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ET DE PALEaNTOLOGlE.
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cienne» n'en est pas plus solide. En effet, il tàiMi eoDsidérer qa'il en est en grec comme en hétireoy et généralement comme dans tontes les langues; Fusage permet et veut même 2ue Ton donne à un mot une signification tfférente de celle que son étymologie semble exiger, el c*est pour avoir oublié ou négligé eette loi sacrée de linguistique, que 1 on a TouJu attribuer également au verbe baba la signification de créer. C'est donc par Tusage
2ue les Grecs ont fait du mot ir« tîy qu il lui juger du sens qae les Septante ont réellement prétendu v attacher au premier verset de la Genèse. Or, c*est incontestablement un idiotisme de leur langue, que de se servir du verbe faire dans le sens de créer ^ et técîproquenient d'employer le verbe créer^ en lui donnant la signification de faire. Témoin cet article du symbole de Constantinople : Je crois en un seul Dieu, créateur du ciel U de la Urre; article où le terme grec 9M«r%9, à la lettre factorsm^ est pris néces- Miremeet dans le sens de creaiorem; personne n'oserait en douter.
D'un autre côté, en vertu du même prineipe de linguistique que nous venons d'invoquer, on donnait au mot* qui signifie proprement créeTf le sens de faire une chose d'une autre qui existait déjà; l'auteur du livre de la Sagesse nous en fournit un exemple frappant, lorsqu'il dit : // n'étaii pas difficile à voire main loute-puissante^ qui a créé tout, lemonde éCune matière informe^ etc. Les mots tout le monde désignent évidem ment, en effet, tout ce qui a été tiré de la terre, et ces autres matière informe^ ne pouvant s'appliquer qu'à la terre, laquelle était primitivement informe et nue^ selon le texte même de laCenete, il suit nécessairement que le verbe créer n'a ici d'autre sens que celui de fair coproduire an moyen d'une matière déjà existante.
Beaucoup d'interprètes, tant catholiques que protestants, objectent encore que le terme hébreu baba a été employé plusieurs fois dans le récit même de la création, pour les verbes faire, former de quelque chose, et que par conséquent il ne signifie point par lui-même extraction du néant. C'est en particulier le sentiment du P. Mariana, et celui de l'abbé de La Chambre, que nous avons déjà cités. Voici comment ce dernier s'expliifue sur cette question. « 'La force du mot hébreu baba n'emporte pas avec elle cj-troetion du néant. U faut dire la même chose du mot latin creare, et du mot français créer. Souvent ces termes signifient simplement former d'une matière préexistante. C'est dans ce sens que saint fiasilc (W8) a expliqué les paroles de Moïse. Il dit positivement qu'il y avait déjà quelque chose avant la formation du monde visi-
vrage de R. SiiDOo, intitulé : Crilique de la Biblio- TBCQCE Bcs ACTCcis ECCLÉsusTiQDCs dc M. Dejnn. (•M8) HoMÊélie premièTe sur (^ouvrage des $ix
(489) Ici |f fiaranl auteur ajoute : < Faiit-ii un pah- M^e iHus forniel ? En voici un au-dessus de toute -■ , 1^ Scifneurcréq (en hébreu tara) rhomttts
ble.... Il est inutile d'objecter que le mot BABA sienifie extraction du néant. Moïse luimême lui donne un autre sens. En parlant de Dieu, qui commande aux eaux oe produire les poissons, il dii: Le Seif/neur créa de grands poissons {Gen. i, 20, 2J ) ; creavii en latin et baba en hébreu; or, il est clair ou'il ne les tira pas du néant puisqu'il les forma de l'eau («89). »
Il est vrai que les termes baba, creore, créer, sont les seuls dont on puisse se ser* vir pour exprimer l'ex^rac/tofi du nù$nt. Mais, comme ils sont équivoques, on ne peut dire que Moïse leur a donné ce sens, à moins qu'il ne vienne nous dire lui-même que c'est sa pensée, ou qu'il n'y ait dans son discours quelque chose qui nous dé* termine à le croire. Or, Moïse ne dit rien qui puisse faire entendre que ce soit là sa pensée. Tertnllien, en proavant contre Hermogène que la matière est tirée du néant , convient, après avoir parlé des livres de Moïse, que l'Ecriture n est point claire sur cet article, non pronuntiavit Scriptura super hoc ex nihilo facta esse ornnia (490).
Sans chercher à ramener les textes cités de saint Basile et de Tertullien à un sens qui ne serait point défavorable à notre thèse, nous nous bornerons à montrer qu'on aurait tort de prétendre que le verbe baba désigne, dans le récit cosmogonique , la simple conformation ou disposition d*une chose déjà existante. Nous en convenons pour Iatroisièmeformeoucopjugaison(ptAe/),mais nullement pour la jiremière {kal). Car, quoi qu'on en aise, il n'est pas un seul exeniple biblique de cette première forme où l'idée de création proprement dite ne se trouve renfermée; et, quant au passage (Gen. I, 21,) allégué par Tabbé de La Chambre, et, après lui, par Rosenmûller, il nous a paru bien mal choisi, vu qu'il s'a^t , dans cet endroit, d'une véritable création. Le texte, en effet, ne dit pas que l'eau fôt la matière ex qua de la formation et de l'organisation des poissons, comme il l'exprime si formellement, lorsque Dibu forma le (!orps de l'homme du limon de la terre (II, 7).
RosenmiUler n'a pas été plus heureux dans la citation du chap xuii, 7 ; d'i^irte, car, dans ce passage, l'éloquent prophète, loin de vouloir établir la synonymie de BABA et de tatsab et hasça, marque, au contraire, la gradation de ces trois verbes, dont le premier désigne l'extraction du néant ; le second, la formation, la disposition, et le troisième, Yaekhement, la confection pleine et entière. A la vérité, plusieurs enc&oits de \9iGenise (i, â6; h, h) où il est question de l'origine du ciel, de la terre et de l'homme, semblent prou-
dm limon de la terre. {Gem^ n, 7). >'C*est mbs coatredit par ioatteolion que rahbé de La Cbaabre a cité ce passage ; car le texte hébreu porte non point le verbe iaba, miis tatsab, fonner, façonner.
(490) Trailé de la vérilaHe rétinien , t. IV , p. 244^247.