‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 113 sur 186 · GRA · texte numérisé non relu

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distingue de la grflce acluelle ou suruaturelle, qui passe avec rilluminalion de Tesprit et .e mouvement de la volonté. Elle s'appelle sanctifianle ^ parce qu'elle sancti&e riiomme. Elle s'appelle justifiante y parce qu'elle le rend juste. Que la grâce habituelle soit quelque chose d'inhérent à Tâme d'iine maniera intrinsèque et permanente j c'est ce dont nous rie pouvons douter, malgré les assertions de' Luther : car Dieu dit luimême que, par la grâce, il demeure et habite dans les justes : Nous .viendrons à /ut, €t nous ferons auprès de lui M/re demeure. { Joan. XIV, 23. ) ..

Comme l'âme est le principe des opérations rationelles, et Qu'elle exerce, par ses fmissances innées , 1 intelligence' ejt jà yoonté; de même la grâce sanctifiante, en tant que vie spirituelle, a pour. compagnes des vertus infuses, par lesquelles, côpime , par des puissances surnaturelles, l'homme agit surnaturéllement. Parmi ces vertus, les unes sont théologiques : ce sont celles, qui ont Dieu pour objet matériel, et pour obiet former quelqu'un de ses attributs. Elles sont au nombre de trois, la foi, l'espérance et la charité. Les autres sont morales : ce sont celles qui ont rapport au bien créé par un motif surnature] , et elles se divisent généralement en cardinahSfk savoir la. prudence, la justice, la force et la teippérance. C'est à elles que se rapportejit et . se réduisent les vertus morafea. TcMfies ce^ vertus descendent en nous avec la grâce sauctiGante. * . • ^ • i . • i •

Le concile de Trente n'ayant rien expressément statué sur les vertus morales, les théologiens discutent la.réaltté de leur présence dans lajustirication. Néanmoins, l'opinion affirmative de saint Thomas (1-2, q. 63, a. 3.) est plus commune et ilus probable. Elle est aussi suivie par le lalhéchisme romain, qui, parmi les effets dut baptême, compte le glorieux cortège de toutes les verlûSy qui descendent dans Vâme en mémejemps que la grâce sanctifiante.

Mais , pour que l'habitude des vertus infuses se manifeste par des actes, nous avons llQBSQln du secours des grâces actuelles ou du mouvement de l'Esprit-Saint, parce que l'homme ne peut se servir des habitudes infuses sans une lumière et une pensée surnaturelle et sans une pieuse affection de ISTolonté. - .

•Ainsi nous l'enseigne l'Ecriture sainte : Personne ne peut venir à moi^ si mon Pire, qui m'a envoyé ne Vattire. (Joan. ^yi^ kk.) Car c*est Dieu qui, par sa bontés opère en vous le vouloir ei Je pouvoir d'exécuter. (Philip, ii, 13.)

Si ces mouvements sont au-dessus de la manière d'agir ordinaire et tendent à des actes héroïques, ils prennent le nom de dons du Saint-Esprit : ils sont au nombre de sept, désignés en ces termes : VEsprit du Seigneur se reposera sur eux y l'Esprit de sagesse et d'intelligence, VEsprit de conseil et de forcsy l'Esprit de science et de piété, lEs^ prit is crointe de Dieu. «

L'opinion la plus commune dans les écoles est celle de saint Thomas, qui prétend que l'homme reçoit les dons du Saint-Esprit en môme temps que la grâce sanctiflanle. Car, dans la justification, l'homme est uni à Jésus-Christ comme un membre à la tête. 5t auelqu'uny dit l'Apôtre, n'a point l'esprit de JésuS'Ctiristy il n'est point àJésuS'Cftrist. {Rom: VIII, 9.)*0r, « ces dons, dit saint Thomas {i-2,q. 68, art. 3.), sont certaines dispositions de l'homme, qui le disposent à suivre fidèlement les inspirations du Saint-Esprit..... De là les dons du Saint- Esprit sont certaines habitudes par lesquelles il devient propre h obéir au Saint-Esprit. » Le Docteur Séraphique est. d'accord avec le Docteur angélique : « Ces dons, dit-il, paraissent être certaines habitudes gratuites, certains degrés que le Sainl-Espnt'fait descendre dans l'esprit de l'homme, pour le rendre prêt .et disposé à suivre les impulsions do l'Esprit-Saint.: »

; Mfais, poiir procéder avec plus de clarté, il nous faut distinguer dans les dons du Saint-Esprit l'habitude actuelle. Le don, dans. l'acte, consiste dans une certaine lumière, et dans de certaines inspirations, par lesquelles le Saint-Esprit nous pousse intérieurement à certaines nobles opérations qui sont au-dessus de l'humanité. Parfois les actes de vertu que nous produisons ne surpassent pas la manière dont elles sont exercées ordinairement par le commun des

tustes, et alors elles appartiennent, aux baâludes des vertus infuses. Parfois aussi ces actes sont excellents , ont quelque cnose d'héroïque et je ne sais quoi de divjn, et nous avons besoin, pour les produire, d'une impulsion particulière et actuelle do TEsprit- Saint. C'est là ce qu'enseignent expressément les saints docteurs que nous avons cités. Saint Thomas (q. cit., art. 2.) dit, en parlant de ces dons excellents : «Ils rendent l'homme capable d'aôtes plus élevés quçdes actes des vertus. » Saint Bonaventure'dit à son tou. . m Là grâce se subdivise dans kH» habiludt-s Otules degrés des sept dons du Saint-Esprit, qui disposent les forces de l'âme à se soumettre promplement et fidèlement aux mou vemeuts du Saint-Esprit, qui leur est donné et qui agit en eux d'une manière en quelque sorte surhumaine : ce qui ne peut toutefois se faire parfaitement, si ces dons ne guérissent et ne réparent les forces de l'esprit. » Ces mouvements internes, dirigés vers les actes extraordinaires et surnaturels, sont les dons du Saint-Esprit en acte, ou autrement un don naturel de l'Esprit divin. L'habitude du don, ou le don en habitude, est une certaine qualité spirituelle, qui descend en nous en même temps que la.^ràce, et a cela de particulier, qu'elle incline et dispose nos facultés à obéir plus facilement au Saint-Esprit, toutes les fois qu'il nous pousse à ces actes par une impulsion et une inspiration particulières.

D*après saint Thomas, ces dons nous sont nécessaires pour acquérir la vie éternelle : cela doit s'entendre des cas où quelqu'un ne

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