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STÂSCETISME.
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lo bien qu*ils faisaient de son vivant. Robert d'Ârbrisselles dévoua son institut au service des pauvres, des estropiés et des lépreux. La maison de Fontevrault réunit jusqu'à trois mille religieux. Bernard de Tiron et Vital de Savigny établirent aussi deux congrégations^ dont la première s'étendit en Ecosse» en Angleterre. La seconde se confondit avec les Cisterciens. Alors s'établirent aussi les congrégations des chanoines réguliers qui unirent les rigueurs de la vie monastique aux fonctions sacerdotales. On remarqua surtout celle de Struf» formée par quatre prêtres de TE^lise d'Avignon, et celle des Prémontrés, instituée par saint Norbert, archevêque de Magdebourg. Les ordres religieux et militaires prirent naissance à cette époque : les Templiers, les chevaliers deSaint-)ean de Jérusalem se vouèrent &1a défense de la Palestine et des Chrétiens d'Orient ; ils protégeaient le commerce contre les pirates et les infidèles. Les chevaliers de l'Ordre leutonique, d'abord employés au •service des pauvres malades de la nation allemande, suivirent ensuite l'exemple de ces deux premiers ordres. Au nombre désordres religieux et militaires figurent encore ceuxde Saint-Lazare, de Calatrava et de Saint-Jacques d'Alcanlara. Ces deux derniers subsistent encore en Espagne. Saint Jean de Matha et saint Pierre deNolasque fondèrent au xin' siècle, le premier, l'ordre des Trinitaires, et le second, celui de la Merci, consacrés tous deux à échanger ou à rache* ter des mains des infidèles les captifs chrétiens, dont lé nombre s'était beaucoup augmenté depuis les croisades. Saint Louis ramena de la Palestine, des ermites qui menaient, sur le mont Carmel, une vie trèspénitenie et dont la règle que leur avait donnée Albert, patriarche de Jérusalem, fut confirmée en 1226, par le Pape Honorius. C'est au règne de saint Louis et à l'année 1259 que remonte l'existence des ermites de Saint-Augustin, du moins à Paris. Le Pape Alexandre' IV réunit en une seule observance diverses congrégations qui suivaient la règle de Saint Augustin. Telle est l'ori-
Ï;iûe des Auguslins, religieux mendiants. Is embrassaient la pauvreté, ils s'appliquaient avec zèle aux études; ils avaient à Toulouse une maison renommée par la sainteté et la science des religieux. Les hérésies des Albigeois donnèrent naissance à deux ordres religieux destinés à combattre les erreurs et les vices de ces novateurs. Saint François d^ Assise et saint Dominique défendirent à leurs disciples toute propriété, môme en commun. Ils devaient vivre d'aumônes, ai le produit de leurs travaux ne suQisait pas pour leur subsistance. La pa* tience, l'humilité de cesreligieux, leur amour pour l'élude, leur zèle infatigable pour la propagation de la foi, rendirent les Frères prêcheurs et les Enfants de saint François également chers à l'Eglise et à l'Etat. Saint Louis aurait voulu se donner à eux par égale portion. Ils obtinrent des chaires dans les universités de Paris et de Boulogne. La
charge de mattre du sacré palais fut confiée aux Dominicains, les princes les employaien* dans les négociations importantes. On vit plusieurs Frères mineurs et Dominicains élevés aux premières diçnités d^ l'Eglise et même à \h papauté. A 1 exemple tte œs religieux, les anciens ordres, reprirent leur zèle pour rétude. La fondation du collège des Bernardins date de cette époqtie. €ajétan et ses compagnons firent revivre l'esprit des apôtres en se consacrant an ministère avec le même désintéressement tt la même ferveur. A ces obligations les BamaMtes ajoutèrent d'établir des collèges, des sémimaires pour élever la jeunesse et la rendre propre aux missions. An xvi* siècle, à la naissance même dn protestantisme, saint Ignace de Loyola fonda la grande institution des Jésuites, dont le nom seul, ce qui prouve l'excellence de cet institut et le bien qu'il fait, soulève la colère de tous les ennemis de la religion. L'instruction dn peuple et l'éducation de la jeunesse sont les objets utiles que se proposèrent saint Philippe de Nérv, en fondant rOratoire de Rome, et le cardinal de BéruIIe celui de France. En ce même temps, les anciens corps religieux reçurent une nouvelle vie. En France, en Espagne, en Italie s'opérèrent les plus grandes réformes des Frères mineurs, des Capucins, des Récollets, des Pénitents du tiersordre de Saint-François, nommés Picpus, ?[ui, ressuscitant l'esprit de saint François, urent approuvés par le Pape. Aux mitigatioiis que les Carmélites avaient obtenues, sainte Thérèse fit succéder la première austérité de la règle. Par ses conseils, saint f ean de la Croix fit la réforme dans les couvents des Carmes. Jean de la Barrière, rappela les Feuillants à l'observance sévère de Clairvaux. Jean Michaélis, dominicain, surmonta aussi tous les obstacles que le relAchement opposait à son zèle, à sa piété. Saint Jean de Dieu établit cette pieuse congrégation qui se livre spécialement aux soins des malades indigents et des aliénés.
Le concile de Trente raffermit la discipline des divers ordres, et, restreignant les exemtiens, prévint le renouvellement des abus. Dans 1 hi^oire des ordres religieux, saint Vincent de Paul remplit celle du xvii* siècle, soit par ses propres établissements, soit par la part qu'il prit à tous ceux qui furent formés de son temps. Les Bénédictins, qui embrassèrent la réforme de saint Vannes et de saint Maur, surent allier la piété à la culture des lettres, ils ont produit des ouvrages qui ne sont pas la moindre gloire du siècle de Louis XiV. Le cardin^vl de Laro-. chefoucauld, évéque de Senlis, et abbé de Sainte-Geneviève, réunit les chanoines en une seule congrégation que leur régularité multiplia bientôt en France. Le célèbre abbé de Rancé, après avoir fait les délices du monde, se retira à la Trappe où il fit observer la première règle de Cîleaux. Plusieurs autres abbayes embrassèrent la réforme de Rancé; mais la Révolution survint, qui détruisit toutes les communautés reli-
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. gieuses. Lorsque la tempête fui appaisée, quelques ordres anciens et nouveaux parurent. Aujourd'hui il existe en France treize maisons de Trappistes et deTrapistinessouuiises aux mêmes règles sévères que les religieux; plusieurs congrégations d'hommes ayant pour objet la propagation de la ïbi et réducation de la jeunesse, d'autres ne s*occupant que des missions étrangères ou de réducation de la jeunesse; il existe trois maisons de Bénédictins, trois de Dominicains, trois de Capucins, deux de Chartreux. Les Carmélites, les Claristes, les Dominicaines, les Bénédictines du Saint-Sacrement, les dames du Refuge, du Bon-Pasteur, de la Visitation Sainte-Marie, et beaucoup d'autres ordres religieux de femmes, anciens et nouveaux ont aussi divers établissements en France. Lès uns ne s'occupent que de la vie contemplative, les autres allient la vie acclive à la vie contemplative. ( Yoy. Ascètes, Ordres reugieux, et notre Discours préliminaire. )
MOLINA (Antoine), chartreux de Miraflotes, près Burgos, en Castille, mourut vers 1612, après s'être acquis une grande réputaûon de piété, il a laissé : l** un traité de ÏInsiructiondei Préêres, ouvrage très-propre à honorer .'e sacerdoce, et h sanctifier ceux qui en sont revêtus; il a été traduit en français ; Paris, 1677, in-8° ; — 2" Exercices spirituels de Vexcellence^ profit et nécessité de l'oraison mentale y traduit par R. Gaultier, Paris, 1631.
MOLINOS (MichelJ, prêtre espagnol, naquit dans le diocèse de Saragosse en 1627, d'une famille considérable par ses biens et par son rang. Né avec une imagination ardente, il s'établit à Rome, et y acquit la réputation d'un grand directeur. Il avait un extérieur frappant de piété, et il refusa tous les bénéfices qu'on lui offrit» Le feu de son génie lui Gt imaginer des folies nouvelles sur la mysticité. Il débita, en 1675, ses idées dans son ouvrage intitulé : Guide spirituel^ livre imprimé d'abord en espagnol, puis en italien et en latin, ({ui le fit enfermer dans les prisons de rinquisition,{en 1685. Cet ouvrage parut d'abord admiraole : (c La tiiéologio mystique, disait l'auteur dans sa préface, n'est pas une science d'imagination, mais de sentiment... On ne l'apprend pas par l'étude, mais on la reçoit du ciel. » Cela était vrai à bien des égards, mais l'auteur en porta trop loin les conséquences, et en fit do fausses applications. Ce ne fut qu'en creusant dans une espèce d'abîme, où Molinos s'enfonce et son lecteur avec lui, qu'on aperçut tout le danger de son système. Le père Segneri ayant entrepris d'en découvrir le venin dans un livre qu'il publia sous le titre de l'Accord de Vaction et du repos dans Voraison^ peu .s'en fallut qu'il ne lui coûtât la vie. On le regarda comme un homme jaloux, aveuglé par une basse envie, qui calomniait un saint. Son livre fut censure, et on ne lui rendit justice que lorsque l'hypocrisio fut démasjcjuée. c< On vit, dit le Père d'Avrigny, que Uhomme orétendu oarftiit de Molinos est un
homme qui ne raisonne pas: qui ne réfléchit ni sur Dieu, ni sur lui-même, qui ne désire rien, pas même son salut; qui ne craint rien, pas même l'enfer; à qui lès pensées les plus impures, comme les bonnes œuvres, deviennent absolument étrangères et indifférentes. » La souveraine perfection, suivant le rêveur espagnol , consiste à s'anéantir pour s'unir à Dieu : de façon que toutes les facultés de l'âme étant absorbées par cette union, l'âme ne doit plus se troubler de ce qui peut se passer dans le corps. Peu importe que la partie inférieure se livre aux plus honteux excès, pourvu que la supé* rieure reste concentrée dans la Divinité par l'oraison de quiétude. Cette hérésie se répandit en France, et.y prit mille formes différentes. Malaval, M"* Guyon, Fénelon en adoptèrent quelques idées, mais non pas les plus révoltantes. Celles de Molinos furent condamnées en 1687, au nombre de 68. On en trouve une réfutation dans le tome IV des Œuvres de Fénelon, publiées à Versailles, chez Lebel. Le même volume contient une analyse judicieuse de la doctrine de Moli« nos, et la différence de cette doctrine avec le quiélisrae mitigé de M"* Guyon. Molinos fut obligé de faire une abjuration publique de ses erreurs, et il i'ut enfermé dans une prison où il mourut en 1696 , âgé de près de soixante-dix ans. Quelques-uns ont avancé que Molinos en était venu jusqu'à ouvrir la porte aux abominations des Gnostiques; mais d'autres le justifient sur ce point, et soutiennent qu'il n'a pas admis cette horrible conséquence. Les sentiments, dans lesquels on dit qu'il est mort, viennent à l'appui de cette assertion. Des lecteurs superficiels ont quelquefois confondu , avec le quiétismc ou la quiétude de Molinos, cette paix de l'âme qut nous devons garder, même daHs la détestation et la fuite du péché. Le quiétisme enseigne qu'il n'y a pas de jTécnés pour les âmes unies avec Dieu, et que dès lorsL il ne faut pas s'en inquiéter. La vraie théologie dit qu'il faut pleurer ses péchés sans agilaftions, sans se tracasser et sans s'abattre. « 11 est diflicile de comprendre , dit un ascéii" que, qu'on puisse confondre de telles disparates, et cela à la faveur du misérable équivoque qui porte sur le mot quies ; la douceur, la componction, le regret le plus vif d'avoir offensé Dieu sont calmes et paisibles. Le Peccavi Domino de David, le Flevit amare de saint Pierre, étaient sans agitation et sans trouble. La situation contraire vient de la grande idée qu'on a de soi-même, do ses vertus, d'un désir de perfection rapporté à soi et non pas à Dieu. » (Voy. Quiétisme).
MOLINOSISME, doctrine de Molinos, sur la vie mystique , condamnée à Rome, en 1687, par Innocent XI. — Ce Pontife , dans sa bulle , censure 68 propositions tirées des écrits de Molinos qui enseigne le quiétisme le plus outré, et poussé jusqu'aux dernières conséquences. — Le principe fondamental de cette doctrine est que la perfection chrétienne consiste dans la tranquillité do Tânie, dans Iç renoncemcnl*
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toutes les choses extérieures et tenoporellesi dans un amour pur de Dieu, exempt de toute Tue d'intérêt et de récompense. Ainsi, une ftme, qui aspire au souverain bien, doit re- . noncer non-seulement à tous les plaisirs des sens, mais encore à tous les objets corporels et sensibles, imposer silence à tous les mouvements de son esprit et de sa volonté, pour se concentrer et s'absorber en Dieu.
Ces maximes, sublimes en apparence, et capables de séduire les imaginations vives,
{meuvent conduire à des conséquences afreuses, Molinos et quelques-uns de ses disciples ont été accusés d'enseigner, tant dans la théorie que dans la pratique, que l'on peut s'abandonner sans péché à des dérèglements infftmes, pourvu que la partie supérieure de l'Ame aemeure unie à Dieu. Les propositions âS, 41 et suivantes, de Molinos, renferment évidemment cette erreur abominable. Toutes les autres tendent à décréditer les pratiques les plus saintes de la religion, sous prétexte qu'une Ame n'en a plus besoin lorsqu'elle est parfaitement unie à Dieu.— Certains auteurs assurent que, dans le dessein de perdre ce prôtre, on lui attribua des conséquences auxquelles il n'avait jamais pensé. 11 est certain que Molinos avait à Rome des amispuissants, et respectables très à portée de le dérendre, s'il avait été possible. Sans les faits odieux dont il fut convaincu , lorsqu'il eut donné une rétractation formelle, il n'est pas probable qu'on l'aurait laissé en prison jusqu'à sa mort qui n'arriva qu'en 1696. — Lfn auteur protestant suppose que les adversaires de Molinos furent surtout indignés, de ce qu'il soutenait, comme les protestants, l'inutilité des pratiques extérieures et des cérémonies de religion. Voilà comme les hommes à système trouvent partout de quoi nourrir leur prévention. Selon l'avis des protestants, tout hérétique qui a favorisé en quelque chose leur opinion, quelque erreur qu'il ait enseignée d'ailleurs, méritait d'ôtre absous. La bulle de condamnation de Molinos censure non-seulement les propositions qui sentaient le protestantisme, mais celles qui renfermaient le fond du quiétisme , et toutes les conséquences qui s'ensuivaient. Mosheim lui-même n'a pas osé les justifier. {Hist. ecclésiast, du xvu' siècle^ sect. ii, 1" partie, chapitre 1, § W).— 11 faut se souvenir que les quiétistes, qui firent du bruit en France peu de temps après, ne donnaient point dans les erreurs grossières de Molinos, ils faisaient au contraire profession de les détester. (Voyez Quiétismr}. Comme la doctrine de Molinos résume parfaitement toutes les notions du faux mysticisme > comme d'ailleurs la vérité, et surtout le sens des vérités abstraites et délicates , ressort mieux du contraste de l'erreur, nous donnons ici, avec la bulle d'Innocent XI, les propositions condamnées du célèbre quiétiste ; on verra mieux par ce simple exposé aue par tous les raisonnements, comment il faut entendre sur ces matières la doctrine catholique.
Bdllk d'Innocent XI, contre Michel de BIoLiNOs. — Innocent, évoque, serviteur
des serviteurs de Dieu : à la mémoire per-
Sétuelle de la chose. Le céleste pasteur, btre-Seigneur Jésus-Christ, voulant par sa miséricorde infinie tirer le monde des ténèbres et des erreurs où il était enseveli au milieu de la sentilité et de la puissance du démon, sous laquelle il gémissait depuis la chute de notre premier père, s'est abaissé jusqu'à prendre notre chair en témoignage de sa charité envers nous, et s'est offert à Dieu une hostie vivante pour nos péchés, ayant attaché à la croix la eédule de notre rédemption. Aussitôt prêt à retourner au ciel, laissant sur la terre l'Eglise catholique, son épouse, comme cette sainte cité, la nouvelle Jérusalem, descendant du ciel, n'ayant ni tache, ni ride, étant une et sainte, entourée des armes de sa toute-puissance contre les portes de l'enfer, il l'a donnée à gouverner au prince des apôtres et à ses suc-, cesseurs, afin qu'ils gardassent saine et entière la doctrine qirils avaient apprise de la bouche de leur maître, et que les ouailles rachetées au prix de son sang, ne retombassent point dans les anciennes erreurs par l'appât des opinions dépravées; comme nous apprenons, dans les saintes Ecritures, qu'il a recommandé principalement à saint Pierre. Car à quel autre d'entre les apôtres, a-t-ildit : Pais mes brebis; et encore: j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne te manque point; et lorsque tu seras converti, fortifie tes frères? Aussi, nous qui sommes dans, la chair de saint Pierre, et revêtu de sa puissance, non par nos mérites, mais par le conseil impénétrable du Dieu tout-puissant ; avons-nous toujours eu cette sollicitude, dans l'esprit, que le peuple chrétien gard&t la foi prêchée par Jésus-Christ et par ses apôtres, qui nous est venue par une tra-* dition constante et non interrompue, et doit durer jusqu'à la fin du monde selon sa promesse.
Comme donc il a été rapporté à notro apostolat que le nommé Michel de Molinos a enseigne de vive voix et par écrit des maximes impies, qu'il a même mises en pratique, sous prétexte d'une oraison de quiétude, contraire à la doctrine et à la pratique des saints Pères, depuis la naissance de l'Eglise, il a précipité les fidèles de la vraie religion et de la pureté, de la piété chrétienne, dans des erreurs trèsrgrandes et dans des infamies honteuses : nous, qui avons tant à cœur que les âmes confiées à nos soins puissent neureusementarriver au port du salut, bannissons toute erreur et toute opinion mauvaise, avons ordonné sur des indices très-certains, que le susdit Michel de Molinos fut mis en prison. Ensuite, après avoir ouï en notre présence et en la présence de nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, inquisiteurs généraux dans toute la république chrétienne, députés spécialement par autorité apostolique, plusieurs docteurs en théologie, ayant aussi pris leurs suffrages de vive voix et par écrit, et les avant mûrement examinés, l'assistance du âaint-Esprif
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implorée, nous avons ordonné, de Tavis commun de nos susdits frères, que nous procéderions cemme s'ensuit à la condamnation des propositions ici apportées, dont Michel de Molinos est auteur, qu'il a reooRHues être les siennes, qu'il a été convaincu et qu'il a confessé respectivement avoir dictées, écrites, communiquées et crues, ainsi qu'il est porté plus au long dans son procès, e: dans le décret qui a été fait par noire ordre, le 38 août de la présente années 1687.
Propositions, — 1. Il faut que l'homme anéantisse ses puissances : c'est la voie intérieure.
2. Vouloir faire une action, c'est offenser Dieu, qui veut être seul agent; c'est pour-
3uGi il faut s'abandonner totalement à lui, et emeurer ensuite comme un corps sans âme.
3. Le vœu de faire quelque bonne œuvre est un empêchement à la perfection.
k. L'activité naturelle est ennemie de la grâce, c'est un obstacle aux opérations de Dieu et à la vraie perfection; parce que Dieu veut agir en nous sans nous.
5. L'âme s'anéantit par l'inaction, retourne à son priHcipe et à son origine, qui est l'essence divine dans laquelle elle demeure transformée et déifiée : alors aussi Dieu demeure en lui-même; puisque ce n'est plus deux choses unies, mais une seule chose : et c'est ainsi que Dieu vit et r^ne en nous, et que l'âme s'anéantit même dans sa puissance d'agir
6. La voie intérieure est ceHe où Ton ne connaît ni lumière, ni amour, ni résignation : il ne faut pas même connaître Dieu; et c'est ainsi que l'on s'avance à la perfection «
7. L'âme ne doit penser ni à la récompense, ni à la punition, ni au paradis, ni à l'enfer, ni à l'éternité
8. Elle ne doit point désirer de savoir si elle marche dans la volonté de Dieu, ni si elle V est assez résignée ou non; et il n'est pas besoin qu'elle veuille connaître son état ni son propre néant, mais elle doit demeus rer comme un corps sans vie.
9. L'âme ne se doit souvenir, ni d'ellemême, ni de Dieu, ni d'aucune chose; car dans la vie intérieure toute réflexion est nuisible, même celle qu'on fait sur ses propres actions humaines et sur ses propres défauts.
10. Si par ses propres défauts elle scaadalise les autres, il n est pas encore nécessaire qu'elle fasse aucune réflexion, pourvu au'elle ne soit point dans la volonté actuelle de les scandaliser : et c'est une grande gr&ce de Dieu de ne pouvoir plus réfléchir sur ses propres manquements
11. Dans le doute» si l'on est dans la bonne ou dans la mauvaise voie, il ne faut pas réfléchir.
12. Celui qui a donné son libre arbitre à Dieu ne doit plus être en souci d'aucune chose, ni de l'enfer, ni du paradis : il ne doit avoir aucun désir de sa propre perfec-
rance.
13. Après avoir remis à Dieu notre libre arbitre, ii faut aussi abandonner toute pensée et tout soin de tout ce qui nous regarde ;. même le soin de foire en nous sa divine volonté.
14. 11 ne convient point à celui qui s'est résigné à la volonté de Dieu, de M faire aucune demande : parce que la demande est une imperfection, étant un acte de propre volonté et de propre choix, c'est vouloir que la volonté divine soit conforme à la nôtre.; aussi cette parole de l'Evangile : Demandez, et vous recevrez, n'a-t-elle pas été dite par Jésus-Christ pour tes âmes in* iérieures, qui n'ont point de volonté, pois-
Îu'enfin ces âmes parviennent an point e ne^uvoir faire aucune demande à Dieu.
15. De même que l'âme ne doit faire à Dieu aucune demande, elle ne doit aussi lui rendre grâce d'aucune chose, l'nn et l'autre étant un acte de propre volonté.
16. 11 n'est pas à propos de chercher des indulgences pour diminuer les peines dues à nos péchés, parce qu'il vaut mieux satisféire è la justice de Dieu que d'avoir recours à sa miséricorde; l'un venant de l'amour pur de Dieu, et l'autre de Famoor intéressé de nous-mêmes : aussi est-ce chose qui n'est point açréable à Dieu, ni d*aucnn mérite devant lui puisque c'est vouloir fbir la croix.
17. Le fibre arbitre étant remis à Dieu avec le soin et fa connaissance de notre ftme, il ne faut plus avoir aucune peine des tentations, ni se soucier d'y faire ancune résistance, si ce n'est négativement et sans aucune autre appiieation : que si la nature s'émeut, laissez-la s'émouvoir, ce n*est que la nature.
18. Celui qui dans l'oraison se sert d'images, de fiçures, d^idées^ ou de ses propres conceptions, n'adore pas Dieu en esprit et en vérité.
19. Celui qui aime B!eo à la manière que la raison prouve qu'il fe faut aimer, et que Tentendement le conçoit, n'aime point le vrai Dieu.
20. C'est une ignorance de dire que dana l'oraison, il faut s'aider de raisonnement et de pensées, lorsque Kea ne parle point h l'âme; Dieu ne parle jamais, sa parole est son action, et il agit dans Fâme toutes les fois qu'elle n'y met point d'obstacle par ses pensées ou par ses opérations.
ai. Il faut, dans l'oraison, demeurer dans la foi obscure et universelle en quiétude et en oubli de toute pensée particulière, même de la distinction aes attributs de Dieu et de la Trinité ; il ftiut demeurer ainsi en la présence de Dieu, pour l'adorer, l'aimer et le servir, mais sans produire aucun acte, parce que Dieu n'y prend pas plaisir.
22. Cette connaissance par h foi n'estpas un acte produit par la créature ; niais c est une connaissance donnée de Dieu à h créature, que la créature ne connaît point tion, ni des vertus, ni oe sa* sanclilTcation, être nulle, et qu'ensuite elle ne connaît m de aoQ salut dont il doit perdre Tespé- k point y avoir été; j'en dis autant de Taniour.
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