‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 114 sur 186 · CRA · texte numérisé non relu

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pourrait persévérer clariâ l'état de grAce sancliâante, sans produife quelque action de vertu héroïque. Par exemple, daos le cas où quelqu'un pouvant se venger de quelque grave offense, réprime son indignation et pardonue à sod ennemi; ou bien dans 1^ cas où il faudrait choisir entre la perte de la vie ou le renoncement è la foi. Alors, de même que pour rester Sdèle h Dieu, on doit exercer la rerlu dans un degré héroïque, de môme* celai qui se trouve en pareille circonstance, a besoin, pour être sauvé, d'itre puissammoDl aidé des dons du Saint- £spril. .

Il y a des grieeê dofuUtê gratuitement, qa\, par soi et tout d'abord, sont destinées au salut dos autres et sont des dons que Dieu ne nous doit pas. On les appelle données gratuitement, h défaut d'autre aénomination

fiBrticulière. Elles sont dites données pour e salut des autres, en raison de Inur lïn immédiate, bien qutt celui qui les possède puisse et doive s'en servir pour son propre salut. L'Ap&tre en compte neuf. Voici lei divitiant aet grâces : L'un reçoit de l'Esprit U don de parier avec sagesse; un autre reçoit du même Esprit le don de parler avec science ; un autre reçoit le don de la foi par le mime Etprit ; un autre, la grâce de guérir les maladies; un autre, le don de» miracles; un autre, ta don de prophétie; un autre, celui du discernement de» etpriti; un autre, celui de parin* diverses Itatgues ; un autre, celui de l'interprétation des langues, (1 Cor. xii, k, 8, 9, 10.) En voici la raison : Les grAces données gratuitement sont les grAces données à l'homme pour qu'il s'intéresse au salut des autres ; et il ne peut y parvenir s'il ne connaît parfaitement les choses divines, afin de pouvoir instruire les autres.

1° Il doit donc bien connaître les principes des choses divines, ce qu'il fait par la foi; ensuite, tirer les conclusions de ces sublimes principes, etv puiser les moyens d'arriTfr a ses nus, Ww'ii fait parla $agetâe;^fita, eipliquerjff JPbses divines au moyWMI choses htOHmes, ce qu'il fait par la lOlyPv

2° Il doit prO|MMr d'une manière cul^^ nablei ses audiieura ce qu'il sait : il doit doDC leur parler un langage que ceux-ci puissent comprendre; c'est ce que lui permet de faire i'interprétation et le don des langues.

3* 11 doit pouvoir prouver ce qu'il avance, et il le fait en guérissant miraculeusement les malatiies par la grdee des guéritons; en opérant des prodiges, c'est te don des miraelu; en précfisanl l'avenir, c'est le don de iropMlie ; en lisant au fond des cœurs, c'est

lUscemement des esprits.

Bellarmin et Suerez pensent que l'ApAtre Il a fait que nommer les plus célèbres des grâces données gratuitement. Aussi Suarez y ajoute le caractirf sacerdotal, \a juridiction dasisle for intérieur et l'assistance du Saint-Esprit donnée à l'Eglise et au SouveftiB Pontife. Mais ces dernières ont moins Apport aux grAces données gratuitement qu'a l'administration et à l'opération, et elles s'en distinguent en ce a^as que Itts DicTioHN. D'AacftnsHi. 1.

grAces données grftuilement impliquent un acte manifestatirde la foi, tandis que l'administration suppose l'autorité d'exercer un acte relativement aux autres, et que l'opération est l'exécution du ministère.

Quelques-unes de ces grAces données gra- luilement existent dans .l'homme à Ntat d'habitude, telles que la foi, la sagesse et la science, l'interprétation et le don des langues : l'homme peut s'en servir à sa volonté. Les autres sont en lui par une sorte de mouvement actuel; ^Hes cessent d'exister après la production de l'effet : telles sont la grâce des guérisons, le dou des miracles, celui de la prophétie, le discernement des esiirils. Dans Jésus-Cbrlst, à cause de l'nnioti liypostalique, elles ont toutes existé i l'état d'habitude. Lafoi,prise comme grAce donnée gratuitement, désigne une lumière spéciale oui rend l'homme propre à dévoiler les mystères de la foi. De même la sagesse et Ta science, en tant qu'elles rendent l'homme docile aux mouvements du Saint-Esprit, sont des dons du Saint-Esprit; et en tant qu'elles le rendent propre h instruire les autres, elles sont des grAces données gratuitement. La grâce des guérisons et le don des miracles diffèrent en ce que, dans la première, éclate plus particulièrement la bonté de Dieu pour la misère des hommes, puisqu'il les appelle & la foi par des bienfaits ; tandis que {es miracles fontsurlout éclater sa toute-puissance, qui les invite A la foi par des prodiges.

La grAce gratifiante {gratum facient) et la

§rAce donnée gratuitement {gratis data); iffèrent entre elles : 1° quant a la fin, parce que lagrAceyra(ijïan(e(j^raIum/'aci«M] se rapporte avant tout par soi à notre propre justification, tandis que la grAce donnée gratuitement se rapporte A la justiQcalion d'autrui. 2° La grâce gratifiante, comme étant formellement une grAce sanctifiante , n'iïst propre qu'aux justes; et celte qui est donné» gratuiletnent peut se trouver dans l'homme iQjuste et pécheur. 3* La grâce gratifiante est d'un ordre et d'une perfection plus élevés que la grâce donnée gratuitement, pa^^eque la première nous unit à Dieu par elItfVABWt tandis que l'autre ne le fait que par l'Iota^ vention de la grAce gratifiante.

Puisque la grâce habituelle est la vie de notre Ame, chacun doit donc estimer son Ame au-dessus de tout. Dieu excepté, relativement à la vie de la grAce. Dieu lui-mGm» nous le recommande instamment. Ayex pitié de votre âme en vous rendant agré<Ates d Dieu. [Eeeli. xxx, 34.) Ces mots nous montrent qu'il nous faut non-seulement nous abstenir du péché mortel, qui nous fait perdre entièrement la grAce, mais encore chercber an toute chose le plus grand plaisir de Dieu, sans lequel la grAce et la vie de l'homme s'attiédissent. Préférons donc k tout le reste la vie de la grAce; méprisons avec les saints martyrs les membres de notre corps, qui n'en sont en quelque sorte qgu les vêlements, puisque TAme seule est en quelque sorte l'homme tout entier, comme

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