‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 124 sur 186 · ACTIONNAIRE · texte numérisé non relu

ACTIONNAIRE

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*¥Otîon et la piété solide ne peuvent s*allier i Ja ranité, ni habiter dans le raème cœur. Que le directeur donc s'efforce de faire triompher de ces obstacles leurs pénitentes, surtout celles qui se livrent à la vie spirituelle et à Teiercice des vertus. S*il peut, sans danger et sans de graves inconvénients, les faire renoncer à toute celle pompe d'ornement, à tout ce vain faste d'habillement, qu'il le fasse sans hésiter : car, de cette manière, il tranchera la racine même du mal. Mais, si la prudence le lui défend, que du moins il ramène h une juste modérattOD l'usage d'une telle pompe dans les vêtements. Qu'il exige d'elles un maintien plus humbltf^ des habitudes plus modestes, autant que leur position le permet; et surtout, si elles se couvrent d'ornements, qu'elles ne le fassent point par un vain désir de paraître, car il n'y aurait pas alors moyen de les excuser de vanKé et de péché; mais qu'en cela elles n'agissent que pour se conformer aux convenances de leur position, ou à d'autres motifs raisonnables , qui les-obligent à une toilette enrichie d'ornements.

VU. Le directeur ne doit jamais permettre que, par crainte de vaine gloire, ses pénitents omettent jamais une bonne oeuvre qui leur est convenable. Expliquons notre pensée. 11 y a des hommes qui ne parlent point, à leur directeur des inspirations et d6ft^||veurs qu'ils reçoivent de Dieu dans kL^pmm^ et qui ne lui font pas cxmnaltre lés p^^ritènces, les macérations et autres œuvrer de piété auxquelles ils se livrent, et cela sous prétexte que, en faisant connaître de telles choses, ils éprouvent un sentiment de vanité, ou bien dans la crainte qu'ils n'excitent -dans leur cœur un sentiment de cette nature. D'autres omettent la visite des églises, la fréauentation des sacrements, le service des malades dans les hôpitaux ou la pratique d'autres vertus , pour la raison que des pensées de Ttoité surgissent dans leur esprit au milléatte ees œuvres de piété. 11 faut ordonner à ces personnes de n'omettre aucun bien» en vue d'éviter la vanité. Autrement, le démon, remarquant cette crainte, pourrait les éloigner de toute bonne œuvre, en leur suggérant des pensées de vanité, tantôt d'une façoa, tantôt d'une autre. Que ces personnes dirigent leur intention vers Dieu, qu'elles protestent devant lui qu'elles agissent avec des Ans droites, et

que, sans se mettre en peine des vaines pensées d'amour-propre qu'elles éprouvent» elles persévèrent constamment dans l'exercice clés t>onnes œuvres.

VIII. Le directeur, pour mettre ses pénitents à l'abri de toute vaine ivoire, ne leur doit pas permettre, de se conduire de manière à passer auprès des autres pour des insensés, pour des imprudents, ou pour des hommes de peu de juçement. Car Dieu veut que, dans notre conduite, nous marchions avec toute sagesse et en toute droiture; et il suffit pour nous de supporter avec paix et en toute humilité les blessures laites à notre réputation, lorsque les autres conçoivent de nous une opinion mauvaise, sans que nous leur en fournissions l'occasion. Nous savons bien que plusieurs saints ont quelquefois agi de manière & se faire passer pour des insensés ; mais ils y furent portés par une inspiration particulière de l'Esprit- Saint, sans laquelle il faut s'abstenir de ces sortes de choses. Que le directeur se garde aussi d'approuver la coutume de ceux qui, pour éviter la vaine gloire, parlent mal d'eux-mêmes è tout propos, en se traitant dn pécheurs, d'imparfaits et de misérables. Premièrement , parce que sous cette affectation d'humilité se cache ordinairement quelque vanité secrète, sous l'influence de laquelle ces sortes de personnes cherchent à paraître modestes et humbles dans l'opinion qu'elles ont d'elles-mêmes, bien que, le plus souvent, la personne même ne le remarque pas. Secondement , parce que de semblables accusations, quand même elles partiraient d'un cœur sincère, ne sont point ordinairement admises par celui qui les entend, mais sont plutôt accueillies par des flots de louanges ; en sorte que l'on s'expose à la vaine çioire par les moyens mêmes qu'on emploie à 1 éviter.

C'est pourquoi il vaut bien mieux que l'homme porte dans son esprit et dans son cœur une connaissance proionde et véritable de luimême et de ses misères, en vertu de laquelle il se méprise au fond de son Ame ; qu'il renvoie sincèrement à Dieu la gloire de tout ce qu'il y a de bien en lui, et qu'il soil toujours disposé à admettre de la bouche des autres le reproche de ses défauts et de ses imperfections. En un mot, que le directeur apprenne à ses pénitents à ne jamais parler d eux-mêmes ni en bien ni en maL

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IDIOT ou le Savant idiot, auteur que Ton a souvent cité ainsi , avant que Je P. Théo-

Î>hile Raynaud eût découvert que Raymond ordan, prévôt d'Uzès en 1381, puis abbé de Celles au diocèse de Bourges, est le véritable auteur des ouvrages qui se trouvent dans la bibliotkèaut des Pères^ sous le nom d'/dîol. Raynaud les a publiés à Paris, i65i, in-^\ Celte collection contient : 1** six livres

de Méditations ; — 2* Un Traite ae (a B. Y, Marie: — S" Un Traité de la vie religieuse; — k"* L'Œil mystique.

IGNACE DB LOYOLA (Saint), né au château de ce nom en Biscaye, lan 1^91, de parents nobles, fut d'abord page de Ferdinand V. 11 porta ensuite les armes et se trouva au siège de Pampelune, en 1521. H y fut blessé d'un boulet de canon h !a jambe;

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ety pendant sa convalescence, il eut occasion de lire une Vie des saints. Cette lecture le Gt réfléchir, et lui inspira le généreux dessein de quitter le monde pour se consapcrer à Dieu. Il se livra d*abord à toutes les rfgoeiirs de la pénitence, dans une grotte solitaire où il s était retiré , et partit ensuite pour la Terre Sainte, où il arriva en 1523. De retour en Europe, il étudia, quoique Agé de trentetrois ans, dans les universités orEspagne. 11 passa à Paris en 1528^ pour y recommencer €es humanités au collège de Montaigu. Ce fut dans cette ville qu*iT s'associa quelques condisciples , et , entre autres , saint Fran« çois Xavier (Voy. eenom)^ pour rétablisse* ment de Tordre des Jésuites, en 153^. Le saint fondateur de cet ordre si distingué mourut le 31 juillet 1556,. âgé de soiianlecinq ans. Il a laissé : 1* Des Exercices spi-rituels, 16U, in-fol.; — 3» Des Constitutions. Ces deux livres, destinés par Tauteur à siis disciples, sont également célèbres. Ils ont été traduits dans toutes les langues de TEurope. La Vie de saint Ignace a été écrite par le P. Maffei et le P. Bouhours.

Ses Constitutions et ses Exercices spîrttuels. — Nous ne pouvons mieux connaître Tesprit, le but et Tensemble des Constitutions de saint Ignace, qu'en consultant la bulle de Paul IIÏ qui nous en donne le résumé QJèle, tracé par le saint fondateur luimême :

« Quiconque voudra , sous l'étendard do de la croix, porter les armes pour Dieu, dit saint Ignace, et servir le seul Seigneur et le Pontife romain, son vicaire sur la terre, dans notre Société, que nous désirons dtre appelée la Compagnie de Jésus , après y avoir fait vœu solennel de chasteté, doit se proposer de faire partie d'une Société

firincipalement instituée pour travailler à 'avancement des âmes dans la vie et la doctrine chrétiennes, et à la propagation de la foi, par des prédications publiques, et le minisfère de la parole de Dieu, par des exercices spirituels et des œuvres de charité , notamment en faisant le cathéchisme aux enfants , et à ceux qui ne sont pas instruits du ehristjanisme, et en entendant les confessions des fidèles pour leur consolation Spirituelle. Il doit aussi faire en sorte d'à-, voir toujours devant les yeux : premièrement Dieu, et ensuite la forme de cet institut qu*il a embrassé. C'est une voie qui mène è lui , et il doit employer tous ses efforts pour atteindre à ce but (|ue Dieu môme lui propose, selon toutefois la mesure de la ^ràce qu'il a reçue de l'Esprit- Sainl, et suivant le degré propre de sa vo« cation, de crainte que quelqu'un ne se laisse emporter h un zèle qui ne serait pa& selon la science. C'est le général ou prélat que nous choisirons qui décidera de ce degré propre à chacun, ainsi que des emplois, lesi|uel$ seront tous dans sa main, aQn que ) ordre convenable, si nécessaire dans toute communauté bien réglée, soit Observé. Ce général aura rautorité de faire des consti-

tutions conformes à la fin de Tlnsfitùt , du consentement de ceux qui lui seront associés, et dans un conseil où tout sera décidé k la pluralité des suffrages. Dans les choses importantes et qui devront subsister à l'avenir, ce conseil sera la majeure partie do la Société, que le général pourra rassembler commodément ; et, pour les choses légères et momentanées, tous ceux qui se trouveront dans le lieu de la résidence du général. Quant au droit de commander, il appartiendra entièrement au général. Que tous les membres de la Compagnie sachent donc, et qu'ils se le rappellent, non^seuloment dans les premiers temps de leur profession, mais tous les jours de leur vie, que toute cette Compagnie et tous ceux qui la composent comoattent pour Dieu sous les ordres de notre très-saint seigneur le Pape et des autres Pontifes romains, sos successeurs. Et, quoique nous ayons appris da l'Evangile et de la foi orthodoxe, et que nous lassions profession de croire fermement que tous les fldèles do Jésus-Christ sont soumis au Pontife romain comnie à leur chef et au vicaire de Jésus -Christ, cependant, afln que Thumilité de notre Société soit encore plus grande, et que le détachement de chacun de nous et l'obligation de nos volontés soient plus parfaits, nous avons cru qu'il serait fort utile, outre ce lien commun à tous les fldèles, de nous engager encore par un vœu partieulfePi en sorte que, aueique chose que le Sbnfife romain actuel et ses succes^seurs iâo^s eofsmandent, concernant le progrès déi âmes et la propagation de la foi , nous soyons obligés de l'exécuter à l'instant sans tergiverser ni nous excuser, en quelque pavs qu'ils puissent nous envoyer, soit chez les Turcs ou tous autres infidèles , môme dans les Indes, çoit vers les hérétiques et les schismatiques, ou vers les fldèles quelconques.

« Ainsi donc, que ceux qui voudront se Joindre à nous examinent oien, avant de se charger de ce fardeau, s'ils ont assez de fonds spirituel pour pouvoir, suivant le conseil du Seigneur, achever cette tour; c'est-à-dire si i'Esprit-Stint qui les pousse leur promet assez dé grâces pour qu'ils puissent espérer de porter, avec son aide» le

froids de cette vocation; et quand, par 'inspiration du Seigneur, ils se seront enrôlés dans celte milice de Jésus-Christ, il faut que, jour et nuit, les reins ceints, ils soient toujours prêts à s'acquitter de cette dette immense. Hais, afln que nous ne puissions ni briguer ces missions dans les différents pays, ni les refuser, tous et cha-^ cun de nous s'obligeront de ne jamais faire h cet égard, ni directement» m indirectement, aucune sollicitation auprès du Pape» mais de s'abandonner entièrement lè-dessus à la volonté de Dieu, du Pape, comme son vicaire et son général. Le général promettra lui-même, comme les autres^ de ne point solliciter le Pape pour la destination el mission de sa propre personne dans un endroit ululât que dans un autre, àjuooins

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que ce ne soit du conseùtemeat de la Société.

a Tous feront yo^ d'obéir au général en tout ce qui concerne robservation de notre rè^ie, et le général prescrira les choses qu^il saura convenir à la fin que Dieu et la Société ont eue en vue. Dans l'exercice de sa charge» qu*il se souvienne tom'ours de la bonté, de la douceur et de la charité de Jésus-Christ, ainsi que des paroles si humbles de saint Pierre et de saint Paul ; et iiue lui. et son conseil ne s'écartent jamais de cette règle. Sur toutes choses, qu*i]s aient k cœur Tinstruction des enfants et des ignorants dians la connaissance de la doctrine chrétienne, des dix commandeiiicnts et autres semblables éléments, selon u'il conviendra, eu égard aux circonstances es personnes, des lieux et des temps. Car il est très-nécessaire que le général et son conseil veillent sur cet article avec beaucoup d'altention» soit parce qu'il Q*est pas pos* sible d*élever sans fondements l'édifice de la foi chez le prochain autant qu'il est convenable, soit parce qu'il esta craindre qu'il n'arrive parmi nous que, à proportion que l'on sera plus savant, 1 on ne se refuse à cette fonction comme étant moins belle et moins briltante, quoiqu'il n'y en ait pourtant point de plus utile, ni au prochain pour son édification, niÀ nous-mêmes pour nom Morcer à la charité et è l'humililé. A régnil'^^Jbs inférieurs, tant à cause des gmïi}9: mihtages qui reviennent de l'ordre (}tMi;^^tiiftr la pratique assidue de l'humilité, qùiÎM itne vertu que Ton ne peut assez louer, ils seront tenus d'obéir toujours au général dans toutes les choses qui regardent rinstitution, et dans sa personne ils croiront voir Jésus-Christ comme s'il était présent, et l'y révéreront autant qu'il est convenable.

« Mais comme l'expérience nous a appris que la vf e la plus pure» la plus agréable et la plus édifiante pour le prochain, est celle axit est la plus éloignée de ta contagion de 1 avarice et la plus conforme à la pauvreté évangélique, et sachant aussi que Notre- Seigneur Jésus-Christ fournira ce qui est nécessaire pour la vie et le vêtement à ses serviteurs qui ne chercheront que le royaume de bleu, nous voulons que tous les nôtres et chacun d'eux fassent vœu dé pauvreté perpétuelle, leur déclarant qu'ils ne peuvent acquérir ni en particulier, ni roému en commun pour l'entretien ou usage de la société, aucun droit civil è des biens immeubles ou à des*rentes et revenus quelconques; mais qu'ils doivent se contenter de l'usage de ce- qu'on leur donnera pour se procurer le nécessaire. Néanmoins ils pourront avoir, dans les universités des collèges possédant des revenus, cens et fonds applicables h l'usage et au«bcsoin des étudiants, le général et la société conservant toute administration et surintendance sur lesdils biens et sur lesdits étudiants, à l'égard des

choix, refas, réception et exclusion des périeurs et des étudiants, et pour les règlements touchant l'instruction, l'édification et la correction desdits étudiants, la manière de les nourrir et de les vêtir, et tout autre objet d'administration et de régime, de manière pourtant que ni les étudiants ne puissent abuser desdits biens, ni la Société elle-même les convertir k son usage, mais seulement les faire subvenir aux besoins des étudiants. Et lesdits étudiants, lorsau*on se sera assuré de leurs progrès dans la piété et dans la science, et après une épreuve suffisante, pourront être admis dans notre Compagnie, dont tous les membres qui seront dans tous les ordres sacrés, bien qu'ils n'aient ni bénéfices, ni revenus ecclésiastiques, seront tenus de dire l'oOice divin selon le rite de l'Eçlise, en particulier cependant, et non point en commun.

« Telle est Timage que nous avons pu tracer de notre profession sous le bon plaisir de notre seigneur Paul et du siège apostolique. Ce que nous avons fait dans la vue d instruire par cet écrit sommaire et ceux qui sinforment à présent de notre institut, et ceux qui nous succéderont k l'avenir, s'il arrive que, par la volonté de Dieu, nous ayons jamais aes imitateurs dans ce genre de vie, lequel ayant de grandes et nombreuses difficultés, ainsi que nous le savons par notre propre expérience, nous avons jugé k propos d'ordonner que personne ne sera admis dans cette Compagnie qu'après avoir été longtemps éprouve avec beaucoup de soin, et que ce n'est que lorsqu'on se sera distingué dans la doctrine ou la pureté de la vie chrétienne que l'on

Êourra être reçu dans la milice de Jésushrist, k qui il plaira de favoriser nos petites entreprises pour la gloire de Dieu le Père, auquel seul soient gloire et honneur dans lès siècles 1 Ainsi soit-il (ith). »

Tel est le plan de sa Compagnie que saint Ignace présenta au Pape Paul III, qui déclare n'y avoir rien trouvé que de pieux et de saint.

Ramener k Dieu tout l'homoie et tous les hommes par l'unité de la foi, de Tespérance et la cnarité, sans distinction de grec ni de barbare, tel est le but de l'Eglise catholique, tel est le but de la Compagnie de Jésus, tel est le vœu de tout Chrétien fidèle. C'est vers ce but que tendent toutes les constitutions de saint Ignace pour sa Compagnie. Comme TEglise même, il embrasse et la vie contemplative et la vie active, toutes les sciences et toutes les bonnes œuvres.

Pour que l'action de sa Compagnie soit prompte et continue, Tautorilédu supérieur général est perpétuelle et absolue tant qu'il fait bien, mais non sans contrôle ni remède s'il fait mal.

Il est nommé par la congrégation génér raie et ne peut décliner l'élection. Sa résidence habituelle est k Rome, au centre de

(171) Tradaetion de CrétiDcau Joly, t. t*% p. Ib.

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DASCETIÇME.

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