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|D*ASCETISMi^.
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dant le Sauveur du monde qui agit loujours dans le régénéré, et qui le guide dans toutes ses actions. C'est aussi en Jésus-Christ que toute la divinité est concentrée» il est Tobiet principal ou plutôt unique du culte des nernutes; ils lui donnent les noms les plus tendres, et ils révèrent très-dévotement la
Îlaie qu'il reçut dans son côté sur lai croix. ésus-Christ est censé l'époux de toutes les sœurs, et les maris ne sont, à- proprement parler, que ses procureurs. D'un autre côté, les sœurs hemutes sont conduites à Jésus par le ministère de leurs maris» et Ton peut regarder ceux-ci comme les sauveurs de leurs épouses en ce monde. Quand il se fait un mariage, c'est qu'il y avait une sœur qui devait être amenée au véritable époux par le ministère d'un tel procureur.
Ce détail de la croyance des hernutes est tiré du livre d'Isaac Leiong, écrit en hollandais, sous le titre de Merveilles de Dieu envers son Eglise^ Amst., 1775, in-S"". Il ne le publia qu'après l'avoir communiqué au comte de Zinzendorf. L'auteur de l'ouvragé intitulé Londres f qui avait conféré avec quelques-uns des principaux hernutes d'Angleterre, ajoute, tom. Il, p. 196, qu'ils regardent l'Ancien Testament comme une histoire allégorique; qu'ils croient la nécesité du baptême; qu'ils célèbrent la cène à la manièredes luthériens, sans expliquer quelle est leur foi touchant ce mvstère. Après avoir reçu l'eucharistie, ils prétendent être ravis en Dieu et transportés hors d'eux-mêmes. Us vivent en commun comme les premiers fidèles de Jérusalem; ils rapportent à la niasse tout ce qu'ils gagnent, et n'en tirent que le plus strict nécessaire. Les sens riches y mettent des aumônes considérables. Cette caisse commune qu'ils appellent la paisse du Sauveur^ est principalement destinée à subvenir aux frais des missions. Le
comtedeZinzerdorf,qui les regardait comme la principale partie de son apostolat, a envoyé de ses compagnons d'œuvro presque par tout le monde; lui-mômo a couru toute l'Europe, et il a été deux fois en Amérique. Dès 1733, les missiontiairesdu hernutismeavaient déjà passé la ligne \o\xr aller catéchiser les nègres, et ils ont pénétré jusqu'aux Indes. Suivant les écrits du fondateur de la secte, en 17tô, elle entretenait jusqu'à mille ouvriers évangéliques répandus par tout le monde; ces missionnaires avaient déjii fait plus de 200 voj^ages par mer. Vingt-quatre nations avaient été réveillées de leur assoupissement spirituel ; on prêchait le her* Dutisme en vertu d'une vocation légitime» en quatorze langues, à 20,000 flmes au moins; enfin, la Société avait déjà 98 étal)lissements, entre lesquels se trouvaient des châteaux les plus vastes et les plus magnifiques. Il y a sans doute do l'hyperbole dans ce détail, comme il y avait du fanatisme dans les prétendus miracles par lesquels ce même comte- soutenait que Dieu avait protégé les travaux de ses missionpaires.
PERS/VN (Marc-Antoine) I professeur d'iS-
loquence au collège royal, se relira à Compiègne, où il fonda un collège, et mourut âgé de soiiante-douze ans, en 1724. Outre plusieurs autres ouvrages, on a de lui des Pen' sées édifiantes sur la mort. Rollin a été un de ses disciples.
HESICHASTES. — Moines grecs, qui enseignaient le quiétisme vers le milieu du XI* siècle.
Siméon le Jeune, abbé deXérocerce, avait porté fort loin les exercices de la vie contemplative; il avait donné des maximes pour s'y perfectionner, et ses moines priaient et méditaient sans cesse.
Comme la gloire de Dieu était l'objet de tous leurs vœux, elle était le sujet de toutes leurs méditations. Ils s'agitaient, CournaieiRt la tête, roulaient les yeux et faisaient dos efforts incroyables pour s'élever au-dessus des impressions des sens, et pour se détacher de tous les objets qui les environnaient, et qui leur semblaient attacher l'âme à la terre. Tous les objets se confonaaient alors dans leur imagination; ils ne voyaient rien distinctement; tous les corps disparaissaient et les Gbres du cerveau n'étaient plus agitées
aue par ces espèces de vibrations qui pro* uisent ces couleurs vives qui naissent comme des éclairs, lorsque le cerveau est comprimé par le gonflement des vaisseaux sanguins.
Les disciples de Siméon, dans la ferveur de leurs méditations, prirent «es lueura pour une lumière céleste, et les regardèrent comme un rayon de la gloire des bienheureux. Ils croyaient que c'était en regardant le nombril que cette lumière s'ofifraità eux:
On blâma ces visionnaires. Siméon, abbé de Saint-Mammas, prit leur défense, et traita comme des hommes charnels et terrestres les ennemis des hésychastes, qui jouirent de la liberté de se procurer, par leurs méditations, les visions qui les rendaient heu* reux.
Au commencement duxiv* siècle, Grégoire Palaraas, moine du mont Athos, qui avait quitté la fortune et les honneurs pour la vi6 monastique, adopta tes règles que Siméon le Jeune avait prescrites et les accrédita.
11 écrivit sur la nature de cette lumière que les contemplattis apercevaient à leur nombril : il prétendit qu'elle n'était point différente de la lumière qui avait paru sur le Thabor; que cette lumière était in^créée'ei incorruptible, quoiqu'elle ne fftt point Tes^ sence oe Dieu; c'était une opération de H Divinité; sa grâce, sa gloire, sa splendeur^ qui sortaient de son essence.
Un moine, nommé Barlaam, attaqua le sentiment des hésychastes sur la nature delà lumière qui avait paru sur le Thabor, et prélendit que celte lumière n'était point incréée; que le sentiment de Palamas sein* blait admettre plusieurs divinités subordon-^ nées, et émanées de la divinité substan^ tielle.
On assembla un concile pour décider cette question qui commençait a faire du bruiti et 1 on condtimna Barlaani.
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digtionmim:
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AcyDdlnus, autre moine, entreprit la défonse de Barlaam; on assembla un concile pour juger Acyndinus; il fut convaincu 4i*étre du sentiment de Bariaaray et de croire ia lumière du Thabor une lumière créée; on condamna Acyndinus et Barlaam; on imposa silence sur ces contestations, et Ton déiendity sous peine d*e\conm>unicationy d'accuser les moines d'hérésie.
Les hésychastes ou palamites ne crurent pas devoir se borner à celle victoire; ils remplirent Constantinople de leurs écrits contre Barlaam, répandirent leur doctrine, persuadèrent; et Constantinople fui remplit) de quiélistes qui priaient snns cesse, et ^ui, :ies yeui Daissés sur le nombril, altendaient toute la journée la lumière du Thobor. Les maris quittèrent leurs femmes pour se livrer sans distraction à ce sublime exercice, et les bésychasles leur donnaient la tonsure monacale : los femmes se plaignirent, et les quiélistes remplirent Constantinople de trouble et de discorde.
Le patriarche ordonna aux hésychastes de se contenir; ils ne déi'érèront ni à ses avis, ni h ses ordres; il les chassa delà ville ; il assembla un concile composé du patriarche d'Antioche et de plusieurs évêt^ues : ce concile condamna Grégoire Palamas, ses opinions et ses sectateurs.
Ceci se passa sous l'impératrice Anne, pendant l'exil de Cantacuzène; niais lorsque Cantacuzène se fut rendu maître de Constantinople, l'impératrice Anne et Jean Paléologue, voulant se servir de Palamas pour faire leur paix, le firent absoudre dans un synode qui condamna le patriarche Jean; ce patriarche étant mort, Cantacuzèno tit élire a sa place Isidore,' sectateur zélé des opinions des hésj^chastes.
Les barlaaiQites] se séparèrent du la communion d'Isidore : pour rétablir la paix entre ces deux partis, les deux empereurs Can^ tacuzône et Jean Paléologuc liixMit assembler un concile composé de vingt-cinq métropo* litains, de quelques évêç^ues, de plusii>urs prêtres et moines : on cita à ce concile les ennemis de Palamas; on examina leurs ac- ' cus.ations et les réponses de Palamas ; on traita ensuite de lalumièredu Thabor. Quelques jours après, on se rassembla pour traiter à fond quelques queslionsqui regardaient l'essence |et l'opération divine. L'empereur proposa lui-même toutes ces questions ; on rapporta tous les passages des Pères [lour les expliquer : on examina avec le u)ùme soin toute la doctrine de Barlaam; on reçut la profession de foi des moines du mont Athos, et Ion condamna Barlaam, Acyndinus et tous ceux qui croyaient que la lumière du Thabor était créée ; ce concile fui lenu vers Tan 13V5.
Le nombre des ouvrages composr''s rour et contre les hésychastes osl trôs-cunsitlcrable; ils sont encore pour la plupart manuscrits; il y en avait beaucoup dans la bibliothèque de Coissin.
UEUBËS CANONIALES. — Los heures canoniales soiit des prières que Ton fait
dans l'Eglise catholique à certaines heures, soit du jour, soit de la nuit, et qui ont été réglées et prescrites par les anciens canons; elles sont au nombre de sept , savoir : Matines et Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres. et Compiles. Cette suite de prières se nommait autrefois le cours, cursus. Le P. Mabillon a fait une dissertation sur la manière dont on s'en acquittait dans les églises des Gaules; il Ta intitulée : De cursu Galiicano : eWe se trouve à la suite de son ouvrage De liturgia Gallicana. J1 observe que, dans les nremi-ers siècles, l'office divin n'a pas été absolument uniforme dans les différentes églises des Gaules, mais que peu à peu l'on est parvenu à l'arranger de même partout ; que cet usage de prier et de louer Dieu plusieurs fois pendant le jour et pendant la nuit, a toujours été regardé comme un devoir essentiel des clercs et desmoines.
En effet, saint Cyprien (L.de orat. Do-min,) observe que les anciens adorateurs de Dieu avaient déjà coutume de prier è l'heure de Tierce, de Sexte et deNone; et il est certain d'ailleurs que les Juifs distinguaient les quatre parties du jour par la prière et par des sacrifices. Saint Cyprien ajoute : « Mais outre ces heures, observées de toute antiquité, la durée et les mystères de la prière ont augmenté chez les Chrétiens Il faut prier Dieu dès le matin, Ui
soir et pendant la nuit. » TortuUien avait déjà parlé de ces différentes heures. [Dejfjun.y c. 10, etc. ; OaiGèNE, De orat., n. 12; saint Clément d'Alexandrie, 5/ram., I. vu, ch.7.)
Suivant l'observation de plusieurs auteurs,, le premier décret que l'on connaisse , concernant l'obligation des Heures canoniales^ est le 2V article d'un capiluiaire dressé au IX* siècle par He,yton ou Riton , évoque de Bâie, pourlesecclésiastit|Ucsde son diocèse. Il porle que les prêtres ne manqueront jamais aux Heures canoniales du jour ni de la nuit. Mais cela ne prouve nas que l'évôquo du Bâle faisait une nouvelle institution; it avertissait seulement les prêtres et surtout les curés, que leurs autres fonctions ne les dispensaient pas des Heures canoniales, non plus que los autres clercs. Bingham, qui en a recherché l'origine, prétend que l'usage en a commencé dans les monastères de TOrient, et qu'il s'est introduit peu à peu dans les autres églises. Il paraît bien plus probable que cet usage a commencé dans les grandes églises, oii il y avait un clergé nombreux, et qu'il a été imité par les moines; du moins 1 on no peut pas prouver positivement le contraire. Bingham convient que saint Jérôme, dans ses Lettres à Lœta et à Démélriadey et fauteur des Constitutions apostoliques, ont parlé de cet usage ; il était donc établi sur la fin du iv* siècle.
Mais il nrétend que cela s'est fait plus tard dans les églises des Gaules, que l'on n'y en voit aucun vertige avant le vi' siècle, et que, dans celles d'Ksp.îgnc, l'usage on est encore plus récent. Ccf^eiidanl Cassien, qiâ vivait dans lc5> Gaules, au commenceuK'nl
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DASCETISME.
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du y* siècle, a fait un Iraité du chant et des prières noclurn.es; il dit que dans les monastères des Gaules on partageait l'office du jour en quatre Heures, savoir : Prime, Tierce, Sexto et None, et il fait mention de l'office de la nuit la veille des dimanches.
Les différentes Heures canoniales sont composées de psaumes, de cantiques, d'hymnes, de versets, de leçons, de répons , etc. Comme tous ces offices se font en public, personne n'ignore la méthode que Ton y observe, ni la variété qui s'y trouve, suivant la différence des temps , des jours et des fêtes. Dans les églises cathédrales et collégiales, et dans la plupart des monastères de l'un et de J'autre sexe , ces Heures se chantent tous les jours ; dans les autres, on ne les chante que les jours de fête, et on les récite les jours ouvriers. Tous les ecclésiastiques qui sont dans les ordres sacrés, ou qui possèdent un bénéfice, tous les religieux, excepté les Frères lais, sont tenus de les réciter en particulier, lorsqu'ils ne le font pas au chœur.
Les Matines, qui sont la première partie de l'ofQce canonial, se chantent ou se récitent, ou Iq veille, ou è minuit, ou le matin; de là on les a nommées Vigiliœ,Officiwn nocturnum, et ensuite Horœ matulinœ. Pendant les premiers siècles de l'Eglise, tant que durèrent les persécutions, les Chrétiens lurent obligés de tenir leurs assemblées et de célébrer la liturgie pendant la nuit et dans le plus grand s.ecret. Cette coutume conti- . nua dans là suite, surtout la veille des grandes fêtes, et on l'observe encore à présent partout, dans la nuit de Noël. Plusieurs ordres religieux et quelques chapitres d'églises cathédrales, comme celui de Paris, commencent tous lesjours Matines à minuit.
Dans les Constitutions apostoliques^ 1. viii, eh. 34, il y a une exhortation générale faite à tous les fidèles do prier le nriatiu, aux heures de Tierce, de Sexto et de None; le soir, au chant du coq. Un concile deCartljage,de l'&n 398, canon 49, ordonne qu'un clerc oui s*absente des Vigiles, hors le cas de maladie, soit privé de ses honoraires. Saint Jean Chrysostome, saint Basile, saint Epiphane et plusieurs autres Pères grecs du IV* siècle, font mention de l'oflice de la nuit qui se célébrait dans l'Orient ; [)lusieurs ont cité l'exemple de David, qui dit dans le psaume cxviii : Je me levais au milieu de la nuit pour vous adresser mes louanges,... Je vous ai loué sept fois pendant le jour^ etc. Cassien (De cant. noct,) dit que les moines «i'Egypte récitaient douze psaumes pendant la nuit, et y ajoutaient deux leçons tirées du Nouveau Testament.
On prétend gue cette partie de la prière publique fut introduite en Occident par saint Ambroise, pendant la persécution que lui suscita rimpératrice Justine, protectrice des ariens; mais les passages que nous avous cités deTertullien et de saint Cyprion, nous semblent prouver que cet usage était déjà établi en Afrique avant saint Ambroise, et il n'est pas probable qu'on l'ait uéglii^é dans
l'Eglise de Rome. Saint Isidore de Sévillo, dans son Livre des Offices ecclésiastiques^ appelle celui de la nuit Vigiles ei Nocturne^, et il appelle Matines celui que nous nommons à présent Laudes.
' 11 résulte de ces observations que l'ordre et la distribution de l'oOice de la nuit n'ont pas toujours été absolument tels qu'ils s<^nt aujourd'hui; aussi la manière de le célébrer n'est pas entièrement la même chez les Grecs que chez les Latins. On commença d'abord par réciter ou chanter des psaumes; ensuite on y ajouta des leçons ou lectures tirées de l'Ancien ou du Nouveau Testament, une hymne, un cantique, des antiennes, des répons, etc.. On voit néanmoins dans la Règle de Saint-Benoît, dressée au commencement du vr siècle, qu'il y avait déj5 beaucoup de ressemblance entre la manière dont se faisait pour lors l'oiBce de la nuit, et celle que l'on suit aujourd'hui.
Dans rofnce des dimanches et des fêles, les Matines sont ordinairement divisées en rois nocturnes,, composés chaoun de trois psaumes, de trois antiennes, de trois leçons, précédées d'une bénédiction et suivies d'un réf )ons. Mais pendant le temps pascal et les jours de férié, on ne dit qu'un seul nocturne; après le dernier répons, l'on cbaot^^ ou Ton récite l'hymne ou cantique Te Omm^ et l'on commence les Laudes, autre partie de l'office de la nuit, que Ton ne sépare jamais de la précédente sans nécessité. Celle-ci est composée de cinq psaumes, dont le quatrième
• est un cantique tiré de l'Ecriture sainte; d'un capitule, qui est une courte leçon; d'une hymne, du cantique de Zacharie, et d'une
• ou de plusieurs oraisons.
Les incrédules , censeurs-nés de toutes les pratiques religieuses, demandent à quoi sert de se reluver la nuit, de sonner les cloches, de clmnteret de prier, tandis que tout le monde dort ou doit dormir. Cela sert à faire souvenir les hommes que Dieu doit être adoré dans tous les temps; que l'Eglise ne perd jamais du vue les besoins de ses enfants; que, comme une tendre mère, elle est occupée d'eux, même pendant leur sommeil; qu'elle demande pardon à Dieu des désordres qui règneot pendant lanuit,aussi
•bien que de ceux (^ùh^b commettent pendant le jour. Nos épicuriens modernes ne craignent pas de troubler le sommeil des malheureux, par le tumulte des plaisirs bruyants
. auxquels ils se livrent pendant une partie de la nuit.
L'heure de Prime est la premièriO de l'office du jour ; on en rapporte l'institution aux moines de Bethléem, etCassien en fait mention dans ses Institutions de la vie mànasti- ^ue, liv. ni, ch. k. Il appelle cet office Matutina solemnitas, parce qu'on le disait au point du jour, ou après le lever du soleil; c'est ce
, que nous apprend l'hymne attribuée à saint
. AmbroisOf Jam lacis orto sidère^ etc. Cassien ra[)pelle aussi Novella solemnitas, parce que c'était une pratictue encore récente, et il ajoute qu'elle passa bientôt des monastères
. (lOri'^ni dans ceux des Gaules.
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DICTIONNAIUE
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Cette partie de l'office divin esl la plus variée dans les bréviaires des divers diocèses; on y dit trois psaumes après une hymne, assez souvent le svmbole de saint Athanase, uncapilulet un répons, des prières, une oraison; on y fait la lecture du Martyrologe et du Nécrologe, suivie d'un Db profundis et d'une oraisoû pour les morts; on y ajoule plusieurs versets tirés de l'Ecriture sainte, et la lecture d'un canon tiré des conciles ou des Pères de l'Eglise; mais tout cela n'est pas observé dans tous les lieux ni tous les jours. (BiNGHAH, Orig. eecles.f t. V, liv. xu,
Quant aux heures de Tierce, Sexte et None, appelées les petites Heures , elles paraissent être d'une institution plus ancienne; les Pères, qui en ont parlé, disent qu'elles sont relatives aux divers mystères qui ont été accomplis dans ces différentes parties du jour, surtout aux circonstances de la passion du Sauveur. Elles sont composées uniformément d'une hymne, de trois psaumes, d'un capitule, d'un répons et d'une oraison.
Vheure de Vêpres ou du soir , est appelée duodecima dans quelques auteurs ecclésiastiques, parce qu'on la récitait au coucher du soleil, par conséquent à six heures du soir, au temps des equinoxes. Dans les Constitutions apostoliques^ 1. ii, e. 59, il est ordonné de réciter à Vêpres le psaume gxl : Domine fClamavi ad te f eâ?audt m«,etc.; et l.viii, c. 85, ce psaume est appelé lucematis^ parce
Î[ue souvent on le disait à la lueur des ampes. CassienJit que les moines d'Egypte y recitaient douze psaumes, cjue l'on y joi-
Snait deux leçons, l'une de l'Ancien, 1 autre u Nouveau Testament, et il paraît, par plusieurs monuments; que l'on faisait de même dans les églises de France. A présent, l'on y dit seulement cinçi psaumes, un capitule, une hymne, le cantique Magnificat^ des antiennes et une ou plusieurs oraisons.
On ignore le temps auquel on a institué les Compjies, Le cardinal Bona (De divina psalmodia^ c. 11) prouve, contre Bellarmin,
3ue cette partie de l'ofTice n'avait pas lieu ans la primitive Eg^se> et qu'il n'y en a pul vestige dans les ^«^eiens. L'auteur des Constitutions apostolfq/nifs parle de l'hymne du soir, et Cassien de l'oiOce du soir en usage chez les moines d'Egypte; mais cela peut s'entendre des Vêpres. Quant h ce que dit saint Basile [Regul. fusius tract. ^ 9, 37), il nous semble mdiauer assez clairement les sept Heures canoniales; ainsi l'on n'en peut rien conclure contre l'antiquité des Complies. Les Grecs nomment cetoflice apodique^
f^arce qu'ils le récitent après le repas du soir; Is distinguent le petit apodique, qui se dit tous les jours, et le grana apodique, qui est pour le carême. — Dans l'Eglise latine, roflice de Compiles est composé de trois psaumes, d'une antienne, d'une hymne, d'un capitule, d un répons , du cantique de Siméon et d'une oraison; les jours ordinaires on y ajoute des prières semblables à celles que I on tlit à Prime, et dans la plupart des
églises, on finit par une antienne et une oraison à la sainte Vierge.
Les auteurs ascéiiques ont été persuadés que les sept Heures canoniales font allusion aux sept principales circonstances de la passion et de la mort du Sauveur; et on l'a exprimé dans les vers suivants:
Maliilina lîgal Christum qui crimina solvit. Prima replet spaliis, causain dat lertia monts; Sexta cnici nectit, îatus ^us nona biperltl, Vespera deponit. lumulo Coinpleta reponiu
Par tout ce détail, il est clair aue l'office divin, è la réserve des hymnes, aes leçons tirées des écrits des Pères et des légendes des saints, est entièrement composé de prières et de morceaux tirés de I Ecriture sainte, qu'ainsi ce livre divin est très4aDnilier h un ecclésiastique fidèle à réciter son bréviaire avec attention et avec dévotion : pour peu qu'il ait d'inteNigence, ce ne peut pas être un ignorant. — Pour la distribution de l'office des religieux au V" siècle , Voir CASSiEff (Sa réglé).
BEYENDAL (Nicolas), du duché de Lim^ bourg, naquit en 1658, fit ses études k Aixla-Chapelle, et se fit chanoine régulier de Saint-Augustin, dans l'abbaye de Boldue»
en 1684, où, après s'être distingué par la douceur et la pureté de ses mœurs, et avoir enseigné la théologie et l'Ecriture sainte, il fut élu abbé en 1713 et mourut le 5 mai 1733. Outre plusieurs autres ouvrages, il a laissé des Lettres eccfésiastiifuss sur ta vie et les de-voirs des ministres de l Eglise; Liège, 1703, iii-12.
HILDEBEI\Tde LivARDiN fut disciple de . Béronger, et ensuite de saint Hugues, abbé de Cluny. Il fut placé sur le siège épiscofial 'du Mans , en 1098, et transféré à rarchevôché de Tours en 1125. Le P. Beaugendre. Bénédictin, a publié en 1708, in-fol., les OEuvres à:^ ce prélat. Elles renferment, entre autres, quelques Traités de religion, des lettres, des sermons. Hildebert mourut le 18 décembre 1132, âgé de soixante-quinze ans.
HINCMAB, archevèauede Reims, y siégea depuis 8^5 jusqu'en 852. Parmi un grand nombre d'ouvrages qu'il composa, nous pouvons citer, comme utiles à notre but, comme convenables aux supérieurs etaux religieux : !• ses Avis à Charles (e Chauve;— ^ son Traité de la fuite des vices; — S'* plusieurs de ses lettres.
HONORÉ DE Saintb-Marie, appelé dans le monde Pierre Vauzelle, né à Limoges en 1651, prit l'habit de Carme déchaussé en 1671, et mourut à Lille un 1729, après avoir occupé toutes les places de son ordre. Ce religieux, aussi vertueux que savant, a publié plusieurs écrits, parmi lesquels nous remarquons la Tradition des Pères et des au-»^ teurs ecclésiastiques sur. la contanplation, avec un Traité sur les motifs ei la pratique de l*amour divin, 3 vol. in-12.
H0R8TIUS (Jacques Merlon), curé à Co« logne, naquit à Horst, diocèse de Ruremonde, et mourat en lOU, laissant plusieurs ouvrages de piété solides et pleins d'onction, par-
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mi lesquels on remarque : l*^ Ënchyrldion officii di vini ; — %^ Paradisus animœ christ ianœ; —drSepUrn tubœ orbis christiania Cologne, 1635, in-8". C'est un recueil de petits ouvrages des saints Pères, propres à faire fleurir la discipline ecclésiastique dans le clergé.
HDGÛ£S DE Fosses (Le bienheureux), ne à Posses, Yxllage de la province de Namur, de parents nobles, à la fin du xi« siècle, fut le premier abbé général de Prémontré. Disciple de saint Norbert, il embrassa son nouvel institut en 11^. II assista en lUS à une assemblée tenue à Chartres pour la croisade de Louis le Jeune. 11 mourut en odeur de sainteté en 11611^. Il a laissé, entre autres ouvrages : l"* les premières Constitutions de Prémontré; — 2* une Vie de saint Norbert ; ^^ De gratia conservanda.
HUGUES DE SAINT-VICTOR, chanoine régulier à Paris, professa la théologie avec tant de succès, quon l'appela un second Augustin. Il mourut h Paris en IHâ, figé de quarante-quatre ans. Il a laissé un traité De arrha animœ^ un traité De sapientia Chri^ 9tif et d'autres ouvrages, Cologne, 1617, 3 vol. in-fol.
HUMBERT DE Romans, cinquième général des Dominicains, mourut le 14 juillet 1227. On a de lui une Lettre sur les vœux de reli^ gion. On croit qu'il est l'auteur du Diesirœ.
HUMILITE. — L'humilité est une vertu qui affermit la volonté, de crainte qu'elle ne 8 élève d'une manière désordonnée, ou qu^elle ne succombe à l'amour d'une supériorité désordonnée. Elle procède de l'amour de la vérité. Dès qu'on rentre en soi-même, on comprend de suite que l'on n'est rien, et qu'on a reçu 'gratuitement de Dieu tout ce qu'on possède. {Voy. Connaissance de soi- MftHE.) Il 7 a trois degrés d'humilité. Le premier, c*est se soumettre à un plus grand que soi et ne pas se préférer à ses é^aux : c'est l'humilité suffisante; le deuxième, se soumettre à un égal et ne pas se préférer à ses inférieurs : c^st l'humilité abondante ; !e troisième, se soumettre à un inférieur: c'est en ce degré que consiste toute perfec* tion.
Remarquons toutefois ici que, sans aucun préjudice de l'humilité, nous pouvons prélérer les dons que nous avons reçus à ceux qui nous semblent avoir été accordés aux autres, quand la différence est manifeste. « Car l'humilité, dit saint Augustin, doit 6tre fondée sur la vérité et non sur le men* songe. »
)n peut néanmoins, sans mensonge, déclarer, non par un jugement absolu, mais par un jugement en quelque sorte suspensif, comme dit Estius, qu'on est le dernier des hommes, soit à cause des défauts secrets
Îu'on reconnaît en soi-même, et des dons de ieu qui sont cachés dans les autres ou qui doivent leur être accordés; soit parce que Si les autres avaient reçu les grâces qui nous ont été données, ils auraient mieux répondu aûi faveurs de Dieu ; soit enfiïi en ce sens que, voyant tous les péchés comnUs par les
comme une faveur toute particulière de Dieu , d'avoir veillé sur nous pour nous empêcher de les commettre. « Il n'est aucun péché commis par un homme, que tout autre homme ne puisse aussi commettre, s'il est abandonné par son Créateur. » (Saint Augustin, hom. 10, interSO, c. 9.) D'ailleurs, comme l'humilité consiste principalement dans une affection de la volonté plutôt que dans un jugement de l'esprit, chacun peut» par la disposition de sou cœur, se soumettre non-seulement à Dieu, mais aussi à toute créature humaine, à cause de Dieu.
L'humilité est nécessaire è la contemplation; plus celle-ci est élevée, plus l'humilité doit être profonde. Ainsi l'enseignent :
1* L'Ecriture sainte : Plus vous êtes grande plus vous devez vous humilier en toute chost^ et vous trouverez grâce aux yeux de Dieu, Car il n'y a de grande puissance que celle de Dieu seuly et il est honoré par tes humbles, {Eccli. III, 20.) L'Ecriture nous en fournit plus d'un exemple. Abraham était en contemplation dans un entretien avec Dieu plein de familiarité, mais aussi d'humilité {Gen. xviii, 27) : Puisque fai commencé^ je parlerai à mon Seigneur ^ bien que je ne sois que cendre et poussière. David sliumiliait dans sa contemplation et disait : J*ai dit dans V extase de mon esprit : Tûi été rejeté loin de votre face et de vos regardé, (Ps. xxx, 9fl.} J'èit été abreuvé d'humiliation et j'ai dit dans mon transport : Tout homme est mentettr, {Ps. cit.) Salomon s'humiliait aussi dans ses contemplations : Je suis h plus insensé dès vivants et la sagesse des hommes n*est pas ctvee mtk. IProv. XXX, 3.) De même s'humiliaientMoïsè» les jironhètes, les apôtres, et par^dessus tout la btenlieureuse vierge Marie, qui disait à l'ange, au moment de la divine Incarnation : Voici la servante du Seigneur.
2^ Les saints Pères. Saint Climaque {Seal., gr. 25) : « Beaucoup ont obtenu le salut sans prédictions et sans miracles; mais sans l'humilité, jamais personne n'entrera dans la céleste demeure. Elle en est la fidèle gardienne. » Saint Dorothée (serm. 2) : cr Plus notre floM porte dé fruits, plus elle s'humilie : car plus les safols approchent de Dieu, plus ils oM le MPtiment de leur iniquité. » Saint Benoll dit que l'humilité est 1 échelle de Jacob pal^laquelle il faut monter et descendre, « descendre en s'élevant, monter (en s'abaissant. » {Reg. c. 7.) Saint Bernard montrant le Seigneur qui, sur le sommet I de cette échelle, crie que ceux qui souffrent viennent h lui pour être soulagés, nous indique que c'est par l'humilité qu'il faut y monter. « Tous les saints, dit saint Anselme^ qui font des progrès dans la vertu de Dieu, ' reconnaissent d'autant mieux leur néant, qu'ils pénètrent plus avant dans la connaissance des perfections divines. Car bien que l'homme ait reçu le pouvoir de s'élever à l'intelligence des choses sublimes, cependant la contemplation de la majesté divine lui fait comprendre la faiblesse de sa condition, et lui fait voir qu'il n'est que cei.dre et
autres hommes, nous devons rc^gardér • poussière aux yeux de Dieu. » (Hom. V^
mz
IIUM
DI€TI0NNÂIRE
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Miillh,) — a Souvent il arrive, dit sainte Thérèse (K«/.c. 38), que le Seigneur, lorsqa'il veut m'accorJer quelque faveur spéciale, commence par ra'annihiler en moi-môme, sans doute afin c|ueje voie plus clairement combien j*en suis indigne. »
d^ La raison. La contemplation étant un don de Dieu, nous devons lui en être reconnaissants. « On doit donc, dit saint Grégoire, avoir d'autant plus d'humilité et montrer d'autant plus d'empressement à servir Dieu, qu'on lui a plus d'obligation. » (Hom. 9 in Evang.) C'est aussi pour celte raison que Dieu envoie des tribulalions aux âmes coiitemplalives, afin de les rapi)elcr à des sentiments d'humilité.
Or voici les moyens les plus utiles pour obtenir et bien pratiquer l'humilité.
L Le premier est Vhwnililé d'intelligence^ c'est-à-dire, la connaissance de soi, noi de soi-même exclusivement, mai>desoi-Hiômo relativement à Dieu. Cette humilité e^ft prescrite.
1" Par l'Ecrilure sainte : Si quelqu'un se
• croit quelque chose tandis qu'il n est rien, il 3*abuse lui-même. {Gai. vi, 3.) Elle veut que nous connaissions notre néant : Je ne suis rien devant vous (Ps. xxxyiii, 6} ; notre pauvreté : Je suis un homme voyant ma pauvreté {Thren. m, 1); elle veut que nous avouions n'avoir rien de nous-mêmes : Qu'avez-vous que va%AS n*ayez reçu? {1 Cor. iv, 7.)
^ Par les saints Pères. #( Celui qui se con- . natt bien lui-même, dilsaintClimaque (5ca/., gr. 25), a déjà semé en terre; car en semant . de la sorte nous devons faire fleurir l'humilité. « Saint Bnrnard dit aussi : « Si vous .vous considérez intérieurement à la lumière de la vérité et sans la moindre dissimulation, vous devrez vous humilier, et vous humilior d'autant plus que vous vous connaîtrez mieux. » (Serm. 42 in Cant.) Voici comme saint Bonavenlure le prouve ar la raison : « Deux choses nuus rappellent l'humililé. Nous ne tenons pas de nous ce que nous sommes, nous n'avons donc pas sujet do nous en enorgueillir; celui-là seul doit être glorifiéy dont la grâce nous fait ce que nous sommes. Ce que nous ne sommes pas est encore pour ^ous un motif d'humilité ; car c'est une iraine-gloire que celle que l'on tire de ce qu'on :a'est pas. » C'est celte .connaissance d'eux-mêmes qui faisait dire .aux saints qu'ils n'avaient rien de bon, qu'ils étaient des pécheurs, et même de grands pécheurs, comme le disait saint Paul . (/ Tim. 1, 15] : Je le suis tout le premier. (Voy. Blosius, IIodriglez et Pinamontk) Mais est-ce que les saints pouvaient
* tenir ce langage? Ecoutons la réponse de \ Joseph, abbe (Cassien, Collât, xvii, 23) : Il ' est permis, c'est même un signe de perfection, de déguiser sa sobriété dans la manière iUi vivre. D'ailleurs, dit le P. Régnera (Th. myst. t. V% p. 895), il ne faut pas prendre ces expressions à la lettre. L'âme contem-
. plative, considérant d'un côté la grandeur
. iïiis bienfaits de Dieu, de l'autre son peu do
reconnaissauce, doit se voir chargée de dé-
fauts et de péchés; aussi sans (aire attention aux défauts des autres, que d'ailleurs elle excuse, elle ne s'occupe aue de la distance qu'il y a entre les bontés de Dieu et la manière dont elle y répond par sa conduite. Dans cette idée, les saints peuvent donc dire qu'il n'est rien de bon en eux et qu'ils sont couverts d'iniquités. {Voy, Louis Du Pont, Alvarez, Rodriguez, etc.)
H. Le second remède est Vhumilité de lavo* lonlé. La connaissance intime de la majesté de Dieu et le respect qu'on lui doit, la vue de notre bassesse et de notre néant, nous font nous mépriser nous mêmes et nous mettre audessous do tous les autres.... Cette humililé iWiffection de sentiment résulte do l'humilité de connaissance, c'est-à-dire de la connaissance de soi-même. 1" Apprenez de moi, nous dit TEcriture {Matth., xi, 29), que je suis doux vl humble de cœur» — Asseyez-vous à la derymre place, (£.ttc.xiv, 10.) — Humiliez-vous donc sous la puissance de Dieu. {1 Petr. v, 6.)— 2" Ecoutons aussi saint Bonaventure {De perf. vitœ, c. 2) : « Celui qui veut jeter un regard sur ses propres défauts, doit nécessairement s'humilier sous la puissante main de Dieu. Humîliez-vous donc à la vue de vos défauts, serviteurs du Christ et reconnaissez votre bassesse. » Il assigne à ce sujet trois degrés d'humilité : 1° L'homme doit se mépriser d'après la connaissance de sa bassesse. 2*^11 doit supporter avec patience, et même désirer d être méprisé par les autres ; il doit fuir les honneurs; 3" au comble des dignités, des vertus et des faveurs, il ne doit nullement s'en glorifier, mais tout rapportera Dieu. Le saint docteur en donne les raisons suivantes : « Il ne doit point se mentir à lui-même, en se croyant plus grand qu'il n'est, de quelque dignité qu'il soi revêtu, ni s'élever au-dessus de lui-môme. Puisqu'il aime la vérité et ne se chérit point par amour propre contre la vérité, il doit désirer de paraître aux yeux des autres telau'il parait à ses propres yeux, c'est-à-dire plein de faiblesse et enclin à toutes sortes de fautes. »3° C'est en cela que consiste l'humilité des parfaits qui, plus ils sont élevés en perfection, plus ils s'humilient en toute chose, en sentiment, en affection, en parole et en action.
JIL Le troisième moyen consiste à se graver profondément dans l'esprit que sans l'humilité d'esprit et de cœur, quelque soit le degré de perfection auquel on soit [)arvenu, les autres faveurs deviennent inutiles et sont même une c&use de perdition. Quiconque s'élève, sera abaissé, dit saint Luc (xiv, 11), et quiconque s'abaisse, sera éleré. En effet, Dieu résiste aux superbes et donne sa grâce aux humbles. {Jac. iv, 6.) C'est ce que montre encore la parabole du pharisien et du publicain. {Luc. x\iu.) « Plus on est élevé, dit saint Isidore (I. ii Synom., c. 5), plus lourde est la chute... L'humilité ne court aucun risque de chute; jamais elle ne peut tomber. » Saint Thomas de Villeneuve dit encore à ce propos {Com:. deS.-Mart.) : « Enlevés le fondement de l'humilité et tout