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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
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ver que baea n*cst qud le synonyme de UASÇA, qui signifie faire^ former. Hais si l'on examine avec attention ces passages, on verra aisément que les deux verbes ont |)U être employés réciproquement Tun pour rautref sans qu'U y ait entre eux une véritable synonymie, car le ciel et la terre, étant, aussi bira que Tbomme, composés de plusieurs substances, dont les unes ont été tirées immédiatement du néant, et les autres d*une matière déjà créée. Moïse a
Eu employer indifféremment les deux veres pour marquer leur origine.
EnGn les critiques et les interprètes, dont nous venons de parler, soutiennent que lURA ne signifie point, dans son sens primitif, /tVfr, extraire du néanty faire de rien {ex nihilo productio)^ puisque même les auteurs grecs et latins, qui ont inventé le mot créer en leurs langues , n*ont pu lui attacher ce sens, d*autant plus que ce que nous appelons aujourd'hui création ou production de rien leur a été tout à fait inconnu ((^91). '
C*est en effet une question qui a été fort agitée, que celle de savoir quel a été le vrai sentiment des anciens philosophes sur le dogme de la! création. Mais cette question ifest^elle point indépendante de celle qui nous occupa en ce moment? Etserait-il bien logique, par exemple, de vouloir expliquer Moïse par Platon, c'est-à-dire de prétendre
Sue le législateur des Hébreux n'a pu avoir es idées et des doctrines autres que celles du philosophe grec ? Ainsi, il ne s'agit nullement de connaître l'idée exacte et précise que se formaient les païens de la création, mais plutôt de savoir comment Moïse et les Hébreux entendaient ce point de doctrine. Or, il faut s'aveugler volontairement pour ne point reconnaître que iamais terme obscur ii*a reçu d'explication plus claire et plus satisfaisante que celui qui fait l'objet de cette discussion.
En effet, quel commentaire à la fois plus riffoureux et plus lucide que la formule itiéme qui exprime la création des divers êtres qui reçoivent l'existence? Dieu dit : Que la lumière soii^ et la lumière fut... Dieu dit encore : Que la terre se couvre ie verdure^ ft la terre $e couvrit de verdure... Dieu dit auêêi : Que les eaux fourmillent d'une multitude d'étreg animés; et que des oiseaux volent sur la terre et s'élèvent dans les airi. Et DiKU créa les grands poissons^ etc., et toutes sortes d'oiseaux. 11 n'est pas possible, en effet, de mieux exprimer le pouvoir et l'acte créateur; la puissance divine opère par le 3eul vouloir, et sans employer ni matière, ni sujet, ni instrument.
Noua trouvons dans d'autres écrivains sacrés cette même explication du mot créer. Le Psalniiste, invitant les justes à célébrer les louanges du Seigneur, donne ce motif : H a parlée et toutes choses ont été faites; il a commandé^ et elles ont été créées (492). Dans
(49!) lf4RiA!i.c fit Geueùm Scholia, p. 2. (492) P$. XXXII, 9.
(193^ Judith. XVI, 17; la Vul^ate porte texliiellcnient do même que le grec : mi$i9ti spiriium tnum,
son beau cantique, Judith nous donne 1^ même idée de la création lorsqu'elle s'écrie* Que toutes vos créatures vous obéisteni; mr vous avez parlé^, et toutes choses ont éUfah tes; vous avex envoyé votre sou^s^ ttdtu ont été créées (1^93). Au contraire, dans tou^ les écrits des philosophes anciens, on ne saurait nous montrer un seul passage où l'ori^ne des choses soit racontée de celte manière. Et si Ton nous demande la raisoa de cette différence, nous répondrons que les Hébreux, étant le seul peuple de l'antiquité qui ait bien connu l'unité, la spiritualité, 1 éternité et la toute-puissance de Disd, sont aussi le seul peuple qui ait cru à l« création proprement dite; l'un est la conséquence de l'autre. Aussi voyons-nous toutes les nations de la terre, qui n'ont point eu une notion juste et exacte de ces attributs de la Divinité , supposer que le monde est éternel, que Dieu est l'âme de l'unirers, que les Ames numaines en sont unejportion, el par une conséquence inévitable , que le monde n'a pas été tiré du néant, c'est-à-dire créé de rien.
Nos adversaires auraient voulu que pour exprimer la création sans équivoque, Moïse eût dit gue le monde avait été fait di nn; mais qui ne voit au contraire 1 amphibologie que présente cette expression? Les JuiEs» auxquels son livre était destiné, hommes pour la plupart ignorants et grossiers, n'aaraient-ils pas confondu (comme l'ont fait au reste des philosophes mêmes), la cause el* ci ente avec la matière ex qua? C'était oa danger inévitable que le sage législateur devait prévenir.
Ou nous nous trompons d'une manière bien étrange, ou il résulte clairement de celte discussion que la philologie ne saurait nous fournir aucun argument solide contre le sentiment généralement reçu, que dans le récit de la cosmogonie mosaïque, leverii} BARA exprime la création proprement dite, Yextraction du néant.
Ce serait peut-être ici le cas de montrer que le mot Èlouih n'implique point la piarali té des dieux; mais nous réservons eette discussion philologique pour le moment oii traitant de la création de l'homme, nos) aurons à expliquer le pluriel du verbe/ûâow» dont le sujet est Dieu.
IH. Les mots ciel et terre^ qui forment le complément du verbe dans le premier m« set de la Genèse^ étant en hébreu déterminés par l'article, et précédés de la particule ew tnrme primitivement et proprement démonstratif, mais qui le plus souvent ne se traduit pas, signiQent nécessairement refw'
terprètes qui, détachant le premier ter>r du suivant, ne voient dans ces deuî nioi^ que la matière première, que les éléwer.i?
qoî est, selon nous, pour : mistsfi smriUim oris /£'. comme on Ut au P$. xxxn, 6, d'où les paroW« Judith ont été évidemment empruntées.