‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 82 sur 216 · CED · texte numérisé non relu

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ET DE PALKONTOLOCIE.

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fMiiijr, à la nourriture el à rexisten^e desqueit Fair est nécetsairej ne peuvent manquer a être détruits par Ceau^ etc. (^20). Il ajoute ensuite que les tortues et toutes les çrandes ammonites que Ton troure dans Ttle de Portiand , semblent avoir été engendrées dans des pays beaucoup plus chauds; et il enconclut que jadis TAngieterre a dû séjourner sons les eaux des mers intertropicales! Pour expliquer ce phénomène, ainsi que plusieurs autres du même senre, Uooke s^abandonne à diverses spéculations sur la possibilité de certains changements dans la position de Taxe de rotation de la terre, changements qiril attribue à tm déplacement du centre de gravité^ analogue aux ré- Tolutions du pôle magnétique^ etc. Toutefois, loin d*étre proposées comme dogmes, toutes ces diverses conjectures n'ont, pour aina dire, été mises en avant que dans Tespoir de provoquer de nouvelles recherches et de nouvelles expériences.

Hooke ne craignit pas de se mettre en opposition avec les préjugés de son siècle, en combattant l'étrange idée que la nature n'avait formé des corps fossiles que dans ta rue de produire une imitation du règne mimerai. Il soutint que les pierres figurées étaient, en réalité^ les corps âivers eux-mêmes

Su*elles représentaient y ou les moules pétrifiés e ces corpSy et non, comme quelquesuns Va raient imaginé, un lusus naturœ consistant dans laformation inutile d'êtres sansbut (^21 ). Lorsqu'on objectait à Hooké que sa doctrine de l'extinction des espèces faisait injure à la sagesse et à U puissance du souverain Créateur de toutes choses, il répondait que de même qu'il y a des l>ori]es à la vie des individus, de même aussi il |>eut j avoir une certaine limite à la durée des espèces; que, du reste, ses opinions n'avaient rien de contraire aux saintes Ecritures, puisque dans la Bible il est dit que notre système est en voie de dégénération, et tend à sa dissolution finale; qu'enfin, comme toutes les espèces seraient aétruites quand cette catastrophe aurait lieu, il no lui semblait pas qu'il fût moins d'accord «ree la Sagesse divine qu'elles s'éteignissant successivement, c'est-à-dire les unes dans un temps, et les autres dans un autre, que de s'éteindre toutes dans un même moment (i^). Le but principal de Hooke était d'expliquer comment les coquilles avaient été transportées sur les points les plus élevés

(i90) Œutres posik., p. 327.

lA2i) Œmwêê postk. , kcttiredala fé\rier 1688. Boûke a explique avec une dartéadmirable les divers modes soivant lesquels les substances organiques peavent se lapidifier. Il cite entre autres, à Tappui de soo raisonnenient, les fragments de bois de pal- ■ner stiidiés qui avaient été rappurlés d*Afrique,-et a« sujet desquels M. de La Hire avait lu, en juin Iti92, un Mémoire à rAeadémie royale de France. Dans ee Mémoire éiaieiit signalés, non-senlemeot les udies qui parcouraient le tronc dans toute sa Ion* ^ueor, m^is eneore les racines qui se trouvaient à À'une de ses extrémités. DeLa Hiie^ dit Hooke, traita aussi de certains arbres oui avaient été pétrifiés c la rtvîère qui arrose Baban, ville située dans

des Alpes ^ des Apennins^ des Pyrénées rt dans antérieur des continents en g 'néraK Ces circons!ances, dit-il, et plusieurs autres encore, peuvent avoir été occasionnées iwir dos tremblements de terre, phénomines qui souvent ont transformé des plaines en montagnesy des montagnes en plaines^ des mers en continents et des continents en mers; qui ont donné naissance à des rivières là où il n^en existait pas^ en ont englouti d'autres qui depuis longtemps subsistaient ^etc.^ etc.f et quiy depuis la création du monde ^ ontf en un moty apporté les plus grands changements à la surface de la terre^ et placé les coquilles^ les ossements, les plantes^ les poissons et les autres corps organisés, fossiles, dans' les lieux où, à notre très-grande surprise, nous les trouvons aujourd'hui (iS3). Quoique cette doctrine eût été exposée en termes presque aussi explicites par Strabon, qui s'en était servi pour rendre compte de la présence des coquilles fossiles dans l'intérieur des continents, et quoique Hooke ait souvent emprunté le secours de ce géographe et d'autres auteurs anciens, on ne peut disconvenir, toutefois, que le rétablissement de ce système et les développements qu'il lui donna, n'aient beaucoup contribué auxprogiès de la science moderne.

Hooke fit ]'énuinéra:ion de toutes les convulsions souterraines qui, à sa connaissance, avaient pris place dans les annales de li nature depuis la terrible catastrophe deSo^ dôme et de Gomorrhe, jusqu'au tremblement de terre du Chili de 16^ Selon lui, le soulèvement du fond des mers, ainsi que l'abaissement et la submersion des continents, pouvaient, de même que la plupart des inégalités de la surface du globe, s'expliquer Far l'action de ces causes souterraines. A appui de cette supposition, il cite le soulè-* vementde la côte voisine de >'aples, qui eut lieu durant Véruption du Monte-Nuovo ; et celui du sol de l'Ile Saint-Michel qu'occasionna, en 1591, une autre éruption. H ne fait aucun doute (quoique, dît-il, la chose soit bien plus diflTicile a prouver), qu'il n'y ait eu autant de tremblements de terre dans les divers points du globe situés sous l'Océan, que dans les parties continentales; aliénant, pour confirmer cette opinion, l'incommensurable profondeur de la mer dans le voisinage de certains volcans. En témoiage de 1 espace qu'embrassent quelquefois

les mouvements souterrains simultanés, il

le royaume d'iira. Cette rivière offre, sur une étendue de dix lieues, la propriété remarquable de péttifier le bois.» *Atf point où la science est parvenue aujimrd^huf, fes d^ouvertes importautes d animaux et de végétaux fo^siics, qui ont (té faites récemment par M. Crawford et le docteur Wallich, près de llrraouadi, ne présentent rien dVxtraordinaire ; mais ee qui Test beaucoup plus, c*est rattentton <|ue, depuis plus d'un siede déjà, le bo!s silidfie de ee fleurie a attirée de la part des observateivs, — Vôtres Céot.*lratts.^ vol. Il, part, m, p. 577, seconde série. De La Hire cite le P. Duchatz, dans le second vtri. des Obsenations faites dam les Indes, par

(Jm) Œttwres pastli., lectare-du 29 mai 168$.

(4^) (Envrei poslk., p. 312.

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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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luenlionnc le tremblement de terre qui se lit sentir en 1690 dans les Indes occidentales, et qui, par ses secousses, souleva ou repouaa de bas en haut une étendue de terrain plus considérable en longueur que les Alpes et les Pyrénées.

Hooke, ayant déclaré que rhji>o thèse favorite de son temps, celle qui attribuait au déluge de Noé Torigine des corps fossiles marins, était une hypothèse absolument insou: tenable, se crut, en quelque sorte, obligé de substituer une autre théorie diluvienne à celle qu'il repoussait. Mais cette nouvelle théorie dont il était l'auteur, le jeta dans des diflicullésetdes contradictions sans nombre. « Il se pourrait, dit-il, que durant la grande catastrophe, les parties continentales eussent, par suite d'un affaissement, été transformées en mer; et que, par l'effet d'un soulèvement, les mers se fussent trouvées changées en continents; de même aussi^ ajoute-t-il, i7 serait fort possible ^ue, durant t intervalle compris entre la crémation et le délugef des corps marins eussent été ensevelis sous Vocéany dans des sédiments (4^24). v Après cet énoncé , vient une dissertation sur la séparation de la terre et des eaux mentionnée dans la Genèse ^ — opération durant laquelle il est dit que certaines parties de l'écorce terrestre furent repoussees en dehors et d'autres en dedans, etc. La théorie diluvienne de Uooke ressemblait beaucoup à celle de Sténon, et était entièrement opposée aux principes fondamentaux qu'ilproiessait, .ainsi qu'à la prétention qu'il avait d'expliquer les révolutions anciennes du globe d une manière plus naturelle qu'on ne l'avait fait encore. Aussi, lorsqu'en dépit de ce dont il s'était vanté è ce sujet, il se vit obligé de . recourir à une ancienne crise de la nature et qu'il se mit à vouloir prouver, non-seulement que les tremblements de terre étaient devenus moins intenses, mais qu'en outre, les Alpes, les Andes et diverses autres chaînes avaient été soulevées dans l'espace de quelques mois, il fut forcé d'admettre une si grande rapidité dans les changements auxquels il faisait allusion, que son système ne parut guère moins extravagant qu'aucun des plus bizarres de tous ceux qu'avaient enfantés ses prédécesseurs. C'est à cela, sans doute, qu il faut attribuer l'indifférence non méritée avec laquelle fut accueillie sa théorie des tremblements de terre.

Ray, naturaliste célèbre et contemporain de Hooke, eut aussi le désir d'expliquerles phénomènes géogéniques par des causes moins hypothétiques que celles auxquelles jusqu'alors on avait eu recours (4.25). Soniffsai sur le chaos et la création renferme un système qui, dans son ensemble aussi bien qiie dans plusieurs de ses détails, s'accorde •avec celui de Hooke, dont il ne diffère que 'sous le rapport de la lucidité avec laquelle

(424) (Emre$ posth., p. 410.

(4i5) Les discours physico-lhéologUfues de Ray parurent peu à près le grand ouvrage d'Hooke sur les tremblements de terre, liay parle de Uooke comme

les connaissances de Ray en histoire nain* relie et diverses observations originales le mirent à même d'en faire l'expositioa. Il donna à entendre que les tremblements •déterre pourraient fort bien avoir été les causes secondaires employées lors delà création, à produire la séparation de la terre et des eaux, et à opérer fa réunion des eaux en un seul et même lieu. Comme Hooke, licite le tremblement de terre de 16M, qui, sur une étendue de plusieurs centaines de lieues, avait ébranlé violemment la chaîne des Andes et y avait occasionné beaucoup d'altérations. Ray aimamieux admettre, comme cause du déluge, un changement dans le centre de gravité de notre planète, que de faire intervenir les tremblement sde terredans cet événement. Ces mots : la rupturedes sources du grand abime^ lui semblaient indiquer que (}uo]que cause inconnue pouvait avoir fait jaillir à l'extérieur les eaux souterraines. Parmi les écrivains anglais, Ray fut un des

fremiers qui s'étendirent sur les effets de eau courante à la surface du globe, et de rem[)iètement de la mer sur les rivages. L'action de ces causes lui semblait tellement importante, qu'il les considérait comme une indication de la tendance de notre système vers sa destruction finale ; et il s'étonnait do ce que, vu l'immense quantité de matières entraînées par les rivières, ou arrachées par la mer aux falaises, la terre ne marchât {mis plus rapidement vers un état de submersion générale sous les eaux de l'océan. Les écrits de Ray nous font voir que la détérioration graduelle de notre système, et sa destruction future par le feu, constituaient un article de foi tout aussi rigoureux que Tétait à leurs yeux l'origine récente de notre planète. Ses discours, comme ceux de Hooke, sont d'un très-erand intérêt, sous ce rapport surtout» quils attestent le mélange didées relatives tout à la fois à la physique et à la théologie , qui régnaient dans l'esprit des philoso[)hes contemporains de T^ewlon. En renonçant à son avancement dans l'Eglise, plutôt que de prêter contre les presbytériens un serment qu'aurait désapprouvé sa conscience, Ray donna une preuve non équivoque de là droiture de ses principes. D'un autre côté, comme sa réputation dans le monde savant le plaçait trop haut pour que le désir de se rendre populaire put l'engager à s'asservir au goût physieo-tnéologique de son siècle, on est tout étonné de rencontrer dans ses essais sur la physique un si grand nombre de citations des Pères de VEglise et des prophètes ; de le voir cherchant, clans une page, a expliquer les anciennes révolutions du globe, à 1 aide des plus strictes règles de l'induction ; et traitant gravement, dans la page suivante, la question de savoir si le soleil, les étoiles et le ciel tout entier parîiciperontà l'anéantissement de la terre, quand

d'un homme c qu'il Iionorait tout particulièrement pour son savoir cl les connaissances profondes qu'il possédait à l'égard des mystères de la nature.» — On ihe Déluge, cliap. i\.

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Tien Ira le moment de la grande conflagration.

Parmi les contemporains de Hooke et de Raj, Weodward, professeur de médecine, tùl celui dont les connaissances sur la structure de Vécorce terrestre acquirent le plus d*ex(ension. Il se livra avec un soin tout particulier à Teiamen de plusieurs parties oes couches britanniques; et la collection méthodique d'échantillons qu'il légua h TCniversité de . Cambridge , ou elle existe encore dans Tordre où il Tarrangea lui-même, montre le pas immense qu'il fit faire à la science, quant à la manière de déterminer Tordre de la superposition des strates. D'après le grand nombre de faits recueillis par Woodward, il était permis d'attendre de sa part des idées théoriques plus vastes et plus rationnelles que celles de ses contemporains ; mais son désir extrême de faire concorder tous les phénomènes observés avec lés récits sacrés de la création et du déluge, Tempècha de répondre à ce qu'on était en droit d*espérer de lui, et le conduisit aux résultats les plus erronés. Il pensait qu'au temps du déluge, toui le globe ierreetre avait été en quelque iorte broyé et diisoui^ et que le$ cou^ ckes qui s'étaient formées ensuite provenaient de cette masse confuse foù elles s étaient dégagées à la manière dont un sédiment terreux quelconque^ tenu en dissolution dans un liquide^ se sépare de ce liquide (^26), A Tappui de cette opinion, il alléguait que les corps marins occupent dans les couches terrestres des positions analogues à leur degré de pesantleur: cest-à^ire^ que les coquilles les plus lourdes se trouvent dans la pierre, les plus légères dans la craie, et ainsi de suite (427).

Aussitôt que eetté proposition fut émise, Ray s'empressa d'en aémontrer la fausseté , en prouvant que souvent dés corps fossiles, tant lourds que légers, se rencontrent ensemble dans laméme couche, U alla même jusqu'à dire, chose bien forte de la part d'un contt^mporain, que Woodward avait probable^ tnent intenté les phénomènes dont tl parlait, tout exprès pour étayer son hypothèse hardie et bizarre (iâ8).

Ce fut vers le même temps que Bumet imblia sa Théorie de la terre (^29), dont le titre : Théorie sacrée de la terre^ contenant le récit de Foriainedu globe^ et de tous les changemenis généraux qu'il a déjà suftû, ou doit subir encore jusqua la consommation de toutes chosesy offre une empreinte exacte du caractère de l'époque. C est tout au plus si Miiton lui-même, en peignant dans son poème les scènes de la création, du déluge, du paradis et du chaos, avait osé donner un aussi libre essor à son imagination. Burnet expliqua pourquoi la terre primitive jouit avant le déluge d'un printemps perpétuel. U dé-

(4S6) Essey Umetés a natural histanfof iheeartm, iCdS, Préfaoe. (Esseî sur VBUtoire mauretie, de Im terre, PiéEioe.)

(427) tessey lamards a natmrat histonf of the earth,

(42H) Comseamemces of tke Déluge iCouséquences 4m Déimge), p. I€5.

{IS9) La première publication 4e cet ouvrage ,

montra comment la croate du globe, h force d'avoir été sillonnée de fissures par t les rayons du soleil, i» finit par éclater; et comment, par suite de cette rupture, les eaux diluviennes parvinrent è s'échapper de l'abîme central supposé qui les renfermait.

Burnet était en trop bonne voie d'explication pour s'en tenir le ; aussi, non content d'avoir interprété le passé, il voulut encore

f prédire l'avenir. A cet effet, il exhuma des ivres des auteurs sacrés, et même de plu« sieurs autorités païennes^ certaines notions prophétiques relatives aux révolutions futures du globe; fit la plus terrible peinture de la conflagration générale, et prouva qu'un nouveau ciel et une nouvelle terre sortiraient d'un second chaos, après quoi viendrait le bienheureux millénaire.

Il est, je pense, nécessaire d'avertir le leo teur que suivant l'opinion de plusieurs écrivains recommandables de ce siècle, le texte de l'Ecriture sainte donnait tout lieu de pré* sumer que le jardin où, lors de la création, furent placés nos premiers parents, n'était pas situé sur la terre, mais au-dessus des nuages, dans la région moyenne de l'espai-^ qui sépare la lune de notre planète. Burnet aborda ce sujet avec une gravité vraiment comique. Il accordait volontiers que le paradis n'eût jamais été situé en Mésopotamie, mais il n admettait pas qu'il eût été placé ailleurs que sur la terre 9*^ et voulait que ce fût dans l'hémisphère sud, et près de Téquateur. Butler s'empara de cette conception bi« zarre, et en fit un des plus puissants épisodes de sa satire, dans laquelle, passant en revue les nombreuses connaissances d'Hudibras, il dit :

Ue knew the seat ofFandise, CoBlel tell ÎD what dogree ît lies ; And, as he was disposed, couU prove ît Bdow Ibe moon, or else above it (i30).

Cependant le même monarque, qui passe pour ne s'être jamais endormi sans avoir le {foëme de Butler sous son oreiller, s'était dé* elaré le patron du livre de Burnet, pour lequel il avait une prédilection si grande, qu'il en ordonna la traduction du latin en anglais. Outre que, sous le rapport du style, la Théo^ rie sacrée pût être considérée comme une ceuvre éloquente, l'ouvrage, quant au fond, annonçait une puissance d'imagination vraiment peu ordinaire. C'était, comme l'a dit Buffon, un très-beau roman historique. Mais ce jugement, tout équitable qu'il est, ne s'accorde guère avec celui qu'on en portait du temps de l'auteur. A cette époque, onie regarclait comme un ouvrage scientifique profond, dont Steele parlait avec admiration dans le Spectateur en même temps qu'Addison en faisait le .plus pompeux éloge dans

qui fut faite en latin, date de I680-IG90.

(430) Il connaissait la longitude , Aussi bien que la latitude Du paradis, et le plaçait.

Selon riiumeur dont il était, bfssoos, ou par-dessus la Inné.

{Hudibras, de Bvtlee, ciiant 1.)

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une ode latine. Vers la fin même du siècle dernier* Warlon, dans si>n Essai 9ur Pope^ ne craignit nas d'avancer que Burnet joignait à une grande puissance d'imagination le don })récieux du jugement.

Une autre production de la même école, et qui se trouve également empreinte du caractère de Tépoque, est la Nouvelle Théorie de la Terre^ par Whiston. Dans cet ouvrage, l'auteur a cherché à prouver, ainsi que l'indique le titre très-detaillé de son livre, que les grands événements de la création du monde en six jours, du déluge universel et de la destruction générale par le feu, tels qo'ilssont décrits dans les saintes Ecritures, :»ont parfaitement d'accord avec la raison et la philosophie. Whiston fut d'abord partisan de Burnet ; mais sa croyance à l'infaillibiHlé de cet écrivain se trouva fortement ébranlée par l'opinion émise par Newton, savoir,

a n'en astronomie tout portait à révoquer en oute que l'inclinaison de l'axe de la terre eût jamais éprouvé le moindre changement. Or, ce changement constituait un des prinripaux dogmes du système de Burnet, qui l'avait emprunté d'un Italien nommé Aleslandro degli Alessandri. Celui-ci s*en était f ervi vers le commencement du xv siècle, ])0ur expliquer Tancienne occupation des continents actuels par la mer. Depuis, les Arguments de La Place sont encore venus &rùouter à ceux de Newton, contre la probabi- Iw té d'aucune ré vol ulion ancienne de ce genre. Lo souvenir de la fameuse comète de 1680 était encore présent à tous les esprits, quand Whiston commença à se livrer à ses études cosmologiques. La principale nouveauté de son système consistait dans la cause qu*il assignait au déluge, lequel, selon lui, devait être attribué au passage d'une comète dans le voisinage très-rapproché du globe terrestre. Après avoir ainsi déterminé la cause de l'augmentation des eaux à la surÉace de la terre, il adopta Thypothèse de Woodward» et soutint comme lui, que tous les dépôts stratifiés étaient le résultat du « sédiment chaotique du déluge. » Whiston fut un des premiers qui se risquèrent à proposer d'interpréter le texte cle la Genèse autrcmont qu'il ne l'avait été jusqu'alors, afin que la doctrine, qui enseignait que la terre avait existé longtemps avant la création de riiommi*, cessât d'être regardée comme hétérodoxe. Il eut l'art de répandre un air de probabilité sur les parties les plus invraisemblables de sa théorie, et sembla ne vouloir procéder à l'établissement de ses diverses propositions qu'avec la plus çrande réserve, el h l'aide seulement de démonstrations mathématiques. Dans un discours qu'il , fit à la louange de la théorie de Whiston, Hooke insista particulièrement sur le mérite des explications qu'il avait su donner de tant de choses merveilleuses, qui, jus-

(131) An examination ofDr.^ BumeCs theory (Examen de la théorie de Burnet), etc., 2* ëJit. 17^4.

(452) Raniazzini alla jusqu*6 dire que Burn 't avait i>Ti ^ande partie omprunle ses id^cs à un dialogue duu reriAiu Patrizio; mais Brocclii, après avoir lu

qu'à lui, étaient restées inapplicables. Son livre fut, ainsi que celui de Burnet, critiqué et réfuté par Keill (^1), de même que tous ceux qui, pour rendre compte des phénomènes naturels, proposèrent des causes purement hypothétiques. Whiston retarda la marche de la vérité en détournant les es-

ririts de la recherche des lois de nature subunaire, et en les engageant dans de vaines spéculations, tant sur le pouvoir qu'il attribuait aux comètes de déplacer les eaux de Tocéan pour les répandre sur la terre, que sur la résolution en eau des vapeurs de leurs queues, et sur plusieurs autres sujets de même valeur.

John Hutçhinson , qui avait été employé par Woodward à faire sa collection de fossiles, publia, en 172ib, la première partie de ses Principes de Moise^ dans laquelle il ridiculisa l'hypothèse de Woodward. Accoutumés à déclamer hautement contre la science humaine, Hutçhinson et ses nombreux partisans soutinrent que les livres desHébreui, fidèlement traduits, présentaient un système complet de philosophie naturelle. On confit aisément qu'avec de telles idées ils dussent avoir plus d'une objection à faire à la théorie de Newton sur la gravitation.

Ce fut à peu près vers cette même époque qu'Acdrea Celsius, astronome suédois, publia ses remarques sur la diminution et rabaissement graduels des eaux de la Baltioue. — Voy» Sollàveuent.

Dans le même temps, Scheuzer, en Ailemagne, s'efforçait de prouver dans un ouvrage intitulé : Complainte despoissons{n(ï6)t S|ue la terre avait été remodelée une seconde ois au déluge. En 1732, Pluche soutint aussi la même thèse; mais en 1753, d'Holbach, après avoir examiné les différents essais tentés pour rapporter au déluge de Noé toutes les formations anciennes» démontra Tinsuflisance de cette cause.

Je reviens avec plaisir aux géolog;ues d*Italict qui, après avoir précédé, ainsi qu'on Ta déjà vu, les naturalistes des autres pays, dans leurs recherches sur l'histoire ancienne de la terre, conservaient encore sur eux, à Tépoque à laquelle nous voici arrivés, une prééminence marquée. Ils réfutèrent et tournèrent en ridicule les systèmes physico-théologiques de Burnet, de Whiston et de Woodward (432). Vallisneri (433), entre autres, fit remarquer, dans ses commentaires sur la théorie woodwardienne, combien les intérêts de la religion, aussi bien que ceux de la saine philosophie, avaient souffert du mélange continuel des saintes Ecritures a vih; des questions relatives à la physique. Ixs ouvrages de cet auteur sont reoiplis d'observations originales. C'est à lui que la scieme est redevable de la première esquisse générale des dépôts marins de l'itaiie, de leur étendue géographique, et des débris organi-

ce dialogue, assure qu'il n*y a rien, pour ainsi dire, d'analogue entre les systèmes de ces deux écrivains, si ce n'est la bizarrerie (]ui les caraclértsc. (435) Dei Corpimarini,Lettcrc crUichCy etc.; t"il*

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ET DE PALEONTOLOGIE

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ques les plus caractéristiques qu'ils ren* lerment. Dans son traité intitulé De F origine dei iources^ il démontrô leur rapport avec Tordre des couches, et souveat même avec les dislocations de ces couches, et se livre à une dissertation philosophique contre les opinions de ceux qui regardaient Tétat confus de récorce terrestre comme un signe manifeste de la colère de Dieu, excitée par la malice des hommes. Dans son chapitre préliminaire, il se vit obligé de soutenir eootre saint Jérôme et contre quatre autres des |)rincipaux traducteurs ne la Bible, sans compter plusieurs professeurs de tliéolo^e, « que les sources ne venaient pas de la mer en passant par des siphons souterrains et des cavités, et en perdant leur salure en chemin, » cette théorie n'ayant d'autre soutien queletémoigna^esoi-disantiiifaîllible des saintes Ecritures, sur lequel avaient un peu trop compté ceux qui Tavaient imaginée.

Quelque répugnance qu'il eût à généraliser les données résultant des riches matériaux recueillis dans ses voyages, Vailisneri avait été si vivement frappé de la continuité remarquable des couches marines les [»Ius récentes qui s'étendent d'une extrémité à lautre de fltalie, qu'il en était venu à conclure que jadis l'océan avait couvert la surface entière du globe, et, qu'après y avoir longtemps séjourné, il avait uni par s'en retirer peu à peu. Cette opinion, quelque insoutenable qu'elle fût, était pourtant bien moins déraisonnable que la théorie dilu-» vienne de Woodward« que Vailisneri, et après lui, tous les géologues toscans, coral>atlirent de tout leur pouvoir, en opposition aux membres de l'institut de Bologne, qui mirent un zèle extrême à la soutenir (Ul\).

Parmi les autres écrivains de cette même époque, nous citerons d'abord Sfiada, prêtre lie Grczzana, qui, en 1737, essaya de prou- Ter que les corps marins pétriGés qu'on avait découverts dans le voisinage de Vérone , n'étaient pas d'origine diluvienne (i35) ; puis Matani, qui tira une conséquence semblable des coquilles trouvées à Vollerra, et en divers autres lieux; et enGn, Constantini qui, d'un autre côté, entreprit de soute* iiir la vérité du déluge , et de prouver cpie rilalie avait été peuplée par les enfants de Japhet (i3G). On doit à cet auteur d'assez bonnes oiiserrations sur la vallée de la Brenta et plusieurs autres localités.

Lazzaro Moro, dans son ouvrage publié en 1740, et avant pour titre : Sur tet corps marins que ton trouve dans les montagnes {V37), essaya d'appliquer aux phénomènes (réologiques décrits par Vailisneri, la théorie lies tremblements de terre, telle qu'elle avait été exposée par Strabon, Pline et différents

(454) Baocaii, p. 28.

<435) Ikid.^ p. 33.

(436) îbid,, p. 37.

(437) Smi erostacei ed altri corpi marini ehe $i ixotamo tut mcnlù

(438 Bien qa^on graiMi nombre des idées de Mero fe rapportent à celles de ifooke et de Ray , Il e^ â présumer poartaDt qu*il n*cut pas connaissance

autres auteurs anciens qui hii étalent familiers (&%). Un phénomène remarquable qui eut lieu de son temps, et que Vailisneri avait également signalé dans sqs lettres , éveilla son attention sur le pouvoir de soulèvement des forces souterraines. En 1707 , une lie nouvelle jaillit aux environs de San* torin, dans une partie très-profonde de la Méditerranée. Cette lie, qui d'abord n'était, pour ainsi dire, qu'un point, grandit si ra* pidement, qu'en moins d'un mois elle se trouva avoir un demi-mille (la sixième partie d*une lieue) de circonférence, et 25 pieds (7 m. 6) environ, d'élévation au-dessus de la marque de la haute mer. Bient6t après , elle fut couverte de déjections volcaniques ; mais dans le principe c'était un rocher de couleur blancne, à la surface duquel adhéraient des huîtres et des cruslacés vivants, lloro, dans la vue de ridiculiser les diverses théories alors en vogue, su|)[)Osa très-ingénieusement l'arrivée dans cette lie de plusieurs naturalistes ignorant son origine récente. L'un, aussitôt, en appelle aux co* quilles marines comme preuve du délugs universel; un autre soutient que ces co* quilles attestent l'ancien séjour de la mer sur les montagnes; un troisième prétend qu'elles ne sont autre chose que de simples jeux de la nature; tandis qu'un quatrième , enfin, aflirme qu'elles ont pris naissance et qu'elles ont vécu dans quelque ancienne caverne du roc constituant lile, où l'eau salée se trouvait introduite sous forme de va* ]!eur, par l'action de la chaleur souterraine. Moro donna la j)reuve d'un très-bon jugement en faisant intervenir, à l'appui de sa théorie du s^mlèvement des continents par des mouvements souterrains, les failles et les dislocations de couches observées par Vailisneri dans les Alpes, ainsi que dans diverses autres chaînes, et décrites )ar ce naturaliste lui-môiuc. 11 opposa aux hypothèses de Bunict et de Woouward plusieurs objections fondées sur des raisonnements aussi judicieux que solides; mais, d'un autre côté, il tint si peu de compte de la protestation de Vailisneri, qu'il alla jusqu'à essayai de faire coordonner chaque partie de son propre système avec le récit biblique de la création. Le troisième jour, dit-il, le globe fut couvert, sur toute son étendue, d'une couche d'eau douce, ayant partout la même profondeur; et quand il plut à l'Etre suprême de faire apparaître les continents, la surface unie et régulière de la terre, com«

Ksée, de roches primitives, se brisa par ffet' d'explosions volcaniques. Ces roches» en s'élevant au-dessus du niveau des eaux» formèrent des masses montagneuses dont les fissures livrèrent passage aux métaux en

des ouvrages de ces deux auteurs, p^r la raison qu*ils n*avaienl pas été traduits, et qu^il y a lieu de supposer que Moro ne savait pas Tanclais. On remarque, en effet, qu'indcpendamment de ce qa*il ne cite jamais ni llooke ni Ray , il renvoie toujours pour ses dtatjpns de Burnel à Tédiiion latine , ef pour celles de Woodward, à réditionfrançaîse«

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fusion et aux sels que renfermait Tintérieur (lu globe. Peu à peu, les exhalaisons volca^ niques eommuniquèrent aux mers leur salure; et \ mesure que ces parties liquides de la surface terrestre perdirent de leur étendue, elles augmentèrent de profondeur. Le sable et les cendres vomis par les volcans furent régulièrement disposes sur le fond de l'océan, et formèrent les couches secondaires qui, à leur tour, furent soulevées par des tremblements de terre. Il est inutile de suivre cet auteur dans tous les détais où il entre sur le mode de création employé les jours suivants, à l'égard des végétaux et des animaux ; nous nous bornerons simplement à faire remarquer qu'un très-petit nombro des théories cosmologiques anciennes avaient su ménager aussi bien les idées reçues.

Moro eut cela de commun avec Hutton, qui phis tard soutint quelques-uns des mêmes principes, que Texlrème prolixité de son style lui rendu le secours d'un commentateur nécessaire pour mettre ses idées en lumière. Tous deux, à cet égard, furent également Uien f)artagés ; car, si le géologue écossais «tut s'estimer heureux d'avoir Playfair pour avocat, Moro ne le fut pas moins lorsque, neuf ans après la publication de sa théorie, Cérillo Generelli, un de ses plus ardents admirateurs, se chargea d^en laire l'exposition dans une des séances de l'Académie de Crémone. Ce savant frère Carme ne se piquait pas d'avoir observé, par luimême ; mais il avait assez étudié pour être parfaitement en état de soutenir les opinions de Moro, à l'aide d'arguments tirés d'autres auteurs. Le choix qu'il nous a laissé des doctrines les mieux établies de son temps est si judicieux, que nous pensons faire plaisir au lecteur en lui en présentant ici l'analyse succincte; elle le mettra à même de juger quel était en Europe, et

{nincipalement en Italie, l'élat de la géoogie vers le milieu du siècle dernier.

Les proiluctions marines que l'on rencontre à chaque pas dans les montagnes sont,^ dit-il, des monuments que la terre a soigneusement conservés aans son sein pour rendre témoignage de certains événements passés. D'après les réflexions de Moro, il est presque impossible de ne pas être persuadé que la présence de ces corps dans les montagnes soit due à d'anciens tremblements de terre, qui auraient changé de vastes étendues de mer en continents, et des terres habitées en mers. Cependant , comme ici plus qu'en aucune autre partie des sciences physiques, l'expérience et l'observation sont indispensables, nous devons nous hâter d'appeler les faits à notre aide. En quelque part qu'on ait creusé la terre, on a toujours trouve qu elle était composée de diverses couches ou terrains superposés les uns aux autres, et consistant, les uns en sable, les autres en roc, «n craie, en marne, en houille, en pierreponce, en gypse, en chaux et en diverses

autres substances. Quelquefois ces matières sont pures, mais quelquefois aussi «lies sont mélangées d'une manière confuse. SouTent elles renferment des squelettes de poissoDS marinsetplus souvent encoredescoquillesdes crustacés, des coraux,des plantes, etc. Cen'est pas, au reste, en Italie seulement que lescho* ses se passent de la sorte : il en est de même en France, en Allemagne, en Angleterre, en Afriaue, en Asie et en Amérique ; dans les couches les plus éloignées de la surface terrestre, aussi bien que dans celles qui en sont le plus près ; sur les montagnes comme dans les mines les plus profondes; et dans le yoIsinage de la mer ainsi qu'à plasieurs centaines de milles de ses bords. Woodwarda supposé que ces corps marins se rencontrcot

Sartoutr sans exception ; mais Yallisneri et farsilli ont afiirmé qu'il existe des roches dans lesquelles il ne s'en trouve aucun. Les débris des animaux fossiles consistent principalement dans les parties les plus solides de ces animaux, et tout porte à croire qise les couches les plus dures ont dû être molles au moment où de tels corps y ont pénétré. On rencontre aussi dans certaines strates des productions végétales à divers états de hiaturité : ce qui prouve qu'elles y ont été déposées dans des saisons diSérentes. £d Angleterre et ailleurs encore, enatrouTér dans des couches superficielles qui n'ayaient jamais été couvertes par la mer, des éléphants, des élans, et divers autres quadrupèdes terrestres. Quoique les alternances de couches marines et ae couches renfermant des productions terrestres et marécageuses soient rares, il s'en présente cependant quelquefois. Les animaux marins sont disposés en groupes distincts dans les couches 'souterraines^ avec un ordre admirable ; ici les huîtres, là les dentales ou les coraux, etc., arrangement dont, suivant Marselli ; les côtes de 1 Âdriatiqueoffrcntaujourd'hui l'exemple (439). Mais il nous faut abandonner la doctrine, jadis si populaire, qui refuse d'admettre que les corps organisés fossiles doivent leur origine à des êtres vivants, de même qu'il nous faut renoncer aussi à expliquerla position actuelle de ces mêmes fossiles, soit par l'ancienne théorie de Strabon, soit par celle deLeibuilz. soit enfin par le déluge universel, tel qu'iU été expliqué par Woodward et plusieurs autres. Il ne serait pas raisonnable non pln^^ dit Generelli, de mettre en jeu la Divinité au gré de nos caprices^ et de lui faire foin des miracles pour le seul plaisir de confirmer nos hypothèses prématurées. — Très-sawnii académiciens ! ajoute-t-il encore, fai en horreur tous ces systèmes qui^ bâtis en ffl/r, «^ peuvent se soutenir sans miracle^ et jt rait essayer^ avec Fassistance de MorOy de tous expliquer comment ces animaux marins o»' été transportés par des causes naturelles deni les montagnes {hhQ).

Après cela, vient l'analyse succincte de la théorie de Moro, à l'aide de laquelle Gene-

(459) Saggio fisico intorno alla storia dcl ttsnfe, (iiO) De crostaceic di aUreproduz, dd mare,eic*l part. I, p. Î4. i7i9.

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ET M PALEONTOLOGIE.

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relli assure qu*on pcot rendre compte de tous les phénomènes, comme Yallesneri désirait si ardemment qo^on le Ot, c*est-è-direi Mfu rto/airr, sans priions^ sans kvpoihêseSf sans miracles (Ul). Le Carme s'applique ensaite à ooml>aitre une objection très-ration* nelle que Ton faisait au système de Moro, considéré comme moyen propre à expîiauer d*iffie manière naturelle les révolutions oe la terre. S'il est vrai, disait-on , que jadis les tremblements de terre aient été les agents d'aussi grands changements que ceni que Moro^ leur attribue, comment se fait-il que, depuis les temps historiques, leurs effets aient été si peu considérables? Cette même difficulté s^était, comme on sait, présentée à Hooke, un demi-siècle auparavant, et l'avait obligé de recourir à une ancienne eriu de ta nature. Toutefois, Generelli défendit sa position en faisant remarquer combien, dans l'espace de ces six mille dernières années, les récits d'irruptions, de tremblements de terre, d'Iles nouvelles, de soulèvements et d'affaissements de terrains avaient été nombreuses, et cela sans compter ceux de ces événements qui étaient restés inattestés et dans l'oubli, et dont le nombre devait être bien plus considérable encore que celui des premiers. 11 en appela aussi au témoignage de Vallès ceri pour |;rouvcr qu'il n existait que trèspeu île masses minérales renfermant des Coquilles, comparativement aux roches dépourvues de débris organiques ; et il pensait, en outre, que ces dernières pouvaient avoir été créées, à Forigine^ telles qu'on les voit aujourd'hui.

Generelli décrit ensuite la dégradation des montagnes et des continents, à iaauelle l'action des rivières et Aes torrents donne lieu incessamment, et Gnitpar les considérations suivantes : « Serait-il possible , dit-il, que cette dégradation se fût continuée pendant six mille ans, et bien plus encore, peuz-i^/rf, et que les montagnes fussent restées aussi grandes qu'elles le sont à l'époque actuelle, si leurs pertes n'eussent été réparées? D'un autre côté, peut-on raisonnablement supposer que Tauteur de la nature ait réglé îe monde suivant des lois telles que la ]uirtie solide de la terre aille toujours en diminuant, jusqu'à ce qu'enfin elle se trouve entièrement submergée par les eaux? Et quel est l'esprit rationnel qui consentirait à admettre qu'au milieu de tant d'objets créés, les montagnes seules diminuent journellement de nombre et de volume , sans que leurs perles soient jamais compensées? Cela serait tellement contraire à l'ordre de la Pt*ovidence, qui règne et se manifeste d'une telle manière dans toutes les autres créations , que l'on ne peut vraiment s'empêcher d'attribuer à la même cause qui , dans l'origine des temps, fit sortir les montagnes de l'abîme , la production de celles qui depuis sont venues sucessivement réparer les partes que les premières ont pu éprouver, soit par suite d'affaissement ou de brisement, soit par l'effet de tontautre genre

<4il) f'Seoza violenze, senza finxioui, sen^a sttpfosii, senza rainicoli. » yùe croUacti e di aitrepr^dus.

d'altération. Cela une fois admis, on comprendra aisément pourquoi, sur tant de montagnes, il se trouve un si grand nombre de crustacés et d'autres animaux marins. »

Dans l'extrait que je viens de donner des travaux de Generelli, non-seulement j'ai iait rénumération la plus scrupuleuse des lUts et des opinions que l'observation a confirmés récemment, mais de plus, et tout en ayant soin de passer sous sdence ce qui depuis cet auteur a été reconnu comme étant inexact, j'ai présenté l'analyse fidèle du traité tout entier, à la seule exceptiou de l'hypothèse de Moro, que Generelli adopta avec tout ce qu'elle a de bon et de défec« tueux. Maintenant il me reste à faire remar* quer que, bien que cet admirable essai embrasse le plus grand nombre des principes fondamentaux de la géologie, il ne uiit nullement allusion à l'extinction de certaines classes d'animaux; sujet sur leauel il est évident que, du temps de Generelli, aucune opinion n'était fermement établie en Italie. On concevra sans peine comment Lister et plusieurs autres naturalistes anglais avaient dû se déclarer depuis longtemps en faveur de la perle des espèce?, tandis que Scilla et la plutiart de ses compatriotes hésitaient encore ^ admettre cette extinction, si l'on considère que les musées italiens étaient remplis de coquilles fossiles appartenant à des espècea dont un très-grand nombre vi« vait alors dans la Méditerranée , et que les collecteurs anglais, au contraire, ne |)Ou« vaient retrouver aucune espèce récente dans les couches qui , à cette é(K>que, étaient ex* plorées chez eux.

Le côté le plus faible de ce système de Moro consistait dans la supposition que toutes les roches stratifiées devaient leur origine è des éjections volcaniques, sup|)Osition dont ses adversaires, et Vito Amici par* tîculièrement, prirent soin de faire ressortir l'absurdité (Uâ). C'est au désir extrême qu'avait Moro de représenter la formation des roches secondaires comme s'étant accomplie dans une période excessivement courte, et à l'aide seulement d'agents connus dans la nature , qu'il faut attribuer l'erreur dans laquelle il tomlia. L'opinion d'après laquelle on admet que les torrents, les rivières, les courants, les déluges partiels et tous les di-vers genres d'action de l'eau courante ont en jadis une énergie plusieurs milliers de fois plus grande qu'à présent, aurait, au temps de Moro, parut tellement absurde et incroyable, et aurait en outre exigé tant d'liyp«)thèses violentes, que c'est jX)ur cela sans doute qu'il aima mieux faire intervenir les éjections volcaniques comme ayant produit les matières dont les couches se oom* posent,* que d'attribuer ces matières au transport effectué par l'eau courante. Cette

Iiréférence, d'ailleurs, s'explique enooro pan e peu de connaissances que nous possédons à I égard des véritables causes des convulsions souterraines, circonstance qui fait qut^

âcl mare^ew, ; I7i9.

(4i2} Sut testaeei deUa Sicitia.

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DICTIONiNÂIRE DE COSMOGONIE

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la yiolence avec laquelle s'exerçaienl autrefois ces convulsions peut être indéfiniment augmentée en théorie > sans qu'il y ait lieu de taxer d'absurdes et de contradictoires toutes les conjectures qu'il est possible de faire II ce sujet.

M[arsiHi, le même que celui dont Generelli a mentionné Touvrage, se livra à des recherches intéressantes sur le fond de TAdrialique. Il fut conduit à ce genre d'observations, parce qu'il avait remarqué dans le territoire de Parme, que les coquilles fossiles n'étaient pas dispersées au hasard dans lés roches, mais qu'elles y étaient, au contraire, disposées avec un ordre parfait, suivant certains genres et certaines espèces, , C'est, du reste, ce qu'avaient observé avant lui Spada, près de Vérone, et Schiavô, en Sicile.

Dans la vue de répandre un nouveau, jour sur ces questions, Vitaliano Donati entreprit des recherches du môme genre, maïs plus étendues que celles dont s'était occupé Marsilli. Ces recherches, qui eurent lieu aussi dans TAdriàtique, M firent découvrir, h l'aide de sondages souvent répétés, (|ue des dépôts de sable, de marne, et des incrustations tuffacées , parfaitement analogues à ceux des collines subapennines, étaient en voie de s'accumuler dans cette mer, II déclara que certaines régions sous-marines étaient totalement dépourvues de coquilles, tandis que d'autres, au contraire, en possédaient un plus ou moins grand nombre, telles surtout que les genres arca^ pecten^ venuSf murex et quelques autres, qui y vivaient réunies en familles. Il aïllrma aussi avoir trouvé, dans diverses localités, une masse formée de coraux, de coquilles et de diverses espèces de crustacés, mêlés confusément avecae la terre, du sable et du gravier. A un pied (trois décimètres environ), ou plus, de profondeur, les substances organiques étaient complètement pétrifiées et réJuites à Tétat de marbre ;à moins d'un pied de la surface, elles approchaient davantage de leur état naturel, et à la surface enfin, elles étaient vivantes, ou du moins dans un très-bon état de conservation quand ellos avaient cessé de vivre.

Baldassari, naturaliste contemporain de Buffon et de Donati, prouva, que les débris organiques des marnes tertiaires du territoire de Sienne étaient groupés par familles, d'une manière exactement semblable à celle h laquelle ce dernier avait fait allusion.

Ce fut dans son Histoire naturelle^ publiée en 17i9, que Buffon fil connaître pour la première fois ses irlées théoriques sur lès révolutions anciennes du globe. H adopta tout à la foi s l'hypothèse d'un noyau primitif îçné, et celle de l'océan universel de Leibmtz. Les plus hautes montagnes, dit-il, furent jadis recouvertes par cette enveloppe aqueuse ; puis, les courants marins, exerçant une aiUion très-violente , creusèrent des vallées sous-marines profondes, et formèrent des couches horizontales, en entraînant de certains lieux des matières solides,

(i45j Hiit. nat.f lom. V, édiUon de rimprimerie ro

pour les déposer ailleurs. La retraite d une partie des eaux de l'océan , dans des ca-. vernes souterraines, occasionna la dépression de son niveaui et, par suite, la mise k sec de qiielques portions de terre. Buffon ne semble pas avoir profité, comme Leibnitz et Moro, des observations de Sténon ; car, autrement, il n'eût certes jamais émis l'opinion que les couches étaient çénéralemenl horizontales, et que celles qui renfermentdes débris organiques n'avaient subi aucun bouleversement depuis l'époque de leur formation. Il était tellement convaincu de l'action puissante qu'exercent annuellement les rivières et les courants par le transportdes matières terreuses, de niveaux élçvés à des niveaux plus bas, qu'il allait jusqu'à entrevoir Tépoque à laquelle cette cause occasionnerait la destruction générale des continents actuels. Quoique en géolo^eil n'e^t point fait d'observations par lui-mèuie, il dut à son génie do rendre son hypothèse attravante, et sut, par l'élocpience cfe son style et la hardiesse de ses idées, éveiller la curiosité de ses compatriotes, et provoquer en eux un ardent désir d'investigation.

Peu après la publication de son Histoire naturelle j dans laquelle était com|.rise sa Théorie de la Terrey il reçut une lettre officielle (en date de janvier 1751) de la Sorl>onne, ou Faculté de Théologie de Paris, qni lui donnait à savoir que quatorze propositions de ses ouvrages « avaient été trouvées repréhensibles et contraires à la foi de l'Eçlise. » Le premier de ces passages incriminés, et le seul qui eût rapport à la géologie, était ainsi conçu: « Ce sont les eaux de la mer qui ont produit les mcnlagnes et les vallées de la terre... ; ce sont les eaux du ciel (jui, ramenant tout au niveau, rendront un jour cette terre à la mer, qui s'en emparera successivement» en laissant à découvertde nouveaux continents semblables

à ceux oue nous habitons. BufiCon fut invité par la Facu'ié, en termes très-courtois, à donner l'explication,, ou plutôt à faire la rétractation de ses opinions hétérodoxes ; co à quoi ayant consenti, isa déclaration, fut approuvée, en assemblée générale par la Faculté, qui l'engagea à la publier dans le Eremier ouvrage qu'il donnerait au public, es premiers mots de ce document curieux étaient ceux-ci : « Je déclare que je n'ai eu aucune intention de contredire !e texte de l'Ecriture; que je crois très-fermement tout ce qui y est rapporté sur la Création, soit pour l'ordre des temps, soit pour les circonstances des faits ^ et que/a6andofifie ce qvif dans mon /itre, regarde la formation de (a terre^ et en général, tout ce qui pourrait être contraire, à la narration de Moïse (U3).* Le grand principe auquel Buffon fut appelé à renoncer, consistait simplement dans cette donnée, savoir, que les montagnes et les vallées actuelles de ta terre sont dues à des causes secondaires ; et que^ par la suite des tempsy ces mêmes causes détruiront tous les continents^ collines et valléesy et en rqfrodui"

yalp, Paris, 1769.

CEX>

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roni d'auires semblables. Or, quelque défectueuses que puissent ^tre certaioes idées de BuCTon, sa doctrine de Torigine secondaire des continents actuels n'en reste pas moins aujourd'hui aussi fermement établie que la rotation de la terre autour de son axe. D'un autre côté, Topinion qu'il émit que les par* ties du globe, maintenant à découvert, pourront un jouréire envahies par les mers, s'accrédite de plus en plus, à mesure aue Texpérience nous fait mieux apprécier les changements actuellement en voie de s'accomjilir.

Dans un très-volumineux ouvrage intitulé Toffage en Toscane , iloi et 175i, Targioni s'appliqua à achever l'esquisse de la géologie de cette région, commencée pr Sténon, soixante ans auparavant. Malgré le défaut d*ordre et de concision qui règne dans les mémoires de cet auteur, ils ne laissent pas, toutefois, d'offrir beaucoup d'intérêt, par suite du grand nombre d'observations exactes qu'ils renfermenL D'un autre côté, bien que Targioni ne se soit pas beaucoup attaché aux vues générales, il s'est cependant oecut)é de forigine des vallées, sujet à l'égard duquel il ne partageait pas l'opinion de Buffon,qui attribuait principalement cette origine aux courants sous-marins. Le naturaliste toscan s'efforça de prouver que toutes les vallées des Apennins, tant grandes que petites, avaient été creusées par des rivières et des inondations dues à la rupture des di- ^es de certains lacs, après la retraite de focéan. Il soutint aussi que les éléphants et les autres quadrupèdes que Ton rencontre si fréquemment dans les dépôts lacustres et ail u viens de l'Italie, avaient habité cette contrée, et n'y. avaient été transportés ni par Anoilial, ni par les Romains, comme quelques-uns le prétendaient, non plus que par ce qu'il plaisait à d'autres d'appeler une car tasirophe de la nature.

En 1756, parut le traité de Lehman, minéralogiste aJlemand, et directeur des mines de Prusse, à qui on doit aussi une division des montagnes en trois classes. Dans la première il plaça celles qui, formées en même temps que le monde, étaient antérieures à la création des animaux, et ne contenaient aucun fragment d'autres roches ; dans la seconde, il réunit celles qu*il attribuait à la destruction partielle des roches primitives, occasionnée par une révolution générale ; et dans la troisième classe, euûn, il rangea les montagnes qui devaient leur origine en partie a des révolutions locales, et en partie, au déluge de Noé.

L'auteur d'une traduction française de cet ouvrage, qui parut en 1759, exposa, dans sa

F réface, des idées extrèm ementjud ideuses sur action des tremblements de terre, ainsi que surceHe qui résulte descausesaqueuses (îi^}. A cette époque, Gesner, botaniste de Zurich« publia un excellent traité sur les pé^ trîGi^trons et sur les révolutions terrestres dont ees mdmes pétrifications rendent té-

(iil; Essai funekisk nat. des cimcfies de lu terre,

moignage (1^5). Après une énuméralion dvtaillée des différentes classes de fossiles appartenant aux règnes animal et végétal, et des remarques sur les divers états de pétrification dans lesquels on les trouve, il se livre à des considérations ingénieuses sur lesjrapports de ces fossiles avec certains phénomènes géologiques; nbservant que les uns, tels que ceux d'CKningen, ressemblent aux testacés, aux poissons et aux plantes qui vivent près du lieu de leur gisement, tandis que d'autres, comme les ammonites, les grjrphytes, les bélemites, etc., appartiennent soit à des espèces inconnues, soit à des espèces qui ne se trouvent que dans l'océan Indien, ou dans quelques autres mers très-éloignées. Pour aider ses lecteurs à se faire une idée de la structure de la terre, il leur donne, d'ajTès Varenius, Buffon et plusieurs autres naturalistes, la reproduction de diverses coupes obtenues en creusant des puits; il signale ensuite la différence qui existe entre les sSrates horizontales et les strates inclinées^ et, dans une dissertation' sur les causes de cette diff«*rence, il fait allusion à l'examen du lit de l'Adriatique, auquel Donati s'était livré quelques années auparavant; il mentionne aussi le remblaiement des lacs et ries mers | ar les sédiments; les dé|>ôts de coquilles en voie de se former à ré|)oque actuelle; et plusieurs effets connus des tremblements de terre, tels aue l'abaissement de certaines régions, ou le soulèvement du lit de la mer, pbtnomène capable de donner naissance à des Iles nouvelles, et de mettre à sec des couches renfermant des pétrifications. L'océan, dit-il, altandonua ses rivages dans plusieurs contrées, comme sur les bords de la Baltique; mais là, par exemple, cette action s'est produite d'une manière si lente durant les vingt derniers siècles qui se sont écoulés, qu'en supposant que les Apennins, dont les sommets sont couverts de coquilles marines, eussent été élevés dans la môme proportion, il leur aurait fallu 80,000 ans pour atteindre leur hauteur actuelle. Or, dépassant de dix fois, au moins, Tâge du monde, un tel laps de temps nous obligerait à rapporter le phénomène en question à la simple volonté de Dieu, qui, suivant Moïse, ordonna « aux eaux de se réunir tous en un même endroit, et aux continents de s'élever au^Iessus du niveau des mers. » Gesner se servit des idées de Leibnitz pour expliquer la retraite de l'océan primitif. Son essai annonce beaucoup d'érudition ; et ses commentaires sur les auteurs italiens, allemands et anglais qui l'avaient précédé, décèlent autant de bonne foi que de discernement.

L'année suivante, Arduino (U6\ dans ses Mémoires sur les montagnes de Padoue^ de Tieence et de T&one, établit, d'après des ol>servations originales, la distinction des 6i* verses roches dont se compose la croûte du globe : il les divisa en primitives, secondaires

(H^) lobn GEs?in, paMîé h Lrvde, en btia. (416) Giomalf de! GriseUm, 175».

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et tertiaires, et prouve qu*une suite d'éruptions volcaniques sous^-marines avalent eu lieu dans les régions qui viennent d*èlre énoncées.

En 1760, le Rcv. John Michel), professeur de minéralogie à Cambridge, et zélé partisan fte Woodward, publia, dans les Transactions philosophiques^ un Essai sur la cause et les phénomènes des tremblements de terre. Son attention avait été attirée sur ce sujet par le violent tremblement de terre qui s était fait sentir à Lisbonne en 1755. Il émit des idées originales et philosophiques sur la propagation des mouvements souterrains, et sur les cavernes et les fissures dans lesquelles on pouvait supposer que la vapeur était produite. En cherchant à prouver à quel point sa théorie était applicable à la structure du globe, il se trouva amené à décrire l'arrangement et le bouleversement des couches, l'horizontalité ordinaire qu'elles présentent dans les paysde plaines, et leur état convulsionné et fracturé dans le voisina;je des chaînes de montagnes. Il expliqua aussi, avec une exactitude surprenante, les rapports qui Qxistent entre les crêtes centrales de certaines roches anciennes, et les bandes longues ^ étroites dont la composition terreuse , pierreuse et minéralogique est analogue à celles de ces crêtes^ en même temps que leur direction est semblable. Dans ses généralisations, qui résultent en très-grande partie de ce qu'il avait observé sur la structure géologique du Yorkshire, il laissa apparatre plusieurs idées nouvelles, que développèi.ent d'une manière complète d'autres naturalistes qui vinrent après lui.

Bien que les écrits de Michell fussent entièrement dégagés de toute espèce de considérations physico-théologiques, quelquesuns de ses contemporains n'en continuèrent pas moins encore a soutenir ou à combattre avec ardeur l'hypothèse de Woodward. Catcott, partisan de la doctrine de Hutchinson , et auteur d'un Traité sur le Déluge^ publié en J761, fit allusion à plusieurs des ouvrages écrits soit pour, soit contre cette hypothèse. Il s'appliqua particulièrement à réfuter Texplication des saintes Ecritures, proposée par l'évéque Clayton, son contemporain. Ce prélat avait déclaré que le déluge ne pouvait être considéré comme un- fait rigoureusement vrai^ si ce n'est pour le point du globe qu'habitait Noé avant ce grand événement. Catcott insista sur l'universalité du délu{[e, d'après les traditions d'inondations mentionnées par des auteurs anciens ou par des voyageurs, comme ayant eu lieu aux Indes Orientales, en Chine, dans l'Amérique du Sud, et en divers autres pavs. Cette partie de son livre n'est point dépourvue de mérite, bien que, pourtant, on n'y voit guère de quel poids peuvent être, par raj)port à rargumeut de l'évoque, les traditions

(447) Sut eorpiniarinidel Feltrino, 4761.

( i48) Spécimen historiœ naturalii globi terraqueif prœcipHe de novis e mari uatis imulis ; Amstclodami, 1 705. Raspe fut aussi l'éditeur des Œuvres philoso-

en question ; car, même en les MjppofAnt authentiques, rien ne firouve que les catastrophes dont il y est fait mmtion aient eu lieu contemporairement; plusieurs d'entre elles, au contraire, sont très-posiiivemeut représentées par les auteurs anciens quitc& citent comme étant arrivées sucGe85iY&ment.

Les doctrines d*Arduino, dont nous a\ons parlé il y a quelques instants, furent confirmées plus tard par Fortis et Ûesmarcst, sur les lieux mêmes où Arduino les avait puisées peu de tant auparavant. Ainsi que fialdassari, ces deux auteurs s'appliquèrent à compléter l'histoire des coucnes subapennines. L'ouvrage d'Odoardi (W7) renferme un argument décisif en faveur de la dilTérenced'Age qui caractérise les couches a^^ennines anciennes , et les formations sobapennines d'origine plus récente. L'auteur y reconnaît, en outre, que les couches dont se composent ces deux groupes sont discordantes entre elles, et il en conclut qu'elles doivent avoir été formées par des sédiments provenant de différentes mers, et k des époques trèsnéloignées les unes des autres.

En 1763, Raspe, savant Hanovrien, publia, en latin, une histoire des Iles nouvelles (U8]. Dans cet ouvrage , l'auteur réunit tous les récits authentiques des tremblements de terre qui avaient produit {quelque changement permanent dans les parties solides du ^lobe, et en fit une critique extrêmement ludicieuse. Il pas^sa en revue tous les meilleurs systèmes qu'avaient proposés au sujet de l'histoire ancienne de notre.planëte, soit les auteurs anciens, soit les écrivains modernes, et sut apprécier à leur juste valeur, d'une part, le mérite, et, de l'autre, les défauts dont n'étaient exemptes ni la doctrine deUooke, ni celles de Ray, de Moro, deBnffon , et de plusieurs autres , ténaoignant d'ailleurs une erande admiration pour l'hypothèse de Hooke, et s'attachant a prouver ?ue son explication de l'origine des couches tait plus exacte que celle de Moro.'Pour ce qui regarde les théories de oes deux auteurs, relativement aux effets des trenablements de terre , il reconnut qu'elles étaient d'accord en tous points. Bien que les idées de Raspe sur la structure géologi-

aue du globe fussent peut-être moins haries que celle de Michell; dont, au reste, il ne connaissait pas le mémoire, il ne laissa pas, toutefois, d'ajouter quelaues arguments à la théorie de Hooke , et de la rendre telle, disait-il, que l'auteur l'eût écrite luimême , s'il fût venu plus tard. Quant aux périodes qui furent les témoins de tous les tremblements de terre auxquels nous devons l'élévation de diverses parties de nos continents et de nos lies, Raspe dit qu'il ne prétend pas en assigner la durée et encore moins soutenir l'opinion avancée par Hdoke à cet

phiqties de Leibkitz; Amsterdam et Leipzig, i7^« et Fauteur du Catalogue raisonné des pierres fina as Tassief ainsi que des Voyages du baron Uunchnsen.

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^^anl, saroir, que las convulsions sonterraincs s*étaient presque toutes manifestées duiant le déluge de Noé. 11 considère les indications apparentes de l'ancienne chaleur tropiquale du climat de l'Europe, et les changements qui se sont opérés parmi les diverses espèces d*animaui et de plantes, comme deui des problèmes géologiques les plus ol)Scurs et les plus diiuciles à résoudre. A regard des lies qui, depuis les temps historiques ou traditionnels, sont sorties du sein de la mer, il déclare que quelquesunes d'entre elles sont formées de couches renfermant des débris organiques , et non, comme Buffon le prétendait, de matière volcanique seulement. Il termine son ouvrage en exhortant vivement les naturalistes a examiner avec le plus grand soin les Iles qui s'étaient élevées, en 1707, dans FArchipel grec, et« en 1720, dans les Açores, et a mettre à profit ces précieuses occasions d*éludier la nature dans êon acte f enfante^ meni, Raspe ne comprenait pas comment les écrits de Hooke avaient pu être négligés pendant plus d*un demi-siècle ; mais ce qui a droit d étonner plus encore, c*est que Texposition brillante de la théorie de cet auteur, laite par Raspe lui-même, ait, à son tour , pendant plus d*un autre demi-siècle» excité aussi peudlntérèL

Fucnsel, physicien allemand, publia, en 17G2 une description géologique du {lajs compris entre le Thuring liVald et le.Bartz, et un mémoire sur les environs de Rudelstadt (U9); plus tard, en 1773, il fit paraître un ouvrage théorique sur Thistoire ancienne de la terre et de Thomme IhSO). Les connais- . saooes de Fuchsel dépassèrent de beaucoup celles de Lehman , son prédécesseur. Il sut f^faitement distinguer, tant par leur position que par les fossiles qu'ils contenaient , plusieurs croupes de couches différents entre eux soua Te rapport de Tâge, et correspon- «lant aux formations secondaires actuellement reconnues par les géologues dans diverses parties de TAUemagne. Il supposait que les continents européens étaient restés couverts par la mer jusqu'à la formation des couches marines que l'on désigne en Allemagne sous la dénomination de Muschelkatk, et pensait que les plantes terrestres renferma dans plusieurs dépôts de l'Europe, attestaient Texistence de la terre ferme dans le voisinage de Tanciennemer, — circonstance d'où il était naturel de conclure qu'un continent avait dû , jadis, occuper la place de roeéan actuel. Il expliquait la disparition totale de ce continent, en disant que l'enfoncement successif de plusieurs de ses parties* dans des cavernes souterraines, avait grmdueilemeni déterminé son engloutissement général sous la mer. Quant à l'état de bouleversement dans lequel se trouvent à présent un grand nombre de couches sédi-

J449) Acia aeadenûœ eUctoraiis moguntimt^ . Il, Erfoit.

<450) Ces détails sur Focbsel sont tirés irune eietliaite analyse de ses mémoires, due à M. Kefers- {JcurnJtU géclogie^ lom. Il, ocl. 1830.)

mentaires, €pï*i\ considérait comme ayant dû être horizontales à Torique, iJ Tattribuait à des oscillations postérieures du sol.

Il pensait que, de même que les anciennes périodes virent naître des plantes et des animaux, de même aussi l'homme dut figurer parmi les êtres animés de ces temps priimitus. Mais tous les hommes, dont peu à peu la terre se peupla, ne dérivèrent pas d^nn seul et même couple ; ils furent créés sur divers points de la surface du globe, et des centres de naissance furent aussi nombreux que les langages primitifs des nations.

Fuchsel, dans ses écrits, laisse apercevoir un très-vifdésir d'expliquer les phénomènes géologiques, autant que possible, par l'action de causes connues, et, quoique plusieurs de ses hypothèses soient entièrement dénuées de fondement, ses idées n'en sont pas moins bien plus d'accord avec celles qui dominent généralement aujourd'hui, que ne le sont les théories promulguées postérieurement par Wemer et ses partisans.

Guslavus Brander publia, en 1776, ses Foiiilia Hautonientia, ouvrage qui renferme d'excellentes figures des coquilles fossiles trouvées dans les couches marines les plus modernes de l'Angleterre. On a, dit-il dans sa préfëcejodoplé diterêet opinions touchant la question de savoir quand et comment ces corps ont été déposés. Les uns pensent que ces dépôts sont dus au déplacement graduel de la mer^ et qu'ils ont mis un temps considé^ rable à se former, etc., tandis que d autres, et c'est le plus grand nombre, en -rapportent la cause au déluge. Cette conjecture, toutefois, ajoute Brander, doit être considérée comme purement hypothétique, lors même qu'oh admettrait l'universalité du cataclisme dilurien. Suivant lui, les testacés et les autres animaux fossiles provenaient, pour la plupart, d'espèces inconnues; et quant à ceux qui appartenaient à des espèces connues, il supposait que leurs anafog^ues vivants habitaient les latitudes méridionales.

Soldani appliqua avec succès ses connaissances en zoologie .à l'explication de Thistoire des masses stratifiées. Il prouva que, de même que les zoophites et les testacés microscopiques vivants habitent les profondeurs de la Méditerranée, de même aussi les espèces fossiles se trouvent dans les dépôts qui, par la ténuité de leurs molécules et par 1 absence complète des galets, indiquent qu'ils se sont formés dans une mer profonde, ou loin du rivage. Cet auteur est le premier qui ait observé l'alternance des couches marines et des couches d*eau douce qui existe dans le bassin de Paris (451).

En 1793, une controverse animée s'éleva entre Fortis et Testa, autre naturaliste italien, à l'occasion des poissons de Monte- Bolca. Les lettres (V52) de ces deux savants, écrites avec autant de vivacité que d*élé-

(i5l) Saggiû orithografco, etc. ; 1780, et autres

ouvrages*

(ABt) Lelt, $u ipesci fosiili de monte Botca; Milan; 17Ô3.

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DICTiONNAiRE DE COSMOGONIE

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gance, font voir qu ilsalgnoraient pas qu un Krand nombre de coquilles subapcnnincs étaient identiques avec des espèces encore existantes, et que quelques-unes d'entre €lles avaient leurs analogues vivants dans la zone torride. Fortîs mit en avant une con-

iecture assez bizarre : il supposa que, lorsque es volcans du Vicentin étaient en activité, les eaux de l'Adriatique avaient une température plus élevée que l'ellcs qu'elles ont eue depuis que ces volcans ont cessé de brûler; et, par suite de ce raisonnement, il fut conduit à croire que les coquilles particulières i des régions beaucoup plus chaudes que Titalie pouvaient avoir peuplé jadis les mers de cette contrée. Quant à Testa, il semblait disposé à penser gue les espèces de testacés dont il s'agit étaient encore communes aux mers équinoxiales et à celles de son propre pays, appuyant cette opinion sur ce que plusieurs de ces espèces, qu'on avail cru pendant longtemps appartenir exclusivement à des régions plus cliaudcs, avaient été postérieurement trouvées dans la Méditerranée (153).

Tandis que, de concert avec Cortesi et Spallanzani , les naturalistes italiens dont nous venons de parler s'occupaient activement à signaler Tanalogie qui existe entre les dépôts des mers modernes et ceux des mers anciennes, et la manière d'être, ainsi que Tordre d'arrangement des habitants de ces mers ; et tandis que, d'un autre côté, les recherches relatives aux roches volcaniques anciennes jet modesnes se poursuivaient avec quelque succès en Italie, Whitehurst (4^54) et Wallerius, deux des observateurs les plus originaux parmi les écrivains anglais el allemands, employaient leurhabiletéà soutenir, suivant la vieille hypothèse Woodward , que toutes les couches avaient été formées par le déluge de Noé. Whitehurst, toutefois, racheta en quelque sorte celle erreur par la description parfaitement exacte qu'il lit des roches du Derbyshire ; el de plus, il répara le tort que ses fausses idées théoriques avaient pu faire à la science, en fournissant lui-môme des armes pour les combattre.

Ce fut vers la fin au xviii' siècle que la nécessité de diviser en groupes distincts les différentes masses minérales dont se compose la croûte du globe, commença à se faire sentir généralement, et que l'examen des rapports que ces masses ont entre elles devint l'objet favori des éludes de tous ceux qui s'occupaient de géologie. Pallas el Saussure figurent au premier rang des savants dont les travaux contribuèrent le plus à ce

(453) Cel argumeutde Tesla a été confimé, il y a quelques années, parla certitude qu*on acquit que «les loarcnands de coquilles, dans la vue de tirer un plus

Î^rand profit de certaines espèces de la Méditerranée, es avaient pendant longtemps vendues pour des» coquilles appartenant à des latitudes plus méridionales et plus éloignées. Il parait, surtout d'après plnsieurs certaines d'expériences faites par le capi- . laine Smith, dans la Méditerranée, de la surface à huit brasses de profondeur, que la température de cette mer est de 5« 1;2F. (l-tit cent,), terme moyen, plus élevée que celle de la partie occidentale de

résultat. Après un examen attentif des deui grandes chaînes de montagnes de la Sibérie, Pallas annonça que les roches granitiques occupaient le milieu de ces chaînes; aue b roches schisteuses s'appuyaient laléraWnl contre le granit, et que les roches calcaires, à leur tour, reposaient sur les schistes,arrangement qu'il considérait comme éUnl îa preuve qu'une loi générale avail présidé i la rormation de toutes les chaînes composées principalement de roches primitives (io3\ Dans ses Voyages en Russie (1793 et 179ij, il fit plusieurs observations importantes sur la disposition des couches modernes situées près du Wolga et de la mer Caspienne, el prouva qu'à une époque assez récente de riiistoire de la terre, l'élendue de cette mer avait été plus considérable qu'elle ne Test aujourd'hui. Son mémoire relatif aux ossements fossiles de la Sibérie, attira rattenlioa des observateurs sur quelques-uns des phénomènes géologiques les plus remarquables. Il diclara avoir trouvé dans le sol cou^elé un rhinocéros tout entier, encore pourvu de sa chair el de sa peau. Cette circonslanfe qui, d'abord avait paru douteuse, fut conlirméc quelque temps après par la découverte que 1 on lit sur les bords de la mer du Nord d'un éléphant enfermé dans une masse lie glace (456).

Les sujets relatifs à Tliistoire naturelle qui tiièrent rattentionde Pallas, furent trop multipliés pour qu'il pût consacrer m grande partie de ses travanx à la géologie exclusivement. Quant à Saussure, il s'attacha surtout à l'élude de la structure des Alf>es et du Jura, et fournit à la science des données dont ceux qui vinrent après loi devaient profiter d'une manière si utile. H n'eut la prétention de déduire aucun système général de ses intéressantes et nooibreuses observations ; et le petit norahrf d'opinions théoriques qui lui échappèrent semblent, comme celles de Pallas, avoir pris naissance dans les spéculations cosmologiques des auteurs qui l'avaient précédé.

En 1775, Werner fut nommé professeur de minéralogie à l'Ecole des mines de Frerberg, en Saxe. Il dirigea son attention, noaseulement sur la composition et les caractères extérieurs des animaux, mais aussi sw ce qu'il appelait /a j^ojno«i>, c'est-à-dire, là position naturelle des minéraux dans chaque espèce de roches, le groupement de ces roches, leur distribution géographique et leurs rapports divers. Les phénomènes observés dans la structure du globe n'avaient

rOcéan Atlanlique. Ce fait trés-imporUnl peut, jo^ qu'à un certain point, aider à expliquer la m» par suite de laquelle plusieurs espèces sont cor ini nés aux latitudes des tiopiques et à celles de u Méditerranée.

(454) Inauiry into the original tlale and fom&i^^^ of the eartn (Recherches sur Torigine et la foiif-*' tion delà terre); 1778.

(455) Obierv. sur la formation des mnltÇ^'- (.ici. petrop,^ ann. 1778, part, i.)

(456) Nov. comm. peir. xvii; Cvyitn, ^M Pailas.

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ET DE PALEONTOLOCIE.

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guère serri jusqu'alors qu'à fournir d'intéressants sujets de discussion philosophique; mais quand Wemer signala leur apftlication è Tusage pratique de 1 art du mineur, l'élude de ces phénomènes fut, dès ce moment, considérée par une classe d'hommes trèsnombreuse, comme devant constituer une des parties les plus essentielles de l'éducation qui convenait à leur profession; et depuis lors, la géologie fut cultivée en Europe d'une manière plus systématique, et avec plus d'ardeur quu jamais. Werner joignait à une imagination brillante un esprit orné d'une immense variété de connaissances. A sa science favorite il associait l'étude de toute espèce de suicts; et dans ses leçons, qu'il savait orner d une foule de digressions intéressantes, il indiquait tons les usages domestiques des minéraux, ainsi que leurs propriétés médicales ; Tintluence de la composition minéralogique des roches sur le sol, et celle du sol, à sou tour, sur les ressources, la richesse et la civilisation de l'homme. De même, disait-il, que les vastes

F laines sablonneuses de la Tartane et de Afrique maintenaient leurs habitants à l'état de bergers errants; de mèuie aussi, suivant lui, les montagnes granitiques, et les teixains calcaires et d*alluvion situés à des niveaux intérieurs, donnaient lieu à des différences marquées dans les mcsurs, ainsi que dans les de^^rés de bien-être et d'intelligence de ceux qui les habitaient. L'histoire même des langues, et les migrations des espèces, avaient, prétendait-il encore, été déterminées \iàr la direction de telles ou telles couches particulières. Les qualités de certaines |iierres à bâtir devenaient pour lui, quekjuefois, Toccasion d'un long discours sur I architecture de différentes époques et de dilférep*^ peuples; comme aussi la géographie physique d'un pays l'amenait souvent à traiter de la tactique militaire.; Le charme de ses manières et son éloquence excitaient Tenthousiasme de ses élèves, au point que plusieurs d'entre eux, qui n'araîent eu d*at>ord d'autre ambition ^ue d'acquérir quelques notions superficielles de minéralogie, se dévouaient, une fois qu'ils l'avaient entendu, à l'étude de cette science, «xkmme à la orincipale affaire de leur vie. Ce f t«t ainsi qu en peu d'années une petite école des mines jusqu'alors inconnue en Europe, s'éleva au rang d'une grande université, où des hommes déjà distingués dans la science se rendaient des pays les plus éloignés pour entendre le grand oracle de la géologie, dont ils avaient étudié la langue dans la seule intention de pouvoir le comprendre (^57). Wemer avait la plus grande antipathie

r^ur le travail mécanique de récriture ; aussi l'exception d'un traité important sur la ForwuUiim des filons ^ ne put-il jamais se résoudre à écrire qu'un petit nombre de mémoires, lesquels encore ne contiennent aucoQ développement de ses opinions générales. Quoiqu il fût d'une modestie excessive, et

(157} Covio, Bloge àt Wemer.

que cette modestie allflt même quelquefois jusqu'à la timidité, il se livra aux généralisations les plus hardies et les plus tranchantes, et sut inspirer à tous ses disciples une foi implicite dans ses doctrines. Leur aduiiratiou ))Our son génie, et les sentiments de reconnaissance et d'amitié que tous ils éprouvaient pour lui, étaient sans doute bien mérités; mais la suprême autorité qu'il exerça sur les opinions de ses contemporains fut quelquefois préjudiciable au progrès de la scien'^e, au point de balancer les avantages qu'elle retirait de ses talents. S'il est vrai que i'éio- .quence soit la première, la seconde et la troisième chose nécessaire à un orateur populaire, il est tout aussi vrai que les voya* ges sont la première, la seconde et la troisième condition de succès pour ceux qui liésirent acquérir des notions étendues et précises sur la structure du globe terrestre. Or, Werner n'avait f as voyagé dans des pays éloignés; il s'était borné à explorer une petite portion de l'Allemagne, et de là l'erreur dans laquelle i} tomba et qu'il fit partager aux autres, savoir, que la surface entière de notre planète et toutes les chaînes de montagnes qui existent dans le monde, n'étaient que la représentation de ce qu'on observait dans son propre pays. Bientôt le désir de confirmer les généralisations de cet illustre maître, et de découvrir jusque dans les parties les plus éloignées du globe les formations universelles qu*il supposait avoir été, à diverses reprises, simultanément précipitées d'un dissolvant commun , fluide chaotique f sur toute Tétendue de la terre, devint le but principal de l'ambition de tous ses élèves. Mais il parait qne le professeur saxon s'était trompe dans 1 interprétation de plusieurs phénomènes des plus importants, parmi ceux mêmes qu'il avait observés dans le voisinage de Freyberg. Ainsi, [lar exemple, le porphyre que l'on rencontre à une journée de distance de son école, et auquel il avait donné le nom de porphyre primitif, fut reconnu depuis, non-seulement comme envovant des dykes et des veines dans les couches de la formation houillère, mais encore comme recouvrant en masse ces mêmes couches. D*un autre côté, il demeure avéré aujourd'hui que le granit des montagnes du Cartz, que Werner croyait être le noyau de la chaîne, traverse les autres couches jusqu'à Goslar ; en même temps que dans l'Erzgebirge , plus près de Freyber^e encore, le micaschiste, au lieu de recouvrir le granit , ainsi qu'on l'avait supposé, vient abuter brusquement contre cette roche. De plus, M. de Seekendorf a trouvé récemment dans le granit du Hartz, des fragments de grauwacbke schisteuses, renfermant des débris organiques.

Le principal mérite du mode d'enseigne* ment de Werner consistait à diriger invariablement l'attention de ses disciples sur les rapports constants qui se manifestent dans la superposition de certaines masses

DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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minérales ; mais , ainsi qu*on Ta vu, plusieurs géologues italiens et autres l'avaient devancé dans la découverte de cette loi générale. Quant aui principales divisions des couches secondaires établies par le célèbre professeur William Smith, auteur anglais, h I ouvrage duquel je reviendrai dans un instant, en fit, vers le même temps, de son côté, la base d*une classification des couches britanniques.

Si à l'égard du basalte et des diverses autres roches ignées, la théorie de Werner avait une certaine originalité, il faut bien convenir aussi que, d un autre côté, elle ne laissait pas dêtre extrêmement erronée. Les basaltes de Saxe et de Uesse, sur lesquels ont porté plus particulièrement ses observations, consistaient en masses tabulaires qui recouvraient la partie supérieure de? v^flines, et n'avaient aucune liaison avec les niveaux des vallées actuelles, comme plusieurs des formations basaltiques de l'Auvergne et du Vivarais. Suivant lui, ces tiasaltes n'étaient, ainsi que toutes les autres roches de la même famille qui pouvaient se trouver ailleurs, que des précipités chimiques résultant des matières tenues en dissi>lution dans Tcau. Non-seulement il niait qu'ils fussent les produits de volcans souymarins, mais il allait même jusqu'à soutenir que dans les premiers âges du monde il n'y avait pas de volcans du tout. Sa théorie étart doublement opposée h la doctrine qui admettait l'action permanente des mômes causes; car, outre qu'il introduisait sans scru- 'pule, dans son système, plusieurs causes imaginaires qui , après avoir produit jadis de grandes révolutions dans l'intérieur de la terre, avaient, à la longue, cessé d'agir, il •en faisait aussi intervenir de nouvelles, dont l'action n'avait commencé à se manilester que dans les temps modernes. Parmi cellesci, il faisait figurer au premier rang les feux souterrains, qu'il considérait avec raison comme étant la cause de changement la plus énergique.

Dès! année 1768, et avant, par conséquent, que Werner eût commencé ses études minératogiques , Haspe avait reconnu d'une manière très-positive l'origine ignée des basaltes de Uesse. D'une autre part, Arduino avait, ainsi que nous l'avons déjà tu, signalé l'analogie qui existe entre les nombreuses variétés de trapps du Vicentin et les produits volcaniques, et de cette analogie il avait conclu que la formation de ces trapps devait être attribuée à d'anciennes irruptions sous-marines. En 17C6, Desmarest, conjoiotement avec Forlis, étudia le Vicentin, et confirma les opinions d'Aniuino. En 1772, ' Banks, Solander et Troïl, comparèrent le basalte colomnaire de l'Hécla avec celui des Hébrides. Collini, en 177k, reconnut la véritable nature des roches ignées situées sur les bords du Rhin, entre Andernach et Bonn. En 1775, Guettard visita le Vivarais, et éta-

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