‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 87 sur 216 · IV. — Les mots qui c(Mnmencent et ceux · texte numérisé non relu

IV. — Les mots qui c(Mnmencent et ceux

3ui terminent le second verset offrent des ifficultés philologiques assez embarrassantes pour les exégètes ; de là le peu d*accord qui règne entre eux pour en assigner la véritable signiflcation. Les termes hébreux TOflou vABOHou out été, selou nous» parfaitement rendus dans la Vulgate par tiuinit et vaeua, c'est-à^lire informe et nuf, £n vain, des interprètes verront-ils dans ces mots Texpression d'une révolution et d'une dévastation de notre globe, pour en conclure que Ho'ise a voulu parler, dans son premier verset, d'une époque bien antérieure à celle dont il parle dans son second. £o vain diront-ils, en faveur de leur opinion, qn'isaïe, annonçant la désolation future de 1 Idumée, se sert de cette même expression (xxxiv, f I) ; nous répondrons que le but du prophète n*a pas été de peindre, par cette image, l'acte même du ravage et de la destruction de l'Idumée par s^s ennemis vainqueurs, mais l'état de dépouillement et de nudité complète aui doit suivre la dévastation. Un passage de Jérémie. justifie pleinement notre explication : /'at vu ta terrcj ei je n*y ai trouve qu^un chaoe et qu'un tide affreux (tohou vabohou). J'ai regardé les ^ieuXf et ils étaient sans lumière. J ai vu les

montagneSf et eUes tremblaient : fai ru lee collineSf et elles étaient ébranlées. J'ai jeté les yeux de toutes parts^ et il n'y avait pas Mn seul homme; tous les oiseaux même du ciel s'étaient retirés. J'ai vu le Carmel lui' même changé en un désert: et toutes les viliee détruites devant la face de Jéhovah, et parle feu de sa colère (iv, 23-26). Il est évident, en effet, que le prophète a voulu représenter la terre réduite au premier état de nudité et de stérilité où elle fut créée, c'est-à-dire sans ornements, sans hommes, sans animaux, et couverte de ténèbres. Si nous devions faire ici l'office de commentateur, nous ajouterions d'autres témoignages bibliques à l'appui de notre explication ; mais ceux que nous venons de rapporter s'ont sulfisants pour notre objet.

Nous ne nous arrêterons pas au scrupula des critiques, qui rejgardent comme cho^ quant d'imaginer queTËtre souverainement sage ait créé le chaos, qui n'est autre chose

Sue le désordre ; une seule considération oit le faire évanouir. Quand même l'Etre souverain, qai, à ce seul titre, ne doit conipte de ses œuvres à personne, n aurait eu aautre dessein que de faire mieux appré«:ier à l'homme l'ordre et la belle harmonie du monde actuel, en le lui présentant comme sorti du désordre et du chaos, sa sagesse infinie serait entièrement à l'abri de tout reproche.

Les derniers mots de ce même verset n'offrent pas moins de difllcultés. Et d'abord les anciennes versions ne sont nullement d'accord sur la manière de les rendre. Les

Î paraphrases chaldaïques d'Onkélos et do . onathan, de même que la version arabe^ y compris l'édition d'Erpénius, l'ont entendu d'un vent qui souiBait sur les eaux et les agitait. Plusieurs Pères, entre autres Tertullien et Théodoret (494), suivis d'un certain nombre d'interprètes tant juifs que chrétiens, ont adopté ce sentiment, vers lequel nous inclinons nous-mêine, pour les motifs que nous allons exposer.

Tout le monde convient que le nom de Dieu ajoutée un nom lui donne souvent la force et la valeur d'un superlatif. Ainsi l'expression du texte sacré Rouah Elohim, que l'on rend généralement par Vesprit de Dieu, peut fort bien signifier uti vent violent. La question se réduit donc uniquement à savoir si c'est ici réellemen* son sens. La raison qui nous porte à le croire est le moi suivant hbrabefbth, qui lui sert d'attribut, •et qui, quoi qu'on en dise, ne saurait signifier autre chose que s'agitamt. En effet, ce même mot se présente dans le Deutéronome (xxxii, 11), où il est appliqué à l'aigle, qui, pour exciter ses petits a voler, agite et secoue ses ailes au-dessus d'eux. Le verbe d'où ce mot dérive ne se trouve qu'une seule fois, c'est dans Jérémie^ xxiu, 9. Or, dans ce passage encore, il signifie évidemment Vor ^i/aa'on; car le prophète, après avoir dit.: Mon -eeeur a été brisé au milieu de mai, ajoute immédiatement : Tous mes os se sont agiêée

(194) TtaTVtL., Canrr. Hermogen.^ c. 5S; TflRMOiirf, QuiStL 8, in Cems.

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