DE LA TERRE
« Avant Tapparition de la terre, les eaux du troisième jour ordonnées pour composer une conglomération unique sous le ciel, ne sont pas distinguées autrement des eonglomérations préparées pour les cieu%; ces eaux du troisième jour ne sont pas autrement distinguées des eaux soumises le dieuxième jour à Faction du firmament pour la génération de tous les cieux, ex qua abysso^ iive aqua densata atque solidata facti sunt cœli omnes, êive firmamentum die secundo. Mais, à ce nouvel nrdre du Créateur : Que le ferme ap);.araisse, appareat arida, nous comprenons que les derniers produits de celte conglomération unique sous le ciel sont de la même nature que les conglomérations qui vont constituer les mers.
« Nous n'ignorons pas que certains comnaenlateurs n'ont voulu voir, dans la double Of)ération décrite ynr Moïse, qu'un seul et même événement qui aurait mis nos continents à découvert par la retraite des eaux. Mais rien dans la g('Ographie physique ni dans le récit historique ne favorise celte opinion. Si les eaux qui enveloppaient le globe dans l'origine, comme le disent ces commentateurs, s'étaient rassemblées ou retirées dans un seul lieu^ comme Texoliquent encore ces mômef commentateurs, il n'y aurait sur toute la .«urface de la terre qu'un seul bassin pour toutes les eaux ; il n y aurait qu une seule et même naj)pe d'eau, il n'y aurait qu'une mer unique. Et pourtant nous voyons la surface de la terre partagée inégalement eu terres et en eaux ; nous vofjrons ces eaux former plusieurs océans ou plusieurs mers extérieures, et chacune de ces mers extérieures former, sur chaque continent, un certain nombre de mers intérieures ou méditerrannées. Ajoutons qu'il est avéré, en géologie, que ces mers intérieures étaient beaucoup plus multipliées autrefois qu'aujourd'hui ; que dans l'origine, les mers moins profondes qu'elles ne le sont maintenant, occupaient un très-grand nombre de centres ou bassins plus ou moins resserrés, et souvent sans communication aucune entre eux. Or, l'interprétation de ces commentateurs ne saurait être en contradiction manifeste avec l'observation, sans être en même temps directement opposée à la lettre «lu texte sacré ; et c'est ce qui arrive €n effet.» Cette explication n'est évidemment qu'une subtilité.
« ]>ans le récit génésiaque, les eaux s'ag- ^louièrent ou se rassemblent en un seul -UEu, pour ne former qu'cNE seule et même conglomération, in locum unumj in congregationem unam: et dans ce même récit, ces eauxxsont confinées dans divers lieux, elles forment plusieurs amas, plusieurs conglo- MiRATiONsou plusieurs MERS : « Congregaiionesque aquarum appeUapit nuirta, et il donna
le nom de mers aux amas des eaux, aux co!f- GLOMÉRATioN DES EAUX. » Evidemment n>$ amas des eaux en des lieux différents, ou selon l'expression originale, ces coNGRiGA- TioNS DES EAUX, qui deviennent autant de mers, ne sont pas le résultat du Dsssemhleroent des eaux dans un seul lieu, ou de leur agglomération en une seule masse, ek ine SEULE congrégation. Ce qu*il pouvait yairoir d'obscur dans le 9* verset est clairement expliqué par ce qui précède et parce qui suit; par ce qui précède, puiscjue nous sommes avertis que ces eaux, qui s agglomèrent soos LE CIEL, font partie des eaux élémentaires tirées de Tabime universel du premier jour, et condensées et consolidées dans leur milieu dès le second jour; et par ce qui suit, puis-
3ue ces eaux agglomérées sous le ciel ne oivent occuper qu'un seul et même Heu, ne doivent composer qu'une seule et même masse, une seule et même congrégation ; et que les eaux, dont il est question dans le verset suivant, sont divisées et partagées en plusieurs masses, en plusieurs congrégations, pour former autant de mers dans des lieux différents. Il faut donc qu'il y ait eu une opération intermé» diaire entre cette agglomération des eaui élémentaires en une seule congrégation aqueuse ou en une mer universelle, et la distribution des eaux de celte congréj^alion unique en -plusieurs congrégations ou plusieurs mers. Cette opération intermédiaire est révulsion terrestre, ou le surgissement de la surface solidifiée du globe au-dessus de cette enveloppe liquide, au-dessus de cette mer primitive.
« Cette vérité capitale rassort en toute évidence de chacune des expressions des deux versets de la Genèse que nous examinons ici : u Que l'élément aride paraisse : » Taride, par opposition à ce liquide universel, Télément aride, par opposition h Vi}^ ment aqueux ; paraisse : l'élément aride n*était donc pas visible auparavant, il étai^ donc caché, couvert, enseveli, l'eau lerecou* vrait donc entièrement; et c'est du sein des eaux qu'il apparaît, appareat : car telle est l'expression simple, mais sublime de Toriginal. £t Dieu donne à ce nouvel élément qui apparaît è découvert le nora de terre, et il appelle les amas des eaux mers. Les amis DES eaux, congregationes aquarum : il d*t avait qu'un seul amas, qu'une seule napp^ d'eau, congregationem unam, avant TappÀri* t.'on de la terre ; mais la terre, en apparaissant, en se montrant au-dessus de Vimmensite de ces eaux, les a divisées, et d'une mer universelle elle en a fait plusieurs mers, congregationesque aquarum appellovit maria. Ce nom de mers n*est donné aux eaut qu'après qu'elles eurent été divisées par le surgissement de la masse intérieure, conso; lidée dès le deuxième jour; et la terre, qui n'apparatt qu'après la formation des eaux, reçoit «on nom la première, parce que, avant son ap.iarition, l'universalité des eaux n'élail susceptible d aucune dénomination particulièrep parce qu'auoune autre dénominatioa
GÛD
£T DE PALEONTOLOGIE.