‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 103 sur 186 · FIA · texte numérisé non relu

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tant de celui que vous avez commis ou en vous absteuani de le commettre, et Dieu viendra à vous, non comme un voleuff mais comme un épouXf non en vous menaçant de la mort dans sa colère, mais en vous invitant dans son amour à venir dans ses bras. Si nous nous jugions noicf-m/mes, si nous recherchions et punissions sévèrement nos propres péchés, nous ne serions pas ju-

ÎéSf c*est^-dfire, nous ne serions pas. con« amnés, mais absous, et notre jugement serait moins un jusement gu'uoe récompense. C*est ce que souhaite saint Bernard : « Heureux le jugement qui me soustrait et me dérobe au sévère jugement de Dieu% Je frissonne è la pensée de tomber entre les mains du Diea vivant : je veux me présenter h ta face de sa colère déjk jugé et non plus h juger. Il (Serm> 55 m Cani,) Quanta Teileri c*est le péché qui fait Tenfer, c*est lui qui en est le plus grand supplice. C*est un ver qui ne meurt pas, parce qu*il se nourrit du souvenir ineuaçable des péchés commis.

C*cst un feu qui ne s'éteint pas, parce que les péchés sont un bois embrasé piar le soufle de la colère de Dieu% Là se trouvent les démons, qui étaient autrefois des anges; car c'est par le péché que le démon existe, c'est par le péché que les hommes devien* nent les tils du démon» et comme autant de démous eux-mêmes. — Enfin quant & la

Sloire céleste, c'est le péché qui nous prive e ce souverain bien» parce qu'il est incompatible avec elle. ^^^

L'autre avantage que na^^vons retirer de cette méditation» est lal^Pmuelle abnégation de nous-mômes et de nos passions déréglées, selon ces paroles : Celui qui aime son dmef c'est-k-dire, qui dans ce. monde s'alMindonne à ses absurdes convoitises, la perdra : ei celui qui haii son âme dans ce mondct la conservera pour la vie élemelie IJoan. xu, S5), c'est-i-dire, qui se refuse à lui obéir quand elle lui ordonne quelque mal. Et, puisque notre chair est cet ennemi domestique de notre Ame, pour qui nous devons avoir tant d'horreur, crupitions-la sur la croix du Christ, où est le salut et la vie. Pensons à la mort, et mourons pendant ta vie, pour trouver la vie dans la mort. Pensons au jugement et jugeons-nous nousmêmes, pour n*ètre point jugés. Pensons h l'enfer et punissons-nous nous-mêmes ou aimons à être punis pendant la vie, aQn de n*étre point punis pendant rôternité. Pensons à la gloire des cieux, et rappelonsnous que tout ce que nous pouvons faire ou souffrir n'est que peu de chose, atin qu'élevés au-dessus de toutes ces choses» nous puissions entrer dans la joie de Notre-Seigneur.

FLAGELLANTS. — Pénitents fanatiques et atrabilaires, qui se fouettaient en public, et qui attribuaieiit à la Uagelhition plus de vertu qu'aux sacrements pour effacer les péchés. Quoique Jésus-Christ, les apôtres et les martyrs aient enduré avec patience ies flagellations que les juges persécuteurs leur avaient fait subir, il nés ensuit pas qu'ils

aient voulu introduire les flagellations volontaires; et il n'y a aucune preuve que les premiers solitairesi quoique très-mortiflés d'ailleurs et très-austères, en aient £iit usage. Fleurj nous apprend néanmoins que Theodoret en a cite plusieurs exemples dans son Histoire tetigieuse^ écrite au V* siècle. {Mmurs des Chrétiens^ n* 63.) La règle de saint Coiomban qui vivait sur la fin du VI* siècle, punit la {)lupart des fautes des moines par un certain nombre de coups de fouet ; mais nous ne voyons pas qu'elle ait recommandé les flagellations volontaires comme une pratique ordinaire de pénitence. Il en est de même de la règle de saint Ce» saire d'Arles, écrite l'an 506, qui ordonne la flagellation comme une peine contre ies religieuses indociles.

Suivant ropinion commune, il n'y a pas d'exemples de flagellation volontaire avant le XI* siècle; les premiers qui se sont distingués par le, sont saint Gui ou Guyon» abbé de Pompose, et saint Popon, abbé de Slavelle,morten lOM.Les moines du Mont* Cassin avaient adopté cette pratique, avec le jeûne du vendredi, à l'imitation du bienheureux Pierre l'Ancien : leur exemple mit en crédit cette dévotion; elle trouva néanmoins des opposants ; Pierre Damien écrivit pour la justifier. Fleury, dans son Histoire ecclésiastique^ 1. lx, n* 63, a donné Texlrait de l'ouvrage de ce pieux auteur, on ne voit pas beaucoup de justesse ni de solidité dans ses raisonnements.

Celui qui s'est rendu le plus célèbre par les flagellations volontaires, est saint Demi* nique TEucuirassé, ainsi nommé d'une chemise de mailles qu'il portait toujours, et qu'il n'était que pour se flageller. Sa peau était devenue semjjlable & celle d'un nègre; non-seulement il voulait expier par là ses propres péchés, mais effacer ceux des autres; Pierre Damien était son directeur. On croyait alors que vin^t psautiers récités en se donnant la discipime, acquittaient cent ans de pénitence. Cette opinion, comme Ta remarqué Fleurv, était as.^ez m<'il fondée, et elle a contribué au relâchement des mœurs.

Il y a cependant lieu de croire, dU-il, que Dieu inspira ces mortiflcations extraordinaires aux saints personnages qui en usèrent, et qu'elles étaient relatives aux besoins de leur siècle. Ils avaient alfaire à une génération d'hommes si perverse et si rebelle, qu*il était nécessaire de les frapper perdes objeis sensibles. Les raisonnements et les exhortations étaient faibles sur des hommes ignorants et bruiaux, accoutumés au sanç et au pillage. Ils n'auraient compté pour rien des austérités médiocres, ceux qui étaient nourris dans les fatigues de la guerre, et qui portaient toujours le harnais; pour les étonner, il fallait des mortiflcations qui parussent supérieures aux forces de la nature, et cet aspect a servi pour convertir plusieurs grands pécheurs. ( Mœurs des Chril. n" 63.) Ajoutons que dans ces temps malheureux, la misère, devenue commune

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