Et Dieu dit : Que la lumière soit et ia lumière fût
Après avoir examiné la valeur de Tinterpréiaiion du texte sacré pour les trois premiers versets de la Genèse, au point de vtte de riiypotlièsB de M. Godefroy, nous allons entrer avec lui dans le domaine de la science. Serons-nous plus satisfaits? voyons.
Llnterpréiaiion du texte sacré de la Genèse par M. Godefroy, n'est autre chose que Tappliiation des théories scientifiques modernes a ce texte.
0 Cet ordre de création si éloigné de nos idées et de nos conceptions (il est vrai qu'on croit rêver en voyant celui que vous avez inia^^iné], celle suite méthodique d*opérations successives si longtemps inintelligible, se trouve mervei^lleusement d'accord avec des faits qui ne devaient être connus que dans le xix' siècle (p. Si-). »
Ainsi^ jusqu'aujourd'hui, c'est-à-dire pendant 3,500 ans, on n'avait point compris et J on ne pouvait comprendre le récit gênésiaciael M. Godefroy ne met pas un instant en doute que la science moderne ne soit définitivement la science infaillible. Tout est (rouré, tout pst découvert, tout est dit en matière de cosmogonie, de géo^nie, de physique, de chimie, d'astronomie, etc. Et c;Hto merveilleuse science du xix^ siècle n'est autre chose que ïe commentaire du premier chapitre de la Genèse. Nous avons TU, en effet , comme le texte sacré se plie beureusement à cette exégèse.
Parmi les échecs récents éprouvés par ces ibéories cosmogoniques aventureuses, nous cTÏieronâ la résointion en étoiles d'une certaine classe de nébuleuses, sur lesquelles ces hautes spéculations s'appuyaient comme sur ane base «pie l'on croyait inébranlable. Le finissant télescope de lord Ross, vient de Taire évanouir ces sortef; de nébuleuses et de les résoudre en étoiles. 11 n'y a plus de tiiatière nébuleuse éparse en amas divers tians Tespace, il n'y a plus que de brillantes «étoiles groupées aiversement dans les pror4jndeiirs de l'immensité, groupes que l'on eontinnera d'appeler nébuduses si Von veut, mais qui n'ont rieri de commun avec la matière diffuse, formant, dans les cieux , des 9inas qui allaient se refroidissant et se coniensaot pour devenirdes mondes, des étoiles nx soleils nouveaux. Aujourd'hui ces idées ^oni au nombre des chimères , et, c|uoi fu^en aient dit quelques savants qui avaient KUi IÀ:-<ies8U5 de superbes systèmes, l'œuvre le la créaition est achevée et complète.
Vo vons toutefois comment M. Godefroy >rpr*Aiaii avec les nébuleuses avant qua le
télescope de lord Ross les eût mises à néant.
« Newton avait dit, à Kl fin de son livre des Principes, que l'arrangement si admirable du soleil, des planètes et des satellites ne pouvait être gue l'ouvrage d'un être intelligent et tout-puissant. En présence de cette profession de foi si philosophique , M. Laplace déclare que cet arrangement des planètes peut être lui-même un effet des lois du mouvement , et que la suprême Intelligence peut l'avoir fait dépendre d'dn phénomène plus général. « Tel est, ajoute-t-îl , « suivant nos conjectures, celui d'une ma- « tière nébuleuse éparse en amas divers dans <i l'immensité des cieux (503). »
« Depuis longtemps \vs nébuleuses avaient attiré toute Tattention des astronomes. Déjà Simon Marins , en 1(512 , Huygens , en 1656, avaient signalé quelques nébuleuses , et Measier, en 1784, avait publié ses observations sur celte partie si intéressante des cieux. Mais Herscliell , au moyen de ses puissants télescopes, a considérablement surpassé les autres astronomes dans ses découvertes. Sa publication sur la constitution du ciel et l'organisation des corps célestes, insérée dans les Transactions philosophiques de 1811, est le recueil le plus précieux que la science ait jamais Hvré aux méditations du philosophe.
« Cet iniatigable explorateur des cieux, qui a observé les nébuleuses pendant plus de trente années, divise ces objets astronomiques en un grand nombre de classes, d'après leur degré de lumière. La première classe^ ou le premier degré, est ce qu'il appelle nébulosité obscur e, nébulosité étendue et diffuse j nébulosité extrêmement faible, d'une blancheur entièrement laiteuse, au il n'est possible d\ipercevoir qu'en rassemblant une /wmiêre considérable au moyen des plus puis» sants instruments. Dans les classes suivantes, la matière nébuleuse passe à un état toujours de plus en plus lumineux, jusqu'à ce qu'elle arrive à la forme dite planétaire,
« Ces gradations successives qui s'obser- Ventd'un groupe à l'autre, rendent extrêmement probable, disent les astronomes, I4 conclusion à lajjuelle on est naturellement conduit, que chaque état de la matière nébuleuse résulte de la condensation de cette matière, qui, dans son état complet de dif fusion, ou d'invisibilité absolue, remplissait originairement tous les espac- s célestes.
« Conformément à ce haut point de vue, notre ciel, où toutes nos étoiles* n'étaient dans Torigine qu'une seule et même nébuleuse, que la condensation a transformée en une multitude de systèmes distincts, plus ou moins indépendants.
n Dans sa Cosmogonie, H* Laplace ne s'explique pas sur la division dé cette immense nébuleuse en groupes séparés. Il ne s'occupe que de la formation de notre système solaire déjà détaché des autres systèmes, et qu'il assimile, dans cet état, à l'un de ces a$tre$ problématiques connus en l^« ;
(509J Es^poêitivn du système du monde, p. 395, 5* édiUon.
GOD
DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
GOD
Irooomie sous le nom d'étoiles nébuleuses. «*Le soleil, dans son état primitif, ressemer blait aux nébuleuses que le télescope, dit- « il, nous montre composées d'un noyau «r plus ou moins brillant, entouré d'une né- « bulosité qui, en se condensant à la surface « du noyau, le transforme en étoile. »
a Nous reviendrons , lorsqu'il en sera temps, sur ce qu'il y a d'inexact dans cette exposition. Nous n'avons besoin présentement que de connaître Tétat originel de la matière constitutive de tous les corps de l'univers. Or, sur ce premier point, mais sur ce premier point seulement, la doctrine du savant géomètre est absolument la même que celle de nos physiciens et de nos astronomes.
«c Si l'on conçoit , par analogie , toutes les « étoiles formées de cette manière, continue « M. Laplace, on peut imaginer leur, état « antérieur de nébulosité, précédé lui-même « par d'autres états dans lesquels la matière « nébuleuse était de plus en plus diffuse, le «no^au(le no^au problématique) étant de « moins en moins lumineux. On arrive ainsi, « en remontant aussi loin qu'il est possible, «r à une nébulosité tellement diffuse, que n Ton pourrait à peine en soupçonner l'exis- « tence (506),» c'est-à-dire, pour reproduire les propres expressions d'Herschell citées par M. Ampère, c'est-à-dire que la matière dont les mondm sont composes était d'abord à tilat gazeux (507).
« N'est-ce pas là évidemment celte matière vide et vaine^ invisible et incomposée^ celte matière impalpable et divisée jusqu'à Vannihilation^ que Tau teur inspiré de la Genèse nous représente comme la matière constitutive du ciel et de la terre? N'est-ce pas là ce quasi-néant, ce vide ténébreux^ dont l'intelli-
S[ence humaine ne saurait ni sonder la proondeur à cause de son immensité, propter profunditatem vastissimam^ ni concevoir la nature à cause de son informité, propter ipsam informitatem? »
Nous n avons pas à nous occuper de cette comparaison que l'auteur établit entre la première classe de nébuleuses on nébulosités étendues et diffuses^ nébulosités qui n'existent que dans le cerveau de quelcfues savants, et sa matière nébulairc primitive, désignée avec la clarté que nous avons signalée dans les premiers versets de la Genèse. — Voy.