‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 89 sur 216 · LÀ · texte numérisé non relu

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ET DE PALEONTOLOGIE.

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VL Nous trouvons dans les versets suivants des termes qui Ont d*autant plus besoin d'être expliqués, que les incrédules s*en softt servis pour attaquer la véracité du ré^ cit mosaïQue. D'abord^ le mot hébreu ra* QUH,ren(lu dans nOs versions par firmament^ signifie proprement étendue [expansum^ ; car, eutre que le verbe dont il dérive signifie battre^ frapper une lame de métal, et de là rétendre f la rendre ductile en la frappant ^ tous la3 passages où il se trouve confirment pleinement ce sen§. D'ailleurs, l'explication qu*en donne Moïse lui-même enlève tonte espèce de doute à cet égard , puisqu'il en fait un svnonyme de Ciel^ lorsqu'il dit, que DiBO tut donna le nom de ciel. Or, nous avons déjà vu que le mot ciel signifie luimême hauteur^ élévation^ c'est-à-dire une vaste étendue de bas en haut. Seulement, OAGiAH igoute à cette idée celle d'une étendue horizontale, que lui donne sa propre étymologie.

Ainsif comme nous l'avons déjà remarqué ailleurs (499), Moïse ne pouvait choisir un terme plus propre à peindre l'objet qu'il voulait exprimer; car, dès que nous élevons les 3"eux oe la terre, ce qui nous frappe uniqueinent« c'est cet espace immense, cette vaste étendue dans Laquelle la vue semble se periire. Quelques traducteurs ont rendu le mot hébreu par atmosphère^ qui, sans y répondre d'une manière tout à fait exacte et complète, l'explique cependant assez bien, puisque r*est dans cette étendue ou espace crue se trouve contenue l'atmosj^hère, c'est-à-dire la couche qui enveloppé je globe terrestre et contient les vapeurs aqueuses qui, en s'élevant de la terre, se condensent, se rapprochent, forment les nuages, les brouillards, les pluies, la neige, la grêle et la rosée.

il résulte de cette explication, c|ue créer cette étendue ou atmospnère, c'était donner à ces vapeurs un milieu qui pût les recevoir et les séparer des eauiL des mers. Il résulte encore que par les eaux supérieures dont il parle au verset 7, Moïse entendait évidemluenl ces vapeurs aqueuses de l'atmosphère, et par eauxxnférieures^ celles qui forment les mers. Il résulte enfin que rien dans tout ce récit ne prouve, comme le prétendent nos adversaires, que Moïse ait cru que les cieux étaient Une voûte solide.

Quant à certaines expressions répandues Jans la Bible, et qu*on pourrait nous opf)Oser, nous dirons que ce sont de pures 3)étaphores qui se trouvent dans toutes es langues* et sur le vrai sens desquelles e peuple hébreu ne pouvait nullement pren-

^osé le septième jour ; c*est pourquoi il a béni e joor de ee repos et Ta déclaré saint (xx, 9-ii ). > lais cette preuve nous semble peu conchiante; car 3rs aftéme qu'il 8*agirait d'époques dans le récit de I créaiHMi, rien n^empèdieraUd'y comparer les sept jors de la semaine.

(499) Le Pentatenque avu une traduction fran-

tme^ «le., I. I" Genêsc, p. 9.

(5ÔO} TAeMur. phitotog. erilic, p. I5f9.

(50I ) Cette expmsion, comme on va le voir im-

lédtalcmeDt, est ^ussi susceptible du sens de avec

dre le change. Gesenius Ini-même reconnaît

3 ne dans la description poétique qu'ils font u firmament, les Hébreux parient le langage vulgaire, bien qu'ils sachent parfaitement qu'il renferme quelque chose d'inexact (500).

VII. A la parole toute-puissante du Créateur, la terre se trouve couverte de verdure, de plantes renfermant de la semence féconde, { et d'arbres chargés de fruits (vers. 11-12). * Ici se présente pour la première fois l'expression LEMiNO , que 1 on rend généralement par selon son espèce^ mais qui, à notr^ avis, signifie à la lettre avec son ressemblant: et, ajoutée aux arbres fruitiers, désigne les arbres semblables en tout à ces derniers, et qui en différent seulement par les fruits qu'ils ne portent point comme eux. Sans cela on serait en aroit de demander qui a créé les arbres et les plantes sauvages (501).

De même au verset 21, où il est question de la création des animaux, cette expression signifie également avec leurs irmÂfaMea, c'est-à-dire avec leurs femelles. Car autrement où trouverait-on la création des f^ melles? et d*aillenrs cette explication n'est* elle pas suffisamment indiquée par ce qui suit immédiatement? EtDnu,.. les bénit en disant : Soyez féconds^ nmltipliez^ous. Il nous semble qu il n'y a pas Hou d'en douter» quand on compare les versets 27 et 28, où il est dit textuellement en des termes mutuellement équivoques : £t Dieu créa Vhomme à son image; il les dféa méUe et femeUe^ it leur dit : Soyez féconds^ multipliet^^wms.

Ce n'est pas ici le Jieu de monter combien rinterprétation selon leur espèce^ selon leurs espèces^ est peu fondée sous le rapport grammatical et lexicographique ; nous créons l'avoir fait suftisamment aillenrs (502); mais nous devons faire remarquer (}ue tout en retenant le nom d'espèce, cette interprétation n'en établit pas la réalité, ou bien elle nous la représente sous une idée vague, incomplète, et par là même très-favorable aux définitions erronées de certains naturalistes; car, pour constituer Tespèce, if faut absolument le concours des deux sexes, mâle et femelle; concours d'ailleurs parfaitement établi (lar notre traduction : avec sa femelle^ avec leurs femelles.

VIII. Il ne sera pas inutile de faire ooserver ici que dans le verset 20, rendu ordinairement par : Que les eaux produisent des êtres antmés^ etc., le sens littéral est : Quê les eaux abondent^ soient remplies^ fourmillent (scateant) d^ êtres animés: et cpie par conséquent les eaux ne sont ici ni la matière ex fiMi, ni la cause efficiente oit créatrice

sa femelle. Nous aimerions encore mieux supposer que Moïse a réellement parlé des deux sexes des

Sntes, que d'admettre la traduction ordinaire, i#ion espèce^ pour les motifs exposés dans cette discussion même.

f502) Yoy. Le Pentat. avec nne traénçtion françatu^ etc., 1. 1'% GcNÈss, p. 0-il. Introduet. histor. et erit. aux livret de CAneien et du Nouveau Testa ment.^ 1. 1«', AacaaoL bisl.. p. 128; et Leme» heèt. et ékaîd., p. 524, 925, 2« édit.

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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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des poissons, etc. Cette dernière est assez clairement exprimée dans le verset suivant, où il est dit : Ce$l ainri que Dieu créa les grandi monstres marins^ etc. Quant à la matière ex ^gua, le terme même BARi, créa, Terclut entièrement.

GLAUCONIE GROSSIÈRE. Foy. Parisien.

GLAUCOME SABLEUSE. Voy. Albibm.

GLAUCONIE CRAYEUSE. V. Cénomaniev.

GLAUCONIE INFÉRIEURE. F. Subssonien.

GLEIG (ÉvÊQUB anglican), interpréta^ tion du récit de la création. — Voy Bucrland.

GLYPTODON. Voy. Mammifères.

GODEFROY(503).— La théorie cosmogonique de cet auteur est une des plus audacieuseinent téméraires qui aient été imaginées dans le but de concilier la science moderne avec la Genèse. Aussi* cette théorie, loin ct*opérer la conciliation désirée, n*aboutit qu*a compromettre le livre sacré. 11 serait bien étrange, en effet, qu'un livré écrit sous rinspiration divine n eût été compris par personne pendant plus de 3,500 ans, et n*eût pu Tètre qu*au 19* siècle , à Tépoque des systèmes les plus opposés, les plus aventureux, les plus incertains, dans un siècle où une science orgueilleuse et voulant, à tout prix, se passer de Dieu, se livre à tout le dévergondage de ses spéculations insensées.

C'est un bien triste labeur, en vérité , que d*aller prendre les rêves cosmogoniqucs et toutes le3 témérités scientifiques de notre temps, pour nous les présenter comme la traduction fidèle ou le commentairedu texte sacré. Rien n'égale, comme nous le montrons dans divers articles de ce Dictionnenre^ l'audace de ces interprétations qui sont la confusion la plus incroyable du langage humain. On en aura une Idée en lisant l'analyse détaillée que nous allons donner du livre de M. Godefroy,en l'accompagnant de quelques observations.

« Le premier de tous les livres porte inscrit en tète le nom mystérieux de l'Etre éternel et créateur; et dans cette première de toutes les cosmogonies, le ciel et la terre ont une même origine, et leur naissance

£ récède tous les temps : Au commencemeni Heu créa le ciel et la terre. Tel est le début de la Genèse.

a Alors le Livre des générations du ciel et de ta terre nous révèle ce qu'était la création en ce premier instant de la nature : une matière informe , un abtme dans les ténèbres ; mais Tesprit de Dieu se portait au-dessus de ces éléments, et la lumière fui. C est le premier jour. >»

Non, la création tout entière n'était point telle que vous Tinsinuez ici, une matière ins forme f un abtme dans les ténèbres: cela n'est dit que de la terre seule : Terra auiem erat inanxs et vacua^ etc.

« Ainsi, d'après la Genèse , la lumière est le premier produit de la création , et son a|)parition date du premier jour ou de la première époque de la nature, p

La lumière n'est pas le premier produit

(505) La eosmogonie de la févélution ou ieê quatrepremieri jours de la Genèse en présence de la science moderne^ «• éJit., 1847.

de la créatien ; le contexte s'oppose à cette opinion. La terre et les eauxi sont videmment créées et nommées avant que Dieu prononce le /Sa/ lux.

« C'est en présence de nouvelles doctrines scientifiques que nous discuterons, en les comparant avec ces nouvelles doctrioes,|tous les faits que renferme Tbistoire des premiers Ages du monde. C'est en présence des intestigations de rastronomie,de la physique, dcila chimie et de la géologie, aue nous allons interroger les archives sacrées sur la condition primitive de l'être un et multiple nommé univers, et sur les lois primordiales qui ont présidé à l'organisation du ciel et de la terre.

« Nous reprenons le récit historique , que nous citerons toujours textuellement.

« Au commencement Dieu créa le ciel et la terre, in princinio creaviê Deus cctiumtl terram. (Gen. i, 1.)

« Si la ressemblance du çlobe terrestre avec les autres globes planétaires décèle une origine commune , l'état actuel de l'astronomie ne nous permet pas de douter que le soleil lui-même n'ait une génération pareille à celle de ces planètes ou satellites* qui ont tant d'analogie avec lui par leur forme, leur mouvement, leur densité, etc. Mais notre système solaire,* malgré son immense étendue, n'occupe qu'un point dans l'espace : des mille millions d'autres soleils brillent comme lui de leur lumière propre. C'est ce vaste univers , ou ce grand tout résultant de l'ensemble des étoiles ou soleirs , et des planètes ou satellites, que le Créateur, ^au commencement des temps fit jaillir du néant par un seul acte de sa toutepuissante volonté.

« Cependant ce ciel du commencement et cette terre créée en même temps que le ciel ne sont pas le ciel et la terre que nous voyons; car, d'après la Genèse encore, la première formation du ciel et la constitution définitive de la terre ne datent, l'une, que du deuxième, et l'autre, que du troisième jour ; et ce n'est que le quatrième jouf que le soleil, la lune et les étoiles, c'esl-à-dire tout ce qui constitue le ciel, brillent dans le champ de la création. La création du ciel et de la terre du commencement des temps n'est donc que la création de la matière constitutive du ciel et de la terre. )»

Ainsi Moïse, dans le premier verset et dans le second, donue le nom de ciel et celui de terre à ce qui n'est en réalité ni l'un ni l'autre, mais seulement la matière élémentaire du ciel.et de la terre, ilsemble que, si Moïse avait voulu désigner la prétendue mcuière consii' tutive que vous supposez , rien sans doute ne lui aurait été plus facile que de le dire, en employant d'autres termes que cœlum ei terra qui ne peuvent s'entendre ainsi qu*( n faisant la plus grande violence au texte. iVon est probabile materiam solam sine forma créatam esse, nec talis vocari posset cœlumf <iil Cornélius à Lapide [Curs. compl. t. V, col. 128). Aussitôt après le premier verset,

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Ibise ajoute : Terra auiem erai inanis tt vaeuoy etc. Cette forme du récit ne permet pas d'admettre Tinlerprétation forcée à laquelle vous avez recours; Moïse nomme ici, séparément du ciel, la terre dont la création a été expressément désignée dans le premier Yerset. Deux choses très-distinctes sont évidemment mentionnées comme créées au commencemenif le ciel et la terre. De ces deux choses Moïse négli^^e la première, le ciel» pourne s'occuper que de la seconde, la /rrrf. £t cette terre existe, est créée et distinguée du ciel 9 puisqu'elle est inanis et tacua, c estl^lire MMU arbres^ sans fruits et sans aucun ornement ^traduct. du P. de Carrières) et que de plus elle est recouverte par les eaux.

« Cette doctrine, comme nous l'apprenons de saint Augustin, est celle des anciens interprètes, qui, par ces mots, le ciel et la TsamE, ont entendu la matière dont ont été formés le del et la terre, et toutes les mer- Teilles que renferment le ciel et la terre ; la matière de tous les corps de la nature, des globes lumineux et des slobes opaques. Et le grand interprète de 1 Ecriture fait voir qu*eo effet il n'est pas possible d'entendre, partes premières paroles de la Genèse, autre chose que la matièbe do ciel et de la TCEBE, nisi nuUeriam cali et terrœ, la matière qui allait servir à la formation du ciel et de la terre, id est materiam quœ cœli^st terrœ fermuun capereposset ; et qu'il faut dire avec Ions les interprètes, sous peine de tomber dans l'absurde, que Dieu a d'abord c<'éé la matière du ciel et de la terre , et qu'ensuite il a donné la forme à cette matière. »

Saint Augustin, dans ses Confessions (1. xn, c. 20 et 28, et I. i deGen. contra Manich.^ c. 7), émet effectivement cette opinion. Mais le Berne Père dit (I. i deGen. ad litt.^ c. ik) : kmu materiam eodem instanti temporis fuisse sma forma donatam et omatam^ et lib. n Ih Ctr. D., c. 9, il entend par cœlum les anges, el par terram la première matière informe , ee qui fiait dire à Cornélius à Lapide : Prius eu musticum^ posterius improbabile. Cornélius â Lapide est loin de se ranger au sentiment de saint Augustin. Ce commentateur €tit : Maxime prooabile est^ per cœlum sic isuMigi primum et summum ^ scilicet empy^ remm^ quod Paulus vocat calum tertium^ Jtmeideœtum cœlif quodque sedes est beatorum^ mii poMsim omnes docent. (Curs. compl. t. Y, eol. 138.)— Cornélius à Lapide ajoute : Est kmt sententia B. Clementis^ accepta ex ore S. Feiris ut ipse aithi Reeognit.; Origenis hic AoamI. 1 ; Theodoretij Alcuini, Rabbani, Lyranij FkitoniSf M, De mundi opificio^ S. Hilarii m pe. cxxxv ; Tkeophili Antiocheni ad Anta^ è^ekum 1. u ; Junilii ^-Bedœ^ Abulens, Cathor rmi, Straei m glossa ord. hicj S. Anselm. L I Ae imagine mundi^ c. 28 ; 5. Bonav. in 2 ; dist. 12; Ruperti 1. 1 in Gen.f c. 6; Gulielmt Paris. 1, p. I, De universo^ c. 31 et U). Aiex. Alemsm p. ni Suaifiur théologie. ^ quœst. 43;

memb. 2; Hugon. Victor in Sent, tract. 2f 1 ; Brunonis Carthus. Patriarchœ l.i de No^ vis.j c. 2; Lud. Molinœ i p., qu 86, sub ini» tium operis primat diei mundi ^ et aliorum; adeo ut S. Bonacent. hanc sententiam asserat esse communiorem^ Catharinus vero esse veris-simam {loc. cit. col. 129). — Vous voyez que, quoique voiis en disiez, il s'en faut bien que vous ayez pour vous le sentiment de tous les interprètes.

« Quel était l'état de cette matière du ciel et delà terre? C'est ce que le livre divin nous révèle tout d'abord. Dès le second verset, nous sommes avertis que la terre du premier jour était à l'état simple, qu*elle était VIDE ET TAi!iE, i!fcoiiPosÊE, ct que la création tout entière n'était alors qu'un abtme invisible, ou une matière ditfuse, impalpable. »

Ainsi le terra autem erat inanis et tacua veut dire non que la terre, mais la création tout entière n'était qu'une matière diffuse , impalpable. Quel incroyable bouleversement du langage I

« Cette terre vide et vaine^ dans la Vulgate, intisible et incomposée dans la version des Septante, n'est qu'un vide et un rien xhu^ Mi «v^» dans la traduction d'Aquila, une mformité et une nullité nvôv 7«i oOdtv dans la traduction de Théodotion, une matière diffuse et inerte «^yôv wc «^npirov dans celle dehymmaouê; et nous apprenons de MM. Cbaubard et Marcel de Serres que le texte chaluaïque porte mot pour mot : alors la terre étMt matièrt informe à tétat de molécules élémentaires : et la version samaritaine , qui est l'ancien texte hébreu, une matière divisée jusqu'à être impalpable ^ jusque Fannihi' latton (59i),» interprétation étrangement exagérée et adoptée pour les bénins du système. Le P. de Carrières, se conformant au sens qui s'offre d'abord, et qui est présenté |)ar le commun des interprètes qui n'ont pas de théories préconçues, oit simplement : « La terre, en sortant du néant, était informe et toute nue, sans arbres, sans fruits, sans aucuns ornements. » C'est ce que font entendre les mots hébreux tohu vauohu^ et c'est ainsi qu'ils ont été traduits par Jonathas le chaldéen, par les Septante, etc.

« Or, d'après la Genèse^ cet état de nature première n est pas seulement celui de la terre du premier jour; c'est encore l'état de la création tout entière : l'universalité de la création n'était alors qu'un abîme, une masse inerte de matière diffuse. La lumière ellemême, ce premier produit de la création, n'était pas encore : les ténèbres régnaient sans partage sur l'abime unique du ciel et de la terre, sur l'abtme du ciel dont la disposition première date du deuxième jour; sur l'alilme de la terre qui n*est distinguée et séparée ou détachée de l'abtrae unique du premier jour, que par ce deuxième jour de la création. »

(504) M. CaAirBAAn, Elém. de CéoL^ p. 37, 38. < on état de diffusion qoi irait jasqu'à rimperceptî-

c iufermis et seriformis^ diaprés le texte de Tlié- t bililc ou rincomprébensibililé.» (M. M. de Suies,

. Le lexle samaritain emploie d^autres exprès- De la Ci^mog. de Mmse eomp, aux faits géoiof.p

qui préseDlent œ qui fut plus tard la terre dans p. 50.) (GoDsraoi .)

Dicn0!f. PF C0SM0G05I8 BT DE PaLE05TOLOGIB. 23

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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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« L'universalité de la création, dites-vous, ifétait alors qu'un abime , uue masse inerte (le matière diffuse »

Cornélius à La|nde réprouve ce sentiment. « Improbabile est, dit-il, quod censent Gabriel, in 13, dist. lâ,q. I, et Marsil., ibidem, chaos hoc, sive, ut sapiens loquitur, materiam informem fuisse materiam primam. Tel solara; vel certe informalam tantum forma quadara rudi, obscura, generali et communi corporeitatis, ita ut tantum esset in potentia ad oranes particulares formas suscipiendas, ut censuit Abalensis. Ex hoc enim Mosis locO'^^onstat, primitus fuisse ereatam terram et cœlum : ergo materia primitus creata non fait form» expers, sed particulari cœii et terr» forma induta et imbuta. > (Curs. lompl.y t. V. col. 132.)

Et les ténèbres étaient sur la face de rabtme. Vous entendez i>ar (Ufîme la même chose que par le terra, du môme verset, et par le cœlun et terram du premier versot, c'est-àdire une masse inerte de matière diffuse. Ce sentiment est rejeté par Cornélius à Lapide comme nous venons de le voir. Il est en vérité bien étrange qne Moïse ait pris tant de détours, ait eraf>loyé tant de termes im-

f propres et qui devaient donner si longtemps e change sur sa pensée, pour dire qu'au commencement Dieu créa une immense masse de matière gazeuse, chaotique, impalpable» qui remplissait l'espace sans bornes, et que c'est avec cette matière élémentaire qu'ii fit le ciel ou les astres et la terre. C'est la fameuse hypothèse astronomico-chimique que les panthéistes et les naturistes ont imaginée pour expliquer, sans Dieu, la formation du monde matériel. Le vulgaire des commentateurs a entemlu tout simplement que les ténèbre étaient sur la face de Vabime, c'esti-dire sur la face de l'abîme d'eau où \di terre était absorbée, suivant le P. de Carrières. On comprend qu'un abîra» d'eau ait une face ou surface, et que cette surface soit dans les ténèbres, mais comment comprendre la /ac« d'une matière à Yétat de gazj de tapeurs éminemment subtiles, d'ime matière divisée ju^-m à être impalpable, jusque l'aMnihilatton? Est-ce qu'un amas de gaz et de vapeurs éminemment subtiles peuvent s'appeler un abîme? L'atmosphère est-elle un abtme? Et

{>eut-on dire d'une matière gazéifiée jusqu*à 'annihilation qu'elle a des ténèbres ou de la lumière à sa surface ?

Et V esprit de IHeu se portait sur les eaux (trad. de M. Godefroy). « Nous devons dire et nous dirons tout d'abord que, sous ce nom d^eaux^ nous entendons la même chose que sous le nom d'abîme, c'est-à-dire la matière informe de l'univers. )» (P. 15.)

Ainsi le mot aquœ, les eaux, a ici exactetfient la même signification qne le cœlum du premier verset, que le terra et Vabyssus du second verset; ctel, terre, abîme, eau, quatre mots synonymes dans le langage de Moïse I M. Godefroy voit partout et en tout la ma* tière élémentaire, son hypothèse a les plus impérieuses exigences, il ne recule devan aucune interprétation pour y satisfaire. Le

P. de Carrières, bien plus sobrement, a tnr duit : L esprit de Dieu était vorté sur hs emx, Us disposant à produire Us créatures qui] en voulait former.

Mais que faut-il entendre pa. ces mots : r esprit de Dieu? Plusieurs commentateurs entendent un vent violent, un vent deDiev, une montagne de Dieu, etc., en hébreu, signifie un grand vent, une haute mon!a-;ne* Presque tons les Pères veulent que ce "soit le Saint-Esprit lui-même, ou la troisième personne de la sainte Trinité, et l'Eglisea consacré cette interprétation dans la Wné diction des fonts, lorsqu'elle dit : Tu supef ùquas foturus cas ferebaris.

Pour M. Godefroy, ce n'est ni le xent \A le Saint-Esprit, Nous avons déjà vu trois ou

Juatre énigmes que Moïse a données à eviner à ses lecteurs, et qui n'auraient été devinées que de notre temps ; en voici uce cinquième dont M. Godefroy a tout aussi heureusement trouvé le mol que pour les précédentes. Selon lui , par spiritut Dei, Moise déôij^ne le calorique!!!

a Dans la cosmogonie sacrée, l'esprit do Dieu qui se porte au-dessus des eaux , est le principe actif de la création ; et dans cette cosmogonie, c'est de l'action incessante de cet esprit de Dieu, ou du principe calorifique, que procèjent toutes les opérations de la Sagesse créatrice, pendant les quatre jours consacrés à l'organisation des mondes, ou de tous les globes de l'univers. » Qu'en pense Cornélius à Lapide? « Pro ferebatur (éM\) hebraice est merachephet, quod teste S.

Basilio, Diodoro et Uieronymo in Quaést. bebraic. in Genesim, est volucrum, dum super ova et pullos quasi pendulœ leniler agitatione alarum se librant» motitant, et volitant (unde ArabicaBiblia babent :ro(ï(abat,ulale8se gerebat, alissenhovebat:ChalààiCS vero, insufflabat), iisque deinde incubant, calorem aspirant , fovent et animant. Pari modo Spiritus sanctus superferebatur, vel, utTertull. legit, supervetlabatur àquis, non loco aut motu, sed omnia superante ac pracellente potentia , sicut superfèrtur rébus fabricandis voluntas et idea artiQcis, inquil S. Augustinus, 1. i jDe Genesi eut liU.y c. 7. » {Curs. compl.y t. V, col. 133).

D'après le système d'inierprétatîoA de M. Godefroy, voici comment les trois premiers versets du i)remier chapitre de la Genèse devraient se traduire.

1. <c Au commencement, Dieu créa la ma* tière gazéiforme ou nébulaire dont il fit plus tard le ciel et la terre. »

a 2. Terra autem, or la terre... impossible de traduire ainsi ; il ny a pas encore de terre; il n'v a que la matière nébulaire; terra signine donc encore ici la matière nébulaire dont la terre comme le ciel sera faite, laquelle terre n'est distinguée et séparée ou détachée de rabtme vnique don!

elle fait partie en ce moment que le deuxième jour de la création (p. 6). — Il faudrait donc traduire ainsi c^ second verset ; t Or, k matière, dont la terre devait ôlre faite , était

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inmit et raetia^ c'est-à-dire à l'état nébulaire ou gazéiforme. »

Hais c'est ce que disait déjà la premier verset, suivant M. Go<iefroy, et d'après lui, te verset ne peut signifier autre chose.

< Les ténèbres étaient sur la face de la uatièrp nébulaire, et le calorique se portait à la surlilce de cette Uiéme nïatière. »

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