‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 100 sur 186 · FIN · texte numérisé non relu

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gementf de Vetifer ei du ciel. Nous en avons la preuve :

1* Dans r£crilure sainte. En toutes vos actions^ souvenez-vous de vos fins dernières et vous ne pécherez jamais (Ecc'i vu , kO). N'abandonnez pas votre cœur à la tristesse mais repoussez-la loin de vous^ et souvenezvous de vos fins dernières {Eccli . xxxvui, 21). Ah'! s'ils avaient de la sagesse ! sHls compre" naient et s'ils prévoyaient leurs fins dernières! {Deut. XXXII, 29.)

2" Dans les saints Pères : « Ne livrez pas votre cœur dit Uliaban, à la tristesse du siècle, qui opère la mort de ]*âroe ; mais rejetez-la loin de vous et souvenez-vous de ia tin des temps j» {In Eccle. I. xvui, c. i5). L'auteur du Miroir des pécheurs ^ qu*on trouve dans les Œuvres de saint Augustin» dit, à propos du texte du Deutéronome(xxxii9 29) cit<^ plus haut, et qu'il propose comme 4in miroir : « Si vous vous regardiez plus souvent dans fcette sorte de miroir, vous seriezassurément plus fort que Samson, plus prudent que Davia, plus sage que Salomon; er ceux-ci ont né^^liçé de se considérer souvent dans ce miroir, c'est pourquoi ils sont tombés dans l'aveuglement des désirs de leur chair. » Saint Bonaveiiture propose aussi aux fidèles la fréauente méditation des fins dernières : « Ils doivent diriger leurs méditations sur le souvenir de. la mort, qui leur fait mépriser tous les charmes de ce monde, la gloire, les honneurs et les dignités ; sur le souvenir du jugement dernier , 3ui les excite à faire de iîonnes œuvres, afin 'être dignes alors de recevoir avec les justas la récompense de leurs mérites; sur le souvenir des peines de l'enfer, qui les détournent de toute action mauvaise par la crainte des tourments; enGn sur h souvenir de la gloire des cieux, qui les anime à a'enrichir de vertus réelles, dans l'espoir d'y jouir du repos éternel et d*en (Kirtagcr la gloire. » (Fascicular)

dr En voici la raison : la crainte et Vespérance ont surtout rapport aux peines et aux récompenses éternelles, qui sont tout l'objet des fins dernières. Or ceite crainte et cette espérance sont les dispositions requises pour la justification, et propres, la première surtout, aux commençants, selon le concile de Trente (sess. vi, c. 6) : « Quand ils reconnaissent qu'ils sont pécheurs, frappés d'uno crainte salutaire de la justice divine, In considération de la miséricorde de Dieu relève leur espoir abattu, a Mais l'homme ne peut arriver à ce résultat que par une sérieuse et attentive méditation de ses fins derrières. Celte méditation doit donc être surtout utile pour purifier les Ames des commençants.

Les ascètes ont composé de nombreuses méditations sur les fuis dernières. Les uns 88 contentent de courtes considérations , comme saint Ignace, dans ses £a;€rcicef, saint François de Sales, saint Pierre d'Alcantara et Godinez IPrax. theol. my st. ).CGiiQ méthode convient mieux à ceux qui peuvent, avec la

f;râce de Dieu, se nourrir do ce fruit avec 'écorce. D'autres procèdent par des médi-

tations plus étrntlues, tels qu(> Gremule, Dupont, Molina; ils ont en vue d enseigner^ d'émouvoir et de secourir les faibles. D*aa* tres encore ont fait des traités complets sur les fins dernières, comme Denys de Carthage, Drexelius, Alvarez de Paz. Remarquons que» selon Regueroa, la méditation des fins dernières est nécessaire, au moins de néce^isité de précepte, et même en quelque sorte do nécessité de moyen, pour revenir h Dieu do tout son cœur et persévérer dans la justice, à cause de l'acte de crainte et d'espérance qu'elle nous inspire. Cependant cette méditation doit être fondée, non-seulement sur la soûle raison humaine, mais encore sur la foi à la récompense surnaiurelle de ia vue de Dieu ^t au châtiment d'en être privé. L'expérience en effet nous apprend que, dans l'état d'une nature corrompue, la seule lumière de la raison est bien peu de chose, au lieu que la lumière de la foi, si l'on v joint la méditation, est d'uno grande utilité. La même expérience prouve d'ailleurs que la méditation des fins dernières, éclairée par la foi, est tellement foniamentale, pour le plan et l'observation d'une conduite vraiment chrétienne, nue sans elle on ne peut rien édifier de solide.

. Examinons maintenant chacune des fins

dernières en particulier. La méditation delà

mort est utile et nécessaire pour purifier les

Ames, surtout celles des commençants.

L L'Ecriture sainte nous donne la certi-

tude 1* que nousmourrons tous sans excep^ tion : Vous mmÊjkz... ^Gen. ii, il.) Qui est Vhomme qui vWKtet qui ne verra pas la mortt (Ps. Lxxxvjii.)— 2** Que nous mourrons tous, mais seulement une fois : /( est arrêté que les hommes meurent une fois (Hébr. ix, ?7). Nous mourons tous et nous nous écoulons sur la terre comme des eaux qui ne reviennent plus (II Reg. xiv, li). Souvenez-^vous que ma vie est un souffle qui ne reviendra plus {Job Tii, 7). — 3* Que nous ne connaissons nullement la manière, le lieu ni l'heure de notre mort : Le Fils de l'homme viendra à Vheure que vous ne pensez pas {Luc. xii, 40). La mort est comparée à un voleur, et le père de famille ignore à quelle heure il doit venir (Luc. xii, 39). Dieu, dans ses dessein { secrets, a fixé les limites de notre vie avec toutes ses circonstances : Les jours de l'homme sont courts^ le nombre de ses mois est entre vos mains; vous avez marqué les bor^ nés die sa vie^ et il ne peut les passer {Job XIV, 5). Mais tout cela nous est caché, h part très-peu d*excei.tions,qu*il serait téméraire de supposer devoir être en notre faveur. Cerle la méditation sérieuse et réfléchie de ces vérités est très-utile et nécessaire pour vivre chrétiennement, selon co précepte du Seii^neur : Prenez garde à vousivetllez et priez^ parce que vous ne savez pas quand ce temps viendra {Marc, xiii, 33). Souvenez-vous du jugement de Dieu sur moij car le vôtre vimdra de même ; hier à mot, aujourd'hui à vous. {EccU. xxwiii, 28).

U. Les saints Pères le prouvertl également. Saint JérOme, aprè^ avoir rapporté

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