‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 147 sur 186 · VOI · texte numérisé non relu

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I , appropriées au besoin des tempes et au géuie des peuples (233.) ifais, aa roilieta de ces modiScations pleines d*inteiligence et d^aveulr, le fond même de Finstitution Q-a pas changé : elle a toujours reposé sur l'obéissance, Ma mortiGcation et leF célibat. Or^ il est surprenant que les écrivains prolestants, en condamnant ces trois reeles fondamentales de la vie parfaite (22<^}, n'aient pas vu qu'il faut faire retomber cette coo^ damnation sur le Fils de Dieu, sur celui-là même qui est la voie, la vérité et la vie 1 Quant aux rationalistes décidés, l'antrpathie qu'ils ont totigours professée pour l'obéisâance, la pénitence et la chasteté, devait mener tôt ou tard à la réhabilitation de la chair, h la religion du plaisir, à toutes les folles rêveries dont les sectes communistes donnent aujourd'hui k l'Europe justement effrayée le triste et dégoûtant spectacle (235). Le rationalisme a cru en vain pouvoir de ses mains téméraires partager en deux la doctrine évangélique, sans s'apercevoir qu'enlever une pierre de cet édifice divin, c'est le faire crouler à l'instant et écraser sous ses ruines la morale et la société. (Cf. l'admirable travail de M. Tabbé Gbrbbt, Rapporté eu rationalisme avec le comnitintatitr, dans VVniloertiié caikolifue^ xiix.) La société, en effet, ne vit que par le dévouement : et la pauvreté, l'obéissance, feedHlMit, la pénitence volontaire, n'est-ce pat'to dévouement dans son expression la plut éhiée et la plus su* blime? n'est-ce pas HÉprialion coqstante de soi-même, sous toutes les formes et à tous les instaùls Y n'est-ce pas le sacrifice de ce

3ue la personnalité a de plus profond et e plus intime I Je ne suis donc pas surpris si les sociétés qui ont méconnu ces orio-

I soomes ^héologîquea, diter»@ç par leora malé- I riauz, uniques par la pensée, que jiotrç siècle se f reprend a lire et à ai nier* De qvelqye c^ qu'on

î regarde, les ordres rengieiix ont rempli de lew* c aciipns les six pfchiïefs siècles dé rE|gNse,èt c 6auvé S'A puissance en butte à é^ é?eneiiiatt < que répiscopat tout seul n'atiralt pas eot^urés. 1 (Le P. Lagordmee., Mémoire pour le réabliste' ^^em 4fl Fripes Prêcheurs.)

(2^) I De là vient, dit Irés-bien M. MarUa f Doizy , la puissance de son action et de aa grau- « deur* * (Martin t)oisV , Ortgines et fondetnenis de ta îtberlé , de VégalUé et de ta fraternité parmi let Itommii^ tllre lu, § 5 , fofinés diverses de la monasuciie.)

• (iS^) De tels excès ne surprendront pas quand on voudra t)ien se rappeler les origines du proteslantismes. Quel a été en efct son prérniieip apôtre Moissons répondre un démagogue célèbre t|Hî réftite en quelques mots les Mémoirêe de luiîer de M. Ulché^ M: f Luther, persauniAealloit de la liberté! od 4 pourceau d'Ëpicure, un grossier Sl)ène , on siifyre f immonde : flagorneur rampant de tous les prflnees, f ennemi acbamé des franche^ con$éq[âefioe9 de I son propre principe, thaumaturge absurde! > (L. Auguste Blanqui , Lettre eUfe édn$ Tilfitl de le religion , du 6 décembre 4849.) *

(t25) « Ces assertions auraient besmn, à caow de leur gravité, d*ôtre appuyées sur les predves h% plus fortes ; mais nous fié croyons pas devoir jf ^ ^enir ici, parce que noiis ravons dé]à fait.longoe* ineilt dans la Pnfef f (lu C«^r. I ' ^ ^ ''*^'

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cipes ^^mijrabjos se sont afTaissécs rapiçlqmeqt au sein de Tégoisme et du (a cotruplion. En proscrivant 16 sacrifice, elles orit proscrit i*Evangile iui-ipOtpe. Elles ont àrpOté dans les veinés du corps social là $éve généreuse qui faisait sa ibrmo et sa vie. Sans doute, il est facile, dans d'éloquentes déclamations, de protester au nom de la raison et de la natilre contre je oiysticisme évangéliaue; mais ce qui pst beaqpoqp moins facile, c'est de faire vivre )es sociétés sans que personne consente h s'iminoler pour lajustice et pour la vérité. Les moines, qui n'étaient pas profonds philosophes, mais qui étaient inspirés par un généreux instinct, ont bien mérité de Thumanité et de Tavenir en foulant sous leurs pieds victorieux les résistances de régoïsme, a(in de combattre par d'héroïques exemples les séductions du sensualisme et les illusions de l'orgueil. Ils se sont considérés coipme des soldats réservés à des combats sublimes, et qui devaient terrasser tout à la fois les passions de l'esprit et de la chair. Qu'on pe se figure pas que ce soit là un idéal créé par notre imagination. Dès les premiers développements de la vie monastique, un illustre docteur qui a exercé sur les solitaires d'Orient une immense influence (226), leur adressait des paroles qui ressemblent très-peu aux doctrines des quiétistes de l'Inde :

« Athlètes ouTCiers de Jésus-Gbrist, leur « disait-il , you3 tous êtes engagés à lui « pour combattre tout le jour, pour en supporter toute la chaleur. Ne cherchez pas de repos avant la fin du jour. Attendez le c soir, c'est-à-dire la fin de la vie, l'heure à «laquelle le père de famille viendra comp- « ter avec vous,* et vous paiera votre sa« « laire. » (Saint Basile, cite et traduit dans Martin Doist, Origines el Histoire de la Charité.)

H. Martin Doisy comipente aipsi oe

beau passage : « Un soldat ne bâtit pas de « maisons et ne s'embarrasse pas d'acheter des terres ; il ne s'ingère pas de commerce et de trafic. Il .ne s'embarrasse pas daqs les emplois dq la vie civile, afin de ne s'occuper qu'à satisfaire celui qui l'a enrôlé. Un soldat est nourri du pain du roi ; il n'a pas à s'occuper de sa nourriture. Les ordres du roi lui font ouvrir toutes les portes dos maisons de ses suer jets, dans toute l'étendue de ses Etats. Il n'a donc pas à s'occuper de son logement. Il niante sa tente aur milieu de« « places puDiiqùes. Il règle sa nourriture « sur la seule n^essité. Il ne boit que de « l'eau et ne dort qu'autant que la naturq « l'exige. II fait de fréquents voyages et a veille des nuits entières. Il s'endurcit au « chaud et au froid. Il combat les ennemis a de rctàt, et pàsie sa vie dans les périls.

(226) Sar sain( Basile et sur la règle qu^il 9 doiiiiée aux pioines d'Orient, Cr. p]i\}, Cbégoire de Naziak», discours 20. — $nint Jérôme, Des Ecrivains ecclépiasiiques 9 chap. il6. — Kltin, Histoire eçdésiaMifUt livre u, cliap. 9.— SozoxtNE, Histoire

D*ÂÇETISMC. m\ lOiù

« Il arrive qu'il m^urt à la guerre ; mai? « cette riiort lui est 'glorieuse. » fMarlïn DoiÇY, Qrigfnci e( fdt^aeri^ents'dç la /ftrrîf. de Vénalité e( de la ffdternifé harnii les Koèh

mes: m. m, in.) '' ^"' ' " ^ « Proposez-vous, continue saint Basile, « comme le soldat de l'c^nipercUr, une* vie « sans maison, sans Tijie,' sans possession, « sans richesses, soyez libres. Qcgagez-vous « de toutes les préoccupations de ce mondée % N'embarrassez poin^ vos pas dans l'amour « d*une femme, ni dahs les soins do l'éducç cation des enfants ; car ces assujettisse- « ments sont inconciliables avec la milice <K divine dans laqui^Ue vous été; entrés. <c Elle demande dé vous qu'au lieu de lais- « ser des enfants sur la terre, Voqs en llis- « si^z monter au ciel. Elle vous engage par « une union toute pure et toute sainte à « être les conducteurs des ftmes,et à mettra au monde des enfants spirituels. La terre ne vous aura nas au nombre de ses ci- « toyens ; mais le ciel vous mettra au rang a de ses habitants, et les anges vous porte- « ront jusqu'au ciel entre teS bras de Jésus- « Christ marne, qui vous appellera son ami^ a son bon et fidèle serviteur. 8t ce que je « dis ne s'adresse pas seulement qux nom- « mes, car les femmes sont aussi comprises « dans la milice de Jésus-Christ.» (Saint Basile, traduction de Martin Doisv, Origines et fondements de la liberté.) t « Que devait faire cette milice de Jé^us- Christ, sinon prendre nour la règle dQ sa vie les inspirations beroi(}ues de l'Evangile?

c Or, qq'on ne s'y trompe pas, les conseils de Jésus-Clhrist tepdent tous h la réhabilitation de la pauvreté. Avant le Christ, toutes les religions qui dominaient dans l'empire romain avaient inspiré Tborreur de la souffrance et de la misère. L'indigence était rogardée comme un signe incontestable de la vengeance des dieux ; elle entraînait après elle autant d'ignominie que de douleurs. Les pauvres joignaient donc (jiux épreuves inséparables de leur condition toutes les tristessesd'undésespoirinévitable.Ils étaient les ennemis nécessaires et naturels d'une société qui n'avait pour eux oue de l'antipathie el du mépris. Mais quelle révolution se fit dans l'univers înoral, quand le Verbe divin, quittant les splendeurs éternelles, vint évaugéliser \qs pauvres, revôtu de la forme de l'esclave 1 Nph-seulemeut il proclama la i)auvreté bieqheui:euse, el lui promit le royaume di^ Père céleste, mais il en supporta lui-mèqpe, pendant sa vie mortelle, toutes les privatiqns et tous Iqs mépris, tour que son enseignement portilt ses fruits dans la société nouvelle, créée par sa parole, il fallait qu'il se trouvât des hommes assez grands et assez forts pour continuer

ecclésiasiiqne, livre Hi, chap. 13. ^ Micephore Calliste , Histoire ecclésiastique y livre ix, cbap. 12, e livre xju, chap. 29. — Pothier, Bibliothèque^ Yiyt^

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cette prodigieuse révolution , en acceptant librement la pauvreté ia plus rigoureuse, et en sacrifiant au service des pauvres leur intelligence, leur sensibilité et leur volonté. Us n'avaient, pour cela, qu'à suivre la route tracée par le Mattre divin. Pourquoi, en effet, avaient-ils recommandé Tobéissance?

C'est qu'elle est une conséquence nécessaire de la pauvreté, et que, pour établir la société chrétienne sur des bases inébranlables, il fallait montrer l'esprit de subordination

Î)orlé jusqu'à l'oubli de sa propre personnaité. La dépendance fait horreur à la nature humaine; tout ioug nous pèse et nous écrase, et cenendant rien n'est possible dans l'ordre social, sans que la luérarchie des classes et des fonctions soit profondément respectée, comme l'expression même de la volonté divine. Cette vérité, d'une si haute portée, n'eût pas été comprise par le monde païen, corrompu par l'orgueil et par le sensualisme, si elle fût restée à l'état de théorie; mais comme elle devint frappante, quand on vit tant d'hommes illustres subir avec une si admirable docilité les lois sévères t Si l'univers n'avait pas éprouvé cette forte discipline, gui aurait pu prétendre gouverner et civihser les masses indomptables qui, du iond des steppes de la Tarta* rie, des plaines habitées par les Slaves et des forêts de la Germanie, allaient bientôt, comme un torrent dévastateur, se précipiter aur l'empire et déchirer en lambeaux san-

S;lants la pourpre avilie des Césars? C'est au ond des solitudes de l'Orient que se préparèrent, dans l'obéissance et l'humilité, les plus belles conquêtes de la civilisation chrétienne sur l'indépendance effrénée des barbares. Le manteau de Pacôme, comme celui d'£lie, fut ramassé par un nouvel Elisée; et Benott de Nursie, en perfectionnant la forte discipline des monastères orientaux, a contribué plus qu'aucun homme de génie à la fondation de la société nouvelle.... « Longtemps avant la naissance des uto-

Ëies du gnosticisme et du manichéisme, ^ieu avait fait connaître aux patriarches la nécessité des mortifications. Ils ne pou* valent pas ignorer la chute de leur premier père; et ils durent en conclure que Tafiluence de tous les biens est peu propre à rendre l'homme fidèle à Dieu. Ils savaient

Ju'en punition de cette faute , l'homme tait condamné à arroser de ses sueurs une terre couverte de ronces et d'épines (227), et que la pénitence d'Adam avait duré neuf cents ans : terrible exemple 1 On voyait les personnages les plus agréables à Dieu, tels que Abraham, Jacob, Joseph, Moïse, Job, etc., mener une vie souffrante, mortifiée, et, sou*

(2S7) c M. Franck avoue que rascétisme dérive nécessairemenl du dogme de la chute, c W faut, f dit-il, distinguer deux sortes d^ascéiisme : Tun, c fondé sur le dogme de rexpiation, n*a pas d*auire I but que d^apaiser la colère divine par des souffrant ces volontaires; c*est Tascétisme religieux, dont c nous n^avons pas à nous occuper, car il ne saurait € être séparé de la théologie positive, i (Dictionnaire det tciences philo»ophi<fue$f article Aêcétismc.)

vent exposée à des adversités. (F. Bergier, Dictionnaire de théologie f article Morti^cation.)

« Je fais pénitence sur la cendre et la pou$-' sière^ disait le bonhomme Job, à linno» cence duquel Dieu lui-même avait daigné rendre témoignage. (Cf. Job, xlii, 6.)

ff Un prophète nous apprend .que l'abondance de tous les biens, l'orgueil, l'oisiveté, et ce que le monde appelle une vie heureuset furent la cause des crimes et de la raine de Sodome. (Cf. Ezéchiet, xvi, W.|

« L'ango du Seigneur parle ainsi au vieux Tobie et à son fils : La prière^ accompagnée du jeûne et de Vaumdne, vaut mieux que tous les trésors et tout l'or qu'on peut aimer. (Cf. Tobie, XII, 8.)

« Le livre de Judith nous raconte, en ces termes, la vie qu'elle menait après la mort de son mari, au milieu des grandes richesses qu'il lui avait laissées. /{ y avait déjà trois ans et demi que Judith était demeurée veuve. — Elle s'était fait, au haut de sa maison^ une chambre secrète, où elle demeurait enfermée avec les filles qui la servaient. — Et, ayant un cilice sur les reins, elle jeûnait tous les jours de sa vie, hors les jours de sabbat, les premiers jours du moi$f et tes fêtes de la maison disraèl. — BUé éiait parfaitement belle, et son mari lui avait laissé de grandes richesses , un grand nombre de servitélUTêf et êes héritages^ où elle avait de nombreùdÀn>upeaux de bœufs et de moutons.— Elle étà^kès-estimée de toyit le monde f parce qu'elle avait une grande crainte du Seigneur, et il n'y avait personne qui dU la moindre parole à son désavantage. [Judith

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