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et la gëogénie au-delà du secono verset du
i>reniier chapitre de la Genèse ^ comme Ta lait Villustre Buckland , etc. , et qu ou ne s*ayise pas de traduire le texte sacré par la nomenclature physico-chimico-astronomi-
3ue moderne , nous sommes prêt à applauir à tous les efforts que l'on tentera dans ce but élevé , di^ne des plus hautes intelligences. Nous ne blâmons que les interiirétatiOQS violentées, tourmentées* absurdes, données au texte de la Genè$e pour y trouver les théories si incertaines, si téméraires, si mobiles , d'une science aussi orgueilleuse qu'impuissante.
M. Godefroj revient à sa masse gazeuse et à son calorique (Spiritut Dei).
< Le calorique est hypothétiquement considéré comme un fluide dont la distribution, en proportion diverse parmi les molécules de la matière pondérable, constitue les trois formes générales : gazeuse, liquide et solide. Nous sommes conduits, de la sorte, à envisager la chaleur comme la puissance primordiale et modératrice de l'univers, et comme le principe sur lequel repose la constitution immédiate de tous les corps de la nature. Si nous ne sommes pas encore autorisés à prononcer des décisions do^atiques sur la nature abstraite de la chaleur, si son essence est encore un mystère, nous savons du moins d'une manière certaine, et c>st tout ce qu'il nous imnorte ici de savoir, que les liquides renferment plus de calorique latent que les solides, et les gaz pius que les liquides, et que le passage des gaz à l'état liquide ou solide est toujours accompagné d'un prodigieux dégagement de caloriqne qui se répana à la surface ou sur les corps environnants. La simple condensation suffit è la production de ce phénomène, eomme le montre Texpérience si connue du briquet pneumatique, où la compression semble exprimer et chasser, hors ae l'air froid, son approvisionnement latent de chaleur et de lumière. On a expérimenté qu'une condensation d*air au cinquième de son volume produit une chaleur d'ignition. Il nous sera donc {lermis aujourd'hui de voir dans cette première condensation de la matière gazeuse de la création la première m/vnifestation de la Sagesse créatrice, ou l'exécution de ce premier ordre du Créateur : Que la LUMifcBE sorr. •
Si le texte sacré a beaucoup k se plaindre de la théorie qui lui est appliquée ici, la vience, de son cAté, n'aurait pas moins à dire. Vous admettez du calorique dans votre masse gazeuse; mais pourquoi voulez-vous
Ju'il se porte k la surface? Son action est de ilater indéfmiment, s'il y est en excès, cette immense masse de gaz dans le vide qui l'en* TiroDoe. Pour, qu'il y eût condensation et dégagement dé caloric[ue et de lumière, il faudrait une compression. Et d'où viendraitelle ? 11 n*y a que le vide en dehors de la matière moléculaire, et par conséquent dilatalatioD indéfinie ou jusqu'à équilibre de <li$tribution de calorique entre les matières
à rétat gazeux. Vous faites du Créateur un chimiste qui n'y entend rien.
M. Godefrov achève de traduire le texte qui concerne l'œuvre du premier jour :
« Dieu vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière d'avec les ténèbres. Il . donna à la lumière le nom de jour, et aux ! ténèbres le nom de nuit. Et du soir et du matin se fit le premier jour. »
M. Godefroy ne fait aucun commentaire sur la première partie de ce texte. 11 nous semble pourtant qu'il eût été convenable de s'expliquer sur cette séparation de la lumière d'avec les ténèbres. Cette séparation est une œuvre du Créateur qui appartient au premier jour. Qu'est-ce que cette séparation? Nous ne voyons, dans l'hypothèse de M. Godefroy, qu'une masse gazeuse incommensurable, à la périphérie de laquelle il affirme qu'il ^ a de la lumière ; soit. Mais, encore une fois, comment le Créateur séparet-il cette lumière d'avec les ténèbres? Nous ne voyons que de la lumière, et cet état de chose dure au moins pendant toute la première époque; car, pour M. Godefroy, les jours génésiaques sont des époques.
Dieu donna à la lumière le nom de jour, et aux ténèbres le nom de nuit. Jour ici ne doit pas signifier époque; c'est impossible» évidemment. Que signifie-t-il? Un jour de 24 heures? Mais comment était-il mesuré» je vous prie? expliquez-vous. La nuit aussi est mentionnée par opposition au jour. Il est donc question ici d un jour et d'une nuit ordinaire? Si ce n'est pas cela» qu'est-ce donc?
M. Godefroy passe outre, et entame une discussion sur ta valeur des jours génésia-
3[ues. Nous en renvoyons l'examen à Tarticle OUAS PERIODES.
Passons à l'œuvre du second jour. « Dieu dit aussi : Que le firmament soit fait au milieu des eaux» et qu'il séparejes eaux d'avec les eaux,
Dixii quoque] Deus : Fiai fhrmamentum m medio aquarunif et dividai aqua$ ab aquis. [Gen, I, 6.)
<« Et c'est au centre de la masse moléculaire de la création, c'est au milieu des eaux sur lesquelles la lumière vient remplacer les ténèbres de labtme du premier jour» que Dieu fait le firmament pour constituer le ciel du deuxième jour. Et fecit Deus /Irmamentum^ dirisitque aquas quœ erant sub frmamento ab his quœ erant nsper firmu" mentum: et factum est tia, voeavitque Deu$ firmamenium ealum ; et factum est vespere et mane dies secundus. {Gen. i, 7, 8.)
« Dans les fastes de la science humaine» comme dans le récit de la révélation divine, un mot présente d'un seul trait l'ensemble de tous les faits en système céleste. Si nous interrogeons les savants, ils nous diront qu'une même force constitue l'essence de tous les corps, produit la stabilité de tous les êtres, attache et resserre la matière de tous les globes, lie toutes les sphères entre elles, et les retient chacune dans sa forme spéciale. Ils nous diront que, semblable k
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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
çop
une chaîne immense, celte puissance indé^ finie s'i^tend h toute Tirnukensité de Tespace, ({u'elle embi'asse toutes les parties de la matière, que par elle enfin tout est lié, coordonné et mis CD harmonie avec une saf^esse, une régularité et une constance qui irappartienneot qu'à Dieu même.
Dieu parle, et le cbaos se dissipe à sa voix : Vers un centre commun tout gravite à la fois. Ce ressort si puissant, Tàme de la oalure. Etait enseveli dans une nuit obscure ; Le compas de Newton, mesurant Punivers, Lève enfin ce grand voile, et les cicux sont
to">'«rls (509).
tf Telle est la force mystérieuse que ia science humaine désigne par le nom d'attraction, de pesanteur, de force centripète, de gravitation universelle ; et que, dans son religieux enthousiasme, elle proclame « le o chef-d'œuvre de rintelli^ence créatrice et ^ l'objet éternel de ladmiration des auges « et des hommes (510). »
« Mais cette force inconnue qui préside à l'organisation du ciel, celle force qui sert de lien et de support à tout iuntvers matériel (511), le livre divin l'avait appelé ce gui affermie^ ce qui consolide^ ce qui solidifie, ou simplement eirmamemt, firmamentum. »
(P. 30 et suiv.)
Les commentateurs jusqu'ici ont émis sur le sens de ce mot des opinions bien différentes. Les uns, parmi lesquels il faut ron* ger saint Augustin, pensent que le firmameut est la moyenne région de Tair, interposée entre les eaux supérieures ou les nuages et les eaux inférieures , celles des fleuves, des sources, elc. Les autres, et ceuxci sont les plus nombreux, disent que le firmament dont parle ici &toïse, est le ciel étoile et tous les globes célestes qui sont dans son voisinage au-dessous comtue audessus, jusqu'au ciel empyrée. Hœc est^ dit Gornëlius à Lapide, communis Patrum sententia^ Philonis, Josephiy S, BasiUi, Ainbrosiiy Procopii, Theodoreti, Chrvsostomij Btupnrtiy Gennadii ét'&sverianii in Cat. Gra3corum, Hilarii in Psal. cxxxv, Btdm kib. De Nat. rerum, iusidni, q. 98, Augmt, Hb, ii De Ci vit. D., cap. ul^, et Jam. OnAelt, Oleastri , Lipomani , Molinœ et aliorum multorum. (Curs. compl.y t. V, col. IW.)
Citons M. Godefroy : h Pour nous, dit-il, BOUS a(>puyaDt sur le texte primitif, sur la traduction des Septante, sur toutes les versions anciennes et sur presque toutes les Tersions modernes, nous entendons ces expressions de la Genèse, fiât firmainenlum in medio aquarum^ et factuni est itafiniuunentum cœlum, nous entendons ces expressions, d'une force centrale imprimée à la matière fluide de la création et de l'universalité des phénomèaes qui en sont réi^ltés. Et, ce que nous entendons, nous l'exprimons ainsi :
« Qu'il y ait faisant tehma ferub au centre, firwàmentam in média ; qu'il y ait una force centrale qui affermisse, qui condense
les eaux de l'abtme, et qn'en les condensant elle les divise, ûat firmamentum in média aquarum et dividat c^uqs ab aqui$ ; et Dien donna au firmament, mais au firmament A1.NSI FAIT , factum est iia, au résultat de l'opération du firmament, ou à l'ablo*^ ju premier jour ainsi condensé et divisé , le nom générique de ciel, et factum est ita^tO' cavitque Deus firmamentum cœlum,
a C'est-à-dire que la matière fluide de la création, placée sous l'infiuence de la force centrale, se condensait et se consolidait, et que parle fait même de cette condensation, ces eaux de l'abîme unique du premier jour se divi-saicnl en agglomérations distinctes, en aliîmos distincts et séparés^ pour cotistiluer le ciel ou les divers systèmes célestes, r
Nous aurons à revenir plus loin sur ceiie hypothèse d'une force centrale et de cette division de l'abîme unique en agglomérations distinctes. Nous nous bornerons ici à quelques observations.
Le firmamentum, c'est l'attraction.
V^oici donc, (raj)rès les idées de M. Godefroy, comment il faudrait traduire les 6' 7* et 8' versets :
« Que raltraclion soit faite au milieu de la masse moléculaire, et qu'elle sépare la masse moléculaire de la masse moléculaire.
« Et Dieu fil l'attraction, et il sépara la masse moléculaire qui était sous l'attraction de celle qui était au-dessus de l'altraction.Et cela se fil ainsi.
« Et Dieu donna à l'attraction le nom de ciel. Et (lu commencement à la fin se fit la seconde époque. »
M. Godefroy avance que la traduction des Scptanlo, toutes les versions aaciennes et presqtie toutes les versions modernes, entendent ))ar firmamentum une force centrale. Nous avons vu plt^s haut qiHl n'en est rien. Cornélius à Lapide s'en explique ainsi : 5i- CHti œs (Ixiiâum fundendo atstenditur et condcnsatur, ita hic aqua densaia in cQ*h$, ror atur grœce oT'Tùi'^iUK, /an'rie firmamentum ; est enim firmam'enium qtuisi murus in medio aquarum, id est, inter duas aquas, superaj scilicét et inféras iriterjectus, easque ab twrfcem dispescens et coércens, { Curs, compl.* tora. IV, col. 142.) Et plus loin ; Verum dico^ firmamentum esse cirlum stetlàtum , omnesque orbes ealestes illi vicinos, iam inferiores quam superiores usque ad empyreum.
Il produit ensuite cinq principales raisons è l'appui de ce senti meut, t^a cinuuième est celle du sentiment comaïun des Pères que nous avons cités plus haut. Tous les commentateurs entendent donc du ciel le fi^cmentum du second iour, ainsi que le texte lo dit formellement. 11 n'est donc pas exact d'avancer que les ver^io^ permettent de tra« duire firmameiptum par je ne sois quelle fûrce centrale ou faist$nl tenir ferme an cetiire,
Îui n'était encore venu jusau'ici à l'espril e personne.
(509) Voltaire, Elém, de la phiios. de Newton. /510) Syst. du monde, par L\mrkrt.
(,M1) Discours $ur l'élnde de ta pMo^hie «al.,
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ET DE PALEONTOLOGIE.
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M. fiodefroy est ooligé de placer sa force (enirale^ ou ]*aUractioii , au milieu de la ina^se rooléeola re, m médio aquarum; mais Uoïse ajoute que ce firmament est destiné à s/prrer les eaux des eauTj ou la masse moléculaire de la masse moléculaire. Si le prmamentum est faUraction au centre^nous comprenons que cette force centrale condense toute la mas.^e moléculaire en un î^iobe» mais nous ne pouTons comprendre ouVile la seiiare en deux parties ou deux gloltes, qu*elle la divise eu agglomérations distinctes. Qu*ou lasse intervenir p<iur cela la puissance du Créateur, je le veux bien ; mais alors qu^on n^invoque pas la science dont les lois sont tout opposées aui effets qu'on veut obtenir
Le septième verset devient complètement inintelligible. Qu*est-ce que séparer la ma^se moléculaire uni était au-dessous de la force centrale, de la masse moléculaire qui était au-dessus de celte même force? Qu'est-ce qu'une force qui a un dessous et un dessus?
Le huitième verset est également travesti d'une manière bizarre : Vocatiique Deus fif- «a/fien/um cœlum^ et Dieu appela ciel Tattraf lion ou force centrale. Mais dans Tinterpréîation de M. Godefroy il y a deux firmaments, la force centrale de la masse au-dessous et la force centrale de la masse au-dessus, afirës la division en deux de la masse unique primitive. Et cependant Dieu ne l»arle jamais qiie d'un firmament qu'il nomme eitL Dans la Bible, c*est évidemment le firmarnent qui est fait ; dans II. Godefroy, c'est le firmament lui-même qui opère.
Quoi qu il en soir, le firmament est resté synonyme de cff/ , dans le sens de la voûte apparente au-<lessous de laquelle nous voyofis se mouvoir les corps célestes, et c'est une étemelle protestation contre le sens étrange donoé à ce mot par M. Godefroy. CœU enar^ rami gloriam Dety et opéra manuum epu anuuntiat firmamentum.
n Ce que nous voyons dans le livre de$ gé-méraiions du ciel et de la terre ( Gen. ii, 4), leote la tradition, dit M. Godefroy, l'a vu arec nous ( page 65 ). » Nous avons yu ce qu*ii en est de ces assertions audacieuses.
« Sans doute, ajoute M. Godefroy, nous sommes loin de prétendre qu'il n'y a pas beaucoup de va^e, d^incertitude, et sourent flitaie beaucoup d'inexactitude dans les explications de ces anciens interprètes sur cette canse efficiente de tout ce qui existe, sur ce firmament du deuxième jour qu'ilsappellent, tes uns le cordon ombilical du monde, le milieu des eboses ; les autres, le mystère du sein maternel, l'enfantement de la niture (saÎDl Emasif, in G en.). Sans doute tous ces interprètes n'ont pas saisi dans tous ses développements la grande loi qui a présidé à Tofi^nisation des mondes... Mais nous devons eonstater qu'ils ont reconnu que le firnament de l'hébreu, dans sa signification
C'witire et radicale, exprime l'action d'afmir et de solidifier ce qui était auparavant rare et fluide. Firmamentum keoraice THOtur EAKii, cujui radix eaka tigm^ficat
firmare ac solidare rem aliquam quœ pnu$ fluida erat et rara.» (Curs. compl.^ t. V.j
Oui, nous reconnaissons que les commentateurs admettent que firmamentum dérive en latin comme en grée et en hébreu d*un mot oui signifie affermir^ solidifier; mais assurément il ûe s'en suit pas du tout qu'ils y reconnaissent l'attraction. Ils n'y voient que le ciel étoile, comme nous l'avons montré plus haut.Et cela est si vrai, que l'auteur du commentaire auquel vous empruntez la < citation que vous venez de faire admet, avec Procope, Théodoret,Bède, saint Jusân etl>aau coup d'autres , qu'au-dessus du firmament fait le second jour, ou ciel étoile, sont les eaux supérieures, véritables eaux^et qu'elles sont là pour beaucoup de raisons qu'il énumère, et que nous n entreprendrons pas de discuter ici. Le lecteur les trouvera à la colonne m du tome V du Curs. compL publié par M. l'abbé Migne. Ce qui nous suffit en ce moment, c'est de constater que vous êtes en flagrante contradiction avec ci^tte tradition sur laqnelle vous prétendez vous appuyer.
M. GcHlefrov, après a\oir interprété divers passages de l^Ecriture et des commentateurs avec le même bonheur quHl a interprété le texte de la Genèse, résume ^insi la conception de son imagi native :
« L'opération du deuxième j tnr est ropération par laquelle le Créateur tonne la forme à la matière; et cette formation de l'univi^rs matériel est proclamée l'ouvrage du firmament. Dans cette architecture céleste, les masses stellaires et planétaires, les mondes et les systèmes de mondes sont également oompris. La terre n'est point nommée dans la dédicace de l'édifice de la création, parte que le soleil, la lune et les étoiles ne sont
Kint nommés dans cette dédicace. Les glos célestes et le globe terrestre ne sont pas encore nominativement distingués, parce que cet édifice , ouvrage du firmament , est un tout uniforme dont chacune des parties , modelée sur le même patron et assujettie à la même loi, n'a encore rien de distinctif. La terre n'est point nommée, et les astres, oui constituent le ciel, ne sont point nommés ,
Krce que le ciel du deuxième jour comprend iniversalité des choses créées , parce que ce ciel du deuxième jour est le ciel du firmament, l'ouvrage tout entier du firmament, l'introduction de la forme dans la matière créée, ou la formation de la création entière i^
Ainsi, il est bien entendu que toute ce4e œuvre du deuxième jour n'est qu'une ébauche, et qu'aucun des mots dont se sert Moïse dans ce récit du second jour comme dans celui du premier, n'exprime rien de ce qu'il paraît exprimer.
Après avoir emajé si malheureusement de traduire les sixième , septième et huitième versets du i" chapitre ce la Genèse par le roman cosmogonii^ue de Laplace, M. Godefroy présente les iuées herschéliennes sur la nature deb nébuleuses, et analyse les imaginations des astronomes sur ce snjet. M. Go. defroy veut qu'à l'origine du monde , il n\
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