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IIspassèrenldeGex&Tbonon, puis h Turin, de Turin à Grenoble» de Grenoble à Verceil» et enGn» h Paris; et partout ils se Grent des prosélytes. Les jeûnes, les courses, les chagrins, acbevèrent d'affaiblir leur cerveau. Madame Gu^on fut enfermée en 1688, par ordre du roi, dans le couvent de la Visitation de la rue Saint-Antoine, h Paris ; ayant recouvré sa liberté par le crédit de madame de Maintenon, elle parut h Versailles et à Saint-Cyr. Les duchesses de Charrost, de Chevreuse, de Beauvilliers, de Morlemart, touchées de l'onction de son éloquence et de la chaleur de sa piété douce et tendre, la regai'dèrent comme une sainte faite pour amener le ciel sur la terre. L'abbé de Fene- Ion, alors précepteur des enfanf s de France, se fit un plaisir de former avec elle un commerce d'amitié , de dévotion (^t de spiritualité, inspiré et conduit par la vertu, et si fatal depuis à tous les deux. Madame Guyon , fière de son illustre disciple, se servit de lui pour donner de la vogue à ses idées mvstiques ; elles les répandit surtout jusque dans la maison de Saint-Cyr. L'évoque de Chartres, Godet-Desmarest, s'éleva contre la nouvelle doctrine. Un orage se formait; Madame Guyon crut le dissiper en confiant tous ses écrits è Bossuet. Ce prélat, l'évoque de Ch&lons, depuis cardinal de Noailles , Tabbé Tronson , supérieur de Saint-Sulpice, et Fénelon, assemblés à Issy, dressèrent trente-quatre articles. On voulait par ces articles proscrire les maximes pernicieuses de la fausse spiritualité, et mettre à couvert les saines maximes de la vraie. Madame Guyon, retirée à Meaux, les souscrivit, et promit de ne plus dogmatiser. On l'accusa, mais elle n'en convint })as, de n'avoir pas tenu parole. La cour, àtiguée des plaintes qu'on portait contre elle, la fit enfermer d abord à Vincennesi
Euis à Vaugirard, et enfin à la Bastille, .'affaire de madame Guyon produisit une dispute sur le quiédsme entre Fénelon et Bossuet. Ce différent ayant été terminé p^r la condamnation du livre des Maximts des saints [Voir ce mot), et par la soumission de niiustre auteur de cet ouvrage, madame Guyon sortit de la Bastille en 1702, et mourut à Blois en 1717, dans les transports de la piété la plus affectueuse. L*abbé de La Bletterie a écrit trois lettres, estimées et rares , dans lesquelles il la justifie des calomniesquesesetinemis avaient inventées, pour noircir sa vertu. Malgré des lettres interceptées du fiarnabite Lacorabe à son élève tet de l'élève à son maître , lettres tendres et vives, les gens sensés regardé- ' rent toujours Lacombe et madame Guvon comme deux personnes irréorochables dans leurs mœurs ; c'étaient, seuffi .tonte apparence, ' des Ames bien intentionnées, mais qui cherchant à approfondir les voies extraordinaires par lesuuelles Dieucondiiit quelques cœurs à lui, s égarèrent, au moins dans le langage, et dans la manière d*é- ~ noncer les choses qu'il faut abandonner tout uniment au secret de Dieu. Les prin-
cipaux ouvrages de celte femme sont :
1' Les Torrents spirituels^ le Moyen cours et Iris-faeile de faire oraison^ et le Cantique des cantiques expliqué ; in - 8* ; — 2* Sa Vie, écrite par elle-même, en 3 vol.in-12, Cologne, 1720; de toutes les productions de madame Guyon, c'est la moins commune ; 3^ Discours chrétiens ^ 2 vol.; — 4* V Ancien et te Nouveau Testament^ avec des explications et des réflexions^ 20 vol. in-«*; — 6* des Lettres spirituelles f k vol. in-8*; — 6" des Cantiques spirituels et des Vers mystiques. Ses Œuvres comprennent en tout 39 volumes. On remarque dans tous ses écrits de l'imagination, du feu, de l'élégance, et encore plus d'extravagance, surtout quand on prend les choses è la lettre. Il est cependant impossible de justifier M"* Guyon, si tout ce que ses écrits contiennent est effectivement d'elle; mais c'est de quoi douteront probablement ceux qui verront le testament qu'elle fit sur le point de mourir, et où après avoir fait sa profession de foi de la manière la plus entière et la plus touchante, elle ajoute : « Je dois à la vérité et pour ma justification, protester avec serment qu'on a rendu de faux témoignages contre moi, ajoutant à mes écrits, me faisant dire et penser ceà quoi je n'avais jamais pensé, et dont j'étais infiniment éloignée; qu'on a contrefait mon écriture diverses fois ; qu'on a joint la calomnie à la fausseté, me faisant des interrogatoires captieux, ne voulant pas écrire ce qui me justifiait, et ajoutant à mes réponses; mettant ce que je ne disais pas, supprimant les faits veritaoles; je ne dis riA des autres choses, parce que je pardonne tout et de tout mon cœur, ne vouiant §as même en conserver le souvenir. » {Voyez ÉNELON.
Les principales erreurs que Bossuet remarqua dans ses livres, peuvent se rapporter aux quatre suivantes, d'après M. Gosselin.
L La perfection de rbomoHû même dès eelte vie, consiste dans un acié continuel de contemplation et d'amour qui renferme en lui seul tous les actes de religion , et qui, une fois produit, subsiste toojotirs, è moins qu'on ne le révoque expressément. Ce principe, une fois supposé ou expliqué dans les écrits de M*' Guyon, est énoncé en termes formels dans une lettre imprimée h la suite de son ouvrage intitulé : Moyen court et tris-
{'aciltde faire oraison. « Je voudrais, dit le \ Falconi, auteur de cette lettre, que tous vos jours, vos mois, vos années, votre vie tout entière fût employée dans une acte confiùuel de contemplation, avec une foi la plus simple, et un amour le plus pur possible.... £n cette disposition, quand vous vous mettrez en prière, il ne sera pas toujours nécessaire de vous donner à Dieu de nouveau puisque vous Tavez déjà fait : car, comme si vous donniez un diamant à votre amie, après l'avoir mis entre ses mains, il ne faudrait plus lui dire et lui répéter tous les jours que vous lui donnez cette bague, gue vous lui en faites présent; il ne faudrait que la
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laisser entre ses mains sans A reprenore.... Ainsi, quand une fois vous vous êtes absolument mise entre les mains de Notre-Seigneur par un amoureux abandon, vous n'avez qu'à demeurer là (170). »
If. 11 suit de ce principe^ et a nouvelle mystique parait en conclure qu'une âme arrivée à la perfection n'est plus tenue aux actes explicites, distingués de la charité; qu'elle doit supprimer généralement et sans exception tous les actes de sa propre indu$r trie, comme contraires au parfait renos eh Dieu, ff II fiiut» dit-elle , seconder le dessein de Dieu, qui est de dépouiller l'&me de ses propres opérations, pour substituer les sienr nés en leur place. Laissez-le donc faire , et ne vous liez a rien par vous même; quelque bon qu'il paraisse, il n'est pas tel alors pour vous, s'il vous détourne de ce que Dieu veut de vous.... Il faut que tout ce qui est de l'homme et de sa propre industrie si noble et relevé qu'il puisse ôtre^ il faut, dis«je, que tout cela meure (171).
III. Dans ce même état de perfection, l'Ame doit dtre indifférente à tout, pour le corps et {X)ur l'âme, pour les biens temporels et étex^-
neiS. «Pour la nratuiuoile raoanaon, elle doit être de pérore sans cesse toute volonté propre dans la volonté de Dieu; renoncera toutes les volontés particulières, quelque bonnes qu'elles paraissent, dès qn on le's sent naître, pour se mettre dans l'indifférence; et ne vouloir que ce que Dieu a voulu dès son éternité; être indifférent à; tout, soit pour le corps, soit pour l'âme, pour les biens éternels et temporels; laisser le passé dans l'oubli, l'avenir à la providence, et donner le présent à Dieu, » etc. (172).
lY. Dans l'état de contemplation, pi^rfaite» l'âme doit rejeter toutes les idées distincte^, et par cônséciuent la pensée mêiae des aitributs de Dieu et des mystères de Jésus- Christ. « Dès que l'ftme commence à recouler è son Dieu, comme un fleuve dans son origine, elle doit être toute perdue et abindéie en lui; il faut même qu'elle perde la vue aperçue de Dieu, et toute connaissance aistincte, toute petite Qu'elle soit; alors une âme sans avoir pensé a aucun état de Jésus-Christ, depuis dix ou vingt ans, conserve toute la force de cette pensée impri« mée en elle-même par état (173). »
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HABIT RELIGIEUX. — L'habit religieux ^t un vêtement uniforme que portent les religieux et les religieuses, et qui jtiarque l'ordre dans lequel ils ont fait prUiission. Les fondateurs des ordres monastiques qui ont d'abord habité les déserts, ont donné à leurs religieux le vêtement gu'ils portaient eut-mêmes, et qui était ordmairement celui des pauvres. Saint Athanase, parlant des habits de saint Antoine, dit qu'ils consistaient dans un cilice de peaux de brebis, et dans un simple manteau. Saint Jérôme écrK que saint Hifarion n'avait qu'un cilice, une «aie de paysan et un manteau de peau ; c'était alors 1 habit commun des bergers et des montagnards, et celui de saint Jean-Baptiste était à peu près semblable. On sait que le cilice était un tissu grossier de poil de chèvre. Aujourd'hui encore, en Egypte et sur les côtes de l'Afrique, les jeunes gens de l'un et de l'autre sexe se passent de tout vêtement jusqu'à la puberté, et le premier babil qu'ils portent est un carré de toile dont ils s'eveloppent le corps, et qu'ils lient avec une corde.
Saint Benoit prit pour ses religieux l'habit ordinaire des ouvriers et des hommes du commun. La robe longue qu'ils portaient par-dessus était l'habit de chœur. Saint Fran-
Sois et la plupart des ermites se sont bornés e même à l*habit que portaient de leur temps les gens de la campagne les moins
(170) leiire du P. Falconi , à la siiiie du Moyen êourlet très- facile de faire oraiion^ p. 157. elc. >' (171) Moyen court, etc., n« 17 et 24, p. 68 et
aises, habit toi^gours simple et grossier. Les religieux qui se sont établis plus récemment dans les villes, ont retenu com* munément Tliabit que portaient les ecclésiastiques de leur temps, et les religieuses ont pris l'habit de deuil des veuves. Si dans la suite il s'y est trouvé de la différence, c'est que les religieux n'ont pas voula suivre les modes nouvelles que le temj^s a fait naître.
Ainsi saint Dominique fit porter k ses disciples l'habit de chanoine régulier. qu*il avait porté lui-même, les Jésuites, les Barnabites, les Théatins, les Oratoriens, eic, se sont habillés à la manière des prêtres espagnols, italiens ou français, selon le pa^^s dans lequel ils ont été établis. Dans 1 origine, les différents habits religieux n'avaient donc rien de bizarre et d'extraordinaire; ils ne paraissent tels aux beaux esprits d'aujourd'hui, que parce que l'habit laïque a changé continuellement, et que l'habit religieux a été transplanté d'un pays dans un autre.
On a fait beaucoup de railleries au sujet de la dispute qui a régné fort longtemps entre les Cordeliers, touchant la forme de leur capuchon; il y a peut-être du ridicule dans la manière dont la question a été agitée. Quant au fond, les religieux n'ont pas tort de vouloir conserver l'nabit pauvre et simple qui leur a été donné par leurs fonda-^ teurs. Quelque changement que l'on y fasse.
172) Moyen courir etc. n* 6, p. ^.
(175) Interprétât, sur le$ Cantiquet, ch. 6, n« 4., png. fi5, 144. (Manuscrit de H*'«G(iyonJiililulé La torrenis,)
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il n'y a jamais rien à gagner pour la régularité; jamais les religieux n'ont cherché à se rapprocher des modes séculières qu*après avoir perdu Tesprit de leur état.
Nous ne pouvons nous abstenir de copier à ce sujet les observations de Tabbé Fleury ( Mœurs des ChréU^ n"" 54 ) : « Si les moines, dira-t-on, ne prétendaient que de vivre en bons Chrétiens, pourquoi ont-ils affecté un extérieur si éloigné de celui des autres hommes? à quoi bon se tant distinguer pour des chosesindifférentes?Pourquoi cet habit, cette figure, ces singularités dans la nourriture, dans les heures du sommeil, dans le losement?£n un mot, à quoi sert tout ce qui les fait paraître des nations différentes répandues entre les nations chrétiennes ? Pourquoi encore tant de diversité entre les divers ordres religieux, en toutes ces choses qui ne sont ni commandées , ni défendues par la loi de Dieu? Ne &emble-t-il pas qu'ils aient voulu frapper les veux du peuple pour s'attirer du respect et des bienfaits? Voilà ce que plusieurs pensent et ce que quelques-uns disent, jugeant témérairement, faute de connaître l'antiquité. Car, si l'on veut se donner la peine d'examiner cet extérieur des moines et des religieux, on verra que ce sont seulement les restes des mœurs antiques qu'ils ont conserves fidèlement durant plusieur,s siècles, tandis que le reste du monda a prodigieusement changé.
« Pour commencer par l'habit, saint Benott dit que les moines doivent se contenter d'une tunique avec une cuculie, et un scapulaire pour le travail. La tunique sans manteau a été longtemps l'habit des petites gens, et la cuculie était un eapot que portaient les paysans et les pauvres. Cet habillement de tète devint commun à tout le monde dans les siècles suivants, et comme il était commode pour le froid, il a duré dans notre Europe, environ jusqu'à deux cents ans d*ici. Non-seulement les clercs et les gens de lettres, mais les nobles mômes et les courtisans portaient des capuches et des chaperons de diverses sortes. La cuculie marquée par la Règle de Saint-Benoit servait de manteau, c'est la colle ou coule des moines de Citeaux; le nom môme en vient, et le froc des Bénédictins vient de la môme origine. Le scapulaire était destiné à couvrir les épaules pendant \% travail et en portant des fardeaux.... Saint Benoit n'avait donc donné à s^s religieux que des habits commuas des. pauvres de son pays, et ils n'étaient suère distingués que par l'uniformité entière, qui était nécessaire aQn que les mômes habits servissent indifféremment à tous les moines du môme couvent. Or, on ne doit point s'étonner, si depuis près de douze cents ans, il s'est introduit quelque diversité pour la couleur et pour la forme des habits entre les moines qui suivent la Règle de Saint-Benoit, selon les pays et les différentes réformes; et quant aux ordres religieux qui se sont établis depuis près de cinq cents ans, ils ont conservé les habits q^u*jûi3 ont trouvés en usage. Ne point porter
de linge paratt aujourd'hui une grande austérité; mais l'usage du linge n'est devenu commun que longtemps après saint Benoit; on n'en porte point encore en Pologne et dans toute la Turquie, on couche sans draps, à demi-vôtu. Toutefois môme, avant Tusage des draps de linge, il était ordinaire de coucher nu, comme on fait encore en Italie ; et c'est pour cela que la règle ordonne aux moines de dormir vôtus, sans ôter môme leur ceinture.
« De môme à l'égard delà nourriture, d(is heures, des repas et du sommeil^ des abstinences et du jeûne, de la manière de se loger, etc. ; les saints qui ont donné la rèçle aux moines, n'ont point cherché à introduire de nouveaux usages ni à se distinguer par une vie singulière. Ce qui fait paraître aujourd'hui celle des moines extraordinaire, c'est le changement qui s'est fait dans les mœurs des autres hommes. Ainsi les Chrétiens doivent remarquer exactemenl ce qui se pratique dans les monastères les plus réguliers pour voir des exemples vivants de la morale chrétienne. Non-seulement les ecclésiastiques et les religieux, mais les laïques mômes qui aspirent à la perfection doivent garder une certaine modestie dans leurs vêtements ; saint François de Saks nous en a tracé cette règle : « Saint Paul, » dit-il, « veut que les femmes dévotes (il en « faut dire autant des hommes), soient re- « vêtues d'habits bienséans,se parant avec nu- « dicitéet sobriété. Or la bienséance des na- « bits et autres ornements dépend de la ma-^ « tièreâ^e la forme et de la netteté. Quant à a la netteté, elle doit presque toujours être « égale en nos habits sur lesquels, tant qu^il « est possible, nous ne devons laisser aucune a sorte de souillure et vilenie. La netteté exce térieure représente en quelque sorte i'hon- « nôtelé intérieure. Dieu môme .requiert « l'honnêteté corporelle enceuxquis'appro- « chent de ses autels, et qui ont la ciiarge « principale de la dévotion.
« Quant à la matière et à la forme des « habits , la bienséance se considère par « plusieurs circonstances du temps» de Tâge, <c des qualités, des compagnies et des occa- « sions.On se pare ordinairement mieux les «jours de fêtes, selon la grandeur du jour <c qui se célèbre; en temps de pénitence « comme en carême, on se démet bien fort, « aux noces, on porte des robes nuptiales; « et aux assemblées funèbres les robes de « deuil ; auprès des princes on rehausse l'état, « lequel on doit abaisser entre les domesti- « ques. La femme mariée se peut et doit or- <K ner auprès de son mari, quand il le désire : « si elle en fait de même en étant éloignée, « on demandera quels yeux elle veut favoriser « avec ce soin particulier. On permet plus « d'affiquets aux filles, parce qu'elles peuvent « loisiblement désirer d'agréer à plusieurs, « quoique ce ne soit qu'aûn d'en gagner un a par un saint mariage. On ne trouve pas non « plus mauvais que les veuves à marier se « parent aucunement, pourvu qu'elles nefas- [, « sent point paraître de fokllreries, d'autant
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« qu*ayantcléjà élémères de familles, et passé « par les regrels du veuvage, on tient leur « esprit mù£ et attrempé. Hais quant aux « vraies veuves qui le sont non-seulement de « corps, mais aussi de cœur, nul ornement K ne leur est convenable, sinon l'humilité, la « modestie et la dévotion ;carsielhes veulent « donner de Tamour aux hommes, elles ne « sont pas de vraies veuves, et si elles n'en « veulent point donner, pourquoi en portent- « elles les outils?Quino veut recevoir les hô- « tes, doit ôter renseigne de son logis. On se « moque toujours des vieilles gens quand « elles veulent faire les jolies, c'est une folie « qui n'est supportable qu'à la jeunesse.
« Soyez propre, Philolhée, qu il n'y ait rien « sur vous de traînant et mal agencé; c'est un « mépris de ceux avec qui Ton converse, d'al- « 1er entre euxen habit désagréable; mais gar* « dez-vous biendesatféteries, vanités, curio- « silés et fol&treries ; lenez-vous toujours « autant que possible, du côté delà simplla cité et de la modestie, qui est sans doute le « ptus grand ornement de la beauté et la a meilleure excuse pour la laideur. Saint « Pierre avertitsurtout les jeunes femmes de « ne point porter leurs cheveux si fort crêpés» « irisés, annelés et serpentes. Les hommes « qui sont assez vains pour s'amuser à ces « inugueteries, sont décriés partout comme « hermaphrodites ; et les femmes vaines sont « regardées comme imbéciles en chasteté ; et « si elles en ont, elle n'est pas visible parmi « tant de fatras et de bagatelles. On dit qu'on « n'y pense pas mal, mais je réplique comme tt je l'ai fait ailleurs, que le diable j[ pense « toujours. Pour moi, je voudrois c^e mon « dévot et ma dévote fussent touiours les « mieux habillés delatrouj)e, mais les moins « pompeux et affectés, et comme le dit le « proverbe,'qu'ils fussent parés de grâce, de «I bienséance et de dignité. Saint Louis dit en «un mot qu'on doit se vôtir selon son état; « en sorte que les sages et les bons ne puis- « sent dire : Vous en faites trop, ni les ieunes « gens : Vous en faites troj) peu. Mais dans ce « cas, comme les jeunes gens ne veulent pas « se contenter de la bienséance, il se faut ar- « réter à l'avis dus sages. » ( Introd. à h Vie détote. )
HiESTÉNIUS (Benotl), né à Dtrecht, se fil Bénédictin et établit la réforme dans lab- Irnye d*AiQigem, dans le Brabant; il mourut le 31 juillet 1648, âgé de soixante an3» après avoir publié plusieurs pieux et savants ouvrages, entre autres Disquisiliones manaslicœ^ très-estîmés.
HAIRE. — Petit vêlement tissu de crins, qui enveloppe le corps. Il est rude et picjuaiit. Les religieux et quelques autres personnes très-austères le portent sur la chair pour se mortifier et se livrer à une extrême pénitence. {Voy. Mortification.)
HAMON (Jean), docteur en médecine de la Faculté (le Paris, né à Cherbourg, inort à Port-Royal des Champs, en 1687, à l'âge de soixante-neuf ans, était depuis trente ans dans cette retraite, à laquelle il se consacra Vour acquérir les vertus chrétiennes ; mats
il échoua toujours devant celles qui sont nécessaires pour se soumettre aux.décisions de l'Eglise. Ses principaux ouvrages ascétiques sont: 1"* Des Soliloques en latin, traduits en français par TabbéGoujet, sous le titre de Gémissements d'un cœur chrétien^ etc.;— 2" Un Recueil de divers traités de piété , Paris, 1675, 2 vol. în-12 ; — 3* la pratique de la prière continuelle^ in-J2 ; — 4* En* tretiens d'une âme avec Dieuy traduits paç Dom Jean-Baptiste Duret ;— 5" JFarp/icartcn du Cantique des cantiques y h vol. in -12.
HARPIUS (Henri), pieux Cordelier, né à Herph en Brabant,' lit paraître un zèle éminent dans la direction des Ames, et mourut è Malines en 1477. On a de lui un gran4' nombre d'ouvrages ascéticiues, écrits en Qa" niand et traduits en latin et en français, ainsi que sa Théologie mystique,
HAUl'ESERRE ( Autoine-Dadine m)^ professeur de droit ie Toulouse, naquit dans le diocèse de Cahors et mourut en 1682, Agé de quatre-vingts ans, regardé oomrae un des plus habiles jurisconsultes de France. Outrtf plusieurs écrits de jurisprudence, on ado lui un Traité des ascétiques ou De ^origine de l'état monastique.
HÀDTEVILIE (Nfcolas), docteur en théologie de la Faculté de Paris, que l'on croit originaire d'Auvergne, et qui écrivait au xvii* siècle, est auteurtla plusieurs ouvrages qui font honneur à son érudiiiou et à ses connaissances dans les sciences ecclésiastiques. On a de lui : 1" Explication du Traité de saint Thomas^ des attributs de Dieu^ pour former Vidée d'un Chrétien savant et spirituel ; — 2* Les caractères ou Jes peintures delà vie et de la douceur du B, trançois de Sales; Lyon, 1661, in-S';— 3* Actions de saint François de Sales, ou les plus beaux traits de sa t?t>; Paris, 1768 ; — 4* Théologie angéliquCf
HÉGOUMÈNE ou Hégumène. — C'était un supérieur de religieux. Dans les- monastères des Grecs, des Russes et des nestoriens, outre la dignité d'archimandrite, qui répond h celle des abbés réguliers,, on distingue des hégumènes, qui paraissent leur être subordonnés, et qui ont un chef nommé exarque^ dont les fonctions sont analogues à celles des provinciaux d'ordre tl est parlé des hégumènes dans le règlement que Pierre lo Grand fit publier pour l'Eglise de Russie, en 1718, et l'on trouve dans le Pontifical dt TEglise grecque la formule de leur bénédiction, ^ussi bien que celle de l'exarque.
HELICITES, ou Eicètes,. Heicètes, Hicè- TES« — Les hélicitps étaient des fanatiques du VI* siècle qui menaient une vie solitaire. Ils faisaient principalement consister le service do Dieu à chanter des cantiques et à danser avec les religieuses, pour imiter, disaient-ils, l'exempte de Moïse et de Marie. Cette folie ressemblait beaucoup à celle des niontanisles, que Ton nommait ascites ou ascodrutes; mais leur secte avait disparu avant le vi' >iùcle. Les hélicites paraissent donc avoir été seulement des moines relâchés, qui avaient pris un goût ridicule pouir
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D*ASCETISIIE.