V. A ces avis pratiques sur l'humilité nous
croyons devoir ajouter quelques réflexions*, pratiques aussi, contre la vaine gloîre, k laquelle l'homme est naturellement si enclin. Toutefois, il y a moins de danger pour la vaine gloire dans les biens surnaturels et les dons qui se rapportent k l'ordre de la grâce, attendu qu'k I égard de ces sortes de biens il est moins difficile de reconnaître la main bienfaitrice qui les donne; le danger est plus grand dans la possession des biens de l'ordre naturel, tels que les richesses* la naissance, les talents, la science, la prudence, l'élégance des n^anières, la beauté du corps, etc. Le directeur s'efforcera de dissiper ces fumées de vaine gloire qui naissent de l'éclat des choses temporelles, et il y opposera ces belles paroles que saint Basile adressait aux tidèles de son temps : « Vous vous complaisez, disait-il, dans la noblesse de vos aïeux f Vous tressaillez de joie en vous flattant de la célébrité de votre famille, de la beauté de votre corps, des honneurs dont chacun vous entoure? Un peu de réflexion sur vousmême : car vous êtes mortel... vous êtes Soussière et vous retournerez en poussière... lù sont, dites-moi, ceux qui occupaient les premières magistratures des cités ?< où sont ces rois invincibles? où sont ces généraux? où sont ces potentats? Tout cela n'est-il pas une vaine poussière? tout cela n'est-il pas la proie du tombeau? A peine reste-t-il d'eux quelques ossements. Jetez les yeux un instant sur leurs tombeaux , es pérez-youf pouvoir distinguer entre le maître et son serTi?teur, entre le riche et le pauvre, enirv fp rat triomphant et le roi qu'il avait traîné' K son char ae triomphe ? » (Hom. S, m verba Moy* sis : Attende tibi ipsi.) Et, en effet, pour dissiper la fumée des vanités dont s'enivrent les hommes du siècle, il n'y a pas de moyen plus eflicace que de leur faire considérer souvent ce qu'ils seront bientôt, et ce que sont ceux qui, naguère, nageaient au sein des félicités mondaines. C'est pourquoi, si quelque personne de ce genre voulait s'appliquer è la piété, il flindrait lui ordonner de raire des lectures et des méditations sur ces sortes de vérités, et lui offrir quelque livre qui en traite spécialement. Car la véritable lumière nelairt point pour son esprit, si d'abord on n'en chasse cette vaine fumée. VL La vanité des femmes consiste ordinairement k vouloir paraître en public éclatantesde beauté, ornéesde pierres précieuses, environnées d'une grande pompe, enrichies de vêtements où brillent l'or et l'argent. La source de cette faiblesse est, d'un côté, la privation de tout exercice littéraire, de tout emploi, de toute profession libérale; et, d'un autre côté, la passion de la vainc gloire, qui n'est pas moins profondément enracinée dans leur cœur que dans l'esprit des hommes. De Ik, ne pouvant nourrir leur passion de choses plus importaoles, elies la mettent tout entière en ces veins dehors ■d'une toilette splendide. Cependant, si elles veulent s'adonner k une véritable piété, il faut qu'elles mettent des bornes k cetje superfluité d'ornements, puisque la vraie dé-r
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