‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 122 sur 186 · HUH · texte numérisé non relu

HUH

DASCETISMC.

UUM

au

dis, aux yeux desquels je ne suis quhin yil néant et un objet détestable & cause de mes péchés. Dans ce degré» on sent Tamertuine de ce mépris ; cependant on en triomphe par un autre mépris, le mépris intérieur de soi-même ; et, se tournant vers Dieu, on lui rend grâces de ce qu'il s'est trouvé un homme qui reconnaît notre indignité telle qu'elle est, et nous traite comme nous le méritons; an môme temps, on se fait un devoir de prier pour son calomniateur. Nous devons faire tous nos efforts pour parvenir & ce degré : caf autrement, selon la pensée de saint Grégoire, ce mépris, que nous paraissions avoir pour nous-mêmes en nous reconnaissant et en nous avouant pour pécheurs, ne serait pas une humilité véritable, ni un vrai mépris. « Nous en connaissons beaucoup, dit ce saint docteur, qui, n'étant accusés par personne, confessent qu'ils sont pécheurs, et qui, si par hasard on leur reproche quelque faute, cherchent à se défendre, & s'excuser, k se justifier, pour ne pas paraître pécheurs. Or si, lorsqulls se disent eux-mêmes pécheurs, ils se reconnaissaient comme tels par une véritable humilité, ils ne nieraient point, quand les autres les accusent, ce qu'ils avaient même confessé. » [Moral.^ tib. xxii.) Mais si nous nous méprisons nous-mêmes au point de nous réjouir du mépris d'autrui, nous avons atteint le troisième degré de rhumiiité d'affection : degré sublime et difticile & obtenir I Toutefois, nous pouvons y parvenir avec la grAce de Dieu, et nous sommes tenus d'y. aspirer. Saint Diodoyne distingue deux sortes d'humilité : l'une des hommes de sainteté médiocre, l'autre des hommes parfaits : unamedioerium^alteraperfectorum. (De perfé sptV., c. 95.) Les médiocres, ou ceux qui sont en progrès, sentent, au milieu des opprobres, la tristesse et l'amertume, parce qu'ils n'ont pas encore vaincu les mauvaises inclinations de la nature; a||ais les parfaits sont remplis de joie, parce qu ils ont remporté une telle victoire sur leurs passions, qu'elles n'osent plus lever la tête pour ieur faire la guerre. Du reste, en quelque état que nous soyons, nous devons nous efforcer d'embrasser avec joie les mépris, les injures et liss opprobres, au moins par la volonté, si nous ne le pouvons sans éprouver quelque sentiment de répugnance, disant intérieurement : O Jésus, qui avez été méprisé par amour pour moi, je veux être semblable À vous. Ces opprobres, ces persécutions, ces calomnies, quelque horreur qu'ils inspirent, sont le bonheur, la béatitude que vous avez promise à vos serviteurs. Bienheureux éte$^ vous lorsqu'on, vous tiyitidtra, et qu'on vous persécutera f et qu'on dira faussement totUe sorte de mal contre vous^ à cause de moi (Matlh. v). Je dois donc me réjouir, me livrer à la joie. Voilà quelques manières pratiques d'exercer l'humilité, que le directeur doit su^érer peu k peu à ses pénitents, selon qu il croira convenable à leurs dispositions et k leurs progrès plus ou moins grands dans ^es voies spirituelles.

Page 1