‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 126 sur 186 · D*AS€ET1SME · texte numérisé non relu

D*AS€ET1SME

IGN

bitable que c*est le mèm« esprit de Notre- Seigneur et de TEglise, son épouse, qui nous gouverne et nous dirige vers le salut, et que ce n*est pas un autre Dieu qui donna auirefois les dix conimandementa, et qui« niaintenaat, înstnûi et dirige la biérarchte de l'Eglise. U" Etre très-circonspect en parlant de la prédestination. 15" En parler peu souvent. 16** Louer la foi, mais sans donner lieu è négliger les bonnes œuvres. 17* Prêcher la grâce, mais sans donner lieu de croire qu'il n'y a pas de libre arbitre. 18* Encore qu'il soit souverainement louable et utile de servir Dieu par dilection pure, il faut cependant recommander la crainte de Dieu, non-seulement la crainte filiale, ijais encore cette autre qu'on appelle servile; car souvent elle nous est nécessaire pour nous faire sortir promptement du péclié mortel et nous disposer & la crainte filiale, qui nous condjiit à l'amour de Dieu et nous y conserve (175).

Ces règles sont assurément très-sages, et trouvent encore leur application de nos jours. Il en est de même des règles concernant les sciences et les études, et qui se trouvent partie dans les constitutions primitives de Ta Société, partie dans des ordonnances subséquentes. En voici le fond et l'ensemble :

La fin de l'homme est de connaître Dieu, de l'aimer, de le servir, et, par ce moyen, obtenir la vie éternelle. La fia de la Compagnie de Jésu8,comme de l'Eglise catholique, est de faire connaître Dieu, le faire aimer et servir. Donc la science qui s'occupe directement de connaître et faire connaître Dieu, c'est-à-dire la théologie, tientnécessairement le premier rang, et toutes les autres doivent y aider (176). La théologie est la science de Dieu et des choses divines; elle peut se diviser en théologie naturelle, science de Dieu et des choses diTines par les lumières de la nature, et théologie surnaturelle, science de Dieu et des choses divines par les lumières de la foi ou de la révélation (177). Elle se subdivise en théologie positive ou oratoire, explication des choses divines sans argumentation en fonlie ; théologie scholastique ou propre k l'enseignement dans les écoles, sciences des choses divines par voie d'argumentations démonstratives et formelles.

Le professeur de théologie scholastique saura au'it est de son devoir d'unir tellement une solide subtilité dans la dispute avec la foi et la piété, que celle-là serve à celle-ci. Les professeurs de la Compagnie suivront absolument la doctrine de saint Thomas; ils le regarderont comme leur docteur propre, et mettront tout en œuvre pour que leurs auditeurs s'y affectionnent. Cependant ils ne se croiront pas astreints à saint Thomas de telle sorte qu'il ne leur soit jamais permis de s'en écarter en rien, puisque ceux mêmes

(175) InêtUui. Soçiet, Jnu, 1. ii ; Pragae, p. 304.

(176) Coiuiit, cum dedarat.^ pars, iv, c. 12, t. I, p. 249.

(177) Voir Breviarium theologkum de Solmam. ;

qui s'appellent thomistes ne s'y croient pas obligés. Ainsi , sur la conception de la sainte Vierge, on suivra l'opinion la plus commune en ce temps «t la plus reçue parmi les théolc^ens. Déplus, dans les questioDs purement philosopniques , ou même qui tiennent aui Ecritures et aux canons, on pourra suivre ceux qui ont traité ces matières plus ex-profe$$o. Lorsque le sentiment de saint Thomas est ambigu, ou qu'il s*agit de questions qu'il n'a peut-être pas traitées et sur quoi les docteurs catholiques ne sont pas d'accord, on pourra suivre I un ou l'autre parti. Dans l'enseignement, on aura surtout soin d'affermir et de nourrir la piété. C'est pourquoi, dans les questions que saint Thomas ne traite point ex-profenOf Âul n'enseignera rien qui ne s'accorde avec les sentiments de l'Eglise et avec les traditions reçues ou qui ébranle de quelque manière une solide piété. Le cours de théologie s'achèvera dans quatre ans (178). Quant à la philosophie-, voici les pnncipales règles. Comme les sciences naturelles disposent l'esprit à la théologie, qu'elles servent à en acquérir une parfaite connaissance et à en faire un bon usaçe, et que de soi elles aident à la même tin, le professeur, cherchant en tout la gloire de Dieu, les traitera de manière à préparer ses auditeurs à la théologie, et surtout a les exciter à la connaissance de leur Créateur. Dans les choses de quelque importance, il ne s'éloignera pas d'Aristote, à moins qu'il ne s'agisse d'un article qui s'écarte de la doctrine approuvée par toutes les académies; à plus forte raison s*]l répugne à la foi orthodoxe, contre laquelle, s'il se trouve quel(|ues arguments soit dans ce philosophe» soit dans tout autre, le (Professeur le réfutera vigoureusement , suivant que l'ordonne le concile de Latran. Les interprètes d'Aristote qui ont mal mérité de la religion chrétienne, comme Averrhoès, on ne les lira ni ne les citera sans beaucoup de choix et de précaution ; on ne se déclarera

f»our aucune de leurs sectes; on ne dissimuera aucune de leurs erreurs, mais on en d'éprimera d'autant plus vivement leur autorité. Au contraire, jamais on ne parlera qu'honorablement de saint Thomas; on le suivra volontiers ouand il faudra, et on ne l'abandonnera qu avec respect lorsque son sentiment ne paraîtra pas juste. Le cours de philosophie durera trois années. La première, on s'occupera de la logique et des autres livres d'Aristote qui s'y rapportent; la seconde, des physiques; la troisième, des métaphysiques. Dans ]i^ métaphysique, on passera les questions de Dieu et des intelligences, qui dépendent entièrement ou en S;rande partie des vérités transmises par la 6i divine (179)^

Cette règle dernière mérite attention. La compagnie de Jésus craignait, non sans rai-

Paris. 1682.

(178) Hatio studiorum.

(179) Ratio sludiorum.

iXCTIOfWÂiRE

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son, que la philosophie sécularisée n'usurpât un jour renseignemcnl de là Ihéologie sous le nom de métaphyslquey ou même quelque nom plus nouveau.

IGNACE (Saint), disciple de saint Pierre et de saint Jean , surnommé Théodore Ait ordonné évoque d*Anliocho Tan 68, après saint Wade» successeur immédiat de saint Pierre. Rien n'égala l'ardeur de sa charité, la vivacité de sa foi et la profondeur de son humilité. Entendant les lions qui« pressés de la faim, rugissaient après leur proie : Je suis, dit-il, le froment de Jésus- Lhrist, (pour être moulu par les dents des bétes et devenir un pain pur.

On a de lui sept épitrcs qui sont nonseulement un monument de la foi et de la discipline de la primitive Eglise, mais aussi un chaleurcui appel à une vie parfaite, au mépris des choses terrestres et au pur amour de Dieu.

JLLUMINATlVE(VoiE). — Voy. Voies db L4 PERFECTION. —Il y 8, scloif les mystiques, deux raisons d'appeler celte voie t7/ummative. La première est que, par elle, l'homme, purifié des vices et du péché, et devenu capable de comprendre les attractions divines, selon ces paroles : Bienheureux ceux gut ont le cœur pur^ parce quHls verront Dieu, est plus fréouemment éclairé de Dim et commence des lors à marcher «u grand jour des vertus et des bonnes œuvres, suivant ainsi ce conseil de l'Apôtre : La nuit (du péché) est déjà fort avancée, et te jour (ou le moment de bien agir) s'approche. Quittons donc les œuvres de ténèbres, et marchons avec honméteté^ comme on doit marcher durant le jour [Rom. xiir, 12 et 13). La seconde est que riiomme gui est entré dans cette voie, atin de pouvoir exercer les vertus chrétiennes avec plus de facilité et de perfection, et vaincre courageusement toutes les tentations etles difficultés quise présentent, doitsurtout se proposer d'imiter Jésus-Christ, la vraie lumière, oui éclaire tout homme venant en ce monde f l'image la plus parfaite de toute vertu et de toute sainteté; de sorte qu'éclairé par Celui qui a dit de Iui-m6me : Je tuis la voiSf la vérité et la vie personne ne vient à mon Père que par moi [Joan. iiv), il se f>erfeetionne de puis en plus dans la perfection chrétienne.

De cette di^tinition delavoteilluminative, il résulte qu'elle embrasse :1* le soin avec lequel on doit s'attacher à progresser de plus en plus dans la perfection chrétienne; w la méditation et l'imitation de la vie et de la passion de Jésu^^Christ et de la bienheureuse vierge Marie; 2r l'exercice des vertus chrétiennes; 4** la victoire des tentations et des autres difficultés que nous avons à surmonter en cette voie; 5** Tusagede la ssaifite J^ucharistie comme le moyen le plus efficace pour s'avaucer dans la perfection.

Chacune de ces parties forme la matière d'un article spécial auquel nous renvoyons.

IVoir les mots : Progrès dans la perfection, MlTAtlON DB JÉSUS-CtfRIST, lMITATIO!<f DB

Marie, Vertu Tcntatiom Eugu4RISTiis.

1/ Aphorismes de la voie illwninative ou de ceux qui professent dans la voie $pirituelle. — 1. Remplir lesofaKgatioos de son état, c'est prendre le chemin direc(<le la perfertioR.

2. Prier, c'est agir; car les œuvres, ot non les paroles des lèvres, sont des signes véritables d'amour.

3. Donner beaucoup de temps è la prière et négliger ses devoirs, est une illusion plu* tôt qu'une prière.

k. C'est une prière sujette à l'erreur que celle qui aspire à la perfection sans la pratique de la vertu.

5. La violence de toute passion est le poison de la prière. Toute passion forte excite beaucoup de trouble dans l'esprit.

'6. Pour vaincre une passion invétérée, it ne suffit pas d'armer sa raison.

7. L'esfirit d'oraison se perd aussi bien par une passion bonne que par une passion mauvaise.

8. Une passion désordonnée est un assez lourd fardeau, sans qu'il soit besoin d'autre croix.

9. Telle a été la mortification, telle sera ordinairement la prière.

10. Où régnent la vanité et l'ambition, ne peuvent résider en même temps la sainteté et la prière.

11. Celui qui est doué d'une vive lumière se réjouira avec amour d'avoir Jésus pour guide, et n'aura pas de répugnance à porter sa croix.

12. C'est en vain que fuit la croix celui qui veut sérieusement avoir Jésus pour guide.

13. Les délices terrestres sont un obstacle aux faveurs du ciel.

14. L'Ame qui ne se purifie pas souvent par la pénitence n'est pas loin de perdre l'orai-' son et même sa conscience.

15. Si nous exécutons après la prière les résolutions aue nous avons prises, c'est une preuve qu'elle a été fervente et faite avec pureté d intention.

16. Celui qui veut, comme il y est obligé, faire une bonne prière, doit garder le si<* lence, fuir le bruit et chercher dans un cola le recueillement.

17. Quand on est bien pénétré de la présence de l>ieu, on reste habituellement modeste, honnête et silencieux.

18. La sécheresse, supportée avec con« stance et résignation, est habituellement le prélude d'une oraison féconde en délices.

19. La persévérance dans l'oraison , maU gré la sécneresse, est la marque d'une grande force et d'une sainteté solide.

20. Les vêtements précieux et les mels recherchés sont , dans un religieux, une marque qu'il aime les choses du siècle.

21. Une cellule remplie de curiosités et meublée avec richesse est contraire à la pauvreté religieuse; c'est le propre des personnes adonnées au luxe et à la mollesse.

92. Une sainteté qui fait beaucoup de bruit est ordinairement dangereuse; et si elle est miraculeuse sans fondement, on aura bon droit de la tenir pour suspecte.

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