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dinaires du religieux et manifester de grands défauts, arrivé au pouvoir, défauts qui paraissent à découvert par l'action publique des eouvernements; c est ordinairement les penchants naturels mal comprimés qui poussent à l'excès, ou par défaut de capacité, parce gu'on est débordé par sa position, ou par déraut de bonne volonté, parce qu'on n'est pas assez fondé dans les vertus.
V. Ceux qui ont une nature fière et arrogante, un esprit mauvais, ne se laissent jamais bien gouverner par l'amour, il leur faut la crainte. Les savants, s'ils manquent de jugement , seront souvent un embarras pour le supérieur. Ceux qui ont une intelligence droite et une volonté dépravée, s'ils obéissent par vanité avec une mauvaise intention, ressemblent au démon qui fait servir leur droite appréciation à exécuter une détestable volonté. Si la méchanceté de ces hommes ne se corrige pas, ils doivent être traités avec sévérité, et si la sévérité n'opère rien, il convient d'éloigner de tels sujets de leur charge.
VI. Les vices qui ont leur origine dans la fragilité et la violence de ta tentation admettent facilement des remèdes. Mais les vices qui ont jeté de profondes racines dans la nature déjouent tous les remèdes; les peines leur lont baisser la tète, mais ne les chassent pas; ceux qui sont vains et fiers et en môme temps insensés, ne sont pas capables d'humilité. Ceux qui ont une intention double et tortueuse seront perpétuellement les détracteurs de leurs semblables et de leurs supérieurs. Celui qui a un goût fortement prononcé pour la nourriture fera difficilement pénitence. C'est ainsi que les hommes vivent et meurent sous l'influence de leurs passions et de leurs penchants. Dieu cependant reste au-dessus de tout par sa grâce.
VIL Un prélat remplira bien son office, oa il le remplir«|;< il^l. S'il le remplit bien^ il sera en butte 1 6('(iétraction des méchants^ s'il Jo renuplit '^'mal , à la détraclion de»^ bons. Il doit donc ne pas perdre de vue qu'il n'est élevé que pour être un objet de contradiction. S'il refuse cette passion, qu'il renonce à l'élévatioD.
VllL Tout dans ce monde est mêlé de bien et de mal, par conséquent il faut savoir prendre son parti des inconvénients qui peuvent s'attacner à l'exécution des meilleurs desseins. Ce sont des omi>re.s qui suivent la lumière.
IX. Les sciences sont des actes d'intelligence spéculative, raisonnant selon les règles d'une perfection idéale. Mais la prudence tient compte des faits et obstacles existants et s'applique a la pratique. Les génies habiles et prompts sont ordinairement plus pro* près à l'enseignement qu'au gouvernemeni, parce qu'ils manquent de constance et sont trop amateurs de nouveautés. C'est le contraire des hommes prudents. Ceci n'exclut [)oint de notables exceptions.
X. Les offices peuvent être à vie ou à temps, 5elon l'occurrence des climats ou des temps. -
Chacune de ces manières d'élire un supérieur a ses inconvénients et ses avantages. Il faut savoir se conformer aux circonstances et ne demander la perfeètion à aucun mode.
XL Quoiqu'un suf)érieur de communauté puisse imposer des préceptes nouveaux en vertu de 1 obéissance, il est bon cependant qu'il n'use de ce pouvoir que dans la dernière nécessité. Ce sont des remèdes extrêmes que réclament des dangers imminents. Les préceptes nouveaux sont sujets aux commentaires des subordonnés, et on leur trouve toujours quelque motif de les violer : leur nouveauté leur enlève de l'autorité, et quand on a- commencé k discuter l'obéissance on ne s'arrête pas dans cette voie.
XIL Un supérieur comme juge de son sujet peut lui infliger des peines pour ses fautes personnelles, et même pour les fautes d'un tiers inconnu s'il refuse de le faire connaître, car alors il est obligé de répondre.
XllL La croix qui accable le plus lourdement un sujet docte est un supérieur inepte, lorsque surtout ce savant se conduit par sa passion ou par son affection. La lenteur do génie du supérieur ne pénètre ï»oint les graves inconvénients qui résultent pour ces sortes de sujets de son régime inintelligent. H leur faut une vertu robuste unie à leur science pour supporter celte épreuve.
XIV. De même que le corps humain no peut être sain, vigoureux et agile, si on n'expulse les humeurs malignes, aussi une communauté ne peut fleurir et être forte de vertus, si on n'élimine soigneusement en commençant surtout par le noviciat, les sujets vicieux et incorrigibles. Une communauté est plus riche avec peu de bons sujets qu'avec beaucoup de mauvais.
XV. Pour qu'on puisse dire que la justice naturelle est bien observée, il n'est pas nécessaire que le supérieur ne se trompe jamais dans l'exacte application des peines. Quand mémo un innocent subirait quelquefois une peine légère sans la mériter, le supérieur est excusable s'il s'en est rapporté à un témoignage, qui habituellement ne to-.. trompe pas. Cette erreur servira d'ailleoreè'r l'innocent et le rendra plus parfait. Dii# bonne administration ne peut exclure tous les inconvénients. Il suffit que les choses soieut habituellement exactes et que l'administration soit au fond paternelle.
XVL Tous ceux qui ont un jugenMînt dépravé et obtus, les ignorants, les impru^ dents, sont incapables du gouvernement. Les jeunes gens sont rarement aptes. Il convient que, si des jeunes gens administrent, ils s'associent des anciens , d'abord f)Our avoir une source oii puiser des lumières, ensuite pour acquérir de bonne heure l'expérieiice ; enfin, dans le but de donner un contrepoids à l'ardeur de la jeunesse dans la lenteur du vieillard.
GRACE. ( Voir Vie spirituelle. ) — La grâce habituelle a plusieurs dénominations. Elle s'appelle habituelle^ parce qu'elle esk habituellement inhérente à Tâme, ce qui Je;