‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 101 sur 186 · ft · texte numérisé non relu

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celte maiima de Piston : La médiiaêion de la mort e$i touie la vie du $age^ préfère celle-ci de saint Paul : Je meurs chaque jour^ et ajoute : « Nous devons donc méditer à lavonce sur co que nous serons un jour, et qui nous arrivera bientâU que nous le voulions ou non. » (K|). SadJaeliod.) «Celui-là méprise facilement toute chose, dit-il encore, qui pense toujours qu'il doit mourir.» (Ad Paulin., iip, 133,) Saint Augustin remnr* que aussi que «rien ne détourne mieux los hommes du péché que la pensée d'une mort prochaine. » (L, u De Genes.^ 28,) « Considé^ rez souvent, dit saint fiouavenlure, ayez toujours présent à votre esprit que vous ne pouvez éviter la mort, ni connaître l'heure de la mort, ni changer l'instant déterminé pr Dieu. » {Soliloq,^ c. 3.) « Comme de tous les aliments , dit saint Jean Climaque, le pain est le pins nécessaire, de même la plus utile de toutes les actions est la méditation de la mort. » (ScpL^ grad.6.) Vlmitation de Jéiuê-Chriii (i. i, c. 23) nous montre avec détails toute l'utilité de la pensée de la mort.

m. En voici la raison : La mort est en quelque sorte le souverain mal de la nature et le moment d'où dépend l'éternité. La prudence demande donc que nous j pensions sérieusement k l'avance, et que nous prenions de bonne heure les moyens de changer un si grand mal en souverain bien, et un moment de tribulations en (oute une éternité de bonlieur. Or ce moyen consista^méditer toujours sur la mort, que nous^H^ns subir certainement une fois, mais xMR nous ignorons l'heure. C'est ainsi que nous vivrons toijyours comme si nous étions sur le point de mouriri et que, craignant moins la mort que la mauvaise mort, nous la rendrons bonne en vivant bien. Nous mourrons & nous-mêmes nar la mortifioation, et nous ne laisserons a la mort d'autre soin que de trancher le lien qui nous attache à la vie. Knfid par les veilles et la prière, nous nous habituerons à vaincre couiageusement nos ennemis et à souhaiter une mort glorieuse |)ar nos blessures.

Le meilleur fruit que nous puissions tirer de la méditation de la mort, est une conduite rhrétienne, conforme au principe telle rt>, telle pn. Pour cela il faut une sérieuse mé« ditation de la mort, car la pensée fugitive de la mort, ou l'habitude de contempler les morts et leurs ossements, n'est pas d'une

f;rande utilité pour notre instruction particuière et pour la réforme de nos mœurs, comme l'ont remarqué saint Jean Climaque et T>enys le Chartreux. Car ces pratiques ei^térieures dégénèrent facilement en pures cérémonies, si elles ne sont animées par le saint exercice de la méditation. Les païens eux-mêmes dans leurs festins avaient diverses images de la mort, qui, loin de les déterminer à réformer leur conduite, étaient pour eux un motif de so plonger dans les yclu(^4és. Mangeomet buvons^ s'écriaient ces insensés, car nous mourrons demain {Isa, \uî, 13). En outre la méditation de la mort

ne sera pas sufTisamment utile, si elle est purement humaine, si elle n'envisage la mort que comme la fin de la vie : cette mé* ditation doit s'élever plus haut par les lu^ mières de la foi, à considérer la mort comme )e commencement d'une éternité heureuse ou malheureuse, qui attend notre Ame immortelle, et notre corps après sa résurrection. Car tel est le iirivilégo singulier de la foi, de nous certifier, outre ce que nous voyonsja réalité de ceque nous ne voyonspas. Aussi l'Apôtre nous donne ceCavis : Veillez^ justes f et ne péchez pas (/ Çor. xv^ 3^). Le temps est court} ainsi il faut que cpux ^i usent du monde soient comme n'en usant points car la figure de ce monde passe (/ Cor. vu , 29, 31). Quelquesruns ont pensé avec Innocent m (I. Il De contemptu mundi) qu'au moment delà mort tous les hommes voyaient le démon acharné à les tenter, et Jésus- Christ crucifié consolant les bons et effrayant les méchants : cette opinion n'est pas asse:» fondée pour passer en règle générale, comme le prouve Grenade, (m p., contr. 13, tr-i,^ d. l.)t H suffit toutefois que cela soit possible, d*autant plus que souvent Jésus-Christ cru-t cifié vient învisiblement stimuler notre conscience et le démon nous tenter avec force. Si les méchants et les tièdes ne s'en aper-

Soivent pas, c'est précisément une preuve u danger de leur situation. Enfin pour ne pas confondre la crainte chrétienne avec la crainte naturelle de la mort, il fout remarquer avec saint Jean Climaque que la pre* mière n'exclut pas cette crainte naturelle,, qui est un sentiment inspiré par la nature et que Jésus-Christ lui-même a éprouvé dans sa très-sainte humanité. Elle n'exclut pa& non plus la crainte de la mort fondée sur un^ motif surnaturel qui est l'incertitude de la bonne ou mauvaise mort et de l'heureuse ou malheureuse éternité qui doit la suivre^ Les saints ne sont pas même exempts da cette crainte. Mais ces deux craintes, etsur> tout la dernière, ne doivent pas, dans la méditation de la mort, nous empêcher de concevoir en Dieu l'espérance d'obtenir sur notre salut toute la certitude possible, si nous la recherchons par une constante ré'*furme de notre conduite ; car la charité s'accroissant en nous, diminue ces deux craintes, nous inspire de saints désirs de la mort, et enfin nous procure la mort la plus douce.

La Méditation du Jugement n*est pas moins, utile et nécessaire que la méditation de la mort. Il y a deux jugements, le jugement particulier^ que subit chaque Ame après là, mort et le jugement général^ que subiront tous les hommes à la fin du monde, après la résurrection des morts. Tous deux sont indiqués et proposés comme salutaire méditation.

1* Par l'Ecriture sainte : d'abord le jugement particulier ; A la fin de /a vte, les actionê de Vhomme seront dévoilées [Eccle. tlï^ 29). Après cela viendra lejuaement {Hebr. ix, 27) ; ensuite le jugement général : Le temps viendra où tous ceux qui sont dans les sépulcres, entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceu:a

DASCKTISME.

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