‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 121 sur 186 · HUM · texte numérisé non relu

HUM

fauls : or, coQimc ils npprcnneiil "par leur propre expérience combien élail fdibte Pappui sur lequel ils complaient, il n*e$t point étonnant 'de les voir tomber dans la défiance et dans fahatiôment. Par là le directeur saura comprendre combien de telles âmes» trompées par une fausse apparence d'humilité, sont éloignées du sentier droit de la vertu, et combien aussi elles ont besoin désire entourées de vigilance et de soin. L*homme vraiment humble, quand il tombe dans le péché, lii ne s*en étonne, ni ne s*en trouble : car comme il a une connaissance approfondie de sa faiblesse, il sait que la mauvaise terre de son cœur ne peut crellemêipe rien produire que de mauvais. Il s'en repent à la vérité, mais moins pour le mal qu'il s'est fait que pour le déplaisir qu'il a causé à Dieu; et en même temps il s'exerce à des actes d'humilité. Il ne donne point lieu à la défiance ; mais, se jetant dans les bras de la miséiiccrde divine, il répète de temps en temps du fond du cœur : a J'espère fermement que votre grâce fera ce que ma faiblesse n'a pu faire. » Et, par ce moyen, il se sert même de ses chutes pour se ranimer è courir dans la carrière de la perfection. Le directeur apprendra donc par là à corriger les fausses affections d'humilité, qui viennent de l'orgueil ou du démon, et presque toiq'ours de l'un et de l'autre en I même temps.

Ut ËQ sentiment de l'humilité véritable et su,ràfttardll69 infuse par Dieu, consiste dans un certain mépris de soi-même , qni naît ile la connaissance de son propre néant ^ de ses fautes et do ses misères, et qui rend Thomme soumis, en paix non^seulement avec Dieu, mais encore avec ses semblables. Voyons donc cotnment cette soumission t)eutëtre appliquée dans la pratique, et d'a^bord à l'égard de Dieu. Que l'âme, établie en la présence du Seigneur, fixe avec l'œil de la roi un profond regard sur la m«gesté infinie de ce grand Dieut et qu'en même temps elle abaisse! son regard sur sa propre bassesse. Qu'en éomparant ses misères à la divine majesté, elle s'humilie devant Dieu» et s'abtmé dans son néant, autant qu'il sera possible avec le secours de la lumière que Dieu lui envoie. Saint Vincent Ferrier exige: V que nous nous regardions comme un cadavre en pourriture, au point

Îpe nous nous méprisions nous-mêmes du ond du cœur, et que nous soyons profondément étonnés que Dieu ait pu aimer une chose si détestable. 2"* Que nous reconnaissions intimement en nous que tout ce dont nous jouissons n'est point notre bien, mais le bien de Dieu, à qui seul il faut en rendre gloire ; tandis que nous ne devons nous attribuer que le néant et la pourriture do nos péchés, qui est pire que le néant même. 3" Que noiis nous réjouissions de n'être rien, dGn qu'il puisse être tout; de ne pouvoir rien, afin que seul il puisse tout; d'être privés de tout bien, afin que lui seul puisse être notre bien unique et souverain. ^^ Que nous nous afQi(;ions du vol si odieux dont

nous nous sommes rendus coupables envers sa majesté, lorsque nous lui avons ravi un bien précieux, à savoir, sa gloire eltérieure, en nous complaisant dans quelqu'une de nos qualités ou de nos prérogatives, et nous appropriant ainsi Tiionneur qui lui est dû à lui seul; et qu'en même temps nous lui rendions cet honneur que nous lui avons ravi, en nous écriant de toat notre cœur : A vous seul gloire et honneur I 5"* que nous lui rendions aussi toute la gloire que les hommes vains et superbes lui ont enlevée jusqu'à ce jour ; et que nous confessions que toute gloire appartient à lui seul non-seulement comme étant le premier principe et la source de tout bien, mais encore comme étant la dernière fin à qui, de droit suprême, toutes choses doivent être rapportées. Q^ Que nous soyons dans un profond étonnement de voir que nous seuls avons osé nous enfler d'orgueil, tandis que les anges et les saints du ciel s'abtment dans leur néant et reconnaissent leur souveraine pauvreté. 7** Que nous craignions de nous voir dépouiller par Dieu des biens qu'il nous a accordés, ou de trouver noire perte dans l'abus que nous pouvons faire de ces biens. S*" Que nous prenions surtout la ferme et constante résolution, non-seulement de ne plus rechercher jamais notre propre gloire, notre propre honneur, notre propre réputation ; mais encore, autant qu'il sera en nous, d'éviter de toutes nos forcés ce qui peut nous procurer la gloire, comme les dignités, les charges, les emplois de distinction et les honneurs. Car, selon le langage de saint Bernerdi il faut éviter et détester cette orgueilleuse présomption qui nous rend assez audacieux pour chercher notre gloire dans des biens qui ne nous ap^ partiennent pas, et pour ravir l'honneur qui est dû à Dieu seul.

IV. L'humilité d'affection envers le prochain a trois degrés. Le premier est de se mépriser au point que l'on se soumet h tous ses semblables, même à ceux dont on reconnaît l'infériorité relative. Cette soumission exige , du côté de l'intelligence , que nous fassions plus de cas des opmions des autres que des nôtres, et que nous les préférions aux nôtres; que nous demandions toujours et suivions les avis des autres, les croyant plus sûrs que les nôtres. Du côté de la volonté, cette soumission consiste à soumettre notre volonté, non-seulement à la volonté de Dieu et des supérieurs, mais encore à celle des autres. Et, quant à ce qui concerne les œuvres extérieures, nous devons être contents de voir nos actions peu estimées, et celles des autres préférées aux nôtres. Le second degré de l'humilité d'affection envers le prochain consiste à se mépriser soi-même, au point de souffrir en paix que les autres nous méprisent. De là, si quelqu'un nous estime peu, nous devons nous dire au fond du cœur : Il a raison, il me donne ce qui m'appartient; il me traite selon mes mérites; il porte de moi le même jugement que Dieu et que tous les bienheureux du para-

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