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p«rce qu'il e.<tt soumis à un travail impérieux qui ferme autour de lui toutes les Toies du désir ou de l'inconstance. La môme soumission à la puissance fait le bien-être des enfants, et la loi qui défend le divorce a moins d'inconvénients pour la paix des familles que la loi qui le permet. — Les anciens législateurs avaient reconnu cette nécessité d'imposer un joug k l'homme. Les républiques de Lycurgue et de Minos n'étaient en effet que des espèces de communautés oiï l'on était engage, en naissant, par des vœux perpétuels. Le citoyen y était engagé à une existence uniforme ou monotone. a élait assujetti è des règles fatigantes qui s'étendaient jusque sur ses repas et ses loisirs; il ne pouvait disposer des heures de sa journée, ni des Iges de sa vie : on lui demandait un sacriQce rigoureux de ses goûts, il lui fallait aimer, penser, agir d'après la loi, on lui avait retiré sa volonté pour le rendre heureux. — Le vœu perpétuel, c'està-dire la soumission A une rè^le inviolable, loin de nous plonger dans l'infortune, est donc au contraire une disposition favorable au bonheur, surtout quand ce vœu n'a d'autre but que de nous défendre conire les illusions du monde, comme dans les ordres monaitiques. Les passions ne se soulèvent
fière en nous avant notre quatrième lustre; quarante ans, elles sont déjà éteintes ou détrompées : ainsi le serment indissoluble nout prive tout au plus de quelques années de désirs, pour faire ensuite la paix de notre vie, nous arracher aux regrets ou aux remords, le reste de nos jours. Or, si voue mettez en balance les maux qui naissent des passions avec le peu de moments de joie
bien, mime dans les plus beaux instants da la jeunesse. — Supposons qu'une religieDse pût sortir de son clottre à volonté, nous demandons si elle serait heureuse. Quelque* années de retraite auraient renouvelé pour elle la face de la société. Au spectacle du inonde, si nous détournons un moment la télé, les décorations changent, les plaisin s'évanouissent; et lorsque nous repurtdot les yeux sur la scène, nous ne voyons pluti que des déserts et des acteurs ineonnus. I
« On verrait incessamment la folie dc[ notre siècle entrer par caprice dans les cou*! vents et en sortir de même. Les coeurs agi* tés ne seraient plus assez longtemps aup^ des cœurs paisibles pour prendre un peu de leur repos, et les âmes sereines auraient bientôt perdu te calme dans le commerce des âmes troublées. Au lieu de promener en silence leurs chagrins passés dans les abris du cloître, les quiheureux iraient se racontant leurs naufrages et s'excitsnt peut-être encore à braver les écueils. Femme du monde , femme de la solitude , rin&dèle épouse de Jésus-Christ ne serait propre ni à la solitude, ni au monde; ce ûux et reflux des passions, ces vœux tour à tour formés et rompus, banniraient des monastères la paix, la Subordination, la déconce ; ces retraites sacrées, loin d'olfrir un port assuré à DOS inquiétudes, ne seraient plus que des lieux oii nous viendrions pleurer un moment l'inconsiaoci; des autres, et méditer nous-mêmes des irjconstances nouvelles.
« Mais ce qui rend le vœu perpétuel de la religion bien supérieur ît l'espèce dejvœu politique du Sparliale vi du Cretois, c'est qu'il vient de nous-mêmes, ne nous est imposé par personne, et présente au cœur une compensation pour ces amours terrestres que l'on sacriGe. Il n'y a rien que de grand dans cette alliance d une Ame immortelle avec le principe éternel; ce sont deux natures qui se conviennent et qui s'unissent. Il est sublime de voir l'homme, né libre, cheN cher en vain son bonheur dans sa volonté; puis, fatigué de ne rien trouver ici-lias qui soit digne de lui, se jurer d'aimer à jamais l'Être suprême, et se créer comme Dieu, dans son propre serment, un» nécetUti. »
Hais ce n'est point ainsi que nos rationalistes contemporains comprennent la vie monastique. Peu contents d'en tlétrir les pratiques et les maximes les plus saintes, ils veulent saper l'édifice par la base, l'attaquer dans son origine en montrant la vie monastique, non plus comme une inspiration du Verbe divin, mais comme une importation étrangère, et une production naturelle du mysticisme oriental. C'est à repousser cette erreur que M. l'abbé Chassay, dans ses essais sur le mysticisme, a particulièrement consacré son talent. Voici comme il s'exprime :
■ Un grand nombre de savants avouent volontiers que l'Eglise primitive Qt de courageux efforts pour repousser l'invasion du
qu'elles vous donnent, vous verrez que le quiétisme oriental qui s'efforçait sans cesse yam perpétuel est eoeora un plus grand de pervertir l'enseignement du 3aur«ur,
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mais ils arancent ensaite oue cette résistance ne fat que momentaDee, que les circonstances devinrent au m* siècle tellement favorables qu'il fut impossible d'empêcher le mysticisme le plus extravagant d'entraîner dans de tristes aberrations les défenseurs les plus éminents du christianisme (2S1). £n effet, quand la doctrine de Jésus-Christ eut jeté en Egypte de profondes racines, le
a uiétisme oriental fit, dès les premiers temps, e perpétuelles tentatives pour la transformer. Sans doute les Chrétiens résistèrent jusqu'à un certain point à ces audacieuses innovations ; mais ils cédèrent peu à peu à l'esprit du siècle et s'approprièrent iPâSensiblement les principes ascétiques de leurs adversaires. On recommanda le célibat comme un état de plus haute perfection, on admira les pénitences et les mortifica* tions volontaires, on parla de science intuitive surnaturelle obtenue par ceux qui auraient purifié l'Ame en domptant les sens et en exténuant le corps.
« L*admiralion générale que les saints « anachorètes et cénobites excitèrent parmi « le peuple fit répandre leur genre de vie « dans le monde chrétien, et c'est ainsi que « des principes tout à fait étrangers au « christianisme de l'Evangile, comme ils le « furent plus tard à Tislamisme du Koran, « pénétrèrent dans ces deux religions et y « répandirent la vie ascétique et monasti- « que. * ( fioGHiNGER, La vte eoniemplativtf ascétique et monastique chez Us Indous, Conclusion.) ^
« Hais il s'en faut bien que le gnosticisme, qui altéra si profondément l'essence du christianisme, fût un accident isolé dans Thistoire de l'esprit humain; depuis longtemps les doctrines hindoues s'étaient répandues en Egypte, quand l'Evangile s'y élablit. Elles avaient envahi non-seulement les écoles païennes ; mais un grand nombre de Juifs, surtout les Esséniens, les avaient réalisées en adoptant la vie contemplative, avant la prédication du christianisme. Il ne faut donc pas s'étonner si, dès l'origine, les docteurs chrétiens de l'école d'Alexandrie subirent si profondément l'influence du ^ «uiétisme oriental. Clément et Origène, le (Jernier surtout, mêlèrent à l'enseignement évangélique une multitude d'éléments étrangers. Il se fit d'ailleurs, au sein des masses, un mouvement spontané qui contribua puis-
(221) C*est là ToplAîon présentée sons des fomea irès-variées par une moKiiude de raiionalistes cou* temporains. — Cf. Cousin, Histoire de la phiiesapkie au xvui* siècle, sortoui ix* leçon, et Fragments ptû^ losophiques^ il, 366.— Pauthibr, Tao-te-Kmg. cliap. u. --MiCHKLBT, Histoire de France, t. 1, 112,113. ^ Pierre Lcnoux et Jean Rbtnaud, Encyciopédie not^ velle^ articles Bonheur, Ciel, Sahu Augustin. — - Les protestants anciens et modernes partagent cette nuiniére de voir. — Cf. Mosbeih , Histoire ecclésiasth' que, n« siècle. — Bbogksr, Histoire de la philoso^ vhie, uu — JouFFEOT, Coufs de droit naturel^ iv« et v« leçons, n'a fait que les exacérer. — M. Bochinger, écrivain protestant, a suivi Mosheim et Brucker dans son livre, très-savant d^aiileurs, sur la vie contemplative et mystique clies les kidous.
samment k jeter la religion nouvelle dans des voies inconnues qu'elle avait essayé d'éviter jusqu'alors avec une prudence soupçonneuse.
. « La société romaine, fortement ébranléet croulait dans sa base; le christianisme, qui avait tentéde ressusciter ce monde condamné en y introduisant le mouvement et la charité, commençait à désespérer de son œuvre. Ce fut alors que du sein des tombeaux et des ruines qui couvrent la terre d'Egypte» du milieu des déserts de sable, s'éleva une nouvelle génération de Chrétiens, ardente et visionnaire, qui« à force d^enthousiasme et d'énergie, parvint à discréditer la doctrine des bonnes œuvres et à endormir pour des siècles la société au sein des élans d un mysticisme frénétique. Les Antoine, les Hilarion, les Pacôme, les Théodore, les Macaire, furent les organisateurs du nouvel Evangile qui renversait dans ses bases sacrées la doctrine profondément sociale, véritablement civilisatrice, que le Christ et les apôtres avaient annoncée à la terre. C'est alors que commencèrent, au sein du christianisme, des jeûnes extravagants, des mortifications effrénées, un enthousiasme sans règle pour la solitude, le célibat, la vie contemplative, enun mot pour toutes les pratiquesinventées,* dans les monastères de rlnde, par le quiétisme des brahmanes. On trouve toutes ces assertions même dans les livres élémentaires destinés à la jeunesse catholique de nos écoles.
« C'est dans l'Orient et avant le cbristia- «^nisme, dit H. Desmichel, qu'il faut cher- « cher les causes de la vie erémitique. La « même exaltation qui avait enfanté les « rêves des gnostiques donna naissance au « monachisme. Les Juifs avaient eu leurs c esséniens et leurs thérapeutes, qui vivaient «^à l'écart des autres hommes et aspiraient, «par les pratiques les plus rigoureuses, à a une perfection surhumaine.. .. Le mjsti- « cisme des premiers siècles, né de l'alliance « du pythagorisme avec la philosophie orien- « taie, et mis en honneur par Origène, fit «revivre la discipline des thérapeutes; les « persécutions de Dèce et do Dioctétien lui « donnèrent de nombreux adeptes. Dès lors, « la vie contemplative, décorée du nom de « philosophie divine, fut embrassée avec « ardeur par une foule de Chrétiens exaltés « ou ousillanimes (332). »
(23i] DisviCBBLS, Altlotr» générale du mogen àgt^ 405, 404. Cependant M. Desmiebels nous permettra de ne pas partager son indignation singulière. £n effet, si nous avions ooelque envie de partager son antipathie pour les institutions monastiques, nous serions arrêtés par cet aveu dont nous félicitons sa loyauté : c Gomme c'est du sein des monastères I que sortirent les plus ardents promoteurs de la c foi , les progrés de Tordre monastique suivirent c ceux du Cbristlauisme. > (Desiiichbls , 409.) — Mous recommandons ee fait à ceux qui veulent noua détKirrasser des moines pour rendre service à la canae de riilglise! La pensée de M. Oesiiiichels k été développée par le R. P. Lacordaire avec son éloquence ordinaire : « Les ordres religieux dêvinreiit les c ministres ordinaires de Tapostolat el de la adeaoa
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< Nous PW50Q9 aTOir présenté dans lou te aa force la suite d^ obgectîQoa de nos adfersairea. I(ou9 erojOBis mftùa^ leur avoir donné plus de vigueur, parce que nous avons . rtfani toutes les <tl/GcuU4a Qiron a mises en avant sur cette matière* depuis Mosbeim jusqu'à Jouffroy. Mats ce brillant échafaudage, construit i>ar Tiinagination de nos adversaires, peut-il tenir devant le sérieux examen d'une science impartiale et Completel.... '
K Nous eoneéderons rolontiers à nos ad- Tersaires que la vie monastique est plus ancienne que le Christianisme; mais la conclusion qu'ils en tirent, qu'elle a pris son origine dans le brahmanisme ou dens Je bouddhisme, nous paraît compléteînent insoutenable. 8i Ton avait porté dans ces graves questions toute l'attention qu'elles méritent, on aurait dû s'apercevoirque,bien des siècles avant la prédication chrétienne, la vie monasti(|i]e s'était constituée au sein même du mosaisme, non pas par l'influence de la philosophie hindoue, mais sous Tins-
Ciration des nommes les plus recommandâtes par leur zèle pour l'unité de Dieu, et dont la mémoire est restée à jamais célèbre, à cause des luttes courageuses qu'ils ont > soutenues contre le paganisme et l'immoralité. C'est ainsi qUîB furent fondées les écoles des prophètes : ce Ail cette grande institua lion qui, en se développant et en s'harmonisant avec les principes du Christianisme, fut le véritable point de départ de la vie
monastique
« Queflea sqnt les bases essentielles de la vie monastiquet Sans doute, depuis l'origine du Christianisme, ce genre d'existence s'est révélé sous des formes singulièrement va-
f diviu^ ffMiç la jaridiclfon f^ répUp^oat. A|if frérç»
< précbeurs sq joikpiteot Dii^pipi les ir^res rnîheurf I (le SàinwFrapCois, qiie suivirent plus Urd d*aui très congrëgàtîons ; selcài l'es (eihpfpei les bèsoîiis. c L*l|i9iQ|re a raêonté^ léiirs traVkdX. B'eé liérëèies c formldabldR B*étevërerit, des inoodes nouveaux € se dëeouyrircai ; niais dans les régions de la peni sée coinoa sur.fea flois de la mer', eut naVigaieur t fio pu( aller a^si {pin que le ijévQuemeni ou la I doclrjne des ordres religieui^. T0U9 le$ rivage^ i Ofit gardé (a trace d^ lèuf ^aqg , et tous les ^cuos ç Ic>oii c|e leur voi^ç. L*indlen , poursuivi comme ( une Bête fauve , à trouvé un asile sous leur froc ; c fç nègre a 'enc<|fe sar son çotf la marque de leurs « èmbmsseroents ; le Japjtmais et le Chinois, séparés c du reste de la terre par isl coutume et l\>fgueH f encore plus que par le chemin , se sont assis ff pour entendre' ces merveilleux étrangers; le I Gange les ' à vus communiouer aux pariaâ la s$i- I gesse divine ; lei ruines de tfabylone leur ont pr4- € fé une pierre pour ae reposer, et songer un « moment, en s^essuyant le fnant , apx jÀura anciens, i quels ^atïles et quelles forêts les ont ignorés Y t Quelle langue est-ce qu'ils n*onl pas parlée! Quelle € plaie de rame et do corps p'a senti leur main? • Et pendant qu'Us faisaient et relalsaient le tour
< du monde sons tous les pavillons, leurs frères i portafent la parole dans les conseils et sur les i blaeés publiques de l'Europe; ils écrivaient de 1 Dieu en mêlant le féiûe ôm Pères de TEglise à ^ celui d'Aristote et de Platon , le pinceau à là f plume, le ciseau du sciiiptear au compas de Tar- 1 eUteoie , élevant wom teatea famés ces Caimeuses