leurs analogues vivants.
Mais , bien loin d'accorder aux idées aussi îusles que philosophiques de Fracastoro, l'attention qu'elles m -ntaient, tout le talent et la force de raisonnement des savants ne furent, durant trois siècles, employés qu'à discuter ces deux questions préliminaires et toutes simples, savoir : si les fossiles avaient appartenu à des êtres vivants ; et si , une fois cette circonstance admise, tous les phénomènes ne pouvaient pas s'expliquer par le déluge de Noé. Jusqu'alors, il avait été de croyance générale, dans le monde chrétien, que l'origine de la terre remontait seulement à quelques milliers d'années, et que , depuis la création , le déluge était l'u* nique catastrophe qui eût produit quelque changement considérable a ia surface du globe. D'une autre part, l'opinion que la conflagration de notre planète devait avoir lieu bientôt était presque aussi généralement répandue. Cependant l'époque du millénaire attendu se nassa sans catastrophe. Il semble que, dès lors, il n'eût plus dû en être question que pour rire aux dépens de c^ux dont la crédulité se trouvait si heureusement trompée.
Bien qu'au xvi* siècle il devint nécessaire d'interpréter plus largement les prophéties, et d assigner à la conflagration du monde une date plus éloignée, les spéculations des premiers géologues n'en renferment pas moins une allusion constante à l'accomplissement prochain d'une telle catastrophe. Quant à ce qui regarde l'ancienneté du globe , les opinions des siècles d'içnorance se maintinrent également à cette époque, sans la moindre modiflcation. Aussi, lorsque plus tard on voulut entreprendre de* détruire, par des preuves physiques, un article de foi si généralement accrédité , une alarme très-vive s'empara de tous les esprits, et il ne fallut rion moins que la tolérance et la franchise qui régnaient parmi le riergé italien, pour. qu il fût permis de débattre ce sujet en toute liberté. Les prêtres eux-
(404) De Foêsilib., p 109 et 176.
mêmes prirent chaudement parti dans la controverse ; les uns se prononcent pour tel côté de la question, et les autres pour tel autre. Tout en regrettant vivement le temps et le talent qui, dans cette circonstance, furent consacrés à la défense de principes insoutenal)les , on ne peut s'empêcher de rendre justice au peu d'acrimonie qu'entraîna cette polémique, comparativement à celle
3ui se maniresta dans les disputes que, eux siècles et demi plus tard, on vit éclater, de ce côté-ci des Alpes ^ parmi certains écrivains.
Le système de disputes scolastiques, encouragé dans les universités du moyen Age, avait non-seulement conduit à des habitudes d'interminables ai*guties, mais en était même venu jusqu'à produire ce dangereux effet que souvent des propositions absurdes et extravagantes se trouvaient préférées à des idées raisonnables et justes, par cela seul qu'elles exigeaient plus de talent pour être soutenues ; le but de ces combats intellectuels était la victoire et non la vérité. 11 n'y avait pas une seule théorie, quelque subtile et bizarre qu'elle fût, qui n'eût ses partisans, pourvu toutefois qu'on pût la rapporter à quelque idée populaire; et comme dans la création de leurs systèmes, les cosmogonistes ne s*en tenaient pas à l'action des causes connues, les adversaires de Fracastoro combattirent ses argiiments en supposant des causes imaginaires, lesquelles aififéraient les unes des autres bien plus de nom que de fait. Ainsi, par exemple, Andréa Mattioli, célèbre botaniste qui expliqua Dioscorides, adopta cette opinion de l'habile mineur allemand, Agricola, qu'une certaine « matière grasse, materia pitiguis^ » mise en fermentation par la chaleur, donnait naissance à des formes organiques fossiles. D'après ses propres observations, Mattioli^ cependant, en était venu à conclure que le« corps poreux, tels que les os et lescoquitle^f pouvaient, comme étant perméables à C9 qu'il appelait le suc lapidtfiani^ être transformés en pierre. D'un autre côté, Falloppiode Padoue imagina que les coquilles pétrifiées étaient produites par la fermentation, dans les lieux mêmes oii on les trouve, et que dans certains cas, leurs formes résultaient des mouvements tumultueux des exhalaisons terrestres. Tout célèbre analomiste qu'il était, il soutint que certaines défenses d'éléphants que, de son temps, on avait trouvées dans la Fouille, n'étaient autre chose que des concrétions terrestres. Suivant toujours ces mêmes principes, il alla jusqu'à considérer les vases du Monte Testaceo, à Rome, comme n'étant, très-probablement, que des impressions naturelles S li s'étaient formées dans le sein de la terre ^ OW. Animé du même esprit, Mercati prétenclit que les coquilles fossiles conservées par le pape Sixte V dans le musée du Vatican, et dont, en 1574, il avait publié des figures très-exactes, n'étaient tout simple^
Ci»
ET m: PAL£OMOLOCI£.
meotqoedef pierres dont la configuration particulière devait être attribuée à i*influencedes corps célestes. Quant à Olivier de Crémone* à qui ^st due la description des débris fossiles d'un riche musée de Vérone, il se borna k considérer ces corps eomme de simples « jeux de la nature. »
Parmi les conceptions bizarres de ces temps, quelaues-unes furent jugées moins déraisonnables que les autres, en cela qu'elles offraient des rapports avec la théorie de la génération spontanée d'Aristote, enseignée alors dans toutes les écoles (405) . On conçoit, en effet, que des hommes imbus dès leur première jeunesse de Tidée que la plupart des plantes et des animaux vivants avaient été formés par le concours fortuit d'un certain nombre d'atomes, ou qu'ils avaient puisé la vie dans la matière organique corrompue, pouvaient facilement se persuader que les formes organiques, sou- Tent mal conservées qui se rencontrent dans l'intérieur des roches, devaient leur existence à des causes également obscures et mystérieuses.
Ce siècle, toutefois, ne fut pas entièrement dépourvu d'auteurs professant des opinions plus rationnelles et plus graves .que celles oui viennent d'être exposées. Un ouvrage ue Cardan, publié en 1552, et dont le titre, Ih mbUlUate^ correspond k ce que de nos jours on appellerait ptiilosophie transcendante, devait naturellement nous donner à penser qu'au chapitre des minéraux se iton^ Teraient plusieurs théories subtiles, la subtilité étant le type caractéristique de presque toutes les doctrines d'alors. Néanmoins , qnand 1 auteur en vient à traiter des coquilles pétrifiées, il n'hésite pas à déclarer qu'elles Indiqumt d'une manière évidente 1 ancien séjour de la mer sur les montagnes (U)6).
Cesalpioo, botaniste célèbre , pensait que les coquilles fossiles avaient été anandonnées sur les continents lors de la retraite de la mer, et que leur pétrification s'était opérée durant la solidification du sol (i07). L'année suivante, 1587, Simeone Majoli (i06), dont les idées cc»uicidaient pour la plupart avec celles de Cesalpioo , alla plus loin encore. Il prétendit qu'il n'y aurait rien d'impossible à ce que les couuilles et autres substances sous-marines au Véronais et de quelques aalros districts , eussent été vomies sur la terre par des explosions volcaniques , telles que celles oui, en 1538, donnèrent naissance au Monte-Nuovo, près d<^ Pouzzole. C'est cette supposition qui semble avoir servi de base aux théories de Uooke, de Lazzaro lloro, de Hutton et de plusieurs autres écrivains qui, plus tard, cherchèrent aussi à établir des rapports entre l'action des volcans et les gisements des coquilles fossiles.
Deamns après, Imperati se déclara en faveur de l'origine animale de ces corps ; mais en admettant toutefois la possibilité de la
(466) AaiSTon, Trmîé de$ ammaux^ chap. 1 et 15. (405) Baoccei, Con. fou. êubmp.^ Di$c^ «ai progrrsn, vol. I", p. 57.
(iOT; Dt nutallicië.
végétation des pierres, phénomène qn*il expliquait par la force « d'un princiiM» intérieur, » à l'appui duquel il citait les dents de poissons et les épines d'échinides que Ton avait trouvées à 1 état de pétrification (409).
Palissy, écrivain français, publia divers ouvrages scientifiques.il traita, entre autres, de « 1 origine des sources attribuées à l'ean de pluie, » et entreprit, en 1580, de combattre les idées répandues en Italie par plusieurs de ses contemporains, au sujet des coquilles fossiles que ceux-ci supposaient avoir été, toutes sans exception, déposées par le déluge universel. // fui le premier^ dit Fonteneile un siècle et demi plus tard, en parlant de lui dans VHistoire de f Académie des sciences^ qui osa tou/entr, à Pariê^ que le§ debrii fossiles des testacés et des poissons avaient jadis appartenu à des animaux marins.
Comme ce serait une tâche aussi inutile que fiistidieuse d'énumerer la multitude d'écrivains italiens qui, vers le commencement du xvii* siècle, avancèrent des hypothèses toutes plus fantastiques les unes que les autres, nous nous abstiendrons d'en parler; nous ne ferons d'exception qu'en faveur de Fabio Colonna qui, seul, mérite d'être distingué de la foule; car, bien qu'il s'abandonnât au dogme qui rapporte au déluge do Noé l'origine de tous les débris fossiles, il sut résister à l'absurdd théorie de Stelluti, et ne pas admettre que le bois fossile et les ammonites n'étaient autre cbase que de l'argile dont les formes avaient été déterminées par des eaux sulfureuses et par la chaleur souterraine du globe. Fabio Colonna indiqua les différents états des coquilles fossiles, établissant entre elles les distinctions suivantes : savoir, 1* la simple empreinte; 2* le moule, et 3* les débris de la coquille ellemême. C'est à lui aussi aue revient le mérite d'avoir, le premier, aémontré que parmi les fossiles, tous n'ont pas appartenu a des testacés marins, et que quelques-uns pro« viennent de testacés terrestres (ilO).
De tous les ouvrages publiés à cette é|)oque, le plus remarquable fut celui de Sténon, savant Danois, qui,après avoir professé quelque tem|»s l'anatoroie à Padoue, alla è la cour du grand duc de Toscane, où il résida plusieurs années. Son traité porte le titre pompeux de De solido intra solidum «lo/uratiter contento (16C9), titre qui, pour bien rendre Tintention de l'auteur, peut se traduire ainsi : Sur les pierres précieuses^ les cristaux et les pétrifications organiques renfermés dans les roches solides. Cet ouvrage atteste la priorité de l'école italienne<fansles recherches géologiques, el signale en même temps les obstacles puissants qui, dans ce siècle, furent opposés a l'admission générale des idées propres k favoriser les progrès de la science. Tous ceux qui ne pouvaient se résigner à croire qu'avant la formation d'une grande partie des montagnes qui recouTrent
(408) iHes canicutares,
(409) Staria nantële.
(410) 0$éerv. tugli mnimali aquat. e unest.; itf26.
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globe, la terre pût avoir été habitée par des èlres vivants, maintenaient l*opinion qjic les coquilles fossiles et les autres corps marins n*étaient pas d'origine animale. Ce fut h l'occasion de cette controverse que iSlénon, ayant disséqué un requin qu on venait de prendre dans la Méditerranée, prouva que ses dents et ses os étaient identiques avec ceux de plusieurs fossiles trouvés en Toscane. Il compara aussi les coquilles qui avaient été découvertes dans les couches dTtalie aux espèces analogues vivantes, signala leur ressemblance , et indiqua les nuances diverses qui distinguaient dès coquilles simplement calcinées, ou qui n'avaient perdu que leur gluten animal, de celles dans lesquelles s'était opérée une substitution complète de matière pierreuse. Dans sa division des masses minérales, il insista beaucoup sur l'origine secondaire des dépôts qui renferment des dépouilles d'animaux ou iles fragments de roches anciennes.il établit une distinction entre les formations d'origine marine et les formations d'origine fluviale, in Jiï|uanl, comme moyen de reconnaître ces dernière^, les graines, les herbes, ou même ies troncs et les branches d'arbres que souvent elles renferraent.il se prononça aussi en faveur de l'horizontalité primitive desdépôts sédimentaires, dont il attrihuait| la position actuellement inclinée ou verticale, tantôt à quelque dégagement devap^rs souterraines capable de soulever de bas en haut la croûte de la terre, et tantôt à l'affaissement de certaines masses solides reposant sur des cavités souterraines.
Sténon prétendit être à même de prouver que la Toscane devait avoir eu successivement six conQgurations distinctes, ayant été deux fois couverte entièrement par l'eau, mise à sec deux fois , avec un niveau uniforme, et deux fois enfin avec une surface inégale et irrégulière (411). II fit tous ses efforts pour concilier avec l'Ecriture sainte ses nouvelles idées, et ce fut dans ce but
2u'il signala certaines roches comme ayant té formées avant l'existence de toute espèce d'animaux et de plantes. Malheureusement il choisit pour exemple de ces roches certaines formations calcaires et de grès de son propre pays, lesquelles renfermant, ainsi qu'on Ta reconnu depuis, quelques débris d'animaux et de plantes, ne peuvent pas môme être rangées parmi les couches les plus anciennes des séries secondaires. Sténon chercha à faire entendre que Moïse, en disant que les eaux du déluge avaient couvert le sommet des montagnes les pi js élevées, n'entendait parler que des plus hautes collines existantes alors, lesquelles ne pou^ valent avoir une élévation bien grande. D'après sa supposition, les eaux diluviennes provenaient de l'intérieur de la terre où elles
(41 i ) Sex Uaque dUtvietas Etruriœ faciès aanoscimus autnbû fluida^ bh plana et stcca, bis asperafuent, elc.
(412) Scilla cite la remarque de Cieéron à Toceasîon d'une certaine pierre trouvée dans File de CUiio, laquelle, suivant la tradition, ajrant été séparée eu deux parties, présenta la tète de Paniscus en
s'étaient réfugiées, lorsque, orianaireiBent, la séparation de la terre et de la mer s*éiait opérée. De telles hypothèses n'étaient certes pas faites pour ajouter au mérite du traité de Sténon ; loin de là, au contraire, elles ne pouvaient que diminuer l'autorité de filles de ses -opinions qui étaient basées sur des déductions justes et rigoureuses des faits et de l'observation. Dans ces derniers temps, néanmoins, elles ont servi de germe à diverses théories populaires; revêluesdelongs développements, elles ont été reproduites et présentées comme des idées nouvelles par plusieurs de nos contemporains.
Scilla, peintre sicilien, publia, en 1670, un traité latin sur les fossiles de la Cal(d)re, accompagné de très-bonnes gravures. Cet ouvrage offre la preuve de 1 influence prolongée que conservent d'ordinaire les dogmos souvent réfutés; car c'est surtout contre l'incrédulité obstinée des naturalistes, à réganl de la nature organique des coqnilles fossiles, que l'auteur dirige les plus habiles ressources de son esprit et de son élomieoce Iki^). De même que plusieurs naturalistes célèbres de son temps, Scilla s'abandonna à la croyance populaire que toutes lescoquiiln fossiles étaient en même temps les effets et tes preuves du déluge biblique. £n professant cette opinion, était-il entièrement de iionne foi ? Il est permis d'en douter. Quant h plusieurs de ses contemporains qui suivirent la même voie que lui, bien que leur manque de sincérité fût complètement avéré, ils mirent tant d'empressement à déraciner les idées généralement admises à l'égard de la nature des fossiles organisés, qu'on les au* rait crus volontiers disposés à faire toutes les concessions possibles pour fixer invariablement l'opinion sur ce point. Ces transactions étaient peu éclairées; il ne serrait pour ain^i dire à rien que la nature des documents fût enfin bien comprise, si les hooinies n'avaient pas la liberté d'en drerdes conséquences exactes.
Los théologiens italiens , allemands, français et anglais, qui, à cette époque, eth trèrent dans Ta lice, étaient en si grand nombre, qu'il serait trop long d'en faire rénumération ; €[uant à ceux oui refusèrent d'adopter l'opinion que tous les débris or-
Saniques marins étaient autant de preuves u déluge biblique , ils furent , dès ce inoment, exposés à l'accusation de ne ries croire des saintes Écritures.
Plus d'un siècle s'était écoulé depuis Fracastoro ; et à peine pendant ce temps toot employé à propager la croyance qoe les fossiles organises n'étaient que de simples jeux de la nature, de faibles efforts avaientils été faits pour se rapprocher d'une saine théorie. Une nouvelle période d'un siècle et demi fut ensuite perdue à consacrer rbjp
rdtef. — Je veux bien croire^ dît Torateur, (pu «(" figure j90uvail avoir quelque ressemblance avec P<'^ eus ; maiê je n'admetêrai jamais qns eetu rtuntblance fût telle qu^on pKl aUribuer au ciseau de Setpas la tête en question; carie hasard nlmUijeubU parfaitement (a vérilé.
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ET DE PALEONTOLOG!R
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Ihèse mise en avant |iar ceux qui prélcn* daient que renfouissement de tous les corps ùrgmisés dans les couches solides était rœuTre du déluge de Noé. Jamais , dans aucune branche delà science, illusion théorique ne se mêla plus sérieusement à Tobserration exacte et à la classiGcation systématique des. faits. Les progrès rapides de la .fëologie, dans ces derniers temps , doivent mre particulièrement attribués à la détermination précise de Tordre de succession des masses minérales, établie à Faide de la régularité de leur superposition etde la nature des différents eor^^oi^aniques qu'elles renferment. Toutefois, loin de vouloir reconnaître la moindre distinction dans Tensembledes couches, les vieux partisans de la théorie diluvienne étaient portés, au contraire, d'après leur système, à confondre les divers groupes de strates, à rap|)orter tous les phénomènes à une cause unique, et à une seule époque, de très-courte durée, plutôt que de les attribuer à un certain nombre de causes dont Taction se serait continuée pendant une longue suite de périodes. Ils ne voyaient les phénomènes que comme ils voulaient les voir, tantôt déûgurant les faits, et tantôt déduisant de données correctes de fausses conséquences. De nos jours, par bonheur, les choses ont changé de face ; le vaisseau confié à noire direction n*ayant plus besoin, |)our avancer, de lutter contre un courant contraire, un très-petit nombre d^années suflirait, à présent, pour faire faire autant de progrès à la science que, sous rinfluence despréjugésaueuous venons de signaler, elle en fit, dans respacede trois siècle.
. En suivant Thistoire de la géologie, le lectenr doit s*attendre à voir, depuis la fin du .xra' siècle jusqu'à la fin du xviii*, la 5cieoce marcher aussi souvent en sens réirograde qu*en sens progressif. Dans celte revue, il devra s'appliquer à remarquer les retours fréquents à des erreurs plusieurs fois combattues, et l'abandon de certaines opinions aussi judicieuses que saîoes pour des idées de la dernière absurdité. Souvent aussi il aura à s'arrêter soit sur une argumentation futile , soit sur une lijpothèse cliimérique, non à raison de riatérét que de tels sujets offriront par euxméfnes, mais à cause que plusieurs des systiètnes les plus extravagants ont été imaginés ou contestés par des hommes d*un talent reconnu. En un mot, l'esquisse des progrès de la géologie n'est autre chose que l^isfoire aune lutte perpétuelle et violente entre des opinions nouvelles et des doctrines anciennes, qui , sanctionnées par la foi implicite de plusieurs générations,
(413) De testmceU fouitibus Mut. Septalumt,
(414) Les opinions de Boyie, aaïquelles Quirini bit aflasion ici, avaient élé publiées quelques années aoparavam dans un petit article intitulé Sur le fond d€ la airr. D'après des renseignements obtenus des pécbenrs de perles, Bo}1e conclut que lorsque les Tabacs sont à sîi on sept pieds de liauieoraunlcssus de l'caa^oo n*âperçoit pas le moindre signe d^agita-
soiit censées reposiT sur lautorilé des staintes Écritures. Quoique oflfrant le plus grand intérêt pour auiconque se livre à l'étude de la philosopnie de Tesprit humain, cet examen, toutefois, ne saurait suffire à celui qui, dans Tétude des sciences physi* ques, aspire à trouver des vérités.
Eu 1676 (Vi3), Quirini soutint , contrairement à l'opinion de Scilla, que les eaux du déluge ne pouvaient avoir transporté des cor{>s pesants sur le sommet des montagnes, l'agitation de la mer ne s'étant iamais (ainsi que Boyle l'avait démontré)* étendue à de grandes profondeurs (Vi4j; il nia, de plus, que les testacés eussent pu vivre, comme quelques-uns le prétendaient, dans ces eaux diluviennes ; car, outre, disait-il, que « l'inondation fut de courte durée, les grandes pluies anéantirent la salure de la mer. s Quirini fut le premier écrivain qui se hasarda à soutenir une opinion contraire à celle qui faisait du déluge de Noé un cataclysme uni* verset. Quant à la nature des coquilles pétrifiées, il pensait que, puisque ûi^s molécules solides se réunissaient dans la- mer four former les coquilles des mollusques, le même mode de cristallisation pouvait tout aussi bien se produire sur la terre. Pour expliquer ce dernier cas, il supposait que les germes des animaux avaient pu être disséminés dans la substance dont sont formées les roches, puis développée par l'humidité. Toute chimérique qu'elle était, celte doctrine, par cela seul qu'elle refusait d'admettre l'explication, donnée {lar la théorie diluvienne, de la position des corps fossiles, ne laissa pas d'avoir de nombreux partisans, môme parmi les raisonneurs les plus graves de l'Italie et de l'Allemagne.
A cette époque, la doctrine par suite de laquelle les coquilles fossiles étaient considérées comme n'ayant jamais appartt^nu à de véritables animaux, se soutenait encore en Angleterre, où celte question ne commença que beaucoup plus tard à être agitée. Le docteur Plot, dans son Hhtoire naturelle de rOxfordêhire (1677), attribua l'origine des coquilles et des poissons fossiles à une reriu
Îlasttque latente^ propre à la terre. En 1678, ister ajouta, sous la dénomination de pierres turbinées et bivalves^ les espères fossiles aux coquilles de la Grande-Bretagne, sur les-
Suelles il avait fait précédemment un travail ^une exactitude remarquable. « Que ces pierres, dit-il, soient ou ne soient pas d'origine terrestre, \es animaux qu'elles repré* sentent si fidèlement n'en sont pas pioins des animaux perdus. » Cet auteur paraît avoir élé le première signaler la longue continuité des principaux croupes de strates que renferment les séries britanniques, et h pro-
tion il qui.ize brasses de profondeur; et que, même par un veut fort, le mouvement de Peau diiniiiue, prodigieusemeal à la profondeur de douze à quinze pieds. Ce fni aussi a la même source que Boyle puisa ses i n for lua: ions au sujet de Teiistence des courants, qui, à des pr(/ron<!eurs diverses, suivent des directions opposées. ((E'vrr<'stf«fioj^/f,ToL lit, p. 110; Londres, I744.J
?l. DE GOSXOGONIB ET DE PaLEOHTOLOGIE.
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poser la construction de cartes géologiques régulières (^15).
Ce fut en 1680 que Leihnitz, célèbre mathématicien allemand, publia, sous le titre de Protogœa, sa théorie de la formation de la terre. II pensait que le globe, à Torigine, avait été une masse lumineuse brûlante qui, de[)uis sa création, s'était constamment refroidie; que lorsque la croûte extérieure de ce globe eut perdu suflisammcnt desa chaleur, pour que la condensation des vapeurs pût avoir heu, ces vapeurs avaient formé, en tombant, un océan immense, lequel avait couvert îe sommet des plus hautes montagnes, et entouré la terre de toutes parts. Il supnosaitaussi qu*cn passant de Tétat de fusion à 1 état solide, la croûte avait dû prendre une structure vésiculeuse et caverneuse, et que les déchirures qui s'y étaient faites en plusieurs endroits, ayant permis à l'eau de se précipiter dans les cavités souterraines, il s'en était suivi l'abaissement du niveau de l'océan primitif. C'est à la rupture de ces vastes cavernes qu'ont été attribués la dislocation et le dérangement des couches, dont Sténon avait fait mention, ainsi que les mouvements violents qu'éprouvèrent les eaux supérieures, et les inondations considérables qui résultèrent de ces grands mouvements. Après avoir été ainsi agitées, les eaux, dans les intervalles de tranquillité qui suivirent, déposèrent les matières sédimentaires qu'elles tenaient en dissolution, et ce furent ces dépôts qui constituèrent les diverses couches de pierre et de terre qui forment Técorce du globe. « On peut donc, dit Leibnitz, attribuer aux masses primitives une double origine ; l'une, due au refroidissement des matières en fusion ; et l'autre à la concrétion résultant d'une solution aaueuse (i!^16). La répétition de ces causes (la rupture de la croûte et les inondations qui s'ensuivaient) donna lieu à la formation de nouvelles couches, lesquelles se succédèrent jusqu'à ce que* les causes en question eussent été réduites à une condition d'équilibre tranquille, et qu'un état de choses plus durable eût été établi (417). »
Les OEuvres posthume» de Robert Hooke^ aussi avantageusement connu comme mathématicien que comme physicien, parurent en 1705. Elles renferment un discours sur les tremblements de terre^ qui, d'après les renseignements fournis par l'éditeur, fut écrit originairement en 1668, mais revu plusieurs fois ensuite (418). Hooke est souvent d'accord avec les meilleure auteurs italiens et anglais qui s'occupèrent de géologie avant
(415) y oyez Texceilente introduction de M. Conyoeare, à Touvrage intitalé : Ouilinet of the geology of Engiand and Wales (E$quis$e$ de la qéologie de l'Angleterre et du pay$ de Callei)^ page li.
^(416) (Inde jam duplex origo ti^telUgilur primo^ rum corporum, «na, cum ab ignis, fusione refrigesce^ rentf altéra^ cum reconcretcerent ex solutione aqua^ tum,
(417) Redeunte mox $imili causa strata subindeatia o/î» imponerentur, et faciès teneri adhucurbis tœpius novata est. Donec quiescentibus causiSj atque œquili^ bratiSf consmenlhr emergerct rerum itatus.-^ Le
lui ; mais rien dans ses ouvrages ne prouve qu'il ait partagé les idée^ hardies de Sténon et de Lister, ou de Woodward, son conlemporain, relativement à l'étendue géographique de certains groupes de couches. Son traité, toutefois, est| à l'égard des causes des chao* gements anciens qui eurent lieu dans les règnes organiques et inorganiquesdelanatur^, l'œuvre la plus philosophique de ce siècle. Quelle trivialy dit-il, que puisse paraître à certaines personnes un objet tel qu une co' quille pourrie^ de pareils monuments de la nature n^en présentent' peut moins des témoignages d'antiquité plus authentiaues que des pièces de monnaies ou des médailles; celles-ci
Îwuvant très-bien^ de même que les livres^ es manuscrits et les inscriptions^ être imitées par Vart et le dessin, ainsi que tous les tik^ vants tiennent aujourd'hui pour certain que cela s'est souvent pratiqué. D'un autre cité, il faut bien convenir que la lecture des archives de la nature et tes travaux nécessaires pour parvenir à en extraire une chronologie, et à établir la durée des périodes pendant lesquelles tels changements et telles catastrophes se sont accomplis, forment une tâche qui, bien qu'elle ne soit pas impossible, est au moins tris'difficile (419).
Quant à Textinction des espèces, Hooke savait fort bien que les nautiles et les ammonites fossiles, ainsi que plusieurs autres coquilles et squelettes fossiles trouvés en Angleterre, appartenaient à des espèces différentes de celles qui étaient aies connues ; mais il mettait en doute que ces premières fussent éteintes, sachant combien, à l'égard de toutes les espèces marines, de celles surtout qui habitent les mers profondes, les connaissances des naturalistes étaient bornées. Cependant, dans quelques parties de ses ouvrages, il semble porté à adopter l'opinion que plusieurs espèces avaient été perdues ; et se livrant à (Quelques considérations sur ce sujet, il va jusçiu'à laisser entendre qu'il pourrait y avoir des rapports entre la disparition de certaines espèces d'animaux et de plantes, et les changements produits par les tremblements de terre qixi se sont manifestés dans les temps anciens. Quelques espèces, observe-l-il avec la plus grande sagacité, sont particulières à certains lieux, et ne se rencontrent pcis ailleurs. Si donc tel ou tel lieu a été englouti, il est assez pro» bable que les êtres animés qui y vivaient, en comptam même des animaua: aériens et aquà' tiques, ont tous été détruits en même temps ; car les corps animés, soit végétaux, soit ani-
rapport fait en 4852 par M. Conybeare, à l assocî»lion britannique sur les progrès de la géologie, renferme une excellente analyse des principes de Leibnilz, exposés dans son Protogœa^
(418) Dans rintervalte de 1688 à 1703, époque de sa moit, il lut à la Société royale dirers Mémotrcs, et prononça plusieurs discours sur des sujets rclKî^ aux fossiles et aux effets produits par les ircnil)leknents de terre*
(419) Œuvres posthumes, ICK^ture du 29 Urriex
6il