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)a ca holioit(^t$tde Tordre. H a seul autorité pour faire des règles, il en dispense seul. Sou ofTice u'est pas de prêcher, mais de gouverner. Le général communique ses pouvoirs aux* provinciaux et aux autres supérieurs dans la mesure qui lui convient. Il -nomme à ces fonctions et à toutes les charges des maisons professes, de collèges et des noviciats, pour trois ans, et plus s*il le juge opportun. Le général approuve et désapprouve ce que les visiteurs, \es comr roissaires, les provinciaux et autres supé* rieurs ont fait en vertu de ses pouvoirs. 11 choisit les religieux qui sont nécessaires à l'administration de la Société, le procureur
Sénéralet Je secrétaire général. Il a le droit e soustraire un ou [)lusieurs membres de l'ordre k leurs supérieurs immédiats. Un membre de U Compagnie ne peut publier un ouvrage qu'après l'avoir soumis à trois examinateurs au moins, délégués par le général.
Tous les trois ans, les catalogues de chaque province lui sont envoyés. Ces catalogues indiquent l'Age de chaque sujet, la proportion de ses forces, ses talents naturels ou acquis, ses progrès dans la vertu et dans les sciences. La correspondance la plus active est recommandée entre le général et les provinciaux, afin que le premier connaisse ce qui se passa loin de lui comme 6'il était sur les lieux mêmes. Toutes les semaines, les supérieurs locaux rendent compte de l'état de leurs maisons au provincial; tous les trois mois au général.
Le général doit avoir force d'Ame et courage pour supporter les infirmités de plusieurs et entreprendre de grandes choses pour la gloire de Dieu. Lorsque ces grandes choses lui paraissent utiles, il faut qu'il y
{persévère, qiland même les puissants de a terre voudraient y mettre obstacle. Leurs prières et leurs menaces ne peuvent jamais le détourner du but que proposent la raison et l'obéissance divine. Le général doit être doué d'une profonde sagacité et d'une haute intelligence, afin de connaître aussi bien la théorie que la pratique des affaires. La science lui sera nécessaire, mais la prudence encore davantage*
Le général seul a le pouvoir, par lui ou par ses délégués, d'admettre dans les maisous t)u les collèges de la Société ceux qui paraissent aptes à son institut. 11 peut les recevoir soit à l'épreuve, soit à la profession, soit comme coadjuteurs spirituels, soit comme écoliers approuvés. Il peut aussi les renvoyer et les renvoyer à tout jamais de la Compagnie; mais pour condamner un profùs à cette peine, le général A besoin de Tassentiment du Pape. 11 applique les postulants et les profès au genre d'étude qui convient k sa prudence. Les éludes achevées, il peut les transporter d'un lieu à un autre, pour un temps déterminé ou indéterminé* Le général a pouvoir de révoquer ou do rap* peler les Pères que le souverain Pontife aurait cliargés d'une mission pour un temps indéterminé.
Le droit de créer de nouvelles provinces lui est conféré. En lui réside le pouvoir de stipuler, pour l'avantage des maisons -et collèges, tout contrat de vente, d'achat, d'emprunt, de constitutions de rentos et au* très, concernant les biens meubles et im» meubles de ces maisons ou collèges; mais il ne peut supprimer une maison déjà établie sans le concours de la congrégation gêné* raie, ni appliquer les revenus d'aucun établissement de la Compagnie à la maison professe ou k celle qu'il habite. Il a la surintendance et ie gouvernement de iou» les collèges.
C'est au général qu'il appartient de vetUer à l'observation des constitutions. 11 a aussi la faculté d'en dispenser selon les personnes, les lieux, les temps et les autres eir^ constances. H convoque la Société en con^
f;régation générale. 11 peut aussi convoquer es congrégations provinciales. Il a deux voix dans lés assemblées, et, en cas de partage, son opinion prévaut. Il faut au'il connaisse, autant que possible, le fond c/e la conscience des membres qui lui sont soumis, et principalement des provinciaux et de tous ceux qui ont des emplois dans la société.
Voilà le pouvoir du général défini par le texte même des constitutions. Voici mainte* nant les précautions que saint Ignace a prî^ ses contre l'abus possible de cette espècodp dictature. Elles se réduisent à six.
La première concerne les chosMiijaérieur res, le vêtement, la nourriture-M^wttfitenses du général. La Société peét^ùm^lM' ou diminuer ces dépeuses selcNp 'juSf lui conviendra, à elle et au général. fTftiudra
aue le général acquiesce à cette ordonnance e la Compagnie. La seconde a soin du corps et delà santé du général, afin que, dans les travaux ou dans Tes pénitences, il n'outrepasse pas la mesure de ses forces. La troisième concerne son Ame. Elle met auprès da lui un admonileur élu par la congrégation générale, et qui» avec une rjespectueuse modération, est en droit de représenter au général ce que lui ou les autres Pères auraient remarqué d'irrégulicr en sa personne ou en son gouvernement. La quatrième est pour le prémunir contre l'ambition. Si, par exemple, un roi voulait forcer le général de la Compagnie à prendre une dignité qui le contraindrait à renoncer à ses fonctions, et si le Pape y consentait ou l'ordonnait, non pas cependant sous peine de péché, le général ne pourrait accepter sans le consentement de la Société. I^ Société ne consentira jamais, à moins qu'il n'y ait contrainte mer raie de la part du Saint-Siège. La cinquième pourvoit aux cas de négligence, de vieilless^» de grave maladie, où tout espoir de guénson serait plus que douteux ; on nomme alors au général un coadjuteur ou vicaire qui remplit ses fonctions. La sixième est adoptée pour des occasions particulièreSf poar des péchés mortels devenus publics, pour l'application des revenus à ses propres dépenses ou à sa famille, pour raliènatiod des immeubles de la Sociétéi ça pour doctrîiie
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perverse. Dans ce cas» la Compaçnie, après avoir pHs et au delk toutes les informations, peut et doit le déposer, et mèmey si besoin est, le renvoyer de Tordre.
Afin de donner h Tautorité du général un autre contre-poids, Ignace institue quatre assistants qui, toinours h ses côtés, ont charge de veiller è 1 exécution des trois pre* mières précautions prises contre lui. lleur élection sera faite par ceux-là mêmes qui élisent le général. En cas de mort, ou d'at>sence prolongée , et les provinciaux n'y répugnant pas, le général en substitue un antre qui, avec Tapprobation de tous ou de laplusçrande partie, prend la place vacante. Les assistants, qui sont pris dans chacune des grandes provinces de Portugal, d'Italie, d*Bspagne, de France et d'Allemagne, sont les ministres du général ; ils ont autorité pour en devenir les juges. Le général peut suspendre un assistant. Si le général tombe dans l'un des cas prévus pour sa destitution, les assistants convoquent, malgré lui, une congrégation générale qui le dépose dans les formps. Si le mal est trop ui^ent, ils ont le droit de le défK>ser eui«mémes, après avoir recueilli, par lettres, le suffrage des provinces*
Le pouvoir du général, comme l'on voit, n*est illimité qu'autant que sa manière de souverner et sà vie sont régulières. Pour faire mieux comprendre ce point important, Içnaœ a ilécidé que les congrégations pro* Tiuditét^ assemblées tous les trois ans, de- TaiMti apaot toute délit>ération, examiner s'il fleml nécessaire de convoquer une congrégation générale. Le saint fondateur veut que les députés des provinoes, à peine arrivés k Rome, s^entendent sur cette aflhire si délicate en\lehors du général. Dans l'assemblée tenue à cet effet, chacun vote }iar écrit, afînaoe la certitude du secret protège la liberté des suffrages. Tels sont les droits et les prérogatives du général.
Quant a sa Société môme, Ignace y établît, comme dans une compagnie d'apAtres, un heureux tempérament de Ta vie active et de la vie contemplative. De la première, il prend les œuvras de charité de toutes espèces, la conversion des infldèles, la direction des consciences, le ministère de la parole, rédueation de la jeunesse, l'enseignement de la théoFogie, des belles-lettres, et l'instruction des ignorants. De la vie contemplative Û prend, dans une mesure sagement proportionnée, Toraison mentale, les examens de conscience, les exercices spirituels, les pieuses lectures, la fréquentation des sai^rements, les retrait<;s spirituelles et les pratiques de piété.
Quant aux observances religieuses, Ignace m voulut donner à la Compagnie de Jésus aucun liabit particulier. Il prit le vêtement ordinaire des prêtres séculiers, la soutane noire, Tanciei) manteau, le chapeau & larges bonis, dont le Pape et le sacré collège ont ghrdé la forme. Le logement, la nourriture, anSn tout ce qui a trait aux habitudes de la TÎe communci fut réglé dans cette mesure.
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Les macérations de la chair, dont quelques ordres mineurs ont fait la base de leur institut, le silence, la solitude, les offices du chœur, soit de jour, soit de nuit, n'entrèrent point dans son pian. Il travaillait à composer pour l'Eglise une milice toujours active, toujours prête è se porter au plus fort du danger, et non pas un corps ascétique que les abstinences ou les insomnies auraient bienlAt énervé. Il le Gt en même temps ordre Mendiant et ordre de Clercs réguliers : ordre Mendiant, pour continuer l'œuvre des apôtres; ordre de Clercs réguliers, parée que la fin de cet ordre, comme celle des prêtres ordinaires, est de travailler au salut ou prochain par l'exercice du saint ministère.
Ignace établit ensuite les conditions qu'il est indispensable de remplir afin d'être adorais dans la Société. Quiconque a porté Thabit religieux dans un autre ordre est inapte à être reçu dans la Compagnie. Celui qui s'offre pour entrer au noviciat doit à Finslant même renoncer à sa propre volonté, & sa famille et è tout ce que les hommes ont de cher sur la terre. Ignace, désirant bien faire comprendre quel était le fond de sa pensée sur le principe de Tobéissance, a accumulé, épuisé dans un seul tableau toutes les images par lesquelles les Pères de l'Eglise et les ordres antérieurs au sioti commandaient cette vertu.
Il créa six états dans la Compagnie : les novices, les frères temporels, les scholastiques ou écoliers, les coa^juteurs spirituels, les profès de trois vœux, les proies de quatre vœux.
Les novices se partagent en trois classes : novices destinés au sacerdoce, novices pour les emplois tem|>orels, et les indifférents, c'est-à-dire ceux qui entrent dans la Compagnie avec la disposition de la servir, soit comme prêtres, soit comme coa^juteurs temporels, selon que les supérieurs les.jugent capables. Les frères temporels formés sont ceux qui sont employés au service de la communauté en qualité de sacristain, de portier, de cuisinier. Après dix années d'épreuve et lorsqu'ils sont parvenus h l'âge de trente ans, on les admet aux vqmix publics^ Les scolasliques approuvés sont ceux qui, après avoir terminé leur noviciat et fait à Dieu les vœux simples de religion, continuent la carrière des épreuves, soit dans les études privées, soit dans l'enseisnement et .dans les autres emplois, jusqu'à I époque de leurs vœux solennels. Les coadju leurs spirituels formés s'appellent ainsi parce que, sans avoir encore la science ou les talents requis pour la profession des quatre vœux, on les juge propres au gouvernement des collectes et résidences, è la prédication, à l'enseignement, aux missions et à Tadmi-* nistralion. Ils ne peuvent être promus avant trente ans d'âge et dix années de religion. Les profès des trois vœux se trouvent toujours en nombre fort restreint; ce sont ceux qui, n'ayant pas toutes les qualités requises pour la proression des quatre vœux, se voient admis à la profes;)ion solennelle à
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cause (le qiieiane autre qualité ou d*un tnérile dont ronlre peut tirer parti dans un certain cercle d*idées. Leur emploi est le roême que celui des coadjuteurs spirituels. Les proies des quatre vœux composent la société dans toute l'acception du mot. Seuls ils peuvent être nommés général , assis* tant, secrétaire général ou provincial. Seuls ris ont droit dVntrée dans les congrégations qui ont charge d'élire le général et les assistants.
Quant à Tobservance dos vœux et des règles, à la manière de vivre», il nV a au-> cune diiTérence entre ces divers degrés. Dans les soins du corps, dans le vêtement, dans la nourriture, dans le logement, tout est basé sur le système de la plus parfaite égalité, depuis le général jusqu'au dernier Frère novice. La Compagnie, ne pouvant et ne devant qu'éprouver les écoliers, ne s'oblige envers eux que sous condition ; mais eux s'obligent envers elle. Ils promettent de vivre, de mourir en observant les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Ils s'obligent même à accepter le degré que, par la suite, les supérieursjugeraient être le plus en rapport avec leur ca^ ractère ou leurs talents. Les écoliers deviennent religieux par ce triple vœu, dont, dans des occasions sagement déterminées, le général ou la con^rogation a le droit de dispenser. La propriété de leurs biens leur est laissée : ils ne peuvent cependant pas en jouir ou en disposer sans l'agrément des supérieurs. S'ils veulent, avant de faire profession, donner à la Société tout ou une partie de leurs bfens, les constitutions leur en laissent la faculté, mais elles ne leur en font ni une obligation ni un devoir. Le temps d'épreuves fixé est de quinze h dixbuit ans. Ils ne s'engagent par les vœux qu'à rage de trente-trois ans, Tâge où mourut Jésus-Christ. Malgré la diversité des climats et la différence des caractères nationaux, tous doivent se soumettre au genre de vie prescrit par les constitutions.
Les profès sont obligés à la pauvreté ta plus entière. Leurs maisons ne doivent rien posséder, et ils s'obligent même, par un vœu particulier, à ne jamais consentir à une modification de ce vœu, à moins qu'on ne
I'uge à propos d'étendre davantage sa rigueur. 1 est ordonné à tous de ne briguer ou de ne convoiter aucune charge dans la Compagnie. Le profès s'oblige à n'accepter aucune frélature, aucun honneur. Il ne doit jamais «ispirer aux dignités ecclésiastiques, jamais les poursuivre, soit directement, soit indi- Toctement. Il ne |>eul mêmn en être revêtu
aue lorsque le Pape l'y contraint sous peine e()écbé mortel. C'était le meilleur moyen de fermer la porte aux ambitions, et de conserver h l'ordre des membres distingués. Les profès remplissent toutes les intentions pour lesquelles Ignace créa la Compagnie de Jésus-Lhrist. Ils enseignent, ils prêchent, ils dirigent. Pour ces fonctions, ils ne doi- Tent toucher aucun argent sous forme de «alaire ou de récompense ; il ne lour est
permis de recevoir que comme aumône.
Voilà généralement ce qu'il y a de particulière la Compagnie de Jésus. Saint Ignace y ajoute beaucoup d'autres dispositions, mais communes à toutes les constitutions monastiques. La Compagnie de Jésus, ap- : prouvée d'abord par le pape Paul III, le fut ^. ensuite par Jules III, Paul IV, Pie IV, saint Pi« V, Grégoire. XIII, Sixte^Juint, Grégoire XIV, et notamment par le concile œcuménique de Trente, qui, commePaul III, déclara cet Institut saint et pieux.
La Compagnie de Jésus, avec ses constitutions générales, a pour but de convertir à Dieu tous les hommes ; les exercices spirituels, en particulier, ont (>our but de convertir à Dieu tout l'homme.
C'est pour retirer ou préserver de la voie de perdition et d*autres semblables, et conduire sûrement à Dieu, que saint Ignace organise ses exercices spirituels. Ils embrassent quatre semaines ; mais on peut les faire en plus ou moins de temps. La première semaine s'occupe de la fin de l'homme et du péché, qui en est le seul obstacle : les trois autres semaines s'occupent de la vie . de Jésus-Christ, le modèle de l'homme nouveau et le maître qu'il faut servir. Dans ces diverses méditations, toutes les facultés de l'homme sont employées pour le bien pénétrer do la vérité qu'il médite : la )n)émoire, l'intelligence, la volonté, la parole ou prière vocale, les sens même du corps qu'on applique intellectuellement au sujet m la méditation I on y consacre certaines beares de la nuit et du jour; dans les intervalles sont des examens de conscience pour bien connaître ses péchés, leurs causes, les remèdes, faire une bonne confession, recevoir dignement la sainte Eucharistie : ce sont des examens particuliers sur un défaut k corriger, une vertu à acquérir, des considérations sur le choix d'un état pour sauver son âme.
Le saint ajoute, entre autres choses, que celui qui veut faire, les exercices doit les commencer avec un fort çrand courage, ré-« solu de s'abandonner entièrement au Sainte Esprit, et tout prêt k aller où la voix du ciel l'appellera; qu^étant ainsi disposé à l'entrée de la retraite, il doit non-seulement oublier pour un temps toutes les affairea du monde, mais encore ne s'appliquer qu'aux méditations de chaque jour, sans penser en aucune façon à celles du lende-* main; qu'il ne sufiit pas que ses lectures soient bonnes et saintes, mais qu'elles doivent être conformes au sujet de ses méditations, de^ peur que l'esprit, étant dissipé à divers objets, n'ait moins de force pour pénétrer les vérités dont on se propose de le convaincre; que le vivre, la solitude, le silence, les austérités doivent se rapporter à , la matière des oraisons de chaque semaine, autant que la prudence le demande; que, s'il sent de la dévotion sur un article, qu'il ne passe point à un autre jusqu'à ce que sa piété soit pleinement satisfaite; que, s'il tombe dans la sécheresse et le dégoût, bien loin du retrancher quelque chose du temps
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destiné è roraison, il la fasse un peu plus loD^e pour oorohaltre son ennui et pour se vaincre lui-même, en attendant dans le silence et avec humilité la visite du Saintr Esprit; que si, au contraire, il reçoit abondamment des consolations et des douceurs spirituelles, il se donne bien de garde de faire aucun vœu, surtout un vœu perpétuel et qui oblige à changer d*état ; enfin, qu'il s*ouvre à celui qui le dirige dans les exercices, et quMI lui rende un compte exact de tout ce qui se passe en son intérieur, afin
3ue le directeur traite le pénitent selon ses ispositions et ses besoins, et qu*il ne donne ni trop de crainte à une âme pusillanime, ni trop de confiance à une âme présomptueuse, de peur aussi que d*abord il ne porto è la plus naule perfection un pécheur qui n'est pas encore détaché du vice.
Saint Ignace donne aussi des règles pour le discernement des esprils. En voici les principales : 1* C'est le propre de Dieu et de tout bon ange de répandre une véritable joie spirituelle dans Tâme qu'il touche, et d'ôter toute tristesse et toute perturbation ingérées par le démon ; tandis que celui-ci, au contraire, par certains arguments sophistiques qui présentent une apparence do vrai, a coutume d'attaquer cette joie qu'il trouve dans l'âme. 3" Il est de Dieu seul de consoler une âme, sans aucune cause précSdente de consolation ; car c'est le propre du Créateur d'entrer dans sa créature et de la convertir, attirer et changer tout entière en son amour. Nous disons au'aucune cause ne consolation ne précède lorsque rien ne s*est offert & nos sens, à notre esprit, à notre volonté, qui puisse produire par soi-même cette consolation. 3* Lorsqu'il y a une cause précédente de consolation, l'auteur en peut être tant le mauvais ange q^iie le bon, mais ils tendent à des fins contraires : le bon, pour que l'âme profite de plus en plus dans la connaissance et la pratique du bien ; le mauvais, au contraire, pour qu'elle agisse mal et se perde. 4* C'est l'habitude de l'esprit malin, se transfigurant en ange de lumières et connaissant les pieux désirs de Tâme, de les seconder d'abord pour l'attirer bientôt de là & s^ désirs mauvais. Car, dans le commencement, il feint de suivre et de favoriser les bonnes et saintes pensées de l'homme, et ensuite il l'entraîne peu k peu et Tenlace dans les pièges caches de ses tromperies. 5" Il faut examiner soigneuse* ment nos pensées sur le principe, le milieu et la fin; si ces trois choses sont bien, c'est une preuve que c'est le bon ange qui a suggéré ces pensées; mais si. dans le cours de ces pensées de l'esprit, il s'offre ou s'ensuit uuelque chose de mauvais en soi, ou qui uétourne du bien, ou qui pousse à un moindre bien que l'âme ne s était proposé, ou qui fatigue Tâme même, Tinquiète et la trouble, en lui étant le repos, la paix et la Irafiquillité dont elle jouissait auparavant, c'est une marque évidente que l'auteur de cette pensée est l'esprit malin, comme étant toujours oi)i)Oijé à ce (jui nou$ cal ulUe.
Aprèç ces règles sur le discernement dea esprits, en viennent quelques autres pour être toujours d'accord avec TEglise orthodoxe. 1* Renonçant è son propre jugemeni,. être toujours prêt à obéir à la vraie épouse du Christ et notre sainte Mère, qui est relise orthodoxe, catholique et iiiérarchique. 2* Louer la confession faite au prêtre et Ja communion au moins annuelle ; car il est plus louable de communier chaque huit jours ou du moins chaque mois, mais avec les dispositions requises. 3° Recommander aux fidèles d'entendre fréquemment et dévotement le sacrifice de la messe, également les chants ecclésiastiques, les psaumes et les longues prières qu'on récite soit dans les églises ou dehors; approuver les temps déterminés pourlesoflicesdiviuset les prières quelconques, comme les heures canoniales* 4* Louer beaucoup l'état religieux, et préférer le célit)at ou la virginité au mariage. 5* Approuver dans les religieux les veaux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, avec les autres œuvres de perfection et de surérogation. 6** Louer les reliques^ la véné^ ration et l'invocation des saints ; t/em, les stations, les pèlerinages, les indulgences, les jubilés, les cierges allumés dans les églises et les autres pratiques qui aident à la piété et à la dévotion. 7* Relever l'usage de l'abstinence et des jeûnes, au Carême, Quatre-Temps, Vigiles, vendredi, samedi, et des autres qu'on s'impose par dévotion; iVem, les afiliclions volontaires ^ue nous appelons pénitences, non-seulement les in« térieures, mais encore les extérieures.
8* Louer que l'on construise des églises, qu'on les orne et que l'on vénère les images à cause de ce qu'elles représentent. 9" Confirmer souverainement tous les préceptes de l'Ë^lise, ne les attaquer d*aucune manière, mais les défendre proniptement par toutes sortes de raisons. 10** soutenir soigneusement les décrets, mandements, traditions, rites et mœurs des Pères et des supérieurs.. S'il y a quelque chose à reprendre, prier eu particulier ceux qui eu ont le pouvoir d'y porter remède. 11"* Estimer beaucoup la théologie, tant la positive que la scholastique. Car, comme les anciens docteurs ont eu pour but de porter à l'amour et au culte de Dieu, ainsi saiut Thomas, saint Bonaventure, le Maître des sentences et les autres théologiens modernes se sont spécialement proposé d'exposer plus exactement les dogmes nécessaires au salut, et de les définir, comme.il convenait en leur temps, et depuis, pour réfuter les erreurs des hérésies. Car ces docteurs venus plus tard, non-seulement ont l'intelligence des saintes Ecritures et sont aidés par les écrits des anciens auteurs, mais encore, avec l'influence de la lumière divine, ils profitent heureusement pour notre salut des canons et des décrets des conciles, ainsi que des diverses constitutions de la sainte Eglise. 12* Eviter de comparer les vivants avec les saints du ciel. 13* Se soumettre promptement à la décision de TEglisc; car il kvui croire d'u^e manière indu-
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