FIN
qui auront fait de bonnes œuvres sortiront pour ressuscitera (a xie; mais ceux qui en auront fait de mauvaises^ en sortiront pout ressusciter à leur condamnation {Joan» y, 28 ei S9.) Saint Matthieu (xiiv, 97} a fait de ce jugement une description détaillée. Puisque dans ce jugement il nous faudra rendre le compte le plus exact de toutes nos actions^ et que nous en ignorons Tépoque, il faut méditer avec soin sur les moyens de vivre on Chrétiens, et de n*a^oir pas à redouter la pré^ sence de noire juge.
2* Par les saints PèreSé « Couvert de lOdtes les souillures de mes péchés f dit saint Jérôme (£p. 5, ad F/oretU. ),j*aUends jour et nuit dans la crainte le moment où il me faudra rendre jusau*à la dernière obolo. » «Soit que vous lisiez, dit-il encore ( Jt€guLf monach.)so\i que vous dormiez, soit que vous écriviez, soit que vous veilliez, que toujours retentisse à vos oreilles la tromjpette d*Anins et de TApAtre , qui ont prédit ce jour redoutable pour les impies et les pécheurs.^ Que toujours celte terrible trompette fasse entendre à vos oreilles ces paroles : Levex-vous^ morts y et venez auju^ gement. » Ecoutons aussi saint Grégoire ( tom. 1, m Evang.) : « Que ce jour, mes très-chera frère», soit toujours présent è Votre pensée; que son souvenir corrige votre conduite, réforme vos mœurs , vous fasse résister à la tentation du mal el la vaincre, vous repentir et faire pénitence de vos mauvaises aclfons. »
8* En voici la raison : La méditation de la mort est Irès-utile et nécessaire au Chrétien ; donc à plus forte raison la méditation du jugement; caria mort n'est redoutable qu'à cause du jugement qui la suit , puisque le jugement, selon Denys le Cliarlreui , est plus terrible aue la mort corporelle et tem* norelle , et raeme que les peines temporelles de l'enfer. Qui me pourra procurer cette grâce 9 que vous me cachiez dans V enfer et que vous m y mettiez à couvert^ jusqu'à ce que votre fureur soit passée? Ensuite le souvenir continuel du jugement, comme le remarque saint Thomas , détourne l'homme du péché, par la considération de la justice et de la miséricorde de I>ieu, et par l'espérance qu*il puise dans la considération oe cette miséricorde qui remet les péchés et récompense le bien. (2-2, q. 12, a. 2.} En etfet, celui'iè seul désespère, qui ne croit pas au jugement futur, ou qui n'y pense pas pour n*avoir pas h le redouter ;»u co-i* traire , pour celui qui y croît et qui y pense, la crainte est un puissant aiguillon pour vivre en Chrétien et par conséquent pour espérer en Dieu.
Pour que la méditation du jugement soit
f>lus proiOBde, il est utile <)'eD bien examiner es circonstances. 1* Le lieu^ pour le jugement particulier, est celui où chaeuu de nous vient à mourir. Le naufragé qui périt dans les flota , le voyageur assassiné par un brigand , celui qui dans un duel tombe sous les coups de son adversaire , le soldat tué oar rennemi , celui que frappe la foudre ,
tous sont aussitôt jugés par Dieu au lien môme de leur mort. Sur ce même Ut , témoin de votre mollesse et peut-être de vos turpitudes, vous ne serez bientôt plus qu'un ca<lavre,et c*est là que vous serez jugé. Hélas! Dieu tout-puissant I A quoi pensonsnous, de négliger ainsi des méditations d'une si grande importance pour notre âme! — 2* Le temps du jugement. Ce sera Tinstanl môme ou notre Ame sera séparée de notre corps, oh l'homme ne pourra nlus ni méri" ter , ni démériter. — 3^ Quand les Pères et les ascètes représentent le jugement sous l'image des plus terribles jugements des hommes, c'est pour se melire èi la portée de notre intelligence ; car ce jugement est loin de ressembler aux nôtres ; il est bien supérieur i et nous pouvons à 'peine maintenant nous en iaire une idée. C'est en quelque sorte une vision intellectuelle de TAme par laquelle elle se voit elle-même , ainsi que toutes les pensées , les paroles et les action» de sa vie , et elle aperçoit aon juge, et peut*' être aussi la sainte Vierge , saint Michel et son saint ange gardien , et entend d'une manière spirituelle la sentence prononcée contre elle. A ce su^et le Père Reguera ( Theol. myst.j t. I, p. 438} remarque que ce jtJgp» qui, avant I avènement du Christ , était Dieu, est maintenant Dieu et homme è la fois; et bien qu'il soit permis de croire
Sue dans le jugement particulier Jésushrist ne vienne pas personnellement ci sensiblemenyUnme bomme pour nous ju* ger , il vient jHpdant , selon la vision m-tellectuelle omli nous venons de parler # non de la même manière qu'il se montre bu% bienheureux, mais sous une autre forme sublime , où il se montre parfois aux houmes ; c'est pour le coupable un juge sévère , eomme Dieu, réellement piréserit, et comme homme en tant qu*il est le même qui est h la droite du Père.r— 4* Ce jugement particu^ lier s'accomplit en un instant , d'une manière plus sublime et plus terrible que nous ne pouvons nous l'imaginer; car cette ma^ nière sera propre à TAme dégagée des sens et connaissant les choses spirituelles par le» idées propres infuses ; tandis que sur l;» terre nous no nous représentons ce sujel que sous des images étrangères fournies par les sens , et qui diffèrent plus du vrai que la peinture de la réalité. La rapidité in^ croyable avec laquelle s'eierce ce jugement^ loin de diminuer notre terreur , doit au con^» traire la redoubler , puisque nous trouverons notre juge en nous-mêmes , et non au dehors. —S** Quant au jugement universel, il renfermera de plus la confusion que nous ressentirions en voyant toutes no»
actions secrètes divulguées aux jreux du monde entier. Toutes ces considérations doi^ vent nous déterminer à suivre l'avis de l'abbé Amon : « Soyez comme un crimtnei dans un cachot, et dites vous & vous-même? Malheur à moi 1 Comment irai-je me présenter devant le tribunal de Jésus-Christ ? Comment pourroi-je rendre compte de toutes mes actions? Si vous iiiéititez sans cesse
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