‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 142 sur 186 · VII. Si au contraire le pénitent se voit · texte numérisé non relu

VII. Si au contraire le pénitent se voit

{)lein d'aridités et dépourvu de toute consoation, le directeur doit rechercher la source d'où viennent de telles sécheresses; Or, selon Cassien , ellçs peuvent venir de trois sources: ou de notre négligence , ou de la malveillance du démou, ou bien delà

Eart de Dieu, pour nous éprouver. Et d'à-' ord, à l'égaru de la première de ces trois sources d'oi^ proviennent nos aridités, que le directeur examine si cette obscurité de l'Ame et cette sécheresse de sentiments sont le résultat de fautes et de défauts considérables dans lesquels une trop grande négli*

complaisance et d'orgueil : car, selon saint Bemardf ce dernier point est le plus sou-^ tent la cause pour laquelle Dieu nous dte la grAce sensible. « L'orgueil , dit-il, a été trouvé en moi, et le Seigneur, dans sa colère, s'est éloigné do son serviteur ; de là cette stérilité de mon Ame et ce manque de dévotion que j*éprouve.... Je suis incapable de componction et de larmes, tant est grande la dureté de mon cœur! Je suis sans goût pour la psalmodie, sans désir de la lecture; je n'aime point à prier;. j"e no trouve plus mes méditations accoutumées. Qu'est devenue cette ivresse de l'esprit? Qu'est devenue cette sérénité de l'Ame, et cette joie, et celte paix dans le Saint-Esprit?» ^Serm. 54 tu Cant.) Si donc le directeur découvre dans son péniteiîl ces sortes do défauts pour lesquels Dieu se cache, qu'il stipplitiue effica-

cement à les corriger. Et s'il trouve que la vaine complaisance et Torgueil sont la cause de cet éloignement de Dieu, qu'il donne à son pénitent, pour sujets de méditation, les vérités propres à lui procurer la connaissance claire de lui-môme; et qu'il le fasse méditer sur le même sujet, jusqu'à ce qu'il conçoive intérieurement une idée basse de lui-même, et un véritable sentiment de son néant. Pour ce qui est de la seconde source de nos sécheresses spirituelles , on doit les attribuer au démon, lorsque l'esprit du pénitent qui les éprouve est abattu par de vaines craintes, est tourmenté par des scrupules, est accablé de sentiments de déCanee, est agité par des appréhensions mal fondées, est attaqué par des tentations impures, où est troublé par d'autres agitations intérieures : car I ennemi environne l'esprit de ténèbres et trouble le cœur par ses suggestions malignes, pour empêcher celui qui médite de recevoir les tranquilles, paisibles et suaves impressions de la grAce divine. C'est pourquoi, en ces sortes de caSfil suffit d'appliquer les moyens ordinaires pour repousser les tentations du démon. Enfin, si le directeur ne remarque dans son pénitent ni lautes graves, ni vaines complaisances, ni agitations diaboliques, il faudra voir en Dieu la source des aridités spirituelles. Car le Seigneur, pour purifier une Ame, lui envoie souvent cette sécheresse accablante. Et en cela rien qui doive étonner, puisque l'Ame, au milieu de ces obscurités de 1 esprit et de cette dureté du cœur, est privée de toute consolation spirituelle, et par là s'accoutume à servir Dieu, non pas pour trouver en lui des douceurs» mais pour son seul et pur amour; en un mot, elle apprend à servir Dieu pour Dieu seul, et c'est en cela , si nous réfléchissons bien, que consiste Tamour pur et désintéressé. En outre, dans ces temps de sécheresse, l'Ame acquiert des vertus réelles et solides, si elle se montre fidèle. Car alors, l'Ame produit des actes de patience, de mortification, d'humilité, d'obéissance, etc., sans y être excitée par les mouvements d'un certain sentiment de douceur et de sensibilité que la grAce fait naître dans le cœur, mais uniquemeint par l'impulsion et sous l'influence de la vertu même : et de là naissent ces bonnes habitudes qui s'enracinent profondément dans 'Ame, et par le secours desquelles l'Ame pratique la vertu dans tous les états, dans toutes les conjonctures , aussi bien dans l'adversité que dans la prospérité. C'est pour quoi le directeur ne doit pas laisser tomber son pénitent dans l'inquiétude ou dans l'abattement, au temps des sécheresses. 11 le portera à s'humilier sous la main puissante (le Dieu, et à reconnaître au fond du cœur et sans trouble sa propre impuissance et sa misère, afin que, fortifié par la foi et par la ferme persuasion que Dieu rè^le toutes choses pour le bien de son Ame, il se conforme entièrement à sa volonté sainte, et s'offréà persévérer toute sa vie dans ces angoisses spirituelles^ si ia gloire de ]>ieu et- lu bica

D^ÂSCETISME.

Page 1