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blit te rapport qui existe entre les couraïus basaltioue et les laves. Enfin , en 1779, Faujas publia sa Description des volcans du Yù varais et du Velay^ et fit vo r de quelle manière les courants du basalte s'étaient échaiv pés de cratères qui, aujourd'hui encore, se trouvent dans un si bel état de cooserya^. «on (458).
De saines opinions sur la nature véritable des anciens trapps régnaient depuis vingt années en Europe, lorsque Werner, jwJe ^eulfaitde son autorité, occasionna à cet égard un mouvement rétrograde dans les esprits, non-seu'eraent en renversant une théorie vraie, mais en y substituant, en outre, la doctrine la plus an li philosophique qu'on pût imaginer, La prépondérance soutenue ae ses dogmes , relativement aux roches en question, était d'autant plus surprenante, qu*une multitude de faits nouveaux, et tous plus frappants les uns que les autres, s*accumulaient journellement en faveur des opinions vraies qui dominaient avant les siennes. Après s'être livré à un examen très-attentif de l'Auvergne , Desmarest s'occupa de classer par âges les divers volcans qu'on y observe. H les divisa en trois époques, et rangea dans la prem\èro les plus récents , ou ceux dont les cratères sont encore entiers. Les laves que ces volcans ont jetées forment des courants qui se -sont répandus dans les plaines voisines, en se moulant sur les inégalités de la surface du sol. Dans la seconde, il comprit ceux oili les cratères ont dis[)aru totalement , où les courants sont placés à la superûcie des plaines élevées, ei où différentes portions de ces courants sont séparées par des vallons larges et profonds. Dan^ la troisième,- enfin, il plaça ceux qui, plus anciens encore que les autres,* ne laissent apercevoir aueune trace de -cratères ni de scories. Il remarque, en outre, que les matières qui constituaient ces derniers offraient la plus grande analogie avec certaines roches situées dans d'autres parties de l'Europe, mais dont l'origine volcanique était contestée par l'écxile de Freyberg (ii59}.
La carte d'Auvergne de Desnaarest est un ouvr#je d'un mérite i»eu ordinaire. La prcraièro'chose qu'il fit , en entreprenant cette tAche, fut le relèvement trigonométrique ila pays ; puis il traça la partie relative à la géographie physique, travail dont il s'acquitu avec une exactitude rigoureuse et un talent graphique admirable. Il essaya en méine temps de représenter, sans l'aide des couleurs, une infinité de détails géologiques, tels, entre autres, que les différents âges, et même quelquefois la structure des roches volcaniques , qu'il trouvait moyen de distinguer des rociies granitiques et des for* mations d'eau douce. Ceux qui ont soigneusement étudié l'Auvergne, et suivi les traces des différents courants de lare au*oa y rencontre, depuis les cratères qui les ont pro-
(i58) CuvEiR, Eloge de Desmarest. vantes Voy, aussi les Mém. de Vlntt.^ Siences ma-
(459) Journ.de pitys.y vol. XUl, p. 118 et sui- tbémat. eipliys., vol. Yl,p, ti9^
6i9 GEO ET DE PALE(MHTOLOGlE.
doits jusqu'à leurs HœUcsrqui ont observé les divers chapeaux basaltiques isolés qui s'y trouvent ; les rapports de certaines laves avec les vallées actuelles ; Tabsence de ces rap-
6{tf
ports dans quelques 3as; ceux-là, dis-ie« peuvent seuls apprécier l'extrême fidélité de ce travail, que tout, en vérité, concourait à rendre aussi intéressant que possible ; car, indépendamment de ce qu aucune autre région d'une pareille étendue , en Europe, n*ofirait peut-être une série de phénomènes aussi variés et aussi magnifiques que TAuver^ne, il a appartenu à Desmarest de réunir tous les genres d'instruction nécessaires à Taccomplissement d'une tâche aussi difficile, tels que les connaissances mathématiques qu'exige la construction d'une carte , celles qui caractérisent le minéralogiste éminent, et, de plus, une habileté peu commune en fait de généralisation.
Dolomieu, autre contemporain de Weroer, avait trouvé des basaltes prismatiques parmi les anciennes laves de l'Etna. En 1784, il observa les alternances <le laves sous-marines et de couches calcaires que présente le Val di Noto, en Sicile, et décrivit, en 1790, les phénomènes du même genre qu'on remarque dans le Vicentinet dans le Tyrol. Montlosier publia^en 1788, un essai sur la théorie des volcans d'Auvergne , ouvrage où à des observations locales extrêmement exactes se trouvent réunies des vu^s assez étendues. Cependant, qui le croirait ? Mal^ gré tant de laits évidents , les disciples de Werner n'en restèrent pas moins disposé^ à défendre ses opinions envers et contre Ums, allant jusgu à soutenir, dans la plénitude de leur loi, que l'obsidienne même éiaii un précipité aqueux. Aveugles qu'ils étaient, par leur vénération pour le grand professeur, ils brûlaient d'impatience de ▼oir la lutte s'ouvrir entre eux et leurs adversaires. De leur côté, les Yolcanistes ne furent pas longtemps sans éprouver une disposition semblable. Le ridicule et l'ironie devinrent les armes favorites des deux sectes rivales, qui, s'en servant de préférence à de bonnes rai&ons, finirent par donner À leur controverse un caractère d'amertume dont, jusqu'alors, les questions relatives aux sciences physiques n'avaient, en quelque sorte, offert aucun exemple. Desmarestseul, qui depuis longtemps tenait en réserve une ample provision de matériaux pour réfuter cette théorie, restait en dehors de la dispute ; si bien que chaque fois
3u*uD neptuniste zél^ cherchait à l'engager ans quelque discussion, il se contentait de lui répondre : « Allez et voyez (kW). w
Il serait sans exemple qu'une guerre, ayant pour motif quelque matière grave, eût éclaté sur le continent avec l'énergie, i>our ne pas dire la fureur, qui caractérisa la lutte dont il s'agit, sans que les habitants de nie voisine de la France y eussent pris
part. Quoique, en Angleterre, les esprits ne fussent pas dominés par l'influence personnelle de Werner, ceux que leurs connais- ' sances mirent h même de s'associer à la discussion, soutinrent le côté faible de lia question, s'efforçant de trouver quelques bonnes raisons pour justifier leur enthousiasme eu faveur des erreurs du théoricien allemand. Pour aider le lecteur à comprendre les motifs particuliers de ceux qui, poussés par l'esprit de parti ou par d'autres vues, entrèrent dans la lice, il est nécessaire de mettre sous ses yeux l'esquisse des opinions professées par Uutton, contemporain du géologue Saxon. Hutton avait reçu une éducation conforme à Té.tat de médecin, qu'il devait embrasser; maïs, ne se sentant point de {;oût pour cette profession, il résolut, tout jeune encore, de se contenter de la position modeste, mais indépendante^ que lui avait assurée l'héritage de son père, et de s'adonner entièrement à l'étude des sciences. Il résidait à Edimbourg, où 11 se trouvait entouré de plusieurs hommes d'un mérite éminent, qui, tous attirés par la simplicité de ses mœurs et la sincérité de son caractère, étaient devenus ses amis. Son amour pour la science, qui ne se démentit jamais, l'engagea à faire de fréquentes excursions dans différentes parties de TAnffleterre et de l'Ecosse, ce qui lui donna roccasion d'acquérir une habileté peu commune coinme minéralogiste, et d'étendre les grandes erbelles idées qu'il avait comme géologue. Il communiauait les résultats de ses observations sans la moindre réserve, et avec l'abandon qui convient à un homme qui n'a d'autre mobile que l'amour de la vérité. En 1788, lorsque ses idées lui semblèrent assez mûres, il publia sa Théorie de la terre (Ml) , la même que plus tard, en 1795, il développa d'une manière bien plus oomplète dans un ouvrage séparé. Ce traité est le premier dans lequel il ait été déclaré que la géoloeie est tout à fait étrangère aux aueêiioHê reuuives à l'origine des choses; le premier dans lequel ont ait tenté d'écarter entièrement toute cause hypothétique, et tâché d'expliquer les anciens changements de l'écorce terrestre par l'action exclusive d'agents naturels. Hutton s'efforça d'établir,
§our sa science favorite, des principes aussi ien déterminés que ceux que Newton avait appliqués à l'astronomie; mais malheureusement la géologie n'était pas encore assez avancée pour fournir à aucun naturaliste, quel que fût d'ailleurs son génie, les données nécessaires à la réalisation d'un tel but.
La structure actuelle de notre planète^ dit Hutton, révile les ruines Sun monde ancien. Ainsij par exemple^ tout atteste. que les cou^ ehes^ dont sont formés nos continents^ ont jadis séjourné sous la merf et que les matériaux dont elles se composent proviennent des débris de continents préexistants. D^un autre cdtéf
(i60)Cwicft, Eiùçe de Desmaresl.
(iOI) Ed. pkii. fr«fM. ; 4788 (Trunsacliont philosophiques (T Edimbourg.)
DiCTioïfx. drXosuogopiib et de Paléontologie.
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GEO
DIGTIONNAIRE 0£ COSMOGONIE
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et
mon-seulement les forces qm agissent aujourdhui sont les mêmes que celtes qui agissaient \mtrefoiSy mais^ de ptusy elles se comportent 'exactement de ta même manière y détruisant tout y jusqu'aux roches les plus dures, soit par voie de aécomposition chimiquCy soit à Vaide dune action mécanique violent Cy et transporttant les matériaux qu^ elles ont déplacéSyjus^ qii*à la mery oà ceux-ci se disséminent et don-nent naissance à des couches analogues à celles d'autrefois. Bien que sans consistance au moment où s'opère leur dépôt sur le fond de ta mery tes couches ainsi produites subissent plus tard différentes modifications dues à la chaleur volcanique y qui les solidifie y les soulève y les fracture et les contourne en tous sens.
Quoique Huttoti n'eût jamais exploré de régions de volcans 'en activité, il ne formait pa? le plus léger doute sur Torigine ignée iiu basalte et de divers autres trapps; il était, en outre, convaincu que plusieurs de ees roches avaient été injectées à l'état de fusion, dans des fissures de couches anciennes, ot il attribuait leur compacité, ainsi que la différence d'aspect qu'elles présentent avec les laves ordinaires, a ce que leur refroidissement s'était opéré sous la pression de la mer. Dans la vue d'éloigner toutes les objections soulevées contre cette théorie, sir James Hall, son ami, entreprit une suite d'expériences des plus curieuses et des plus instructives, tendant h montrer Tarrangement cristallin et la texture qu'affecte la matière en fusion, quand elle se refroidit sous une haute pression.
Le défaut de stratification du granit, et son analogie, sous le rapport du caractère minéralogique, avec d'autres roches que Hutton considérait comme étant d'origine ignée, le portèrent à conclure que le granit provenait aussi de matières qui avaient été fondues. Toutefois il comprit que ce fait ne pouvait être pleinement confirmé que s'il parvenait à découvrir, au contact du granit et des couches voisines de celte roche, des phénomènes semblables à ceux que présentent si constamment les trapps. Résolu de soumettre sa théorie à cette épreuve, il se rendit aux monts Grampians, et s'y livra à l'examen le plus attentif de la ligne de jonction du granit et des masses stratifiées qui lui sont superposées. Enfin, en 1785, ses efforts furent couronnés d'un succès complet : il trouva dans le Glen-Tilt les preuves les plus ft'appantes et les moins équivoques de la justesse de ses opinions. Là s'ourent à la vue des veines de granit rouge, qui, en se dégageant de la masse principale, traversent le schiste micacé noir et le calcaire primaire. I^ couleur et l'aspect des couches stratifiées, coupées par le granit, diffèrent tellement de ceux de cette roche, qu'ils rendent très-sensible l'exemple qu'on observe dans cette localité. De plus, l'altération du calcaire en contact avec le granit offre une ana-
(i62) Platfajb's Works (Œuvres de Playfair) , vol. IV, p. 75.
logie parfaite avec celle qui résulte da ^oU sinage des veines de trapps par rapport ai» strates calcaires. Ce fait, qui venait confir' mer son système, lui causa une satisfaciion si vive, que, suivant sou biographe, les {^ides qui l'accompagnaient crurent, i en juger par les démonstrations de joie auiquelles il se livra, qu'il avait découvert une mine d'or, ou tout au moins d'argent (ifô). Sachant fort bien oue la même tnéone ne pouvait pas servir a expliquer l'origine des schistes prtmatret, terme qu'il employait de préférence à celui de primitifsy Hutton était assez porté à considérer ces schistes comme formés par voie de sédiment, puis altérés par la chaleur, et comme i)rovenant originairement de la décomposition de roches antérieurement existantes.
A l'aide de la découverte importante de ces veines de granit, où l'avait conauit^par induction, une classe de faits entièrement ï part , Hutton ouvrit la voie h des idées coin-
ftlétement nouvelles. Vallisneri avait sipalé e fait général de l'existence de certaines roches ne renfermant aucun débris oi^ani-
3 lie, et il en avait conclu que la formation e ces roches devait avoir précédé la création de tout être vivant. Moro, Generelli,et Î)lusieurs autres auteurs Italiens, adoptèrent a même opinion. De son» côté, Lehmann regardait les montagnes qu'il avait appelées primitives comme autant de parties du noyau originel du globe. Ce principe était devenu un article de foi dans l'école de Freyberg; et s'il arrivait que l'on témoignât le moindre doute sur la possibilité de uire remonter les recherches géogéniqucs à Tori-
(fine de l'état actuel des choses, on en appeait avec triomphe aux roches granitique, il semblait que sur ces roches était écrite en caractères distincts cette inscription mémorable :
Dinanii a me ru)n fur eou ereate.
Se noneterne (465).
On peut se fi jurer, d'après cela, quelle* sensation produisit Hutton, lorsqu'il essajra de porter une main sacrilège sur des camlères que déjà tant de gens regardaieni comme sacrés. « Je ne puis , disait le çéotogue écossais , trouver dans l'économie du monde, ni les traces d'un commencement, ni la perspective d'une fin, » déclaration (pj parut bien plus alarmante encore, q»»^!^ vint s'y joindre la doctrine gui admejtaw que tous les changements anciens da glû^ avaient été produits par l'action lente a« causes encore existantes. L'imagination »• tiguée des efforts qu'il fallait faire pourcoc»prendre l'immense espace de temp nécessaire à l'anéantissement de tous les continents, par un procédé aussi insensible»
n'entrevoyait, après avoir erré au milieu JJ ces interminables périodes, aucun point û* repos, même à la distance la plus éloignée-
(4G5) f Avant mot rien ne futciéé Sinon ce qoi est éternel. »
{L'enfer de Dante, clianl, m.)
GCO
Et DE PALEONTOLOGIE.
GEO
Les roches les plus anciennes étaient oonsidéréest non comme ayant été créées primitiTcment, dans Tétat où elles sont aujooi^ d*biii , mais comme prorenant des débris d'autres roches plus anciennes encore. On les regardait, en outre, comme les dernières d^une série antérieure, qui, peut-être, elle* même, arait appartenu à quelque monde préexistant. Dételles idées étaient, relaiiremenl àfimmensité des temps passés, comme celles auxquelles la philosophie Mewtonienue ataiL donné naissance à Té^rd de Tespace, c*est^-dire, qu'elles étaient si tastes, que ce qu'elles offraient de sublime ne pooTait manquer de produire surl'espril numain un sentiment pénible, dû à son incapacité d'embrasser un plan d'une étetidoe aussi prodigieuse. Comment', en effet, contempler, sans un profond saisissement, la nnltitiule innombrable de mondes qui , sitëés entre eux à d'énormes distances, se succèdent jusqu*aux confins de l'unirers visible, où d'autres systèmes non moins nombreux se laissent encore faiblement apercevoir T
Le trait caractéristique de la théorie hut- Ionienne consistait, ainsi que nous avons
Îm l'entreToirdéjà, dans l'exclusion de toutes es causes que 1 on considérait comme étant en dehors de Tordre actuel de la nature. Mais Hutton n'alla jamais au delà de ce qu'avant loi dé^à, Hooke , Moro et Raspe avaient avancé sur les changements géologiques que poon aient occasionner les causes qui, de nos jours, donnent lieu aux mouvements souterrains, si un temps suffisant leur était accordé. Il semble, au contraire , être resté bien en arrière de quelques-unes de leurs idées, surtout ' lorsqu'il refuse d'admettre que les sédiments contribuent à modifier la coDfiffliratfon extérieure de l'écorce terrestre. Il imaginait que, dans le principe, les continents avaient été détruits graduellement par l'action de l'eau , et que, lorsque leurs mines eurent fourni les matériaux nécessaires a la reproduction de nouveaux continents, ceux-ci furent soulevés par l'effet de quelques violentes convulsions. Or, une semblable théorie, exigeant la supposition d'une alternance de périodes de bouleversement générel et de périodes de tranquillité, Hatton dut nécessairement admettre qu'un tel ordre de choses avait toujours existé et qo'il subsisterait toujours.
Sans son exposition du système de Moro, GenerelU avait sut>eaucoup mieux concilier les fSûts Observés arec le cours ordinaire de la nature; car, en même temps qu'il était d*aeeord avec Hutton, relativement à la destraction et à la reproduction continuelle des roches, et à la manière uniforme dont s*aceomplissaient ces phénomènes, il considérait le rétablissement des montagnes par ▼crie de soulèvement, c'est-è-dire, par l'effet d*nn mouvement de bas en haut , comme étant le résultat d'une opération tout à la ftns constante et synchroniaue. Envisagée néparément, aucune de ces théories ne salîibit k toutes les conditions du grand pro-
blème qu'un géologue, qui rejette les causes rosmolo^ques, est appelé à résoudre; mais il est du moins très-probable que dans leur ensemble elles renferment les germes d'un système complet. De même qu'on ne peut mettre en doute que des périodes de bouleversement et de tranquillité se sont sucoMé tour à tour dans toutes les régions du globe , de même aussi ne peut-on nier que, considérée par rapport au ghbe ter^ resire entier j Ténergie des mouvements sou* terrains a, suivant toute apparence, été cous* tamment uniforme. Il se pourrait , en outre, que, durant une longue suite d*années« la force qui occasionne les tremblements de terre fût restée limitée, ainsi qu'elle Test actuellement à certains espaces vastes, mais détermina ; puis, que se déplaçant graduellement, elle eût été se faire sentir en d'autres lieux, qui, après un repos de plusieurs siècles, fussent ainsi devenus à leur tour le théâtre de l'action souterraine la plus énergique.
L'explication proposée par Hutton et par Pla^fair, son commentateur, à l'égard de l'ongine des vallées et des formations alluviales, était aussi très-incomplète. Ces deux géologues n'attribuaient aucune des inégalités de la surface terrestre aux mouvements qui ont accompagné le soulèvement des continents; ils supposaient qu'en général le creusement des vallées était dû à Faction séculaire des rivières qui y établissent leur cours, et semblaient otiblier entièrement la force de transport et d*érosion que les vagues de l'Océan devaient nécessairement exercer sur les continents, durant leur émersion.
Bien que Hutton possédât en minéralogie et en chimie des connaissances très-élendues, il n'avait, à l'égard des débris organises, que des notions fort limitées qui ne lui servirent, ainsi qu'elles l'avaient fait pour Wemer, qu'à caractériser certaines couches, et à prouver leur ori^e marine. D'un autre côté, comme la théorie, qui admettait d'anciennes révolutions dans la rie organique» n'était pas encore complètement établie , il en résulta que beaucoup de gens refusèrent d'adopter 1 hypothèse de Hutton, donnant pour raison qu'une doctrine, qui s'appuyait surdes périodes indéfinies, ne pouvait être admise sans le secours de preuves qui, ainsi que ces révolutions, fussent de nature à attester Tancienneté du globe. Qoelques-un s même, jugeant cette doctrine incompatib le avec les vérités révélées, allèrent jusqu'à se lirrer à des soupçons fort peu charitables sur les motifs de son auteur. Ils l'accuser eif t d'avoir conçu le dessein de fidre revivre le dogme païen d'une $ucces$ian étemelie , et de nier que ce monde ait jamais eu un commencement. On trouve, dans la Biographie de Huiton, par Playfair, le commentaire suivant sur cette partie de leur théorie : « Dans les mouvements planétaires , là où Tceil de la ^métrie a pénétré si avant, soit dans le passé, soit dans l'avenir, nous n'apercevons aucune trace du commencement ou de la fin de l'ordre de choses actuel. Je
GLO
DIGTIONNÂIIIE DE COSMOGONIE
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dirai môme qu'il serait déraisonnable de supposer crue de pareilles traces pussent ^xisteY mielqûe part. L'auteur de la nature n^a pas aonne & l'univers de lois qui , ainsi que les institutions humaines, portent en elles-mêmes les éléments de leur propre destruction. Il n'a point voulu que ses ouvrages eussent aucun symptôme d enfance ou de vieillesse, ni qu'ils fussent empreints afaucun signe à l'aide duquel il fût possible d'évaluer leur durée future ou passée. Bien que, suivant toute apparence, il puisse met^ tre jfin au système actuel à un certain moment déterminé, ainsi que très -probablement il lui a donné naissance aussi^ nous pouvons être bien assurés qu'une telle catastrophe ne sera jamais le résultat des lois aujourd'hui existantes, et que rien de ce qui est à notre portée ne peut nous la faire prévoir (464). » L'esprit de parti qu'excitèrent contre elle les doctrines huttoniennes, et le manque avéré de sincérité et de modération qui si-
Snala la controverse relative à ces mêmes octrines, ne pourront être justement aperéeiés du lecteur que s'il se rappelle 1 état d'excitation où se trouvait, à cette époque , l'esprit public en Angleterre. En France, une certaine classe d'écrivains s'efforçait, depuis plusieurs années , à saper les bases de la religion chrétienne, dans la vue de diminuer 1 influence du clergé. Leurs succès , auxquels vinrent encore s'ajouter les conséquences de la révolution , alarmèrent les esprits les plus résolus. Qu'on juge, d'après cela, de l'effet qu'un tel progrès dut prôdv.ire sur les hommes timides, pour qui la moindre idée d'innovation était aussi redoutable que les fantômes qui parfois, dans un songe terrible, se présentent à un esprit malade.
Voltaire s'était emparé des découvertes modernes de la physique pour en faire une de ces armes puissantes avec lesquelles il savait si habilement répandre le rioicule sur les saintes Ecritures.
Ayant reconnu que les systèmes de géologie en vogue de son temps avaient été combinés de la manière la plus adroite pour s'accorder avec la Bible, et pour faire coïncider les faitit observés avec le récit mosaïf[tie de la création et du déluge, il n'en falut pas davantage pour lui inspirer une prévention défavorable contre les géologues ,
(AU) PLÀiPAn*8 Works, vol. IV, p. 56.
(465) 11 p.rélendait, en faisant allusion aux théories de Buriiet , de Woodward , et de divers autres auteurs physîco-tbëoiugiens , quils voulaient de grands changement» dans la scène du monde, comme le peuple en vev* aux spectacles, t Chacun d^ux. » disait-il encore, < détruit et renouvelle la terre à sa mode, ainsi que Descartes Ta foriiiéc; car, la plupart des philosophes se sont mis sans façun à la place de Dieu; ils pensent créer un univers avec la parole. > {Dissertation envoyée à C Académie de Bologne, sur tes changements arrivés dans notre globe.) Ciette critique, et bien d'autres encore, dirigées centre les cosmogonistesj n'étaient mallieureusemant que irop fondées.
(i66) Dans M essai , il dit : i Presque tous les nâluralistcs sont persuadés aujourd'hui que les dé-
dont il considérait la science comme une de celles que les théologiens avaient enrôlées avec le plus de succès dans leur cause (Û5). Sachant ({u'on regardait encore, généralement , Timmense quantité de coquilles fossiles renfermées dans Finlérietir des continents , comme une preuve du déluge universel , il résolut d ébranler cet article de foi , et chercha , dans la vue d'arriver à ce but le plus vite possible , à répandre des idées de scepticisme sur la nature réelle de ces cx)quilles , et à réhabiliter ropinion qui les faisait considérer, au xvr siècle, comme des jeux de la nature. Quoiqu'il prétendit que les impressions végétales quon troU' vait dans certaines couches provenaient de plantes véritables, il no laissait pas, néanmoins, d'être parfaitement convaincu, ainsi que Ton peut en juger par son Essai sur la formation des montagnes (46C) , que les coquilles fossiles avaient réellement appartenu à des testacés vivants. Quelquefois, s'adressant aux esprits vulgaires , il changeait de manière de raisonner, et prétendait, au mépris de toute vraisemblance, et quoique connaissant fort bien la vraie nature dos coqurMes recueillies dans les Alpes, ainsi
?ue dans diverses autres localités , qu'elles talent originaires d'Orient, et qu'elles avaient été détachées des chapeaux de pèlerins venant de Syrie. Du reste, les nombreux essais qu'on a de lui sur différents sujets relatifs k la géolosie sont tous de nature à fortifier les prqugés existants. Ils montrent que l'auteur ne connaissait pas l'état réel de la science; peut-être aussi accusent-ils son manque de sincérité (^67). D*un autre côté, ceux qui, tout en sachant
3ue ses attaques avaient pour but de discréiter les saintes Ecritures , ne connaissaient pas la vraie portée de la question , auraient fort bien pu considérer la vieille hypothèse diluvienne comme étant à Tabri de toute controverse, si, pour la cooQbattre, Voltaire n'avait su trouver de meilleur argument que la dénégation de la nature réelle des débris organiques.
Ce n'est qu'en observant avec une attention soutenue les difficultés provenant de causes extérieures , que l'on peut expliquer la lenteur et la répugnance qui , en géolo*
fie, ne manquent jamais d'accompagner adoption des vérités les plus simples. Ainsi.
pots de coquilles, au milieu de nos terres, soni des monuinenls du long s^our de l'Océan dans les provinces oik ces dépouilles se sont trouvées. > Ailleurs encore, en parlant des coquilles fossiles de la Touraine, il admet leur véritable origine.
(467) Pour donner un exemple du désir qu^il avait de répandre du doute sur toute espèce de données géologiques, nous rapporterons le passage suif ant : < On découvrît , ou Ton crut découvrir , il v a quelques années, les ossements d*on renne et J^vn hippopotame, pi^ d*£tampes, et de là on eondot que le Nil et la Laponie ayaieai été autrefois sur le chemin de Paris à Orléans; mnis on aurait dâ plutôt soupçonner qu*ua curieuK avaii eu autrefois , dans son cabinet , le squelette d^uii renne et d'un hippopotame. »
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ET DE PALEONTOLOGIE.
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par exemple , on a vu plusieurs naturalistes nabiles présenter les débris fossiles de cer^ tâins animaux marins comme une des preuyes les plus irrécusables d*un événement rapporté dans la Bible, et cette conclusion passer pour infaillible durant un siècle en-
Yes nouYelles et inespérées. Plusieurs de ceux qui ne se laissèrent pas prendre à ces fausses apparences, se donnèrent bien de ^arde , toutefois « d*en détourner les autres , jugeant qu'une semblable erreur ne pouvait avoir qu*un bon résultat, et pensant, en agissant ainsi , ne commettre qu'une pieuse fira*ide.
Les choses restèrent dans cet état jnsou'à ce qu^une secte nouvelle vint enfin s'efforcer de détruire les idées erronées qui dominaient alors. II est vrai que cette secte, apparaissant avec des idées nostiles aux saintes Ecritures, ne renversa les idées établies que |K>ar les remplacer par d autres non moins irrationnelles.
En Angleterre, les hérétiques vuleanistes se virent, peu après cette époque, en butte aux imputations les plus outrageantes.
Pour comprendre toute la malveillance des persécutions dont ils furent Tobjet , il faudrait nécessairement se reporter au moment où ces persécutions eurent lieu; car, bien qu'en tout temps les accusations d'incrédulité et d'athéisme laissent après elles quelque chose d'odieux, c'est surtout quand 1 exaltation politique est portée à son com- Me« ainsi qu'elle l'était à l'époque dont il s'agit, que leurs effets sont le plus funestes. Pour donner une idée de la manière dont on appréciait ceux contre qui de pareilles accusations étaient dirigées, il suffira de dire que des hommes d'une réputation trèsnéquivoque, sous le rapport ae la morale, leur élaientgénéralement préférés dans le monde.
le passerai sous silence les ouvrages d'un Çtma nombre de théologiens dont la susceptibilité, à l'égard de certains points qui excitaient alors la plus vive inquiétude dans Tesprit public, peut paraître excusable ; je ne parlerai pas non plus de l'aimable poète Cowper (468) , que l'on serait très-étonné de voir prendre parti pour telle ou telle doctrine relative k la physique ; mais parmi les auteurs qui se firent remarquer par leur intolérance, ]e placerai au premier rang plusieurs laïques qui eurent des droits réels à une réputation scientifique. Tels furent, entre autres, Williams, inspecteur des mines d'Edimlx>ure, qui, en 1789, publia une JJisioùre naturelle m règne minéral^ ouvrage de beaucoup de mérite pour l'époque, et d'une grande utilité pratique sous le rapport des excellentes données qu'il renferme sur les couches de houille. Je dois dire cependant que , dans sa préface, il présente la
aeS) Theiatk, bouk m. The garden (La tât-he, bvre m. Le jardin), [iS9) La tàcke^UsTC m, Le jardin^ p. 59.
théorie de Hutton sous un jour complètement faux, et qu'il accuse ce naturaliste d'avoir considère toutes les roehes comme n*étant autre chose que des laves diflérAnt de couleur et de structure les unes à l'égard des autres. Il lui reproche ensuite de s'être emparé de tout ce qui existe, pour en faire un appui à sa doctrine de l'élemité du monoe, s'applique à faire ressortir Tinfluence pernicieuse de ces idées sceptiques . comme conduisant tout naturellement i* l'incrédulité et à lathéisme, et ne tendant i rien moins qu'à déposséder le souverain Créateur de Tunivers de son emploi sublime (^9).
Tout en n'étant pas dépourvu de connaissances assez étendues comme chimiste et comme minéralogiste, Kirwan, président de l'Académie royale de Dublin, ne laissa pas toutefois d'avoir, dans le monde savant, une. réputation bien au-dessus de celle à laquelle son mérite lui donnait droit. Dans l'intro^ duction de ses geologieal e$êay$ (essais géologiques), ouvrage publié en 1799, il dit que la eatne géologie ajoutait une noutelle force à la religion , et était appelée à dissiper certains systèmes athées ou impies, tels que ceux qui avaient été émis récemment (470). Il fut le défenseur outré de la théorie qui admet l'origine aqueuse de toutes les ro^ ches; et c'est tout au plus si Bumet et Whiston allèrent aussi loin que lui dans les efforts qu^ls tentèrent pour faire des écrits de Moïse un rempart à leurs opinions. t
Beluc, dans le Discours préliminaire de son Traité de géologie {hli)f dit : Le$ armes de ceux qui attaquent ta religion révélée ont changéf et il faut y conformer $a défense : on Fattaque par la géologie, et eest nécessaire^ ment une science à acquérir par les théolo' giens. Le même auteur attribue le défaut de durée ou le manque de succès des anciens systèmes géologiques, à leur nature antimosaïque, et k l>sprit contraire à la fublime tradition^ dans lequel ils étaient con"» çus. Ces suppositions, qui, de même que plusieurs autres assertions analogues, se trouvent répétées dans les ouvrages de Deluc, semblent avoir été confirmées par quelqiies auteurs modernes; cela fait que, dans 1 intérêt de la justice, nous crevons devoir déclarer qu'aucun des divers géologues dont nous venons de passer les ouvrages en revue, ne s'est rendu coupable d'effbrts tendant h détruire les dogmes de l'Ecriture, à l'aide d'arguments réellement empruntés à la saine physique.
Hutton répondit aux attaques de Kirwan non-seulement avec la plus vive chaleur, mais encore avec toute l'indignation que devaient lui faire éprouver des reproches aussi peu mérités que ceux qui lui étaient adressés. Il avait toujours témoigné^ dit Playfair, une profonde admiration pour fintention bienfaisante qui se manifeste dans Vor^
a70) Introduction^ p. S.
'171 ) Pkris, 1909.
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dre de Funiven; et iluffectionnait pardessus taut^ dan$ m théorie^ ce qui pouvait répara dre quelque elarU sur les causes finales. Pour ce qui regarde Pl^yfair personnelle^ ment, on peut dire, sans manquer à la vé^ rite, qu'il n'existe po5at d'ouyrages scientifiques anglais qui contiennent des passages plus éloquents que les siens sur la grandeur et l'harmonie que Ton remarque jusque dans les moindres détails de la création : aussi, peut'^on dire de ces ouvrages qu'ils sont l'eipression sincère d'un esprit qui s'attache a l'étude de la nature comme à ce qu'il y a de plus propre à nous porter vers la contemplation de la cause première de tout ce qui existe. Dans tout autre moment, Vélé^ance et l'énergie du style de Playfair auraient assuré aux théories huttoniennes la plus grande popularité; mais, par une coïncidence singulière, le neplunianisme et Vorthodoxie étaient alors rangés sous la même croyance» et le préjugé dominait à tel point, que la majorité se trouva entrai* née à admettre l'hypothèse du fluide chaotique, ainsi que plusieurs autres idées cosmologiques de Werner. Ces fictions, le professeur saxon les avait empruntées de ses Prédécesseurs, sans les améliorer en aucune içon, et même sans le3 modifier d'une manière notable. Quant à la tolérance avec laquelle elles furent accueillies, on ne peut Vattribuer, qii'à ce que, ne reposant ni sur l'Ecriture, ni sur des données que le bon sens pût admettre, on les considérait comme trop conjecturales et trop dénuées de fondement, pour craindre qu'elles pussent jamais heurter bien viyemeut les préjugés existants.
Suivant Deluc, la première distinction essentielle à faire entre les divers phénomènes qui se manifestent à la surface de la terre, consistait à déterminer les résultat^ des caur ses actuelles ^t ceux dont les causes ont cessé d'ei^ist^r. Il supposait que la forme et la com[>osition de 19 niasse de nos continents devaient, ainsi que leur élévation au-dessus du niveau dis la mef, être attribuées à des causer qui n'agissaient plus, et que la mise k ^ec de ces continents avait eu lieu à Té-
Foque peu ancienne de la retraite subite de Océan, dont les eaux avaient pris place dans des cavités souterraines. Il pensait aussi que les roches, qui composent la Cfoûte de la ter^e, avaient commencé à se foriper dans le temps où le granit s'était précipité d'un certain liquide primordial; qu'ensuite, d'autres couchas reniermant des restes d'êtres organisée s'étaient déposées à leur tour, jusqu'à ce qu'enfin la mer acfuelle, formant en quelque sorte le risidu du liquida primordial, cessât de produire des couches piiuérales (W2), Toy. Delco.
Tandis que les opinions des écoles rivales de Frey berg çt d'Edimbourg faisaient grand bruit et étaient chaudement soutenues par de zélés partisans, les travaux de Williams
Smith, ingénieur anglais, pfité désavantages de la fortune et de ceux que procure dans le monde une position élevée, étaient i peine remarqués. Cet auteur publia d'abord, en 1790, son Tableau des couches 6rirann}fupi, dans lequel il proposa un mode de classification applicable aux formations secondaires de l'ouest de l'Angleterre. Bien qu'entre Werner et Smith il n'y ait jamais eu de communications relatives à leurs traraui, cet ouvrage fait voir que non-^seulement soi) auteur avait, à l'égard des lois qui président à la superposition des roches stratifiées, dei idées toutes wernériennes ; mais, qu'en ou* tre, il savait fort bien que l'ordre de succes< sion de certains groupes n'était Jamais in* terverti, et que, môme en des points très* éloignés les uns des 'autres , ces groapes pouvaient être identifiés à l'aide des corps organisés qu'ils renferment.
Après la publication de l'ouvrage qui rient d*ètre cité, Smith s'occupa de la construction d'une carte géologique générale de l'Angle* terre, travail, que par suite du grand désin^ téressement de sou esprit il s'empressait de communiquer à tous ceux qui désiraient ea avoir connaissance, ne craignant pas que ses Idées fussent émises par d'autres que par lui, et fournissant au contraire, à ses con* tcmporains, tous les moyens possibles de concourir à l'accomplissement de la tâche intéressante et laborieuse qu'il s'était proposée. Sa carte, complètement terminée en 1815, est un monument qui atteste tout Ma fois un talent original et un^ persévérance miment extraordinaire; car, pour se mettre à même d'exécuter fidèlement un pareil travail, Smith n'ayait pas craint d'explorer tout Je pays à pièd'j et cpla. uon-seuleçaenl sans rassis tance d'aucun obseryateur qui l'eût précédé, mais encore sans aucun aide qui prît part à ses recherches. II avait réussi, de
t)lus. à classer par divisions naturelles toute a série si cqmpliquée des roches brilanni- 3ues. D'Aubuisson, un des élèves les plus isti^gués dé Werner, paya un juste tribut d'éloges à ce travail remarquable, en faisant observer que ce que plusieurs minéralogifta célèbirçs avaient mis un demi-siècle à fairtpw^ une petiU partie de V Allemagne , un ww homme Vavail exécuté pour F Angleterre «• tiire{Vî3).
Werner fut oblijçé de créer un nouveau laugage pour désigne^ les subdivisions de «roches qu'il introduisit dans la science. Quelques-uns de ses termes techniques, tels que ceux de grauwfi^che, de gneiss et plusieurs autres, furent admis dans tous ie$ pays de l'Europe. Quant à Smith, il appliqua à sa nomenclature un grand nombre de noms lo<»ux anglais, dont la résonnaûce était souvent barbare, ainsi que l'on peut en juger par les désignations de çault, de corabrasîii de clunchclay, etc. Plusieurs de ses subdivisions conservent encore, dans les nomeii' clalures anglaises, la place qu'il leur a assi*
(472) TraiU élémentaire de géologie ; Paris, 1809.
(475) Voyez le mémoire du docteur Fitton, déjà ciié, p. il6,
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goée; de sorte qa*il est facile d*en déduire ses droits de priorité par rapport à leur classification.
L'animosité/qui régnait entre les factions rivales de Saxe et d jEcosse, en était venue an point que les dénominations de neptunistes et de yulcanistes équivalaient à des termes de reproche. Quant a la recherche de la véritéy elle était également négligée par les deux partis ; car chacun d'eux avait bien plus à OBur de trouver des arguments favoratdes k sa propre cause ou contraires à celle de ses adversaires, que de concourir au progrès réel de la science. Sur ces entrefaites apparat une nouvelle école qui, s'appliquant k conserver la plus stricte neutralité et professant la plus complète indifférence pour les systèmes de Hutlon et de Werner, consacra tous ses travaux à Inobservation. La réaction provoquée par Texallation des sectes antagonistes disposa dès lors les esprits è une râerve extrême. Les idées hypothétiques firent place au doute et k Tincertitude ; et^ dans la crainte de s'exposer au soupçon de pepcher pour un parti ou pour un autre, <iqelqiies géolosues poussèrent le scrupule jusqu*k ne vouloir se fiûre aucune opinion mu les causes des phénomènes dont ils étaient témoins, et jusqu'à se montrer scep* tiques dans les cas mêmes où les consë-
2ueaces, qui découlent naturellement des lits observés, ne permettaient, pour ainsi dire, aucun doute.
Kep qu'à l'époque à laquelle ce changament eut Heu, la prévention contre toute espèce de théorie fût portée un peu trop loin peut-être, il n'en est pas moins vrai que riep, dans un tel moment, ne pouvait être plus heureux que l'inlerruption des nombreux essais qui, en si peu de temps, avaient été tentés a l'yard de ce que l'on appelait les théories de ta terre. Mais, pour atteindre le bot vers lequel tçndait l'école dont il s'aeit, une grande masse de données nouvelles devenait nécessaire. La société géologique de Londres, fondée en 1807, en fournit un bon nombre pour sa part. Multiplier et recueillir les observations, en attendre patiemment le résultat dans l'ayenir , tel était le bul que se
{iroposaient les hommes de la nouvelle école. is avaient pour maxime favorite que le moment d'adopter un système générai de géolo- B'e n'était pas encore venu, mais, que pour hâter, on devait, durant plusieurs années, s*occuper exclusivement du soin de préparer aux générations futures les matériaux nécessaires pour arriver à cette fin. En ne cessant d'agir d'après ces principes, ils eurent en peu d'années entièrement désarmé les préludés et mis la science qu'ils cultivaient à couvert de l'accusation d'être une science dangereuse, ou tout au moins imaginaire.
C est, ainsi que Ta remarqué un auteur moderne célèbre, à trois des principales nations de l'Europe, rAllema2;ne, l'AnKlelerre et la France, que trois des branches Tes plus importantes de la géologie ont dû, pendant
le demi-siècle dernier, leur avancement successif iyîh). En effet, n'est-ce pas en Allemagne, là où, pour la première fois, les caractères minéralo^qnes des roches furent' décrits avec précision par Werner, que l'étude systématique de ce que l'on peut appeler la géologie minéralogique prit naissance et se développa avec le plus d'activité? D'un autre côté, l'Angleterre n'a-t-elle pas le droit de revendiquer pour sa part le plus grand nombre des travaux que nécessita la classification des formations secondaires caractérisées par leurs fossiles? A ces travaux concoururent principalement Smith, dont nous parlions tout à l'heure, et plusieurs des mcmbces les plus actifs de la Société géolo^ gique de Lojidres.Quant à la troisième branche de la science, celle qui se rapporte aux formations tertiaires, eUe naquit en France, où elle dut son origine au magnifique ou^ vrage de Cuvier et Brongniart, publié ^i 1808, sous le titre d'EsêaU sur la géographie minéralogique et sur les débris organiques des environs de Paris.
Le langage technique de la science et les méthodes actuelles de classification peuvent encore nous faire reconnaître les différents
Eays où, à des époques diverses, ces trois, rancbes distinctes de la çéolo^e commencèrent à être cultivées. Ainsi, par exemple», de même qu'un irès-srand nombre de roches et de minéraux simples ont conservé jusqu'à présent les noms allemands qui leur ont été^ donnés dans le principe, de même aussi Ie& terrains secondaires observés en Europe ont continué à être désignés par des noms ana<^ logues aux types anglais, auxquels noua, avouerons en passant qu'on les a trop exclusivement rapportés. Enfin, pour ce qui regarde les subdivisions qui , pour la première fois , ont été établies dans la série de couches du bassin de Paris, elles ont été considérées comme autant de groupes nor-. maux auxquels on a cru devoir comparer tous les autres dépôts tertiares de l'Europe, alors même que souvent rien ne justiGait cq rapprochement.
Nulle époque ne pouvait être plus favorable à la découverte d'un grand nombre dQ fossiles bien conservés dans le voisinage de Paris que le commencement du siècle actuel; car jamais, auparavant, l'histoire naturelle n'avait été cultivée avec autant d'enthousiasme dans cette capitale de la France. Les travaux de Cuvier en anatomie comparée, et ceux de Lamarck en conchyliologie, placèrent ces deux parties de la science à un rang auquel, jusqu'alors, on ne les avait pas jugées susceptibles de s'élever. Les investigations de ces savants eurent accidentellement pour effet de dissiper le préjugé qui avait longtemps prévalu relativement au début d'analogie qu'on supposait exister entre l'état ancien et l'état moderne du globe. Une comparaison attentive des esp^es récentes et fossiles, et les conséf . qucnces déduites de cette comparaison pc^
(471) WflcwELL, Bûtuh critic (critifiue britannifittf)^ n. xvii^ p. iS7^ i83K
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rapport à leurs mœors, accoutumèrent le géologue à regarder notre planète comme ayant été, à diverses époques successives, la demeure d'animaux et de plantes d'espèces différentes; les unes terrestres, les autres marines, d'autres, enGn, lacustres et fluviatiles. De telJes considérations firent insensiblement disparaître les idées fantastiques de catastrophes et de confusion chaotique, auxquelles s'était livrée l'imagination des premiers cosmologistes. On découvrit des preuTes nombreuses de la précipitation tran-
Suilie des matières sédimentaires, et du éveloppement lent et progressif de la vie organique. Quand plusieurs auteurs, au nombre desquels était Cuvier lui-même, persistaient a soutenir que le fil de tinduc^ tion était rompu (b75), ils professaient un dogme c[ue dans la pratiaue ils étaient loin de confirmer, puisque, dans le rapprochement qu'ils établissaient entre les espèces récentes et fossiles, ils procédaient d'après les règles les plus strictes de l'induction. L'adoption des mêmes noms de genres, et
Suelquefois des mômes noms d'espèces pour ésigner les débris des animaux fossiles et leurs analogues vivants, était un point essentiel pour familiariser l'esprit avec la donnée de l'identité et de l'unité du système & des époques très -éloignées. C'était, en quelque sorte, reconnaître qu'une partie, au moins, des antiques annales de la nature était écrite en un langage vivant. L'impôt lanee croissante de 1 histoire naturelle des diébris organiques peut donc être considérée comme le trait caractéristique des progrès de la géologie durant le siècle actuel ; car, indépendamment de ce que cette branche de la science est déjà devenue d'un immense secours dans la classification géologique, elle continue encore chaque jour à fournir de nouvelles données, propres à étendre et à agrandir les idées relatives aux anciennes révolutions du globe.
Quand on compare le résultat des travaux qui ont été exécutés pendant ces cinquante dernières années avec celui des observations faites dans le cour^ des trois siècles précédents, on ne peut s*empècher de prévoir le haut degré d avancement auquel, suivant toute probabilité , la géologie est appelée à parvenir, non-seulement dans la suite des temps, mais à l'aide même des efforts de )a génération actuelle. Jamais peut-être, en un aussi court intervalle, aucune science, si ce n'est l'astronomie, ne mit au jour un si grand nombre de vérités nouvelles et im-r prévues, et ne renversa autant de prélugés. Ainsi, par exemple, de même que l'illusion de nos sens nous Gt considérer la terre comme étant en repos, jusqu'à ce qu'après bien des siècles l'astronome eût reconnu (qu'elle était emportée dans l'espace avec une inconcevable vitesse, de même aussi la surface de notre planète fut regardée comme n'ayant éprouvé aucune altération depuis
sa création, jusqu'au moment où, à son tour, le géologue eût constaté que non-sealemem elle avait été jadis le théâtre d^innombrables changements, mais que, déplus, elle était encore, à présent, sujette à de lentes, mais incessantes fluctuations. La découverte d'autres systèmes que le nôtre dans les régions sans bornes de l'espace fut le triomphe de l'astronomie. Reconnaître le même système à travers plusieurs transformations, feotrevoir, à diverses époques successives, omé de vallées, de montagnes, de mers, delaci respectivement différents, suivant chacune de ces époques , et peuplé d'habitants nouveaux ; tel fut le iruit, telle fut la noble récompense des recherches géologiques. Le
f;éomètre mesure les régions de l'espace et es distances relatives des corps célestes; quant au géologue, c'est le temps qu'il compte. Pour évaluer les myriades de siècles qui passent sous ses yeux, ce n'est pas 1 arithmétique qu'il emploie, mais certains symboles, })résentant à l'esprit des idées mieux déGnies de l'immensité du temps, que des figures ne pourraient le faire; c'est celte enchaînement d'événements physiques, cette longue suite de phénomènes qui, dès les périodes les plus reculées de Tnistoire du globe, ont eu lieu soit dans le monde animé, soit dans le monde inorganique.
Pour ce qui regarde la question de savoir si nos recherches, relativement à l'histoire de la terre et à sa structure, seront, sous le rapport de . l'utilité pratique , d'un aussi
(;rand avantage pour le genre humain que a connaissance aes cieux, c'est à la postérité seule qu'il appartient d'en juger. L'ap* f>lication de l'astronomie aux arts utiles ne eur devint réellement profitable que lorsque cette science se fut enrichie des observations recueillies dans l'espace de plusieurs siècles, et lorsqu'elle eut réussi à remplacei, par une théorie rationnelle, les préjugés qui dominaient avant elle. Quant à la géologioi outre qu'elle ne commença à être cultivée qu'à une époque de beaucoup postérieure à celle qui fut témoin des immenses progrès de l'astronomie, elle eut constamment à lutter contre les préventions les plus opiniâtres, chaque fois que, jusqu'à ce jour, elle chercha à se rapprocher de quelque principe basé sur une saine doctrine. Toutefois, les avantages pratiques qui en sont déjà résultés n'en ont pas moins une importance réelle Pour ce qui est des généralisations auxquelles cette science a donné lieu, elles laissent encore beaucoup à désirer, et tout porte à croire que c'est à ceux qui viendront après nous que, sont réservés les fruits les plus précieux de nos travaux. Quoi qu'il en 6oit| c'est pour nous qu'aura été le charine de la découverte ; et si, pour explorer le noble et admirable champ offert à nos recherches, nous avions besoin de quelque encouragement, nous pourrions le trouver dans ce qu a dit un grand historien de notre
(475) Discours sur tes révolutions de la surface du fflobe.^
GLÀ
£T DE PALEONTOLOGUE.
QIA
époque, que cHui qui rappelle à la vie ce qui a ctsêé aéire^ ressent une jouissance égaie à celte ds créer (476).
GÉOLOGIE , comment elle se distingue de la Cosmogonie. — Voy. Géologie.
GESN)iA. Voy. Géologie.
GIRAFE, première apparition.-- Voy. Sub-
(•ISEMENT DES fossiles hvuaiiis. Voy.
floiiiiE fossile.
GLAIRE (M. rahbé). — Dans le premier Tolume de rourrage qu*il a publié sous le titre : Les livres saints vengés ^ M. Tabbé Glaire, professeur d*Ecrilure sainte à la faculté de théologie de Paris, a donné Tinter* prétation suivante du premier chapitre de la Cenese.
I. Les interprèles, tant anciens que modernes, sont loin de s'entendre sur le vrai sensdu récit dans lequel Moïse nous retrace Torigino de Puni vers. Cependant, en bonne critique, ce désaccord ne devrait point tourner au préjudice do texte sacré lui-mème, vu qu*un écrivain qui, comme Moïse, réunit évidemment tous les caractèrcsderbistoricn le plussincère et le plus éclairé, n*est nullement responsa^l»)e du manque de lumières de ses traducteurs et de ses interprètes. Quoiau'il en soit, ce désaccord se manifeste dès le premier irerset. En eOet, on le traduit au moins de <i6ax manières différentes {VH} ; les uns le rendent par : Au commencement Djkd créa le citt et la terre: et les autres le rattachent ainsi au verset suivant : Au commencement fit Dieu créa le ciel et la terrcy la terre étuit informe et nue,
La première de ces traductions se rapproche davantage des anciennes versions (£78), et nous devons dire qu'elle est généralement adoptée. Cependant elle présente une difûculié qui a été justement remarquée. L*eipression adverbiale au commencement^ étant Jéterminée par Tarticle, se trouve nécessai- *ement incomplète. Il est vrai que Ton considère comme sous- entendu les mots le empSf ou toutes choses : mais, outre que Talalo^e de la langue sainte ne permet point ine pareille ellipse (W9), cette expression insi complétée serait tout à fait inutile, et jrmerait même un non-sens. Car, comme /en de ce qui peut servir à constituer le jmps n*existait avant la création du ciel et c^ la terre, elle signiGerait uniquement u*au commencement du ciel et de la terre ^ Ueu créa le ciel et la terre. La traduction vaue et indéterminée des Septante , dans un ^mmencement^ n*est pas plus satisfaisante, iFp on a droit de demander : quel est ce Dromenceiuent ?
Dans rbjpothèse que cette expression dût
(476) NiEBiTHR^s Hht. of Rome (nistoire romtiine i Niebuhr).
(477) Nous ne mentionnons en effet ici que les aduc&ions qui ont été Ti^iies sur le texte primitif, -îs dans sou sens propre.
(478) La version des Septante a tradnil dam un ^mmeneement ; la |iaraphrase dialdalque d^Onkeios, ins dts UnfDê ancieus.
C479^ T. Waltheta dans ses etttpus hebmct^
se détacber do ce qui suit, on pourrait la traduire, comme le chaldéen, dlans des temps ancienSf anciennement^ en considérant tout le verset comme un véritable sommaire, ce qui est assez dans le style de la Bible ; mais il ne faut point se dissimuler que cette inter-
E relation dénature le vrai sens du terme béreu RESGHiTH, qui signifie commencement ^ origine ou principe^ comme Ta parfaitement rendu la Vulgatc, et non point simplement temps anciens. Nous verrons aussi un peu plus bas k quelles erreurs a donné lieu cette manière d'envisager le premier verset de la Genèse comme une proposition isolée et complète en elle-même.
La seconde traduction , c'est-à-dire celle qui lie le premier verset au suivant , quoique généralement abandonnée aujounrhui, nous a paru la seule conforme au texte hébreu, et en même temps la moins favorable à tles inductions opposées à la saine doctrine. Sans entrer dans toutes les preuves de détail que nous pourrions alléguer, nous nous bornerons k dire que l'expression bb- BEscuiTH ne se trouvant jamais ailleurs dans la Bible, sans être suivie d'un complément, ce serait violer les lois de llierméneutique les mieux établies que de la détacher ici des mots qui suivent [lAo]. Le vrai sens du texte original est donc littéralement : Au commencement de Dieu créa le ciel et la terre {in principio quo Deus creavit cœlum et terram)^ La terre était informe et nue ; ce qui est dire en d'autres termes, que lorsque le Tout- Puissant tira du néant le ciel et la terre , cette planète, loin d'être belle et ornée comme nous la voyons aujourd'hui, n'offrait au contraire que l'image de 4a nudité et du chaos le plus âflfreux.
Sans parler ni des interprètes juifs et protestants, ni de tous les catholiques qui ont admis cette explication, nous citerons cependant le P. Mariana. Le savant Jésuite explique les mots de la Yuleate :. In principio creavit j en disant que l'bebreu signifie : m principio creandij le prétérit étant mis pour le gérondif, comme dans Osée (i, 2), puis il ajoute : «c Voici donc comment j'interprète ce passase : Au commencement du temps»
lorsque Dieu créait le ciel et la terre, c'està-dire, tout ce que le ciel et la terre contiennent... la terre était, etc. [h&i). »
D. Calmet, après avoir dit que quelques nouveaux critiques, tels que Grotius, Vatable et plusieurs rabbins, voudraient que l'on traduisit : Au commencement ^ lorsque Dieu créa le ciel et la terre^ la terre était informe: ou bien : Avant que Dieu formât le ciel et la terre^ la terre était informe^ lyoute : « Hais» outre que ces traductions sont contraires à
p, 139, 140, cite bien quelques phrases dans lesquelles, selon lui, le mot cd/, io«/, esi sous-enlendu ; mais nous pensons qu'il a mal analysé les unes, et que les autres n*ont pas de rapport avec celle qui nous ocTupe en ce moment.
(480) Les seuls passasses où se trouve cette expession sont, d*après les concordances de Buxtorf, Jet. XXVI, 1 ; xxvu, 1 ; xxviu, 1 ; xlix, S4. . (181) Ma«u>'4 in Cencsim Scholia^ y 1,2.
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la foi en favorisaot Topinion de réternité de la matière, elles sont aussi contraires au texte dé Moïse, qui distingue ces deux propositions qu'on voudrait unir (hSS). »
Nous ne saurions admettre cette dernière assertion, pour les motifs que nous Tenons d*exposer. Quanta la précédente, elle ne nou^
Sarait ^lus pas [exacte ; car Texplication du . Mariana n'a jamais été, que nous sachions, frappée d'aucune censure tnéologique. D'ailleurs, la conséquence que l'on tirerait de ces traductions en faveur ae l'éternité de la matière, ne serait nullement logique. L'abbé de la Chambre, docteur de la société et de la maison de Sorbonne, dont la i)arfaite orthodoxie n'est pas suspecte, a émis sur la question présente, un sentiment opposé à celui djB D. Calmet; voici ce gu'il dit (lans son excellent Traitide la véritable religion : « Les interprètes sont partagés entre eux sur le sens qu'il faut donner au premier verset de la Genèse. Il y en a qui disent que Moïse enseigne que Dieu a tiré immédiatement du néant le monde visible. C'est pourquoi ils traduisent : Lorsque le temps a commencé y Dieu créa le ciel et la terre; ta terre^ sortie de ses mains f était informe et toute nue. D'autres, au contraire, prétendent que Moïse marque, simplement que le monde, tel qu'il, est aujourd'hui, n'est point éternel, sans déterminer si Dieu l'a tiré immédiatement du néant; c'est pourquoi ils traduisent : Dans le moment^ ou avant que Dieo créât le ciel et la terre^ la terre était informe et toute nue. Ces deux interprétations sont catholiques ; elles supposent Tune et l'autre que Dieu a tiré la matière du néant, mais, elles diffèrent en ce IK)int : la première dit que Dieu a tiré immédiatement du néant le ciel et la terre ; et la seconde, au contraire, annonce que Dieu a tiré le monde d'une matière préexistante, qu'il avait auparavant fait sortir du liéant {kS3). »
Ainsi, la traduction, qui rattache le premier verset de la Genèse au second , outre qu'elle est la seule qui rende fidèlement le texte primitif, n'implique nullement l'éternité de la matière ; et par conséquent on ne saurait légitimement la condamner comme contraire à la foi. Mais passons à l'explication philologique des mots suivants dont le vrai sens a été encore l'objet de nombreuses et vives discussions.
II. C*est avec raison que la Vulgate a rendu le mot hébreu baba par creavit^ il a créé; car c'est l'idée de création qu'on attachait à i^e moi dans la nation judaïque. Nous en avons la preuve la plus irrécusable dans ce
(482) Calmct, Comm, Utt, sur la Genèse^ p. 2, 3. (4S3) Traité de la voie religion, t. lY, p. 213, UA.
(484) // Mach. vu, 28. Le texte grec ne saurait être plus ciair et plus précis - e non jam existent libus fecit ea Deus; ou bien selon le Ms. Alex, de Londres non e jam exi$untibus.
(485) Simon (Uist. cril. du Y. T., 1. m, ch. 2) dit . I R. Al)en-Esra dans son commentaire sur ce passage réfute Topinion de quelques interprètes juifs qui expliquent ce verbe hébreu produire de rîen. » Nous croyons devoir fairç observer /ju'il y a dans le
beau passage où la mère des Machabées dit à un de ses fils que Dieu a créé de rien le ciel, la terre et tout ce qu'ils contiehnent(48('). De plus, la version arabe Ta tra< duit par un verbe qui signifie rigoureusement créer. C'est aussi le sens que lui ont attribué, d'un accord presque unanime, les rabbins les plus savants (11^85), les interprètes chrétiens, protestants et catholiques. 11 serait inutile et superflu de reproduire ici leurs témoignages; cependant il en est un que nous pouvons d'autant moins passer sous silence que son autorité doit être décisive pour la plupart de nos adversaires ; nous voulons parler de celui de W. Gesenius, si connu par son savoir philologique et ses principes, rationalistes. Après avoir exposé les différents sens du verbe hébreu bara, ce savant «goûte : Quelques-uns prétendent que de Tétymologie et de la signification propre de ce verbe on peut conclure que l'auteur du premier chapitre âe la Genèse a voulu nous parler, non point de la création ex niAifo, mai$ d'une simple disposition de la matière, qui est éternelle. Cependant, d'après ce que nous venons de dire, il paraît clairement que^ ce verbe employé à la forme kal a unje signification tout à fait différente de son sens primitif, et qu^l signifie la production d'un objet nouveau , plutôt que le simple arrangement et la simple disposition d'une matière déjà existante. D'ailleurs^ là liaison du discours dans toute cette section prouve clairer. ment que, dans le premier verset de la (?«nèse^ il s'agit de la création première ex nihilo de ce monde à l'état informe et gros-» sier, tandis que, dans les autres versets de ce^ même chapitre, il est question de la disposition et de l'arrangement de cette masse chaotique. C'est ainsi que l'ont entendu les rabbins, les écrivains dû Nouveau Testament et la mère des Machabées, contrairement au sentiment de l'auteur du livre de la Sagesse (xi, 17), qui, imbu des doctrines des Grecs^ suppose que la matière est éternelle (U6).
On objecte , il est vrai, que les Septante n'ont pas cru que Moïse voulût parler d'une véritable création, puisqu'ils ont rendu Ibébreu BARA par a fait , mais cette conséquence, paratt bien peu logique. Procope de Gaze so plaignait déjà de son temps, que quelquesuns, abusant de cette traduction des Septante„ prétendaient que Moïse, instruit à l'école des Egyptiens, croyait que l'univers avait été. formé d'une matière préexistante, et* qu'il avait voulu nous inculquer ce sentiment en l'inscrivant au commencement de son livre (487). Mais cette difficulté, pour 6tre antexte do rabbin \tjrand nombre^ la plupart.
(486) G. Gesenii Thésaurus philologicus critienSf clc, p. 236. Cette dernière phrase de Gesenius contient une erreur; le contexte çt le but deTauteurde h Sagesse prouvent jusqu^à Tévidenoe que le sens de ce fiassage est, que non-seulement uicu a créé la malière, mais encore qu*il Ta sagement disposêi^
^487) Voy. les paroles de Procope, traduites en latin, dans J. H. Hott»grr {Bist. créât, examê» tMoL philolog., p. 18), et plus complètement dans les remarques que le P. Soucie t a aioutèes à Toa*